Un voilier au Saguenay-Lac-St-Jean pour un nouveau départ

Jeune fille en détresse

Je suis une jeune femme originaire du Lac-St-Jean. Je suis partie demeurer en Beauce en 2003 avec l’espoir de travailler dans mon domaine d’études. J’étais certaine que ma vie commencerait pour de bon, mais je m’étais grandement trompée…

Propos recueillis par Gérald Tremblay   Dossier Communautaire

voilier-voile-bateau-construction-voilier-voyage-merEn novembre 2003, je me retrouve à deux doigts de la mort, au CHUL de Québec en état de crise dû à mes démêlées avec le réseau de prostitution juvénile de Québec. J’ai vécu l’enfer de la psychose, de la prostitution et de la drogue pendant plusieurs mois.

Cet évènement m’a alors incité à retourner au Lac-St-Jean auprès de ma famille. Dès mon arrivée, j’ai fais plusieurs démarches pour obtenir d’être traiter et tenter de m’en sortir, mais en vain.

Programme de réinsertion au Lac-St-Jean

Une belle surprise m’attendait à la fin de janvier 2004: un programme de 30 semaines visant le retour aux études ou sur le marché du travail. Il s’agissait de construire un voilier.

Au tout début du programme; j’étais faible, fatiguée et surtout je consommais tous les jours. J’avais un réel besoin d’aide et personne à qui en parler. Les responsables du projet ont vraiment été compréhensifs avec moi. Sachant les problèmes auxquels je faisais face, ils décidèrent de m’aider à m’en sortir. J’ai rencontré des professionnels en santé, toxicomanie, psychologie et autres. Les gens de CODERR-02 ont fait bien des démarches pour moi et avec leur aide j’ai réussi à m’en sortir.

J’ai retrouvé mon estime de moi, appris à reconnaître mes forces et mes faiblesses et cessé de consommer. J’ai également élaboré un projet de vie : retour aux études en septembre 2004. Ma participation à la construction de ce voilier fût pour moi, une très belle expérience de travail car j’ai pu y amener les connaissances que j’ai acquises lors de ma formation professionnelle. Ces programmes peuvent grandement aider les jeunes à se construire un avenir car ils permettent d’aller chercher des connaissances et de nouvelles expériences de travail. Ils montrent aux jeunes leurs forces et leurs faiblesses en offrant une variété de spécialisations.

La formation peut également aider car parmi les possibilités, il y a deux stages en milieu de travail pour vérifier ce que l’on aimerait faire dans le futur.

Pour lutter contre l’exode des jeunes: un voilier au Lac St-Jean

Pour faire de la voile, il y a présentement de petits bateaux qui chavirent facilement, peu spacieux et sans confort. À l’autre bout du spectre, il y a les quillards stables, habitables, confortables (toilette, douche et cuisine), mais avec un prix en conséquence. Entre les deux, il n’y a à peu près rien.

La coopérative de solidarité «La Vastringue flottante» s’est lancée dans l’aventure de répondre aux besoins des amateurs de la voile. La coopérative s’est donnée pour mission de mettre sur pied un programme de construction et de mise en marché d’une petite embarcation à propulsion humaine ou à la voile. La création d’emplois pour les jeunes est au cœur des préoccupations de l’organisme. C’est pourquoi la coopérative s’est associée au Groupe Coderr, expert en réinsertion auprès des jeunes et à la commission scolaire du Lac St-Jean pour leur formation.

Le Groupe Coderr

Le Groupe Coderr fabrique le prototype pour la coopérative. La fabrication passe par des apprentissages tel que l’histoire de la voile et les différents types de pratique. Pour se faire, ils complètent des recherches dans les bibliothèques et sur Internet. Pour sa part la coopérative fournit les matériaux et son expertise. Sous sa supervision, les jeunes apprennent comment fabriquer le voilier. C’est l’occasion de vérifier toutes les étapes de fabrication, les coûts, de réaliser un plan d’affaires, déterminer les meilleures techniques de fabrication, etc.

