Intervenant en soin spirituel: l’autre acteur médical

Spiritualité et soin de santé.

Delphine Caubet         Dossier Religion et spiritualité, Croissance personnelle

Intervenant-en-soin-spirituel hôpital hôpitaux spiritualitéCharbel Ibrahim travaille au CHU Sainte-Justine. Dans son bureau, attenant au lieu de recueillement, il reçoit un appel. Un enfant autochtone est gravement malade. S’il ne reçoit pas une greffe, il risque de décéder. Charbel s’apprête alors à rejoindre la famille. Pourtant, il n’est pas médecin et son domaine n’est pas médical. Alors que fait-il dans un hôpital? Il est «intervenant en soin spirituel». Un nom étrange pour une profession souvent incomprise.

Les intervenants en soin spirituel sont des membres à part entière des travailleurs de la santé. Leur mission: soutenir patients et familles par le spirituel, le moral ou le psychologique.

Leur travail n’est pas de prêcher. Bien au contraire. Les hôpitaux sont laïques, et la profession est déconfessionnalisée. Donc, les chapelles se transforment en lieux de recueillement, et les pasteurs sont remplacés par des intervenants: des diplômés, des universitaires.

Charbel assiste les patients dans leur quête de sens. «Pourquoi moi, disent-ils. J’ai un cancer alors que je fais du sport, je mange bio… Pourquoi?» Des questions que beaucoup se posent.

Des travailleurs de la santé comme les autres

De plus en plus d’hôpitaux ont une approche globale des patients. Ils prennent en compte le physique et l’affectif. «C’est un grand processus d’humanisation», précise Charbel. Et contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas que les croyants qui viennent le consulter. «Car le spirituel est partout. Un non-croyant peut avoir une vie spirituelle.» «Mais les gens ne veulent plus être enfermés dans des catégories.»

À Sainte-Justine, Charbel est présent dans les unités de soins prioritaires. En soins intensifs, mais également en hémato-oncologie et au service mère-enfant. Lors des réunions interdisciplinaires, les membres du personnel soulignent des cas qui auraient besoin de son assistance. Il va alors proposer son soutien à la famille.

Pour intervenir, Charbel écoute les besoins des patients. Il les assiste pour qu’ils trouvent un sens aux événements. Ce travail, loin d’être superficiel, apporte un soulagement aux malades et à leur entourage. «Lorsqu’un individu est malade, son identité et son intégrité sont touchées, car le corps et ses capacités changent. C’est toute son identité qui est affectée.» Le travail consiste alors à écouter le patient pour lui faire accepter la situation.

Rituel et prière

Il y a peu de temps, Charbel a aidé des parents à faire le deuil de leur enfant mort-né. Comme il le dit: «On ne peut pas nier le passage de cet être sur terre.» Pour cela, il a effectué une «célébration de l’amour». Une façon pour les parents d’extérioriser leurs émotions. Dans ce rituel, ils ont partagé le vécu de la grossesse, et ont exprimé leurs attentes. Ils les ont matérialisés par des objets destinés à l’enfant, et retracé l’histoire qu’ils en avaient vécue et auraient pu vivre.

Durant cette expérience, le couple a donné un nom à l’enfant. Charbel a laissé les parents appréhender leur nouvelle réalité. Le silence a eu son importance, mais également le toucher. Par les objets, et parfois par l’enfant lui-même. Pour appréhender cet être qui est venu et qui est parti.

Si les familles le souhaitent, Charbel prononce des paroles, athées ou religieuses, pour s’adresser au transcendant.

Une profession incomprise

C’est par le biais de ces outils que les intervenants soutiennent les patients. Mais attention: ils ne sont pas «des distributeurs de rituels!» dit Charbel. Leur profession, parfois ignorée de leurs collègues, est perçue comme limitée. Et si le personnel ignore les services qu’offrent les intervenants, ils ne peuvent pas agir adéquatement. Encore aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif, ils sont associés aux agents de pastorale et aux prédicateurs.

Pour démystifier cette profession, Charbel fait des formations, entre autres, auprès des infirmières et des médecins. Pour que chacun comprenne son rôle et puisse y référer adéquatement.

