Agriculture, relève et souveraineté alimentaire

Politique de souveraineté alimentaire:

Pour soutenir l’agriculture québécoise

réflexions sociales débats sociétéLe 3 juillet, nous avons parlé de la ferme familiale menacée au Québec. Dans son numéro d’été 2013, le magazine Forces publie un reportage sur l’avenir des exploitations agricoles au Québec qui aborde le même thème. D’autre part, la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement québécois offre un espoir d’amélioration.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Agriculture

La relève étouffée par le prix des terres

agriculture environnement ferme québec bétail élevage fermier terre agricole

On apprend dans le reportage de Forces que plus de 300 fermes familiales disparaissent chaque année chez nous. On a parlé d’une absence de relève et d’une absence de capitaux. La relève n’est pourtant pas un problème réel, puisque les études en agriculture continuent d’attirer un bon nombre d’étudiants.

En fait, beaucoup de jeunes aimeraient reprendre la ferme familiale où ils travaillent déjà depuis leur enfance. Le sentiment d’appartenance au milieu agricole demeure fort et les emplois en ville ont peut-être perdu un peu de leur pouvoir d’attraction.

Mais le père ne peut donner sa terre à ses enfants, puisque sa vente constitue son fonds de retraite ; et comme les fermes peuvent valoir maintenant plusieurs millions de dollars, la tentation de vendre est importante.

Or, le fils n’a pas les moyens d’acheter l’entreprise. Sauf si ses parents la lui donnent, du moins en partie. Les parents peuvent choisir de demeurer actionnaires de la ferme, tout en la vendant graduellement à leurs enfants. Ils sacrifient les millions qu’ils obtiendraient lors d’une vente pure et simple, mais ils assurent d’autre part une relève familiale qui leur tient à cœur.

Une politique de souveraineté alimentaire

Le prix des terres agricoles a augmenté de 400 % depuis 1990 et le danger qu’elles soient achetées par des spéculateurs est bien réel. Le gouvernement québécois réagit à cette menace et travaille en ce moment à modifier dans ce but les lois existantes : la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents et la Loi sur la protection des territoires et des activités agricoles.

Le gouvernement Marois vient aussi de présenter sa Politique de souveraineté alimentaire qui suit quatre « axes », la deuxième étant « L’occupation dynamique du territoire » qui comprend ces deux points : « garantir l’intégrité du territoire agricole pour les générations futures ; assurer l’accessibilité des terres agricoles aux entreprises agricoles et à la relève. »

Au-delà de ces formulations, nous croyons que le gouvernement démontre sa reconnaissance du problème ainsi que sa volonté de protéger l’agriculture québécoise.

Quelques réactions à cette politique

Une brève revue de presse nous montre que cette politique gouvernementale a été en général bien accueillie, et même applaudie. En voici quelques exemples.

À ce propos, Josée Boileau du Devoir écrit :

« Si l’on excepte l’opposition, qui n’a jamais pour vocation d’applaudir le gouvernement, l’Union paysanne, qui ne sera satisfaite que le jour où l’UPA tombera, et le National Post qui, à la une, a ridiculisé le projet en le déformant, François Gendron peut se féliciter. Tout le milieu agroalimentaire québécois a, avec raison, salué sa politique de souveraineté alimentaire. Une avancée, enfin ! »

Et elle conclue son éditorial sur ces mots :

« Ajoutons que les attentes sont énormes en matière agricole. S’y croisent l’économie, l’occupation du territoire, l’environnement, la qualité de vie… et l’alimentation ! Des visions s’affrontent. C’est tout à l’honneur du ministre Gendron que son plan ait été accueilli avec ouverture et accompagné de la création d’une table de concertation où une quinzaine d’organismes des plus divers pourront discuter de sa mise en œuvre. L’agriculture n’est plus sur une tablette. C’est un très heureux changement. »

Cela résume bien la situation.

De son côté, Équiterre se réjouit aussi de cette politique et souligne ces points :

« Le fait de favoriser l’achat local dans le réseau public et les sociétés d’État ;
l’intention de dévoiler une stratégie d’achat local avant la fin de l’année ;
l’inclusion d’une orientation visant à réduire l’utilisation des pesticides ;
l’intention d’accroître la protection du territoire agricole en milieu urbain ;
une reconnaissance du besoin de réduire des gaz à effet de serre, en toute cohérence avec les orientations du gouvernement à cet égard. »

Le journal Les Affaires accueille de manière également positive cette nouvelle et cite les paroles du ministre de l’Agriculture, François Gendron selon lesquelles : « D’autres modifications pourraient être apportées pour mieux protéger les terres contre l’étalement urbain » (en plus des deux lois mentionnées plus haut).

