La démocratie, le scrutin proportionnel et le manque de couilles des partis politiques

Élections provinciales 2012

Les mensonges des partis politiques

En 2003, Jean Charest, Bernard Landry et Mario Dumont s’étaient engagé à instaurer le scrutin proportionnel au Québec.

Raymond Viger | Dossier Politique

Depuis 2003, Jean Charest ne cesse de  »gouverner » majoritairement le Québec avec parfois seulement 24% des votes. C’est une des grandes lacunes de notre système politique actuel. C’est une des raisons pour laquelle plusieurs citoyens ont décroché de la politique. Seulement 57% des électeurs ont été voté aux dernières élections.

Une monarchie élective

Avec un gouvernement majoritaire qui peut faire ce qu’il veut, comment peut-on prétendre être un état démocratique? Un gouvernement majoritaire, c’est un gouvernement qui peut se faire élire avec une série de menteries qu’il ne sera même pas tenu de respecter. Parce que le gouvernement n’est pas imputable. Il nous promet n’importe quoi et il fait ce qu’il veut.

Le seul pouvoir qu’on laisse aux citoyens c’est de placer un X à côté du nom d’une personne ou de son parti politique. Après, la démocratie va se coucher pour les 4 années suivantes. Que nous ne soyons pas d’accord avec les orientations que prend le gouvernement en cours de mandat, nous sommes impuissants, sans aucun outil démocratique pour faire changer la donne.

Le gouvernement peut vendre le Mont Orford aux amis du pouvoir, il peut vendre nos ressources naturelles autant dans le Grand Nord qu’aux Îles de la Madeleine… Le gouvernement peut, en toute impunité, dépouiller le Québec à son avantage personnel et personne ne peut rien faire.

Ni les partis d’opposition, ni les journalistes, ne peuvent changer la situation devant un gouvernement majoritaire. Tout comme le simple citoyen, ils sont impuissants devant un gouvernement qui peut déraper comme il le veut.

Un système politique désuet et dépassé depuis plus d’un siècle

Notre système politique facilite la fraude, sous toutes ses formes. Depuis 1908, notre système politique est décrié. Depuis 1908, différents penseurs proposent de changer notre système politique pour le rendre plus démocratique et le diminuer sa vulnérabilité aux fraudes et aux mainmises sur le pouvoir. Parce qu’il n’est pas logique de donner le contrôle absolu du pouvoir à un parti politique qui ne reçoit que 24% des votes.

Des aberrations peuvent survenir tel que l’Union Nationale qui en 1944 et en 1966 avait pris le pouvoir majoritaire avec moins de votes que les libéraux! René Lévesque avait connu ce genre d’expérience lorsqu’en 1970, avec 23% du suffrage, il n’obtient que 7 députés élus. En 1973, avec 30% des votes, il n’en obtient que 6! Quand on pense que Jean Charest a obtenu un gouvernement majoritaire avec 24%, notre système politique en est renversante.

Les promesses des politiques non respectées

En 1998, quand Lucien Bouchard a pris le pouvoir au détriment du Parti Libéral, le nouveau chef du Parti Libéral, Jean Charest s’est fait un ardent défenseur d’un changement de système politique. Dès la création du Parti Québécois, son programme incluait de changer notre système politique.

Jean-Pierre Charbonneau et Claude Béland ont été responsable des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques. Jean-Pierre Charbonneau a été journaliste et homme politique, ministre et président de l’Assemblée nationale. Claude Béland a été le président du Mouvement Desjardins. Un rapport a été déposé en 2003 proposant le scrutin proportionnel mixte.

Les chefs politiques Jean Charest, Bernard Landry et Mario Dumont ont endossé les changements proposés dans le mode de scrutin. .

On aurait pu penser qu’avec cette volonté politique commune, un changement dans notre système politique aurait déjà été fait et terminé. Malheureusement, non. Nous sommes encore dans un statu quo. Le Parti Québécois a même enlevé de son programme cette volonté de changer le mode de scrutin.

Parce que les partis politiques s’engagent avec des paroles en l’air. Parce que les partis politiques font des changements en fonction de ce qui les avantagent.

Jean-Pierre Charbonneau dans ses différentes allocutions cite Louis-Joseph Papineau l’Institut canadien en 1880:

Il n’y a pas de gouvernement légitime s’il n’est pas l’émanation de la majorité du peuple.

