Le cerf-volant de ma vie

Un éditorial de Raymond Viger – Dossier Santé mentale

Je ne suis pas fou.

Je n’ai pas de problème de santé mentale.

Je suis juste différent.

Je ne pense pas comme toi.

Je n’apprends pas comme toi.

Je ne communique pas comme toi.

Mon cerveau ne réagit pas comme celui des autres.

Et c’est tant mieux.

C’est ce qui fait ce que je suis.

Ce qui explique le chemin parcouru.

Je suis différent et fier de l’être.

Quand tu commences à me parler et que je te dis arrête, je ne comprends pas.

Ou que je dois te poser une question pour mieux comprendre.

Ça ne te donne rien de continuer à essayer de me parler.

C’est totalement inutile de me crier après pour me dire que je ne t’écoute pas.

Prends le temps de m’écouter pour que je puisse rétablir la communication entre nous deux.

Pour que je comprenne mieux ce que tu essaies de me dire.

Parce que je deviens anxieux de ne pas avoir compris adéquatement.

Je dois reprendre ce que tu dis en te demandant : « Est-ce que tu veux dire…? », et te décrire les différentes interprétations que mon cerveau aura faites de ton discours.

Trop de chemins

Il m’est très difficile de lire un livre. Pour mieux comprendre les quelques bouquins que j’ai lus, je prenais des notes sur ce qu’il était important de retenir ou de comprendre de l’histoire. Un livre de 250 pages pouvait ainsi se résumer à une quarantaine. Cela me permettait par la suite de lire un condensé du livre sans que mon cerveau se perde dans toutes les distractions possibles.

 Je suis devenu un adepte des mots courts, des phrases courtes, des paragraphes courts… Des petites bouchées à apprécier une à la fois. Faut pas me donner le buffet au complet. Je m’y perds.

Dans mon cerveau il y a toutes sortes de ramifications. Jamais en ligne droite.

Ça lui arrive de devoir passer par la bande pour se rendre en avant.

Il faut que je respecte sa façon d’être et ce qu’il m’impose.

Apprendre un texte par cœur, ça se fait. Mais ça demande énormément de temps et d’énergie. Je dois mettre des images, des trucs mnémotechniques un peu partout. Ça fait un document lourd à porter. C’est pour ça que je ne peux vivre que par et pour l’improvisation.

Je suis aussi dyslexique. Non pas que j’inverse les lettres dans un mot, ça serait trop simple. C’est plutôt que je ne cesse de permuter les mots dans une phrase. Un sujet, un verbe, un complément, dit-on. C’est facile pour plusieurs, mais pas pour moi.

Le temps

La dyslexie est un monde à part. Je suis aussi dyslexique temporel. Je ne sais pas si c’est une différence reconnue en santé mentale, mais ça m’appartient. Je suis fait comme ça. Le lundi matin, je te donne une semaine pour remplir une mission. Je reviens en après-midi en te demandant si tu m’as oublié. Et c’est là que tu me réponds que nous sommes toujours la même journée et que la semaine prévue pour boucler le travail se termine… la semaine prochaine!

Le temps se bouscule dans ma tête. Ça ressemble à ces petites boules vitrées avec des flocons de neige dedans. On peut les brasser à l’infini et tout se mélange. Il y a des fois où j’ai l’impression que le bonhomme de neige dans le fond de sa cage, c’est moi. Un peu comme un phoque en Alaska pogné sur sa banquise. 

Je me considère du genre maniaco-dépressif. Je ne suis pas diagnostiqué, donc pas médicamenté. La médication peut être importante pour aider à stabiliser notre vie. Jusqu’à présent, j’ai eu la chance de pouvoir m’en passer. Ma vie est comme une montagne russe. Mais j’ai l’impression que je suis la plupart du temps dans une phase maniaque. J’ai aussi fait deux tentatives de suicide. Même si elle ne resurgit pas souvent, il doit y avoir une dépression latente, prête à refaire surface à tout moment.

Des drogues légales

C’est peut-être ce qui explique que je travaille 15 heures par jour, sept jours sur sept. Je ne pourrais même pas dire depuis combien d’années je n’ai pas pris de vacances. Genre sept ou huit ans. Je suis accro à l’adrénaline. Je n’ai pas le bonheur facile. Aucun photographe n’a réussi à immortaliser un de mes sourires.

