Enfants transgenres; diversité identitaire et sexuelle

Enfants transgenres

Diversité identitaire et sexuelle

Notre société est réglée sur un mode binaire. On est gentil ou méchant. C’est noir ou blanc. On est un homme ou une femme. Mais pour certains enfants, la chose est plus compliquée. Ils aimeraient être une nuance de gris, parfois proche du blanc, d’autres fois du noir. Et pour certains, être un mélange de couleurs indéfinissables.

Ces enfants ne rentrent pas dans la catégorie de leur genre (homme – femme) habituel. Ils sont appelés transgenres, et dans notre société catégorisée, ils tentent de se forger leur propre identité. Regard sur ces jeunes qui dépassent leur sexe pour se construire leur genre.

Delphine Caubet Dossiers HomosexualitéSexualité

Mat a 16 ans. Au quotidien, il aime créer un flou autour de son genre. Tantôt plus masculin, tantôt plus féminin. Cette confusion autour de son genre lui offre une plus grande liberté et surtout, diminue la pression sociale. Il ne répond plus aux attentes et aux clichés sociétaux, auxquels il devrait se conformer en tant que garçon ou fille. Mat est androgyne. Le français étant ce qu’il est, nous utiliserons le pronom «il» pour qualifier Mat.

Le sexe n’est pas le genre

À la naissance, les enfants sont identifiés en fonction de leurs organes génitaux et les parents les habillent en conséquence. Une fille portera des robes et un garçon des pantalons. Les jouets seront également achetés en fonction. Mais certains enfants dits transgenres se sentent à l’étroit dans ces modèles. D’après le docteur Shuvo Ghosh, pédiatre du développement à l’Hôpital de Montréal pour enfants, ces jeunes développent une identité ou un genre atypique.

Paradoxalement, auprès des enfants de son service, le Dr Ghosh voit essentiellement de jeunes garçons. «Car la moitié féminine est mieux acceptée comme garçon manqué. C’est pas la petite fille qui joue au soldat qui va arriver dans ma clinique. Mais un garçon de 4 ans, qui a une « obsession » des princesses, sera amené ici pour qu’on sache ce que nous pouvons faire pour lui.» Selon le Dr Ghosh, il y a davantage d’interdictions chez les garçons. En bas âge, une fille peut porter des pantalons et jouer aux soldats, mais l’inverse est interdit. En revanche, à l’adolescence, le docteur constate qu’autant de garçons que de filles viennent le consulter.

Akiko Asano, la mère de Mat, parle du genre de son enfant: «À 3 ans, mon enfant a fait sa première transition sociale.» «Un jour, je lui ai dit « tu es un bon garçon » et il m’a répondu que non, qu’il était une fille. Il avait la conviction totale d’être une fille.» Akiko parle d’un enfant plein de frustration et de colère, «mais depuis qu’on a fait la transition sociale, il est devenu très calme.» « Avant, c’était comme si mon enfant voulait dire qu’il existait et que personne ne l’écoutait.» Par transition sociale, Akiko Asano entend reconnaître son enfant tel qu’il le souhaite et surtout, le laisser s’habiller et jouer avec ce qu’il veut.

Tous les enfants dits transgenres ne sont pas aussi catégoriques que Mat. Pour certains, il peut s’agir d’une simple variation du genre. C’est-à-dire, qu’ils dépassent les clichés, par des goûts ou comportements, qui normalement ne devraient pas être associés à leur sexe.

Accepter sa différence?

Depuis une dizaine d’années, la société accepterait mieux les variances de genre, selon le Dr Ghosh. Mais le vrai changement est de parler de ces jeunes, même si cela crée de la controverse.

Ce qui est étrange, d’après le Dr Ghosh, c’est qu’une frange de la population est très conservatrice sur ce sujet-là, alors qu’elle ne l’est pas nécessairement dans la vie courante. « Peut-être qu’ils ne sont pas confortables avec le sujet, car cela leur pose des questionnements personnels. Je ne sais pas.» Mais aujourd’hui, les personnes transgenres sont de plus en plus démystifiées. Ce sont des personnes concrètes que l’on côtoie tous les jours.

Pour le Dr Ghosh, il est important de travailler l’estime de soi avec ces jeunes. Car, les préjugés et les regards des autres les atteignent. Alors, le docteur parle longuement avec les familles pour les aider à trouver des ressources permettant à l’enfant de socialiser avec son entourage, autant avec des enfants que des adultes.

Réticences

Si les parents de Mat ont toujours été ouverts à la différence de leur enfant, leur entourage, en revanche, a été plus réticent. «Nous avons perdu beaucoup d’amis et au niveau familial, il existe des frictions.» Au primaire, pour que Mat soit reconnu comme une fille, Akiko et son conjoint ont engagé un psychologue pour expliquer et aider les enseignants à intégrer leur enfant. Mat voulait qu’on s’adresse à lui au féminin.

Aujourd’hui, à 16 ans, Mat a changé 4 fois d’école, même si sa mère précise que la première fois n’avait aucun rapport avec son genre. Pour les 3 changements d’écoles au secondaire, «c’était à cause de leur ignorance. Ils ne pouvaient pas supporter l’anxiété de mon enfant.»

