Guy Sioui Durand : sociologue engagé

Le sociologue Guy Sioui Durand m’avait donné rendez-vous dans le parc Cartier-Brébeuf à Québec, jadis une terre iroquoienne. Il vit dans un condo limitrophe à celui-ci, une façon pour lui de «recoloniser» la terre de ses ancêtres.

Un texte de Flora Lasalle – Dossier Autochtone


Premiers pas dans les arts

«Je viens d’une réserve, donc j’ai vu beaucoup d’artisanat. Mes grands-parents travaillaient avec mes oncles, j’étais tout jeune. Il s’agissait alors d’artisanat commercial qu’ils revendaient. Je baignais déjà dans un univers artistique.»

Malgré l’omniprésence de l’artisanat dans la vie du garçon, Guy a 14 ans lorsqu’il assiste à un événement artistique pour la première fois. Il s’agit de l’Exposition universelle de 1967 Terre des Hommes, organisée à Montréal: «Dix artistes amérindiens contemporains sont invités à créer des grandes fresques qui ornent le pavillon indien. Il y a, entre autres, Norval Copper Thunderbird Morrisseau, mais aussi Jean-Marie Gros Louis de ma communauté, en tandem avec le Mohawk iroquois Tom Hill. Ils conçoivent ensemble l’arbre de paix sacré. Les œuvres d’art comportent toutes un message politique et moi, jeune ado à l’école secondaire, je ne comprends pas vraiment, mais je vois. C’est la première fois qu’on montre la réalité de ce qu’est la vie des Indiens au Canada dans les réserves, donc c’est un moment d’histoire majeur, et c’était aussi mon premier contact avec les arts.»

… la maîtrise de ce qu’il appelle «les outils occidentaux pour comprendre et expliquer la société

L’exposition prend place deux ans avant l’Indian Movement, la révolte des Indiens aux États-Unis. Pour Guy, ce regroupement d’artistes annonce déjà leur réengagement au sein de la société, leur volonté de faire de l’activisme et du militantisme par l’art.

La voie du pionnier

Guy Sioui Durand étudie en sciences humaines et se spécialise dans l’art. Soutenu par le célèbre sociologue Jean-Charles Falardeau, il réalise une thèse en sociologie. Les cours universitaires lui apprennent la maîtrise de ce qu’il appelle «les outils occidentaux pour comprendre et expliquer la société».

Grâce à cela, il offre une expertise des arts autochtones qu’il observe de l’intérieur. Son statut d’Amérindien lui permet en effet d’être au plus près de son sujet de recherche. Malgré une époque où le racisme envers les Autochtones est encore fort, Guy se forge une réputation grâce à la qualité de ses recherches et des expositions qu’il organise et à sa proximité avec les artistes.

«J’ai été le premier Wendat à donner un cours Histoire de l’art autochtone à l’Université Laval à la demande des étudiants. J’ai aussi été chargé de cours à l’Université du Québec à Chicoutimi, trois fois. Les étudiants m’ont connu par mes écrits, parce que je me suis lié à un centre d’artistes autogéré. Je suis avec mes amis l’un des fondateurs de la revue Inter art actuel, rattachée au centre en art actuel de Québec. J’ai donc eu comme complices les artistes.»

Le système universitaire est simplement en faveur des allochtones, donc là-dessus il y a du chemin à faire, c’est un combat de terrain

Il développe aussi une sociologie de l’art de terrain. Pour lui, parcourir les territoires pour voir les œuvres et en parler oralement est primordial. Son travail ne s’arrête pas aux frontières canadiennes. Il est aussi bien appelé en Asie et en Amérique du Sud qu’en Europe. Il devient un expert et un porte-parole des artistes autochtones. N’étant rattaché à aucune institution, il explore ce qu’il souhaite et parle en toute liberté.

Un indien de service

Les Autochtones ont été longtemps l’objet de la sociologie. Encore aujourd’hui, et Guy le regrette, la majorité des anthropologues et des historiens des arts sont occidentaux. «Nous, nous sommes un objet d’étude. Mais depuis la résurgence, il y a aussi la voix d’Amérindiens et c’est très nouveau qu’on nous donne la parole. On l’a prise dans certains milieux comme celui de l’art, mais on est invités dans de gros colloques comme “Indiens de service” du milieu francophone. On n’est pas là en tant que maîtres, ce sont souvent des blancs qui dirigent la discussion.»

