Vivre avec l’anorexie

Vivre avec l’anorexie

«Je suis une survivante.» VéroniKaH est anorexique depuis 35 ans et elle fait partie des 3% de cas chroniques. Il faut en moyenne 4 ans pour soigner une personne anorexique, et au-delà de cette durée, on parle de chronicité.

Louise Marchand    Dossier Santé, Anorexie

Malgré que VéroniKaH vive avec sa maladie depuis de nombreuses années, elle est mariée, mère de trois enfants et se dit épanouie. Elle est l’auteure de Ce qui ne tue pas rend plus fort, au-delà de la peur et de la honte.

Longue histoire

anorexie trouble de l'alimentation anorexique rester mince, maigrir régime Initialement provoquée par un besoin de se révolter contre ses parents à ses 14 ans, la maladie de l’artiste a dégénéré par la suite, devenant un moyen pour elle de se détruire. Elle commence à exercer un contrôle constant sur son poids, car pour elle «l’anorexie c’est ça: c’est avoir le contrôle. C’est pas à propos de la bouffe, c’est le contrôle.»

VéroniKaH avait l’impression que ses parents contrôlaient toute sa vie, et son poids était la seule chose sur laquelle elle avait de l’emprise. Pendant des années, elle alterne des phases de privation avec d’autres de boulimie, lorsqu’elle est obligée de manger (devant ses parents notamment). Le contrôle qu’elle exerce sur son corps lui permet, à l’époque, de se sentir en sécurité, à l’abri des conflits et des responsabilités, grâce à son corps de petite fille.

«C’est pas la faute de la société. L’anorexie, c’est quelque chose de personnel.» Dans son cas, la maladie n’est pas provoquée par l’envie de ressembler aux standards de beauté véhiculés par les médias, mais par le besoin de détruire son propre corps, de se faire du mal. Ce comportement est une réaction à une souffrance personnelle, qui pour l’artiste n’a rien à voir avec la société.

Il y a quelques années, après une hospitalisation dans un état très grave (elle ne pesait que 36 kilos), VéroniKaH a une prise de conscience, et décide de ne plus se laisser dominer par sa maladie. En même temps, elle redécouvre la peinture et prend une décision: après des années passées à détruire son corps et à se faire du mal, elle choisit de faire attention à sa santé. Pour cela, VéroniKaH fait régulièrement des analyses et elle est en forme. C’est important pour l’artiste désormais, car elle a des choses à accomplir.

Mais elle ne veut pas changer pour autant et se déclare à l’aise avec l’image de son corps: «Je ne veux pas être normale, je suis bien là-dedans, sinon je changerais. Je ne veux pas ressembler à une femme, et ça me va bien de ne pas avoir de formes.» Elle admet se cacher encore derrière son corps de petite fille, car cela reste une sécurité pour elle. Mais elle ne met plus sa santé en danger pour autant.

Soutien familial

anorexie trouble alimentation régime rester mince maigrirVéroniKaH est soutenue par sa famille. Ses trois enfants l’appuient, et sont en accord avec la publication d’un livre pour raconter son histoire: «Mes fils sont fiers de moi.» Elle reconnaît que ce soutien l’a aidée à reprendre le contrôle sur sa vie et sur son propre bonheur. Mais ses parents, inquiets, ont eu plus de difficultés à comprendre son mode de vie. Leurs relations se sont améliorées depuis qu’ils ont réalisé que la vie de leur fille n’est plus en danger, et qu’elle est heureuse ainsi.

Quant à son mari, il l’a acceptée et soutenue depuis le début de leur relation, il y a 28 ans. C’est lui qui l’a poussée à exercer la peinture à plein temps, ce qu’elle fait depuis quelques années maintenant. VéroniKaH aime rappeler que la peinture lui a sauvé la vie dans sa bataille contre l’anorexie. Cela l’a apaisée et lui a permis de reprendre le contrôle sur sa maladie: «Toutes mes émotions sont projetées dans mes toiles, dans ma peinture, et après je me sens déchargée. Quand ça ne va pas je peins et après je vais beaucoup mieux.» L’artiste est désormais épanouie dans sa vie et dans son travail.

Partager

VéroniKaH publie son livre pour partager son histoire et pour parler ouvertement de l’anorexie: «Je pense que ça peut aider des gens de parler de cette maladie. En plus, à travers ce livre je peux en parler aux jeunes parce que je l’ai vécu, mais je peux aussi en parler aux parents parce que je suis une mère.» Elle veut aider d’autres personnes à «apprendre à s’aimer».

Après 35 ans de maladie, elle estime être passée par toutes les phases de l’anorexie, et malgré sa non-rémission, elle pense pouvoir aider d’autres personnes dans l’acceptation et la guérison.

Bien que VéroniKaH arrive à vivre de manière épanouie malgré sa maladie, elle rappelle qu’elle est une exception. Ses médecins sont encore surpris qu’elle n’ait pas de graves problèmes de santé. Elle ne souhaite pas minimiser les dangers de l’anorexie, mais veut plutôt partager avec les autres son optimisme, en montrant que l’anorexie n’empêche pas d’aller au bout de ses rêves. Comme elle le dit: «Mon corps n’est pas guéri, mais mon cœur et ma tête le sont.»

Mireille Deyglun

La préface du livre de VéroniKaH est signée par Mireille Deyglun, comédienne et animatrice québécoise, également connue pour son engagement dans différentes causes (lutte contre l’homophobie, aide aux déficients intellectuels…).

Les deux femmes se sont rencontrées en 2012 lors d’une soirée en faveur de l’hôpital Ste-Justine où l’artiste exposait ses toiles. Mireille a souffert de boulimie par le passé, et elle s’est reconnue dans l’histoire de VéroniKaH. Lorsque celle-ci lui a demandé d’écrire la préface, elles ont passé des heures à parler avant qu’elle n’accepte. Mireille a apprécié que Ce qui ne tue pas rend plus fort rende compte du mal de vivre que l’on peut ressentir lorsque l’on souffre de troubles alimentaires.

