Comportements d’un prisonnier

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Système carcéral et pénitenciers

Au dessus de tout soupçon

Que cache la carapace criminelle? Par un excès d’orgueil ou de fierté, j’ai dû attendre de traverser mes quarante ans avant de déterrer et d’exposer à la lumière ce qui m’avait détourné de ma véritable voie.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville. Dossiers Prison, Criminalité

prison-prisonnier-penitencier-tole-bagnardDépassé et maintes fois ébranlé par mes propres comportements, je ne pouvais continuer sans trouver une explication claire. Comment m’étais-je transformé en cet être si méchant, un voyou? Pour comprendre, je décide de dévorer toute la documentation qui me passe entre les mains: psychologie, criminologie… Puis, je m’attarde sur des documentaires qui peuvent me diriger afin de reprendre mon chemin à reculons. À quel endroit ma route a-t-elle bifurqué. Et surtout, pourquoi?

La haine de l’autorité

Une première lumière attire mon attention. C’est l’incompréhension que j’ai de ma haine viscérale envers toute autorité. Un problème qui me rend la vie infernale. La police, les juges, les gardiens de prison: tout ce qui porte un uniforme et détient de l’autorité me rend fou et ce, sans raison apparente.

Mes lectures et mes discussions afin de comprendre cette haine m’orientent dans le même sens. Cette violente colère doit provenir de mon père. Violent et suicidaire, il cadrait bien avec cette hypothèse. Pourtant, dans mon for intérieur, je ne peux le croire. Mon père, malgré ses sérieux défauts, je l’ai aimé de tout mon cœur. Il m’a offert le mieux de ce qu’il avait, selon ses capacités. Quand je revisite mon conflit avec les uniformes, je ne pense pas à lui.

Introspection douloureuse

Je veux comprendre. Armé de ma pelle, je me suis mis à creuser en moi avec acharnement. Durant cette introspection, je rencontre bien des obstacles: des roches de préjugés et d’impressions très difficiles à déloger. Plus je creuse, plus les roches deviennent dures et grosses. Puis, j’atteints une muraille qui me semble infranchissable. Je ne sais pas comment, mais je dois faire exploser ce mur. Peut-être cela m’a-t-il coûté une dépression ou un burn out, pour fissurer le ciment qui maintient la muraille. Tout ce que je sais, c’est qu’il m’a fallu vivre un évènement de taille pour déboulonner mes anciennes certitudes. J’imagine que cet évènement était incontournable pour que je puisse faire sauter ce mur. Qui sait, peut-être était-il imaginaire!

Passé cet obstacle, j’atteins mon but. Ce lieu où les évènements prennent tout leurs sens. On m’a toujours enseigné de faire confiance à mon ressenti, parfois même en faisant abstraction du rationnel. Je réalise que les deux se marient très bien et durent beaucoup plus longtemps en couple que seul. Finalement, je rassemble toutes les composantes de ma vie pour en faire un tableau harmonieux. Cela nécessite des sacrifices qui en valent cent fois la peine. Je reprends le développement de mes propres idées pour ensuite entreprendre le rétablissement d’une véritable identité.

Retour à l’enfance

J’ai commencé à bifurquer de mon chemin dès mon très jeune âge. Incapable de m’imaginer une personne en autorité indiquant la mauvaise direction à prendre, je me suis laissé guider dans un cul-de-sac. Je n’étais pas assez mature et développé pour distinguer les bons des mauvais comportements.

Malléable et influençable comme un enfant peut l’être, j’ai cru en toute innocence que j’étais seul responsable de ce qui m’était arrivé. Que ceux qui m’avaient fait des attouchements ne répondaient qu’aux réactions mécaniques de mon corps d’enfant de 12 ans. Ils avaient réussi à me convaincre. Pendant plus de 30 ans, je me suis empoisonné la vie avec ces préjugés d’universitaires.

J’écoute à la télé des émissions qui donnent la parole à d’ex-victimes. J’y entends des pédophiles justifier leurs gestes par le fait d’avoir été eux-mêmes agressés dans leur enfance, qu’ils ne font que répéter ce qu’ils ont subi. Quelle magnifique façon d’effrayer les victimes à s’ouvrir!

J’ai la certitude que plusieurs victimes ont pris la ferme décision d’enterrer encore plus profondément cette blessure. Il serait préférable de mourir avec ce secret odieux que de laisser planer un doute sur sa capacité à devenir à son tour un agresseur. Je n’en reviens d’ailleurs toujours pas. Des agresseurs sexuels qui diminuent la portée de leurs gestes en se proclamant victimes eux aussi!

Tabou carcéral

Pour un criminel, admettre que des blessures du passé alimentent la soif de violence ou l’aversion envers l’autorité est tabou. C’est inadmissible. Ces souvenirs sont parfois si bien enterrés qu’ils semblent ne jamais avoir existés. J’ai dû moi-même attendre plus de 30 ans avant de comprendre. Je traverse cette muraille qui bloque l’accès à cette partie fragile de moi. Je sais très bien ce qu’ils peuvent vivre et comme le chemin est long. Combien d’hommes hyper violents qui maudissent toute forme d’autorité ont perdu de vue l’origine de ce mal qui les ronge de l’intérieur, silencieusement, tel un cancer? Ils deviennent leurs pires ennemis.

