Des parapluies à Roberval pour l’estime de soi

Réseau québécois de l’Association canadienne pour la santé mentale

Promotion de la santé mentale sur l’estime de soi

À partir d’un parapluie blanc, 21 artistes présentent leur interprétation de l’estime de soi. Une exposition pleine d’émotions, riche de leurs expériences et de leurs visions créatrices. Ces artistes nous offrent des œuvres riches et diverses.

Raymond Viger Dossier Santé mentale

parapluie-skyzo-association-canadienne-maladie-mentale-estime-de-soi-trainsPourquoi des œuvres aussi différentes? Parce que l’estime de soi prend autant de formes et de couleurs qu’il y a d’individus!

Pourquoi un parapluie? Parce qu’il nous protège, comme l’estime de soi protège notre santé mentale.  Une bonne estime de soi agit en quelque sorte comme le système immunitaire de la conscience, offrant résistance, force et capacité de régénération.  Elle ne protège pas des souffrances de la vie, mais elle permet de les traverser plus facilement.

Une exposition qui a débuté cet été au Musée d’art contemporain et qui fait maintenant le tour du Québec.

Liste des artistes et des oeuvres

Artiste

Titre

Médium

Lucie Auclair Ceci n’est pas un parapluie Techniques mixtes
Raymonde Bajit En effeuillant la marguerite Acrylique
Diane Béland L’envol Acrylique, pochoir monotype
Jean-Bernard Bruchez Sa vie, un jardin de givre Acrylique
Sylvie Cloutier Protection assurée Techniques mixtes à l’acrylique
Émilie Demers Jour de pluie Acrylique
Guillaume Gagnon Donnons-nous la main Acrylique
Claire Hadjes Si je ne suis pas pour moi, qui le sera? Si je ne suis que pour moi, qui suis-je? Si pas maintenant, quand? Techniques mixtes
Éliane Kistabish A8even kin (« Qui es-tu » en algonquin) Acrylique
Francine Lalonde Le blanc plus lourd que le noir Acrylique
Christian Leduc Les regards perdus Encre sur toile polyester
Mireille Levert Conjuguer l’estime de soi, parapluie-poème Acrylique
Agathe Lisé-Pronovost L’estime de soi, ça s’apprend! Crayon marqueur, plastique, velcro, élastique
Johanne Maheux La trace Acrylique
Rudi Ochietti La pluie Métal, cuivre, techniques mixtes
Sandra Picard Umbrella Peinture à l’eau
Hélène Roy J’ai entendu mon ombre se plaindre de moi Plumes-feutres de différentes pointes
Manon Sioui Tortue, terre des hommes Acrylique et plumes
Skizo Petit train va louin Bombes aérosol et feutres
Virginie Tanguay Reflets du lac Acrylique
Armand Vaillancourt Mon soleil Encre et crayon

parapluie st-georges beauce santé mentaleCette exposition est présentée du 27 septembre au 16 novembre 2013 à la Bibliothèque Georges-Henri-Lévesque

829, boulevard Saint-Joseph Roberval (Québec)

Du lundi au jeudi :  de 12 h à 16 h et 18 h à 20 h Vendredi et samedi : de 12 h à 16 h

Ce projet permet au graffiteur Skizo d’exposer aux côtés d’Armand Vaillancourt.

Autres textes sur Santé mentale

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

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L’art contemporain à St-Armand

Rémi Bédard, RDV 133 et l’art contemporain

Le marché de l’art passe par les métropoles. Pas besoin de faire un dessin. Organisateur d’expositions à ses heures et propriétaire de deux ateliers d’encadrement à Montréal, Rémi Bédard veut toutefois faire sortir l’art contemporain des enceintes de la ville grâce au RDV 133… Un rendez-vous créatif sur la route 133 entre artistes de l’avant-garde et résidants du village de Saint-Armand, dans les Cantons-de-l’Est.