Le programme ne s’arrête pas là. Pour tester les qualités du voilier et ses limites, les jeunes apprennent comment naviguer. Ensuite vient l’apprentissage de la mise en marché et de la promotion de ce nouveau produit. La promotion est l’occasion de développer un carnet de commandes pour créer des emplois à la coopérative. En effet, il ne peut y avoir de mise en marché sérieuse sans avoir un premier exemplaire à montrer comme il ne peut y avoir de plan d’affaires vraiment crédible sans avoir d’abord testé la méthode. Aussi, les jeunes présentent le voilier dans les écoles de voile, dans les marinas, lors d’expositions, etc. Peut-être même s’inscriront-ils à des régates!

Ce partenariat entre un organisme communautaire, une coopérative de solidarité et la commission scolaire est un bel exemple que nous pouvons ensemble, intéresser et former nos jeunes pour leur donner des perspectives d’emploi et cela, en misant sur les forces de la région.

Quand vos déchets de toutes sortes deviennent source d’emploi

Un consortium d’organismes communautaires à Alma, au Lac-St-Jean: Le groupe Coderr

Le Groupe Coderr a un chiffre d’affaires de 2,5 Millions dont 85% sont des revenus autogénérés. Il emploie une trentaine de personnes. Il donne une formation variée, d’une durée de 6 mois, à des groupes de 40 à 50 stagiaires rémunérés. Plus de 500 jeunes ont ainsi complété leur stage de réinsertion. Je ne vous parle pas d’une entreprise privée, mais bien d’un organisme communautaire dynamique et novateur.

Mais qu’est-ce que le Groupe Coderr? C’est un groupe qui intervient auprès des jeunes pour lutter contre l’exclusion par l’insertion socioprofessionnelle et le développement d’activités dans le domaine du recyclage. Pour ce faire, le groupe a créé un ensemble d’organismes agissant comme plateaux de travail: une friperie, une usine de transformation de papiers récupérés et une ressourcerie.

Et ce n’est pas les projets qui manquent: une quincaillerie de produits récupérés et traités, une bouquinerie et la location de vêtements sont sur leur table à dessin. Toutes ces activités ont pour but d’accompagner les jeunes afin de les aider à prendre confiance en eux et à s’intégrer au marché du travail. Oui aider les jeunes et cela par le biais d’activités où l’environnement est mis de l’avant. Pour mieux connaître cet organisme, n’hésitez pas à consulter leur site Internet: www.chez.com/coderr02

Saviez-vous que…

  • Une tonne de papier recyclé épargne 33 arbres?
  • Le papier et le carton représentent entre 35 et 50% de ce que l’on jette dans les sites d’enfouissement?
  • Le taux de récupération au Canada est de 45%? Si on pouvait doubler notre récupération, on sauverait près de 12 millions d’arbres chaque année.
  • Avec un seul arbre, on peut fabriquer une pile de journaux de plus de trois pieds de hauteur?
  • On consomme au Québec 20 millions d’arbres par année?

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benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
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-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
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Intimidation, harcèlement et agressions dans la presse communautaire

Intimidation, harcèlement et agressions dans la presse communautaire

François Richard Billet numéro 5 Presse Communautaire

Reflet de Société souhaite lancer une grande réflexion collective en ligne sur l’état et l’avenir de la presse communautaire au Québec. Les problèmes soulevés dans cette série de cinq textes font échos aux préoccupations exprimées par les membres de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) lors du congrès de l’organisation les 1-2-3 mai 2009. Nous invitons les internautes de tous les horizons à prendre part au débat. Le cinquième texte porte sur l’intimidation, le harcèlement et les agressions dans la presse communautaire.

Intimidation des élus municipaux

Une journaliste a raconté aux participants du dernier congrès de l’AMECQ ses démêlés avec le maire de Notre-Dame-des-Pins, une municipalité de la Beauce. Mécontent de la couverture médiatique défavorable à son endroit, le premier magistrat de ce village a tenté d’empêcher la journaliste d’assister aux réunions du conseil municipal sous prétexte qu’elle n’habitait pas le territoire. Cette histoire en rappelle une autre, celle du maire de Beauceville qui a multiplié les procès en diffamation contre des journalistes se montrant critique envers son administration. Dans les deux cas, les journalistes visés étaient à l’emploi de médias conventionnels. Malgré le fait qu’ils bénéficiaient du support et des moyens de grandes organisations, ils sont sortis perturbés de ces expériences. Qu’en est-il lorsque cela arrive à un journaliste bénévole qui travaille dans un petit journal communautaire?

