Pélerinage; Compostelle au Québec

Compostelle au Québec

Pèlerinage au Québec: prenez la clé des champs!

La famille Prévost-Cyr a usé ses souliers sur près de 150 km de bitume montérégien. Reflet de Société s’est entretenu avec Francis Prévost (22 ans), sa mère Monique Cyr (45 ans) et le grand-père maternel, Fernand Cyr (67 ans). Il n’y a pas que le sentier de Compostelle qui vaille pour les pèlerinages…

Marie-Josée Richard  Dossier Famille, Communautaire

À la tête de l’expédition, le couple Guy Prévost et Monique Cyr. Le but de cette odyssée pédestre: atteindre le Cap-de-la-Madeleine à partir de Saint-Hyacinthe, à raison de 15 à 20 km par jour. Une vingtaine de jeunes âgés entre 12 et 24 ans se sont greffés à eux, en vue de se préparer aux Journées mondiales de la jeunesse qui auront lieu l’été prochain à Madrid, soit le plus grand rassemblement de jeunes catholiques au monde. Faisaient aussi partie du voyage, quatre accompagnateurs dans la quarantaine et le grand-père Fernand. Retour sur les moments forts de cette escapade.

Se découvrir des qualités de chef

À travers cette expérience, Monique a pu se réinventer, transcender ses peurs et ses limites. C’est qu’elle avait la responsabilité de veiller à ce que tout se déroule bien, tant au niveau logistique, qu’au niveau humain. «C’était tout un défi. J’avais beaucoup à gérer, mais je crois m’en être bien sortie», lance-t-elle sur un ton rieur.

La dame avait aussi à cœur que ce voyage soit formateur pour le groupe. «Plus qu’une épreuve physique, c’était une occasion de grandir en tant que personne. Je tenais à ce que les jeunes soient persévérants, qu’ils vivent de manière positive la souffrance occasionnée par les longues heures de marche. J’espérais qu’ils voient dans leur fatigue une manière de se dépasser et d’être fiers de leur accomplissement!»

Monique s’est même découvert des qualités de leader: prévenir les conflits, faire régner la bonne entente, être à l’écoute, savoir planifier les déplacements et les activités, stimuler les troupes et donner l’exemple… malgré ses préoccupations du moment! Son coup de coeur? «Chaque matin, on se réservait une heure de silence en marchant. C’était très ressourçant.» Au final, malgré le poids des responsabilités, cette semaine lui a apporté un grand bien-être.

Renouer avec l’amour

Francis n’en était pas à sa première sortie du genre. Pourtant, c’était la première fois qu’il l’expérimentait avec sa femme. «Ça a été une superbe opportunité pour se redécouvrir. On avait du temps chaque jour pour discuter, confie le jeune homme, marié depuis l’été dernier. Avoir du temps de qualité en couple, ce n’est pas toujours évident avec les vies que l’on a. Étudiants à temps plein la semaine, avec un emploi à temps partiel la fin de semaine. On a vraiment pu connecter à nouveau.»

Chaque nuit, le groupe dormait dans un endroit différent, accueillis par des bénévoles des paroisses sur leur chemin. «Parfois, on dormait au sous-sol d’une église, parfois dans une salle communautaire. En guise de douche, on a même eu droit au boyau d’arrosage à l’extérieur! On sortait de notre confort habituel.» Voici qui a demandé à plus d’un de développer ses capacités d’adaptation. «Être avec les mêmes personnes 24 heures sur 24 demande aussi d’être patient, ouvert d’esprit et d’être prêt à faire des compromis! confie le futur enseignant au secondaire en éthique et culture religieuse. Pour moi, une telle expérience me permet de me recentrer sur mes croyances. Ça me fait sortir du tourbillon de la vie et de prendre du recul sur ce que je vis, pour mieux replonger dans mes projets.»

Pour Francis, un pèlerinage l’invite aussi à contempler la nature. «On appelle ça la louange: observer le travail du créateur. Chaque fois, c’est ce qui me touche le plus. J’entre à nouveau avec qui je suis vraiment et avec ce qui m’entoure. Tout va tellement vite de nos jours. Tant dans les transports que dans les communications. Dans un pareil contexte, le silence devient d’or; on apprend à l’apprécier, que ce soit seul ou en groupe. C’est bon aussi que de n’avoir qu’une seule préoccupation pendant plusieurs jours: marcher! Mais ce ne fut pas une tâche facile, tant la chaleur était accablante.» Rappelons que l’été 2010 a brisé des records de chaleur.

Retrouver ses airs de jeunesse

Pour Fernand, l’aîné du groupe, cette randonnée de plusieurs jours lui a permis de se rapprocher de sa fille Monique et de ses petits-enfants, dont cinq sur sept étaient présents. «On se côtoie aux fêtes familiales, mais ça n’adonne pas souvent de discuter en profondeur. En marchant plusieurs heures par jour, on pouvait faire un bout de chemin ensemble et aborder une foule de sujets, comme jaser de sexualité, d’engagements, de leurs orientations professionnelles, du sens de la vie.»