Perdre du poids sans mettre en danger sa santé?

régime minceur maigrir trouble de l'alimentation anorexie rester minceLes offres d’aide au régime ne manquent pas: nous sommes envahis de publicités vantant les mérites de méthodes de perte de poids rapide. Elles sont reconnues pour être inefficaces à long terme, car le poids perdu est repris et entraîne une démotivation de l’individu. Certains régimes peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé. Sans parler de véritables troubles alimentaires, la privation est mauvaise pour l’organisme, et peut entraîner des carences.

Il est donc déconseillé de suivre un régime basé sur la privation. Le plus important lorsque l’on veut perdre du poids est de manger équilibré, avec plaisir, et surtout sans culpabiliser. Manger trois repas complets par jour est primordial. La frustration entraînée par la privation est nocive, il faut donc manger à sa faim, sans abuser. Le plus important est de manger équilibré: varier les fruits, légumes, viandes…

Il existe, par exemple, le régime dit méditerranéen. Il consiste à séparer son assiette en trois parties: les légumes (moitié de l’assiette), la viande et ses substituts tels que le poisson ou les œufs (un quart de l’assiette), et les féculents comme le pain ou le riz (un quart de l’assiette). Il est important de rajouter à cela des fruits et des produits laitiers. On peut ainsi manger à sa faim. Et surtout, ce régime permet la perte de poids sur le long terme, sans privation, et sans danger pour la santé. Mais le plus important reste de manger avec plaisir.

Autres textes sur l’Anorexie:

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet:http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Publicités

L’anorexie, Docteur Wilkins et les troubles de l’alimentation

L’anorexie et le docteur Wilkins

Troubles de l’alimentation pour adolescents

Nadège (nom fictif) avait 18 ans la première fois qu’elle a rencontré le docteur Wilkins, pédiatre spécialiste des troubles de l’alimentation chez les adolescents au CHU Ste-Justine. Une amie de la jeune fille l’avait amenée alors qu’elle était elle-même patiente. Nadège était dans un état de décharnement extrême, elle souffrait d’anorexie mentale.

Louise Marchand Dossiers HypersexualisationAnorexieSanté mentale, Santé.

anorexie trouble de l'alimentation anorexique santé mentaleLors de leur rencontre, le Dr Jean Wilkins a compris le besoin urgent de l’hospitaliser, car sa vie était en danger, mais elle refusait de se faire examiner. Plutôt que de la forcer, le médecin lui a laissé le choix de revenir quelques jours plus tard avec sa mère pour être admise à l’hôpital. Ce risque a payé: elle est revenue et a accepté de se faire soigner.

Selon le Dr Wilkins, établir un lien de respect et de confiance avec ses patients est le premier pas vers la guérison. Après un long processus pour sortir de la maladie, Nadège a réussi à reprendre du poids. Elle a suivi des études d’infirmière et a fait un stage au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Ste-Justine.

L’anorexie est une maladie mentale répandue, particulièrement chez les femmes et les jeunes filles. Les personnes touchées se privent de nourriture dans le but de perdre du poids, et ce jusqu’à l’extrême, quelquefois en mettant leur vie en danger.

Causes

hypersexualisation anorexie trouble de l'alimentationContrairement à ce que l’on pensait dans les années 70, l’anorexie n’est pas provoquée par un entourage familial problématique ou par une faiblesse de la personne touchée. Elle est en fait le résultat de facteurs biologiques, psychologiques, et sociaux.

Le Dr Howard Steiger est directeur du Programme des troubles de l’alimentation et psychologue à l’Institut Douglas à Montréal. Il est spécialiste des troubles alimentaires chez les adultes: «Il y a une base biologique assez importante et héréditaire, les troubles alimentaires courent dans les familles, chez les jumelles identiques par exemple. Mais les gènes ne sont pas déterminants, ils se contentent d’être allumés par des facteurs environnementaux.» Donc une personne peut posséder des prédispositions génétiques à l’anorexie, mais cela ne suffit pas. Ces facteurs génétiques doivent entrer en contact avec des éléments de l’environnement social de la personne (famille, école, travail…), ajouté à un élément déclencheur.

Ce déclencheur varie selon les individus et selon l’âge: il s’agit généralement du commencement d’un régime pour les adultes ou du début de l’adolescence pour les plus jeunes. Le Dr Wilkins travaille au CHU Ste-Justine depuis 1974 et y a créé la section de médecine de l’adolescence. Selon lui, lorsque certains enfants arrivent à la puberté, ils tombent dans l’anorexie pour éviter de grandir et empêcher les transformations associées à l’adolescence. L’anorexie bloque certains changements physiques (le développement des formes, les règles…) et stoppe la croissance. Le docteur considère l’anorexie comme une impasse dans leur vie et leur développement personnel: «Pour certaines adolescentes, l’anorexie permet de mettre tout en pause, comme si tout allait trop vite dans leur vie. Mais c’est un véritable piège.»

Hypersexualisation

anorexie santé mentale troubles de l'alimentationL’hypersexualisation et le culte de la minceur dans les médias ne causeraient pas directement l’anorexie. Selon le Dr Wilkins, «tout le monde peut être touché, influencé par ces images. Mais la cause première de l’anorexie ce n’est pas ça, même si ça peut contribuer.»

Au contraire, pour le Dr Steiger, cela jouerait un rôle: «Il y a une biologie derrière les troubles de l’alimentation et une psychologie aussi, mais si on peut réduire les pressions de notre culture sur les personnes, on va réduire l’incidence de ces troubles, alors ça vaut vraiment la peine d’essayer.»

Il rappelle également «qu’on ne devient pas anorexique si on ne commence pas un régime, il faut un élément déclencheur». En effet, quelles que soient les influences biologiques et génétiques, on ne devient pas anorexique si l’on ne commence pas à se priver. On ne peut pas agir sur les facteurs biologiques, mais si l’on peut réduire les pressions sociales liées au poids, certains ne commenceraient alors pas de régime et ne deviendraient pas anorexiques.