Proximité, proxénétisme

La formule est de Maurice Giroux, du journal Point Sud de Longueuil. Son organisation, comme quelques autres dont les membres se sont manifestés lors du congrès, est victime d’intimidation et d’ingérence venant d’élus municipaux. Le P’tit Journal de Malartic et Les Échos du Vieux-Montréal ont aussi raconté avoir été victimes de tels comportements. Le premier pour s’être questionné sur les impacts d’un immense projet de mine à ciel ouvert en pleine ville de Malartic, le second pour avoir dénoncé les liens incestueux qui semblent exister entre l’administration montréalaise et certains promoteurs immobiliers. Baisse d’achats publicitaires et processus judiciaire s’en sont ensuivis. Dans le cas du journal Le Saint-Armand, la situation s’est détériorée au point où un journaliste a découvert un matin que ses quatre pneus avaient été crevés pendant la nuit.

Les municipalités s’en lavent les mains

Minimisant la gravité du problème, le représentant de l’Union des municipalités du Québec présent au congrès, François Sormany, a déclaré qu’il n’y avait pas lieu d’envoyer aux élus municipaux de directives précises sur le sujet et que si les gens n’étaient pas contents, ils n’avaient qu’à élire quelqu’un d’autre lors des prochaines élections.

Différence entre critique et diffamation

Selon le directeur général de l’AMECQ, Yvan Noé Girouard, les élus des petites municipalités ont parfois de la difficulté à comprendre le rôle des médias communautaires et confondent la critique et la diffamation. La situation est encore compliquée par la proximité de chacun. Dans les villages, en plus des difficultés imposées dans l’exercice de son travail, le journaliste bénévole subira l’hostilité des gens qu’il a critiqué lorsqu’il les croisera à l’épicerie, à l’aréna, etc. Ces situations sont éprouvantes même pour les plus durs des journalistes.

Viols et suicides

Yvan Noé Girouard se désole de ces difficultés puisqu’il est convaincu que la politique municipale est le sujet préféré des lecteurs de journaux communautaire et leur principale raison d’être. Il souligne qu’outre les problèmes liés à la politique municipale, d’autres sujets sont difficiles à aborder dans les médias communautaires, notamment tout ce qui touche aux drames humains. Dans les petites communautés, tout le monde se connaît et tout se sait. Dans ce contexte, comment traiter des cas de viol ou de suicide sans ostraciser une famille? Est-il pertinent d’en parler dans le journal lorsque tout le monde est déjà au courant?

Aide et soutien de l’AMECQ

L’AMECQ tente d’aider ses membres aux prises avec des problèmes d’intimidation. Les cas diffèrent toutefois grandement les uns des autres et il n’existe pas de méthode d’intervention adaptée à tous. La négociation ou l’amorce de démarches légales suffit à régler la majorité des conflits. Les cas de violence seraient, selon, Yvan Noé Girouard, rarissimes. Il invite toutefois les membres qui vivent des difficultés de cet ordre à communiquer avec lui.

Réactions et commentaires

Nous vous demandons une dernière fois de nous écrire afin de partager vos expériences, vos interrogations et vos solutions par rapport au problème de l’intimidation dans la presse communautaire. Nous vous soumettons une dernière question: lorsque l’on est victime d’intimidation, peut-on en parler dans son propre journal? Risquons-nous alors de passer pour un ‘frustré’ et de perdre la perception d’objectivité que nos lecteurs ont à notre endroit? Si on n’en parle pas dans son journal, où peut-on en parler? Nous attendons vos réponses avec impatience.

Lire aussi: Financement de la presse communautaire, La relève des journaux communautaires et Nouvelles technologies dans la presse communautaire

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

show_image Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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