Mais la quête de sens n’est pas uniquement auprès des patients. Il peut arriver que les intervenants agissent auprès des membres du personnel hospitalier (toujours à leur demande). Ces derniers, en contact quotidien avec des situations difficiles, peuvent ressentir le besoin de trouver un sens aux événements.

Une fenêtre sur les religions

D’après Mélany Bisson, chargée des communications à l’Association des intervenantes et des intervenants en soins spirituels du Québec (AIISSQ), la plupart d’entre eux ont un DESS en santé, spiritualité et bioéthique. Bien qu’avec des connaissances religieuses variées, ils sont formés pour intervenir sur le spirituel dans un sens large. À la suite de quoi, ils effectuent au minimum un stage clinique.

Des patients qui refusent des soins par convictions religieuses ont fait les manchettes. Dans ce type de circonstance, c’est l’intervenant en soin spirituel qui agit. Mélany Bisson raconte sa propre expérience. Alors qu’elle intervenait au CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal), un témoin de Jéhovah a refusé une transfusion. Bien qu’elle ne le fît pas changer d’avis, l’hôpital respecta sa décision, car elle était en harmonie avec les valeurs du patient. Son travail ne consistait pas à le convaincre de bafouer ses croyances. Mais plutôt de vérifier si cette personne était consciente de l’impact de sa décision et si cela correspondait à ses valeurs.

Si ce travail est difficile (Sainte-Justine étant un hôpital pour enfant), Charbel ajoute que sa profession est avant tout un beau défi. Elle fait grandir. Quant aux patients, certains d’entre eux témoignent de l’empathie et de l’ouverture de l’intervenant; celui-ci ne cherchant pas à les enfermer dans un dogme.

Refus de traitement pour motif religieux

La Charte canadienne des droits et libertés reconnaît la liberté religieuse de chaque individu. En conséquence, une personne en état de prendre ses propres décisions peut refuser un traitement médical.

Dans le cas d’enfant de moins de 14 ans, c’est aux parents de prendre la décision. Selon leurs convictions religieuses, ils décideront si leur enfant peut recevoir le traitement. Pour des mineurs de plus de 14 ans, l’accord est validé automatiquement. En revanche, s’il refuse un soin, les parents possèdent un véto pour l’obliger à accepter. Toutefois, la loi n’a pas prévu le cas où les parents refuseraient également le traitement pour leur enfant de plus de 14 ans.

Si le médecin considère comme injustifiés les refus de traitements, il peut passer outre en contactant un tribunal. En cas de doute raisonnable, le médecin doit choisir la meilleure solution pour le patient. Mais il devra prouver qu’il existe des doutes quant à la conviction religieuse du patient.

Dans ce type de circonstance, le droit canadien se trouve dans une ambiguïté. En effet, dans le cas de secte, des coreligionnaires peuvent exercer une emprise sur le patient et l’empêcher de prendre une décision librement. Mais dans tous les cas, le droit canadien doit respecter la décision du patient.

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Le sexisme de l’Église dénoncé

Une religieuse contre le sexisme dans l’Église

Une femme prêtre

Il y a de ces gens qui se battent pour que les choses changent. Sœur Mariette Milot est de ceux-là. Sa cause? Nul autre que le sexisme dont fait preuve l’Église catholique

Sébastien Lacroix Dossier Religion et spiritualité

soeur-mariette-milot-pretre-femme-eglise-catholiqueDepuis son tout jeune âge, elle caresse le désir de devenir prêtre. «Ça fait plus de 65 ans que j’ai reçu cet appel. Vers 8 ou 9 ans, je commençais déjà à me poser des questions. Je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait que les gars qui pouvaient servir la messe. Plus tard, je ne voyais pas pourquoi mon frère avait pu devenir prêtre, mais pas moi.»

Maintenant âgée de 77 ans, elle a plus ou moins perdu espoir devant le conservatisme du pape Benoît XVI et du cardinal Ouellet. «Je ne sais pas s’il me reste assez de temps à vivre pour pouvoir être ordonnée, ni même si je vais voir ça de mon vivant.»

