Différents articles touchant les dépendances

Voici une liste exhaustive d’articles traitant de dépendances disponible gratuitement sur Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Toxicomanie

Autres textes sur Toxicomanie

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

S’en sortir et sortir de la rue

Un ex-toxicomane nous raconte son cheminement tumultueux à partir de l’adolescence où il a débuté sa consommation, en passant par la période où il s’est retrouvé dans la rue jusqu’à aujourd’hui, à l’aube de ses 30 ans. Regard sur la drogue par un ex-toxicomane.

Un texte de Annie Dion-Clément publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Toxicomanie

Marqué de plusieurs tatouages, avec son regard vif et son grand sourire, Victor (prénom fictif) raconte avec émotion comment il a débuté dans l’univers de la drogue. Il se souvient que c’est à l’âge de 12 ans qu’il prend sa première bouffée de marijuana. «La drogue est une fuite pour oublier la réalité», explique-t-il.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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La consommation, un poids sur les enfants

Ludivine (prénom fictif) tient à parler de drogues. Si elle en a consommé occasionnellement, elle a surtout été percutée de plein fouet par la consommation passée de son père. Aujourd’hui, Ludivine est adulte, mais sa famille et elle paient encore les conséquences de cette ancienne dépendance. «La drogue a des répercussions sur la vie des personnes longtemps après l’arrêt de la consommation», explique Ludivine. Elle a subi celle de son père.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Toxicomanie 

Alors qu’il n’avait que 25 ans et pas encore d’enfants, le père de Ludivine a été un consommateur d’héroïne pendant 3 ans. Tous les jours. À cette époque, il fréquentait déjà sa mère et celle-ci le laissait faire, sans pour autant y toucher. Avant la naissance de ses enfants, le père de Ludivine arrêta l’héroïne pour fonder sa famille. Mais après la naissance de son fils, il troqua une dépendance pour une autre, ce fut le début de la consommation d’alcool.

Dépendances en série

«Il disait à ma mère que la consommation d’héroïne lui faisait du bien. Mon père est un homme angoissé… Quand il a commencé à boire après la naissance de mon frère, je pense que c’était dû à la peur de perdre un tel bonheur», déclare la jeune femme.

Pendant plus d’une décennie, le père de Ludivine boira en cachette sans que ses enfants ne s’en aperçoivent. Alors qu’elle a 14 ans, il sort du placard et l’annonce à toute la famille: il est alcoolique et va aller en cure de désintoxication. Pour la petite Ludivine qui voyait encore son père comme un surhomme, c’est un choc terrible. Alors qu’elle a du mal à saisir et comprendre toute l’ampleur de la situation, son père lui demande expressément de n’en parler à personne. Elle a déjà de la difficulté à mettre des mots sur la situation, et voici que par honte, il cherche à lui mettre un bâillon.

Rechute

Pendant quelques années, le père de Ludivine sera sobre de toute dépendance, exception faite de la cigarette. Exception importante puisque celle-ci va engendrer un cancer de la gorge.

«Les conséquences de sa consommation d’héroïne ne sont venues que plus tard, raconte Ludivine. Il a troqué une dépendance pour une autre. Quand il a eu son cancer à la gorge, il a recommencé à boire.» Ludivine avait alors 17 ans.

Cette période a été destructrice pour ce père et pour ses enfants qui le voyaient dans un tel piteux état. Alors qu’il n’a quasiment plus de voix après son opération, il recommence à boire, prend ses médicaments, le tout le ventre vide. «Il devait d’abord être nourri par sonde, mais quand il a fallu qu’il remange, la rééducation a été difficile. La nourriture venait dans ses poumons et non son estomac. Il a frôlé la mort plusieurs fois à cause de cela. Son estomac a fini par se contracter. Il ne pouvait pas manger beaucoup, et souvent il remplaçait la nourriture par l’alcool.»

Depuis qu’elle est jeune, Ludivine ramasse parfois son père par terre, ivre, pour le coucher. «C’est très difficile d’en discuter le lendemain, car il ne se souvient de rien. Quand j’arrive à lui en parler, il se sent coupable et du coup il boit davantage. C’est un cercle vicieux», explique-t-elle.