Depuis, Mat a fait une seconde transition et se considère comme androgyne. Il se plait à créer un flou autour de son genre et demande à ce qu’on utilise le pronom neutre en anglais ou le masculin en français. Une façon pour lui de diminuer l’anxiété de l’adolescence.

Diminuer les hormones

«Chez les enfants transgenres, la puberté est très inquiétante» explique le Dr Ghosh, car «c’est le choc de la réalité.» Pour les jeunes qui poursuivraient leur variance à l’adolescence (et donc, persisteraient avec le temps), cette nouvelle étape de la vie peut s’avérer très stressante. Elle s’accompagne de changements physiques qui peuvent troubler le jeune s’il n’est pas en accord avec son corps.

Pour qu’ils aient plus de temps de réflexion et diminuer l’anxiété, certains d’entre eux prennent des bloqueurs hormonaux. Comme Mat, qui les utilise depuis ses 11 ans. Ces bloqueurs ne stoppent pas complètement la puberté. Ils la ralentissent. Naturellement, cela prendrait 2 à 3 ans, explique le Dr Ghosh, mais avec ces médicaments elle durerait 4 ou 5 ans. Ainsi, le jeune dispose de plus de temps pour réfléchir à son avenir et à ses options. Certains peuvent se diriger vers un changement de sexe physique, d’autres au contraire voir plus au jour le jour, comme Mat.

Il n’existe pas de schéma sur l’avenir des enfants transgenres. Ceux avec une simple variance peuvent grandir en accord avec leur genre et sexe, d’autres choisir de cultiver le mystère, comme Mat. Enfin, d’autres peuvent changer de sexe pour être plus en accord avec leur genre. Ils deviendront alors ce que l’on appelle des transsexuels. En somme, il existe autant d’avenirs possibles qu’il y a d’enfants.

Le coming out?

Avec l’adolescence vient aussi la période des premiers amours. «Et c’est compliqué» rit Akiko. Car à moins de deux personnes transgenres, le jeune s’interroge. Doit-il se dévoiler ou être plus subtil? Mais alors, l’autre ne sait pas «ce que j’ai dans les culottes» plaisante la mère de Mat. Pour Akiko, il est important que son enfant ait des endroits où il se sente en sécurité, et où il pourra tomber amoureux. Cela peut-être des camps de jour, des camps d’été, des retraites,… Des lieux où il pourra exprimer son genre sans crainte des regards.

Lorsque de nouveaux parents arrivent avec leur enfant, une question revient souvent au Dr Ghosh: l’enfant est-il gay? Et sa réponse est toujours la même: «À 4 ans ou même 8 ans, l’orientation sexuelle n’est pas impliquée. On ne peut pas en discuter à cet âge-là.» En revanche, à l’adolescence, le docteur commence à en parler progressivement.

Pas de consensus

La difficulté dans notre société binaire est de vouloir enfermer des personnes dans des cases. Une personne avec un sexe masculin, de genre féminin et aimant les hommes. Est-ce un homosexuel? Un hétérosexuel? Et pour ceux qui préfèrent les transsexuels?

Dans son bureau, le Dr Ghosh voit des enfants de tous horizons. «Entre 2 à 3 nouveaux par semaine.» Étant le seul médecin du Québec à s’occuper d’enfants transgenres, il reçoit des patients de toute la province. Et contrairement aux idées reçues, il a proportionnellement autant d’enfants transgrenres à la campagne qu’à Montréal.

Peu d’études ont été faites sur le questionnement du genre, mais selon le Dr Ghosh environ 5% à 10% de la population se poserait des questions, et seul 1% à 2% présenterait une vraie variance. Enfin, seuls 40% à 50% de ces derniers changeraient de sexe. Soit au maximum 1% de la population. Un chiffre non négligeable à l’échelle nationale.

L’origine de cette variance n’est pas claire. Si tant est qu’il faille une origine. Pour le Dr Ghosh, les transgenres ont toujours existé: «Le phénomène est là depuis 2, 3 ou 4 mille ans. Depuis l’histoire de l’humanité. Mais ce n’est pas un sujet acceptable à discuter ouvertement. Même si maintenant, c’est davantage autorisé d’en parler.» Une autre des théories serait qu’aujourd’hui, les parents auraient moins tendance à enfermer leur enfant dans un genre. Ce qui les laisserait libres d’être ce qu’ils veulent, sans contrainte. L’avantage de cette hypothèse est de ne pas voir ce phénomène comme une dégénérescence de la société, précise le Dr Ghosh. «Les choix sont plus individuels, plus naturels et surtout moins anxiogènes, car la personne est ce qu’elle veut.»

Autres textes sur Homosexualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Droits des personnes Trans: L’article 71

Diversité identitaire et sexuelle

Article 71, vers un nouveau projet de loi

Les inquiétudes concernant la modification de mention du sexe à l’état civil pour la communauté transsexuelle font débat. En effet, en plus des nombreuses démarches administratives qu’elles impliquent, elles semblent ne pas avoir été débattues suffisamment en profondeur, en niant les personnes directement concernées.