Puis le site de l’Agence Science-Presse (ASP) résume la nouvelle en mentionnant que cette politique

« met l’accent sur la promotion des aliments du Québec dans toute la chaîne de distribution (y compris les hôpitaux, les écoles et les garderies), sur l’importance de la relève de la main d’œuvre et sur la protection des terres agricoles contre la spéculation. De plus, les exploitations serricoles [les serres] bénéficieront de réductions tarifaires sur leur consommation hydroélectrique, ce qui leur permettra de diminuer leurs coûts énergétiques, d’améliorer leur compétitivité et de contribuer au développement durable. »

Nous comprenons qu’il y a beaucoup d’intervenants dans ce domaine et autant de points de vue différents, mais il faut se réjouir du fait qu’on en parle déjà plus (que ce n’est plus sur la tablette, comme l’écrivait Josée Boileau) et que cela devienne un véritable enjeu pour l’ensemble de notre société.

Références : la Politique de souveraineté alimentaire ; puis la revue de presse : Le Devoir, Équiterre, Les Affaires, Science-Presse.

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Ferme familiale en péril au Québec

Un enjeu de société au Québec

Avenir précaire de la ferme familiale

L’été est arrivé, le gazon pousse à toute vitesse en mai et en juin dans nos banlieues résidentielles où nous cultivons de moins en moins de légumes à la maison, puisqu’ils ne coûtent pas très cher à l’épicerie. Pourquoi cultiver un rang de radis, alors qu’on peut acheter l’équivalent bien frais, en saison, pour un dollar ou deux ? Et tant mieux pour les fermiers, si on les aide à gagner leur vie.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers FamilleÉconomieEnvironnement

ferme élevage économieMais quelle image nous faisons-nous de la ferme, si nous sommes des citadins ? Probablement celle de notre enfance, des jouets, des puzzles de bois et des livres pour tout-petits. Une maison, quelques bâtiments, des vaches, des poules, un tracteur. Une belle vie familiale, exigeante mais saine, des travailleurs vigoureux vivant au rythme des saisons.

Toutefois, en y regardant de plus près, on réalisera que ce n’est pas toujours le cas, et que ce genre de ferme est de plus en plus difficile à maintenir. On nous dit même que la ferme familiale est en péril. Pourquoi cela ?

De la ferme artisanale à l’entreprise

Voici un résumé très simplifié de la situation. La ferme familiale représentait autrefois une économie de subsistance, c’est-à-dire qu’on y produisait d’abord ce dont on avait besoin pour soi : pour se nourrir, s’habiller, se loger (les légumes, la viande, la laine, le sucre d’érable, le bois de chauffage, etc.) et on vendait les surplus pour payer ce qu’on ne pouvait produire soi-même.

On comprendra que cela n’est plus possible depuis longtemps, depuis que le cultivateur a remplacé ses chevaux par de la machinerie qu’il doit acheter comme tout le monde. Or, pour payer cette machinerie, il a dû augmenter son nombre de vaches, par exemple, puis acheter de la machinerie pour les traire, et acquérir d’autres terres pour le fourrage et ainsi de suite.

C’est ainsi que le travail artisanal du fermier s’est transformé en entreprise, ce qui peut signifier des millions de dollars d’investissement. Dès lors, la ferme n’appartient plus au fermier, mais plutôt au banquier. Et comme la marge de profit de cette entreprise est parmi l’une des plus basses, le fermier ne s’enrichit jamais. Et comment son fils pourra-t-il racheter la ferme familiale, le temps venu ?

ferme élevage économieLe Devoir a préparé un excellent dossier sur l’avenir de la ferme familiale, que l’on peut consulter sur son site Web. Et l’Office national du film (ONF) nous présente l’exemple réel d’un jeune fermier dans la quarantaine, surendetté, qui perd sa ferme et doit « réinventer » sa vie, comme on le dit dans la présentation.

