Formation en techniques de scène

 Productions Jeun’est

Les techniciens de scène de demain

Loin des projecteurs, Productions Jeun’Est est devenu un véritable tremplin vers le monde du spectacle pour des jeunes décrocheurs.

Frédéric Lacroix-Couture   Dossier Culture, Communautaire

productions-jeun-est-techniciens-de-sceneL’organisme qui fêtera bientôt ses 15 ans, fournit des techniciens de scène à des grandes entreprises artistiques telles que le Cirque du Soleil. Présentation des coulisses d’une organisation créative.

À l’intérieur de cette ancienne école primaire de la rue Hochelaga, à Montréal, les couloirs blancs sont déserts en cette heure du dîner. Il faut se déplacer jusqu’au bout du corridor, au premier étage, pour apercevoir une quinzaine d’étudiants assis à différentes tables, rigolant et discutant. Ces jeunes qui ont  eu de la difficulté à l’école aspirent tous à intégrer le marché du travail grâce à une formation en technique de scène.

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Pier Colbert

L’homme derrière cet espoir est Pier Colbert. Il a travaillé avec des grands noms de la culture québécoise: le Groupe Sanguin, Michel Rivard, Louise Forestier et Jean-Marc Parent. L’univers artistique le passionne et celui de la jeunesse aussi.

Durant 5 ans, celui qui a dirigé plusieurs festivals et a aussi travaillé pour Guy Laliberté, de 1993 à 2005, a œuvré à titre de président de la Maison des jeunes, MAGI, dans la métropole. À la tête de cet organisme, M. Colbert a côtoyé des adolescents en difficulté et s’est aperçu qu’un meilleur soutien pouvait leur être apporté. «J’ai toujours cru à l’éducation et je me disais qu’il y avait quelque chose à faire au niveau de la formation», explique-t-il.

Productions Jeun’Est

Mis sur pied en 1996, Productions Jeun’Est cherche à contrer le décrochage scolaire en formant des Montréalais de 18 à 30 ans aux métiers d’arrière-scène tout en répondant aux besoins de main-d’œuvre dans l’industrie du spectacle.

En dix mois, les participants apprennent la sonorisation, l’éclairage et le gréage qui consiste à planifier tout ce qui est relié aux cordes, aux câbles et aux systèmes d’accrochage des artistes. Des formations secondaires sont aussi offertes telles que le dessin technique, la régie d’instruments et la menuiserie. Et les étudiants n’ont rien à débourser grâce à une subvention d’Emploi Québec.

Chapeauté par la Commission scolaire de Montréal, le programme ne compte pas seulement des décrocheurs scolaires, mais aussi des personnes qui ont «décroché socialement». Par ce terme, la directrice de la formation, Suzanne Desbiens, désigne ceux qui ont déjà fait des études collégiales ou universitaires dans divers domaines, mais sans avoir trouvé un métier qui les intéressait. Ils finissent alors par abandonner.

Myriam Dubreuil a étudié dans plusieurs domaines avant d’atterrir à Productions Jeun’Est. Seulement après 3 mois de formation, la jeune femme de 28 ans se dit beaucoup plus confiante en son avenir professionnel. «Je n’ai plus de doutes. Ce n’est pas comme mes études collégiales en sciences humaines dont je ne voyais pas du tout où elles me menaient.  La formation ici est plus précise et plus courte aussi», affirme-t-elle.

David Vallois, 22 ans, entrevoit quant à lui une opportunité de réintégrer le marché du travail. Après des études en manutention, il n’a pu dénicher un emploi dans ce domaine. Comme il s’intéresse à l’univers des arts, un organisme d’insertion sociale l’a référé à Productions Jeun’Est.

Même s’il n’avait aucune connaissance en techniques de scène, contrairement à Myriam qui a déjà touché à la conception de décors, David n’éprouve pas trop de difficultés à s’adapter. «Je commence à être plus à l’aise avec le gréage. Je partais de zéro. Je ne savais même pas faire des nœuds avant», raconte-il.