Le Dr Steiger était coprésident du comité de travail de la Charte québécoise pour une image saine et diversifiée. Cette charte a pour objectif de lutter contre le culte de la minceur en encourageant les industries (productrices d’images dans l’espace public) à présenter une plus grande variété de modèles corporels: «C’est très inspirant de voir que des gens qui sont influents dans leur industrie, que ce soit la mode ou les médias, reconnaissent qu’ils sont bien placés pour avoir un impact positif au niveau de l’introduction de l’appréciation des corps divers et de l’importance de la diversité.»

Traitements

La maladie étant à la fois causée par des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, le traitement doit lui aussi comporter plusieurs aspects. D’un point de vue biologique, le premier outil est bien sûr la nourriture. Lorsque les médecins reçoivent des patientes sous alimentées, la première étape consiste à les faire manger pour que leur santé ne soit plus en danger. Tout au long du traitement, il va falloir les aider à retrouver une alimentation correcte et régulière.

Mais faire manger une personne anorexique n’est pas la véritable solution au problème, c’est pourquoi il faut l’accompagner d’un traitement psychologique. Il faut comprendre les raisons qui la poussent à ne plus s’alimenter et travailler avec elle.

Le Dr Wilkins évoque le cas d’une jeune patiente hospitalisée, transférée dans son service. Elle était placée sous médicaments pour prendre du poids. Elle a expliqué au docteur que ça ne la dérangeait pas de prendre des kilos, puisque ce n’était pas vraiment elle qui mangeait, vu qu’elle y était forcée par d’autres personnes.

Elle lui a aussi dit qu’elle reperdrait ces kilos dès sa sortie de l’hôpital. C’est pourquoi le Dr Wilkins ne force pas ses patientes à manger, mais préfère travailler sur les raisons de la maladie, et ainsi les aider à en sortir définitivement: «Il faut comprendre et traiter les causes de l’anorexie pour les aider, pas se contenter de les faire prendre du poids artificiellement, c’est une solution qui n’est que provisoire.»

À l’adolescence, les cas d’anorexie ne sont pas souvent associés à d’autres pathologies, contrairement à ce que l’on peut penser. En revanche à l’âge adulte, il est plus courant de voir des patients présentant des symptômes de dépression, de difficulté de gestion du stress, d’anxiété ou de troubles obsessionnels compulsifs associés à l’anorexie.

Le Dr Wilkins rappelle qu’il est impératif que la jeune fille, son entourage et même le médecin gardent à l’esprit que ces traitements prennent beaucoup de temps. Pour arriver à une guérison complète, il faut compter environ 4 ans. «Dans cette maladie-là, on n’avance pas par miettes, mais par nano miettes.» Il ne faut surtout pas chercher à brusquer les choses, car cela risque de blesser la jeune fille, ce qui retardera encore plus la guérison. C’est un traitement par «les mots et le temps.» Selon lui, il n’est pas vraiment possible de forcer quelqu’un à se soigner, mais il suffit parfois de faire preuve de diplomatie et il est important de créer des liens avec les jeunes filles.

L’entourage

quebec-suicide-prevention-handbook anorexie santé mentaleRappelons que l’entourage de la personne anorexique joue un rôle irremplaçable dans le processus de guérison. La famille, particulièrement, ressent souvent un très grand sentiment d’impuissance. Mais il est nécessaire que les parents mettent de côté ce sentiment, ainsi que leur peine, de manière à soutenir efficacement leur enfant. Leur présence est primordiale, il ne faut surtout pas perdre le contact, et bien que cela soit difficile, accepter que le traitement prenne du temps.

Le Dr Wilkins explique également que la difficulté avec les jeunes anorexiques est qu’il faut faire preuve d’une grande prudence: «Si jamais on vient voir une jeune fille en cours de traitement et qu’on lui dit « tu as l’air mieux », même avec de bonnes intentions, elle va entendre « tu as pris du poids », voire « tu es grosse ». Elles nous obligent à beaucoup de prudence dans les mots. Quand on les connaît intimement, c’est presque impossible pour les parents de vivre avec une fille malade sans commettre de maladresse.»Il est donc important pour les parents de prendre conscience qu’ils commettront involontairement des erreurs, mais qu’il faut privilégier la communication avec leur enfant plutôt que de culpabiliser.

L’anorexie en quelques chiffres

  • Au Québec, 3% des filles âgées de 15 à 25 ans souffrent de troubles alimentaires.
  • Environ 100 000 femmes et filles québécoises souffrent de troubles alimentaires.
  • 90% des victimes d’anorexie mentale sont des femmes, contre 70% à 80% pour les boulimiques.
  • De 5% à 20% des personnes qui développent complètement les symptômes d’anorexie mentale meurent suite à des complications provoquées par la maladie.
  • 50% à 60% des personnes anorexiques finissent par guérir sur des périodes de temps variables.

(Sources: l’ANEB et l’Academy of Eating Disorders)

Deux types d’anorexie 

Le premier type est dit restrictif. Les personnes atteintes ont une relation malsaine avec la nourriture qui se manifeste par la privation. Elles ont généralement une véritable phobie de la prise de poids et pour éviter que cela ne se produise, se privent de nourriture et font beaucoup d’exercice physique pour éliminer le peu de calories qu’elles prennent en mangeant.

Le second type ressemble au premier, mais les personnes atteintes vont avoir des phases de purge compensatoire (vomissements, utilisation de laxatifs), voire des orgies alimentaires ponctuelles. Elles commencent à perdre du poids rapidement, jusqu’à mettre en danger leur santé. La privation provoque des symptômes divers, tels que des carences alimentaires, l’absence de règles pour les femmes et même des problèmes cardiaques. Au cours de la maladie, le contrôle de l’alimentation et du poids devient une addiction et la personne malade y pense en permanence de manière obsessionnelle.