Malgré ses diplômes, Guy n’a pas eu l’opportunité de devenir professeur d’Université: «Le système universitaire est simplement en faveur des allochtones, donc là-dessus il y a du chemin à faire, c’est un combat de terrain. C’est difficile d’être à la fois l’objet et le sujet d’étude. J’occupe cette position singulière. Aujourd’hui je suis vu comme un spécialiste par le peu qui ont fait ça et ma pensée, on en tient compte. Mais ce n’est pas grâce à un titre, ou à un poste. J’ai enseigné à l’université, mais je ne suis pas professeur.»

Cette condition le force parfois à se battre pour des droits primaires, comme celui d’être légitimement rémunéré pour des contributions dans les institutions savantes, par exemple. Ainsi revient-il sur l’un de ses derniers colloques.

«Pensant que nous sommes tous des professeurs salariés, ils ne paient pas. Ils te font venir comme l’Indien de service. Moi, comme bien d’autres hors institution, revendiquons un cachet. Pourquoi ? Par justice. Il y a peu de temps, je suis intervenu dans une université à Montréal. On nous proposait tous 100 pièces, mais moi j’ai dit “C’est 150, je viens de Québec. Tu paies au moins mon transport!” Une artiste s’est levée avec moi. À la fin, ils nous ont offert 500 pièces à chacun. Comme quoi! Ce n’est pas facile même quand tu connais les rouages. Mais quand tu n’en sais pas trop et que l’on t’invite, tu es content: c’est le cas pour la majorité des Indiens, mais aussi des artistes en général.»

Refuser la victimisation

Le sociologue constate la liberté de parole que l’on offre depuis peu aux Autochtones. Les Canadiens s’intéressent davantage à leur condition. Pour autant, il ne pense pas que ce soit de la bonne manière: «La société dominante actuellement est très conciliante, on s’intéresse beaucoup aux Amérindiens, mais à travers la victimisation, le malheur: vérité et réconciliation, les itinérants de la rue, les aides et tout ça.» Une démarche qui a le don de l’agacer. Lui ne veut pas être vu comme tel.

À l’image de ses descendants, il est combatif: «Moi je suis un affranchi, je suis le contraire de ça. C’est particulier et ce n’est pas une position dominante. Lorsque j’organise une exposition, je n’ai pas d’institution derrière moi, je n’ai pas d’équipe. On le fait par conviction. Je me sens jeune et vieux en même temps. J’ai plein d’énergie, j’ai une expertise que j’ai construite par moi-même. Dans le monde amérindien, je suis érudit, puis en plus je suis un Wendat, donc je suis vindicatif. La victimisation très peu pour moi. C’est ça que ça veut dire.»

Son objectif est ainsi de représenter les artistes amérindiens de la manière la plus juste. Conscient de l’impact de son travail, il est primordial pour lui que les Autochtones aient la possibilité de s’exprimer et que leurs voix soient entendues et considérées.

«Mon parcours, je l’ai fait en faisant de la route et en étant – des mots extrêmement importants – responsable et enthousiaste. Je suis dans le monde de la recherche, l’art actuel, l’art d’expérience aussi, donc avec le temps tu comprends que tu peux devenir un modèle ou une source de savoir, une référence, et ça devient important pour les tiens, pour ton monde et aussi dans le monde. Il y a toujours cette tentation, avec le temps, d’arrêter, mais il nous faut une relève, il faut qu’il y ait une suite.»

Portrait : gracieuseté Guy Sioui Durand

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Incursion à Manikanetish

Durant 3 ans, Naomi Fontaine a enseigné le français à l’école secondaire d’Uashat, une réserve innue située à deux pas de la municipalité de Sept-Îles. Ses classes débordaient alors d’adolescents brillants et épatants, de modèles inspirants de résilience.

Un texte de Alexandra Duchaine – Dossier Autochtone

«Mes jeunes étudiants vivaient des épreuves à première vue insurmontables, des difficultés que des adultes ne sauraient surmonter, raconte la professeure. Mais, robustes, ils trouvaient toujours les outils pour en sortir plus grands», ajoute-t-elle.

