Le combat des femmes pour l’environnement

Greenpeace, Équiterre et Réseau québécois des femmes en environnement

Trois femmes dans la bataille de l’environnement

De jeunes femmes ont choisi l’environnement comme cheval de bataille de leur vie. J’ai rencontré trois d’entre elles. Chacune m’a confié la cause qui lui tient le plus à cœur, sa principale inquiétude, ses souhaits et conseils.

Par Sylvie Daneau  

Ioana Cotutiu (Greenpeace Canada)

Âgée de 31 ans, Ioana Cotutiu est responsable de l’administration et de la gestion chez Greenpeace Canada. Roumaine, elle immigre au Canada en 1999 et devient membre active de Greenpeace en 2001. Elle étudie en santé environnementale.

L’agriculture industrielle est la cause qui la tracasse le plus: «Les gouvernements canadien et québécois permettent la culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) sans connaître leurs impacts à long terme sur notre santé et l’environnement… au mépris de la volonté de la majorité de la population et les recommandations de la Société royale du Canada. Ils refusent même d’imposer l’étiquetage obligatoire. Résultat: nous ne pouvons même pas choisir d’en manger ou pas», dénonce-t-elle.

La jeune femme se préoccupe également des changements aux climats, causés par la pollution: «Les gouvernements doivent développer les énergies alternatives comme l’éolien (énergie du vent) et le solaire, au lieu des centrales au gaz, comme celle de Bécancour.»

«Pour préserver la beauté naturelle du Québec, explique la Québécoise d’adoption, il suffirait de ne pas chercher à la transformer: prospections gazières et pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent, coupes à blanc dans la forêt boréale…» Les gens peuvent agir ici même, croit Ioana: «Il ne faut pas nécessairement embarquer sur un bateau de Greenpeace et aller au bout du monde pour sauver la planète…»

Doris Hamelin (Équiterre)

Dans la quarantaine, Doris Hamelin est adjointe à la coordination générale pour Équiterre. La bachelière en comptabilité a connu cet organisme québécois par son programme d’agriculture soutenue par la communauté, liant les fermes biologiques aux citadins. Elle voulait y participer pour obtenir des paniers de fruits et légumes biologiques, apportés en ville par les fermiers.

Native de Normétal, un village de l’Abitibi-Témiscamingue, elle a vu les ravages causés à l’habitat naturel par l’exploitation minière (Noranda) et forestière. «D’une forêt que j’ai vue lentement se vider de ses arbres, je trouve aberrant qu’une poignée de personnes profitent de ces richesses-là», opine-t-elle.

Les gestes quotidiens préservant la nature lui tiennent à cœur. Doris vient en aide aux Mexicains en achetant du café équitable, et aux agriculteurs du Québec en se procurant ses paniers biologiques. Des gens laissent le soin aux organismes, comme Greenpeace et Équiterre, de monter aux barricades», se désole-t-elle. On peut agir comme consommateur, croit-elle. D’ailleurs, Équiterre prône le slogan «Acheter, c’est voter», popularisé par sa co-fondatrice Laure Waridel. Mais Doris nuance le pouvoir de la consommation: il faut l’agencer avec la pression du public sur les gouvernements. «Voter, c’est le premier devoir du citoyen», rappelle-t-elle.

Caroline Voyer (RQFE)

Caroline Voyer coordonne le Réseau Québécois des femmes en environnement (RQFE). À 30 ans, elle est aussi vice-présidente de l’organisme Environnement Jeunesse. En 2000, la situation planétaire la préoccupait tellement qu’elle a quitté son emploi pour se joindre au mouvement écologiste.

Elle trouve insupportable qu’on contamine l’air, provoquant des maladies respiratoires chez les enfants, comme l’asthme et les allergies. «Ces situations, dit-elle, sont prises à la légère par les gouvernements.» L’accès à l’eau potable la mobilise également, les fuites d’eau, le gaspillage. «Je trouve dommage de traiter l’eau pour la perdre par la suite.»

«Au Québec, on est champion mondial des déchets! Ces montagnes de détritus ont un impact sur notre sol, notre eau, notre air et notre santé. Faudra-t-il une catastrophe pour provoquer des changements?», interroge-t-elle.

Leurs messages pour l’environnement

Les trois femmes engagées souhaitent voir les gens s’informer, appuyer (au moins) une cause, un organisme. Elles suggèrent:

Ioana Cotutiu: Moins d’espaces verts transformés en stationnements ou en chantiers de construction.