Gabrielle Bouchard, porte-parole du Centre de lutte contre l’oppression des genres, s’exprime à propos de l’article 71 du Code civil.

Sophie Laisney Dossiers HomosexualitéSexualité

diversité sexuelle et identitaire trans-genres homosexualitéCet article de loi a été voté en niant toute remarque ou proposition de membres de la communauté elle-même. Exposons l’ancien article tel que présenté: «La personne qui a subi avec succès des traitements médicaux et des interventions chirurgicales impliquant une modification structurale des organes sexuels et destinés à changer ses caractères sexuels apparents, peut obtenir la modification de la mention du sexe figurant sur son acte de naissance et, s’il y a lieu, de ses prénoms. Seul un majeur domicilié au Québec depuis au moins un an et ayant la citoyenneté canadienne peut faire cette demande.»

En novembre 2013, le gouvernement a tranché en faveur des revendications de la communauté trans. La modification physique des organes sexuels n’est plus nécessaire pour changer de sexe. Cependant, l’âge de la majorité des personnes concernées et leur citoyenneté sont toujours discutés.

Stérilisation forcée

Il est important de comprendre la disparition prochaine de l’obligation de recours au changement de sexe physique. Le cadre légal, en nommant les «organes sexuels», implique les «organes reproducteurs». Donc si cette modification physique est obligatoire pour changer l’état civil, il n’y a pas d’autres solutions que la stérilisation des personnes trans. «Non seulement il y a des risques d’infection, mais aussi de perte de la vie sexuelle en plus de la stérilité imposée. La communauté trans est contrainte à des changements de vie majeurs pour une modification de l’état civil», déplore Gabrielle Bouchard.

La loi obligeait ces chirurgies, tandis que d’autres traitements ne sont pas considérés comme le traitement hormonal ou l’augmentation mammaire. Depuis l’adoption de ce nouveau projet de loi, cette opération ne sera plus obligatoire.

Souffrir jeune

La défense des droits des transsexuels mineurs se heurte au cadre juridique. Selon le Code civil: «Avant 18 ans, un enfant ou un adolescent est juridiquement incapable, à moins d’être émancipé. Il ne peut agir seul et doit être assisté et représenté par ses parents ou, le cas échéant, par son tuteur. Sinon, l’acte est nul.» Mais, «cette incapacité n’est toutefois pas totale. Elle varie en fonction: de l’enfant ou de l’adolescent (son âge, sa maturité et son degré de discernement); de la nature de l’acte.»

Dans cette loi, on note de nombreuses contradictions. Si le jeune en question est sous la responsabilité légale de ses parents, il peut être émancipé s’il fait preuve d’une maturité suffisante (mais dans ce cas, comment juge-t-on objectivement de la maturité d’un individu?). Dans le contexte de la transsexualité, s’agirait-il d’une mise en danger de la santé mentale d’un jeune en souffrance? Ce qui n’est pas précisé dans ces textes de loi, c’est le mal-être de ces personnes qui, avant la transformation, sont victimes de barrières sociales qui empêchent leur auto-détermination (33 % de suicide dans la communauté trans et 70% de tentatives.)

Selon les détracteurs de l’article 71, en exigeant la majorité, on maintient un risque élevé de suicide chez les trans. «La loi nie les identités trans chez les enfants et les ados qui vivent la discrimination à l’école» affirme Gabrielle Bouchard. L’Aide aux trans du Québec (ATQ) déplore un service «inexistant» pour les personnes transsexuelles.

Crainte d’abus

Si l’on s’en tient à tous les pré-requis et les nombreuses démarches obligatoires, entre le suivi médical et psychologique qui s’étend sur plusieurs mois, une personne réclamant un changement de sexe, qu’elle soit citoyenne canadienne ou migrante, aura beaucoup de mal à tromper les autorités.

Selon Elysa (site du département de sexologie de l’UQAM), «il est tout d’abord demandé que la personne puisse faire une démarche thérapeutique. Un approfondissement de la connaissance de soi et des motivations qui sous-tendent la transformation de sexe est nécessaire avant même que la personne puisse obtenir l’hormonothérapie et la chirurgie. Selon le cas, une thérapie peut être faite en groupe ou individuellement. Pendant que la thérapie a lieu, l’individu est amené à faire des tests psychologiques afin de s’assurer que ce choix n’est pas secondaire à un problème psychiatrique tel que, par exemple, un diagnostic de schizophrénie. L’individu sera aussi amené à faire un test de « vraie vie » c’est-à-dire que, si ce n’est déjà fait, celui-ci devra s’identifier selon l’autre sexe 24 heures sur 24.»

Néanmoins, Gabrielle Bouchard n’hésite pas à qualifier cette démarche thérapeutique comme «dépassée» et relevant du gate keeping. «Le concept de gate keeping est utilisé lorsque des groupes minoritaires ou marginalisés doivent répondre à une définition d’un besoin qui est déterminé par une majorité. L’identité est donc nié et l’individu « pathologisé ».» Les figures d’autorité (ici, le psychiatre ou le docteur) autorisent et valident les besoins et identités d’autrui.