Dans le domaine du droit, on perd de vue une partie des conséquences qu’engendrent l’abus sexuel. Une fraction des dommages collatéraux passe inaperçue. Au pénitencier, il est exceptionnel pour un homme étiqueté «gangster», «motard» ou «braqueur», d’être soupçonné d’être le produit d’un agresseur.

Fierté criminelle

Le titre de criminel intimide, éloigne et repousse les questions. Ce titre se porte avec ravissement et fierté dans le milieu carcéral. Avouer qu’une carrière dans le crime a pris naissance dans la réaction d’un drame vécu à l’enfance serait impensable. Le prestige que retirent certains criminels de leur saga judiciaire disparaîtrait automatiquement si la vérité se savait. C’est l’une des raisons pour lesquelles plusieurs victimes préfèrent disparaître sans révéler leur secret.

L’agression sexuelle à l’endroit d’un enfant par un être en autorité déclenche une rébellion, une violence vis-à-vis tout ce qui porte un uniforme et qui prétend agir pour le bien. C’est ainsi que je me suis fait piéger. Ce qui m’a donné bien du mal à accéder au bonheur.

Vaincre ses démons

Ma souffrance me transformait en un animal sauvage et blessé. Ma vérité était trop douloureuse pour être domestiquée. Voilà en bonne partie la décortication de ma criminalité. C’est pourquoi il m’apparaît essentiel de rappeler aux juges de ne pas oublier le nom de ceux qui se suicideront, ceux qui deviendront des junkies, ceux qui saboteront leur vie familiale de ceux qui deviendront des criminels violents. Pour que leurs jugements correspondent vraiment à la gravité des actes commis.

Je ne peux pas revenir en arrière. Mais j’aimerais bien fermer cette piste boueuse et la transformer en un magnifique jardin d’enfants. Si j’ai vaincu mes démons, je sais aussi que les mauvaises habitudes ont la vie dure. Il faudra que je demeure vigilant jusqu’à la fin de mes jours.

Si à vaincre sans effort, on triomphe sans gloire, je rajouterais qu’à se laisser berner trop facilement par les autres, on finit par se berner soi-même.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Le business de la guerre dans les gangs de rue

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Criminalité et gang de rue

Quand les gangs de rue entrent en guerre

Journal intime d’un membre de gang de rue qui veut s’en sortir. Général, membre très actif d’un gang de rue, change son fusil d’épaule et quitte le gang. À travers l’histoire de Général, Reflet de Société raconte la vie dans un gang de rue.

Dominic Desmarais  Dossier Gang de rue, Criminalité

guerre-gangs-rue-montreal-nord-crips-bloods La vie de Général dans les gangs de rue a commencé au primaire, alors qu’il s’amusait à personnifier ses aînés. Puis, dès le secondaire, il s’identifie aux plus vieux en se bagarrant avec les ennemis de son clan. En vieillissant, Général est initié à la criminalité par le biais de son gang. La guerre prend un nouveau sens. Il ne défend plus une famille mais un butin. À mesure que l’argent entre, les ennemis se multiplient.

Général passe son adolescence à vouer une haine à ses ennemis, les Bleus. Petit à petit, il est embrigadé par les plus vieux qui l’initient au crime: vol, recel, vente de drogue, passage à tabac, incendie de commerces.

La rage dans un gang de rue

gang-de-rue-montreal-nord-gang-rue-pascal Sa rage se détourne peu à peu de ses rivaux. Il commence à prendre conscience de son goût pour l’argent. Il aime l’indépendance qu’il s’achète et le regard respectueux qui l’accompagne. À 17 ans, il n’écoute plus ses parents et s’éloigne de la maison. Il est un adulte qui gagne fort bien sa vie. Il couvre ses petites amies de cadeaux, s’offre une voiture de l’année, des bijoux, des vêtements. Il a de la classe. Ses amis, avec qui il roule, vivent de la même façon. Quand il les regarde, il voit sa réussite. Un dur au portefeuille bien garni qui a tout ce qu’il désire.

«J’ai remarqué que le danger et l’argent, ça attire le monde. Surtout les femmes! À chaque soir on faisait le party. On préparait nos crimes en chillant.» Le clan de Général compte quelque 70 membres. Le jeune voyou a l’embarras du choix s’il a envie de s’amuser. Et il possède l’argent pour festoyer comme il l’entend. «Je pouvais appeler un ami qui était déjà avec 5 gars. J’en appelais un autre, et c’était la même chose. Finalement, on se retrouvait à 30! On sortait et on ne faisait jamais la file. On pouvait dire n’importe quoi, faire du vacarme, être détestables, prendre toute la place dans le bar, personne n’osait nous dire de sortir. À Montréal-Nord, aucun bar ne pouvait nous refuser.» Général et son gang agissaient comme des tyrans même sur leur territoire. Rien à voir avec la guerre contre les Bleus où ils se posaient en défenseurs de leur quartier. La guerre changeait de visage.