Doris Hamelin: Pour réduire l’usage de l’automobile, plus d’autobus et de services pour nous emmener à la montagne ou à la forêt.

Caroline Voyer: Suivre l’exemple de Londres, qui diminue l’accès des voitures à son centre-ville, pour améliorer la qualité de l’air.

Ioana Cotutiu: Économiser l’eau et l’énergie, acheter du papier recyclé, éviter les produits toxiques. Si l’utilisation d’une auto est indispensable, en acheter une consommant moins d’essence, idéalement hybride (dotée d’un moteur électrique alternant avec le moteur à essence, par exemple).

Doris Hamelin: Suivre le programme d’efficacité énergétique d’Équiterre pour l’isolation des intérieurs.

Caroline Voyer: Acheter des fruits et légumes en vrac, pour éviter le gaspillage des emballages.

Autres textes sur Environnement

Conséquences psychologiques de la fuite de pétrole

Une forêt contre le tsunami

Les roses de la St-Valentin empoisonnées

Guy Laliberté, touriste de l’espace et la fondation One drop

Les folies écologiques d’un architecte

Quand l’exotisme nous tue

Des éoliennes fabriqués en Europe

Ford, GM et Toyota démantèlent le métro de Los Angeles!

L’environnement et les trucs de grand-mère

Les petits gestes font la différence

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

 

Leadership et communication équitable

Merci de visiter notre Boutique équitable

Communication équitable

L’école secondaire Du Phare à Sherbrooke a-t-elle trouvé la recette pour former nos futurs leaders?

Dominic Desmarais    Dossier   Commerce équitable, cartes anniversaire et Environnement.

La fin des classes est passée. Ils sont 5 jeunes, de secondaire 2 au secondaire 5, à faire des heures supplémentaires en cette fin d’étape. Triés sur le volet par Daniel Lebeuf, un enseignant qui fait office de pierre angulaire dans leur implication, ils s’ouvrent sur leurs motivations.

Il y a Shima, originaire d’Iran, Alixbeth et Tatiana, de Colombie, ainsi que Dany et Marie-Ève, nés ici. Un métissage correspondant à la saveur de l’école où se côtoient une quarantaine de nationalités. «C’est important pour les jeunes d’échanger sur autant de pays. C’est mieux que de faire comme s’ils étaient des étudiants normaux», explique M. Lebeuf, en référence à la richesse que procure ce rassemblement de cultures.

Un café rassembleur

Pour favoriser les échanges et l’implication des jeunes, l’enseignant a créé le Café International. Il s’agit, d’une part, d’un cours s’ouvrant sur les autres cultures et l’implication locale et internationale. D’autre part, c’est un café où l’on vend des produits équitables et qui sert de base pour toutes les activités offertes aux jeunes. J’étais attiré par le commerce équitable et ses principes. Je me suis fait membre d’Oxfam-Québec. Pour avoir l’accès économique et philosophique», affirme M. Lebeuf d’un ton bon enfant.

À travers le Café, Tatiana accueille les nouveaux immigrants fraîchement débarqués à l’école. Elle joue à la traductrice et au guide, explique les règles de l’établissement. «Plusieurs ne connaissent personne. Ils viennent avec nous pour s’intégrer peu à peu», raconte celle qui est arrivée à Sherbrooke il y a maintenant 3 ans et demi.

Shima et Lixbeth, elles, ont participé à un colloque sur le café équitable. C’est par le Café qu’elles se sont inscrites. «Moi, je suis disponible pour vendre au Café. Au début, c’était difficile de convaincre les gens. Mais, grâce au colloque, c’est plus facile, avoue Lixbeth, dans un français hésitant, teinté d’espagnol. Il faut prendre les connaissances avant de s’engager.» La jeune fille est arrivée au Québec il y a un an. Pendant qu’elle parle, Tatiana s’impatiente gentiment, cherchant à terminer ses mots.

Ces jeunes épousent le principe «acheter, c’est voter.» Ils sont sensibles au travail des enfants, s’intéressent à la pauvreté dans le monde. Leurs intérêts trouvent une oreille attentive: M. Lebeuf leur propose toutes les activités qu’il trouve. Ils n’ont qu’à se rendre au Café pour y trouver l’information.