La modification de mention de sexe dépend du Directeur de l’état civil qui vérifiera si toutes ces démarches ont été effectuées et se penchera attentivement sur l’avis des professionnels de la santé. Les abus des immigrants pour obtenir un changement de mention de sexe paraissent donc quasi-impossibles.

Autres textes sur Homosexualité

couverture-love-in-3 d l'amour en 3 dimensions colin mcgregor

LOVE in 3 D, L’Amour en 3 Dimensions

Colin McGregor est un prisonnier de Cowansville. Depuis plus de 3 ans, ce journaliste anglophone tient une chronique régulière dans le magazine Reflet de Société. Une chronique très appréciée par sa façon originale de nous conter une histoire carcérale et les anecdotes du système pénitencier.

Colin et moi avons vécu une expérience fort intéressante. J’ai publié un roman humoristique L’Amour en 3 Dimensions. Une histoire pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement.

Colin a traduit en anglais cette histoire qui peut être lu autant pour le plaisir que pour un cheminement personnel. Pour commander L’amour en 3 DimensionsLove in 3D, journal@journaldelarue.ca, (514) 256-9000. 19,95$.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Biographie de l’auteur.

Diversité identitaire et sexuelle; GRIS et Néo

Lutte contre l’homophobie

GRIS et Néo sur le terrain

Sophie Laisney. Dossier Homosexualité, Sexualité

Depuis les années 90, 2 organismes luttent activement et pacifiquement contre l’homophobie. Le GRIS-Montréal et le Néo, situé dans la région de Lanaudière, développent des ateliers, des «interventions», dans des écoles secondaires ou des organismes communautaires, menés par des intervenants homosexuels ou bisexuels. Ceci afin de développer une image positive des différentes orientations sexuelles et de répondre à tous les types de questions sur ce thème.

«Qui fait l’homme, qui fait la femme?», «Le VIH est-il une maladie homosexuelle?», «Est-ce qu’il est arrivé quelque chose dans l’enfance pour devenir homosexuel/bisexuel?». Mais aussi des questions qui ont trait à la vie quotidienne, l’acceptation du coming-out ou encore l’affirmation de l’orientation sexuelle dans le cadre professionnel. Selon ces deux organismes, l’origine des demandes d’intervention varie énormément et tout le monde peut réclamer la venue d’intervenants (professionnels, étudiants, travailleurs).

GRIS, dans les écoles

sexualité différences sexuelles sexe sexuel «Je ne pense pas qu’il y ait un déterminisme de l’homophobie. Ce qui fait de nous des êtres humains, c’est cette capacité d’évoluer, de changer, de s’adapter», déclare Marie Houzeau, directrice générale du Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS) à Montréal.

Des interventions de 75 minutes, comprenant une présentation d’informations d’ordre général et un bref exposé biographique dirigé par deux intervenants, le plus souvent un homme et une femme. Ceux-ci invitent les élèves à poser toutes les questions qui les préoccupent au sujet de l’homosexualité et la bisexualité. «Nous allons entrebâiller une porte, semer une graine. Si le jeune évolue dans un contexte qui va à l’encontre des valeurs du GRIS-MONTRÉAL, il n’empêche que durant notre intervention, il a été en présence d’un autre modèle, d’une autre vision des choses et cela mène à une réflexion», affirme Marie Houzeau.

En plus de ces interventions, l’organisme s’engage à développer des projets spécifiques. La directrice générale nous expose l’un d’eux. «L’année dernière, nous avons établi un partenariat avec la Commission scolaire de la Pointe de l’Île. Nous avons rencontré des élèves de secondaire ІІ. Après notre passage, il y a eu un réinvestissement de la question de la violence verbale par le biais d’une expression artistique. Quelques affiches et des œuvres en 3D ont été exposées au Musée des beaux arts, aux Studios Arts & Éducations. Les jeunes sont venus au vernissage et cela a créé une appropriation plus importante de la question de l’homophobie.» Parallèlement au projet, des intervenants scolaires ont bénéficié d’une formation de deux jours sur l’orientation sexuelle, l’homophobie et les méthodes d’intervention. Ce projet fut un véritable succès : «90% des écoles où nous sommes intervenus l’année dernière nous ont rappelés pour de nouvelles interventions», déclare fièrement Marie Houzeau.

Néo et la sexologie

sexualité différences sexuelles sexe homosexualitéLe Néo travaille sur plusieurs volets: orientation sexuelle, identité de genre, santé sexuelle et VIH-Sida, selon une approche sexologique. «Les relations interpersonnelles, comment envisager l’amour et l’égalité dans les relations amoureuses sont des sujets que nous développons lors de nos interventions» explique Marie-Élaine de Tilly, sexologue-éducatrice chez le Néo.

Ici, les ateliers ne sont pas obligatoirement ciblés sur les écoles, mais privilégient aussi les organismes communautaires, les commissions scolaires ou encore les Centres locaux de services communautaires (CLSC). Les ateliers se divisent en deux parties, l’une théorique, l’autre pratique. Le premier expose les fausses croyances et les préjugés homophobes de manière à les déconstruire. Le second laisse place à des témoignages afin de lutter contre les stéréotypes.