L’avenir de l’Église

Sœur Milot mène plusieurs combats à petite échelle. Elle donne une conférence dans le cadre d’un forum sur l’avenir de l’Église dont les propositions seront remises à l’évêque de son diocèse.

Elle appuie ses dires sur ce qu’elle a observé lors de ses nombreuses missions au Brésil, où elle a côtoyé les «sans terres», des gens parmi les plus pauvres au monde. «Là-bas, les femmes font tout dans l’Église. Elles ne sont pas ordonnées, mais c’est tout comme. J’y ai vu des femmes, souvent analphabètes, animer leur communauté de base avec ingéniosité. Elles partageaient le ministère avec leurs confrères masculins, sur un même pied d’égalité.»

Mariette Milot, ne veut pas être ordonnée par défaut. «Comme le disait récemment un journaliste qui m’interviewait: «Patience ma sœur, il n’y aura bientôt plus de prêtres hommes, vous aurez votre tour.» Une gifle ne m’aurait pas fait plus mal…

À défaut d’hommes, on ira vous chercher, les filles. Aussi bien dire: Vous pourrez vous accommoder des petits restes aux petits chiens!

D’immenses changements doivent s’opérer dans l’ensemble des structures de l’Église. Il faut en arriver à laisser à chaque membre – femme et homme – la juste place pour y jouer son rôle, pour y exercer sa mission selon ses appels.

Comment pouvons-nous, encore aujourd’hui, concevoir que des femmes, possédant les critères d’admission au même titre que les hommes, ne puissent avoir accès aux ministères ordonnés du simple fait qu’elles sont femmes? Il est même interdit d’en parler.

La lutte pour l’ordination des femmes

Chaque mois, nous sommes une dizaine de religieuses qui se réunissent. Nous discutons des moyens à prendre pour faire valoir l’appel que nous avons reçu.

Nous essayons aussi de voir ce que nous pourrions faire de différent. J’aimerais aller chercher les exclus de notre société, les petits, les pauvres, les opprimés. Nous serions surpris de rencontrer, dans la marge, des leaders, des gens capables de penser, d’agir, qui sont bien ancrés dans la réalité du quotidien.

Sœur Milot a été interrogée dans le livre Appelés aux ministères ordonnés, qui présente quinze femmes ayant reçu l’appel du sacerdoce. L’ouvrage, écrit par Pauline Jacob, est le résultat d’une recherche de doctorat. « Il apporte un éclairage solide sur cette dure réalité.»

Elle a même fait l’objet du documentaire «Je vous salue Mariette», produit par le centre d’artistes Vidéo Femmes. Celui-ci traite de sa vie, de ses nombreuses implications et de sa souffrance de ne pas avoir été ordonnée. Il jette aussi un regard critique sur l’Église que plusieurs voudraient voir davantage communautaire et démocratique.

Une grande partie de mon temps a été consacrée au film ces deux dernières années. Pour une trentaine de minutes, il y a eu environ 10 à 12 heures d’enregistrement. Ça représente plusieurs journées de tournage réparties dans le temps.

Ça en a valu la peine. Il y a eu des projections à l’ONF, au Ciné-Campus et à la salle Anaïs-Rousseau. Il y en a d’autres à venir. Chaque fois, c’est suivi par des échanges avec le public. Il y a environ 1000 personnes qui l’ont vu. Ç’a ouvert des discussions animées.

La traite humaine: Femmes déchirées

Sœur Mariette Milot se préoccupe également du sort réservé aux femmes victimes de la traite humaine. «Je ne crois pas que l’on pourra arrêter cela un jour. C’est un phénomène qui est répandu partout dans le monde. C’est un commerce très lucratif. Il rapporterait douze milliards de dollars chaque année. Nous pouvons freiner ce phénomène que plusieurs appellent de l’esclavage moderne. Nous devons dénoncer ce que font les trafiquants et sensibiliser les gens pour qu’ils soient vigilants.»

À l’initiative de sœur Milot, le Comité de Traite Humaine Interne et Internationale (CATHII) a produit une vidéo de sensibilisation. Celle-ci présente la pièce Femmes déchirées qui parle de l’enfer vécu par les femmes trafiquées et de la manière dont elles se font piéger.