L’Afrique au bout du clavier

Cet homme énergique, dont chaque mot est un rire, n’écarte aucun projet s’adressant aux jeunes. Il fait le pont entre les organismes et les différentes causes qui favorisent l’engagement des jeunes. Ainsi, il a récupéré un projet d’échange Internet entre des jeunes du Niger, en Afrique, et des jeunes du secondaire de Stanstead, en Estrie. Parrainé par la cellule d’Oxfam en Estrie, cet échange visait l’engagement communautaire et l’ouverture sur le monde pour des jeunes vivant l’isolement à Stanstead.

L’école a fermé ses portes, le projet a suivi les participants à Magog. Il n’a pas levé. M. Lebeuf l’a récupéré, le rajoutant aux activités du Café. Oxfam, qui prône la coopération et la solidarité internationale, a offert un agent de projet chargé d’animer les échanges avec le Niger. 13 écoliers ont participé. Ils ont échangé sur la mondialisation, la religion, les différences culturelles.

Marie-Ève Lebeuf, fille du professeur, fait partie du programme international de l’école. Elle s’intéresse aux principes du commerce équitable et a participé à une simulation de l’ONU. «Dans l’échange avec le Niger, on discutait d’un thème chaque mois. Sur ce qu’on voulait. Au début, on s’écrivait des courriels une ou deux fois par semaine. Aïchatou m’expliquait les problèmes de santé là-bas, la polygamie», raconte-t-elle, un peu réservée. «Les jeunes ont beaucoup apprécié», affirme Étienne Doyon, animateur des échanges, qui a été coopérant au Togo pendant 4 ans. Le jeune homme, au verbe facile, transmet sa passion de rassembler, dans l’harmonie, des cultures.

Après ce premier essai d’échange, le jeune homme voit des améliorations à apporter. «Les jeunes qui ont participé n’étaient pas déjà engagés dans leur réalité locale. C’est ce sur quoi on travaille. Par exemple, il y a de la pauvreté à Sherbrooke. Le Niger, c’est pauvre aussi. Ils auraient pu échanger sur la pauvreté, mais nos jeunes ne connaissent pas cet aspect de Sherbrooke.» Mieux connaître sa propre réalité, pour faciliter sa compréhension des autres réalités.

Un réseau de jeunes

Fort de ce constat, les bénévoles d’Oxfam-Estrie veulent créer un réseau qui s’alimenterait de lui-même. Ce réseau serait articulé autour de Michel Carol, responsable de la cellule estrienne, de M. Lebeuf, d’Étienne, d’étudiants du cégep et de l’Université de Sherbrooke, des cellules dans les écoles secondaires et les Maisons de jeunes de la région.

On travaillerait avec les leaders de ces groupes pour les nourrir en activités. Pour se créer un espace d’action, de mobilisation. Pour vivre au quotidien les principes d’équité, de solidarité. On ferait le pont des activités. Il manque souvent de concertation, parce qu’il y en a beaucoup, de différents organismes», explique d’un trait le jeune animateur. Le modèle de l’école Du Phare serait repris par d’autres établissements.

Une implication continue

Les bénévoles d’Oxfam voient plus loin. Ils veulent boucler la boucle, avec leurs jeunes. «Souvent, quand ils quittent le secondaire, on leur dit bye-bye, trouve-toi d’autres activités. On a plus rien pour toi. On aimerait que le jeune poursuive comme mentor. Pour que nos jeunes leaders du secondaire puissent s’identifier à celui qui vient de terminer. Ce serait une prise de responsabilité progressive.

Après avoir été mentor, le jeune pourrait aller sur le comité régional d’Oxfam ou s’impliquer dans une cause plus précise. Qu’ils puissent poursuivre leur implication comme moi», dit Étienne, convainquant. Former des jeunes leaders qui, à leur tour, formeront la relève. Voilà l’idée d’un petit groupe d’adultes de Sherbrooke.

Autres textes sur le Commerce équitable

Environnement: feuilles de thé équitables

Les roses de la St-Valentin empoisonnées

Misericordia, mode équitable et bioéthique

Éthiquette.ca, certification et produits équitables

Produit équitable: 5 principes

Misericordia mode de luxe, produits équitables et bioéthique

Quand l’exotisme nous tue

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ.

CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniersCD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Musique-hiphop-rap.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

%d blogueurs aiment cette page :