Je voulais qu’ils se voient à travers mon œuvre et qu’ils soient fiers de ce qu’ils sont

Par le biais de son deuxième roman, Manikanetish Petite Marguerite, Noami Fontaine souhaitait énoncer le courage et la force des adolescents d’Uashat.

«Je désirais rendre hommage aux jeunes Innus de la Côte-Nord, met au jour l’écrivaine. Je voulais qu’ils se voient à travers mon œuvre et qu’ils soient fiers de ce qu’ils sont», explique-t-elle. Elle-même innue, Noami Fontaine a quitté Uashat alors qu’elle n’était qu’une enfant.

Hommage aux jeunes

Dans son récit, Naomi Fontaine a romancé ses échanges avec les étudiants de Manikanetish, l’école secondaire d’Uashat où elle enseignait. Le lecteur y découvre le quotidien semé d’embûches d’un petit groupe d’adolescents. Il fait connaissance avec Marc, Mikuan, Myriam, Mélina, entre autres, qui font face au racisme, à la pauvreté, aux grossesses impromptues.

Les uns survivent au suicide d’un proche, les autres au décès tragique d’un pair.

Les peines que connaissent les protagonistes de l’autofiction sont loin d’être exagérées. «À Uashat, la vie n’est pas facile, se désole Naomi Fontaine. Il fallait que je partage les obstacles que les jeunes affrontent, que je les révèle aux yeux du monde», souligne la candidate à la maîtrise en littérature de l’Université Laval. Tous les personnages et péripéties trouvent ancrage dans la réalité.

Les jeunes innus de la communauté qui ont lu Manikanetish se reconnaissent dans la parution. «Ils sont satisfaits et fiers du portrait que je leur propose», avance Naomi Fontaine. Car le tableau que peint la littéraire reste réaliste, certes, mais n’est pas du tout misérabiliste. Les Innus au centre du roman sont intelligents, travaillants, assidus, créatifs et passionnés. Ils poursuivent leurs études même si à la maison, rien ne va. Ils s’impliquent à l’école, montent une grande pièce de théâtre. Ils rêvent d’un bel avenir, de quitter la réserve ou de devenir infirmiers, et se serrent les coudes dans l’espoir de jours meilleurs.

Manikanetish révèle une communauté innue solidaire, tissée serrée, d’où l’amour émane.

En complément à Reflet de Société +

Retrouvez l’entrevue de Naomi Fontaine à Radio-Canada sur son premier livre Kuessipan.

Extrait lu du roman Manikanetish :

Crédit vidéo : François Bon.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Avant les rues: la guérison de Manawan

Mahdia Mellal | Dossier Autochtone

Le cinéma québécois est gratifié depuis 2016 du premier long métrage de Chloé Leriche qui est aussi le premier film réalisé en langue Atikamekw.

Fait loin d’être anecdotique, la réalisatrice n’appartient pas à la communauté et ne parlait pas la langue. Le tournage D’Avant les rues a eu lieu à Manawan, un village amérindien de Lanaudière. Chloé a choisi de confier les rôles à des habitants du village sans expérience dans le domaine, autant dire un défi de taille.

La jeune femme férue d’images avoue ne pas l’avoir été dans son jeune âge et pour cause: pas de télé chez elle et encore moins de passion pour le septième art dans son entourage. En revanche, une grande proximité avec d’autres formes d’art. Son attirance pour les images a été suscitée par l’aspect humain, social et le message qu’elles véhiculent.

Réalisatrice de courts métrages, Chloé confie qu’elle aborde une nouvelle étape de sa carrière. «Je retournerais probablement au court métrage, ce n’est pas une voie arrêtée. Pour moi le court et le long métrage sont deux choses différentes.

Par contre, ce film représente d’une certaine façon un accomplissement: faire un long métrage signifie un engagement vis-à-vis de la communauté et implique de trouver le financement et de convaincre les bailleurs de fonds.» Et le budget du film fut de 1,3 million de dollars, dont 20% fut investi par l’équipe.

Liée au début de sa carrière au monde de la vidéo, Chloé a notamment été formatrice pendant plusieurs années au Wapikoni mobile. Une première immersion dans la réalité autochtone pour la réalisatrice.