De cette façon, les personnes présentes à ces ateliers peuvent constater que les intervenants sont des personnes «normales», en couple et qui travaillent. L’intérêt ici étant que l’intervention puisse casser les modèles stéréotypés incrustés dans la pensée collective: Les gays ne sont pas obligatoirement hyperféminisés, les lesbiennes ne ressemblent pas forcément à des hommes et les bisexuels n’ont pas une sexualité dépravée.

Si l’organisme défend activement la cause homosexuelle et bisexuelle, c’est seulement depuis peu qu’il s’ouvre à la question des transsexuels. Marie-Élaine de Tilly raconte: «Nous avons commencé à nous questionner sur l’identité de genre en 2009, lorsque nous avons dû nous occuper d’un jeune trans en souffrance dans une école. Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait aucun organisme qui pouvait le prendre en charge dans Lanaudière. Nous commençons à peine à parler de «transi-entité», mais nous avons très peu de financement pour cette question. Notre principale cause reste la lutte active contre l’homophobie.» Un premier guide en français abordant l’identité de genre a été publié en 2009.

Valeurs essentielles

sexualité homosexualité différence sexuelle sexeAu-delà de ce travail quotidien de démystification de l’homosexualité et de combat discret contre l’homophobie, le GRIS-Montréal et le Néo, par leurs actions directes, œuvre à défendre le principe fondamental de l’acceptation de soi et des autres, dans un cadre de respect. Ils renforcent de même l’importance de «l’éducation» des populations sur les notions d’orientation et d’identités sexuelles, en favorisant une image positive dans leurs ateliers pour diminuer les préjugés.

Autres textes sur Homosexualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Bisexualité: diversité sexuelle

Diversité identitaire et sexuelle

Bisexualité: Refuser de rentrer dans une case

Sophie Laisney. Dossiers HomosexualitéSexualité

«J’ai fait mon premier coming-out à 18 ans, après être tombée amoureuse de ma meilleure amie», raconte Émilie (prénom fictif) qui a 31 ans aujourd’hui. «Le second, j’avais 23 ans, quand j’ai définitivement compris que j’étais toujours attirée par les garçons.» Émilie n’est pas «redevenue» hétérosexuelle, elle est attirée par les deux sexes, elle est bisexuelle.

bisexualité sexualité différence sexuelle sexeD’une famille tranquille de la banlieue nord, assez traditionnelle, les questionnements sur l’identité sexuelle ne faisaient pas partie du lot quotidien de la jeune fille. Pourtant, elle s’est lancée et a fait ses coming-outs, avec crainte, mais la famille les a toujours très bien acceptés. «Plus tard, ils m’ont tout de même avoué que ça leur avait fait un choc, mais ils me l’ont caché pour me protéger. Le plus important pour eux était que je sois heureuse», dit-elle en souriant.

Choisir son «camp»?

«Être bisexuelle, dans ma tête, ça n’existait pas, il fallait que je me décide.» Bisexuelle: une identité qu’elle assume très bien aujourd’hui, pourtant ça n’a pas toujours été le cas. Pensant être «anormale» durant des années, Émilie était persuadée qu’elle devait «choisir son camp», faire comme tout le monde, être hétérosexuelle ou homosexuelle. L’entre-deux n’était pas possible.  Mais 5 ans après son coming-out, lorsqu’elle tombe en amour avec un garçon, elle ne peut pas se résigner à «retourner» vers les gars et «redevenir» hétérosexuelle aux yeux de tout le monde: «C’est comme si je retournais en arrière. J’aurais fait toutes ces démarches pour rien, et j’aurais donné raison à tous les préjugés.» Quels préjugés? Ceux qu’elle a pu entendre dès son premier coming-out: «T’es ben trop belle pour être lesbienne. C’est parce que tu n’as pas trouvé le bon gars.» Mais pas question pour elle de s’empêcher d’avoir des sentiments pour quelqu’un afin de rentrer dans une «case», elle aime les filles et les garçons.

Les clichés sur la bisexualité

bisexualité sexualité différences sexuelles sexe homosexualité homosexuel«Mais je pense sincèrement qu’il arrive que certains disent au début être bisexuels dans l’espoir que leur homosexualité soit mieux acceptée, c’est comme une transition.» La discrimination envers les bisexuels (biphobie) serait présente dans la communauté homosexuelle, considérant les bis comme des personnes «pas branchées», c’est-à-dire pas en accord avec leur orientation sexuelle, ou qui n’assument pas leur homosexualité tout simplement. «Il y a aussi des personnes qui se pensent homosexuelles depuis très longtemps et finalement, tombent amoureuses d’une personne du sexe opposé. Il leur arrive d’être rejetées par des personnes de leur communauté. Comme si l’orientation sexuelle devenait une « revendication ». Tu es une minorité, et si tu retournes dans le mainstream (la majorité), c’est comme si tu trahissais ta communauté et que tu choisissais la voie de la facilité.»

