Les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo

Défendre la liberté d’expression en jetant de l’huile sur le feu?

Une provocation irresponsable

Quelle est la responsabilité du rédacteur en chef et des auteurs dans l’histoire des caricatures de Mahomet ? Et que défend-on vraiment au nom de la liberté d’expression ?

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossier Racisme

charlie hebdo caricatures mahomet liberté d'expressionEncore une histoire de caricatures de Mahomet, publiées cette fois par le magazine français Charlie Hebdo. Au moment même où le film américain « anti-islam » paru sur YouTube donne lieu à des manifestations violentes, et même meurtrières, dans beaucoup de pays musulmans.

Liberté d’expression?

En France, on s’accorde à dire d’une part que c’est de mauvais goût et qu’il n’est pas très brillant de « jeter de l’huile sur le feu ». Mais en même temps, on donne beaucoup d’importance à la défense de la liberté d’expression. Ne serait-ce que pour dire des bêtises.

Or, dans ce contexte, il est parfaitement grotesque de voir le rédacteur en chef de Charlie Hebdo jouer le rôle de défenseur de la liberté d’expression, poing levé… Tout en encaissant les profits de ventes records (200 000 exemplaires), ce qui ajoute à l’indécence.

Car il est facile de jouer à l’intellectuel ou à l’artiste indigné, lorsqu’on est loin des combats réels et que des innocents seront tués à notre place sur le terrain des violences.

On a beau ne pas vouloir faire de lien entre nos provocations et les conséquences qu’elles auront ailleurs dans le monde ou même au pays, nous en demeurons tout de même, moralement et éthiquement, responsables.

Ajout : une opinion à considérer

« Comme cela arrive souvent, les médias du monde entier ont grandement exagéré l’ampleur de la “rage” des musulmans, devant les dernières “provocations” venues d’Occident à l’encontre de leur foi et de leur prophète.

… la manchette qui correspond le mieux aux événements de la semaine écoulée serait plutôt : “Caricatures de Mahomet : un milliard de musulmans restent tranquillement chez eux.”

… la retenue dont ont fait preuve, au cours des derniers jours, l’écrasante majorité des fidèles de Mahomet, malgré les appels des boutefeux – parfois contrebalancés par ceux des autorités en place –, voilà qui est un signe d’espoir : les musulmans ne sont pas tous des excités et des fanatiques. Loin de là. »

— François Brousseau, « La “rage” des musulmans », Le Devoir, 24 septembre 2012.

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Les caricatures de Mahomet à St-Louis de Blandford

Les intégristes de St-Louis de Blandford

Intimidation, harcèlement et mise en demeure

Le média communautaire Le Réveil de Saint-Louis de Blandford publie une caricature. Le conseil municipal de St-Louis de Blandford vote une résolution pour faire cesser cette violence envers la Municipalité!

Raymond Viger Dossiers Média, Intimidation

caricatures mahomet st-louis de blandford journal le reveilRappelons les faits. Un camion d’entretien routier accroche un poteau de signalisation de la grande ville de Saint-Louis de Blandford qui compte 996 habitants.

Le média communautaire le Réveil de St-Louis de Blandford  en fait une caricature dans son journal. Pour comprendre la gravité du geste posé, j’ai publié ici la caricature incriminante.

Maintenant, je vous laisse découvrir la description de cette monstrueuse violence qui en est faite dans une résolution du Conseil municipal de St-Louis de Blandford , piloté par le Maire Gilles Marchand:

2012-02-55.9 Plainte au Journal Le Réveil

RÉSOLUTION

CONSIDÉRANT

la caricature parue dans le journal communautaire Le Réveil ;

CONSIDÉRANT

que ladite caricature présente un caractère de violence envers la Municipalité et le non-respect de la signalisation routière ;

CONSIDÉRANT

que dans la majorité des éditions du journal, les textes ciblent et/ou mentionnent le nom des employés municipaux par des propos dégradants, enlevant la crédibilité à l’administration municipale ;

CONSIDÉRANT

que la Municipalité désire dénoncer cette situation de violence et compter sur l’appui des associations municipales pour faire cesser ce genre de situation ;

CONSIDÉRANT

que le journal communautaire est réalisé grâce à la participation financière du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine ;

CONSIDÉRANT

qu’aucune limite en ce sens n’est imposée aux journaux communautaires par le Ministère pour prévenir ou enrayer les attaques envers les contribuables et la Municipalité par le biais de ce genre de publications ;