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Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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Sagesse autochtone : « Tout ce qui est vrai est beau »

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« Tout ce qui est vrai est beau »

 chronique société presse communautaire média écritUn vieux loup au crépuscule – Dans son livre The Wolf at Twilight, l’auteur américain Kent Nerburn accompagne un vieil « Indien » lakota dans son voyage « au pays des fantômes et des ombres ». Dans ces pages, le vieil homme transmet ses réflexions et ses connaissances à l’écrivain blanc qui les note.

Normand Charest – Dossier Autochtone

kent nerburn the wolw at twilight autochtones

E. Curtis, Fillette navajo, 1905.

À propos d’éducation, il dit des choses que l’enfant en nous approuve. Pensez-vous, dit-il en substance, que les petits enfants veulent étudier assis sagement dans des écoles ? Ils le font plutôt en observant tout ce que leur offre la nature, y compris l’exemple des adultes qu’ils tentent d’imiter. Car c’est de cette manière qu’ils apprennent.

Plus loin, il ajoute que le Créateur a donné à chaque peuple des talents qui leur sont propres. Aux Blancs, celui de noter les choses dans des livres. Aux Indiens, le talent d’écouter la nature. « Ce sont des talents différents, tout comme il y a différentes façons de comprendre le Créateur… Voudrais-tu détruire les voies particulières des autres peuples ? Je ne pense pas, parce qu’alors tu détruirais une partie de la vérité du Créateur. »

À l’auteur qui lui dit que ce sont de fort belles paroles, il répond : « Tout ce qui est vrai est beau, parce que tout ce qui est vrai vient du Créateur »… Qui peut dire qu’il ne s’agit pas là d’une grande sagesse ? Qui peut dire que cette pensée est primitive ?

Un retour à nos origines : « Vous avez déjà pensé ainsi, mais vous l’avez oublié »

Si chaque peuple a reçu un talent particulier, il faut bien constater que beaucoup l’ont déformé en cours de route. Il revient à chacun de retrouver son talent oublié. C’est vrai pour chaque individu et pour chaque peuple. Pour cela, nous devons chercher, observer, écouter en nous et autour de nous.

Et des propos sages comme ceux que nous venons de lire peuvent nous inspirer, dans notre recherche de valeurs plus profondes et durables. Parfois, ils nous font remonter à nos origines, d’avant la grande évolution technologique et matérialiste, alors que nous étions encore proches des valeurs naturelles.

Déjà durant l’enfance, nous nous sentions attirés par les histoires d’Indiens qui peuvent lire dans les traces des animaux. Et les contes nous fascinaient, dans lesquels les animaux et les humains se parlaient et se comprenaient, comme des frères. Ainsi que les initiations par lesquelles le garçon devait trouver son nom d’adulte, ainsi que sa mission dans cette vie.

Car l’enfant en nous est proche de ces premiers âges de l’humanité. Et il nous guide dans ce retour vers un lien plus fort avec la nature, et avec notre Créateur. Un lien d’amour et de respect. Si ce n’est déjà fait, nous trouverons alors notre vraie place dans l’univers. À la fois plus modeste et plus grande.

Comme le dit le vieil homme du livre, « laisse cette pensée faire une petite pause en toi, le temps que tu puisses l’observer » et y réfléchir.

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L’Oratoire Saint-Joseph et le Saint Frère André

Ressourcement et spiritualité

Visite de l’Oratoire Saint-Joseph

À la découverte d’un magazine qui fête cette année ses 100 ans. Des Annales de Saint-Joseph fondé en 1912 à la revue de l’Oratoire.

Raymond Viger Dossier Religion et spiritualité, Médias, Communautaire

oratoire saint-joseph saint frere andre st religion spiritualiteJe pense que ma motivation d’organiser cette visite à l’Oratoire Saint-Joseph vient d’une panne d’énergie et d’un essoufflement. Danielle et moi traversons les 20 ans de l’organisme Journal de la Rue et de son magazine Reflet de Société.

Un retour au source d’un lieu qui a su marquer mes souvenirs d’une façon indélébile.

Ce n’est pas l’inspiration qui nous a manqué pour allumer quelques lampions. Une occasion de revoir toutes ces béquilles exposées, abandonnées après que le miracle ait frappé leurs propriétaires. Un travail d’équipe entre Saint-Joseph et Saint Frère André.