Un enjeu de société qui nous concerne tous

La ferme familiale est menacée au Québec, ainsi que tout le mode de vie qui l’accompagne. Que feront ces populations de la campagne pour gagner leur vie ? Et par quoi remplacerons-nous ces fermes ? Par des mégafermes industrielles et impersonnelles ? À moins que nous comptions de plus en plus sur l’importation pour nous nourrir, comme nous le faisons déjà pour nos vêtements et tous les objets usinés ? Que nous restera-t-il, éventuellement, pour subvenir à nos besoins de base ? D’autre part, nous perdons graduellement nos terres agricoles, et rien ne peut stopper le dézonage, semble-t-il. Un avenir sombre pour notre agriculture ?

Heureusement qu’il y a, à l’opposé, de petites exploitations artisanales qui se développent autour de produits spécialisés se vendant plus chers. On pense aux fromageries, aux vignobles, aux producteurs de viandes biologiques ou de gibier. Ou alors aux serres, à l’agriculture urbaine, etc.

Cela représente une partie de la réponse, surement, mais il faut faire plus, pour le bien de notre société entière, et pas seulement pour la classe agricole. Nous avons pris pour acquise l’existence de la campagne traditionnelle où les citadins aiment bien se promener en vacances. Personne ne souhaite que ces lieux disparaissent. Mais pourtant, ils sont menacés, souvent, par l’extension des villes, l’étalement des grands centres commerciaux (avec leurs immenses stationnements remplaçant les pâturages) et le développement domiciliaire.

Logo_chronique 2 (ajusté)L’avenir de l’agriculture et de la ferme familiale au Québec doit devenir, pour nous tous, un enjeu de société prioritaire. Quitte à payer un peu plus cher nos aliments.

______________________

Voir l’excellent dossier sur l’avenir précaire de la ferme familiale dans Le Devoir et le film de l’ONF, Ferme Zéro.

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L’économie, un château de cartes ?

Attention fragile

Économie et justice sociale

Apparemment, les sciences économiques ne sont pas des sciences exactes, pas plus qu’elles ne sont infaillibles. Cela ressemble à une grande expérience planétaire dont personne ne connaît réellement les enjeux.

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossiers Économie, Environnement

D’un côté, des spécialistes qui s’opposent. De l’autre, ceux qui n’y connaissent rien, mais en subissent les conséquences. Un jeu dangereux que l’on joue les yeux bandés, pendant que les chiffres peuvent servir à cacher des injustices sociales.

Depuis longtemps, l’économie ne repose plus sur des valeurs facilement identifiables, comme le nombre de bêtes dans un troupeau, les bonnes terres pour l’agriculture, la qualité du bois dans la forêt. Des choses comme ça, bien concrètes, qu’on peut toucher de la main.

L’argent illusoire

crise économique économie finance financiaire financierToutes les valeurs ont été graduellement changées en une unité abstraite que l’on appelle « argent ». L’argent, au départ, reposait sur son équivalent en richesse : de l’or ou la richesse du pays en général. Maintenant, on ne sait plus tellement comment cela fonctionne.

Si, comme moi, vous n’êtes pas un spécialiste de l’économie, vous aurez l’impression que toute la richesse du monde repose sur peu de choses, qu’il s’agit d’un mirage. Ou d’un château de cartes qui peut tomber au moindre vent. Des spécialistes tentent de nous en expliquer le fonctionnement, mais les équations qu’ils nous proposent ne sont pas claires.

Économiser ou consommer ?

crise économique économie endettement finance financière financierÀ une certaine époque, il fallait économiser, faire des provisions comme la fourmi, l’abeille, l’écureuil. Mettre nos sous dans le petit cochon, plutôt que de les dépenser en bonbons. À cette époque, on ne prêtait qu’aux riches.

Ensuite, ce fut le contraire. On nous a demandé de consommer de plus en plus. Cela faisait rouler l’économie et créait des emplois. Lorsque nous n’avions plus les moyens d’acheter, on nous a débloqué des crédits. Cela sentait déjà un peu la fraude.

Et puis (oups !) les cartes du château se sont mises à tomber. On nous a dit d’arrêter de dépenser, de faire des économies pour nos vieux jours parce que l’État ne pourrait plus payer nos rentes. Mais les prix augmentent, les gens perdent leurs emplois. Ceux qui travaillent doivent augmenter leur productivité, payer plus d’impôts.