La majorité des personnes touchées par l’anorexie mentale sont des femmes, et particulièrement des jeunes filles. Les hommes atteints le sont de la même façon que les femmes, pour les mêmes causes, et sont traités de la même manière.

Articles sur Hypersexualisation et Anorexie :

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3 D (anglais).

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Dysmorphophobie et anorexie, la perception son corps

Dysmorphophobie

L’identité en conflit

Lucie Barras et Mélanie Gauthier, Dossier Anorexie

illustrations bandes dessinées gobelins fées illustration t-shirt cartes voeuxQue faire lorsqu’on veut rattraper ses 20 ans coûte que coûte? La société amène les femmes à croire que la vie s’effondre après 25 ans, qu’une femme est déjà vieille à l’abord de la trentaine Mélanie souffre de dysmorphophobie depuis ses 15 ans. Au début, son apparence physique l’obsédait. Aujourd’hui, son mal s’est compliqué: elle a pris en dégoût les années qui passent, et veut qu’on lui rende ses 20 ans.

Miroir, mon beau miroir

«Il paraît que j’ai 30 ans. Mais pour moi, c’est inconcevable.» Mélanie est tendue aujourd’hui. Peur d’affronter le passé, de se laisser submerger par ses émotions. Peur d’être jugée aussi. Quand cette grande brune se regarde dans un miroir, elle trouve son reflet insupportable. «Je vois de la peau flasque. Je vois une génitrice. Je vois ma mère.» Pourtant, les miroirs, Mélanie ne cesse de les chercher. Observer son visage est une manie. «Ce qui me fait tenir depuis toutes ces années, c’est l’espoir qu’un jour, je verrai dans la glace une jeune femme heureuse qui a l’impression d’être importante aux yeux des autres.» Son mal, dit-elle, s’appelle la dysmorphophobie. Mais, elle n’a jamais été diagnostiquée.

L’enfance de Mélanie n’est pas un conte de fée. À la maison, l’affection manque autant que l’autorité. «Ma mère était dépressive. Elle passait d’un extrême à l’autre. D’un je t’aime à des baffes. Aujourd’hui encore, elle n’a même pas conscience que je suis malade.» À l’école, les choses ne se passent pas mieux. À 15 ans, ses complexes se cimentent. «Je subissais les moqueries de mes camarades. Je n’arrivais pas à me défendre. C’est un âge où les jeunes sont cruels entre eux.» Elle quitte l’école prématurément pour se consacrer à ce qui la hante: son apparence physique. «Je me branchais sur les programmes télévisés pour bonnes femmes. Je faisais une diète, puis je mangeais pour calmer mes émotions. Et je me demandais ce que j’avais pu faire pour mériter un tel physique.» Sa vie, à partir de ce moment, se résume à des salles d’attente. Ses contacts sont des psychothérapeutes. «Le jour, je devais m’occuper de mes frères, comme un femme au foyer. La nuit seulement, j’osais sortir.» À 16 ans, abandonnée par sa mère, elle est envoyée en centre d’accueil, en même temps que ses trois frères.

Une jeune parmi les vieux

«Je déteste les vieux», lâche Mélanie. Les vieux, elle s’y accroche pourtant. À l’adolescence, angoissée à l’idée de rencontrer les jeunes de son âge, elle fréquente des groupes comme Le cercle des fermières le jour. La nuit, elle sort avec des hommes qui peuvent avoir l’âge de son père. «Je ne connaissais pas la peur. J’étais prête à tout pour fuir la solitude. À défaut de plaire aux garçons de mon âge, je me retrouvais avec des hommes plus vieux. Ils voulaient ma jeunesse. Ils me consolaient, mais à quel prix? Avant même mes 18 ans, je buvais souvent avec des groupes de saoulards à la marina de Laval.  Maintenant, je me sens salie, abusée.»

Cette période lui fait nourrir une aversion pour les figures masculines. «Surtout passée la vingtaine. Je voudrais plaire à des plus jeunes, juste pour vivre ce moment-là une fois dans ma vie.» Être mère? «Ai-je l’air d’une matrone?» demande-t-elle. «Je n’ai jamais eu de désir d’enfant comme toutes les femmes de mon âge.»

Mélanie parle sans relâche d’une jeunesse qu’elle n’a pas vécue. «Je suis passée à côté, coincée au milieu de vieux. J’ai vécu déphasée. Mes 40 ans avant mes 20 ans. Pourtant j’ai toujours eu l’impression d’être une enfant dans un monde d’adultes. Si l’on compare ma vie à une télévision, je cherche sans cesse le canal jeunesse, et je tombe sur canal vie.» Je suis encore comme une adolescente, fan de heavy metal.» Mélanie, une femme de 30 ans, a le visage marqué par les années. «À mes yeux, mon identité s’arrête à mon âge. Ma seule valeur se limitait à ma jeunesse. J’ai 30 ans, elle a disparu.»

Un cri sans écho

Mélanie est submergée par ses émotions, par la colère. Elle n’en veut plus à sa famille «Ils ne sont pas parfaits, j’ai préféré l’accepter.» Elle en veut à sa maladie qui lui a volé sa jeunesse. Elle en veut au système, à toutes les portes qui se sont fermées lorsqu’elle appelait à l’aide.

Bien qu’elle présente tous les symptômes de la dysmorphophobie, Mélanie n’a jamais été diagnostiquée comme telle. Pour les psychiatres, elle souffre de troubles de la personnalité limite. Depuis le début de sa souffrance, les intervenants qu’elle rencontre lui parlent de maladie mentale, sans pouvoir l’aider. La jeune femme se sent incomprise et ignorée.

«Je me suis battue sans relâche pour obtenir de l’aide. Je voulais quelqu’un qui m’aide à comprendre d’où viennent mes complexes. Les médecins m’ont coupé l’accès aux thérapies appropriées. Je fréquentais les groupes d’entraide pour malades mentaux aigus, où j’étais admise. J’ai joué le rôle de la folle que je n’étais pas.»