La revue l’Oratoire semble aussi avoir été ébranlée comme nous l’avons été. De 6 numéros par année, ils annoncent maintenant que les abonnements ne sont plus définis en terme de durée d’un an mais plutôt  par le nombre de numéros, soit trois numéros pour l’abonnement régulier.

Crèches et Nativité à travers le monde

frère andré saint frere andre st oratoire st-JosephUne salle d’exposition permanente nous permet d’admirer des interprétations artistiques de crèches à travers le monde. Une exposition originale et intéressante de découvrir une créativité qui doit se partager sous un thème commun.

Plusieurs de ces oeuvres m’ont fascinés. El Salvador qui a réalisé une chèche dans une cruche. Une cruche transportable et toute préparé à l’avance. Un peu comme la Palestine qui a fait sa crèche dans un cadre. Exposable, le temps de mettre un clou au mur.

J’ai été charmé par la jeunesse et la sérénité des personnages de l’Uruguay et des États-Unis tandis que ce sont les couleurs utilisées par l’Arménie, la Chine, la Bulgarie et la Macédoine qui ont accroché mon oeil.

La finesse du travail du bois de la Turquie et du Vietnam est à souligner. On ne peut passer sous silence l’originalité de l’Afrique du Sud dont les personnages de la crèche sont des pantins reliés à leurs fils permettant à tous d’animer les personnages de la crèche et de revivre, à sa façon la Nativité.

Le grand orgue Von Beckerath a été restauré. Le premier concert d’inauguration est aujourd’hui à 16:00 h. Un deuxième aura lieu dimanche prochain le 14 octobre à 16:00 h avec les Petits Chanteurs du Mont-Royal.

L’Oratoire Saint-Joseph a su aussi se moderniser: site Internet, page Facebook, compte Twitter et Youtube!

Je vous laisse avec ce vidéo qui présente la restauration du grand orgue Von Beckerath:

Site Internet de l’Oratoire Saint-Joseph.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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Journées mondiales de la jeunesse

B.U. The knowledgist et les journées mondiales de la jeunesse

En cette journée d’ouverture des 27e Journées mondiales de la jeunesse à Madrid, nous vous présentons un rappel de la présence de B.U. The Knowledgist aux Journées mondiales de la jeunesse à Toronto en 2002.

Par Martin Ouellet   Dossier Religion et spiritualité

Dimanche le 28 juillet 2002, au Parc Downsview, à Toronto, le pape Jean-Paul II a présidé une messe devant 800 000 jeunes, d’environ 173 pays différents, dans le cadre de la 17e Journée Mondiale de la Jeunesse. B.U. The Knowledgist, rappeur montréalais très empreint de spiritualité, a suivi de près cette manifestation de foi et a partagé sa vision des JMJ avec nous…

Que représentent pour toi les Journées Mondiales de la Jeunesse?

Une formidable occasion pour les jeunes croyants de se rencontrer, d’échanger dans la paix, l’harmonie et le calme! Je le vois comme une sorte de cri du cœur civilisé et organisé, un appel au changement social et un témoignage d’espoir. De jeunes de différentes provenances, de cultures variées, y vont pour s’instruire sur les traditions de l’Église et prier tous ensemble. Il ne s’agit pas juste de s’agenouiller au bon moment ou de se signer de la croix quand il faut, comme des automates, il faut comprendre la signification des rites religieux. Finalement, je dirais que les JMJ sont la preuve qu’il est possible d’utiliser les médias, de mobiliser les jeunes et de créer un événement d’envergure pour passer un message positif, encourageant.

Crois-tu que la foi est encore bien vivante de nos jours, en particulier chez les jeunes?