«J’aime les pèlerinages parce que ça me rappelle une valeur chrétienne très importante: celle de s’occuper de son prochain. Dans un pareil voyage, on n’a vraiment pas le temps de se regarder le nombril! On finit par ne plus penser que pour soi. On développe certains réflexes collectifs! Ça m’a beaucoup apporté, pas juste comme grand-père, mais aussi comme être humain.»

Au fil des conversations, il admet avoir été impressionné par la curiosité et la soif d’apprendre des jeunes. Aussi, il a été touché de voir combien ils se dévouaient à la tâche. C’est que chacun avait des responsabilités au quotidien. Pour certains, c’était de s’assurer que rien ne soit oublié en chemin alors que d’autres s’occupaient du repas du midi ou de recharger les batteries des walkies-talkies chaque soir. «Il se passe de belles choses chez la jeunesse, mais il faut être là pour les voir.»

La maladie de sa femme, il y a un an, lui a rappelé l’importance de savourer chaque moment de vie… et de profiter pleinement de sa propre santé. «Même si elle n’a pas pu nous accompagner, je trouvais important de le faire pour moi. Aussi, ça m’a permis de me retrouver davantage, de faire une sorte de bilan. C’est important de prendre du recul et de se regarder aller. Il faut prendre le temps de s’arrêter dans la vie, sinon on ne la voit pas passer.» Et pour Fernand, c’est en demeurant actif qu’on reste jeune. «J’ai juste 67 ans, vous savez…»

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Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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Un jeune se suicide. Son père n’accepte pas de voir que des jeunes souffrent et qu’il n’y a pas assez de ressources pour les aider. Il crée une association pour venir en aide aux jeunes. En moins d’une année, épuisé devant le travail que cela représente, il se suicide lui-même. Par respect pour ses proches, je garderai le nom de cet homme sous silence.

Raymond Viger    Dossiers SuicideBénévolat

  • Tuerie à la Polytechnique. La sœur d’une des victimes, Heidi Rathjen, part en croisade pour le contrôle des armes à feu.
  • Pacte de suicide de deux filles, sur une voie ferrée, Rive-Sud de Montréal. La mère, Lise Mondor, crée une fondation pour faire de la prévention dans les écoles.
  • Mélanie Cabay, une petite fille, est enlevée, agressée et retrouvée morte. Sa mère crée la fondation Mélanie Cabay, pour venir en aide aux parents et aux proches d’enlèvements.
  • Le petit Daniel Durocher est tué lors d’une escarmouche entre deux bandes de motards rivales. Jusqu’à ce que la maladie l’emporte prématurément, sa mère tient à bout de bras une fondation pour venir en aide aux victimes des groupes criminalisés…

Des histoires comme celles-là, il y en a plus que l’on pense. Au Québec, le bénévolat aura été longtemps motivé par des convictions religieuses. Pour certains, il est une forme d’autothérapie pour faire le deuil d’un être cher, d’une situation injuste et que nous ne voulons pas voir arriver à d’autres. Pour plusieurs d’entre nous, le bénévolat est une question de survie, une façon de donner un sens à un événement traumatisant, un besoin viscéral de changer le monde dans lequel nous vivons.

À la suite d’une grande dépression qui m’a poussé vers deux tentatives de suicide, j’ai erré dans les rues de Montréal. J’ai tellement erré que je suis devenu travailleur de rue. En 1992, avec le père André Durand, nous étions deux bénévoles au Journal de la Rue à parcourir les rues de la province pour aider les jeunes marginalisés. Nos motivations étaient différentes, mais nous avons réussi à développer une complicité dans notre missionnariat.

Être bénévole, pour certains, ce n’est pas seulement donner du temps. C’est aussi mettre à contribution les équipements que l’on possède. C’est aussi, ponctuellement ou d’une façon permanente, refuser un salaire pour son travail, de façon à s’impliquer encore plus. Dans certains cas, il faut même payer pour faire du bénévolat. Une façon d’aider un jeune et d’aider l’organisme à poursuivre sa mission. Pour d’autres, le bénévolat devient un prétexte pour se rencontrer, échanger, éviter d’être seul à la maison.

Quelques grands bénévoles

Au cours des années, nous avons tenté de vous faire découvrir quelques grands bénévoles du Québec. Louise Gagné qui a participé à la création de plus d’une trentaine d’organisme communautaire. André Paradis de l’Estrie, un jeune bénévole de 76 ans. Laurent Pontbriand du Cap-de-la-Madeleine et sa bonne humeur contagieuse. Éléonore Mainguy, ancienne croupière qui dénonce les abus de Loto-Québec envers les joueurs. Did Tafari Bélizaire, ce joueur compulsif qui a sauté en bas du pont Jacques-Cartier et qui est devenu conférencier dans les écoles en prévention du jeu compulsif. Docteure Christiane Laberge que nous avions proclamé personnalité de l’année.  Jacqueline Blais de Sept-Îles avec la médaille du gouverneur et l’ordre du mérite. Chéli Sauvé-Castonguay,  vidéojockey de Musique Plus. Alain Dubois qui se dévoue corps et âme pour la cause des joueurs compulsifs. Julie Rhéaume à la radio communautaire de Québec. Ou encore les 50 ans d’implication de Louis-Phillipe Tremblay de St-Félicien. Des gens qui méritent qu’on écoute le message qu’ils ont à nous livrer et qu’on les soutienne dans leurs actions.