C’est cette condition qui m’aura valu de compléter trois diplômes d’études collégiales dans trois écoles différentes. Ou, durant une autre période, d’être étudiant plein temps, travailleur plein temps et de m’occuper de ma mère et de ses traitements de chimiothérapie. Ou encore, pour m’acquitter de toutes mes responsabilités, de passer 148 heures sans dormir au moment de la naissance de mon garçon. Une époque où caféine et nicotine me tenaient éveillé et fonctionnel. Deux drogues légales, mais qui demeurent des drogues.

Quand tu consommes, chaque jour, une vingtaine de cafés et trois gros paquets de cigarettes, on peut dire que tu es dopé ben raide. J’étais malgré tout très vivable pour mon entourage… dans la mesure où ma drogue n’était pas loin. Quand je devais performer, ma drogue de choix était le café. Quand je devais ravaler mes émotions, je prenais une puff de cigarette. Pour demeurer viable dans ce monde, j’ai traversé 40 ans de ce régime, en ne dormant que quatre heures par jour et en passant une nuit blanche par semaine. Si vous n’avez pas encore pensé que j’ai un problème majeur entre les deux oreilles, sachez que je suis capable de me le dire tous les matins quand je me regarde dans le miroir.

Cerveau lent

Je pourrais me définir avec un peu de chaque maladie répertoriée en psychiatrie. Je dirais que, sans doute, ma principale différence réside dans la vitesse à laquelle certaines émotions ou certains échanges de communication se font dans mon cerveau. Étonnamment, en situation d’urgence, je peux réagir avec rapidité et froideur grâce aux particularités que me confère mon cerveau lent. Ne pas confondre avec un cerf-volant. Dopamine, sérotonine, adrénaline… La production de tout ce qui peut être in dans la vieet qui peut nous faire sourire ne s’effectue chez moi que lentement et difficilement.

Dans les parcs d’attractions, c’est à bord des manèges les plus intenses que je me sentais le plus vivant. Pendant que les autres criaient de peur à s’en déchirer les poumons, moi j’affichais calmement un sourire de complète béatitude. Les montagnes russes venaient de brasser mon petit bonhomme de neige intérieur et je voyais des flocons de neige partout.

Un cerveau lent peut s’avérer être une grande force. C’est dans l’aviation que je m’en suis rendu compte. Il y a près d’un demi-siècle, j’ai mené une carrière de pilote. La qualité des avions et la sécurité aérienne n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. En vol, quand un de tes moteurs prenait feu, tu n’avais que quelques minutes pour poser ton avion. Tu te posais là où tu pouvais. Des événements beaucoup plus fréquents à l’époque qu’aujourd’hui. En cinq ans, j’ai enterré 10 de mes confrères.

Atterrissage forcé

Un jour, je me retrouve au réservoir Gouin. On y voit des lacs à perte de vue. Un endroit peu invitant pour effectuer un atterrissage d’urgence avec un avion sur roues. La seule option qui s’offre à nous est un chemin en friche dans un état lamentable. Un long moment après l’atterrissage, mes passagers sont encore en état de choc. Difficile pour moi de comprendre leur réaction. En sortant de sa torpeur, un homme du groupe m’interpelle : « Raymond, quand tu faisais atterrir l’avion, tu n’arrêtais pas de siffler… Tu arborais un large sourire d’allégresse, comme quand un homme vient de faire l’amour à une femme pour la première fois… » Je n’ai jamais su s’ils m’avaient trouvé étrange, si je leur avais fait peur ou si j’avais accompli une bonne job.

Malgré tout, j’ai un cerveau en montagnes russes. Un cerveau lent, mais qui peut aussi être hypersensible à un rien. Pas n’importe quel rien, mais certains riens. Je suis capable de m’asseoir pour regarder pousser le gazon. Je l’ai fait avec une plante que, tous les matins, je regardais quelques instants. Comme si mon cerveau prenait une photo chaque jour. Et quand une feuille avait poussé, il me renvoyait toutes ces images en même temps pour en faire un film. Ce genre d’expérience m’inquiète parfois. Parce qu’on dit qu’avant de mourir, on revoit sa vie défiler devant soi.