Par Guillaume Brodeur   Dossiers Culture

De simple rencontre artistique aux allures familiales en 2004, le RDV 133 est devenu, au fil des ans, un lieu d’échange et de création prisé autant par les artistes de l’avant-garde que par les 1300 habitants du village de Saint-Armand. Aux vieux routiers Armand Vaillancourt et Raôul Duguay s’est greffé une belle brochette d’artisans moins exposés mais tout aussi inspirés tels Julie Arkinson, Vicki Tansey, François Rossignol ou le duo L’œil de verre. «L’objectif en est un de diffusion, explique Rémi Bédard. En invitant un ou deux gros noms, ça nous permet de faire découvrir des artistes moins vus et moins connus.»

Peinture, sculpture, gravure, vitrail, photographie, musique, danse, projection lumineuse… Bédard croit qu’il faut non seulement décloisonner l’art de la ville, mais aussi les formes d’art entre elles. «Au-delà de l’exposition, on veut créer des liens entre les artistes pour qu’ils se nourrissent mutuellement.»

Un désir d’interaction qui a profité à Jean-Pierre Contant, un artisan du vitrail qui habite Saint-Armand. «L’an passé, l’objectif du RDV 133 était de mettre l’accent sur la performance, quelque chose que je ne connaissais pas et qui m’a permis ensuite d’avancer dans mon travail. Avec le temps, tu t’enracines dans une façon de faire, une façon de penser. Un laboratoire comme celui-là te permet de créer des choses auxquelles tu n’aurais jamais même osé penser.»

Des arbres ou du béton

Dès l’adolescence, Rémi se passionne pour l’art. Il crée son propre atelier de poterie chez ses parents, à Jonquière. Après ses études en communication et un détour par l’industrie du voyage, Bédard est revenu à ses vielles amours artistiques il y a une dizaine d’années en reprenant les rênes d’Encadrex, une entreprise – ô surprise! – d’encadrement de la métropole québécoise.

Du haut de son superbe loft/ galerie d’exposition, construit d’une savante alliance de bois et de métaux, on surplombe le Plateau Mont-Royal, quartier jouissant de la plus haute concentration d’artistes au pays. Pourtant, même si son entreprise y brasse des affaires, Rémi Bédard voulait retourner s’installer au grand air après plusieurs années confiné à Montréal. Alors pourquoi avoir préféré Saint-Armand, un petit village aux abords du lac Champlain, près de la frontière américaine, à son Saguenay natal? «Je suis plus du type feuillu qu’épinette, dit-il. J’aime ce territoire vallonné et parsemé de vergers où l’on peut exercer son art en toute tranquillité dans un environnement sain.» Le cadre idéal pour accueillir une mani-festation culturelle comme le RDV 133.

«L’idée de départ était d’organiser avec des amis une exposition autour de Laurent Viens, un peintre-sculpteur qui habite sur la route 133», explique-t-il. En invitant d’autres artistes, c’est tout naturellement devenu une exposition multidisciplinaire d’art contemporain qui se déroulait en parallèle du Festival des Films… du Monde de Saint-Armand! Un événement qui fait cependant relâche cette année. Les visiteurs
pourront quand même faire d’une pierre deux coups en visitant le Festiv’Art de Frelighsburg, une petite ville adjacente qui présente ses expositions début septembre. La même fin de semaine que le RDV 133.

Rat des villes, rat des champs

L’initiative profite autant aux habitants du coin qu’aux artistes venus de l’extérieur selon le créateur Jean-Pierre Contant: «C’est intéressant pour notre petite municipalité d’accueillir le RDV 133 et un Festival des Films du Monde… Ça fait connaître Saint-Armand, un endroit magique!» jure-t-il avec bonhommie.

«D’un autre côté, ça fait découvrir de nouvelles formes d’art à des gens qui n’y sont pas habitués. Saint-Armand, c’est pas gros et c’est à une heure de Montréal. Le RDV 133 permet aux gens de la place, qui en ont rarement l’occasion, d’admirer des œuvres originales et d’en discuter avec les artistes. Ça fait tomber des barrières… Il y a beaucoup moins de préjugés qu’avant à Saint-Armand.» Ici, on a comblé le supposé fossé qui existe entre la «clique du Plateau» et les ruraux.

