La route des vins du Québec

La route des vins du Québec

Le vin québécois fait son chemin

Répartis principalement dans les Basses-Laurentides, les Cantons-de-l’Est, le Centre-du-Québec, Lanaudière, la Montérégie et Québec, les 60 vignobles de la province luttent pour leur reconnaissance. Après plus de 20 ans d’existence, la culture viticole québécoise aimerait bien prendre son envol et devenir un moteur économique pour les régions. Pour ce faire, il faudra une volonté politique comme en Ontario qui a décidé, dans le milieu des années 1990, de dérouler le tapis rouge pour ses producteurs de vins.

Dominic Desmarais  Dossier Société des alcools du Québec

vignoble-quebecois-route-des-vins-vendanges-vin-du-quebec En cette saison de vendanges, Reflet de Société vous fait parcourir la route des vins du Québec et la réalité des vignobles de chez nous. Jean-Paul Scieur dégage une bonne humeur contagieuse. Ce Français d’origine, débarqué en Estrie il y a près de 20 ans, contemple son vignoble la mine réjouie. Dehors, sur le parterre de bois, une dizaine de personnes discutent en dégustant son vin. À l’intérieur de son vignoble aux allures de Moyen-âge, une petite file attend pour acheter ses produits. Les rires fusent d’un peu partout, à l’image du propriétaire et de ses employés.

Jean-Paul peut bien se réjouir. Son vignoble, le Cep d’Argent, approche les 25 ans d’existence. Il récolte aujourd’hui les fruits d’une décision difficile. Né en Champagne, région célèbre pour le spiritueux du même nom, ce quadragénaire pensait bien prendre les rênes du vignoble familial. Mais à un million de dollars l’hectare, les possibilités d’agrandir le domaine étaient nulles. Un ami français, en amour avec une Sherbrookoise, a demandé de l’aide à Jean-Paul et son frère François pour développer un vignoble en Estrie. Ainsi commença une aventure qui dure encore.

Sur une table de pique-nique, installée dans le champ en bordure des vignes, Jean-Paul discute avec passion de son vignoble et des vins québécois. Derrière lui, ses 14 hectares sur lesquels poussent 60 000 vignes s’étendent sur le long, délimités par une piste cyclable. De l’autre côté, le petit lac Magog se profile avec calme. Son vignoble possède de beaux atouts pour attirer les touristes. «La tendance actuelle, c’est d’offrir aux gens une expérience la plus proche possible. On les emmène dans les vignes, il y a des aires de pique-nique, ils peuvent observer le fonctionnement de nos cuves», explique-t-il.

Vignoble et tourisme

Jean-Paul, comme ses collègues vignerons, n’a pas le choix: la viabilité de son vignoble passe par l’attraction de touristes qui achètent ses produits sur place. «Au début, on nous disait que nous avions le vignobles-route-des-vins-du-quebec-vin-quebecoisprivilège de ne vendre que sur le site de production, fait-il remarquer avec sarcasme. Donc nous n’avions pas d’autre choix que de devenir un site agrotouristique. Il fallait faire venir les gens, les attirer.»

Les vins du Québec et la Société des alcools du Québec

Au Québec, le marché du vin passe par le monopole de la Société des alcools du Québec. Personne ne peut vendre sans l’approbation de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJQ). Les possibilités de vendre se limitent au vignoble, aux établissements qui détiennent un permis d’alcool ainsi qu’aux marchés publics. Le Cep d’Argent produit 125 000 bouteilles par année. Il en écoule 85 000 sur son site à des gens en visite ou à des groupes qui ont réservé la salle de réception. Les 40 000 bouteilles restantes passent par le réseau des Société des alcools du Québec. «Pour moi, la Société des alcools du Québec c’est une visibilité. Et surtout une crédibilité. C’est peu rentable pour moi. Mais au Québec, la culture du vin passe par la Société des alcools du Québec.»