EN CONSÉQUENCE

Il est proposé par Étienne Veilleux et résolu à l’unanimité des membres du Conseil que la Municipalité adresse une plainte au journal Le Réveil et qu’advenant le cas où la situation se répète dans les prochaines éditions, que la Municipalité adresse des demandes d’appui

  • à la Fédération Québécoise des Municipalités,
  • à la Corporation des Officiers en Bâtiments et en environnement du Québec (COMBEQ)
  • à l’Association des directeurs municipaux (ADMQ)
  • et qu’une demande soit adressée au Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine afin que des sanctions soient prévues dans les cas de propos ou de caricatures à caractère de violence ou de non-respect envers les municipalités dans les éditions des journaux communautaires financés par le gouvernement afin de favoriser le respect de l’administration municipale et prévenir les actes de violence.

Pour répondre à cette tentative d’intimidation, le conseil légal de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ), Maître Alain André a fait parvenir une mise en demeure au Maire Gilles Marchand.

Objet: Mise en   demeure NID: 0640 -Le Journal le   Réveil

Monsieur le maire,

Nous représentons les intérêts du Journal Le Réveil de Saint-Louis-de-Blandford, membre de l’Association des Médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) pour laquelle nous agissons comme procureur.

Le 6 février 2012, en séance publique, le conseil municipal de Saint-Louis-de­Blandford a adopté la résolution 2012-02-55.9 qui s’emploie à monter en épingle des événements tout à fait anodins ou sans conséquence à l’encontre du journal Le Réveil, et ce visiblement dans le seul but de saper la confiance que les citoyens peuvent avoir en leur journal communautaire en portant atteinte à la réputation de ce journal et de ses bénévoles.

Notamment, dans les deux premiers paragraphes de sa résolution, le conseil municipal, se référant à une caricature, nous fait part de son intention de « dénoncer cette situation de « violence» (sic) pour décrire le contenu d’une caricature tout à fait anodine et qui, selon nos sources, se réfère tout simplement à un incident mineur et sans conséquence survenu lorsqu’un camion de la municipalité a heurté un poteau d’arrêt!

Il est manifeste que le choix par les membres du conseil de ville d’agir par le biais d’une «Résolution» plutôt que par l’utilisation de moyens plus atténués, moins dramatiques et moins démesurés, révèle un acharnement peu commun à l’encontre d’un journal communautaire! Ajoutons à cela le libellé de cette résolution remplie de sous-entendus lourds de sens, traitant certains textes du Journal Réveil comme étant «des propos dégradants» et qui, toujours selon cette résolution, «enlevant la crédibilité à l’administration municipale» (sic)

Il est donc apodictique que cette résolution ne visait qu’à dévaloriser et à miner la respectabilité et la considération dont jouit dans la municipalité le journal communautaire Le Réveil ainsi qu’à harasser les bénévoles journalistes œuvrant au cœur de ce journal.

De fait, c’est à se demander si cette résolution se voulait avoir pour seul effet de limiter la liberté d’expression garantie aux   journalistes du journal communautaire Le Réveil par la Charte canadienne en cherchant à intimider et à museler les responsables du journal et ses bénévoles?

On ne rappellera jamais assez que la liberté de presse est un fondement de notre démocratie parce qu’elle permet justement de questionner les différents paliers de gouvernements au nom des citoyens. Le journal Le Réveil est un journal indépendant et libre de publier ce qu’il veut, sans se faire dicter son contenu par qui que ce soit et entend le demeurer! Tout citoyen est libre de ne pas être en accord avec certains contenus et d’y exprimer une opinion différente.

La municipalité de Saint-Louis-de-Blandford, ses employés ainsi que tous les membres de son conseil municipal sont donc par la présente mis en demeure

  • de ne pas donner suite à la résolution no 2012-02-55.9 en adressant une demande non fondée de sanctions à quelque organisme que ce soit, public ou privé dans le seul but de nuire et de leur causer des dommages moraux et monétaires ET
  • de cesser tout harcèlement ou intimidation à l’encontre du journal communautaire Le Réveil, ses administrateurs et ou ses bénévoles.

Les artisans de la presse communautaire n’ont rien d’autres à faire que de se défendre contre de telles démarches municipales.

Avec de telles intimidations pour décourager des bénévoles:

  • À quoi sert de faire la semaine du bénévolat pour reconnaître nos bénévoles si on ne cesse de les intimider les autres jours de l’année?
  • À quoi sert de faire des prix pour reconnaître nos bénévoles si on les harcèle le restant de l’année?

Tout ça parce que le maire Gilles Marchand n’entend pas à rire et n’aime pas qu’on caricature SA ville. 

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