Mais avant de se lancer, elle a longuement réfléchi: «Quand j’ai commencé à fréquenter les communautés, j’ai reçu un choc… J’ai découvert leurs problèmes sociaux et j’ai voulu en parler, mais pas juste ça, tenter aussi de faire évoluer les choses. Le racisme est nourri par l’ignorance et la méconnaissance de l’autre et je trouve que la fiction est un outil très fort qui permet de s’attacher à un personnage. J’aurais bien pu en faire un documentaire, mais selon moi, la fiction peut faire une différence.»

https://player.vimeo.com/video/157231893

BEFORE THE STREETS- (AVANT LES RUES)- by Chloé Leriche (trailer) in theaters april 15th from Funfilmdistribution on Vimeo.

Les relations humaines sont au cœur de sa démarche. Le choix de la distribution non professionnelle est fondé sur plusieurs critères: offrir un tremplin aux jeunes qui souhaitent découvrir le métier d’acteur et l’occasion de s’exprimer sur leurs préoccupations. «Je voulais que les acteurs endossent le film avec moi. Ils sont amateurs, mais ils représentent bien l’idée que je souhaite véhiculer dans le film, les principaux acteurs sont des artistes et sont investis dans la promotion des arts autochtones», explique la réalisatrice.

Chloé Leriche n’a pas manqué de souligner l’ouverture de la communauté Atikamekw. Conscients des retombées socio-économiques, les chefs lui ont ouvert les portes de la réserve et sont allés jusqu’à soutenir financièrement le projet. Cela dénote le besoin réciproque de communiquer avec le monde extérieur. Avant de lancer son film, Chloé a d’abord cherché l’approbation des 3 chefs de la communauté et les 58 conseillers. Comble de la situation, le jeune femme extérieure au milieu leur en a appris sur eux.

Au-delà des défis imposés par le film, entre ajustements et différentes difficultés de gestion sur place, l’artiste reconnaît la complexité sur le plan émotif, tant pour elle que pour les acteurs.
Jacques Newashish qui joue le rôle du beau-père de Shawnouk (l’acteur principal) précise: «Mon rôle, je l’ai vécu avec beaucoup d’émotions, il reflète tellement ma vie, je suis moi-même père de famille et je travaille souvent avec les jeunes de ma communauté. Je vis les difficultés relationnelles qui sont racontées dans le film. Ça me parle.»

Le Québec est à une époque charnière quant à la réhabilitation et à la réparation de son histoire envers les populations autochtones, le travail de Chloé Leriche s’inscrit-il dans cette ligne?

«Humm… c’est sûr, j’ai entamé ce projet il y a de cela 10 ans et c’était déjà d’actualité, mais j’ai aussi beaucoup de fascination pour cette culture ancestrale, je ressentais le devoir d’en parler, pour faire bouger les choses.»

Vous l’avez compris, Chloé n’a pas fini de faire parler de la culture et de la réalité autochtones. Le sujet étant peu documenté, elle demeure consciente de la lourde responsabilité qui repose sur son œuvre.

Manawan en quelques faits

La réserve de Manawan, située entre Val-D’Or et Montréal, compte 2 000 habitants. La langue parlée est l’atikamekw qui a intégré le système éducatif au même titre que le français. Sa transmission orale ne s’est jamais arrêtée à travers les siècles.

Sur le plan économique, la communauté est largement dépendante de l’exploitation forestière, même si l’ethnotourisme est un secteur prometteur. Néanmoins, Manawan souffre d’un chômage élevé, d’un revenu moyen inférieur à la moyenne provinciale, d’une dépendance aux fonds fédéraux et d’un manque de scolarisation.

La communauté a entre autres décidé de faire face à ses problèmes sociaux (suicide, alcool, etc.) en reconnaissant la gravité de la situation et en mettant l’accent sur la santé, les services sociaux, la police et l’éducation. Manawan dispose d’une école secondaire pour permettre à des jeunes d’étudier un peu plus longtemps.

La particularité de Manawan est qu’elle mise sur l’autonomie en termes de télécommunication et le développement technologique. Depuis 2005, le conseil Atikamekw de Manawan est inscrit comme transporteur de télécommunication auprès du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) et il est propriétaire de 200 km de réseau de fibres optiques allant de Manawan à Joliette. Leur service internet est autant offert à des particuliers qu’à des entreprises.

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    Liberté – Un sourire intérieur

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    Un livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

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    Même prix que le premier livre publié en 1992 avec le même nombre de pages et écrit avec le même amour: 9,95$.

