Le cinéma amateur à Trois-Rivières

La Kinomanie: La fièvre du cinéma amateur

Les nouveaux artisans du cinéma et des films

«Faites bien avec rien, faites mieux avec peu, faites-le maintenant!» Telle est la devise qui résume la pensée Kino, un groupe de cinéastes amateurs en devenir.

Steve Bernier, Trois-Rivières   Dossier Cinémas films et vidéos

Le mouvement prend forme dans la métropole en 1998. L’apprenti cinéaste Christian Laurence lance à quelques amis le défi totalement fou de réaliser un court-métrage par mois pendant un an.

Le nom de KINO fut donné au projet en raison de sa racine grecque Kinè qui signifie «mouvement», mais également «cinéma» dans plusieurs langues, dont le russe et l’allemand. En cinq ans d’existence, Kino compte des membres partout au Québec, mais aussi à Paris, Hambourg, Berlin, Bruxelles, Vancouver et en Afrique.

Le mouvement Kino et le cinéma amateur

Le mouvement Kino regroupe des artistes de la vidéo et du cinéma qui se rassemblent dans un lieu de liberté et d’échange où tous peuvent oeuvrer sans censure ou contraintes autre que matérielle. Toutes les cellules adhèrent à la même philosophie, mais chaque groupe est indépendant. C’est une tribune publique pour le cinéma. Cette discipline laisse la chance à tous de s’initier à la production de vidéo et du film court-métrage.

Les cinéastes réalisent leurs films avec leurs propres moyens et surtout comme ils le veulent. En échange, la cellule Kino dont ils sont membres s’engage à diffuser le résultat lors des soirées mensuelles de projection. Lors de ces soirées, les sujets de films sont variés: documentaires, reportages, films d’animation, humoristiques… L’ordre de projections est aléatoire et les cinéastes font la présentation de leur film.

Plusieurs raisons les poussent à choisir Kino. Ils le font parce qu’ils sont en quête d’un auditoire ou encore pour la ferveur de relever un défi. Certains le font simplement pour rencontrer du monde et développer des alliances. Les cinéastes recherchent un moment d’évasion et de créativité. Ils font de la vidéo et du cinéma avant tout pour se faire plaisir.

Jeune et moins jeunes

Après quelques mois de représentations, je remarque des cinéastes et un public majoritairement composé de jeunes dans la vingtaine. Toutefois, je suis surpris de voir bon nombre d’adultes participer à l’événement.

Derrière un projet de film, il y a la volonté de créer et la détermination de le présenter en salle. Pour Simon Laganière, l’avènement du numérique permet à Kino de rejoindre une large clientèle. Il n’existe pas d’âge pour créer. Chaque individu a besoin de s’exprimer.

Il reste que Kino a une forte clientèle de jeunes. C’est l’aspect «underground» qui les attire. Les jeunes sont plus actifs et créatifs. Le film est un médium plus accessible et il offre une diffusion plus rapide que de publier des livres. Les jeunes aiment moins lire et écrire. Leur attirance pour la télévision est plus forte. Pour Martin Saulnier, cette situation tend à changer: «Il est vrai que les jeunes sont ouverts à d’autres expériences. Malgré tout, plusieurs adultes s’intéressent à Kino afin de connaître une activité leur permettant de s’évader de la routine.»

Effets positifs

Il existe en Kino un sentiment de communauté et d’appartenance. La possibilité d’être créateur et spectateur. C’est un mouvement sans prétention, accessible à tous et ne coûtant qu’une contribution volontaire. Tous s’entendent pour me dire que Kino a des effets positifs dans notre société. Pour certains l’événement permet de briser l’isolement. C’est une tribune d’opinion publique, sans qu’il en résulte obligatoirement un débat. Les films produits portent des messages qui poussent à réagir et à réfléchir. Kino ne laisse personne indifférent. La cellule Kino de Charlevoix a vu le jour grâce à l’initiative du Carrefour jeunesse emploi qui avait comme objectif de favoriser des projets concrets et motivants.

Kino Trois-Rivières

Mathieu Roy et Martin Saulnier font partie des fondateurs de la cellule trifluvienne. Pour Mathieu: «Ce qui est attirant dans Kino, c’est que chaque représentation est un test. La réaction du public face aux films est instantanée.» Pour sa part Martin avoue que la cellule de Trois-Rivières s’est développée par obligation: «Il y avait trop de membres à Montréal et l’idée de faire des films nous faisaient tripper. Il nous fallait mettre sur pied une nouvelle cellule afin de présenter nos films.»