Impacts

Cette dépendance, ce besoin d’alléger ses angoisses, a eu des impacts physiques sur le père de Ludivine. «Il est comme ces rockstars qui consomment… ils ont à peine 27 ans et en paraissent le double. Aujourd’hui, avec mon père, c’est pareil. Depuis 6 ou 7 ans, il semble touché d’une régression cérébrale. Il répète souvent les mêmes choses, il est devenu misanthrope. Il a l’air très vieux, même ma grand-mère de 85 ans est plus apte à interagir.»

Aujourd’hui Ludivine a la mi-vingtaine et son père continue de boire. Avec lucidité, elle parle de 5 longues années où elle ne l’a pas côtoyé sans qu’il soit ivre. Bien sûr, elle avait grandi et ne revenait que sporadiquement dans le noyau familial.

Ludivine a plusieurs frères et sœurs et tous ont vécu les évènements de façon différente. Grâce à sa mère, Ludivine a appris à exprimer ses émotions: «Même si ce n’est pas politiquement correct de dire que la dépendance de mon père me fait du mal, ma mère m’a aidée à le dire.» Le résultat se voit, Ludivine est une jeune femme équilibrée avec une grande lucidité sur ses comportements.

Avant de connaitre toute l’histoire de son père, elle avait essayé plusieurs drogues, mais en femme sportive, elle n’en supportait pas les impacts sur son corps. Les lendemains, un sentiment de culpabilité l’envahissait tandis qu’elle se sentait mal pendant plusieurs jours.

Avec réflexion, elle parle de ses expériences: «Sur le moment tu te sens bien, ce qui est le but, mais c’est fake. J’ai déjà été à une soirée où après avoir consommé j’ai parlé à au moins 50 personnes. Le lendemain, j’ai retrouvé une feuille sur laquelle ils m’avaient tous écrit leurs contacts pour se revoir. Sauf que pendant cette soirée, ils n’avaient pas parlé avec la vraie moi… j’avais le sentiment d’avoir trahi ma personnalité.»

Prendre position

Depuis ses expériences d’adolescente, Ludivine ne consomme plus de drogue et elle avoue qu’il est difficile de se positionner sur le sujet. D’un côté, elle ne veut pas juger, mais d’un autre côté, Ludivine ne peut s’empêcher de penser que l’ouverture d’esprit de sa mère a peut-être nui à sa famille…

Mais surtout, si Ludivine a accepté de parler, c’est pour mettre les choses au clair: «L’alcoolisme est une maladie. C’est aussi incontrôlable qu’un cancer. Culpabiliser la personne ne fera qu’empirer la situation.» Elle ne l’a que trop vu avec des proches qui n’ont jamais compris l’état de son père.

Autres textes sur Toxicomanie

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Rester pour les sauver

«Dans le milieu, la plupart des gens se sauvent quand il y a une overdose, parce qu’ils ont des casiers judiciaires, des mandats d’arrestation, vendent de la drogue ou en ont sur eux», explique Julie (nom fictif), une ex-toxicomane dans la mi-trentaine. La loi sur les bons samaritains pourrait donc convaincre les toxicomanes de sauver leurs camarades.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Toxicomanie

Pendant les neuf années qu’elle a consommé, Julie ne s’est jamais enfuie lorsque les gens étaient en surdosage. Il y a cependant deux histoires qui l’ont marquée plus que les autres.

«La première histoire s’est déroulée au début de ma consommation de drogues. C’était la veille de Noël. Y’a un gars dans son char qui m’a abordée. Il cherchait du crack. On était une p’tite gang, on a embarqué avec lui et on est allés en chercher. Le gars me montrait les photos de ses deux p’tites filles, pendant qu’on était avec le vendeur».

Puis, ça a dérapé

«La crise est arrivée dans son char. Les autres toxicomanes ont eu peur. Ils ont poussé le gars en dehors de son char. Ils lui ont tout volé: sa voiture, ses clés, son portefeuille. J’suis restée avec le père de famille. C’était un toxicomane occasionnel, mais là ça faisait 2 jours qu’il était là-dessus».

