AK-47 et enfants-soldats

Chaudrons et AK-47 à 13 ans, témoignage de Sarah

Enfants-soldats, enfants de la rue et jeunes de la guerre

Waterloo, Sierra Léone – C’est jour de célébration à Waterloo. On y célèbre la fin des classes pour 150 jeunes de 10 à 18 ans. Ils terminent leur année d’apprentissage au Child advocacy and rehabilitation Center (CAR) de la Croix-Rouge.

Dominic Desmarais, Dossier Enfants-soldats, International

enfants-soldats-sierra-leone-enfant-guerre Ces jeunes, triés sur le volet, ont été victimes de la guerre civile des années 1990. Sarah, de la promotion 2001, est présente à la demande de la Croix-Rouge. Cette jeune femme de 20 ans est un bel exemple de réussite pour l’organisation humanitaire.

En retrait des festivités, Sarah se raconte. Bien que timide, le regard fuyant, elle affiche un aplomb et un bien-être qui cadrent mal avec l’idée que l’on se fait de son passé. À 13 ans, elle voit les rebelles débarquer dans sa ville jusqu’alors épargnée par les affrontements. «Les rebelles m’ont enlevée. Le premier jour, j’ai été violée par 5 hommes. J’ai été adoptée par le Commandant pour être sa femme.» Sarah a l’habitude de raconter sa vie. Elle semble fredonner cette histoire comme une vieille chanson. Ce sont des faits qu’elle relate, pas des émotions.

Le maniement de la mitraillette AK-47

Pendant un an, elle fait la cuisine pour son «mari» de 39 ans. Elle apprend à manier la mitraillette AK-47. «Je l’utilisais lors des embuscades ou quand je n’avais pas le choix de me défendre», explique-t-elle en regardant le vide, sans toutefois être gênée par son histoire. Elle ne sait si elle a donné la mort. Elle tirait en direction du feu ennemi. «Je n’aimais pas ça. Mais je n’avais pas d’autre choix», raconte-t-elle, soudain plus sérieuse.

Ses propos deviennent plus vagues. Son assurance se déstabilise sitôt qu’on la fait déborder du cadre de son récit. Comme si cette histoire était complètement oubliée, ses souvenirs sont plus flous. Elle raconte, sans trop de détails, que les soldats la battaient parce qu’elle était trop fainéante. «Je ne pouvais pas m’échapper. Je ne connaissais aucune route pour fuir», avance-t-elle pour se justifier. Elle a été relâchée à la fin des hostilités, un an plus tard. Elle est rentrée à la maison, là où elle a été enlevée.

Son «mari» est revenu la voir chez elle à trois reprises, depuis la fin de la guerre. «Il m’a demandé comment j’allais. Il voulait me marier. Je ne voulais pas. C’est arrivé pendant la guerre. Maintenant elle est terminée.» Sarah parle calmement, sans aucune amertume envers cet homme, plus vieux de 26 ans, qui l’a forcée à devenir femme. Comme si c’était une autre vie. «C’est le passé. Je ne ressens plus rien aujourd’hui. Je me sens bien avec moi-même», dit-elle en avouant qu’elle a mis du temps avant d’oublier, de pardonner.

Réinsertion des enfants-soldats

Son parcours tient du rêve américain, version sierra-léonaise. À 15 ans, elle est choisie pour suivre les enseignements du centre de réhabilitation de la Croix-Rouge à Waterloo: une bénédiction pour cette jeune femme qui n’avait pas les moyens d’aller à l’école. Elle reçoit une éducation, de l’aide pour son traumatisme, on la nourrit une fois par jour, elle y apprend un métier. Celui de cuisinière. Une formation qui lui permet de gagner sa vie, de réintégrer positivement la société. Elle a un suivi à l’extérieur du centre. Elle est encadrée.

Elle a la chance d’être vue. L’un de ses enseignants remarque son potentiel. Il l’encourage à retourner aux études. «Il m’a expliqué à quel point c’est important, l’éducation. Que je serais alors capable de vivre dans toutes les sociétés.» Sarah reprend sa bonne humeur. Elle vient de terminer ses études collégiales. Deux ans d’efforts rendus possibles grâce à une aide financière provenant d’un organisme albertain, CAUSE Canada.

Aujourd’hui, elle est reconnaissante. Elle attend ses résultats finaux pour savoir si elle pourra poursuivre son parcours: étudier la comptabilité à l’université.