En ce qui concerne le groupe trifluvien, il est très actif et leur progression est phénoménale. Tout en respectant le moule de Kino Montréal, la Mauricie offre une couleur régionale. Formé au départ d’une douzaine de membres, il en compte maintenant près de soixante-dix.

Cette effervescence est dû aux gens impliqués et passionnés qui compose la cellule. Trois-Rivières est une petite ville avec un solide noyau artistique et culturel et une forte concentration médiatique. Cela favorise sa popularité. Plus de 150 personnes assistent chaque mois à ces représentations. Très rares sont les salles de projection Kino qui sont de style cabaret avec un bar. La salle le Maquisart offre de l’espace et une ambiance chaleureuse qui contribue au succès grandissant de ces soirées.

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La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

ives laroche

Une nouvelle galerie ouvre ses portes. Une galerie qui dérange, qui sort de l’ordinaire. Son propriétaire, Yves Laroche, ne mâche pas ses mots. Celui qui préfère passer pour un fou plutôt que de manquer le bateau est direct dans ses propos: C’est l’agonie de la cabane à sucre et des paysages Charlevoisien, le déclin des scènes florales et des petits enfants que l’on peint. L’art urbain fait son entrée officielle en galerie.

Quand tu visites des régions telles que Charlevoix ou Baie St-Paul, c’est tellement beau, c’est normal qu’un touriste veuille acheter un paysage. Mais un souvenir, ça ne vaut pas le prix d’un tableau de collection. L’art trop commercial va cesser d’être une décoration à gros prix. Ça ne vaut pas le prix qu’ils demandent.

Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

Yves Laroche est déjà propriétaire de deux galeries dans le Vieux-Montréal: L’Orange et La galerie Yves Laroche. Ce n’est normalement pas la mission de notre magazine de couvrir les galeries. Malgré ses 53 ans, les côtés visionnaire et rebelle d’Yves Laroche ont réussi à piquer notre curiosité. Il prépare un projet inusité qui mérite notre attention: l’aménagement du sous-sol de sa galerie va être baptisé L’autre galerie.

Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

Sa clientèle, aussi diversifiée qu’exigeante, comprend des gens tels l’économiste Jarislowsky, des firmes d’avocats, des multinationales telles Power Corporation en passant par une chirurgienne française de 63 ans. Ses yeux s’illuminent quand il nous parle de Nick Heidfeld, pilote allemand de Formule 1, et de sa femme.

Lorsque j’ai vu Nick Heidfeld pour la première fois, alors âgé de 26 ans, je pensais me trouver devant un adolescent pas de barbe. À ma grande surprise, il est reparti avec deux toiles de Zilon sous le bras. Sa femme est revenue à plusieurs reprises acheter d’autres toiles. Elle a hâte d’avoir des nouvelles de L’autre galerie.

Pour mieux comprendre le marché, Yves Laroche n’hésite pas à se rendre à New-York, Los Angeles ou en Europe.

Les galeries américaines s’intéressent de plus en plus aux artistes canadiens. Des centaines de galeristes internationaux viennent en vacances à Montréal, ce qui donne un avantage marqué et stratégique au Vieux-Montréal pour les recevoir. Et le marché des collectionneurs est un monde en plein changement. Il y a maintenant un noyau de jeunes de 30 à 40 ans qui prennent leur place dans le marché des collectionneurs. Ces jeunes nous amènent des cabanes à sucre et des paysages reçus en héritage et veulent les vendre. Ça fait baisser les prix .

Même si les Américains sont en avance sur nous, par principe, Yves Laroche tient à garder un minimum de 50% de contenu canadien. Cet art urbain qu’il nous présente avec grande fierté représente une multitude de sous-cultures, à savoir l’art urbain, le graffiti et les bandes dessinées alternatives pour ne nommer que celles-là. Plusieurs des artistes représentés sont sous contrat avec Walt Disney ou font des illustrations pour de grands magazines. Les rebelles et les marginaux ont trouvé une place qui leur est propre. Bonne visite à L’autre galerie, celle de l’underground et de l’art urbain, une galerie qui a une vision d’avenir.

Pour une visite de la Galerie Yves Laroche.

Portrait de la peinture au Québec avec Marc de Roussan

Commentaire de Renart L’Éveillé sur la culture.