Je ne suis pas en mesure de répondre pour les jeunes à l’étranger, mais au Québec, je ne crois pas qu’on assiste à un retour de la foi. Bien sûr, la venue du pape à Toronto a provoqué un engouement, une ferveur passagère mais c’est contextuel et ça retombe vite à plat. Il devrait y avoir davantage d’événements rassembleurs pour les jeunes, afin qu’ils participent à l’évolution de leur Église. Quand je pense aux énormes effectifs promotionnels qui ont été mis en place pour les JMJ, je trouve ça dommage de constater qu’il n’y a pas de suivi dans les paroisses. Il faudrait une présence continue de la spiritualité afin de combattre toutes les propagandes néfastes qui éloignent les jeunes de leur beauté intérieure. Souvent, plus ou moins consciemment, les jeunes ressentent un vide spirituel qu’ils essaient de combler par toutes sortes de sensations fortes, mais laisse-moi te dire que rien ne peut égaler ce que tu éprouves en priant et en observant les signes qui te guident vers le vrai sens de ta vie…

Penses-tu que le pape est devenu trop vieux pour être un bon représentant de l’Église catholique? A-t-il encore quelque chose à apporter à ses fidèles?

Je crois qu’il faudrait poser la question à Jean-Paul II lui-même! Ce n’est pas par obéissance aux lois de l’Église que le pape a consacré sa vie à Dieu (et qu’il le fera jusqu’à son dernier souffle), c’est pour servir Dieu… Les gens qui étaient à Toronto ont vu ce vieil homme s’animer, s’énergiser, s’illuminer au contact des jeunes fidèles venus manifester leur foi avec lui. Douter des miracles, c’est douter de Dieu lui-même…

Penses-tu que l’Église catholique devrait moderniser son discours, par exemple sur l’ordination des femmes, la contraception, l’avortement, la reconnaissance des homosexuels?

L’Église doit, comme tout ce qui est, se remettre en question. Son rôle est de partager, non de contrôler. L’Église est une interprétation de la parole de Dieu. La Bible elle-même est une interprétation de l’enseignement de Jésus, écrite par des hommes, remplie de paraboles, de poésie, de symboles. C’est aux fidèles de se l’approprier, d’y découvrir leur vérité. En bout de ligne, c’est Dieu lui-même qui envoie ses réponses.

Si tu avais à choisir un remplaçant à Jean-Paul II, sur quels critères te baserais-tu pour faire un choix?

Tout d’abord, ce devrait être quelqu’un qui a un parcours de foi exemplaire, un homme capable autant de rassembler les foules que de les confronter, qui n’aurait pas peur de ramener certaines valeurs traditionnelles aussi. Mais surtout, il faudrait qu’il dissocie l’Église de la politique et qu’il ne permette plus qu’on invoque Dieu pour déclarer des guerres, qu’on utilise la religion comme bouclier en temps de conflit. Il y a un travail d’éducation à faire pour rapprocher les religions, pour briser le cercle de l’intolérance entre les nations de croyances religieuses différentes. Les religions divisent, alors qu’elles devraient unir.

B.U. The Knowledgist a un disque sur le marché, intitulé «Réflexions», qui aborde plusieurs thèmes tels que la spiritualité, la politique, l’écologie et bien d’autres phénomènes de société.

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Prêtres et curés noirs dans les églises

Prêtres: des renforts de l’étranger

«J’ai longtemps vécu à Montréal alors je ne suis pas surprise de voir un Noir, dit une paroissienne de Sainte-Anne-des-Plaines, Rosyne Gavrilchik. Ce qui m’étonne, c’est plutôt qu’il y en ait un qui soit prêtre dans une petite ville comme ici!»

Olivier Bachand   Dossier Religion et spiritualité

missionnaire-cure-pretre-eglise-religion-spiritualiteBien que marginale pour l’instant, cette situation risque de devenir de plus en plus commune au Québec, alors que la moyenne d’âge des prêtres catholiques atteint 75 ans et que la relève est nettement insuffisante. «Il y a un manque de prêtres dans plusieurs diocèses, confirme le président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), Mgr Martin Veillette. On se demande comment nous allons faire pour remplacer ceux qui partent.»

Les premiers prêtres appelés en renfort de l’étranger sont arrivés à Montréal il y a une quinzaine d’années, indique-t-il. «Ailleurs en province, c’est beaucoup plus récent. C’est quelque chose que l’on voit seulement depuis quatre ou cinq ans.» À l’heure actuelle, guère plus d’une cinquantaine d’aumôniers venus d’ailleurs ont un ministère sous leur responsabilité au Québec.