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Enfants soldats: les anges de la guerre

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Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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L’armée, nouveaux rêves pour les jeunes

L’armée, nouveaux rêves pour les jeunes

Raymond Viger             Dossier Société

Sur de mes billets traitant de la mort de Michael Jackson, j’ai reçu près de 200 commentaires. Ce débat s’est divisé sous plusieurs angles. J’ai demandé aux internautes de rester dans le sujet. Pour respecter la consigne de la pertinence des commentaires en lien avec le billet, je me suis engagé à écrire des billets sur les sujets que j’ai demandé de garder au frais.

C’est ainsi que j’ai publié un billet écrit pour Reflet de Société sur le tatouage et le body piercing. J’ai aussi écrit un billet sur les comparaisons de popularité entre Elvis Presley, Michael Jackson et 2Pac.

Malgré tout, il y avait un dernier sujet que j’avais demandé que l’on écarte. Un débat sur l’armée et la vie dans les Forces armées. Je reprends ici quelques commentaires que nous avions eus et vous laissant le soin de reprendre le débat.

Ruiz: Aucun diplôme, aucun rêve, mauvaises notes. Mais ça n’empéche pas que je peux m’exprimer mieux que n’importe qui.

Claude: Les diplômes et les bonnes notes ne sont pas garants d’une philosophie de vie et d’une capacité de s’exprimer. Tu possèdes Ruiz de grandes qualités. Continue de les cultiver et gardes contact avec celles-ci.

Je suis surpris que tu dises que tu n’as pas de rêves. Avec la philosophie et la sagesse que tu as je m’attendais à ce que tu aies des rêves et des objectifs. Es-tu sûr que tu n’as aucun rêve qui ne t’habite?

Ruiz: Tireur d’élite dans l’armée de terre, c’est tout nouveau donc c’est pas un réve de gamin. Pour l’instant je vais faire des stages pour l’armée de terre et si je m’engage j’entrerais dans l’infanterie c’est à dire les soldats de premiere ligne, sur le terrain et arme à la main. C’est pas impossible, suffit que je sois bon à l’entrainement de tir, ce n’est pas vraiment un rêve mais c’est ma première ambition.

BAxT: Concernant ton entrée dans l’armée, ayant moi-même fait cette expérience, je tiens seulement à te préciser que le travail avec ton arme ne représente qu’un faible pourcentage de ton temps de soldat. Surtout au début (note que c’est différent si tu vas en combat à l’étranger dans ta 2e année).

De plus, depuis 1990, l’entrainement de l’armée est beaucoup plus orienté vers le côté psychologique, que le côté guerre.

Lors de ta première année d’entrainement, tu n’auras à peu près jamais ton arme à la main. Car tu ne sera qu’un zombie manipulé psychologiquement. C’est pourquoi les instructeurs se protège. Car y’en a qui pêtent leur coche.

De plus, certaines personnes avec un certain passé aggravent certaines maladies à cause de cela. Beaucoup d’instructeurs militaires n’ont pas vraiment de formation psychologique pour les comprendre. Et certains d’entres eux ne reconnaissent même pas l’existence de certaines maladies comme la dépression (pour eux, ce n’est que pour les faibles).

Trop d’instructeurs manquent littéralement de scolarisation, alors ils pataugent dans leur croyance, plutôt que la connaissance et la compréhension.

Et si dans le future tu tombes malade à cause de tes formations militaires, la procédure actuelle de cette armée est de simplement te laisser tomber, te pousser au suicide, se débarrasser de toi au plus vite… pour pas te payer de soins.

Alors si tu y vas, je te souhaite bonne chance. Car j’en connais beaucoup à l’époque de la Yougoslavie, qui se sont suicidés depuis.

Quand tu prends une personne avec un secondaire 4 seulement, et que tu lui donnes le grade de sergent instructeur de recrue (parce qu’il a fait de la bonne job sur le terrain), que tu lui donnes le droit d’utiliser des techniques de manipulation psychologique coercitive extrêmement complexe (et dangereuse pour un être humain), que même des docteurs en psychologie n’utiliseraient que sous d’intenses supervisions médicales, le risque pour notre société est GRAND. Les risques pour un citoyen l’est encore plus.

Monsieur Viger comprendra surement ce que je veux dire ici. C’est comme donner la charge de décider de la médication et du traitement d’un patient à une préposée aux bénéficiaires… alors que c’est la job d’un médecin pour plusieurs raisons…

Ruiz: Merci BAxT pour tes informations. Évidement je ne m’attends pas toujours à être sur le terrain et je me doute que les instructeurs ne seront pas tendres, pour eux la dépression comme tu le dis peut être vu comme de la faiblesse. Merci pour tes explications.

 

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