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La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

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Une nouvelle galerie ouvre ses portes. Une galerie qui dérange, qui sort de l’ordinaire. Son propriétaire, Yves Laroche, ne mâche pas ses mots. Celui qui préfère passer pour un fou plutôt que de manquer le bateau est direct dans ses propos: C’est l’agonie de la cabane à sucre et des paysages Charlevoisien, le déclin des scènes florales et des petits enfants que l’on peint. L’art urbain fait son entrée officielle en galerie.

Quand tu visites des régions telles que Charlevoix ou Baie St-Paul, c’est tellement beau, c’est normal qu’un touriste veuille acheter un paysage. Mais un souvenir, ça ne vaut pas le prix d’un tableau de collection. L’art trop commercial va cesser d’être une décoration à gros prix. Ça ne vaut pas le prix qu’ils demandent.

Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

Yves Laroche est déjà propriétaire de deux galeries dans le Vieux-Montréal: L’Orange et La galerie Yves Laroche. Ce n’est normalement pas la mission de notre magazine de couvrir les galeries. Malgré ses 53 ans, les côtés visionnaire et rebelle d’Yves Laroche ont réussi à piquer notre curiosité. Il prépare un projet inusité qui mérite notre attention: l’aménagement du sous-sol de sa galerie va être baptisé L’autre galerie.

Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

Sa clientèle, aussi diversifiée qu’exigeante, comprend des gens tels l’économiste Jarislowsky, des firmes d’avocats, des multinationales telles Power Corporation en passant par une chirurgienne française de 63 ans. Ses yeux s’illuminent quand il nous parle de Nick Heidfeld, pilote allemand de Formule 1, et de sa femme.

Lorsque j’ai vu Nick Heidfeld pour la première fois, alors âgé de 26 ans, je pensais me trouver devant un adolescent pas de barbe. À ma grande surprise, il est reparti avec deux toiles de Zilon sous le bras. Sa femme est revenue à plusieurs reprises acheter d’autres toiles. Elle a hâte d’avoir des nouvelles de L’autre galerie.

Pour mieux comprendre le marché, Yves Laroche n’hésite pas à se rendre à New-York, Los Angeles ou en Europe.

Les galeries américaines s’intéressent de plus en plus aux artistes canadiens. Des centaines de galeristes internationaux viennent en vacances à Montréal, ce qui donne un avantage marqué et stratégique au Vieux-Montréal pour les recevoir. Et le marché des collectionneurs est un monde en plein changement. Il y a maintenant un noyau de jeunes de 30 à 40 ans qui prennent leur place dans le marché des collectionneurs. Ces jeunes nous amènent des cabanes à sucre et des paysages reçus en héritage et veulent les vendre. Ça fait baisser les prix .

Même si les Américains sont en avance sur nous, par principe, Yves Laroche tient à garder un minimum de 50% de contenu canadien. Cet art urbain qu’il nous présente avec grande fierté représente une multitude de sous-cultures, à savoir l’art urbain, le graffiti et les bandes dessinées alternatives pour ne nommer que celles-là. Plusieurs des artistes représentés sont sous contrat avec Walt Disney ou font des illustrations pour de grands magazines. Les rebelles et les marginaux ont trouvé une place qui leur est propre. Bonne visite à L’autre galerie, celle de l’underground et de l’art urbain, une galerie qui a une vision d’avenir.

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Entrevue réalisée pour Reflet de Société

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Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

Yves Laroche est déjà propriétaire de deux galeries dans le Vieux-Montréal: L’Orange et La galerie Yves Laroche. Ce n’est normalement pas la mission de notre magazine de couvrir les galeries. Malgré ses 53 ans, les côtés visionnaire et rebelle d’Yves Laroche ont réussi à piquer notre curiosité. Il prépare un projet inusité qui mérite notre attention: l’aménagement du sous-sol de sa galerie va être baptisé L’autre galerie.

Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

Sa clientèle, aussi diversifiée qu’exigeante, comprend des gens tels l’économiste Jarislowsky, des firmes d’avocats, des multinationales telles Power Corporation en passant par une chirurgienne française de 63 ans. Ses yeux s’illuminent quand il nous parle de Nick Heidfeld, pilote allemand de Formule 1, et de sa femme.

Lorsque j’ai vu Nick Heidfeld pour la première fois, alors âgé de 26 ans, je pensais me trouver devant un adolescent pas de barbe. À ma grande surprise, il est reparti avec deux toiles de Zilon sous le bras. Sa femme est revenue à plusieurs reprises acheter d’autres toiles. Elle a hâte d’avoir des nouvelles de L’autre galerie.

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