Il y avait un homme en overdose sur le sol. Les gens l’ignoraient et faisaient comme si de rien n’était. Ç’a pas de sens de laisser quelqu’un dans cet état-là!

«J’ai appelé le 911 pour la première fois. Je me suis fait arrêter, car je n’étais pas allée comparaître pour un autre délit. Quand ils t’arrêtent, ils te fouillent. J’avais de la dope sur moi encore. Je leur ai dit avant qu’ils commencent à me fouiller. Ça sert à rien de mentir, ils vont la trouver». Cette fois-là, la police a emmené Julie au poste pour s’assurer qu’elle comparaisse. Elle est passée devant un juge et a reçu une libération sous caution.

«La deuxième fois date de la fin de ma consommation. À l’époque je consommais de l’héroïne, du fentanyl, du cannabis, bref, j’ai pas mal tout essayé. J’étais dans un crackhouse. Tout le monde était intoxiqué et n’était pas en mesure de réagir à une éventuelle crise. Il y avait un homme en overdose sur le sol. Les gens l’ignoraient et faisaient comme si de rien n’était. Ç’a pas de sens de laisser quelqu’un dans cet état-là! Il y avait une caserne de pompiers pas loin, donc j’ai couru jusque là-bas pour chercher de l’aide», raconte la trentenaire.

Après avoir placé le toxicomane en crise sur une civière, les policiers ont arrêté Julie. «J’avais encore de la dope sur moi, mais je pouvais pas le laisser de même», affirme-t-elle. Après avoir été amenée au poste, Julie a passé en cour. Le juge lui a donné une libération sous caution, encore une fois.

Aujourd’hui, Julie vit avec son chum et un autre coloc. Elle a arrêté les drogues dures depuis 1 an et demi et est retournée aux études. Après avoir réussi son équivalence de secondaire 5, elle veut étudier pour devenir travailleuse de rue pour aider ses pairs à s’en sortir.

Julie ne croit cependant pas que la loi qui protège les toxicomanes contre certains délits fera une différence pour l’instant, puisque personne ne sait qu’elle est en vigueur.

«Il va falloir que les organismes et les travailleurs de rue informent les toxicomanes pour prévenir les morts. La loi ne sera pas utile sinon», croit Julie.

Loi sur les bons samaritains

Cette loi donne l’immunité aux personnes qui appellent le 911 pour aider quelqu’un en état de surdosage. Elle donne une protection juridique contre plusieurs délits, dont les possessions simples. Grâce à cette loi, si une personne a de la drogue sur elle et qu’elle appelle les secours, la police ne peut pas l’arrêter. Cette protection juridique s’applique aussi si vous êtes en libération conditionnelle ou en probation en lien avec la possession de drogue.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

La Loi sur les bons samaritains

Avis aux lecteurs : Les surdoses dues au fentanyl et l’accès au naloxone sont un sujet d’actualité qui évolue régulièrement. Pour connaître les pharmacies participantes et les prérequis pour obtenir le naloxone gratuitement, rejoignez Méta-d’âme au 514-528-9000.


Saviez-vous que depuis le 4 mai 2017, vous bénéficiez d’une protection juridique si vous appelez les services d’urgence pour aider une personne en surdose ? En réponse à l’augmentation du nombre de décès causés par les opioïdes comme le fentanyl au Canada, le gouvernement fédéral a mis sur pied la loi sur les Bons samaritains secourant les victimes de surdoses.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Toxicomanie

Que dit la loi?

Auparavant la loi sur les bons samaritains obligeait seulement les citoyens à aider leurs semblables s’ils se trouvaient dans une situation dangereuse pour leur intégrité physique, et ce, dans la mesure de leurs capacités. Cette loi fait maintenant en sorte que si vous appelez le 911 pour sauver votre ami ou une personne en état de surdosage et que vous avez une possession simple sur vous, la preuve ne peut pas être retenue contre vous. Donc, même si la police vous arrête, elle ne pourra pas vous inculper.