«À la campagne, l’offre culturelle est limitée, c’est évident, abonde Rémi Bédard. En y amenant des artistes de l’avant-garde, on voulait faire découvrir des œuvres aux gens de la campagne. Pas qu’ils ne connaissent rien à l’art, loin de là, mais ils n’ont pas souvent l’occasion de fréquenter le milieu de l’art contemporain qui se situe plus souvent qu’autrement en ville. Question de voir, d’admirer, d’apprivoiser le travail des artistes, d’interagir avec eux et ultimement de comprendre leur démarche.» Deux regards différents, même constat.

Des graffitis sous le clocher

Dans son désir de brasser les choses, le passionné d’art éclectique a tenu le pari de présenter au public rural des œuvres de Fluke, un artiste associé au Café-Graffiti. Armé de ses bonbonnes de peinture, le graffiteur a décoré des panneaux de bois qui faisaient office de salle de projection extérieure l’an dernier… À l’ombre du clocher de l’église! «C’était assez particulier, surtout dans un village où il n’y a absolument aucun graffiti. On a en quelque sorte déménagé quelque chose de la ville, que parfois les gens ont en horreur. En isolant le graffiti du milieu urbain, où il est si bien ancré, pour le transposer sur une belle pelouse propre, c’est comme si on le rentrait au Musée d’art contemporain!»

Un coup de dés audacieux en soi, car rien ne laissait présager que les habitants de la baie de Missisquoi seraient réceptifs à cette discipline foncièrement urbaine. «C’est très sain d’établir une communication entre ces deux mondes en apparence aux antipodes.

D’ailleurs, il se crée de plus en plus de musées d’art contemporain à l’extérieur des grands centres. Je pense par exemple au MassMoCA de North Adams, au Massachussetts, ou à la Cité de l’énergie à Shawinigan, une salle d’exposition installée dans l’ancienne aluminerie d’Alcan. C’est une tendance dans laquelle on veut s’inscrire.» D’élitisme réservé à l’intelligentsia des métropoles, l’art contemporain prend désormais la clé des champs… par la 133!

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La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

ives laroche

Une nouvelle galerie ouvre ses portes. Une galerie qui dérange, qui sort de l’ordinaire. Son propriétaire, Yves Laroche, ne mâche pas ses mots. Celui qui préfère passer pour un fou plutôt que de manquer le bateau est direct dans ses propos: C’est l’agonie de la cabane à sucre et des paysages Charlevoisien, le déclin des scènes florales et des petits enfants que l’on peint. L’art urbain fait son entrée officielle en galerie.

Quand tu visites des régions telles que Charlevoix ou Baie St-Paul, c’est tellement beau, c’est normal qu’un touriste veuille acheter un paysage. Mais un souvenir, ça ne vaut pas le prix d’un tableau de collection. L’art trop commercial va cesser d’être une décoration à gros prix. Ça ne vaut pas le prix qu’ils demandent.

Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

Yves Laroche est déjà propriétaire de deux galeries dans le Vieux-Montréal: L’Orange et La galerie Yves Laroche. Ce n’est normalement pas la mission de notre magazine de couvrir les galeries. Malgré ses 53 ans, les côtés visionnaire et rebelle d’Yves Laroche ont réussi à piquer notre curiosité. Il prépare un projet inusité qui mérite notre attention: l’aménagement du sous-sol de sa galerie va être baptisé L’autre galerie.

Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

Sa clientèle, aussi diversifiée qu’exigeante, comprend des gens tels l’économiste Jarislowsky, des firmes d’avocats, des multinationales telles Power Corporation en passant par une chirurgienne française de 63 ans. Ses yeux s’illuminent quand il nous parle de Nick Heidfeld, pilote allemand de Formule 1, et de sa femme.