D’un autre côté, on doit baisser les impôts des entreprises pour attirer les investisseurs qui créent des emplois. Résultat : les riches s’enrichissent, les autres s’appauvrissent. Ce qui réduit du même coup leur capacité d’achat.

Endettement des ménages

économie crise économique finance financièreÀ cause de cela, il n’est pas possible, pour beaucoup, d’augmenter leurs économies. Au contraire, l’endettement des ménages canadiens dépasse maintenant de taux de 160 % du revenu disponible. Un taux semblable s’est traduit en crise immobilière aux États-Unis et au Royaume-Uni.

En même temps, les problèmes d’endettement des pays augmentent. On le voit aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Le seul remède à cet endettement, dit-on, est l’austérité. C’est-à-dire une plus grande misère pour beaucoup.

Mais les gens ne sont pas d’accord, ils sortent dans les rues. La situation devient « contre-productive », pourrait-on dire. Et puis, revirement : le Fonds monétaire international (FMI) surprend en proposant plus de souplesse dans les mesures d’austérité des pays (15 octobre 2012).

Les « naïfs ordinaires » que nous sommes ont parfois l’impression d’être à la merci des « experts » de toutes sortes. Comme des bouchons de liège sur l’océan, ballottés par les tempêtes. Or, comme les experts se contredisent souvent, il n’est pas facile de discerner le vrai du faux dans cette affaire.

L’économie n’est pas une science exacte, visiblement. La notion même de science exacte est déjà discutable, quand on sait qu’en physique, par exemple, on n’a pas encore trouvé une théorie unifiée qui s’appliquerait à tous les aspects de l’univers.

La vraie qualité de vie

Un des problèmes modernes, c’est qu’on a cru à l’objectivité des mathématiques et des sciences. Il y a quelques années de cela, il suffisait d’inviter un expert à la télévision pour nous dire qu’il n’y a aucun danger à utiliser le nucléaire ou tel pesticide, et le problème était résolu.

Cela ne fonctionne plus maintenant, parce que depuis longtemps on a compris que les experts n’avaient pas tous la même opinion. Dans l’affaire de Gentilly-2, on a vu s’opposer des scientifiques qui disaient, d’un côté, que les femmes enceintes devaient quitter Bécancour et qu’il ne fallait pas que les habitants consomment les légumes de leurs jardins – et de l’autre qu’il n’y avait aucun danger.

Tant que la science servait à justifier le travail de l’industrie et les politiques gouvernementales, on la tenait en haute estime. Maintenant qu’elle s’y oppose souvent, elle devient un peu moins crédible pour les pouvoirs qui l’utilisaient jusqu’alors.

La conception actuelle de l’économie dépend d’une croissance constante… comme dans le cas des ventes pyramidales. Mais on sait qu’il y aura toujours des perdants, dans ce genre de « fraude ». En fait, toute la conception économique actuelle est à revoir parce qu’elle repose sur des bases erronées.

Il est impossible de sauver ce château de cartes, et il nous faudra, en fin de compte, reconstruire l’économie mondiale sur des bases plus solides. Sur des bases qui respectent les lois naturelles et qui nous offrent une qualité de vie qui n’a rien à voir avec l’accumulation de biens matériels.

Dans une entrevue accordée au Devoir, le 16 octobre dernier, l’écologiste David Suzuki s’élève contre cette croissance sans frein :

Tout ce que nous faisons doit nous permettre de protéger la qualité de l’air, de l’eau et du sol. C’est la base. Ensuite, on peut se demander comment bâtir une économie en tenant compte de ces éléments essentiels. Mais ce n’est pas ce que nous faisons. Nous élevons l’économie au-dessus de tout en disant que tout le reste doit servir l’économie. Et la nature en paie le prix. C’est suicidaire.

Y a-t-il d’autres solutions ?

Pour être plus positifs, il faudrait parler de tout ce qui se fait de bien en marge de l’économie dominante. Des économistes dissidents qui travaillent à l’économie sociale ; des investissements responsables qui sont en pleine progression ; de l’entraide, de l’échange de produits et de services qui remplacent l’argent ; de l’austérité ou de la simplicité volontaire, et ainsi de suite. Nous y reviendrons dans une prochaine chronique.

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Une énergie propre… à partir de lisier odorant

Agriculture et énergie

Une énergie propre… à partir de lisier odorant

Quand la technologie peut aider à réparer les dégâts qu’elle a causés à l’environnement.