Les Bloods et l’argent

rapper-general-rap-montreal-nord-hip-hopLa famille rouge se soude contre l’ennemi mais agit selon les intérêts de chacun. Il n’y a pas de structures, d’organisation. Les jeunes se rassemblent selon leurs amitiés et leurs affinités. «Il y en a qui veulent juste porter un gun. Ils entrent dans le gang avec leur haine. Ils sont là pour la violence. Ils veulent juste commettre des crimes. D’autres veulent une appartenance. Moi, c’était l’argent. J’étais plus un hustler qu’un trigger happy (gâchette facile). Mon crew, c’était le cash en premier.»

Au début du secondaire, Général se levait le matin pour mater du bleu à l’école. À la fin de son adolescence, c’est au pognon qu’il pense en se réveillant. «Moi je me lève le matin et je me dis: je veux une voiture. Mais si je n’ai pas gagné d’argent de la journée, je n’en dors pas! Ce n’est pas tout le monde qui fait de l’argent. Faut être wise, faut le vouloir. La majorité des membres de gang, je dirais 60 %, est pauvre. Vraiment pauvre. Ils dorment au gaz, ils ne font que traîner. Ils n’y pensent pas jour et nuit. Ils vivent dans la rue, vont dormir d’un appart à l’autre, chez des amis. On est une minorité à avoir un appart, un condo, une maison. Ceux qui traînent dans le métro, les petits revendeurs, ce ne sont pas des leaders. Ils ne sont pas sérieux.» Les centres d’intérêts des membres divergent en vieillissant. Les unions d’hier, la cause, s’effritent.

Le territoire des Bloods

gang-de-rue-montreal-nord-gang-rue-pelletier Le gang de Général cherche un territoire plus vaste à contrôler pour écouler sa drogue. Une drogue qu’il achète toujours aux plus vieux de son clan, la première génération des Rouges. De tous les groupuscules de sa génération, celui de Général roule le plus. «On faisait plus d’argent que les autres. Et on était les plus fous. Ça roulait. Le centre-ville, le West Island, Montréal-Nord. Juste avec 5 gars solides, tu peux contrôler un territoire. Et appeler du renfort au besoin.»

Quand il ne s’occupe pas lui-même de régler tout contentieux, le petit groupe de Général n’a qu’un appel à faire pour dénicher un membre qui peut faire un vol, intimider une personne ou même la descendre. «N’importe qui du groupe peut prendre une décision. Mais on les prend généralement ensemble. On s’appelle.»

Les Bloods au Centre-Ville contre les motards

gang-de-rue-rapper-general-hip-hop-gang Avides, Général et ses amis lorgnent du côté de la rue Saint-Denis, une artère importante à Montréal, pour agrandir leur territoire. «On savait que la rue appartenait aux motards. On y est allé à 20 pour attirer leur attention, montrer qu’on était là.

On vendait notre drogue. Jusqu’à ce que le boss du quartier nous aperçoive. Alors, on le confrontait. Et d’habitude, il n’y a pas grand monde pour s’opposer à lui.» Le groupe utilise un camé pour qu’il appelle son fournisseur et attend son arrivée. Ils l’ont ligoté et appelé son patron devant l’otage. «Si le boss ne voulait pas céder son territoire, on faisait passer notre message en battant son pusher.»

Général n’a pas d’émotion, quand il raconte cette partie de sa vie. Pour lui, c’est business as usual. «Nous, on tapait tout le monde. On s’en foutait, qu’ils aient des patchs. On était un gang, nous aussi. On a tapé deux ou trois de leurs gars. Ils ont dit ok, mais ne touchez pas à la rue Saint-Laurent. Vous abuseriez. Ce sont des guerriers, les motards», dit-il avec respect.

Général et son groupe, en plus de leurs visées expansionnistes, doivent protéger ce qu’ils contrôlent. Ce qu’ils ont fait aux motards, sur St-Denis, d’autres les imitent pour leur voler ce qu’ils possèdent.

La violence attire la violence

general-blood-gang-de-rue-montreal-nord-gangs Si l’un de ses jeunes vendeurs se fait tabasser par des ennemis qui lui envoient un message, Général doit réagir. «Je n’ai pas d’autre choix que de répliquer. Sinon, mon jeune n’aura plus confiance en moi. Et les autres non plus. On devait régler le problème. Dans ce milieu, tu sais qui ne t’aime pas, qui te surveille. C’est facile de faire parler quelqu’un. Si on juge que ça prend une raclée pour se faire comprendre, on le fait. Mais ça peut mal tourner. Car si on débarque dans un endroit et que les gens sont armés, tout peut arriver.»

Général et son gang se battent pour leur business d’abord. Ils marchent sur les plates-bandes des Bleus, des motards et de la mafia. Et leur affiliation aux Rouges les amène aussi à épouser les guerres des autres membres du clan. Les business des uns créent des problèmes à tous. «Les motards n’ont peur de rien. Ils ont des gangs qui existent juste pour tuer. Ils sont aussi salauds que nous. Eux aussi vont tirer dans le tas, peu importe qui est là. Ça a été nos plus grosses guerres. En fait, la guerre avec les motards a duré un an. C’était celle des plus vieux Bloods.» Général parle avec respect de ces ennemis avec qui il a croisé le fer. Mais le ton change quand il aborde le sujet de la mafia.