Ce que je suis n’est pas nécessairement reconnu en santé mentale. C’est normal. On est tous différents. À l’aide de quelques étiquettes, la science tente de nous catégoriser. Il serait illusoire de vouloir créer des noms pour toutes ces particularités qui font de nous des êtres uniques.

Je suis différent. Je suis fier de mes différences. J’ai besoin que l’on me respecte dans ce que je suis, mais, surtout, que l’on m’accepte tel que je suis.

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Autres articles publiés dans ce magazine

RESSOURCES SUR LE SUICIDE

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GUIDE D’INTERVENTION DE CRISE AUPRÈS DE PERSONNES SUICIDAIRES

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

AUTRES TEXTES SUR SANTÉ MENTALE

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AUTRES LIVRES POUVANT VOUS INTÉRESSER

Après la pluie… Le beau temps; L’oiseau

L’oiseau

Extrait du livre hybride papier-numérique

Après la pluie… Le beau temps de Raymond Viger


Face à un ciel vaste et éclairé, un oiseau s’étire et se prépare à prendre son envol.

Il cambre ses ailes et accepte en lui le support du vent qu’il s’est créé.

Il fonce vers le bout du rivage.

Il a confiance en lui.

Il sait qu’il aura atteint sa vitesse avant la fin de la plage.


Soudain, c’est la métamorphose.

Il se retrouve dans les airs.

Son cœur bat à se rompre.

Fini la limitation terrestre

. Il s’élève selon son bon vouloir.

Il peut tour noyer au gré de ses fantaisies.

Liberté enfin retrouvée.

Il se retrouve.

Comme si la période terrestre n’était qu’un temps de pause entre deux envols

Un instant de maturation entre deux métamorphoses.


Dans une étendue céleste si vaste, il se sent petit, humble et respectueux.

Sa liberté de mouvement lui donne la sensation de faire partie de cette force de la nature.

Il découvre un accueil inconditionnel, un respect et un amour qui l’enveloppent.

La libre expression de ses changements d’attitudes de vol lui fait vivre cette paix et ce calme intérieurs.


Soudainement, l’ambiance de vol n’est plus la même.

La densité de l’air a changé.

La température fait un bond important.

Une certaine confusion prend place dans son cœur.

Il ne réussit plus à voir aussi loin.

Le décor commence à grisonner.


Ces signes avant-coureurs annoncent l’arrivée d’un changement majeur.

L’instinct naturel de cet oiseau lui permettra d’être à l’écoute de ces signes.

Sans plus tarder, il redescend tranquillement, avec prudence.

Même si ce vol est sa passion, il sait qu’il est préférable, pour un certain temps, de redescendre vers cette terre limitative.

Prendre le temps de se ressourcer pour son prochain envol.


Pendant ce temps, l’étendue aérienne s’est couverte d’un gris s’approchant du noir.

L’atmosphère est pesante et lourde en humidité.


Tout un chacun s’est abrité, le temps de laisser passer cette crise.

Le vent s’est levé.

Le vol n’aurait pu continuer dans des conditions de sécurité.

La force du vent dépassait largement les capacités de vol de cet oiseau.

Le tonnerre gronde à vous en faire perdre votre sérénité.


Les éclairs fulminent dans ce ciel déchaîné.

Même le soleil se cache derrière cette masse imposante de nuages noirs.

Ceux-ci s’élèvent à l’infini dans le ciel, comme des tours démoniaques nourries de vents ascendants d’une force insoupçonnable et accompagnés de turbulences capables de vous déchirer une aile en plein vol.


Après une forte averse de pluie et de grêle, le ciel se dégage et retrouve son calme habituel.

Sur la plage, face à un ciel vaste et dégagé, un oiseau s’étire et se prépare à prendre son envol.

Pendant sa métamorphose magique, cet oiseau médite un peu sur la condition humaine.


Si, comme un oiseau, les hommes pouvaient avoir le courage de prendre leur envol.

Si, comme un oiseau, les hommes pouvaient avoir la volonté de s’exprimer en toute liberté, en se respectant dans leurs attitudes.

Si, comme un oiseau, les hommes pouvaient apprendre à lâcher prise de temps à autres pour se ressourcer.