Lorsque j’ai vu Nick Heidfeld pour la première fois, alors âgé de 26 ans, je pensais me trouver devant un adolescent pas de barbe. À ma grande surprise, il est reparti avec deux toiles de Zilon sous le bras. Sa femme est revenue à plusieurs reprises acheter d’autres toiles. Elle a hâte d’avoir des nouvelles de L’autre galerie.

Pour mieux comprendre le marché, Yves Laroche n’hésite pas à se rendre à New-York, Los Angeles ou en Europe.

Les galeries américaines s’intéressent de plus en plus aux artistes canadiens. Des centaines de galeristes internationaux viennent en vacances à Montréal, ce qui donne un avantage marqué et stratégique au Vieux-Montréal pour les recevoir. Et le marché des collectionneurs est un monde en plein changement. Il y a maintenant un noyau de jeunes de 30 à 40 ans qui prennent leur place dans le marché des collectionneurs. Ces jeunes nous amènent des cabanes à sucre et des paysages reçus en héritage et veulent les vendre. Ça fait baisser les prix .

Même si les Américains sont en avance sur nous, par principe, Yves Laroche tient à garder un minimum de 50% de contenu canadien. Cet art urbain qu’il nous présente avec grande fierté représente une multitude de sous-cultures, à savoir l’art urbain, le graffiti et les bandes dessinées alternatives pour ne nommer que celles-là. Plusieurs des artistes représentés sont sous contrat avec Walt Disney ou font des illustrations pour de grands magazines. Les rebelles et les marginaux ont trouvé une place qui leur est propre. Bonne visite à L’autre galerie, celle de l’underground et de l’art urbain, une galerie qui a une vision d’avenir.

Pour une visite de la Galerie Yves Laroche.

Portrait de la peinture au Québec avec Marc de Roussan

Commentaire de Renart L’Éveillé sur la culture.

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La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

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Une nouvelle galerie ouvre ses portes. Une galerie qui dérange, qui sort de l’ordinaire. Son propriétaire, Yves Laroche, ne mâche pas ses mots. Celui qui préfère passer pour un fou plutôt que de manquer le bateau est direct dans ses propos: C’est l’agonie de la cabane à sucre et des paysages Charlevoisien, le déclin des scènes florales et des petits enfants que l’on peint. L’art urbain fait son entrée officielle en galerie.

Quand tu visites des régions telles que Charlevoix ou Baie St-Paul, c’est tellement beau, c’est normal qu’un touriste veuille acheter un paysage. Mais un souvenir, ça ne vaut pas le prix d’un tableau de collection. L’art trop commercial va cesser d’être une décoration à gros prix. Ça ne vaut pas le prix qu’ils demandent.

Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

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Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

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Une nouvelle galerie ouvre ses portes. Une galerie qui dérange, qui sort de l’ordinaire. Son propriétaire, Yves Laroche, ne mâche pas ses mots. Celui qui préfère passer pour un fou plutôt que de manquer le bateau est direct dans ses propos: C’est l’agonie de la cabane à sucre et des paysages Charlevoisien, le déclin des scènes florales et des petits enfants que l’on peint. L’art urbain fait son entrée officielle en galerie.

Quand tu visites des régions telles que Charlevoix ou Baie St-Paul, c’est tellement beau, c’est normal qu’un touriste veuille acheter un paysage. Mais un souvenir, ça ne vaut pas le prix d’un tableau de collection. L’art trop commercial va cesser d’être une décoration à gros prix. Ça ne vaut pas le prix qu’ils demandent.

Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

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Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

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Même si les Américains sont en avance sur nous, par principe, Yves Laroche tient à garder un minimum de 50% de contenu canadien. Cet art urbain qu’il nous présente avec grande fierté représente une multitude de sous-cultures, à savoir l’art urbain, le graffiti et les bandes dessinées alternatives pour ne nommer que celles-là. Plusieurs des artistes représentés sont sous contrat avec Walt Disney ou font des illustrations pour de grands magazines. Les rebelles et les marginaux ont trouvé une place qui leur est propre. Bonne visite à L’autre galerie, celle de l’underground et de l’art urbain, une galerie qui a une vision d’avenir.

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