Normand Charest – Chronique Valeurs de société, dossier Environnement

L’élevage intensif du porc produit une énorme quantité de lisier malodorant. On s’en rend bien compte, lors de l’épandage de ce liquide sur les terres agricoles. En circulant sur les routes en été, cette puissante odeur nous contraint de fermer les fenêtres de la voiture. Ce que ne peuvent pas faire les cyclistes, les piétons et tous les habitants de ces régions. On les plaint.

Certes, on peut dire que ces déchets sont compostables et qu’ils peuvent enrichir les sols. C’est vrai en principe, et en plus petites quantités. Comme dans le cas du porc familial que l’on élevait dans nos familles autrefois.

Mais en trop grandes quantités, ces déchets peuvent causer des problèmes. À cause du surplus de phosphore et de leurs bactéries qui contaminent les cours d’eau et les eaux souterraines (la nappe phréatique). Ce qui peut vouloir dire la contamination de l’eau des puits.

Une solution écologique au lisier de porc

Une solution à ce problème pourrait être apportée par des chercheurs qui ont mis au point une « biopile » capable de produire de l’électricité à partir d’une bactérie contenue dans le lisier de porc.

La chose peut sembler bien surréaliste, mais il s’agit pourtant d’une découverte réelle et fonctionnelle. Une réalité bien sympathique, qui change un peu notre façon habituelle de considérer la technologie.

En effet, depuis le 19e siècle, l’évolution technologique était trop souvent synonyme de pollution, de destruction de l’environnement et, par le fait même, de notre qualité de vie. La vie dans nos villes grises nous a fait rêver à un passé en partie illusoire. Et à un retour aux sources, aux outils simples de nos ancêtres qui ne fonctionnaient pas au pétrole.

Dans les années 1950, beaucoup de citadins se construisaient des chalets dans la forêt, de préférence près d’un lac, pour y revenir à la vie simple, à l’eau du puits pompée à la main et au feu de bois. Du moins, durant leurs vacances.

Combattre le feu par le feu

Mais comme l’on doit parfois combattre le feu par le feu, la technologie d’aujourd’hui et de demain pourrait aussi corriger les lacunes d’une technologie plus ancienne. C’est ce qui arrive avec cette découverte d’une « biopile » fonctionnant à partir de lisier de porc. Transformer un déchet encombrant en énergie utile, cela mérite notre considération. Il s’agit d’une technologie prometteuse dont nous allons suivre l’évolution.

Les exemples de cas où la technologie peut aider à réparer les dégâts qu’elle a causés à l’environnement, plutôt que de lui nuire encore plus, sont encourageants. Comme lorsque l’on cultive biologiquement des légumes en serre, sur le toit des édifices des villes où ils seront consommés. Plutôt que de faire venir ces légumes de loin par les routes, à grands frais de pétrole. On se réjouit de ces découvertes, qui offrent dès maintenant de l’espoir pour l’avenir.

Références

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Comment soutenir un fermier face à la crise économique

Merci de visiter notre Boutique équitable

L’agriculture soutenue par la communauté

Paniers de fruits et légumes

Avec la crise économique qui sévit, Équiterre invite les citoyens à soutenir un fermier du Québec et ainsi recevoir un panier hebdomadaire de fruits et légumes cultivés dans le respect de l’environnement.

Texte fourni par Équiterre  Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire

Avec 390 points de chute et 115 fermes à travers le Québec, le réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) est le plus important du genre au monde. Il permettra, encore cet été, à plus de 32 000 citoyens d’avoir accès à des produits frais, sains et locaux.

Une formule pour faire face à la crise

À toutes les semaines, cinq fermes cessent leurs activités au Québec. Pourtant, si chaque consommateur achetait à chaque semaine 20 $ supplémentaires de produits du Québec, plus de 100 000 emplois seraient créés chez nous. « L’Agriculture soutenue par la communauté est un commerce direct qui permet aux fermes, souvent de petite taille, de bénéficier de 100% du montant investi par les citoyens, et ainsi, de créer ou de conserver des emplois en agriculture », explique Isabelle Joncas d’Équiterre, qui ajoute que près des trois quarts des légumes biologiques consommés au Québec sont importés.