L’arrivée de ces ecclésiastiques n’est toutefois pas une solution qui plaît à tous. «On fait venir des prêtres qui ne connaissent pas la culture d’ici. Ils tentent d’imposer leur vision des choses et après, ils s’en vont, soutient l’abbé Raymond Gravel, connu pour ses positions allant à l’encontre de celles du Saint-Siège. On a reproché aux missionnaires québécois d’imposer leur culture ailleurs dans le monde. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de répéter le phénomène inverse.»

Les bonnes relations entre les prêtres issus de l’étranger et leur communauté d’accueil dépendent largement des qualités personnelles du nouvel aumônier, estime le président de l’AECQ. «Dans certains cas, l’intégration se fait bien, alors que d’autres ont plus de difficulté et n’obtiennent pas le même succès.»

À Sainte-Anne-des-Plaines, le curé Urbain Mumina a su s’intégrer à la population et semble fort apprécié des paroissiens. Comme quoi l’expérience peut être bénéfique pour tous, à condition d’y mettre du sien.

Prêtres étrangers au Québec

missionnaire-cure-pretre-eglise-religion-spiritualiteÀ l’extérieur des paroisses montréalaises, les prêtres étrangers se font rares. Le phénomène est si récent qu’aucune statistique officielle n’est disponible à ce sujet.

Selon l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), les abbés venus d’ailleurs œuvrant à l’extérieur de Montréal sont surtout des Africains, des Haï-tiens et des Latino-américains. Les seules données comptabilisées quant au nombre de prêtres étrangers et leur provenance concernent la métropole.

Les prêtres étrangers à Montréal

Afrique: 26
Amérique latine: 2
Asie: 4
Europe: 10
Haïti: 4
Proche-Orient: 3

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PHOTO-REPORTAGE DE CE TEXTE.

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Nouvelles réalités dans les églises

Missionnaires nouveau genre

Quelque 150 paroissiens prennent place sur les vieux bancs de bois de l’église de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides. La messe est sur le point de commencer. L’orgue finit par souffler ses premières notes, coup d’envoi d’une procession qui s’amorce à l’arrière de l’église. À la queue du cortège, le curé ne passe pas inaperçu. Sa soutane blanche contraste avec sa peau noire.

Olivier Bachand   Dossier Religion et spiritualité

missionnaire-cure-pretre-eglise-religion-spiritualite«Ça ne m’a pas inquiété d’arriver dans la paroisse, même si je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de Noirs, confie l’abbé Urbain Mumina, un Africain. Ça m’a plutôt surpris qu’une ville de la taille de Sainte-Anne-des-Plaines n’ait pas beaucoup de minorités visibles.» Arrivé de la République démocratique du Congo il y a près de trois ans, il est le premier curé «de couleur» de l’histoire de la paroisse, fondée en 1787.

L’homme de 47 ans n’avait jamais mis les pieds au Québec avant de venir y exercer ses fonctions ecclésiastiques. Depuis août 2005, il préside la messe dans la municipalité rurale de 13 000 habitants, où les Noirs et autres minorités se comptent pratiquement sur les doigts d’une main.

«J’ai reçu un accueil chaleureux et je me suis vite senti accepté. Dans plusieurs occasions, je suis le seul Noir présent et ça ne me dérange pas, raconte-t-il. Les gens me posent beaucoup de questions sur mon pays et sur ma famille. Ils m’invitent parfois à souper chez eux. Je leur raconte mon histoire et eux me parlent de celle de la paroisse.»

Pour plusieurs fidèles, voir leur église dirigée par un Noir aurait été impensable il y a quelques dizaines d’années. «Quand j’étais jeune, il n’y avait pas de Noirs ici, lance Reina Racine-Fournelle, une dame enracinée à Sainte-Anne-des-Plaines depuis 76 ans. Maintenant, il y en a partout. Je n’ai donc pas été surprise quand le nouveau curé est arrivé… et je le trouve très bien.»

Depuis qu’il a la responsabilité de la paroisse, Urbain Mumina n’a vécu aucune situation désagréable en raison de son origine ethnique. «Jamais personne n’a passé de commentaire négatif à mon endroit… du moins que je sache. De toute façon, je ne tiens compte que des commentaires positifs!»