Reflet de Société a contacté le service de police de Montréal (SPVM) en juillet 2017 pour savoir si la loi était appliquée, la réponse reste ambiguë: «Il est prématuré pour le SPVM de répondre à votre question, vu que la Loi sur les bons samaritains est entrée en vigueur récemment», a écrit par courriel le service des relations médias du SPVM.

Cette immunité s’applique aussi si vous êtes en libération conditionnelle ou en probation en lien avec la possession de drogue. La violation de votre ordonnance ne vous est donc pas reprochée si vous êtes dans cette situation.

Comment faire plus?

«Ce qu’on voit aux nouvelles est bel et bien réel, explique Christopher, un pair formateur chez Méta-d’Âme, une association fondée sur l’autohabilitation et l’entraide entre consommateurs d’opioïdes en réintégration dans la société. Y a plein d’overdoses au Canada et c’est à cause du fentanyl principalement. De plus en plus de drogues, comme la phéncyclidine, sont coupées avec du fentanyl, ce qui augmente leurs effets psychotropes. On veut changer ça avec notre formation qui s’adresse à tout le monde, mais principalement aux consommateurs de drogues. Sauf que ce sont des gens difficiles à rejoindre».

Leur formation s’appelle PROFAN pour Prévenir, réduire les overdoses, former et accéder à la naloxone. Elle est offerte depuis maintenant 3 ans par Méta-d’âme. En plus de sensibiliser les consommateurs aux surdoses, PROFAN facilite l’accès à la naloxone, un médicament agissant comme un antidote face aux opioïdes. Ce sont des usagers (consommateurs ou anciens consommateurs d’opioïdes) qui donnent la formation à leurs pairs.

«La plus grande peur des toxicomanes que l’on forme, c’est de se faire arrêter une fois qu’ils ont appelé les secours, renchérit le pair formateur. Dans les piqueries, c’est pas rare qu’ils décident de jeter le gars en overdose sur le trottoir ou dans une benne à ordures. On les informe donc sur la loi sur les Bons samaritains. En plus, depuis que l’on donne la formation, il n’y a pas eu d’arrestation. La police des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve est sensibilisée à cette réalité.»

D’une durée d’environ 4 heures, la formation PROFAN permet aux gens d’identifier les surdoses d’opioïdes, de les prévenir et d’agir en leur présence. Somme toute, les étapes pour sauver une personne dans cet état sont simples. Il faut d’abord appeler le 911, puis injecter la première dose de naloxone, faire le RCR (réanimation cardiorespiratoire) pendant 5 minutes, puis injecter la seconde dose de naloxone comprise dans la trousse de secours fournit à la fin de la formation.

«Le seul problème pour le moment, c’est que les formateurs n’ont pas leur RCR. Ils ne peuvent donc pas l’enseigner. Aussi, il n’y a que 4 pharmacies à Montréal qui offrent le kit d’intervention aux gens formés en ce moment», déplore Christopher.

Chantale Perron, responsable de PROFAN, craint quant à elle que le gouvernement ne renouvelle pas le financement de la formation à la naloxone si elle ne devient pas obligatoire. «Pourtant, il y a un réel besoin que les formations PROFAN continuent d’être offertes en continuité, note Chantale. Nous souhaitons que le gouvernement n’aura pas besoin d’attendre qu’il y a ait une crise d’overdoses aussi grave qu’à Vancouver, et que d’autres personnes meurent avant qu’il ne prenne une décision rapide et éclairée.»

Comment faire?

Pour l’instant la formation donnant accès à la naloxone demeure une initiative de la Direction de la Santé publique de Montréal. Elle ne s’étend pas à toute la province.

Cependant, le ministère de la Santé publique est en train de créer une ordonnance collective provinciale qui rendra la naloxone disponible gratuitement dans toutes les pharmacies au Québec pour les gens qui ont une carte d’assurance maladie. Pour l’accès communautaire, c’est-à-dire pour ceux qui n’ont pas de carte d’assurance maladie, la seule formation disponible est montréalaise.