Pour vendre à la Société des alcools du Québec, il faut assurer une certaine quantité de bouteilles que seuls les gros vignobles sont en mesure de produire. Comme il faut rajouter une taxe de 138% en raison de traités internationaux qui exigent le même traitement pour tous les vins, peu importe leur provenance, la bouteille d’ici est vendue trop chère.

Le propriétaire du Cep d’Argent débouche des bouteilles. Un kir, un nectar fruité de cassis, un rouge et du blanc. Le verre à la main, il se faufile entre ses employés en s’amusant à leurs dépens pour continuer la visite des installations. Jean-Paul est fier de ses vins qui ont remporté 72 prix internationaux.

Vignoble québécois en difficulté

Le Cep d’Argent est un producteur important, au Québec. Sa réalité n’est pas celle de tous les vignobles. Le contraste est frappant avec celui des Trois Clochers de route-des-vins-quebec-vignobles-vin-quebecoisNadeige Marion. Situé à Dunham, au cœur d’une route des vins parsemée de 14 vignobles, les 4 hectares de Nadeige produisent quelque 12 000 bouteilles par année.

Nadeige semble s’être levée du mauvais pied. Sa salle de montre, où elle reçoit les visiteurs pour y vendre son vin, est peu invitante avec le désordre qui y règne. La propriétaire des Trois Clochers a d’autres chats à fouetter. Elle ne parvient pas à trouver un employé pour l’aider avec ses vignes. «J’embauche des gens pour la période des vendanges et la période de la taille. Je n’ai personne encore cette année pour la boutique, dit-elle, dépitée. Depuis avril, 7 employés sont passés. Je n’ai personne présentement. Et ce n’est pas juste à cause de mon sale caractère.»

Sans employés, Nadeige doit laisser tomber des activités qui lui permettraient de se faire connaître. Elle a tourné le dos à la fête des vendanges, qui se déroule à Magog, pour demeurer à sa boutique. De plus, la saison estivale n’a pas répondu à ses attentes. «Ce fut une saison pourrie, en raison de la pluie. Ma seule bonne journée fut la journée portes ouvertes, avec les autres vignobles de la région.»

Nadeige écoule ses vins sur son site ainsi qu’au Marché des Saveurs, à Montréal. Chaque année, il lui reste 6000 à 7000 bouteilles qu’elle ne parvient pas à vendre. Pour elle, les coups durs se succèdent. La grêle vient tout juste d’endommager ses vignes et son raisin. «Je travaille 7 jours sur 7 pendant 6 mois. J’aimerais atteindre plus facilement le client», dit-elle d’un ton fatigué.

Nadeige est amère. «Ils sont où, les gens? Ils veulent des produits du Québec mais ils n’y sont pas prêts. Les touristes viennent, pas les locaux. Ici, les petits vieux n’en ont rien à foutre. Ça les dérange, les vignobles. Moi, Nadège Marion, je me demande où ils sont. Je suis bien tannée.»

À sa boutique, c’est le calme plat. Pendant l’avant-midi, le téléphone ne sonne pas. Aucun visiteur n’est venu. Nadeige débourse 333$, soit le même montant que les 13 autres vignobles de la région, pour baliser la route des vins de Brome-Missisquoi. Chaque panneau indiquant le chemin pour se rendre à son site lui coûte 300$. Et pour en poser un, elle doit être membre de Tourisme des Cantons de l’Est au coût de 300$ par année. Avec les coûts de sa machinerie et l’exploitation de son vignoble, Nadeige a peu de moyens pour se faire connaître. «Si nous n’avions pas le problème de vendre le vin, ce serait plaisant, être vigneron», assure-t-elle en laissant paraître un rare sourire.