Sans pesticide, 100% québécois

« Lorsque les citoyens deviennent partenaires d’une ferme du réseau, ils s’assurent de recevoir des aliments 100% savoureux, locaux et exempts de pesticides. En ASC, les produits sont récoltés la journée même ou la veille de la livraison; ils ont donc un goût incomparable car ils sont récoltés à maturité.  On redécouvre ce que goûte véritablement une carotte de jardin ! Il faut aussi garder en tête les avantages de manger des aliments sans pesticides. Quand on sait que la quantité de pesticides contenue dans le corps des enfants provient à 80%des pesticides présents dans l‘alimentation, on se rend compte aisément de l’importance de faire les bons choix », conclut-elle.

Une formule appréciée du public

Les gens apprécient connaître la provenance des aliments qu’ils consomment. « Habitant en ville, le lien direct avec le fermier permet à ma famille de garder un contact avec la réalité de la campagne. Étant de nouveau enceinte, je compte renouveler l’expérience des paniers de l’ASC cet été. Ça me rassure de connaître la provenance des aliments que moi et mon bébé consommons. Un corps et une planète en santé, c’est un héritage qui n’a pas de prix », explique Marie-Eve Plamondon partenaire d’une ferme de l’ASC.

Facile d’adhérer à la formule

Le principe de base de l’ASC est que le citoyen s’engage à l’avance auprès de la ferme en achetant au printemps sa « part » de récolte qui lui sera livrée à l’été et à l’automne. Ainsi, le citoyen et la ferme partagent ensemble les risques et les bénéfices de la saison à venir. Différents formats de paniers sont disponibles fournissant chaque semaine aux partenaires entre 6 et 12 variétés de légumes pour une période allant de 12 à 22 semaines. Des viandes d’élevage biologique et autres produits sont aussi disponibles sur demande auprès de certaines fermes du réseau.

Les citoyens qui désirent soutenir un fermier de famille peuvent se rendre sur le site d’Équiterre pour avoir plus d’information et pour identifier la ferme qui livre le plus près de chez eux ou du lieu de travail: http://www.refletdesociete.com/environnement.html

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Enfants-soldats; de la guerre à la rue

Les anges de la guerre

Les enfants de la rue en Amérique Centrale…

Séjour avec le traffic sexuel

Pistes cyclables du Québec et de l’Europe

Misericordia, mode équitable et bioéthique

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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Un réfugié immigre au Saguenay

Immigration et réfugié en région

Immigrant réfugié au Saguenay

Ses phrases sont courtes, son français… impeccablement québécois! Son arrivée a été ardue mais, trois ans et demi plus tard, on la sent optimiste.

Dominic Desmarais,   Dossier Immigration

C’est qu’on lui a facilité la tâche, à son arrivée «En descendant de l’autobus, on a rencontré quelqu’un qui parlait espagnol. C’était vraiment bien!» À l’entendre, on se croirait en août 2002. Son soulagement est sincère. «Ensuite, quelqu’un de l’immigration nous a parlé de la région. Puis, les gens du SEMO nous ont aidés pour les vêtements, le logement. Pendant sept jours, il y avait quelqu’un avec nous tout le temps. Qui parlait espagnol.»

immigration

Immigration au Saguenay

Montréal accueille le gros de l’immigration au Québec. Mais la métropole ne pourra à elle seule recevoir cet afflux. Au Saguenay, on travaille pour faire sa part. Et si la solution à l’intégration des immigrants passait par nos régions?

Nayeth Bustos, jeune colombienne de 28 ans, est arrivée à Jonquière à l’été 2002 en tant que réfugiée. Elle a quitté sa terre natale avec 11 membres de sa famille. Personne ne parlait français, voire même l’anglais. C’est le Canada qui a décidé de les envoyer au Saguenay – Lac-Saint-Jean.

De la Colombie à Jonquière

Escale à Atlanta, passage obligé vers Ottawa, envoyés à Montréal pour y prendre le bus, Nayeth et sa famille débarquent à Jonquière 30 heures après avoir tout quitté. Sa vie change à toute vitesse.

La fuite de son pays, son arrivée dans un lieu qu’elle ne connaît pas, dont la culture et la langue sont inconnues. En foulant le sol de Jonquière, Nayeth est désespérée. «On ne comprenait rien. On a tout laissé en Colombie. Tout ce que nous avions était dans nos valises… Nous sommes partis de Bogota, une ville de 12 millions. On trouvait Jonquière trop tranquille…»

Service externe de main-d’oeuvre (SEMO) du Saguenay

Le SEMO, le service externe de main-d’œuvre du Saguenay, est un organisme sans but lucratif qui aide les exclus du marché du travail. Il a développé une expertise auprès des handicapés, des jeunes, des chômeurs de longue durée et des immigrants.