Si, comme un oiseau, les hommes pouvaient apprendre à faire confiance à cette petite voix intérieure pour éviter de se perdre dans la tempête.

Ce jour-là, peut-être, l’homme aura atteint la sagesse nécessaire pour rejoindre l’oiseau dans son calme et sa paix intérieure.


Dédié à tous mes amis et confrères de l’aviation.

À tous ces amis qui ont pris leur envol avec moi.

À tous ceux qui n’ont pas eu la chance de revenir au sol

Et qui sont restés dans ce ciel vaste et éclairé.

Amitiés, Raymond.  


croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilExtrait du livre Après la pluie… Le beau temps

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

Quelques extraits de Après la pluie… Le beau temps

Autres livres pouvant vous intéresser

Saul Alinsky, Barack Obama, Hillary Clinton et Pierre Péladeau

Organisateur communautaire

Les influences de Saul Alinsky

Saul Alinsky est un sociologue américain considéré comme le père de l’organisation communautaire. Hillary Clinton a écrit une thèse sur Saul Alinsky et Barack Obama s’en est aussi inspiré.

Raymond Viger | Dossier Communautaire

Hillary Clinton a écrit la thèse Une analyse du modèle Alinsky. Barack Obama s’en est inspiré pour son concept de démocratie participative (partage et exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique).

Un des principes est que le fondement des conflit peut être source d’empowerment (prise en charge de l’individu sur sa destinée économique, professionnelle, familiale et sociale).

Pourquoi je vous présente aujourd’hui Saul Alinsky?

J’ai reçu une classe d’animateurs culturels de l’Université Paris-Est Créteil. Référé par l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’objectif était de découvrir comment le Café-Graffiti réalise son intervention culturelle et psycho-sociale.

Les étudiants de cette université française m’ont demandé quels livres avaient pu m’influencer dans la création d’un organisme comme le nôtre. Deux livres avaient su m’influencer dans notre méthodologie d’intervention. Le premier est le Guide de l’instructeur de vol.

pilotage-avion-pilote-cours-formation J’ai fait 5 années dans l’aviation, dont plusieurs comme instructeur. Cette relation particulière que j’ai établie avec différents étudiants en pilotage d’un avion m’a permis d’en apprendre beaucoup sur les motivations d’une personne.

Certains avaient un profil cascadeur et avaient écouter trop de film de guerre. D’autres avaient peur de faire de l’acrobatie aérienne ou encore incapable de comprendre toutes les nuances qu’il fallait maîtriser concernant la météorologie…

Certains de mes étudiants étaient très fort dans la pratique mais avaient de grandes difficultés avec la théorie ou vice-versa. De tous ces extrêmes, je devais adapter ma façon d’enseigner pour la personnaliser selon les besoins et les contraintes que chaque personne que je rencontrais. Cette philosophie d’enseignement est devenue notre méthodologie d’intervention auprès des jeunes.

barack-obama-saul-alinsky-power-analysis-analyse-pouvoir Le second livre qui m’a influencé est le Manuel de l’animateur social de Saul Alinsky. Et le chef de département de répliquer à ses élèves: « Barack Obama a aussi été inspiré par Saul Alinsky ».

Quelle surprise. J’avais adoré les enseignements de Saul Alinsky, mais je n’avais jamais fait le lien avec Barack Obama et sur l’influence que Saul Alinsky avait pu avoir. Barack Obama a enseigné les méthodes d’organisation communautaire et l’analyse du pouvoir.

C’est en cherchant des notes biographiques sur Saul Alinsky que j’ai aussi pu voir l’intérêt qu’Hillary Clinton avait porté sur l’intervention de Saul Alinsky.

À ce principe de Saul Alinsky que le conflit peut être source d’empowerment, j’ai aussi rajouté un principe provenant de l’intervention auprès d’une personne suicidaire. Le mot crise vient du grec et veut dire changement. Quand la crise arrive, c’est une occasion de créer un changement. Notre présence est d’en arriver à ce que ce changement soit positif.