Mafia, police et politiciens

«Ce sont des peureux! Côté bagarres, ils ne peuvent pas répondre. Ils ont beaucoup plus que nous à perdre. On peut détruire leurs commerces. Eux ils peuvent juste nous tuer. Et ça va leur coûter 50 000$ pour engager un tueur qui va assassiner un seul gars! Nous, ça ne nous prend rien! Pendant la guerre avec les Italiens, en une soirée, on leur a brûlé sept bars! Ils perdent beaucoup. Ce qui les sauve, c’est qu’ils sont partout. Ils ont la police et les politiciens dans leur manche.»

Mais l’ennemi, quand on fait la guerre pour l’argent et le pouvoir, peut prendre les traits d’un ami. Même au sein de la famille, les frictions surviennent. Le meilleur ami de Général, très ambitieux et productif, s’est fait tirer dans la jambe par l’un de leurs bons camarades après que celui-ci lui ait fait comprendre qu’il ne rapportait pas assez d’argent. «Ils sont restés les deux dans le gang mais ils ne se parlent plus. Ça a divisé le groupe. Ils se parlaient dans le dos. Mais on vient de la même clique. Celui qui a tiré, on lui a fait comprendre qu’on n’était pas d’accord avec son acte. Je ne le voyais plus autant, après. Il a pris son trou.»

Le cycle des générations se poursuit. Les amis de Général, avec leur business, vont se distancer de la guerre, mauvaise pour les affaires. Ils vont laisser aux plus jeunes le soin de faire les mauvais coups pendant qu’ils font fructifier leur argent. La violence se poursuit.

Introduction Histoire des gangs de rue

Autres textes sur Gang de rue

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Gambling et jeu compulsif, quand les machines à sous te prennent tout

Témoignage d’un joueur compulsif

Gambling et jeu compulsif

Ali est d’origine algérienne. Travailleur infatigable, courtois et la bonne humeur contagieuse, le mi-trentenaire traîne un boulet dont il est peu fier. Un fort penchant pour les machines à sous. Le jeu lui a tout pris. Son argent, sa dignité et ses espoirs.

Dominic Desmarais  Dossier Gambling et jeu compulsif

jeu compulsif gambling joueur pathologique gambler loterie résultats«J’ai abandonné toutes mes ambitions, tous mes rêves, pour jouer. J’avais 25 000$. J’ai tout flambé. J’ai tellement eu de misère à me pardonner.»

Ali ne pensait jamais vivre un tel cauchemar. Lui qui, depuis l’adolescence, travaillait avec acharnement pour bien vivre et mettre de l’argent de côté a vu les efforts de toute une vie disparaître. Pour des machines qu’il a côtoyées sans les voir pendant 7 ans, dans les bars où il travaillait au début de la vingtaine. «Je passais devant, je les nettoyais. Mais je n’avais aucune idée de ce que c’était, jouer, comment cela pouvait affecter la vie des gens que je voyais devant les machines. L’envie de jouer ne m’avait jamais pris.»

Un petit 10$

casino gambling jeu compulsif gambler joueur pathologiqueLes déboires commencent en 2003. Ali a 27 ans. Il vit tantôt chez sa petite amie quand elle n’est pas de garde comme infirmière la nuit, tantôt en appartement avec son frère. Par une nuit d’angoisse, il décide de se rendre dans un bar où il va régulièrement jouer au billard. Un des employés le convainc de jouer, sans penser mal faire. «Il m’a dit que ç’avait été une journée payante, que tout le monde gagnait aujourd’hui. Je n’avais jamais joué, ça ne me disait rien. Il m’a proposé d’essayer 10$. J’ai mis 10$. Et j’ai gagné 150$. C’est là que mon cauchemar a commencé. Trois semaines plus tard, j’avais perdu 5000$. Et trois mois plus tard, c’était toutes mes économies : 25 000$. Je jouais et je ne réalisais pas ce que je faisais. La piqûre m’a pris d’un coup.»

Ali n’a jamais été un gambler. Il joue sans se rendre compte qu’il a un problème. «Je suis devenu accro. Tout mon argent y passait. Moi qui ai toujours eu peur de gager de l’argent! Je travaillais et j’allais jouer. Parfois 7 à 8 heures d’affilé. J’avais trouvé un nouveau passe-temps. Devant la machine, tu oublies tout. Les priorités, le temps. Tu es énervé, stressé. Dès que je commençais à jouer, mon humeur changeait. Je me sentais bien aussitôt.»

Quand la compulsion s’installe

casino loterie loto-québec gambler gambling joueur pathologique jeu compulsifAli commence avec des petits montants puis joue de plus en plus gros. «Tu joues un 20$, tu le perds. Tu veux le récupérer. Tu le perds. Tu veux ensuite aller chercher ton 40$. Et tu le perds. Et tu veux le récupérer… Jusqu’à ce que tu flambes tout jusqu’à la dernière cenne.»