Origine de l’homophobie

Mais l’homophobie en général, même si elle régresse selon Émilie, reste toujours présente, mais de façon plus «subtile». «L’homophobie, c’est surtout des commentaires, des propos gênants, des regards. Mais dans le fond, c’est une peur, une insécurité, car ça touche beaucoup à la question du « genre ». Si tu es un homme et que tu aimes un homme, tu ne peux pas être un vrai homme. C’est pareil pour les femmes. Il y a un idéal des deux sexes qui n’est pas respecté, ça crée de l’incompréhension et de la frustration, ce qui mène à l’homophobie. Je pense que les nouvelles générations sont beaucoup moins homophobes, et c’est grâce à de nombreux organismes qui « éduquent » les jeunes  sur la question de l’homophobie.»

Bisexualité plus visible

La bisexualité est presque «invisible» dans nos sociétés. Les deux orientations sexuelles majeures que sont l’hétérosexualité et l’homosexualité s’affichent clairement. On ne suppose pas que des personnes puissent être bisexuelles dans un couple hétéro ou homo. Mais de nombreux organismes œuvrent à mettre en avant cette orientation pour mieux la comprendre. Le Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS), par exemple, recrute de plus en plus d’intervenants bisexuels pour les ateliers scolaires.

Explication de la bisexualité :

Selon Bi Unité Montréal (association des bisexuel(le)s de Montréal):

Une personne bisexuelle, tout comme bien d’autres personnes hétérosexuelles ou homosexuelles adopte une grande variété de styles de vie. Les bisexuel(le)s, tout comme les homosexuel(le)s et les hétérosexuel(le)s ont diverses façons de vivre leur sexualité.

Contrairement au mythe populaire, une personne bi n’a pas besoin d’être impliquée sexuellement simultanément avec les deux sexes. En fait, plusieurs personnes s’identifiant bis ne s’engageront jamais dans des rapports sexuels avec l’un ou l’autre sexe, comme c’est le cas pour les hétéros ou les gai(e)s. L’attirance pour un être n’implique pas nécessairement une relation sexuelle. Comme plusieurs hétéros ou gai(e)s, les bis choisissent de vivre une relation à long terme avec un seul partenaire.

Certains bisexuel(le)s pourront vivre en mariage ouvert qui permet les activités sexuelles avec d’autres individus. Ils pourront former un trio ou vivre leur sexualité avec plusieurs personnes.

Il est important d’avoir la liberté de choisir le genre de sexualité ou d’émotions qui conviennent aux personnes impliquées, peu importe leur orientation sexuelle.

Autres textes sur Homosexualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Steve Foster et la coalition québécoise LGBT

Lesbienne, gays, bisexuels et transgenres

Steve Foster et la communauté LGBT

Delphine Caubet Dossiers Homosexualité

Communément, nous parlons d’une communauté LGBT. Mais la réalité est plus complexe, et les objectifs ne sont pas toujours les même pour tous. Tâchons de comprendre les enjeux des lesbiennes, gays, bisexuels et trans (LGBT) pour démystifier ces communautés et voir où en sont leurs causes.

homosexualité lgbt steve foster lesbienne gays homosexuelDepuis ces 9 dernières années, Steve Foster dirige le Conseil québécois LGBT. Et comme tout directeur général, l’homme a voulu donner des impulsions. Lui, a mis l’accent sur son organisme afin de devenir un interlocuteur de référence auprès du gouvernement. Les actions du Conseil québécois sont donc politiques. Aujourd’hui, il estime que les LGBT sont mieux acceptés socialement et que leurs droits continuent d’avancer. Mais quels sont les combats futurs ?

Les aînés

Un dossier clé pour l’avenir des gays et lesbiennes est la question des aînés. Car si aujourd’hui, être homosexuel n’est pas idyllique, l’être dans les années 50 ou 60 au Québec était encore plus difficile. «Cette génération n’a pas pu vivre longtemps comme gay ou lesbienne» précise Steve Foster.

La dernière des choses voulues serait «qu’ils retournent dans la garde-robe.» Car, si une personne est perçue comme homosexuelle dans les centres pour aînés, elle risque la marginalisation de la part des autres résidents et du personnel soignant. L’objectif est donc de travailler contre l’homophobie pour permettre un plein épanouissement des gays et lesbiennes.

De l’international…

steve_foster lgbt lesbienne homosexualité homos gay gaiSur le plan de la solidarité internationale, le Conseil québécois travaille pour aider les organismes d’aide aux LGBT sur le terrain. Pour cela, il souligne des situations inquiétantes aux gouvernements, voire dénonce certains de leurs choix. Comme le choix du gouvernement fédéral de financer un groupe d’évangélistes (hostile aux LGBT) pour l’exploitation de puits en Ouganda. Pays qui vient d’adopter une loi anti-homosexuels…

Si Steve Foster qualifie ce travail de nécessaire, il reconnaît que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de ses attentes. «Il y a quelque chose de pas cohérent» précise-t-il. «Car lorsqu’il est question de droits humains, les réactions sont moins importantes et les gouvernements moins impliqués.»

En tant qu’acteur politique, le Conseil québécois LGBT continuera à garder l’œil sur l’international pour veiller au respect des droits des membres de leur communauté.

…au rural

homosexualité steve foster homos lesbiennes homos lgbtSur le plan local, Steve Foster veut permettre l’accessibilité aux services à tous, et partout à travers la province. Car les mentalités ont beaucoup évolué et «ce n’est pas vrai que c’est le paradis à Montréal.» «Aujourd’hui encore, on peut se faire insulter dans le village». La vraie distinction entre Montréal et les régions est l’accessibilité aux services.