Ce n’est malheureusement que dans d’extrêmement rare cas que notre système de scrutin nous ait permis d’avoir des gouvernements légitimes.

Références

Pour que chaque vote compte – la proportionnelle mixte

La proportionnelle mixte pour :

  • rétablir la confiance envers le processus électoral et les élus;
  • corriger les trop grandes distorsions entre les votes reçus par chaque parti et le nombre de candidats élus;
  • éviter les renversements de volonté populaire, où le parti qui remporte le plus de votes n’est pas celui qui obtient le plus de sièges (comme en 1944, en 1966 et en 1998);
  • améliorer les chances des petits partis d’être représentés;
  • respecter le sentiment d’appartenance régionale des citoyens.

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Publicité de Jean Charest: détournement de fonds et conflit d’intérêt

Corruption sociale

Corruption, détournement de fonds, conflit d’intérêt… voici un court résumé de ce que je pense de la publicité pré-électorale du Premier ministre Jean Charest.

Raymond Viger | Dossiers Politique, Jean Charest

jean charest premier ministre publicité télévisionTout le monde doit avoir vu cette publicité du Premier ministre Jean Charest nous expliquant sa vision du rôle de premier ministre. Tout le monde doit l’avoir vu parce qu’elle passe et repasse à la télévision comme si le budget publicitaire de Jean Charest n’avait pas de limite.

Mais d’où provient cet argent qui sert à promouvoir Jean Charest? Une annonce payé par le parti Libéral dit-on à la fin de ce commercial. Cette caisse du parti Libéral qui se nourrit des dons fait par les petits amis du pouvoir. Des dons que certaines entreprises font pour avoir un lien indirect sur le pouvoir. Une sorte de dette morale que des entrepreneurs tentent de créer sur le parti Libéral et son chef Jean Charest.

Mettons que Jean Charest n’a pas pigé dans l’argent de nos taxes pour faire cette publicité qui ne cesse de nous envahir à la télévision. Le temps et l’énergie qu’il met à nous vendre l’idée qu’il serait le meilleur premier ministre pour le Québec, pendant ce temps-là, il ne gère pas les affaires de l’État. Il pense à sa réélection. Conflit d’intérêt sur l’utilisation du temps du Premier ministre.

La question qui tue

jean-charest-publicite-tele-premier-ministre-parti-liberalGardons en tête l’hypothèse que les tonnes et les tonnes de commerciaux de Jean Charest n’ont pas été payé par nos taxes. Qui a payé pour la conception et la réalisation, qui paye les relationnistes qui tentent de vendre l’image de Jean Charest pour les prochaines élections? Des salariés de l’État avec nos taxes ou à partir des enveloppes bien garni des amis du pouvoir?

Ce n’est pas la première fois que les publicités de Jean Charest et du parti libéral font parler d’elles. Il y avait eu l’histoire rendu publique d’un don de Jean Charest à une famille éprouvée. Sans compter les tonnes et les tonnes de publicité radio que Jean Charest nous a déjà servi. Ou encore des demandes de publicité gratuite pour Jean Charest en échange de subventions… qui elles sont payées à même nos taxes!

Un, deux, trois, GO… je suis déjà parti

Même si toutes les dépenses reliées aux tonnes de publicité télévisée que nous sert le Premier ministre Jean Charest soit effectivement payé par le Parti Libéral du Québec, ce sont des publicités électorales. Pourquoi le parti au pouvoir, qui décide de la date des prochaines élections, se permet de lancer sa campagne avant les autres? Pourquoi les dépenses reliées à ces publicités ne sont pas comptabilisées dans les montants alloués par le directeur général des élections?

Autant de questions qui soutiennent ma théorie que notre système politique a besoin d’une réforme complète et majeure pour éviter les abus de toutes sortes qui y règnent. Une réforme pour rendre la politique juste et équitable? Est-ce possible dans ce monde de décideurs et de gérants de gros portefeuilles?

Et pendant ce temps, j’entends encore la publicité de Jean Charest à la télévision. Il termine en disant qu’il a fait le choix de la responsabilité. Reste à voir comment on définit la responsabilité!

Caricature de Jean Charest par Renart L’Éveillé.  Photo de Jean Charest provenant de sa page Facebook

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