Sa relation avec sa copine se dégrade. Elle lui suggère de suivre une thérapie. «Même si j’avais perdu 25 000$ en 3 mois, je ne considérais pas que j’avais un problème.» Ali cesse de manger. Il perd son appétit. Plus il dilapide son argent, plus il devient de mauvaise humeur. «Je paniquais toujours pour rien. Je m’énervais. Je travaillais de jour comme cuisinier et de soir dans les clubs et les festivals comme Juste pour Rire. Je travaillais 7 jours sur 7. Et tout allait dans le jeu.»

Quand Ali finit de travailler le soir, à 22h, il lui reste quelques heures pour rentrer se changer et aller jouer au bar jusqu’à la fermeture. Jusqu’à ce qu’il entende parler d’un endroit où le joueur est roi à toute heure du jour. «Quelqu’un m’a demandé pourquoi, tant qu’à perdre 1200$ au bar, je n’irais pas au casino… Ç’a été ma mort.

Déboires au Casino

gambling-gambler-jeu-compulsif-joueur-pathologique-loterieAu Casino, les dépenses sont devenues plus imposantes. Ça ne ferme pas, le casino. J’ai joué, une fois, à partir de 7h30 le matin jusqu’à 2h30 dans la nuit. J’ai manqué ma journée de travail. J’ai perdu 5000$, cette journée-là. J’étais tellement furieux contre moi… J’ai voulu récupérer mon argent. J’ai commencé à espacer mes visites au casino pour y jouer avec des sommes plus grosses. J’ai économisé pendant un mois 10 000$. Je suis allé le jouer au complet. J’allais toujours jouer seul. Jamais je n’ai appelé quelqu’un pour m’accompagner.»

Ali devient obsédé par le jeu. La nuit, il voit des cloches et des 7 dans son sommeil. Il a toujours une pensée pour sa prochaine sortie en solitaire au casino. «Dans ma tête, je savais que j’irais jouer gros prochainement. Dès que je me prévoyais une journée de congé, j’y allais. J’y pensais longtemps à cette journée. Je me voyais déjà gagner un gros montant.»

La famille et le gambling

loto-québec jeu en ligne conférence de presse casino virtuel gambling jeu compulsifAli avoue ses pertes d’argent à sa famille qui minimise le problème. «J’avais mis la faute sur eux. J’ai essayé de m’enlever la responsabilité. Eux se sentaient mal. Toute la famille savait. Mais personne ne savait que la maladie du jeu, ça existait. Et chez nous, le jeu, c’est péché. Pour un musulman, ce n’est pas bien.» Les problèmes d’Ali sont enterrés, au grand bonheur de tous. L’honneur de la famille est sauf. Ali n’a pas à se sentir mal devant les autres et confronter ses démons.

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

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Maison de transition et Centre jeunesse

Un prisonnier VS un jeune d’un Centre jeunesse

Un jeune a-t-il le droit au même soutien qu’un prisonnier?

Un prisonnier termine sa sentence. Il aura droit à une maison de transition avant d’entreprendre sa nouvelle vie. Qu’en est-il du jeune qui quitte à 18 ans un Centre jeunesse?

Raymond Viger Dossier Communautaire

centre-jeunesse-prison-dpj-systeme-carceral-prisonnier-penitencierOn dit souvent que le jeune qui atteint ses 18 ans se faire sortir du Centre jeunesse et qu’il est livré à lui-même. Tu es un adulte, et bien débrouille-toi maintenant.

J’accompagne un prisonnier qui termine sa sentence. Pour les 14 premiers mois de sa nouvelle vie, il est nourri et logé dans une maison de transition. Il reçoit 40$ par semaine pour ses petites dépenses. Il est suivi par un intervenant. Ce prisonnier n’a pas à stresser sur la recherche d’un emploi et de trouver l’argent nécessaire pour payer le loyer et sa bouffe. On le soutient dans la réappropriation d’une nouvelle vie. On lui donne la chance de pouvoir prendre le temps de se placer.

Qu’en est-il du jeune qui sort d’un Centre jeunesse? Pourquoi se sent-il abandonné par le système quand il atteint ses 18 ans? Est-ce qu’on demande à un jeune de 18 ans d’être un adulte accompli et prêt à affronter toutes ses responsabilités?

Un Centre jeunesse est la famille sociale d’un jeune. En tant que parent social, si notre jeune n’est pas prêt à être autonome à 100% dans sa nouvelle vie, doit-on le laisser seul ou avons-nous encore une responsabilité envers lui? Est-ce que toutes les familles mettent à la porte leurs jeunes pour qu’ils se débrouillent seul quand ils arrivent à 18 ans?

Autres textes sur Communautaire

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Le rap du Lac-St-Jean

Rap et Hip hop en région

Dali, un rapper du Lac-St-Jean

Dali est un jeune rappeur originaire du Lac Saint-Jean qui tente de percer dans le hip-hop québécois. Son parcours vers la reconnaissance est semé d’embûches.

Dominic Desmarais Dossiers Hip-HopRap

rap-lac-st-jean-rapper-region-hiphop-chanteurDali ne se destinait au rap. Né de parents voyageurs et hippies qui habitent La Prairie, en Montérégie, il suit sa mère au Lac Saint-Jean à la séparation du couple.