Vins du Québec certifié biologique

Le vignoble des Négondos, dans les Basses-Laurentides, ressemble par sa taille à celui des Trois Clochers. Carole Desrochers, la propriétaire, était travailleuse sociale pour ensuite ouvrir une garderie avant de s’intéresser au vin. Depuis 1993, elle opère le seul vignoble biologique du Québec. «J’ai toujours été un peu grano, fait-elle remarquer. Je ne pourrais pas faire autrement qu’être bio.» Sa levure, son sucre, sa gélatine, tout est biologique. «Chaque année, je suis certifiée par Québec Vrai, pour mon côté biologique.»

Carole fait le tour de ses 10 000 plants en exhibant ses différents cépages. Dans son champ trônent des dispositifs sonores pour apeurer les oiseaux qui s’intéressent de trop près à ses raisins. Carole est décontractée. Son travail lui plaît. Après avoir augmenté sa production de 1200 bouteilles à 9000, elle est satisfaite. «Pour augmenter la production, il faudrait que j’augmente le nombre de vignes. J’en ai 10 000, c’est suffisant! J’ai 50 ans, je veux une qualité de vie.»

La clientèle de Carole se fidélise petit à petit. Son vin biologique attire les gens. «Ma clientèle va grossir tranquillement. Je devrais vendre toutes mes bouteilles.»

Les vignobles du Québec, un avenir rosé?

Jean-Pierre Belisle partage son temps entre son vignoble, La Roche des Brises, son travail d’avocat et son poste de président bénévole de l’Association des Vignerons du Québec. Selon lui, les vignobles ne font pas d’argent, incapables d’écouler toute leur production. «Tous les vignobles sont en mode investissement à tous les ans, insiste-t-il en parlant d’investissement constant. À ceux qui aimeraient se partir un vignoble, je leur demande s’ils ont la patience d’attendre 15 ans, s’ils ont un bon compte en banque. Les pompes, les cuves, ça ne finit jamais!»

En cette période de Commission itinérante sur l’agriculture, M. Belisle fait la promotion des vignobles. «J’ai le choix, comme société, d’avoir une industrie laitière, des grandes porcheries. C’est le même choix qu’avaient la Californie, la France… Mais nous, parce que nous n’avons pas d’études sur le profil de l’industrie, nous avons hérité de notre vieille société: 3 ou 4 vaches, quelques poules… Nous n’avons pas pensé à l’avenir!»

M. Belisle est convaincu que les vignobles peuvent être une locomotive pour le développement des régions, au même titre qu’en Ontario, en Californie ou en France. Jean-Paul Scieur, du Cep d’Argent, y croit lui aussi. «On parle de développer nos régions… Y a-t-il une meilleure façon? Autour de la route des vins, on crée des commerces. Je n’ai jamais vu, dans le monde, une route des vins qui était pauvre.» L’industrie des vignobles, en plus de produire du vin, est une attraction touristique. Davantage qu’une porcherie ou une ferme laitière.

 

PHOTO-REPORTAGE DE CE TEXTE.

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Après André-Philippe Gagnon, le retour vers Montréal

Après André-Philippe Gagnon, le retour vers Montréal

Raymond Viger   Dossier André-Philippe Gagnon, humoriste

Hier, j’ai assisté au spectacle d’André-Philippe Gagnon au chapiteau de St-Sauveur. Nous avons pris une chambre au Manoir St-Sauveur. Avant le spectacle nous étions à la piscine. Un duo de musiciens créait une ambiance des Caraibes. Ayant été moi-même musicien à mes heures, je trouvais difficile leur prestation. Un peu de monde éparpillé autour de la piscine. Personne ne semblait faire attention aux deux musiciens. Même quand ils terminaient leur chanson et qu’ils disaient « Merci » au micro, personne n’applaudissait, personne ne faisait quoi que ce soit. Pourtant, la musique de Keith Skeete et de Francesco était excellente et agréable. Danielle et moi avons commencé à les applaudir après chacune de leurs prestations. Pendant qu’ils jouaient, nous les regardions en plus de les écouter. C’était notre façon de les encourager.