    Après la pluie… Le beau temps

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    Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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    Pensionnats autochtones

    Commission de vérité et de réconciliation du Canada

    L’impact du rapport

    Reflet de Société s’était rendu en 2013 à la Commission de vérité et de réconciliation du Canada (CVRC) lors d’une audience à Montréal.

    Flora Lasalle | Dossiers  AutochtonePolitique

    Cet événement avait regroupé des Autochtones venus de tout le Québec, bouleversés par le fait de se replonger dans leur histoire vécue au pensionnat. À quoi ont servi tant d’efforts? Suite à la sortie du rapport de la CVRC en juin, des changements se préparent.

    Retour sur les traitements

    cvrc rapportDepuis 2009, la CVRC s’est déplacé à travers le Canada pour récolter des témoignages concernant les pensionnats indiens. Elle fut mandatée par le gouvernement canadien afin de relater la réalité des pensionnats entre 1874 et 1996. Le 3 juin 2015, la CVRC a diffusé son rapport, mettant en lumière cette époque de l’histoire du Canada.

    Comme il lui a été demandé, la CVRC ne fait aucune interprétation des paroles des survivants. Elle expose des faits le plus objectivement possible, en offrant l’anonymat aux victimes qui le désirent, ainsi qu’aux prêtres, enseignants et religieuses n’ayant pas avoué leurs méfaits ou ayant été condamnés pour ces derniers. Les auteurs décrivent les kidnappings d’enfants dans les familles, les traitements violents au sein des pensionnats, en utilisant telles quelles les paroles des survivants.

    Le rapport de 274 pages est capital pour l’histoire du Canada. Pour la première fois, un organisme mandaté par l’État affirme sa volonté d’anéantir la culture des Autochtones. On parle enfin de «génocide culturel», un terme faisant débat et que certains politiciens et médias rechignent encore à employer. Ils préfèrent parler d’assimilation forcée ou d’ethnocide. Pourtant, il s’agissait bien d’extermination volontaire et planifiée d’une culture.

    Selon la définition du génocide de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l’ONU, il y a bien eu atteinte à l’intégrité physique et psychique des personnes (violences, abus sexuels, sous-alimentation, enfants numérotés, cheveux coupés courts, habits traditionnels jetés…), soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe (séparation des membres d’une même famille, interdiction de parler la langue maternelle) et des transferts forcés d’enfants du groupe visé vers un autre (150 000 enfants envoyés de force dans des pensionnats religieux entre 1872 et 1996, menaces aux parents qui s’opposent au départ de leurs enfants vers les pensionnats).

    La CVRC souligne aussi qu’au moins 1 enfant sur 25 mourrait dans ces pensionnats, ce chiffre ne faisant pas état de ceux morts après leur expérience traumatisante.

    Incidences politiques

    pensionnats autochtonesL’Assemblée nationale du Québec a voté à l’unanimité la motion affirmant le fait que «les pensionnats autochtones étaient un outil de génocide culturel à l’égard des nations autochtones du Québec».

    Philippe Couillard en a lui aussi employé l’expression: «On parle d’une tentative délibérée d’effacer l’identité, la langue et la culture d’un peuple, on peut appeler ça un génocide culturel».  Mais au fédéral, Stephen Harper et Bernard Valcourt (ministre des Affaires autochtones) évitent d’utiliser cette expression dans leur discours. Serait-ce le fait que la reconnaissance d’un génocide implique juridiquement un devoir d’intervention?

    En effet, sur les 94 recommandations de la CVRC pour l’insertion sociale des Autochtones, le gouvernement fédéral s’est pour l’instant engagé à en appliquer deux. Il a déjà versé des compensations financières aux anciens élèves entre 2007 et 2011. Il s’engage à ouvrir un Centre national de vérité et de réconciliation dans l’Université de Manitoba (Winnipeg) et d’offrir un apport financier pour faire connaître l’histoire des pensionnats au Canada, en particulier dans les écoles.

    Même si ces deux mesures sont primordiales pour ouvrir le chemin vers une réconciliation, le gouvernement fédéral est resté silencieux face aux autres recommandations.