J’ai suscité l’intérêt de ce groupe français pendant plusieurs heures. Mais c’est au contact des autres cultures que l’on apprend sur soi. Ce groupe d’étudiants m’a appris à mieux définir la provenance de mes racines et de ma méthodologie d’intervention avec Saul Alinsky.

pierre-peladeau-quebecor-journal-de-montreal Nous sommes des entrepreneurs communautaires. J’ai développé mon côté entrepreneur avec mes rencontres avec Pierre Péladeau.

Ma recette d’intervention auprès des jeunes aura été particulière. Un peu de Saul Alinsky, saupoudré de Pierre Péladeau sur un fond d’aviation. Une façon originale d’avoir les pieds bien « groundé » et la tête dans les nuages.

Merci à Saul Alinsky et Pierre Péladeau pour ce que vous m’avez apporté. Votre influence a permis au Café-Graffiti et à Reflet de Société d’être ce qu’ils sont.

Autres textes sur Communautaire

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Neil Armstrong, la Conquête de l’espace, Apollo 11 et la fin d’un rêve

Raymond Viger | Dossier Espace

La Conquête de l’espace

Youri Gagarine à bord de Vostok 1, le 12 avril 1961, devînt le premier homme à voyager dans l’espace. John Glenn avec Mercury sera le premier Américain le 20 février 1962.

Le Russe Alexi Leonov sera le premier à faire une sortie dans l’espace avec Voskhod 2 le 18 mars 1965.  Le premier Américain s’y retrouvera le 3 juin 1965 avec Edward White à bord de Gemini 4.

L’avantage des Russes sur les Américains ne cessent de diminuer. Noel 1968, les Américains seront les premiers à voir la face cachée de la Lune avec Apollo 8.

Le 20 juillet 1969

Je me retrouve avec ma famille dans un chalet, dans le bois, à 2 milles du Lac du Cerf. Un retour aux sources pour la période estivale.

Mon oncle a son chalet juste à côté. Il a un téléviseur noir et blanc. Ma famille rejoint la lune exploration spatiale lunaire espace apollo voyage sienne. Avec tous mes scrapbooks contenant les découpures de la Conquête de l’espace, nous nous préparons à vivre cet événement qui sera marquant pour moi. Le premier pas de l’Homme sur la lune réalisé par Neil Armstrong et suivi d’Edwin Aldrin. Je me souviens d’avoir eu de la sympathie pour Michael Collins qui est demeuré en orbite autour de la lune pour attendre ses collègues.

J’ai été ému de voir ces américains mettre le pied sur la lune. La Conquête de l’espace venait de se terminer. D’une part, parce que les Américains venaient d’officialiser leur suprématie sur les Russes. D’autre part, parce que je venais de décider de prendre ma retraite. Eh oui! Une retraite à 11 ans. J’ai décidé de ne plus être astronaute et de mettre mon rêve de côté.

alunissage voyage espace lune alunir spatial apollo La retraite d’un rêve qui m’avait habité pendant 11 années. J’avais tout lu, tout découpé sur la Conquête de l’espace. Je voulais en faire parti. Avec les Américains qui venaient de mettre le pied sur la lune, mon implication dans les programmes spatiaux était moins essentielle. Les Américains avaient su se débrouiller sans moi.

Mais j’avais aussi été ébranlé par les paroles de mon père: « Ce ne sont que les soldats Américains et Russes qui font parti des programmes spatiaux. Un simple Canadien comme toi rêve en couleur que d’espérer aller dans l’espace. » Faut comprendre que mon père était pompier. Il ne faisait pas qu’éteindre les feux. Il avait éteint mon rêve.

Perdu dans l’espace

J’étais un fanatique de l’émission Perdu dans l’espace. La famille Robinson qui dérivait dans l’espace incapable de revenir sur Terre. Aujourd’hui, je me rends compte que mon grand-père était un visionnaire. J’écoutais cette émission et il me dit en nous quittant: « Tu sais, un jour, ça sera des gars comme toi qui vont faire le taxi dans l’espace pour y amener des touristes. »

Je n’avais pas porté attention à ses paroles. Parce que je n’étais ni Russe, ni Américain. J’avais mis mon rêve aux oubliettes. Pourtant, 15 ans plus tard, le 13 mars 1984, le Canada fêtait son premier astronaute canadien, Marc Garneau.