Omar Chafik, conseiller en gestion des opérations pour le SEMO concède qu’il est difficile, pour ces immigrants, de s’installer en région.. «Ça ne se fait pas facilement, car ce sont des réfugiés. Ils vivent un deuil d’avoir quitté leur pays. Ce n’est pas évident.»

Intégration d’un immigrant

Première étape d’intégration, apprendre le français. Ensuite, trouver un emploi. «Quand ils sont réfugiés, ils n’ont pas apporté leurs diplômes. On fait des entretiens avec eux, puis on va voir les employeurs. Même pour les immigrants francophones, la mentalité par rapport au travail, est différente ici. Ils sont initiés aux attentes des employeurs de la région», explique M. Chafik.

Le Dr Claude Déry participe à ce volet. Dans sa clinique, il a accueilli trois immigrants, médecins de leur métier, pour leur offrir un stage d’observation. «Dans notre secteur, on manque de médecins. Comme partout au Québec. Les médecins des autres pays doivent refaire une partie de la formation au Collège des médecins. Pour eux, c’est très difficile en raison du problème de la langue.» Le Dr Déry parle lentement, pesant ses mots. «En même temps qu’ils apprennent la langue, ils voient comment on fonctionne au niveau de la pratique. Ceux qui sont venus ont bien aimé la partie médicale. Ils ont bien aimé Jonquière. Mais la difficulté, c’est leur famille, qui habite ailleurs.»

Le Dr Déry apprécierait compter sur un médecin parlant espagnol. Les immigrants arrivent de façon régulière, sa pratique se complique. «Ce n’est pas facile, parce que la médecine peut être nuancée, subtile. Ce n’est pas évident avec un interprète», pose-t-il comme diagnostic.

De ses trois stagiaires immigrants, l’un aurait réussi ses examens et attend de dénicher une place en résidence. «On espère qu’il reviendra dans la région. Mais s’il ne revient pas, on l’aura aidé à faire un petit bout de chemin.»

Des immigrants compétents

Au SEMO, on cherche des immigrants possédant des compétences en foresterie, agronomie, agriculture, informatique. Des domaines où les besoins sont plus grands au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pas question de prendre les emplois des Québécois de souche.

«Nous sommes très sensibles à la perception de l’immigration chez les Québécois de souche. À court, moyen et long terme. Nous n’essayons pas d’attirer n’importe qui. On ne va pas concurrencer là où les emplois sont déjà comblés. Sinon, ce ne serait pas utile pour la région, le Québec et pour l’immigrant», affirme M. Chafik, pour qui mieux vaut progresser lentement dans l’intégration des immigrants plutôt que de tout faire de travers. «Pour nous, ce serait un échec, qu’ils ne trouvent pas d’emploi et retournent à Montréal.»

Un emploi pour un réfugié

L’emploi semble le facteur déterminant pour éviter l’exode des immigrants. «Ce n’est pas facile trouver de l’emploi, en région. Plusieurs immigrants ont quitté à cause du manque d’emploi. Après trois mois, certains quittent. Certains le font  même dès leur arrivée…» raconte Nayeth, qui avoue avoir pensé, avec son compagnon de vie, quitter Jonquière. «Mais on a eu des enfants. Pour nous, c’est beaucoup mieux d’habiter en région. Avec les petits, c’est plus facile de trouver une garderie.»

Nayeth a persévéré. Du groupe de 11 personnes avec qui elle a fui la Colombie, ne reste plus que son père, son frère et son petit ami. «On en avait parlé, en Colombie, qu’on resterait au Saguenay jusqu’à la fin. On a travaillé fort pour s’intégrer. C’est pour ça qu’on a créé Matéo Boutique, dit-elle, avec fierté. Parce qu’on aime la région, on a pensé à ça. Pour rester en région.»

Matéo Boutique est une coopérative artisanale fondée par son père, son frère, son chum – comme elle l’appelle – et elle. Le paternel concevait des articles artisanaux de cuir en Colombie, ils se sont mis à la confection de portefeuilles et sacs à main, notamment. «On a commencé le 4 mai. On a aussi une boutique, pour vendre ce qu’on fait. Maintenant, nous avons un vendeur pour la boutique. Un Québécois!» Au téléphone, son sourire s’entend. Pour cause. Elle, partie de loin, s’est intégrée au point de donner un emploi à une personne de la région.