    Parmi elles: la préservation des langues autochtones, la transparence sur les difficultés sociales auxquelles font face des Autochtones, la protection de l’enfance, le respect des traités avec les Autochtones, l’ajustement du droit des Autochtones d’ici au droit international, la diminution des écarts en matière de santé, de justice, d’éducation et d’égalité des chances entre les Autochtones et le reste de la population canadienne.

    Tant que le gouvernement sera réticent à entreprendre ce grand chantier, la réconciliation s’avèrera difficile. Un premier pas a été entrepris, mais il demeurera insuffisant tant qu’il ne sera pas accompagné d’autres mesures. Une affaire à suivre…

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      Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

      Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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      Minnie Grey et la Santé des Inuits dans le Nunavik

      Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

      Prix hommage à Minnie Grey

      Raymond Viger | Dossiers Justice, Autochtone

      La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse souligne le parcours exceptionnel de 40 personnes qui font avancer les droits et libertés au Québec.

      Une des récipiendaires que j’ai eu la chance de croiser lors de mes interventions dans le Grand Nord:

      grey-minnie inuit grand nord kujjuak chartes droits et libertésMinnie Grey, directrice générale, Régie régionale de santé et des services sociaux du Nunavik (Kuujjuaq).

      Je suis heureux et fier d’avoir aussi été nominé en même temps que Minnie Grey.

      J’ai voyagé le Grand Nord de 1995 à 2000. Déjà à cette période, on m’avait souligné l’importance que Mme Grey avait pour la défense des droits des Inuits.

      Parce qu’à cette époque, les Blancs s’accaparaient les postes de contrôles budgétaires dans le Grand Nord. En théorie, les décisions devaient se prendre par des Inuits. En réalité, des Blancs prenaient les décisions et présentaient les papiers à signer à des Inuits mis en poste pour se limiter à les signer.

      Minnie Grey fait parti des premiers Inuits à dire non à ce système d’esclavagisme que les Blancs avaient instaurés dans le Grand Nord. Le pouvoir Inuit aux Inuits.

      D’un côté, je suis fier que l’on remettre aujourd’hui ce prix honorifique à Minnie Grey. Je suis aussi fier de recevoir le mien en même temps que le sien. Je suis cependant déçu que le Québec ait mis tant de temps avant de reconnaître l’importance de Minnie Grey.

      Ordre National du Québec

      Apôtre du changement, Minnie Grey a toujours travaillé au mieux-être des membres de sa communauté, les Inuits, notamment ceux du Nunavik.

      Outre qu’elle fut consultante auprès de diverses organisations, elle fut directrice (1991-2000) de l’Hôpital de l’Ungava, directrice (2000-2002) de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, négociatrice en chef (2002-2008) puis négociatrice principale (2008-2011) pour l’autonomie du Nunavik.

      Depuis 2013, elle est directrice générale de la Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik. À de multiples occasions, Mme Grey s’est exprimée haut et fort sur trois enjeux chers aux siens – l’enseignement, le devenir de la jeunesse, l’autonomie de pouvoir – devant des décideurs publics, des universitaires, des intellectuels et des dirigeants d’organismes internationaux comme l’ONU.

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        Abonnement au magazine Reflet de Société

        Une façon originale de soutenir notre intervention auprès des jeunes.

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        La Cour suprême impose de discriminer les autochtones

        Discrimination autochtone

        Principe et rapport Gladue

        Un homme passe devant le juge, ce n’est pas sa 1re comparution. En réalité, il est dans le système judiciaire depuis ses 13 ans, mais ce n’est que maintenant qu’une information importante émerge: il est à demi autochtone. Un rapport Gladue est demandé…

        Delphine Caubet | Dossiers JusticeAutochtoneCriminalité.

        Le principe Gladue fait référence à l’alinéa 718.2e) du Code criminel. Selon la loi, les autochtones doivent être confrontés à une discrimination systémique de la part du système judiciaire. Il s’agit d’une disposition réparatrice vis-à-vis des préjudices qu’ont connus les Premières nations par le passé.

        Principe Gladue

        Concrètement, cela signifie que pour diminuer la surreprésentation des autochtones en prison, les juges sont invités à modifier leur mode de détermination de sentences.

        D’après le jugement Ipeelee de la Cour suprême du Canada, «la détermination de la peine est un processus individualisé», et le principe Gladue doit «encourager le juge à aborder la détermination de la peine dans une perceptive corrective.» L’objectif est de protéger la société, tout en réadaptant le contrevenant et en l’aidant à se réinsérer dans la collectivité.