Dans certains endroits, les écoles ne peuvent pas faire de sensibilisation et de prévention car il n’existe aucune ressource. Cela devient également difficile de socialiser et de réseauter avec des personnes vivant la même chose, puisque proportionnellement parlant, il y a moins de LGBT en région.

Beaucoup de LGBT viennent alors à Montréal par défaut, et non par envie. Pourtant ajoute Steve Foster, si ces personnes avaient eu les ressources dont elles avaient besoin, elles seraient restées dans leur région et se seraient investies dans les localités. «Car pour garder le monde, faut inclure tout le monde» conclu t-il.

Par moment, l’international et le local se rejoignent comme lors des Jeux olympiques de Sotchi. Tous ont pu voir le drapeau arc-en-ciel flotter au dessus d’hôtels de ville. Tous ont pu avoir ce sentiment d’appartenir à une communauté plus élargie.

Repenser les structures

L’un des dossiers les plus importants pour Steve Foster est de faire des états généraux sur l’action communautaire autonome. Qui sont les groupes? Que font-ils? Sont-ils efficaces? Quelles sont les pratiques innovantes? En somme, voir s’il n’y a pas moyen de faire plus et mieux. Autant de réflexions que suggère le directeur général afin que «les organismes s’organisent avant qu’ils ne se fassent organiser par le gouvernement.».

Suite à cette introspection, les acteurs communautaires jugeront s’ils ont besoin d’adapter leurs pratiques et leur mode de fonctionnement. Mais pour Steve Foster, l’important est de faire un état des lieux pour toujours servir aux mieux les intérêts de la population.

Autres présentations de Steve Foster  et du Conseil Québécois des LGBT et photos sur la remise du Prix Droit et Libertés. 

Photos Pierre Ouimet

Autres textes sur Homosexualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Steve Foster, LGBT et Prix droits et libertés

Diversité identitaire et sexuelle

Steve Foster, le «rassembleur»

Steve Foster possède l’honnêteté des meneurs passionnés. En novembre 2013, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse lui a décerné le Prix des droits et libertés. Jacques Frémont, président de la Commission, a souligné «le leadership, la crédibilité et le dévouement remarquable de l’homme d’action, de cœur et de passion.»

Sophie Laisney, Dossiers Homosexualité

steve foster lgbt lesbiennes gays gais homosexuel, homosexualité transgenreLe Conseil québécois LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ne s’est pas construit sans entraves, avec une communauté parfois divisée sur les priorités sociales à défendre. Steve Foster, à travers un discours sincère, «démystifie» cette communauté méconnue.

Naissance du CQ LGBT

Le Conseil québécois LGBT naît en 1993, dans un contexte de violence sociale et policière à l’encontre des gays. L’organisme œuvre activement pour faire respecter les droits sociaux de la communauté, dans le cadre du public, mais aussi sur des questions d’ordre privé (mariages, droits de filiation). Néanmoins, les LGBT se butent aux mésententes entre les gays, lesbiennes et bisexuels (la communauté transsexuelle fut représentée plus tardivement),  parfois en désaccord sur les priorités.

Au début des années 2000, l’organisme s’essouffle. C’est en 2005, après un redoublement d’engagement dans la communauté homosexuelle, que Steve Foster se découvre une véritable aspiration à la concertation et au rassemblement. En décembre de la même année, il est élu au conseil d’administration de la Table de concertation des lesbiennes et des gays du Québec. L’année suivante, il est nommé président. La Table de concertation devient le Conseil québécois LGBT.

Conflit avec l’Église

steve foster prix droits libertés lgbt lesbienne gai gay bisexuel transgenre«Autant il y a un courant favorable à la montée des LGBT, autant il y a un courant aussi fort pour faire régresser ses droits. Contrairement à l’Europe, où les droits humains sont tributaires de la situation économique et s’y butent, au Québec, nous avons dû nous battre contre l’Église catholique.» Si une grande partie de la population est parvenue à s’affranchir d’une Église omniprésente et sévère, une autre frange reste sur ses positions entre autres, sur les droits sociopolitiques de la communauté LGBT. Steve Foster nous en parle: «Grâce aux campagnes contre l’homophobie et à la démystification, une majeure partie de la population est finalement en faveur du mariage entre conjoints de même sexe. Néanmoins, il existe une frange de la population que nous n’arriverons jamais à sensibiliser.»

Déconstruire et décloisonner

prix-droits libertés steve foster lgbt lesbianisme gai homosexualité transgenre bisexualitéSteve Foster le précise, le Conseil québécois LGBT n’a pas comme seul but de promouvoir et d’œuvrer pour les droits sociaux de cette communauté. D’autres aspirations, certainement moins connues, se révèlent de même importance. Il s’agit de «déconstruire l’homophobie» et de décloisonner la communauté LGBT. «Nous devons dénoncer l’abus du terme « homophobie », il ne faut pas trop crier au loup sinon on ne nous écoutera plus. Il est très important que notre communauté garde toute sa crédibilité», dit-il.

