Sécurité minimale: un pas de plus vers la liberté

L’humidité s’élève en vagues de la rivière des Prairies. Comme les insectes, je le constate, qui mordillent lentement ma jambe, présences grises et furtives dans la lumière basse en fin d’après-midi.

Un texte de Colin McGregor publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Chronique d’un prisonnier

« Je croise un homme de 70 ans aux yeux rouges. Il tient dans ses mains le diplôme d’études primaires qu’il vient de recevoir. Il le porte comme s’il était fait d’or.», raconte le prisonnier incarcéré au Centre fédéral de Formation de Laval.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.


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Rites de passage

Des éclats de lumières provenant d’une petite lampe de lecture en métal jettent des ombres sur le pêle-mêle d’une chambre en fouillis. L’air y est chaud et dense. Un homme, habituellement impeccable, toujours bien coiffé, est couché dans son lit, les cheveux en désordre, regardant distraitement la télévision. Une couverture cache un sac attaché à son abdomen.

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Dossier Chronique d’un prisonnier

Quand la mort et la maladie frappent en prison, découvrez l’histoire d’un codétenu à Colin McGregor. «Dans la chapelle de la prison, disposée sur un support de lecture une grande photo. Je peux l’apercevoir de la porte de la chapelle, mais ma cataracte m’empêche de voir qui c’est. Oh, merde ! C’est ce qu’ils font quand un détenu est mort. J’espère que ce n’est pas l’homme que j’ai visité. Ce n’est pas lui. Mais quelqu’un d’autre que je connaissais.»

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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La noirceur, c’est la noirceur

Il baisse la tête et fixe le vide, d’un regard las. Nous sommes en prison, dans le quartier commun des détenus. Une cuisinette, un téléviseur fixé au mur, quelques chaises, des divans. Une quarantaine d’années passées derrière les barreaux. La semaine dernière, seulement, a-t-il pu obtenir sa première permission de sortie.  Une activité hors les murs en compagnie de quelques autres prisonniers, chaperonnés par un civil.

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Dossier Chronique d’un prisonnier

« La prison est un environnement dominé par la lumière. Il y fait jour constamment, comme dans un casino de Las Vegas. La notion du temps se dissipe comme celle du montant d’argent qu’on perd. Le fil de nos propres actions devient difficile à suivre. Les secondes se transforment en heures », découvrez sa réflexion complète dans la chronique d’un prisonnier.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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La pandémie en prison

Nous nous promenons dans la cour arrière de la prison, marchant lentement à sens contraire des aiguilles d’une montre. Un silence étrange pèse aux alentours. Aucun avion au-dessus de nos têtes. Quelques rares automobiles et camions passent sur la route adjacente. Le monde s’est arrêté. Mis sur pause. 

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Dossier Chronique d’un prisonnier

« Nous devons porter nos masques chirurgicaux lorsque nous sortons, et rester à une distance de six pieds de nos pairs, ceux qui résident dans une unité différente de la nôtre. Nous sommes tous en état de choc. Les sorties, les cours, les activités à la chapelle, le programme des douze étapes, tout ça fait désormais partie du passé, tout comme nos bons souvenirs du temps d’avant la pandémie», révèle-t-il dans sa chronique du prisonnier.

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Après 25 ans, ma première sortie

Il est 17h30 par un soir de semaine. Le soleil est encore haut dans le ciel — c’est le temps de l’année où les jours sont les plus longs. Quatre d’entre nous attendent au Carrefour, le point central de la prison, sous un puits de lumière aux vitres graisseuses.

Un texte de Colin McGregor, Centre fédéral de formation – Dossier Chronique d’un prisonnier 

Notre chauffeur pour la soirée traverse le hall. Une sortie supervisée. «Êtes-vous prêts?» Oui, pourquoi pas? Je n’ai rien d’autre à faire. Sortir de la prison pour quelques heures et me rendre à une réunion dans une église du centre-ville. Voilà le programme.