        Les juges doivent changer leur pratique de détermination de la peine pour répondre aux besoins des délinquants autochtones et de leur collectivité. Ils doivent porter une attention particulière aux circonstances dans lesquelles se trouve le contrevenant.

        Les tribunaux doivent également prendre connaissance des valeurs du délinquant, de sa communauté, de l’Histoire de cette dernière et des traumatismes qu’elle a connus. Car si ces évènements sont anciens, les conséquences sont actuelles avec un faible de taux de scolarisation, de graves problèmes d’alcool, de chômage et de violence.

        Dans l’arrêt Ipeelee, les juges de la Cour suprême précisent que «ne pas tenir compte de ces circonstances contreviendrait au principe fondamental de la détermination de la peine.» À noter que d’après ce jugement, rien n’empêche de tenir compte de ces mêmes facteurs historiques et systémiques pour les délinquants non autochtones.

        Rapport Gladue

        Toutes ces informations concernant le contrevenant sont la responsabilité de son avocat. Elles doivent être dans un rapport, appelé rapport Gladue. Ce document est préparé par l’agent de probation, le conseiller parajudiciaire ou l’avocat de service. Les informations nécessaires au processus de détermination de la peine sont: l’histoire et les circonstances du prévenu, et des mesures pénales de rechange à l’incarcération.

        Toutes ces recherches et alternatives autour de la spécificité des autochtones ne réduisent pas nécessairement leur peine.

        Lors du jugement de la Cour suprême dans l’affaire Gladue, les juges précisent que «l’alinéa 718.2e) ne doit pas être considéré comme un moyen de réduire automatiquement la peine d’emprisonnement des délinquants autochtones. Il ne faut pas présumer non plus que le délinquant reçoit une peine plus légère pour la simple raison que l’incarcération n’est pas imposée.» Les juges de la Cour suprême stipulent également dans l’arrêt Ipeelee que la «sanction pénale est le dernier recours.»

        Malgré cette théorie, sur le terrain, seul le juge est à même d’utiliser adéquatement le rapport Gladue. D’après Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme de soutien aux communautés autochtones), «il est parfois frustrant de constater l’utilisation du rapport par les juges.»

        Ces derniers, de même que les avocats, peuvent être mal informés sur la réalité autochtone et mal comprendre les problématiques. Les sanctions peuvent en conséquence être mal adaptées au contrevenant.

        Contexte global

        Malgré que la Cour suprême du Canada ait réitéré en 2012 sa volonté de diminuer la surreprésentation carcérale des autochtones, le contexte politique empêche de voir la réalisation de ses volontés.

        Le magazine National constate que «le gouvernement fédéral a incorporé dans la loi des peines minimales obligatoires et limité le pouvoir discrétionnaire des juges à imposer des peines d’emprisonnement avec sursis qui permettent aux délinquants de purger leur peine dans la collectivité.»

        Concrètement, même si le taux de criminalité est à son plus bas en 40 ans, la population carcérale, elle, augmente. Le jugement Gladue de la Cour suprême du Canada date de 1999, pourtant en 10 ans, le taux de femmes autochtones en prison a augmenté de 90%.

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          Premières nations et justice

          Pouvoir judiciaire des autochtones

          Les comités de justice

          Notre système judiciaire classe les personnes par catégorie: victimes et agresseurs. Mais bien souvent, la réalité n’est pas aussi simple. Si l’on observe le passé des contrevenants, des troubles peuvent s’ajouter. Les agresseurs ont pu être des victimes, et la victime d’aujourd’hui peut être l’agresseur de demain. Autant de mélange et de marasme dans une société qui aime l’ordre et le rangement.

          Delphine Caubet | Dossiers CriminalitéAutochtoneJustice.

          Ministère justice collaboration autochtone indiens réservesMais pour les autochtones, la justice prend un autre sens. Alors doucement, certaines communautés tentent de travailler avec les instances officielles pour adapter la justice à leur réalité.

          La conception de la justice entre autochtones et allochtones est différente, comme l’explique Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal.