À 18 ans, les travailleurs sociaux envoient Mélanie dans une maison pour adultes atteints de graves pathologies psychiatriques. Au bout de 4 mois, elle fuit et s’installe avec un ami schizophrène. «Sa place n’était pas là, mais dans une structure spécialisée. Moi, je perdais la tête, je devenais agressive. Il aurait pu être dangereux pour moi. Au bout d’un an, je suis sortie de ma torpeur. Je lui ai annoncé que nos chemins se séparaient.»

Des gobelins et des fées

illustrations bande dessinée gobelins fées illustration t-shirt cartes voeuxLa paix, elle la trouve un peu dans le dessin. «Plus jeune, je composais des bandes dessinées mettant en vedette des jeunes gens avec qui je rêvais d’être et d’interagir.» Mélanie réalise en ce moment un portfolio de ses œuvres, et un cahier de coloriages. Son univers est tiré de l’imaginaire. «Ma maladie me pousse dans ce monde fantaisiste. Imagine que j’ai 15 ans, je suis enfermée dans une tour. Je veux m’échapper dans un autre univers.»

Des gobelins et des fées peuplent l’univers artistique de Mélanie. Son crayon s’inspire aussi de la nature, du mystère de l’océan, et de l’ironie du sort. «J’aime créer, mais parfois je n’en ai plus la force. Je dois m’obliger à le faire chaque jour, et surmonter la peur de la page blanche.»

Seule pendant de longues périodes, elle s’est longtemps identifiée aux personnages de ses jeux vidéo. «Je rêvais d’être parmi eux. Les jeux vidéo et dessins animés valorisent la jeunesse. Dans les films de Walt Disney, les vieux ont toujours le rôle de méchants.»

Mélanie vit chez son père depuis une dizaine d’année. «Pas par choix. Certains psys m’ont rabâchée que ma place était dans un appartement, avec un chum. Mais, j’en suis incapable.»

Le seul moyen pour elle d’avoir son indépendance avec ses moyens financiers, c’est le HLM. Pendant cinq ans, elle a fait des démarches. Elle a cessé, découragée. «Je ne m’entends pas avec mon père. Il a toujours eu envers moi l’attitude d’un patron prêt à congédier son employé. J’ai essayé de lui expliquer le mal qui me ronge. Il sait à quel point je souffre, mais a du mal à comprendre. Pour lui, ce sont des enfantillages.»

Le choix de l’embarras

Mélanie vieillit de l’extérieur, mais ses rêves sont les mêmes depuis des années, ceux d’une adolescente. «Lorsqu’on est plongé dans une maladie, il est difficile d’y voir clair. Je peux être lucide et capable de faire face au monde, pour de brefs moments.» La jeune femme est tiraillée «entre deux extrêmes». Consciente qu’elle vaut mieux qu’un chiffre ou un âge, elle promet pourtant que, si elle en avait les moyens, elle aurait recours à la chirurgie esthétique jusqu’à obtenir l’âge qu’elle désire.

Aujourd’hui, elle n’ose plus accepter les mains tendues, ou recommencer une thérapie à zéro. «Je suis incapable de recevoir.» Quelques amitiés se sont soudées, même si les contacts sont difficiles. «Lors d’une fête, j’ai fait la rencontre d’une fille qui souffrait de dysmorphophobie. Je lui ai dit ce que j’aurais aimé qu’on me dise. Il est important de ne pas se laisser dicter ce qu’on a à faire et de vivre l’âge qu’on veut vivre.» Si Mélanie se sent terriblement seule face à sa maladie, elle est sûre que plus de 1 ou 2% de personnes souffrent du même mal.

Dysmorphophobie, la laideur imaginaire

Cette maladie est une phobie de son propre corps. Il est diagnostiqué comme un trouble mental. Les personnes qui en souffrent développent des complexes obsessionnels, au point de ne plus oser vivre en société. Cette maladie va souvent de pair avec d’autres troubles, comme la dépression, les troubles de la personnalité limite, ou encore des troubles du comportement alimentaire. 1 à 2% de la population américaine serait atteint de dysmorphophobie. Elle touche en particulier les adolescents et les jeunes adultes et se développe surtout chez les femmes.

Mélanie Gauthier est une illustratrive. Vous pouvez visitez sa page Internet pour voir ses différentes oeuvres.

Articles sur Hypersexualisation et Anorexie :

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Girl model, Rachel Blais, l’industrie de la mode et l’anorexie à Tout le monde en parle

Le documentaire Girl model dénonce l’industrie de la mode

La mannequin Rachel Blais en guerre

Après avoir été mannequin, Rachel Blais dénonce les abus de l’industrie de la mode envers de jeunes adolescentes. Provenant de Sibérie, des États-Unis et même du Québec, de filles de 13 ans se retrouvent avec des tournées interminables, des régimes et des entraînements d’enfer. Est-ce la vie que vous voudriez pour votre fille?

Raymond Viger  Dossiers Anorexie, Hypersexualisation, Tout le monde en parle

Plusieurs ont dénoncé les abus qui existe dans l’industrie de la mode. Souvenons-nous de Léa Clermont-Dion qui avait réussi à pousser la ministre Christine St-Pierre a adopté la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. Nous avons maintenant la mannequin Rachel Blais qui part en guerre contre l’industrie de la mode.

En ayant fait partie de ce monde cruel qu’est l’industrie de la mode, la mannequin Rachel Blais est bien placée pour nous en parler. Elle dénonce les chasseurs de mannequins qui touchent 10% à vie des salaires que les mannequins vont recevoir. Des chasseurs de mannequins qui incitent des jeunes filles de 13 ans à tout abandonner pour faire carrière comme mannequin. Ces chasseurs de mannequins sont motivés par les 10% qu’ils percevront. Ce n’est pas la santé et le bel avenir des mannequins qui les motivent et les stimulent.