Au fil des années, le Conseil québécois LGBT a bâti une grande crédibilité autant dans sa communauté qu’en dehors. Car le président insiste sur le fait que les membres ne sont pas juste LGBT, ils sont aussi jeunes, travailleurs sociaux, femmes, aînés ou chômeurs.

Le prix des droits et libertés est une reconnaissance du travail et de l’engagement de Steve Foster et du Conseil québécois LGBT.

Autres présentations de Steve Foster  et du Conseil Québécois des LGBT et photos sur la remise du Prix Droit et Libertés.

Photos Pierre Ouimet

Autres textes sur Homosexualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Diversité sexuelle; homosexualité, transgenre, bisexualité

Diversité et orientation sexuelle

Démystifier la diversité

Sophie Laisney Dossiers SexualitéHomosexualité

homosexualité bisexualité sexualité sexe homos bi trans transgenres transexuelL’identité et l’orientation sexuelle ont deux sens différents.

L’identité ramène à la question suivante : comment sommes-nous socialement reconnus? En tant qu’homme? En tant que femme? Et si nous sommes l’un ou l’autre, nous nous devons d’agir en accord avec notre sexe et genre. L’homme, la virilité? La femme, la délicatesse et le charme? Autrement dit, une identité qui nous colle à la peau et qui nous dicte un comportement de vie, bercé d’un homme qui doit aimer une femme et vice-versa.

L’orientation sexuelle est moins complexe, elle signifie vers qui nous sommes attirés sexuellement et pour construire un couple. Le plus socialement acceptable étant l’attirance envers le sexe opposé.

Comportement sexuel

homosexualité homosexuel homos bisexuel bisexualité sexualité transgenres transsexuel transsexualité queerCertaines personnes refusent ces clichés et ne veulent pas suivre une ligne de vie toute tracée. Par exemple, des hommes refusent leur corps masculin et se féminisent par le comportement social voire, par la chirurgie, tout en continuant à aimer les femmes. Ou encore des femmes n’acceptant pas d’être reléguées au rang de «femme-objet», fantasme caricatural des hommes. Elles aiment des hommes, des femmes, mais surtout, ne s’empêchent pas de vivre leurs relations amoureuses, n’en déplaise à certains et à certaines.

Sans remettre en question la «norme» identitaire ou l’orientation straight, on doit considérer d’autres identités et orientations sexuelles qui cherchent une reconnaissance sociale pour bénéficier des privilèges de la «norme». Certains avantages comme une reconnaissance juridique globale, par exemple. Si le mariage homosexuel est légal au Québec, ce n’est pas le cas dans de nombreux autres pays. De plus, les personnes trans sont encore loin derrière la cause homosexuelle; leurs structures et leur organisation négocient encore des clauses légales contre les barrières sociales comme les conditions pour le changement de sexe.

La diversité sexuelle

Ces identités et orientations sexuelles cherchent une tribune pour s’exprimer. Elles sont multiples et transmettent le message de la diversité sexuelle. Malgré les différentes revendications qui s’apparentent à un «combat», cette diversité identitaire et sexuelle désire avant tout une profonde tolérance dans nos sociétés envers la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans). 

Quelques définitions…

Les Transgenres sont des personnes dont le genre (conception personnelle de soi, généralement en tant qu’homme ou femme) dépasse les clichés sociétaux et parfois s’identifie au genre opposé. Par exemple, une personne avec des organes génitaux masculins peut s’identifier au genre féminin. Il s’agit de variance lors d’un léger développement de l’identité atypique (ex: un garçon aimant jouer aux princesses).

Les Transsexuels sont des personnes ayant un besoin d’être en accord physique avec leur identité de genre. Une personne transsexuelle souhaite être opérée pour la reconstruction de son appareil génital ou pour d’autres modifications physiques moins importantes (augmentation mammaire, prise d’hormones ou chirurgie plastique).

Les Queers veulent redéfinir la notion de l’identité de genre. Ce sont des personnes (homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles ou hétérosexuelles) qui se ne reconnaissent pas dans les codes de genre sociaux et les comportements traditionnels d’homme et de femme. Ce sont des personnes qui ne veulent pas se définir par leur sexe biologique et leur comportement sexuel. Ils refusent l’ordre établi.

Les androgynes sont des personnes dont l’apparence physique ne permet pas d’identifier leur genre. Certains peuvent s’identifier en tant qu’homme et femme, et d’autres au contraire, à aucun de ces genres. 

Autres Textes sur la Sexualité:

L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

When two solitudes meet…

An Anglophone, a professional journalist, a teacher and a prisoner for 22 years…

A Francophone, a scientist, a pilot, a journalist by default, a prisoner of his community involvement with youth…

Two solitudes that never should have met. Two solitudes who put their minds to a common project. Two cultures collide.

Four hands, writing the story of a man on the brink. At the cliff’s edge, he pulls back. A study of struggle, and of hope.

colin-mcgregor-journaliste-prison-auteur-anglophoneRaymond Viger auteur journaliste rédacteur en chef média magazine revueEnjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness. Set in Montreal, this is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

              Colin                                                                                                                          Raymond

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 10 337 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :