Dénoncer son agresseur

Le poids de la dénonciation

Être la victime et parler

J’ai voyagé pendant 5 années dans le Grand Nord pour intervenir auprès des communautés inuites. Des épidémies de suicide faisaient rage. Ma mission, former les community workers locaux à intervenir et en arriver à pouvoir former eux-mêmes leur relève.

Raymond Viger   dossiers AutochtoneSanté

Journaliste conférencier auteur intervenantPourquoi ces suicides en série? Pendant de nombreuses années, des séries d’abus envers les femmes inuites ont eu lieu. Les femmes se sont prises en main et ont dénoncé massivement et collectivement les abus qu’elles avaient subis.

Revivre ces horreurs pour certaines victimes et la honte pour les bourreaux a créé un climat fragilisant la communauté. Trop de gens devenant vulnérables en même temps ont provoqué un climat propice pour des vagues de suicide.

Dans un tel état d’esprit et avec les liens de proximité que connaissent ces communautés, le suicide est rapidement devenu une épidémie.

La pire chose qu’auraient pu vivre ces communautés est de faire témoigner devant les médias les victimes à visages découverts pour raconter leurs agressions, leurs idées suicidaires, dénoncer leurs agresseurs… Ça fait vendre de la copie c’est bien évident. Tout le monde va en parler, c’est sûr. Surtout si les accusés se mettent à répondre aux victimes, à se justifier et à en faire un débat public. Parce que tous les gérants d’estrade vont pouvoir prendre position et faire de cinglants débats. Nous ne serons plus à aider les victimes et éviter que les agressions se perpétuent. Nous aurons perdu de vue l’essentiel du pourquoi nous en discutons et nous nous retrouverons dans un débat oratoire stérile qui tournera en rond.

Il est important de favoriser un climat de dénonciation des abus. Parce que nous voulons que ceux-ci cessent. Mais cela ne doit pas se faire au détriment des victimes et du soutien que l’on peut leur offrir. Certains journalistes vont justifier leur travail en disant que cela permettra de mettre de la pression sur les autorités pour obtenir des gains sociaux, des changements.

Médiatiser les victimes est-il la meilleure façon d’agir envers des personnes fragiles et vulnérables? Il arrive régulièrement qu’une victime décide de changer d’idée et de ne pas dénoncer ces agresseurs. Cela fait partie de son processus de guérison. Il faut accepter cette période d’ambivalence. Mais quand on les fait témoigner devant la caméra, elles ne pourront plus reculer. C’est pourquoi certaines victimes peuvent avoir besoin d’aide et d’accompagnement quand elles font face aux médias.

Et les débordements sont faciles. Témoigner d’une agression dont nous avons entendu parler, ça s’appelle un ouï-dire et ce n’est pas recevable. Même si les évènements sont véridiques à 100%, est-ce que la victime dont on parle était prête à le faire devant les médias? Recueillir le témoignage d’une personne sous le choc est délicat. Dans quel état laissons-nous les victimes après un passage médiatique? Comment va-t-elle réagir en voyant le reportage qui en sera fait? Est-ce que cela aura des répercussions sur son entourage?

Et que dire des témoignages de groupe? Plusieurs victimes sont autour d’une table et répondent aux questions d’un journaliste. Ne peut-il pas y avoir un effet d’amplification dans ce cas? Et quand cette direction est prise, difficile de revenir en arrière!

Il ne faut pas se contenter de recevoir un témoignage et le mettre en ligne. Une enquête exige un minimum de validation des témoignages. Et au-delà de la vérification, les victimes sont des personnes sensibles et vulnérables qui ont besoin de protection et d’aide. Il n’est pas rare de voir des victimes dans un tel processus se suicider.

Oui, il faut de dénoncer ces abus.
Oui, il faut que les médias en parlent.
Non, les médias ne peuvent pas parler de sujets sociaux sensibles n’importe comment.

Il y a un processus de guérison qui doit rapidement être mis en place. Et il faut accepter qu’il puisse prendre beaucoup de temps.

La protection des victimes est tout aussi importante que la dénonciation des agresseurs

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Prévention du suicide en Corée du Sud

Prévention du suicide

Initiatives de la Corée du Sud

Le suicide n’est pas qu’un problème de nos pays occidentaux. Des pays comme la Corée du Sud ou le Japon doivent faire face à ce problème de santé publique et la Corée du Sud se place tristement en 2e position en matière de décès par suicide dans le monde.

Delphine Caubet dossiers Suicide, International

suicide-prevention personnes suicidaires vouloir mourir se tuerDans un documentaire réalisé par Vice – France, nous découvrons une équipe spécialisée dans l’intervention auprès de personnes suicidaires. Un pont de Séoul est tristement célèbre par le nombre de personnes s’y jetant d’en haut.

Parmi les initiatives intéressantes qu’ont développées les Coréens se trouvent des messages personnels ou de réconforts tels qu’«as-tu soupé?» et autres tournures. Des phrases du quotidien qu’une famille se demanderait entre elle, mais absentes pour les personnes isolées.

Sur ce pont, un miroir est imbriqué dans la rambarde pour être obligé de se regarder en face et des téléphones de secours sont omniprésents. D’après les intervenants interviewés, dans 75% des cas si un appel est passé pour demander de l’aide, la personne ne devrait pas sauter.

Changement de société

Dans ce reportage, le chef d’équipe tente de trouver des explications à ces suicides. Il explique qu’en quelques décennies, la Corée du Sud a vécu son boom économique et elle se situe maintenant parmi les pays les plus développés. Mais suite à cela, la population «est épuisée mentalement et spirituellement», ponctue-t-il.

Les formes familiales ont changé également. Ils sont passés de familles élargies vivant ensemble à une centralisation autour de la famille nucléaire (2 générations. Parents-enfants). Il parle de l’augmentation du suicide chez les 75 – 80 ans, causée notamment par leur isolement.

L’un de ces arguments m’a particulièrement frappé. Il explique que la société investit du temps et de ressources pour secourir ces personnes. Même si effectivement notre façon de vivre a changé et nous avons perdu un rapport intergénérationnel, collectivement nous travaillons pour aider ceux sur le bord de la route qui se sentent fléchir. Cette simple phrase de l’intervenant sud-coréen m’a fait regarder la problématique du suicide sous un tout autre angle.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Chronique d’humour no 10: humour et suicide

Mourir de rire!

Raymond Viger  Dossiers Mon humour, Humour des autres

chronique d'humour humoriste spectacle comique drôle rireJe vous l’ai dit, je suis un journaliste. Je dis toujours la vérité. J’ai déjà été dans le fond de la salle avec le moral à terre. Imagine-toi essayer de regarder un show d’humour. Dans le fond de la salle. Le moral à terre. Tu ne vois rien du spectacle. Et ils ne te font pas d’escompte.

J’ai quand même le goût de vous dire que de penser au suicide, c’est pas génétique, c’est pas une maladie mentale. Tu peux me toucher. Tu peux me parler. Tu n’attraperas pas le suicide.

Ce n’est pas un état permanent. C’est un état de souffrance extrême que tu n’es pas capable de gérer à court terme. Le presto est plein. Il veut exploser. Comme un presto dans lequel tu essayes de faire cuire des beans. As-tu déjà essayé de faire des beans dans un presto. Ça risque de faire du dégat un peu partout!

Si un de tes chums de confiance y t’écoute un peu. Il peut possiblement libérer un peu de pression de ton presto. Si un de tes proches t’aide un peu, peut-être que tu vas être capable de trouver une position où ton presto ne sera plus directement sur le feu. Un presto ça se tasse. Le rond du poêle ça se ferme.

C’est vrai que ça fait mal. Mais on peut s’en sortir et retrouver sa joie de vivre. Si tu trouves pas dans tes chums quelqu’un de confiance pour t’aider. Il y a des lignes d’écoute. 1-866-appelle. Pas dure à retenir. 1-866-appelle. Tu peux aussi appeler ou te présenter au CLSC. Il y a des centres de crise partout à travers le Québec.

Niaise pas avec le puck pis appelle. Et dis-toi que tu peux partir du fond de la salle… pour un jour te retrouver sur le devant de la scène.

Peut-être qu’il y a des humoristes plus drôles que moi.

Peut-être qu’il y a des humoristes qui font plus de cash que moi.

Peut-être qu’il y a des humoristes qui peuvent improviser ou faire toutes sortes d’animation et faire le tour du monde avec leur humour.

Moi j’ai juste un texte à vous livrer. Il n’est pas vraiment long. Je ne sais même pas s’il est drôle. Ce n’est pas grave. Je ne suis pas un humoriste. Je suis un journaliste.

La seule chose que j’espère c’est que le texte que je te donne aujourd’hui puisse te donner des ailes pour que tu partes du fond de la salle la tête haute. Pour que tu puisses trouver les moyens et les ressources que tu mérites. Pour que tu puisses t’aimer autant que tout le monde t’aime. Pour que tu puisses faire le tour du monde.

Et je voudrais dire aux gens qui entourent le gars dans le fond de la salle. Si ton ami se retrouve là, ce n’est pas par choix. C’est par manque de choix. S’il pense au suicide, c’est qu’il veut mettre un terme définitif à une souffrance qui est passagère.

On ne laisse pas son copain souffrir dans le fond de la salle. Là c’est le temps de lui demander: «Hey le grand, comment ça va ? J’ai le goût de t’écouter et de t’entendre».

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Le suicide du Petit Prince de St-Exupéry

Pourquoi le Petit Prince s’est-il suicidé?

Raymond Viger Dossiers SuicideCulture

Antoine-de-st-exupery-Le-petit-princeQuand je pose la question à savoir pourquoi St-Exupéry a laissé le Petit Prince se suicider, la majorité des gens me disent, tout surpris, qu’ils n’étaient pas au courant que le Petit Prince, un livre lu dans les écoles, par des jeunes, s’était suicidé.

Je vous laisse cette synthèse des dernières communications du Petit Prince de St-Exupéry.  Des citations qui ne laissent aucun doute sur le suicide du Petit Prince.

Le petit prince à un serpent :

– Tu as du bon venin ? Tu es sûr de ne pas me faire souffrir longtemps ?

Le pilote voit le serpent :

Un de ces serpents jaunes qui vous exécutent en trente secondes.

Petit Prince

– Moi aussi, aujourd’hui, je rentre chez moi… C’est bien plus loin… c’est bien plus difficile…

Le pilote

Je me sentis glacé par le sentiment de l’irréparable. Et je compris que je ne supportais pas l’idée de ne plus jamais entendre ce rire.

3c4040b3Petit Prince

– Cette nuit… tu sais… ne viens pas. J’aurai l’air d’avoir mal… j’aurai un peu l’air de mourir. C’est comme ça. Ne viens pas voir ça, ce n’est pas la peine…

Je te dis ça… c’est à cause aussi du serpent. Il ne faut pas qu’il te morde… Les serpents, c’est méchant. Ça peut mordre pour le plaisir… C’est vrai qu’ils n’ont plus de venin pour la seconde mor- sure…

Tu auras de la peine. J’aurai l’air d’être mort. C’est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C’est trop lourd. Ce sera comme une vieille écorce abandonnée.

Il n’y eut rien qu’un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Abitibi: abus policiers envers les femmes autochtones

Radio-Canada a-t-il bien couvert les évènements?

Conséquences des dénonciations collectives

Raymond Viger Dossiers SuicideAutochtone

J’ai voyagé pendant cinq années le Grand Nord pour intervenir auprès des communautés Inuit où des épidémies de suicide faisaient rage et former les community workers locaux à intervenir et en arriver à pouvoir préparer eux-mêmes leurs relèves.

Qu’est-ce qui avait induit ces suicides en série?

show-image5Pendant de nombreuses années, des séries d’abus envers les femmes Inuits ont eu lieu. Les femmes se sont prises en main et ont débuté à dénoncer massivement et collectivement tous les abus qu’elles avaient subis.

Revivre ces horreurs pour les victimes et la honte pour les bourreaux a créé un climat fragilisant la communauté. Trop de gens devenant vulnérables en même temps a provoqué un climat propice pour des vagues de suicide.

Dans un tel état d’esprit et avec les liens de proximité que connaissent ces communautés, le suicide est rapidement devenu une épidémie.

Les communautés autochtones de Val D’Or vont-elles passer par le même processus suicidaire?

Il est important de favoriser un climat de dénonciation des abus. Parce que nous voulons que ceux-ci cessent. Mais plusieurs questions demeurent:

Est-ce que de médiatiser les victimes est la meilleure façon d’agir envers des personnes fragiles et vulnérables? Il arrive régulièrement qu’une victime décide de changer d’idée et de ne pas dénoncer ces agresseurs. Cela fait parti de son processus de guérison. Il faut accepter cette période d’ambivalence. Mais quand on fait passer ces femmes autochtones devant la caméra, elles ne pourront plus reculer.

Est-ce éthique et valable de laisser des personnes témoigner pour des tiers? On entend le témoignage d’une personne qui parle des abus subis par sa mère. Mais si la mère n’était pas prête à rendre publique sa dénonciation?

Certains témoignages ont aussi jeté un doute majeurs sur le sérieux du reportage. Il ne faut pas se contenter de recevoir un témoignage et le mettre en ligne. Une enquête exige un minimum de validation des témoignages reçus.

Oui, il est important de dénoncer ces abus.

Oui, il est important que les médias en parlent.

Non, les médias ne peuvent pas parler de sujets sociaux sensibles n’importe comment.

Non, les victimes n’ont pas à être présentées ainsi aux nouvelles. Et si elles témoignent, nous devons préserver leurs anonymats.

Il y a un processus de guérison qui doit rapidement être mis en place. Il faut aussi accepter que ce processus ne se fait pas rapidement mais qu’il nécessitera beaucoup de temps.

Malheureusement, je ne crois pas que Radio-Canada ait bien géré la présentation de ce dossier.

Parce que la protection des victimes est tout aussi importante que la dénonciation des abuseurs.

Est-ce les coupures que Radio-Canada a subies qui crée ce genre de dérapage?

Mise à jour 29 octobre: le Journal de Montréal nous apprend qu’une femme autochtone qui avait témoigné devant Radio-Canada est accusée de voies de faits sur les policiers.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

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Test sanguin anti-suicide!

Peut-on prévenir le suicide avec une prise de sang?

Suicide et génétique

Raymond Viger Dossier Suicide

Plusieurs médias d’Angleterre et des États-Unis ont publié un article sur la prévention du suicide. Des chercheurs américains de l’Université Johns Hopkins ont publié dans l’American Journal of Psychiatry qu’un indicateur génétique de notre vulnérabilité vis-à-vis le stress et l’anxiété aurait été découvert.

Le gêne SKA2 supprimerait les effets des hormones produites par le stress. Cet effet pourrait être inhibé lors d’un changement chimique dans le cerveau et pourrait pousser une personne au suicide.

Les chercheurs ont pu déterminer avec une exactitude de 80 à 90 % si une personne avait eu des pensées suicidaires ou avait tenté de se suicider en examinant ce gène SKA2.

Limiter notre intervention?

Avec un tel test sanguin est-ce que cela veut dire que les intervenants première ligne vont se limiter à examiner cet indicateur pour déterminer si la personne est suicidaire ou non? Si la personne teste négatif, on est rassuré et en renvoie la personne chez elle. Elle ne serait pas suicidaire pense-t-on. Pourtant, il y a tout de même 10 à 20 % des gens qui, même si elles ont un test négatif qui se suicide tout de même.

De plus, il ne faut pas oublier que les chercheurs ont fait des test sur ce gêne dans le cerveau de personnes qui se sont suicidés. Après le suicide, ils arrivent à prédire le suicide avec une précision de 80 à 90 %. Mais qu’en était-il de cet indicateur la semaine avant le suicide, au moment où il aurait fallu intervenir pour prévenir le suicide?