Escorte à 13 ans

Rachel Blais va loin dans ses accusations envers l’industrie de la mode et des mannequins. Pour manger, de jeunes mannequins de 13 ans deviennent escorte, souvent sans même le savoir. Certaines feront de la prostitution. Et les agences de mannequins, grosses et petites, se ferment les yeux sur ces abus et cette violence faites sur de jeunes enfants. La prostitution pour de jeunes filles de 13 ans tombe dans le monde de la pédophilie pur et simple.

Convention de mannequins

Rachel Blais nous met en garde contre les conventions de mannequins. À prix fort, des recruteurs de mannequins vous font défiler dans une convention bidon vous faisant miroiter des contrats potentiels. Certains peuvent vous charger plusieurs milliers de dollars pour participer à une telle convention de mannequin. La valeur réelle n’est que de 500$!

Ce sont les mêmes recruteurs qui expliquent aux jeunes mannequins comment mentir aux douanes pour pouvoir passer sans problème.

Faire souffrir un enfant de 13 ans

Est-ce acceptable qu’une jeune fille de 13 ans soient poussée vers des régimes sévères, un entraînement d’enfer, d’interminables tournées, des journées de travail que peu de gens pourraient supporter…? À 13 ans, le corps d’un enfant est encore en plein développement. Il ne devrait pas être constamment confronté à la pesée et au ruban à mesurer.

Est-ce acceptable qu’on isole de jeunes filles de 13 ans, loin de leurs familles et de leurs proches pour qu’elles retrouvent comme escortes?

Où sont nos lois contre la pédophilie, contre le travail abusif des jeunes enfants, contre les entreprises qui abusent de ceux-ci? Qui va prendre ses responsabilités pour faire respecter ces lois et pourvoir aux bien-être de nos jeunes?

Et ces enfants proviennent de partout à travers le monde, autant de Sibérie, des États-Unis que du Québec.

Pour dénoncer ces abus la mannequin Rachel Blais a participé l’automne dernier au documentaire Girl model qui dénonce l’industrie de la mode. Un documentaire signé David Rodman et Ashley Sabin. Rachel Blais a été l’invité de Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle dimanche le 8 avril. Journée de Pâques pour tout le monde… sauf pour les mannequins qui doivent se priver.

Bande annonce du documentaire Girl model avec Rachel Blais

Autres textes sur l’Anorexie:

Autres textes sur Hypersexualisation.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Anorexie et anorexie mentale; causes et conséquences

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Troubles de l’alimentation

Survivre à l’enfer de l’anorexie

Certaines maladies sont taboues, minimisées. J’ai connu l’enfer de l’anorexie, et la première étape de ma guérison a été d’admettre que j’étais malade, et d’accepter que je n’y étais pour rien. Mon histoire reflète celle de tant d’autres…

Laure Bidal   Dossier Anorexie

anorexie-diete-maigrir-se-faire-vomir-regime-anorexiqueJe me souviens très bien de la semaine où le retour en arrière n’a plus été possible. J’avais 17 ans. Brillante élève, j’étais en filière scientifique au secondaire «parce que ça ouvre toutes les portes.» Tu parles… Je détestais ça, moi qui, dans mon enfance, avais toujours un bouquin à la main et la tête dans les nuages.

C’était la fin des grandes vacances. Mes parents et mon frère étaient partis en vacance. J’avais déjà un peu maigri, je veillais à mon poids, je ne sais pas vraiment pourquoi.

Malgré la présence de mon chum et de mes copines, je me sentais seule, dans cette maison. J’aurais pu m’amuser, mais une grande vague de culpabilité est venue surveiller chacun de mes pas. La maladie a pris le contrôle de mon être et j’ai pris le contrôle de tout… surtout de ce que je mangeais. Tout ce qui m’échappait m’angoissait.

Descente vertigineuse

anorexique-anorexie-diete-regime-maigrir-se-faire-vomirJe maigrissais à vue d’œil. J’en étais satisfaite. On me complimentait… au début. Mes parents sont rentrés de vacances. C’était trop tard. Je savais que quelque chose s’était produit en si peu de temps… Leur présence aurait-elle changé quelque chose? Ma mère a tout de suite vu que j’avais changé. La rentrée scolaire est arrivée, et je suis descendue droit vers l’enfer, en quelques semaines. Je suis rentrée dans ma bulle. J’ai quitté mon chum, Ugo, qui m’encombrait dans ma quête de pureté, et de perfection. C’est lui qui est le premier à m’avoir balancé le mot «anorexie» en me ramenant chez moi.

À l’heure où l’on devient adulte, je redevenais enfant. Je quittais mon corps. Pour rien au monde, je n’aurais échangé cette silhouette de fantôme. Je ne mangeais rien. Juste de quoi tenir debout.

Mes amies étaient désemparées. Ma mère hurlait, pleurait à me voir dépérir. Je gardais un sourire triste. «Tout allait bien.» Je refusais de mettre le mot «malade». Je refusais d’admettre qu’il y avait un problème. Je me nourrissais de l’ivresse des chiffres qui s’envolent sur la balance. J’exultais à sentir mon ventre vide.

Premier séjour en clinique

À y réfléchir, ces quelques mois n’ont pas existé. Un rêve, une chimère. Jusqu’à ce que j’obtienne ce que je cherchais tout en le fuyant: l’hospitalisation. J’avais perdu plus de 35 livres en trois mois. J’ai atterri dans une unité psychiatrique réservée aux adolescents, toutes pathologies confondues. Le choc a été rude. Certains hurlaient, d’autres se scarifiaient. Ce monde, je ne le connaissais pas, moi qui venais d’un milieu plutôt favorisé, moi qui avais toujours été «l’enfant épanouie».