Dali a 5 ans. Sa mère, affectée par cette rupture, est hospitalisée. Dépressive et bipolaire, elle retourne au bercail vivre avec ses parents et son frère. «J’adorais ça, vivre chez eux! Ma grand-mère supportait ma mère dans son rôle, auprès de moi. On me parlait de ses problèmes. Je voyais ses hauts et ses bas. Mais elle était quand même présente pour moi», se rappelle le jeune homme qui, plus que l’état de santé de sa mère, était préoccupé par l’absence de son père.

Chez ses grands-parents, Dali est entouré d’amour. Il s’y sent chez lui. Puis, un an et demi plus tard, sa mère va mieux. Elle refait sa vie avec un autre homme. Un autre déménagement pour le jeune Dali qui quitte le Lac Saint-Jean pour le Saguenay.

raper-dali-lac-st-jean-rap-region-hip-hop-rappeurDe cette union, qui dure trois ans, Dali reçoit en cadeau un demi-frère. Il affectionne son beau-père. Mais l’idylle tourne au vinaigre. Sa mère apprend que son amoureux la trompe. Dali prend parti. «J’étais fâché contre lui. Je sentais la frustration de ma mère.» Autre rupture, autre hospitalisation pour sa mère. La sensibilité à fleur de peau, elle rechute. Dali et son demi-frère l’accompagnent à Alma, dans le giron familial. Dali a 10 ans. Il doit à nouveau quitter pour une autre école.

Rencontre avec le Hip hop et Dubmatique

Dali n’a pas coupé les ponts avec son père. Il lui rend visite de temps à autre, les fins de semaine ou lors des vacances scolaires. Son père qui habite Montréal, l’accueille à bras ouverts.

dali-rap-lac-st-jean-hiphop-region-rapper-chanteur-hip-hopC’est en visite dans la métropole que Dali tombe en amour avec le hip-hop, qu’il ne connaît pas. «C’est avec la sortie de La force de comprendre du groupe Dubmatique, un album fort du hip-hop québécois qui a permis au rap de sortir de l’underground que je me suis intéressé à la culture.» Dali a 10 ans. Avec son père, il va voir des spectacles et des événements hip-hop. Il achète toutes les revues qui parlent de cet art et des vêtements associés.

Lors de ses escapades chez son père, Dali s’accroche les pieds au Café-Graffiti. «Je ne savais pas dans quelle branche du hip-hop me diriger. J’ai suivi quelques cours de breakdance. Mais j’ai finalement opté pour le rap. Ça me libérait de ce que je vivais. J’avais besoin de prendre la parole pour dire que j’existe. J’aimais faire de la musique mais je n’avais pas d’argent. Pour le rap, tu n’en as pas besoin. Ça prend seulement du papier et un crayon. Et avec de la pratique et de la volonté, chacun peut développer son talent.»

Les premiers pas d’un rapper

Dali fait figure d’extraterrestre à Alma. La culture hip-hop n’a toujours pas pénétré la contrée des bleuets. Avec son accoutrement de rappeur, il fait rire. «C’était dur. Au Lac Saint-Jean, il n’y en avait pas de hip-hop. Je me faisais écoeurer à cause de mon style marginal.»

Ses amis lui enregistrent des musiques instrumentales sur CD pour qu’il y rajoute ses propres textes. «Mes amis ne connaissaient pas ça, ce sont des rockers», dit-il en esquissant un sourire amusé. Dali faisait ses premiers pas comme rappeur en tâtonnant. «J’ai commencé à écrire. Mais ça ressemblait plus à de la poésie parce que je ne savais pas comment on faisait du rap. J’écrivais des textes introspectifs ou sur mon amour du hip-hop.»

Les années passent et la passion de Dali, devenu adolescent, grandit à vue d’œil. Le hip-hop n’était pas un amour de passage, une mode. Il perfectionne son style, continue à s’informer de tout nouveau développement au sein de la communauté hip-hop québécoise. Principalement lors de ses virées montréalaises.

Sans-Pression, Muzion, Yvon Krevé…

Puis arrive dans son univers une éclosion de talents qui l’interpellent. Alors que le précurseur Dubmatique utilisait un français international, les Sans-Pression, Muzion et Yvon Krevé montrent qu’il est possible de rapper en québécois. «À ce moment, le rap joual commençait. Ça m’a inspiré. Je pouvais rapper dans ma langue. Et j’ai voulu qu’il y ait du rap chez nous, au Lac Saint-Jean. Ça m’a motivé à écrire encore plus et à faire des spectacles.»

En 2003, à 15 ans, Dali s’apprête à faire le grand saut. Pour la première fois de sa vie, il monte sur les planches lors du Secondaire en spectacle, un show amateur où les élèves de son école expriment leur talent. «J’ai bien aimé ça. Ça m’a montré que j’étais capable! Et ça m’a donné envie d’en faire d’autres. Même si j’ai eu un blanc de mémoire majeur. J’ai oublié ma chanson! Il a fallu que je fasse reprendre l’instrumental 2 fois!» Une prestation imparfaite qui brise la glace et lui donne confiance. Il en reçoit une mention honorable parce qu’il est le seul à avoir composé les paroles de sa chanson, qui aborde ses difficultés familiales et sa vision de la société.