Keith vendait un CD des chansons qu’il a composées avec un autre musicien, Pierre Lefrançois. Son groupe: les Sunshine boyz. À 10$ le CD, j’en ai pris deux. Je vais en donner un à Lyne comme cadeau. Si on veut que les artistes au Québec continuent de créer, il faut bien les encourager. Non seulement il faut acheter leur musique, mais il faut aussi la faire connaître, la diffuser. Sinon, nous laissons les médias et les producteurs nous vendre leurs artistes sans autre choix.

Pour le retour vers Montréal, pour éviter de prendre l’autoroute, je commence par la 117. Après avoir traversé St-Jérome, je prends la direction de Lachute. Quand on prend des vacances et que l’on veut découvrir un peu de son pays, il faut éviter les lignes droites et les autoroutes.

Nous allons ensuite passer par Carillon. Nous y avons trouvé un musée que nous avons visité. Ce musée parle de l’histoire de Carillon. En passant par les Patriotes et les gens importants qui ont fait connaître cette région. Nous avons ensuite continué vers St-Placide. Je vois une enseigne « Perroquets en folie ». Cela mérite que je fasse demi-tour pour satisfaire ma curiosité. Linda et Robert nous accueillent pour nous présenter plus de 150 perroquets et oiseaux exotiques. Avec une heure d’animation pour nous les présenter, cela méritait de faire un arrêt. www.perroquetsenfolie.com Il y avait des pamphlets publicitaires pour d’autres endroits mignons à visiter. Un dîner safari au Nid’otruche à St-Eustache. Visite guidée d’un éleveur québécois d’autruches, visite en tracteur et dîner safari. Je n’ai pas eu le temps de faire la visite, mais je vous laisse les coordonnées. Vous me ferez vos commentaires. www.nidotruche.com

En repartant, je remarque une autre enseigne. Encore une route des vins! Moi qui ne savais même pas qu’il y avait une route des vins au Québec, voilà que j’en découvre une deuxième. Je fais les 9 kilomètres dans un petit chemin qui pourrait nous amener à St-Benoît. Nous arrivons au Vignoble des Négondos. www.negondos.com Mario Plante, le propriétaire nous y accueille pour une petite dégustation. Sa femme, Carole Desrochers est partie faire une exposition à Montréal.

Mario m’explique que le Vignoble des Négondos est une ferme biologique. Carole participe à la Bio paysanne, une forme de regroupement pour les fermes biologiques. Il me mentionne que l’Union des Producteurs agricoles (UPA), ne fait pas grand-chose pour les fermes biologiques. C’est pourquoi ces fermes tentent de se regrouper ensemble pour défendre leur point.

Mario m’a aussi expliqué que les bouteilles de vin avaient une forme particulière. La bouteille bordelaise, conventionnelle, permettait de garder la lie de vin dans son épaule quand on versait le vin doucement. Aujourd’hui, la lie de vin n’étant plus aussi présente, cela a permis de nouvelles formes de bouteilles de vin.

Je me souviendrais longtemps de Mario et de ses conseils. Danielle et moi avons toujours eu un problème important dans le choix d’une bouteille de vin. Je préfère très sucré, tandis que Danielle peut s’accommoder d’un vin plus sec. Mario nous a expliqué que les vins allemands, réputés pour être plus sucré, le sont tout simplement parce que le producteur rajoute du sucre dans son vin. Même si j’achète un vin blanc sec, je n’ai qu’à y rajouter du sucre dans mon verre et le tour est joué. J’aurais mon vin sucré et Danielle son vin sec. Je pourrais faire différentes expériences avec des sucres de différents fruits ou encore du sirop d’érable.

Il existe huit vignobles dans les basses Laurentides. Moins qu’en Montérégie, mais ces vignobles sont différents de l’un à l’autre. Je vais prendre le temps de les visiter un à un. Pas tous la même journée, mais au fur et à mesure que je vais me donner quelques jours de congé. Je vous laisserai quelques commentaires sur mes différentes dégustations et sur les vins québécois que je préfère. Faites de même et faites-nous bénéficier de vos expériences.

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