Un contexte au suicide

Malgré que certaines personnes peuvent être plus sensibles et plus vulnérables vis-à-vis le suicide, il y a un contexte et des événements qui amène la personne à envisager le suicide comme seule solution.

Malgré ce que pourrait dire ce test sanguin, il y a souvent des déclencheurs qui créent un contexte dans lequel le suicide peut être envisageable et gagner son emprise.

Le suicide est un ensemble de facteur qui affectent une personne dans un certain état physique et psychologique. La journée où une vulgaire prise de sang va être la norme pour intervenir auprès d’une personne suicidaire, nous allons arrêter d’intervenir et d’être efficace dans notre intervention.

Une prédisposition au suicide

Parce qu’il y a des suicidaires chroniques qui ont sûrement ce gêne à terre. Ils peuvent être à risque pendant des décennies. Ils peuvent faire des dizaines de tentatives de suicide. Et un jour, sans que vous ayez compris pourquoi cette journée est différente des autres, le suicide sera complété.

Parce qu’indépendamment de notre prédisposition à se suicider ou à ne pas se suicider, le suicide est une réaction à une souffrance intenable. Et cette souffrance provient d’un contexte extérieur à nos gênes. Cette souffrance est la somme de plusieurs événements malheureux dans notre vie. Des événements qui se sont enchaînés à un rythme qui nous a empêché de pouvoir les assumer. Et la quantité de souffrance que nous devons accumuler pour en arriver à vouloir mourir va varier d’une période à l’autre de notre vie.

Des recherches inutiles

On est ici à la recherche de la pilule miracle qui va faire le travail de prévention et d’intervention à notre place. Désolé, mais ces chercheurs sont totalement dans le champ. Et ils dépensent inutilement l’argent alloué à la recherche.

La solution à la prévention du suicide ne se retrouve pas dans une formule mathématique. Parce que c’est un être humain qui va se suicider. Pas un robot dont on peut deviner de son comportement.

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

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guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Suicide des Premières nations

Comprendre le suicide chez les autochtones

Entrevue avec Alain Mindjouk, président de l’association Action prévention santé – villages, à Iracoubo en Guyane. Une association qui vient en aide aux Amérindiens. Lui-même issu de culture autochtone, il partage ses connaissances et son expérience sur l’enjeu du suicide auprès des Premières nations.

Delphine Caubet    Dossier Suicide, Autochtones

Delphine Caubet: Comment peut-on expliquer le suicide des Amérindiens de Guyane?

Alain Mindjouk: Les explications rejoignent celles du Québec. C’est relié à leur identité. Auparavant, les Amérindiens vivaient en harmonie avec l’environnement, et ils n’étaient pas habitués à ce qu’on leur impose des règles. Mais l’évolution moderne et la technologie ont fait changer les choses. L’État français est venu avec un système, un mode de fonctionnement, mais nous n’étions pas prêts. Ils ont changé notre mode de vie. C’est l’origine du mal-être des autochtones.

Certains choisissent de quitter cette identité, mais on reste amérindien au fond. Les jeunes ont voulu entrer dans cette évolution, mais ils se sont mal adaptés. Par le passé, il y avait également des suicides, mais moins nombreux, et nous disions que c’était dû à des esprits maléfiques. «L’épidémie» de suicide est là depuis environ 10 ans, dans les villages isolés de la France.

Quand je suis venu au Québec, j’ai pu comparer la situation des Premières nations avec nous. On se ressemble, on a les mêmes problèmes. Mais au Québec, il y a plus d’organisation et de structures. Pour arriver à ce résultat, nous faisons appel aux institutions françaises. Et le Québec peut nous aider avec son expérience.

DC: Comment intervenez-vous auprès des autochtones pour lutter contre le suicide?