J’ai passé quatre mois là-bas, à me plier aux activités, au rythme hospitalier, pendant que les autres personnes de mon âge allaient à l’école et faisaient la fête, le week-end. Le principe était simple: je devais atteindre 106 livres pour avoir le droit de sortir. Alors je les ai repris. Je clamais à qui voulait l’entendre que j’avais compris la leçon, que la vie valait la peine, que je me sentais guérie. C’est ce qu’on attendait de moi. Au fond, je gardais cette fascination pour la maigreur, et ce dégoût pour la chair.

Je suis sortie au printemps. La veille de ma majorité. Tout de suite, ç’a été la crise. Je suis retournée en cours. Je m’y suis sentie si mal que j’ai arrêté. C’était l’année du bac.  J’allais le louper. Moi, la bonne élève. Je suis allée à certaines soirées arrosées, je ne pouvais rien boire à cause des calories. Mon cerveau était une calculette à calories. Ma vie n’avait plus aucun intérêt, si ce n’était de calculer.

Parents délateurs

Je passais mes journées à pleurer. Maigrir davantage. Me déchirer avec mes parents. Me taper la tête contre les murs. Vouloir mourir et en avoir peur en même temps. Je prenais pension chez mes grands-parents, ou chez des amis de la famille. Je m’étais mis en tête que tout était de la faute de ma mère. Je la détestais. Et je l’aimais si fort… trop fort. Je lui disais que j’allais mourir, pour tout le poids qu’elle avait posé sur mes épaules depuis ma naissance.

L’été est arrivé, j’avais un job dans une banque. Un jour, un psychiatre m’a appelé. Il travaillait à 300 kilomètres de chez moi. Il m’a simplement demandé «Ne pensez-vous pas que le temps est venu d’arrêter tout ça?» J’ai pesté contre mes parents, les délateurs. Je lui ai dit que je n’avais aucune envie de lui parler, j’ai raccroché. C’est lui qui allait m’aider à me sauver.

Un jour de la fin juin, j’ai dû me rendre chez mon médecin traitant, obligée par ma mère. Le médecin a poussé un cri d’horreur. Je pesais 77 livres, ma tension artérielle et mon pouls étaient si bas qu’elle m’a envoyée aux urgences. J’y ai passé une nuit, on m’a injectée toutes sortes de substances pour guérir mon coeur. Je me suis sentie tellement humiliée. J’avais l’impression de n’être rien, tellement rien…

«Mais pourquoi un tel entêtement?», me demanderez-vous. Voilà le cœur du problème. Je n’avais pas choisi. Cela me surpassait. C’est un cercle vicieux. Combien de fois ai-je décidé que tout était fini, que ça n’était pas sorcier de manger? Mais la maladie fait culpabiliser à chaque bouchée, elle associe toute nourriture à du poison. La volonté ne peut pas grand-chose face à elle. En face des personnes, filles ou garçons d’ailleurs, c’est l’incompréhension.

Par exemple, pour mes grands-parents, tous anciens paysans, et ayant connu la guerre, il était inconcevable, peut-être immoral, que je refuse cette nourriture dont ils ont parfois manquée. Ou encore, la douleur qu’a ressentie ma mère, qui ne parvenait pas à nourrir son propre enfant.

Et c’est reparti…

L’été de mes 18 ans, malgré mes «efforts», je me retrouvais à l’hôpital. Celui des adultes cette fois, dans le service de ce médecin qui m’avait appelée, à des centaines de kilomètres de chez moi. J’étais tellement faible… Je me suis résignée. J’ai été enfermée dans cette chambre lugubre, sans visites, sans courrier. Les plateaux repas partaient aussi pleins qu’ils entraient. Le médecin ne me forçait pas. Moi, j’étais désespérée, j’avais du mal à respirer, comme abrutie, incapable de tenir une conversation. Je voulais m’enfuir, mais je savais que ça ne me mènerait nulle part.

Mon amour propre? Envolé. Je n’étais personne. Je voulais ma mère. Avoir du courrier, ç’a été ma seule motivation au début, c’était la «carotte» pour reprendre du poids. J’y suis arrivée. Puis, j’ai franchi les étapes, une par une. Le droit de téléphoner, une visite, une sortie… Je devais réapprendre à vivre petit à petit.

Mon médecin m’a parlé de retourner en cours, quelques mois après mon entrée à l’hôpital. Je refusais. Je crevais de peur. Au début de l’hiver, j’ai puisé dans mes réserves de courage, et j’ai repris les cours dans un lycée que je ne connaissais pas, dans une ville que je ne connaissais pas. J’avais des activités à l’hôpital de jour. J’y ai fait des rencontres formidables, des personnes qui avaient eu une histoire similaire à la mienne. On pratiquait l’autodérision entre nous. Certaines sont restées mes amies bien après.

À ma sortie, je suis restée proche de l’hôpital. J’ai pris une chambre, j’étais indépendante. Tout n’a pas été parfait, mais j’ai fait mon petit bonhomme de chemin, loin de chez moi, j’ai affronté toutes mes peurs. J’ai eu mon bac, et je suis entrée dans la vie d’adulte. Pourtant, les crises d’angoisse qui sont apparues au début de ma maladie, ne m’ont jamais quittée.

Le maladie du siècle

Je pense que l’anorexie est un de ces «maux du siècle», comme on les appelle, de ces maladies propices à se développer dans nos sociétés actuelles. Sous l’abondance, le refus. Sous la pression de la réussite, le déni le plus total de son corps, de son être, le retour vers une enfance depuis longtemps finie.

Il est inutile de juger, comme les gens ont souvent tendance à le faire. Il s’agit d’une maladie qui n’a rien de «glamour». On perd ses cheveux, sa libido et son goût pour la vie. Des poils poussent, et l’on a froid lorsque tout le monde a chaud. Certaines femmes traversent leur vie entière dans ce néant. Étrangement, les anorexiques ne voient pas leur maigreur, même lorsqu’elle est effrayante. Cela s’appelle le dysmorphophobie.