Pour recevoir la formation PROFAN, il faut faire partie d’un groupe spécifique. «Les personnes éligibles à PROFAN sont celles qui consomment ou ont déjà consommé n’importe quelles sorte de drogue, de n’importe quelle manière, ainsi que leur proches. C’est-à-dire: les conjoints(tes), amis(es) famille, intervenants qui sont des pairs, et des intervenants, bénévoles ou stagiaires», explique Chantale Perron.

L’accès gratuit à la naloxone n’est pas restreint aux gens qui ont reçu une formation pour l’administrer. Elle n’est cependant pas accessible dans toutes les pharmacies pour le moment. Les ambassadeurs de PROFAN suggèrent fortement de suivre la formation pour bien administrer l’antidote en toute sécurité.


Important

La loi sur les bons samaritains: les origines et les mythes- Avant d’être bonifiée par le gouvernement cette année, cette loi obligeait seulement les citoyens à porter secours, au maximum de leurs capacités, à une autre personne dont la vie est en danger. Si vos capacités et connaissances ne vous permettent que d’appeler les secours, vous avez rempli votre devoir de citoyen. Vous n’êtes également pas dans l’obligation de secourir quelqu’un si votre intervention poserait un risque pour votre vie ou celle de personnes environnantes. Certaines personnes s’abstiennent de porter secours à l’autre par peur d’être tenues responsables des dommages que pourraient entraîner leur aide. Pourtant, la loi prévoit qu’un bon samaritain ne peut pas être tenu responsable dans une telle situation. Excepté s’il a intentionnellement voulu nuire à la personne ou qu’elle a été insouciante dans sa conduite.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Sites d’injection supervisée (SIS), un long débat

Depuis plus d’un quart de siècle, les travailleurs de rue sillonnent les rues pour échanger les seringues souillées des personnes toxicomanes et leur remettre du matériel propre et adéquat. Cela fait partie d’une intervention de réduction des méfaits, autant pour la personne toxicomane que pour la société en général.

Un texte de Raymond Viger – Dossier Toxicomanie

Les deux lieux autorisés par Santé Canada pour l’ouverture d’un SIS ne s’est pas fait par hasard. Cactus, et Dopamine sont des organismes qui font partie des pionniers dans ce genre d’intervention. En choisissant d’y ouvrir un SIS, on ne déplace pas les personnes toxicomanes dans un nouveau secteur. Elles y sont déjà présentes depuis très longtemps.

En 2003, Vancouver voit l’ouverture du premier SIS en Amérique du Nord: Insite. Les intervenants qui ont soutenu ce projet en ont arraché pour y arriver. Et ils doivent encore et toujours se battre pour conserver leurs acquis.

Être présent auprès d’une personne toxicomane lors de sa consommation permet de réagir rapidement lors d’une overdose.

En 2008, malgré l’opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique, de son ministère de la Santé, de la municipalité de Vancouver et des corps policiers, le gouvernement de Stephen Harper tente de le fermer. Un débat juridique qui durera trois années et qui est passé par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique et la Cour suprême du Canada.

En 2011, cette saga judiciaire avait fait reculer le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, ainsi que le Premier ministre Jean Charest, sur l’ouverture prévue de ces centres au Québec.

En 2017, six années après que les avocats de Stephen Harper aient mordu la poussière en Cour suprême, le gouvernement de Philippe Couillard autorise finalement l’ouverture de trois SIS au Québec.

Faut-il se satisfaire de cette avancée sociale? Bien sûr qu’un SIS répond à plusieurs besoins sociaux criants. Mais à Montréal, contrairement à Vancouver, nous avons oublié le principal.

Bienfaits d’un site d’injection

Être présent auprès d’une personne toxicomane lors de sa consommation permet de réagir rapidement lors d’une overdose. Cela peut faire une très grande différence, permettant de diminuer les risques de complications et parfois d’éviter le décès de la personne.

Il arrive trop souvent qu’un junkie utilise de l’eau malpropre ou des seringues souillées pour s’injecter. En fournissant du matériel adéquat, nous évitons la propagation de plusieurs maladies.