A.M: Certains ne connaissent pas Cayenne [Ndlr: principale ville du département]. Nous, nous voulons les encadrer, car ils se sentent perdus une fois sur le littoral. Ils sont influencés par le mode de vie et la technologie, c’est là où le mal-être commence. Ils ont beaucoup d’obstacles à surmonter avec les études et leur intégration sociale. Car il y a beaucoup d’ethnies différentes dans le département.

Certains retournent au village, car ils n’ont pas réussi à s’adapter. Mais au village, il n’y a pas de travail et ils commencent à penser au suicide. On essaye alors de les encadrer au maximum. On essaye de leur expliquer les risques des addictions, et de leur remonter le moral. Mais c’est difficile. Moi je suis bénévole et ce devrait être la responsabilité des institutions.

L’association ADER (Action pour le développement, l’éducation et la recherche) a 2 médiateurs qui interviennent sur le terrain. Ils sont implantés localement. Mais le problème est que les coordonnateurs ne restent pas…. 2 ans en moyenne. En plus de ce roulement [qui rend difficile d’établir un lien de confiance], les Amérindiens ne sont pas habitués à parler à un psychologue.

Même si nous sommes sur le terrain depuis des années, c’est très compliqué…

DC: Quels sont les points forts et les points faibles dans la situation des Premières nations au Québec?

A.M: L’un des points forts est que le gouvernement reconnaît les Premières Nations. En Guyane, ce sont des Français, ils ont les mêmes droits que les autres. La France refuse leur identité spécifique. C’est cela qui est difficile. Alors qu’au Québec, dans la réserve, c’est eux qui gèrent. Nous, nous devons demander l’autorisation pour construire des maisons.

Votre niveau de structures est beaucoup plus développé au Québec. Comme avec les Centres d’amitié autochtone par exemple. Je veux en mettre en place ici. Ils porteraient le nom de Centre d’hébergement pour les Amérindiens de Guyane. J’ai dû faire beaucoup de démarches et de demandes, mais j’ai mis de l’avant les besoins en santé de notre population et notre différence culturelle.

Même si la France ne veut pas reconnaître notre identité, nous avons conscience de nos coutumes et nos langues. Beaucoup d’Amérindiens ne parlent pas français. Et il y a urgence, car lorsqu’un Amérindien arrive à l’hôpital en ville, il est perdu. C’est avant qu’il faut agir et les aider.

Je me suis battu pour ce projet. J’ai montré au préfet [représentant de l’exécutif] la nécessité d’avoir de telles structures spécifiques aux Amérindiens. Je lui ai fait voir la réalité avec toutes les difficultés que nous rencontrons, et avec tous les problèmes comme l’alcool… Le préfet est d’accord, c’est bien parti pour qu’un tel centre voie le jour.

En point négatif au Québec, malheureusement vous avez les mêmes problèmes que nous. L’échec scolaire, l’alcool ou encore la discrimination en ville. Encore que chez nous, cette discrimination est moins accentuée, car il y a beaucoup d’ethnies en Guyane.

Santé et peuples autochtones

À l’automne 2013, Alain Mindjouk est venu au Québec avec plusieurs de ses concitoyens pour une rencontre franco-québécoise sur l’enjeu de la santé des peuples autochtones.

Comme le souligne Hélène Lamaison, responsable à Guyane Promo Santé, la Guyane est le seul département français d’outre-mer avec une population autochtone. Au total, il y aurait environ 12 000 Amérindiens français. Et cette petite population n’incite pas les chercheurs de métropole à étudier leurs enjeux.

Alors, les associations guyanaises regardent le Québec, lisent les recherches et s’inspirent de leurs expériences. Mais elles ne reproduisent pas tout, précise Hélène Lamaison. Elles cherchent un échange et des connaissances. Et dans les 2 contextes, il y a un rapport dominant/dominé.

Lors de la rencontre au Québec à l’automne 2013, Alain Mindjouk est reparti stimulé de cet échange. Hélène Lamaison raconte comment il était épaté de voir des autochtones être avocats ou policiers. «Il faut que nos frères le sachent», telle était sa conclusion.

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fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation

Trois mots pouvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversit

é et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une

partie de son oeuvre chez vous.

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

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