Bouche bée, comme un labrador, j’observe le paysage par la fenêtre de la fourgonnette gouvernementale. Que de choses à voir! Cet édifice n’y était pas, à l’époque… celui-là y était… le Stade olympique est entouré de deux grues maintenant, plutôt qu’une seule, qui le surmontait lorsque je suis allé aux Olympiques en 1976… L’état des routes semble plus douteux que jamais… Et pourquoi tous les moins de 30 ans tiennent-ils un bout de plastique noir et brillant devant leur nez? Ah, c’est vrai… nous sommes en 2017.

Nous arrivons à l’église. Le clocher penche toujours autant qu’avant. L’édifice a été construit il y a près de 200 ans sur un marais. La famille responsable de sa construction le voulait près de leur demeure, au bas de la pente du mont Royal. Le clocher est toujours aussi de travers qu’il l’était dans mon enfance, alors que j’allais à l’église deux fois l’an (à Noël et à Pâques, pour des raisons sociales plutôt que religieuses).

Voilà le baptistère, une petite annexe ronde en pierre. Ma mère ne voulait pas que je sois baptisée. Mais en 1961, les femmes n’avaient pas beaucoup de droits. Cette année-là, le premier membre féminin de l’Assemblée nationale québécoise, Mme Claire Kirkland-Casgrain, venait d’être élu. Malgré cela, le mari de Mme Casgrain avait dû signer l’hypothèque de leur maison; elle n’aurait pas pu le faire elle-même.

C’est ainsi que mon père a fait endormir ma mère par un médecin. Puis il m’emmena à cette même église, juste assez longtemps pour y être baptisé par un prêtre, un confrère d’études à McGill. Ce religieux a fini par être renvoyé de l’Église pour indiscrétions conjugales. Ce qui était considéré comme beaucoup plus grave, en ce temps-là, que de droguer des mères pour baptiser en secret leurs enfants. Heureusement, la société a changé.

Nous nous joignons à la réunion. Les personnes présentes sont de tous les âges, silhouettes, sexes et ethnies. Beaucoup sont des prisonniers, ex-prisonniers ou quelque part entre les deux. D’autres sont des membres de la communauté qui souhaitent aider.

Les «civils» sont accueillants, chaleureux, mais à la manière réservée des Anglos. Nous sommes toujours dans le Montréal anglais, comme me le rappellent les fenêtres géantes qui occupent un côté de la pièce où nous sommes.

Les fenêtres donnent sur les murs de pierre rouge richement sculptés d’un édifice ancien. Il y a plus d’un siècle de cela, les navires rapportaient d’Europe cette pierre écossaise utilisée pour la construction des maisons des anglophones, pour leurs commerces, leurs bureaux et les casernes de pompiers. Un matériau fonctionnel, sobre, irradiant la stabilité et le pouvoir. Une pierre facile à sculpter, qui ne se dissout pas dans la neige — au contraire du Stade olympique.

«Tout le monde est là? Bien, nous pouvons commencer.»

Nous faisons un tour de table pour nous présenter. Beaucoup de sourires.

Quelqu’un récite un poème dans lequel on raconte comment c’est bien d’être en prison pour une nuit.

On donne une présentation sur le sujet des Palestiniens de Cisjordanie. Eux aussi habitent une sorte de prison. Ça leur prend des heures à passer des postes de contrôle pour aller travailler à des salaires de misère. Pour chaque litre d’eau utilisé par les Palestiniens, les colons israéliens en utilisent sept. Le taux de chômage est incroyablement élevé. Il existe une carte en damier de la région où tout est divisé, apparemment au hasard, entre les «in» et les «out». On se demande à quoi pourrait ressembler une carte de ce genre pour Montréal. Notre société cache un peu mieux ces frontières. Qui sait laquelle de ces cultures, la leur ou la nôtre, est la plus transparente?

Le présentateur fait partie d’un groupe qui tente d’aider les «out» dans leur malheur par un dialogue pacifique, le travail social et un peu de lobbying politique. En ce moment, il heurte des murs, mais n’a pas l’intention d’abandonner son approche. «La violence n’est jamais une bonne réponse», dit-il. Une bonne leçon.