L’engouement de Dali est à son paroxysme. Il veut se donner en spectacle. «Je voulais faire des shows à l’école, dans des festivals. La Maison de jeunes d’Alma m’a aidé à en organiser. Je ne voulais pas monopoliser la scène pendant 2 heures. C’est rare un spectacle hip-hop d’un seul artiste. Et je voulais créer des opportunités pour d’autres jeunes à prendre de l’expérience de la scène.» Si au Lac Saint-Jean le hip-hop tarde à prendre sa place, le Saguenay est déjà dans le train du rap. Dali invite des groupes de Chicoutimi à se produire dans les spectacles qu’il organise avec la Maison de jeunes d’Alma, au Belvédère.

Rejeté par sa mère

Le monde de Dali s’effondre en mars 2004, alors qu’il est âgé de 16 ans. En rentrant de l’école, il est attendu devant la maison par son beau-père des six dernières années. Il a un message pour lui. «T’habites plus ici à partir de maintenant. On se revoit dans une couple d’années.» L’homme lui remet une pièce de 2$ en lui disant, tout bonnement: «Arrange-toi.» Dali a trop peur pour aller chercher ses effets personnels. Il appelle son oncle qui accepte de l’héberger et, plus tard, d’aller récupérer ses vêtements pour lui.

Dali se sent rejeté par sa mère. Mais il ne se sent pas coupable. Il n’a jamais été un enfant à problèmes. «Je ne me suis jamais battu, je n’ai jamais volé quoi que ce soit. Moi, je voulais faire des spectacles, une carrière. Je ne voulais pas de problèmes qui m’empêcheraient de faire ce que je veux.»

Le conflit avec son beau-père couvait depuis des années. Au début de la relation, en 1998, Dali était bien heureux pour sa mère. D’un naturel ouvert et accueillant, héritage de la culture hippie de ses parents, Dali voyait d’un bon œil le nouveau mé-nage de sa bien-aimée mère. Mais, peu à peu, le nouveau venu montre ses tendances manipulatrices et possessives. «Il a commencé à avoir des problèmes avec la famille de ma mère. Je voyais qu’il ne voulait pas être dérangé dans leur relation. Dès que quelqu’un de la famille se mêlait de leurs affaires, il le barrait. Ç’a commencé avec mon oncle, celui qui m’a accueilli quand j’ai été mis à la porte. Puis, ce fut au tour de ma grand-mère, quand elle a voulu sa-voir pourquoi il avait coupé les ponts avec mon oncle. Elle a été barrée. Finalement, c’est toute la famille de ma mère qui a été coupée. Ça s’est fait un par un.»

Pour l’adolescent, la situation familiale était difficile à vivre. Sa mère ne voulait plus voir les membres de sa famille qui l’avaient aidée lors de ses épisodes de dépression. Dali, lui, ne s’empêchait pas de rencontrer ses grands-parents. «Mais mon beau-père m’en voulait de continuer à les voir. Pour lui, j’étais du bord de la famille, pas du sien et de ma mère. Mon demi-frère était parti vivre avec son père. Il a été barré lui aussi. Je n’ai pas eu de nouvelles de lui pendant longtemps.»

Peu avant la rupture définitive d’avec sa mère, Dali est témoin de l’agressivité de celui qu’il appelle le manipulateur. «Mon père est venu nous rendre visite. Le chum de ma mère lui a sauté dessus. Il lui a ouvert le visage. Mon père a eu 6 points de suture. Après, il est devenu agressif envers moi. C’est pour ça qu’il a fallu que je parte.»

La DPJ s’en mêle

Dali termine son année scolaire en habitant chez son oncle. Puis, à la fin des classes, son bon samaritain lui apprend qu’il ne peut le garder plus longtemps. Comme son père est à l’extérieur à travailler sur un navire marchand, il n’a personne pour le garder. La DPJ est saisie. «J’ai revu ma mère en mai. Elle a clarifié la situation avec la DPJ. Son chum et elle ont dit qu’ils avaient un conflit avec la famille et que je continuais de les fréquenter contre leur volonté. Et ils ont dit que le temps était venu pour moi d’aller vivre avec mon père. C’aurait été correct si ça s’était passé à la fin de l’année, mais ç’a été brusque. Ma mère ne voulait pas me reprendre. Il fallait me trouver une famille d’accueil d’ici à septembre, quand mon père serait de retour.»

C’était il y a sept longues années. Et depuis, Dali n’a plus jamais parlé à sa mère. «Je trouve ça difficile. Je l’aimais, avant. Mais là, c’est comme si elle était morte, pour moi. Ça me frustre. Mais je ne lui en veux pas. Elle est libre de ses choix. Mais tant qu’à la voir avec cet homme, renfermés comme ils sont, j’aime mieux ne pas y aller.»

Avec le recul, Dali est conscient que l’abandon de sa mère lui a fait mal. «Je me rends compte que j’ai de la difficulté à approcher les filles. C’est inconscient, mais j’ai peur d’être rejeté. Je suis moins confiant.»

Les 3 reportages sur le rapper Dali:

Autres textes sur le Rap:

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L’économie sociale

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Partenaires d’une nouvelle économie

Pour conserver son indépendance et son autonomie, un organisme communautaire a besoin de partenaires pour développer une économie sociale.