          Au Québec, on a une justice punitive, avec une approche contradictoire, basée sur le modèle défense/accusation, et «ça n’a pas de sens», ajoute la professeure.
          Au contraire, les autochtones mettent l’accent sur la responsabilisation et la guérison. Il est difficile de généraliser pour l’ensemble des communautés, certaines ayant une conception de la justice plus intransigeante que d’autres. Mais un point commun émerge: nombre d’entre elles émettent le souhait d’assister le système judiciaire.

          Vision de la justice

          Les comités de justice sont conçus en complément du système judiciaire traditionnel. Ils ne le remplacent pas. Car punir un crime n’est pas suffisant, il faut observer le contrevenant comme une personne, et comprendre comment il a pu en arriver là.

          Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, donne l’exemple d’un homme passant devant les tribunaux pour agression. Sa famille n’était pas présente, et lui-même n’avait pas conscience du pourquoi de ses actes. Grâce au rapport Gladue (rapport destiné à éclairer la cour sur l’individu et son passé), il a été dévoilé que le contrevenant fut victime d’agressions sexuelles par le passé. Une simple détention ne résoudrait donc pas son problème.

          Philosophie

          Les comités de justice ont une approche réparatrice, et la discussion avec la victime et le prévenu y est très importante. Le contrevenant doit accepter la responsabilité de ses actes et réparer ses méfaits.

          Pendant les séances, la victime et le contrevenant émettent des solutions et besoins pour résoudre ce conflit. Le comité de justice fait par la suite des recommandations au juge quant à la sanction à donner.
          L’idée est de déjudiciariser les autochtones pour les infractions mineures ou d’accompagner le système judiciaire et le prévenu lorsque l’incarcération est inévitable. Les sanctions substitutives font partie des mesures que peuvent recommander les comités de justice.

          Infractions

          Mais tous les contrevenants ne peuvent pas éviter la détention. Pour les infractions mineures (moins de 5 000$, vol…) l’autochtone est guidé vers la déjudiciarisation. Le juge abandonne les accusations contre des mesures de rechange.

          Mais lors de crimes sévères, les comités de justice font des recommandations, tandis que l’avocat du contrevenant peut demander un rapport Gladue pour éclairer la situation de son client, particulièrement s’il a de lourds antécédents.

          Cris

          Chez les Cris, les comités de justice sont répandus. Actuellement, 9 communautés ont des comités. Donald Nicholls, directeur du Département des services juridique et correctionnel du Grand conseil Cri, explique que la communauté choisit les membres qui représentent le mieux ses valeurs et ses normes pour siéger au conseil, où des formations leur sont offertes. Après quoi, ils peuvent travailler sur des cas de leur communauté.
          Les comités de justice veillent à ce que la cour tienne compte de l’Histoire des autochtones. Par le passé, les Cris ont connu des problèmes de violence domestique. Mais d’après Donald Nicholls, grâce aux comités de justice et le panel de services qu’ils offrent, ils arrivent à résoudre eux-mêmes ces problèmes.

          Travail d’équipe

          D’après Jacques Prégent, du Bureau des affaires autochtones du Québec au Ministère de la Justice, toutes les communautés pourraient développer des comités de justice. Mais en pratique moins de la moitié l’ont fait. Environ 20 communautés sur 54, sans représentation homogène selon les peuples.

          Les Innus, par exemple, n’ont pas mis en place de tels comités. Car il faut une volonté de la communauté, explique Jacques Prégent. Peu de ressources sont disponibles, et il faut de bons candidats sur place pour les mettre sur pied. Si tout le monde peut faire partie de ces comités, ils ne doivent en aucun cas devenir politiques.
          En plus de candidats, les comités de justice ont besoin de fonds. Comme l’explique Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et de soutien aux communautés autochtones), le fédéral n’a pas augmenté le financement depuis plusieurs années. Donc, même si de nouveaux comités voudraient se former, ils n’obtiendraient que peu ou pas de financement du gouvernement fédéral.

          Dernier point pouvant expliquer que moins de la moitié des communautés aient des comités de justice: l’ordre des priorités.

          Pour les Innus qui n’ont pas de comité, «ils ont d’autres préoccupations, explique Lyne St-Louis, ils ont des inquiétudes par rapport à leur territoire. Et peut-être qu’à l’époque, ils avaient mal compris de quoi il s’agissait.»

          Sur les 2 dernières années, Jacques Prégent fait un constat positif des comités de justice. À quoi il conclut que «c’est un défi pour tout le monde.»

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