Certains diront pourquoi s’en inquiéter, ce ne sont que des junkies et tant pis pour ceux qui auront une relation sexuelle avec ce «genre» de personnes. Peut-être. Mais on sait que plusieurs de ces toxicomanes se prostituent. Et leurs clients peuvent se retrouver dans toutes les sphères de la société. Et une gentille jeune fille pourrait bien avoir une relation sexuelle avec un beau jeune homme qui aurait eu une relation avec une de ces personnes toxicomanes. Personne ne peut se sentir 100% à l’abri.

De plus, il ne faut pas oublier qu’en récupérant le matériel utilisé, les SIS permettent de diminuer le nombre de seringues souillées trouvées dans nos rues et dans nos parcs, protégeant ainsi nos enfants.

Quand un junkie se pique tout croche un peu partout dans les membres, il y a un risque majeur d’infections qui parfois nécessitent une amputation. On ne peut ignorer une aggravation des infections et des amputations qui signifient le recours au 911, des transports en ambulance, des admissions aux urgences ainsi que des soins médicaux coûteux. Cette stratégie de prévention permet de diminuer les taxes nécessaires à couvrir ces frais médicaux et légaux. De plus, toutes ces interventions faites auprès des toxicomanes directement dans un lieu de consommation réduisent le temps d’attente aux urgences.

Avec certaines drogues, quand le junkie vient tout juste de s’injecter, il peut perdre contact avec la réalité. Il peut sortir en courant d’une ruelle et se jeter involontairement devant un véhicule. Résultat, un mort et un conducteur et ses passagers traumatisés par un évènement évitable.

Dans un SIS, le toxicomane prend un instant de répit avant de retourner dans la tourmente de sa vie. Un instant pour décompresser, un instant pour prendre contact et peut-être établir une relation avec une personne qui lui offrira une alternative à son mode de vie.

Qu’a-t-on oublié à Montréal?

À l’Insite de Vancouver, au 2e étage, il y a un centre de désintoxication. Un lieu sécurisé permettant de ne pas avoir à retourner à la rue en attendant une place permanente dans un centre de thérapie. La personne toxicomane a juste à dire «oui, je le veux» et elle se retrouve immédiatement dans le centre de thérapie. Si elle devait retourner dans son milieu de vie, son revendeur ou son proxénète réduirait à néant sa volonté d’aller en thérapie et de changer de mode de vie.

L’arrêt de consommation fait partie intégrante du processus de réduction des méfaits. Même s’il ne pourrait exister sans les premières étapes, le 2e étage de l’Insite en est un élément clé très important. Montréal a-t-elle oublié d’inclure un 2e étage à ces SIS ?

Il est vrai que les SIS au Québec ont des ententes privilégiées avec des centres de réadaptation. Il y aurait un protocole de prise en charge et des ententes avec différents partenaires d’intervention. En moins d’une heure, un transport est censé venir chercher la personne intoxiquée pour l’amener dans un centre de thérapie temporaire en attendant une place à plus long terme.

Une heure d’attente dans la vie d’une personne toxicomane… Ça peut paraître une éternité. Même accompagné d’un intervenant, en sortant dehors pour se rendre au véhicule, risque-t-elle de croiser le regard des gens de son milieu de consommation? Un regard qui pourrait faire fondre toute intention de changer de mode de vie ?

Autres textes sur Toxicomanie

Fentanyl: les Hells et la Société des Drogues du Québec

Cocaïne, Héroïne et Fentanyl

Raymond Viger | Dossiers Alcool et drogue et Gang de rue

Les Hells ont donné une volée bien mérité à des revendeurs de cocaïne et d’héroïne qui coupaient leur drogue avec du Fentanyl pour augmenter leur profit.

La question qui tue

Si nous avions une Société des Drogues qui légaliserait toutes les drogues, est-ce que les fonctionnaires de ces Société d’État aurait eu le courage, la capacité ou le pouvoir d’aller sacrer une volée à des gens qui utilisent à mauvais escient ces drogues pour régler rapidement le problème?

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Introduction Histoire des gangs de rue

Autres textes sur Gang de rue

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L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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