La fin d’un rêveapollo 11 lune alunir alunissage voyage espace spatial

En 1969, j’ai laissé enterrer un rêve, celui de devenir astronaute. Aujourd’hui, des gars  comme Guy Laliberté peuvent planifier leur voyage comme touriste spatial. C’est le seul rêve que j’ai laissé fuir. Possiblement pour satisfaire ce besoin de me retrouver entre ciel et terre, j’ai fait 5 années dans l’aviation. Je suis devenu instructeur en pilotage, ce qui m’a donné les bases de la relation d’aide que j’utilise aujourd’hui auprès des jeunes.

Je ne regrette rien de ce rêve oublié. Il aura forgé l’homme que je suis devenu. Aujourd’hui ma devise est d’affirmer que rien n’est impossible à celui qui croit en ses rêves et qui a l’adrénaline pour les soutenir.

Un jeune traverse la porte de notre organisme avec l’intention de louer le stade Olympique pour faire le plus gros show jamais vu… Pas de problème. Je vais l’accompagner dans son rêve. Ensemble, nous irons le plus loin qu’il voudra bien aller dans son rêve. Jamais je ne lui dirais que son rêve est impossible. Parce que le jeune qui traverse la porte de notre organisme aurait pu s’appeler Dan Bigras, Guy Laliberté ou encore…

Dédicace

alunissage voyage espace lune alunir spatial apollo Ce billet est dédié à Lisa Mélia, stagiaire Française en journalisme pour Reflet de Société. Je n’avais pas pensé écrire ce billet. Lisa m’a demandé l’âge que j’avais le 20 juillet 1969. Elle m’a dit que je devrais écrire un billet sur ce que je faisais à cette date et comment j’avais vécu cet événement historique. Elle a rajouté que c’est le genre d’histoire que je sais conter ou qui est dans mon style ou quelque chose du genre.

Lisa va nous quitter la semaine prochaine après un stage de presque 6 mois. Je lui dédie ce billet comme un souvenir qu’elle pourra emporter avec elle dans le cyber-espace.

Au plaisir de te lire Lisa sur ton blogue ou dans les médias où tu t’investiras. Bonne continuité.

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
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  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

Autres livres pouvant vous intéresser

Air Canada encore dans le rouge

Ariane Aubin | Dossier Économie

Depuis sa restructuration majeure de 2004, Air Canada vivote, glanant des prêts à gauche et à droite et exigeant toujours plus de sacrifices de ses employés. Le «serrage de ceinture» semble loin d’être terminé pour les employés de l’entreprise. Ils viennent en effet d’accepter de faire certaines concessions qui devraient permettre à leur employeur d’obtenir une aide de 600 millions de dollars de la part du gouvernement et d’institutions financières. Le chroniqueur économique Jean Gagnon se pose toutefois des questions sur l’efficacité d’une stratégie de relance du transporteur aérien basée uniquement sur des investissements à répétition. Le manque actuel de liquidités d’Air Canada était prévisible, comme en témoigne cet article écrit par Jean Gagnon en novembre dernier, et ce n’est sans doute pas une aide ponctuelle qui réglera tous les problèmes financiers de l’entreprise. Air Canada deviendra-t-il un trou noir à subventions, comme General Motors?

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Autres textes sur Économie

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La qualité du français dans la blogosphère

Raymond Viger | Dossier Francophonie

1067843_29644623 La qualité du français est quelque chose qui me tient à cœur. La première moitié de ma vie professionnelle s’est passée en anglais. Pas par choix, mais par obligation.

J’ai débuté par une carrière scientifique. Dans les années 1970, les meilleurs livres de science étaient en anglais. Suivie de cinq années dans l’aviation. Une époque où un pilote francophone avec un co-pilote francophone qui parlait à un contrôleur francophone et où tout le monde devait parler en anglais. Je me suis battu pour le droit de parler français dans les airs. Nous avons gagné notre cause dans les années 1980, époque où j’ai quitté l’aviation. J’ai eu le temps de me rendre compte qu’après cinq années à parler en anglais dans le cockpit, j’étais incapable de le faire en français.