Le bénévolat est aussi important pour les gens qui le font que pour la société. Trop souvent, des bénévoles se brûlent à vouloir changer le monde. Parce que le changement demande du temps, de la patience, de la persévérance… De l’organisation aussi.

Des bénévoles sont prêts à faire des conférences dans les écoles auprès de jeunes. Il faut avoir une ligne téléphonique, répondre aux informations, trouver l’argent pour le transport, prendre une journée de congé (souvent pas payée) pour se rendre dans l’école… Beaucoup de temps de gestion. En plus, ce n’est pas facile pour un bénévole de dire non, de mettre ses limites.

Prenons le temps de soutenir les bénévoles qui se donnent corps et âme pour une société meilleure, de les aider à éviter le burnout, de définir avec eux les limites qu’ils doivent s’imposer. Reconnaissons le travail qu’ils font auprès des jeunes. Merci à vous tous pour votre engagement. Merci pour votre générosité.

C’est en informant et en sensibilisant les jeunes que nous allons réussir à changer le monde, à bâtir une société plus humaine, plus juste et plus équilibrée.

Autres textes sur le Bénévolat

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Merci de votre soutien.

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Hépatite C et transfusion de sang contaminé

Bénévolat

FACE À FACE AVEC L’HÉPATITE C

Laurent Pontbriand se bat pour les victimes de l’hépatite C, contaminées comme lui par transfusion sanguine.

France-R. Lemelin, Dossiers Bénévolat, MTS-Sida

‘En 1990, j’ai été victime d’un accident d’automobile et j’ai dû recevoir une transfusion sanguine. Malheureusement, le sang que l’on m’a donné contenait le virus de l’hépatite C (VHC). C’est seulement six ans plus tard que j’ai appris que j’avais le virus, ce qui explique les malaises et la fatigue que j’ai vécus durant toutes ces années.

Tels sont les propos de Laurent Pontbriand de Cap-de-la-Madeleine, un homme engagé dans son milieu. Ce qui nous attire chez Laurent, c’est sa bonne humeur contagieuse. C’est un homme sympathique, chaleureux et franc. Son engagement inconditionnel et son empathie à l’égard des autres font de lui un être attachant avec qui il est agréable de converser. Ces quelques années de souffrances et d’inquiétudes avant le verdict fatal l’ont propulsé vers une maturité et une compréhension de la vie comme jamais auparavant.

Le choc: l’annonce de la mauvaise nouvelle

Loin de se refermer sur lui-même, Laurent a décidé de prendre les choses positivement. Il s’investit dans cette cause. Le fait de partager avec d’autres ce qu’il vit lui apporte une grande sérénité.

Mon épouse et moi avons décidé de mettre en place, en 1998, une fondation pour venir en aide aux personnes qui, comme nous, s’interrogent sur le virus de l’hépatite C.

À partir de 1998, les évènements se déroulent rapidement. Avec le soutien de Santé Canada, la nouvelle fondation a pu faire exécuter une recherche afin de connaître les besoins régionaux du Centre-du-Québec et de la Mauricie par rapport à la maladie. En 2001, le couple Pontbriand ouvre un bureau à Cap-de-la-Madeleine et s’entoure de personnel pour offrir des services aux personnes infectées ainsi qu’à leur famille.

Au début, la Fondation et ses ressources desservaient presqu’exclusivement nos deux régions mais, peu à peu, le territoire s’est agrandi. Il m’arrive assez souvent d’être appelé à me déplacer un peu partout au Québec. Je me suis même rendu jusqu’à Blanc Sablon, sur la Côte-Nord, de préciser Laurent.

Il donne des séances d’information à des organismes, des clubs sociaux. Il se rend dans les pénitenciers. Le cœur de son message repose sur son expérience et ses connaissances sur l’hépatite C. Ceux et celles qui se déplacent pour l’écouter sont loin d’être déçus.

Victoire contre les gouvernements

La plus grande récompense de Laurent est sa victoire remportée après une chaude lutte contre les gouvernements provincial et fédéral, afin d’obtenir une indemnisation pour les personnes contaminées par transfusion sanguine

 »Vous n’êtes plus seuls avec cette maladie de l’hépatite C, puisque la Fondation existe », de conclure Laurent en invitant toutes les personnes infectées et leurs proches à le contacter. Précisons que Laurent Pontbriand est président de la Fondation Hépatite C et coordonnateur bénévole à Hépatite ressources.

Autres textes sur MTS-Sida

 

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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