L’anorexie, un mal pervers

On m’a dit un jour «c’est la maladie amie ennemie.» Malgré tout ce qu’elle fait souffrir, il est difficile de la laisser s’échapper, d’en faire son deuil. J’imagine que c’est le cas pour n’importe quelle dépendance. L’alcool, la drogue… le jeûne.

Aujourd’hui, j’ai 21 ans et ça va mieux. Ouais… Je n’ai toujours pas un rapport serein avec la nourriture, avec le plaisir, et j’ai toujours régulièrement ces bonnes vieilles crises d’angoisses incontrôlables. Mais, je sais à présent tenir la maladie à distance, et appeler à l’aide. Je me demande encore si je risque à nouveau quelque chose. J’ai retrouvé une vie, je fais des études dans le journalisme. Ça me va mieux que les sciences.

J’ai mis à distance ma mère, et j’ai un amoureux. Il supporte mes côtés sombres, il m’a fait comprendre qu’un talon d’Achille, on en a tous un. J’ai apprivoisé le mien, en attendant que le chevalier noir s’en aille pour de bon.

Autres textes sur l’Anorexie et trouble de l’alimentation:

Témoignage: l’anorexie une histoire d’horreur

Maigrir: Régime économique

Anorexie, Elle Québec et Clin d’oeil

Hormone de la faim: dépendance à la nourriture

Régime, diète et la glace

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Témoignage: l’anorexie une histoire d’horreur

Témoignage: l’anorexie une histoire d’horreur

Témoignage de Pauline Cassistat                     Dossier Anorexie.

Maigrir, le rêve de plusieurs. Maigrir encore, maigrir de nouveau. C’est la vie de l’anorexique, encore, encore et toujours de plus en plus.

Ça commence comme ça, sournoisement. Mine de rien, on se regarde, on s’interroge. Oh! Une silhouette empâtée, un désir insidieux qui va bientôt faire tache d’huile.

Voilà la java des régimes pour problèmes de poids. Cette perte me donnerait davantage confiance en moi. Fière, mais impressionnable, je cherche l’idéal.

Pour ma part, je regrette. Cette jeunesse foutue en l’air à cause de ces régimes. Mon chum m’aidait dans la mesure du possible. Me faire oublier cette vie de régime.

Je reviens d’un très long voyage. Le labyrinthe des diètes. Me nourrir de sachets qui me coûtaient une petite fortune. C’était triste à mourir. Cela ressemblait à un éternel carême. Je voulais modifier bien des choses. On ne change pas ses habitudes du jour au lendemain. Et puis, une vie sans repas, ni chocolat, ni cuisine, pour moi, ce n’est pas une vie.

L’anorexie, c’est fini. Merci à mon ami, mon chum, pour son aide à m’en sortir.

Ressources

L’Hôpital Doudlas, troubles de l’alimentation : 514-761-6131 # 2049

Sainte Justine, section médecine de l’adolescence : 514-345-4731

Les Outremangeurs anonymes :

514-490-1939

Montréal Children’s hospital :

514-412-4400

Maison de Transition l’Éclaircie

(à Québec) 418-650-1076

ANEB, à Pointe-Claire, 514-630-0907

Un petit test pour savoir si vous souffrez d’anorexie ou de boulimie par : Doctissimo

Si vous avez envie d’en parler, d’en apprendre ou de sortir de cet enfer, consultez ou appelez :

En France : Anorexiques Boulimiques Anonymes
Téléphone : 02 96 33 38 64 (24h/24)

En Belgique : Outremangeurs Anonymes

En Suisse : Association boulimie anorexie
Téléphone : 021 329 04 39

Au Québec : Clinique St-Amour
Téléphone : (418) 834-9825

Également, Aneb Québec
Téléphone : 1-800-630-0907, à Montréal : (514) 630-0907

Lecture

 – Guy POMMERLEAU, Anorexie et boulimie, comprendre pour agir, éd. Gaëtan Morin, Boucherville, 2001, 212p.

– Barbara MOE, Anorexie et boulimie, surmonter un problème alimentaire, trad. de l’anglais pas Jean-Pierre Vidal,
Éditions Logiques, Outremont, 2002 –

– Collectif sous la dir. de Aubut, Garel, Girard, Marquette, Saint-André,

– Revue Prisme, no 32, éd. Hôpital Sainte-Justine, 2000

Internet

http://fr.dir.yahoo.com/Sante
www.aspq.org

Autres textes sur Anorexie

Témoignage: l’anorexie une histoire d’horreur

L’ex-anorexique Léa Clermont-Dion à Tout le monde en parle

Dietes, regimes et anorexie pour la Journee internationale sans diete

La Maison Simons et l’anorexie

Régime, diète et la glace

Du talent à revendre, Glamazones, Pussycat dolls et Sharon Osbourne

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Léa Clermont-Dion à Tout le monde en parle

Dossier Hypersexualisation et anorexie, Tout le monde en parle, Léa Clermont-Dion

Léa Clermont-Dion à Tout le monde en parle

Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

lea-clermont-dion-feministe-hypersexualisation-des-jeunes La jeune journaliste de 18 ans, Léa Clermont-Dion sera l’invité de Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle.

Conférencière à 14 ans

Depuis plus de 3 ans, Léa Clermont-Dion fait parler d’elle et de la cause sociale qu’elle soutient. À 14 ans, Léa Clermont-Dion a déjà organisé des conférences sur l’hypersexualisation des jeunes à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Une féministe engagée et précoce.

L’émission Tout le monde en parle mérite de dimanche à 20:00 heures à Radio-Canada mérite votre attention sur un sujet parfois tabou mais qui mérite d’être débattu.

Textes sur l’anorexie, Léa Clermont-Dion et la Charte québécoise pour une image corporelle diversifiée. Exposition photos de Léa Clermont-Dion.

Autres articles sur l’anorexie:

Articles sur l’Hypersexualisation :

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres livres de croissance personnelle et cheminement:

Autres livres pouvant vous intéresser:

%d blogueurs aiment cette page :