Les difficultés d’immigrer en région

Nayeth est consciente de la difficulté, pour un immigrant, de s’installer en région. Elle s’implique aujourd’hui au sein d’un atelier pour femmes immigrantes. «Pour briser l’isolement. Une fois par semaine, on se rencontre. On avait toujours quelqu’un du SEMO, mais pour des questions administratives», explique-t-elle.

Depuis 1998, plus de 650 immigrants d’âge adulte ont élu domicile dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, affirme M. Chafik, du SEMO. Le taux de rétention avoisinerait les 65%, selon lui. Pas assez vite? «Vous vous rendez compte si on créait des ghettos en région? C’est pour ça qu’on y va lentement. On crée une dynamique positive. Mais sans l’ouverture du Québec, on n’y arriverait pas», prétend le conseiller du SEMO.

L’exemple de Nayeth est encourageant. L’intégration est possible. La jeune Colombienne poursuit son rêve. «J’étais professeur d’histoire, en Colombie. J’ai commencé les démarches. Le ministère a reconnu mon bac. Je dois passer le test de français pour être professeur. Je sais que ça va prendre du temps, mais mon rêve est de devenir professeur à Jonquière.»

Elle a fui son pays à 25 ans, composé avec un environnement dont la langue et la culture lui étaient totalement étrangères, créé son propre emploi, mis au monde ses deux enfants au Saguenay. Beaucoup de chemin parcouru. Peut-on douter de sa capacité à atteindre son rêve? Poser la question, c’est y répondre.

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Enfants-soldats: traumatismes de guerre

Enfants-soldats

Traumatismes de guerre

Le suivi et l’aide psychologique, pour apaiser le traumatisme de la guerre chez les enfants du centre de réintégration de Kabala au Sierra Leone, vient des six enseignants et des quatre aides pédagogiques. En plus de leur fonction d’enseignant, ils suivent personnellement 15 jeunes chacun. Ils font un suivi journalier afin de savoir ce qui va ou non chez leurs protégés.

Dominic Desmarais, Dossier Enfants-soldats, International

sierra leone enfants rue enfant soldat jeunesLansana est agriculteur de formation. C’est justement le métier qu’il enseigne. Il parle devant un champs en labours, autour duquel travaillent ses dix étudiants. Cet homme a reçu une formation de deux semaines avant de travailler pour le centre. Insuffisant, concède le superviseur du centre. Lansana et ses collègues doivent intervenir auprès de jeunes qui sortent traumatisés de la guerre. Ils apprennent sur le terrain. Des intervenants sans formation, confrontés aux pires cas.

Comme cette fois, avec Fatmata, l’une des protégées de Lansana. Enlevée par les rebelles de 1994 à 2000, elle est devenue plus que soldat. Elle est tombée enceinte. «Elle a accouché dans la jungle prématurément, à 10-11 ans. Elle a accouché d’organes, de sang. Pas d’enfant», résume l’agriculteur.

Fatmata a eu des problèmes de santé. À la fin de la guerre, elle a reçu des soins avant sa réintégration à la vie civile. Les médecins lui conseillant de ne pas avoir de relation sexuelle pour les prochaines années.

«Elle était avec nous en 2004, notre première cuvée, se rappelle Amadu, responsable du centre. Elle était dépressive. Quand les jeunes s’amusaient, elle restait seule, déprimée. J’ai envoyé Lansana pour qu’il trouve ce qui n’allait pas. Pendant deux jours, rien. Je l’ai invité dans mon bureau. Elle était enciente de 2 mois. Elle venait de l’apprendre. À la fin de la guerre, quand le Docteur l’a réparée, il lui a dit de ne pas tomber enceinte pour les prochaines années en raison de l’opération. elle était terrifiée.»

Médecins sans frontières, alors présent dans la province, a écouté Amadu. Il leur a raconté toute l’histoire. « Un problème mineu pour eux. Elle a mis au monde un garçon en toute sécurité. » Le souvenir redresse Amadu. Sa fatigue se dissipe pour faire place à un enthousiasme renouvelé. C’est ainsi que fonctionne le centre de réintégration de Kabala. Le coeur compense le manque de formation.

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