Raymond Viger Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire

Des illustrations équitables

poster affiche flyer carte anniversaire cartes souhaits voeux affichage impression t-shirtLe Café-Graffiti, avec le soutien du Fonds régional d’investissement jeunesse (FRIJ), débute un nouveau projet qui s’étalera sur une période de trois ans.

Le projet se divise en deux volets. Le premier sera de créer les archives du graffiti à Montréal, de ses débuts à aujourd’hui. Les artistes, les lieux, les évènements qui ont marqué l’histoire de cet art de la rue à Montréal, seront mis en ligne pour le bénéfice de tous.

Le deuxième volet verra la création d’une salle d’exposition virtuelle permettant aux artistes issus de différentes cultures de trouver un espace de diffusion pour leurs œuvres. Une série de petites boutiques artistiques pour présenter leur créativité, leur cheminement et leurs différentes réalisations.

Finalement, le centre d’achat virtuel mettra en vente les produits des artistes. Vous y retrouverez toiles, T-shirts, cartes de souhaits, affiches, etc. Le projet débute aujourd’hui sur le site http://www.editionstnt.com. Vous pouvez déjà commander vos cadeaux et vos cartes de Noël. Chaque mois des nouveautés seront mises en ligne. Venez nous visiter régulièrement.

Aidez, c’est gratuit avec Köse

Un nouveau projet dynamique et original vient de voir le jour. Köse, pour soutenir le financement d’organismes communautaires.

Il s’agit d’un partenariat entre les organismes communautaires et les entreprises. Köse publie une infolettre mensuelle annonçant les activités des organismes communautaires. À chaque fois qu’un membre ouvre la lettre, 5 sous sont remis à l’organisme communautaire de votre choix. Sur les côtés de cette lettre, vous avez des publicités de marchands : ce sont eux qui payent les frais de diffusion ainsi que l’argent qui sera remis aux organismes communautaires.

Ça ne vous coûte rien et permet à des marchands d’investir un budget publicité vers le communautaire qui s’en trouve gratifié. Une excellente formule qui mérite qu’on y participe.

Pour débuter votre soutien gratuit à notre organisme, allez vous inscrire à l’infolettre sur le site http://www.makose.ca/fr. À droite, sous ABONNEMENT, vous pouvez dérouler une liste d’organismes communautaires. Vous pouvez choisir Reflet de Société ou Café-Graffiti. Vous inscrivez votre nom et votre courriel. C’est tout. Une fois par mois, vous recevrez l’infolettre qui vous donnera des nouvelles des différents organismes communautaires.

Si vous hésitez entre le Café-Graffiti et Reflet de Société, pas de problème, vous pouvez aider les deux. Il suffit d’avoir une deuxième adresse courriel et vous pourrez ainsi aider les 2 projets. La seule chose que vous aurez à faire : ouvrir l’infolettre Köse que vous recevrez mensuellement.

Vernissage à ciel ouvert

Pour une 7e année consécutive, le Café-Graffiti a réalisé les décors des vitrines de Maison Simons. Pendant 6 semaines, du 2 août au 6 septembre, 34 toiles d’artistes graffiteurs se sont retrouvées dans les  vitrines de 5 magasins de la Maison Simons.

Merci à Richard et Peter Simons ainsi qu’à tout le personnel de la Maison Simons qui ont permis la réalisation de ces vitrines par les artistes graffiteurs.

Le graffiti en orbite

Pour délimiter les zones de construction du nouveau Planétarium qui déménage près du Stade olympique, une palissade de 350 pieds a été installée. Une équipe de 4 graffiteurs y a réalisé une gigantesque murale qui demeurera en place jusqu’en septembre 2012, au moment de l’ouverture du Planétarium. Cela vous laisse amplement le temps d’y faire une petite visite.

Une note d’implication

En juin dernier, pour une 6e année consécutive, le professeur de piano classique Ginette Charest-Cyr et ses élèves ont offert leur concert de fin d’année pour soutenir notre organisme. Une occasion toute particulière pour Danielle et moi de prendre un temps d’arrêt et de se laisser bercer au son du piano.

Merci à tous pour votre chaleureuse présence et votre implication.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

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Affiche murale du Stade Olympique, Espace pour la vie

La murale Espace pour la vie au Stade Olympique

Présentation de l’affiche Espace pour la vie

Le planétarium quitte le Centre-ville pour rejoindre les installations Olympiques. Avec le Jardin Botanique, l’Insectarium et le Biodôme, le Planétarium forme une nouvelle entité, Espace pour la vie.

Raymond Viger Dossiers Porte-folio, Murales, Graffiti, Planétarium

Arpi, Dcae, Ènsu et Heresy, quatre artistes muralistes du Café-Graffiti se sont chargés de transformer la palissade de 350 pieds de long en une gigantesque murale.

En l’honneur de cette gigantesque murale, le Café-Graffiti présente maintenant dans son porte-folio une série de 5 affiches pour chacune des sections de cette murale. Je vous présente aujourd’hui la cinquième affiche réalisée par Ènsu. qui représente la première partie de la murale pour Espace pour la vie.

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Porte-folio artistes graffiteurs muralistes

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Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

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Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

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