On remercie le présentateur. Avec envie, je surveille la table derrière lui, que l’on s’apprête à garnir de douceurs et de bouchées diverses. Je calcule le meilleur angle pour m’approcher, le plus nonchalamment possible, de ce banquet gratuit pour m’en mettre plein la bouche.
En chemin, des gens m’arrêtent pour me remercier de mon bavardage autour des tables pliantes. Je me fais prendre par les conversations, toujours reconnaissant d’être traité comme un être humain. Mais j’apprends à dialoguer, tout en m’emplissant les joues de biscuits et de fromage. Ça peut se faire. Avec quelques hochements de tête et un peu de mime.

Chacun fait ses adieux. Nous promettons de nous revoir, quand la loi le permettra. Tous semblent sincèrement heureux de notre présence.

Retour à la fourgonnette, en marchant sur un trottoir où je suis déjà passé des milliers de fois. Une ancienne librairie, un de mes lieux favoris sur Terre, repose maintenant sous une tour de verre; en m’étirant le cou, je peux voir l’immeuble où je travaillais autrefois; et quelque part sous nos pieds, dans le centre commercial souterrain où je ne peux me rendre, se tient ce qui reste de l’entreprise familiale depuis longtemps déchue. C’est peut-être le seul foyer qu’il me reste.

C’est un magnifique soir d’été. Les couples marchent main dans la main; les touristes prennent des photos; une jeune femme contrariée, habillée de noir, crie dans un petit bout de plastique noir. Comment un si petit objet de plastique peut-il agacer à ce point? Ah, c’est vrai, nous sommes en 2017.

Nous nous entassons dans la fourgonnette. Retour à Laval: une ville sur laquelle j’ai déjà refusé d’écrire, lorsque je travaillais comme pigiste au bureau montréalais du Financial Post, en disant au siège social qu’il n’arrive jamais rien d’intéressant à Laval.

Comme au Monopoly: Retourner en Prison. Ne pas passer sur Départ, ne pas recevoir 200$.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Sexisme et mensonges; des mots dangereux


Lorsqu’une abeille veut dire au reste de la ruche qu’elle a trouvé une nouvelle source de pollen, elle le fait par une danse. Lorsque nous voulons communiquer entre nous, nous utilisons la parole. Et le genre de langage que nous utilisons produit un important effet sur notre entourage.

Un texte de Colin McGregor – Centre fédéral de formation (Laval) – Dossier Chronique d’un prisonnier

Dans les prisons canadiennes en dehors du Québec, traiter un détenu de goof (maladroit, loufoque) vous obligera immédiatement à vous battre. En effet, il est très mal vu de ne pas frapper celui qui vous a qualifié de ce terme. Un mot pourtant bien innocent dans le monde libre, et sans conséquence partout ailleurs, comme dans le cas du bon chien Goofy de Disney. Mais l’amical Goofy ne vivrait pas longtemps dans une prison ontarienne.

Cependant, nous sommes de plus en plus conscients de l’effet des mots. Le langage compte. Il peut refléter, par exemple, notre attitude envers les sexes et les ethnies. Certains disent que la langue française est sexiste, car en cas de pluriel avec des éléments mixtes, le masculin l’emporte sur le féminin. Ainsi, s’il n’y avait qu’un seul homme dans une foule d’un million de femmes, il faudrait tout de même dire «ils sont», plutôt qu’«elles sont».

Cette ancienne règle remonte au Moyen-Âge. On pourrait voir dans ce pluriel masculin le simple équivalent d’un neutre qui manque au français. Mais d’autres ont voulu voir dans cette «préséance du masculin sur le féminin» l’expression d’un ordre social.

Chemises unisexes

Quand les Normands venus de France conquirent l’Angleterre en 1066, ils y apportèrent leur langue, avec ses féminins et ses masculins. Par contre, les Anglais parlaient déjà des langues germaniques comportant 3 genres: le masculin, le féminin et le neutre. La langue anglaise a grandi, tant bien que mal, à partir d’un méli-mélo de français et de langues germaniques.