Cinq années à travailler avec les Inuits dans le Grand Nord, en anglais, enseigner à McGill en anglais, j’ai aussi eu plusieurs contrats nationaux d’intervention, en anglais, dans le privé, j’ai ouvert un magasin de meubles dans le West Island… Travailler en anglais pendant une vingtaine d’années ne change pas le monde mais a possiblement changé le mien. Jusqu’à ce que je débute une relation avec Danielle, une Saguenéenne unilingue francophone, j’écoutais uniquement des films en version originale en anglais.

Test de français à l’université

Lors de mon entrée à l’université, il y avait un test d’aptitude pour le français. Je l’ai passé avec 87%. Pas que je suis fier de la qualité de mon français. Parce que le test était désuet et pas assez sévère. Nous avions à écrire un texte de trois paragraphes. Nous avions droit à un dictionnaire et une grammaire! La liberté d’expression que nous avions à cet examen me permettait de changer un mot qui me causait une difficulté ou encore de changer le verbe que je n’étais pas sûr de bien conjuguer. Un vrai test aurait été une dictée. Les mêmes mots et mêmes difficultés pour tout le monde, sans échappatoire.

Je considère qu’on aurait dû exiger de moi un cours d’appoint en français. Ce ne fut pas le cas.

Correction d’épreuves

Dans un livre ou pour un magazine, il y a une personne qui fait la correction finale des textes. La qualité du français de l’auteur n’est donc pas montrée au grand jour. Depuis que je suis auteur sur un blogue, j’écris directement, sans me relire, et je mets en ligne mes textes. Constat: il y a plusieurs erreurs évidentes de français.

Mes études en science et en aérotechnique ne m’auront pas donné les bases essentielles d’une bonne maîtrise du français. J’ai donc décidé aujourd’hui de faire un changement dans ma vie. Je vais demander à notre stagiaire du Cégep de Jonquière, Valérie Carrier, qui aime bien faire de la correction, de corriger mes deux derniers billets. Non pas pour faire les corrections en ligne et bien faire paraître mes billets, mais plutôt pour faire ressortir les erreurs que j’ai faites et me donner la liste des règles de français qui les concernent.

Cet exercice devrait pouvoir m’aider à améliorer ce point faible et présenter aux internautes des textes dans un français de meilleur qualité.

Merci Valérie pour ce travail. Les internautes qui liront mes prochains billets auront tous une petite pensée pour toi.

Autres textes sur la Francophonie 

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Richard Martineau du Journal de Montréal VS Yves Boisvert de La Presse

Raymond VigerDossiers Richard Martineau, La Presse – Cyberpresse, Journal de Montréal

Le Journal de Montréal fait un sondage, Yves Boisvert en tête ainsi que d’autres journalistes de La Presse critiquent les titres et l’interprétation que le Journal de Montréal en fait. Les journalistes du Journal de Montréal se défendent.

Ensuite c’est au tour de La Presse de faire son sondage sur les bannières commerciales en anglais. Richard Martineau du Journal de Montréal reproche maintenant à La Presse d’interpréter les résultats de la même façon que le Journal de Montréal l’avait fait et critique la critique d’Yves Boisvert.

Radio-Canada VS Journal de la Montréal

On se souviendra aussi que dans le courant de l’été, les journalistes de Radio-Canada avait critiqué l’intervention du Journal de Montréal dans l’histoire de l’eau de piscine avec le maire Vaillancourt. La rumeur circule qu’il y aurait une complicité entre les équipes de Radio-Canada et celles de La Presse. Une sorte de convergence informelle pour concurrencer la convergence formelle du Journal de Montréal et de TVA.

Essoufflant toute cette histoire. Mais allons-nous dans la bonne direction? Les magasins Steinberg’s avaient déclenché une guerre de prix contre ses concurrents. Ils ont fait faillite peu de temps après. Doit-on faire la guerre à un concurrent ou apprendre à vivre et à grandir avec lui?

Pour les Internautes qui me lisent depuis un certain temps, je vous surprend sûrement ici. Et je vous comprends. Vous vous souvenez de tous mes blogues questionnant et montrant du doigt les titres sensationnalistes et trompeurs du Journal de Montréal. Moi-même je me surprends. Peut-être parce que la situation dépasse mon entendement.

