Val d’Or; itinérance, jeu compulsif, alcool et drogue

Val d’Or; itinérance, jeu compulsif, alcool et drogue

Ariane Aubin    Dossiers autochtone, Gambling et jeu compulsif, Alcool .

itinerance-autochtone-indien-val-d-or-abitibi-autochtones-urbanisation-indien Encouragés par l’anonymat urbain, souvent sans réseau social en ville, les Autochtones qui quittent leur réserve risquent fort de développer une dépendance à l’alcool, au jeu ou à la drogue, lit-on dans un mémoire sur l’itinérance à Val-d’Or publié récemment par le CAAVD.

Val d’Or et Loto-Québec

Depuis 2005, Loto-Québec a en effet identifié Val-d’Or comme étant une «zone fragilisée», dont la population est particulièrement vulnérable aux dettes de jeu. Le rapport entre le nombre d’appareils de loterie vidéo et la population y est trois fois supérieur à la moyenne provinciale. Pas étonnant que les Cris aient surnommé Val-d’Or «Sin City»; la ville regorge de tentations qui n’existent pas dans les communautés et réserves autochtones.

Dettes de jeu, toxicomanie et alcoolisme, conjugués à la pénurie de logement qui sévit depuis le dernier boom minier ont mené plusieurs Valdoriens – surtout des Autochtones – à la rue. Connu des intervenants sociaux et des services de santé depuis quelques années, le phénomène de l’itinérance à Val-d’Or est devenu un sujet d’actualité depuis qu’un entrepreneur a découvert une piquerie à l’entrée de la ville, en novembre 2008.

Itinérance à Val-d’Or

abitibi-itinerance-autochtone-val-d-or-indien De 5 à 20 personnes à Val-d’Or n’ont aucune adresse fixe à l’année longue. Du nombre, 78% sont intoxiquées à l’alcool où à diverses drogues de façon presque permanente. Cela les empêche d’obtenir le soutien des services sociaux ou d’être hébergés à La Piaule, principal organisme communautaire consacré à l’itinérance.

Un projet nommé Le Dortoir, piloté par l’administration de La Piaule, a donc été lancé à l’hiver 2009 afin d’offrir un toit aux itinérants en état d’ébriété. Le projet a toutefois reçu un accueil mitigé des résidents du quartier où l’hébergement d’appoint était installé, explique le directeur de La Piaule, Jean-Guy Chabot. «Les gens du quartier ne se sentaient pas en sécurité avec tous ces visiteurs en état d’ébriété et on peut les comprendre. Alors que la Piaule est au même endroit depuis 25 ans, près de la 3e avenue et les gens sont habitués… La track est déjà faite, comme disent les commerçants du coin!» Des 134 personnes accueillies au Dortoir entre le 15 janvier et le 31 mai 2009, 87 étaient Autochtones.

Trop petits et vétustes, les locaux actuels devront cependant être reconstruits afin d’accueillir la clientèle additionnelle que représentent les sans-abris «en état de consommation». Un projet auquel la Ville a déjà donné son appui, mais qui pourrait prendre plusieurs mois avant d’être réalisé. Et à Val-d’Or, l’hiver est rude…

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Photos Ariane Aubin

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Gambling et Jeu compulsif

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Le logement à Val d’Or pour les autochtones

Le logement à Val d’Or pour les autochtones

Ariane Aubin    Dossier Autochtones

premieres-nations-indiens-autochtones-indien-autochtone Vivianne Poucachiche est animatrice culturelle au Centre d’amitié autochtone. Elle a un emploi stable et mène une vie tranquille. Le seul jeu de hasard auquel elle s’adonne est le poker, un passe-temps qui lui a donné l’occasion de se lier d’amitié avec plusieurs blancs valdoriens. Mais quand est venu le temps de chercher un logement, la douce et timide anishnabe a heurté un mur. «C’est vraiment difficile de trouver un appartement quand on est autochtone», résume-t-elle. Trahie par son accent typiquement algonquin, chaque propriétaire qu’elle appelait lui disait avoir déjà loué le logement. Pourtant, quand un ami non-Autochtone a rappelé quelques minutes plus tard, celui-ci était encore libre. Une mésaventure qui est loin d’être l’exception à Val-d’Or.

«Un bénéficiaire de l’aide sociale a aussi de la difficulté à se trouver un logement parce qu’il n’a pas de revenus et que les loyers sont élevés, explique Céline Brindamour. C’est la même chose pour les Autochtones qui arrivent souvent avec des familles nombreuses dans un quatre et demi. C’est en grande partie conjoncturel.» Reste que souvent, lorsqu’un propriétaire sent poindre l’accent algonquin chez un candidat au logement, il préfère passer son tour.

Taux de fécondité des femmes autochtones

premières nations autochtone indien autochtones indiens Quand ce locataire a en plus cinq ou six enfants – le taux moyen de fécondité des femmes autochtones est de 2,5 enfants par femme, soit deux fois celui des Canadiennes − en plus de sa famille élargie, trouver un logement devient pour lui un véritable casse-tête. Val-d’Or est l’une des villes québécoises où le taux d’inoccupation est le plus bas, soit moins de 0,1% en 2008, ce qui fait du logement la priorité absolue pour les élus locaux.

Une priorité peut-être, mais qui ne se traduit pour l’instant par aucune mesure concernant les logements sociaux. «À Val-d’Or, c’est vraiment quelque chose qui doit être développé, croit Alexis Wawanoloath. Quand j’étais travailleur social, je voyais bien que certaines familles habitaient de véritables taudis, des appartements surpeuplés.» Certains Autochtones, après avoir épuisé les ressources d’hébergement temporaire – Centre d’amitié autochtone, famille, amis – retournent, par dépit, dans leur communauté d’origine avant d’avoir trouvé en ville l’emploi ou le diplôme convoité… ou finissent leur parcours dans les dortoirs de La Piaule.

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Photos Ariane Aubin

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