À un certain point, on s’entendit pour ne garder que le genre masculin, de manière à ce que les conquis et les conquérants puissent au moins se comprendre. On a simplifié. C’est ainsi qu’on ne se soucie plus de savoir, en anglais, si une table ou une chemise sont du genre masculin ou féminin. Elles sont neutres.

Ça ne signifie pas que l’anglais est une langue idéale du point de vue de l’égalité des genres. Les anglophones débattent encore à ce propos. Ainsi, il n’y a aucune manière simple de parler d’une personne dont on ne connait pas le genre. Comme lorsqu’on dit: «Celui ou celle qui a appelé n’a pas laissé son nom (he or she didn’t leave a name).»

Sexisme anglophone

Le mot woman (femme) vient du vieil anglais wif (épouse) ajouté à man (une personne). Ainsi, l’anglais est aussi sexiste que les autres langues. La femme y apparaît comme un simple prolongement de l’homme.

En français, du moins au Canada, le fait de féminiser les noms de professions est considéré comme une bonne chose. Le fait d’écrire la présidente ou la docteure démontre du respect. Mais en anglais, si vous dites the doctorette, vous prenez un grand risque, puisque cela prend un sens péjoratif dégradant. Dans cette langue, les noms de professions demeurent au masculin, comme s’il s’agissait d’une sorte de neutre. Une professeure est un teacher et non a teacherette. Actress est maintenant considéré par certains comme sexiste: on dit plutôt actor sans considération de genre.

Pourquoi se préoccuper autant de sexisme dans la langue? Après tout, le banawa, parlé dans l’Amazonie, utilise le féminin pour parler des personnes en général. Pourtant, ses locuteurs traitent les femmes d’une manière horrible, nous dit le linguiste Dan Everett.

Le fait d’adopter des termes plus justes ne fait pas forcément de nous de meilleures personnes. L’auteur et psychologue torontois Malcolm Gladwell parle de «caution morale»: on utilise des paroles vertueuses, tout en continuant de se comporter de manière indigne.

Aux États-Unis, par exemple, on élit un président noir tout en continuant de maltraiter la population noire. «Nous avons élu un président noir», disent les États-Uniens, «nous ne sommes donc plus racistes!» On se donne ainsi la permission de faire du mal, tout en se cachant derrière de fausses façades.

Les actions parlent-elles plus fortement que les mots? Ce que nous disons a-t-il de l’importance? Il y a 2400 ans, le philosophe grec Démocrite, qui fut ridiculisé parce qu’il disait que toute chose était composée de minuscules atomes, avait aussi déclaré: «Les mots sont les ombres des actions.» Les mots importent, ils ont des conséquences. Pourtant, on peut aussi les utiliser pour cacher des actions contraires à nos paroles.

En complément à Reflet de Société +

Découvrez cette vidéo ludique sur les origines de la langue française. Un réalisation de 1 jour, 1 question.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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En détention, la gale ! L’invitée indésirable

L’histoire a eu lieu lorsque j’étais en détention, en transfert d’une prison à une autre. Allongé sur le matelas du haut d’un lit superposable dans une cellule de 7 x 10 pieds, nous avons subis mon compagnon cellule et de moi, de terribles démangeaisons.

Un texte de Colin McGregor – CFF de Laval – Dossier Chronique d’un prisonnier

Des zébrures rouges se sont développées sur toute notre peau, surtout au niveau de la partie inférieure de nos jambes et bras. Mon compagnon en souffrait plus que moi: ses zébrures se sont étendu jusqu’à son ventre. La nuit, on se grattait tellement furieusement que le bruit de l’un pouvait réveiller l’autre.