Est-ce que 2 quotidiens dans la même ville peuvent se livrer une guerre d’éditorial et se lancer des boulets tout en continuant d’augmenter leur part de marché. Cette guerre devient tellement ridicule et loufoque que j’ai l’impression que les 2 quotidiens n’ont plus le temps et l’énergie de couvrir la réalité de notre société. Trop occupé à faire des sondages pour épater la galerie, trop occupé à démolir et critiquer le sondage du voisin, trop occupé à se défendre des attaques de l’autre…

Perte de lectorat pour les quotidiens

Personnellement, je viens de fermer la switch à « off ». Je lisais les 2 quotidiens. Maintenant je fais la grève générale. Quand les joueurs auront repris leurs rôles respectifs je reviendrais peut-être. Mais pour l’instant la récréation a sonné et on arrête tout. Les 2 quotidiens viennent donc de perdre un lecteur chaque.

Maintenant que je me suis libéré de cette guérilla, je vais vous partager 3 anecdotes intéressantes. La première témoigne de notre magazine, Reflet de Société. Sommes-nous en compétition avec les autres magazines du Québec pour des parts de marché? Aucunement. Est-ce que je veux que les lecteurs s’abonnent à des magazines autres que Reflet de Société? Absolument! D’une part, parce que plus il y a de lecteurs et de gens qui s’abonnent à des magazines, plus il y aura d’abonnés à Reflet de Société. C’est tellement vrai que j’ai créé la chronique « À la découverte des magazines d’ici ». À chaque numéro je présente un magazine différent et les coordonnés pour que les gens s’abonnent. Ce ne sont pas des compétiteurs. Je les considèrent comme des collègues qui vivent sur le même territoire que moi. Plus on donne le goût aux gens de lire et plus ils s’abonnent à des magazines. À travers nos associations de magazines, autant québécoise que canadienne, nous organisons des promotions communes pour s’entraider et faire la promotion de l’ensemble des magazines. Intéressant. Cela nous donne accès à des promotions que seul, nous ne pourrions même pas envisager. J’appelle cela un travail d’équipe, un respect des artisans de notre industrie. Si je rencontre un employé d’un autre magazine, je n’ai pas à changer de trottoir parce que c’est un ennemi. Je vais avoir tendance à le saluer, à prendre des nouvelles et voir qu’est-ce qu’on peut faire pour l’aider. C’est tellement plus agréable.

Meubles et Plaza St-Hubert

La seconde anecdote remonte aux années 1980. Je suis dans l’entreprise privée pour une compagnie qui vend des meubles. Nous avions un magasin sur la rue St-Hubert. Il s’y trouve 16 autres magasins pour nous compétitionner. Était-ce un problème? Non, au contraire. C’était la manne. Nous étions 17 magasins de meubles à annoncer aux clients potentiels de faire leurs achats sur la rue St-Hubert. Tout le monde profitait de l’achalandage du voisin et c’était très plaisant. Notre stratégie était d’être différent de notre voisin. Et ça fonctionnait. Avec 17 concurrents réunis au même endroit, nous avions une masse critique pour attirer beaucoup de clients.

École de pilotage

La dernière anecdote remonte aux calendres grecques. Mes 5 années dans l’aviation civile. Nous organisions des promotions pour les écoles de pilotage lors des pageants aériens. Je n’étais pas en compétition avec les autres écoles de la région. Je donnais de l’information pour intéresser les gens à prendre des cours de pilotage. Parce que plus il y avait de gens qui voulaient apprendre à voler et plus nous aurions d’étudiants. Nous faisions la promotion d’une industrie. Et à l’intérieur de l’industrie que nous représentions, nous montrions notre différence et les avantages d’être chez nous.

Guerre d’éditorial: Richard Martineau VS Yves Boisvert

Qu’est-ce que je pense de cette guerre d’éditorial entre le Journal de Montréal et La Presse? Pas grand chose de bons. Est-ce que cela va diminuer la qualité de l’information journalistique? Est-ce que les lecteurs vont se complaire dans cette guerre? À long terme, si un de ces deux quotidiens en meurt, est-ce que la population de Montréal va être mieux servi? J’en doute

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Bistro le Ste-Cath

bistro le ste-cath restaurant est montréal hochelaga-maisonneuveUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

show_imageQuand un homme accouche

Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet: www.refletdesociete.com. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4


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