Chose certaine, la présence d’un prêtre noir n’a pas fait fuir les habitués de l’église du diocèse de Saint-Jérôme. Il y a quelques années seulement, beaucoup moins de croyants allaient y prier le Seigneur. Maintenant, on peut dire avec justesse qu’il y a du monde à la messe. «Tant mieux si ma présence a ramené des gens, il faut rendre grâce à Dieu!», blague le curé.

S’accommoder au Québec

missionnaire-cure-pretre-eglise-religion-spiritualiteLe plus grand défi qu’a relevé l’abbé depuis son arrivée a été de s’adapter à la réalité de l’Église catholique d’ici. Au Congo, la majorité de la population est toujours pratiquante, contrairement au Québec, où seul un catholique sur dix fréquente la maison de Dieu. «Dans mon pays, quand vous arrivez en retard à l’église, vous devez passer la messe debout, car toutes les places sont occupées, illustre Urbain Mumina. Ici, il y a toujours de la place.»

S’il ne s’attendait pas à voir arriver une foule pour les célébrations dominicales, il croyait néanmoins que plus de fidèles s’y présenteraient. «C’est rare qu’on voit des enfants, des ados ou des jeunes couples, déplore-t-il. Chez moi, les gens de tous les âges sont pratiquants.»

Le degré de ferveur religieuse n’est pas la seule différence entre l’Église catholique congolaise et québécoise. «C’est dans la manière dont nous exprimons notre foi que ça peut être extrêmement différent. Les célébrations liturgiques chez nous, c’est beaucoup plus vivant, engagé, participant avec toute l’assemblée, explique Urbain Mumina. Tout le monde chante et fait des gestes. Des enfants dansent autour de l’autel, ça met de la joie. Ici, c’est beaucoup plus froid.» L’aumônier a tout de même constaté un engouement de ses paroissiens pour une messe plus dynamique. «On a déjà fait venir une chorale congolaise de Montréal à l’église et les gens ont apprécié cette façon de prier.»

Autre distinction, la situation financière de l’Église catholique au Congo est beaucoup plus difficile que celle des églises de la province, indique l’abbé Mumina. «Les moyens d’une paroisse sont très modestes au Congo. C’est inhérent à l’économie du pays. Beaucoup de gens n’ont pas d’emploi et ceux qui travaillent ne gagnent pas grand-chose. On reçoit surtout des dons en nature. Mais on n’a pas à se casser la tête pour le chauffage, il n’y a pas d’hiver!»

Partir ou rester ?

Prêtre depuis plus de 18 ans, Urbain Mumina peut exercer son ministère à Sainte-Anne-des-Plaines en vertu d’une entente intervenue entre son diocèse d’accueil et celui d’Idiofa d’où il vient. Son contrat avec le diocèse de Saint-Jérôme, qui devait prendre fin en juillet prochain, a été reconduit pour trois autres années. «J’ai eu mon mot à dire quant à savoir si je voulais rester ou non. Mon évêque au Congo a aussi eu à se prononcer, tout comme Mgr Cazabon, l’évêque de Saint-Jérôme.»

Malgré les nombreuses différences entre l’Église catholique au Québec et au Congo, l’abbé Mumina s’est bien accoutumé à la Belle Province et y poursuivra donc sa mission. «Je veux continuer d’aider l’Église d’ici, qui a plus besoin de moi que celle du Congo. Il n’y a pas assez de prêtres et ceux qui sont en place ont un âge avancé (voir autre texte). Ce n’est pas pour rien qu’on ferme des églises et qu’on regroupe des paroisses, fait-il valoir. L’Afrique a reçu beaucoup de missionnaires des pays occidentaux. C’est maintenant à notre tour d’être missionnaires pour les Églises d’Occident.»

Le Québec et l’Église catholique

Plus de six millions de Québécois sont catholiques, mais seulement 10% d’entre eux sont pratiquants. La province compte quelque 2 100 prêtres encore actifs, âgés en moyenne de 75 ans. On recense plus de 1 700 paroisses et missions réparties dans 22 diocèses sur le territoire québécois.

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