«Ces docteurs stupides ne veulent pas me voir», se plaignait-il. «Qu’est-ce que c’est que ce bordel?» Un jour -c’était un vendredi- l’équipe médicale débordée de la prison appela son nom. Lâchant des jurons comme… comme tout détenu en prison… Il se leva et s’en alla. Quelques minutes plus tard, mon nom fut appelé, chose bizarre puisque je n’avais pas demandé de rendez-vous. Ma peau était depuis toujours mauvaise… Je me suis dirigé vers le poste des soins infirmiers, où deux infirmières se tenaient à quelques mètres de moi et regardaient, horrifiées, mes chevilles sanglantes.

«La gale.»

Cette chose que vous ne souhaiteriez jamais avoir, et certainement pas dans un espace clos. Nous sommes instantanément devenus les personnes les moins populaires de la prison, qui est remplie de personnes extrêmement impopulaires, chose qui était déjà un véritable exploit.

Petit acarien en détention

La gale est une maladie qui infecte la peau. Elle commence par une petite bosse, puis se propage sous une forme de zébrures rouges et sanglantes. Le cas ressemble à beaucoup d’autres problèmes de peau, tels que le zona. La gale est une sorte de film d’horreur. Elle est causée par un petit insecte brun à 8 pattes, un acarien, ayant une forme de tortue. Et ce parasite Scarpotes Scabiei ne peut pas être vu à l’œil nu.

Les acariens femelles creusent sous votre peau, souvent se faufilant entre vos doigts, orteils, ou vos «parties intimes». Une fois qu’elles accèdent à l’intérieur de votre peau, elles prennent leur temps pour creuser jusqu’à ce qu’elles trouvent un endroit agréable pour pondre leurs œufs. Vous rappelez-vous de ces scènes du film Alien, lorsqu’un animal denté perce la paroi de l’estomac d’astronautes, montrant ses dents en triomphe avant de prendre la fuite dans la station spatiale? C’est la même sensation.

C’est effrayant. Tout ce que vous touchez doit rester dans un sac en plastique pendant 7 jours, ou peut-être même brûlé. Les douches chaudes sont une nécessité, pour faire cuire ses petits diables se trouvant sous votre peau et vous en débarrasser. Il n’y a jamais eu meilleur argument pour prendre des douches chaudes régulières.

Les acariens peuvent creuser jusqu’à 1/5ème d’un centimètre par jour, et peuvent vivre à l’intérieur de vous pendant plusieurs semaines avant que vous le remarquiez. Non seulement cela, mais les médecins ne peuvent jamais confirmer que vous avez ou aviez eu la gale. Les insectes sont trop petits pour être détectés, et il n’existe aucun test définitif. En prison, lorsqu’on remarque des démangeaisons, une peau rouge et des bosses, on assume qu’il s’agit de la gale. Être traité comme un porteur de la gale est une expérience insultante, que vous l’ayez ou non.

La solitude

Nous criant dessus à travers les portes de cellules, mon compagnon et moi prenions des douches séparées en couvrant, de ce qu’on nous a dit, être une crème très chère. Nos repas nous ont été apportés par des bénévoles pas très disposés. La gale est un événement semi-régulier en prison, il existe donc un protocole dont tout le monde est au courant. Vos vêtements sont emportés dans des sacs à risque biologique, vous faisant sentir moins humain, comme si cela ne suffisait pas d’être emprisonné. Vous êtes isolé du reste de la population carcérale le temps d’appliquer vos crèmes et de rester en attente.

Suivant les ordres du médecin, je me suis enduis de crèmes, pris mes douches, changé mes vêtements à plusieurs reprises, et beaucoup lu. J’ai essayé de ne pas me gratter la nuit, juste pour que mon compagnon de chambre puisse dormir.  Celui-ci est devenu de plus en plus exaspéré. Il venait d’être condamné à sa première peine de prison. En plus de la gale, Il avait beaucoup de choses à digérer.

En fin de compte, j’ai réussi à convaincre la plupart des prisonniers qui me criaient dessus que contracter la gale n’était pas de ma faute. Après deux semaines de crèmes et de solitude, mes éruptions se sont évaporées. Était-ce la gale après tout? Je ne le saurai jamais.

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