Les deux futurs techniciens apprécient l’interaction entre les participants. «On s’entraide beaucoup dans le groupe et les liens se créent facilement. Personne ne fait sa petite affaire tout seul. Je me souviens que les étudiants à l’université ne voulaient même pas prêter leurs notes de cours», raconte Myriam.

Du Cirque du Soleil à la TOHU

La réputation de cet organisme à but non-lucratif n’est plus à faire. Productions Jeun’Est a fourni au Cirque du Soleil, à Spectra, au spectacle Cavalia ainsi qu’à la TOHU plusieurs de leurs techniciens. «Notre carte de visite se résume par le bon travail de nos techniciens que nous envoyons sur des contrats. Les clients sont impressionnés par la qualité de nos finissants», affirme fièrement Pier Colbert.

La capacité du programme à s’adapter aux nouvelles réalités du monde du spectacle a aussi joué pour beaucoup dans la reconnaissance de l’organisme. Suzanne Desbiens mentionne que le secret de Productions Jeun’Est se situe dans sa capacité à répondre rapidement aux attentes du  marché par rapport aux qualifications de la main-d’oeuvre. Au cours d’une session, Productions Jeun’Est peut modifier le contenu d’un atelier afin que leurs étudiants détiennent les nouvelles compétences exigées par le marché.

Prodigium

Pour la direction, il est important que les finissants trouvent un emploi. Après avoir offert pendant 10 ans des services de conception et d’organisation d’événements, Productions Jeun’Est a décidé de lancer en 2006 Prodigium, une division dédiée exclusivement à la vente de services aux entreprises.

Le taux de placement, présentement de 80 %, n’est pas seulement le résultat de la qualité de la formation, mais aussi du talent et de la persévérance des étudiants. «C’est un métier qui n’est pas nécessairement facile. Ça demande du caractère», précise M. Colbert.

La routine et le 9 à 5 n’existent pas dans ce domaine. Les responsables de l’organisme montréalais jugent que le rythme de vie particulier du métier convient parfaitement à la génération actuelle et aux décrocheurs.

Lorsque vous assisterez à un prochain spectacle du Cirque du Soleil ou à un événement artistique d’envergure à Montréal, dites-vous qu’il y a certainement derrière cette création un ancien jeune en difficulté qui a franchi les portes de Productions Jeun’Est.

Les jeunes terminent leurs stages à la fin novembre. Leur premier contrat en tant que finissant sera le spectacle de financement du Café-Graffiti qui aura lieu le 20 novembre prochain au Skatepark le TAZ. Une belle occasion de soutenir les jeunes autant du Productions Jeun’Est que du Café-Graffiti. Un rendez-vous à ne pas manquer.

Pour informations sur les techniques de scène: www.jeunest.qc.ca

Pour le spectacle de financement du Café-Graffiti: 514-259-4926, par Internet ou encore sur le réseau Admission.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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Spectacle de financement pour le Café-Graffiti aHÉROSol 2010

20 novembre 2010 à 20:00 heures

Spectacle de Breakdance, percussions Samajam, Roller blade, Skateboard et BMX.

Au Skate Park le TAZ 8931 Papineau

Pour réserver vos billets: 514-259-4926, par Internet ou encore sur le réseau Admission.

 

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Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

DOMINIC DESMARAIS. Volume 14-1, octobre 2005

Dossiers Sexualité et Hypersexualisation
hypersexualisation-jeune-sexualite-sexe-education-sexuelle Veut-on vraiment régler le problème de l’hypersexualisation? Les différents acteurs concernés par la problématique se renvoient la balle.

Paul Trottier, vice-président de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), ne veut pas que l’hypersexualisation serve de prétexte à renforcer les lois. Il s’accommode de l’état actuel. «Je ne veux pas d’une société où tout est réglementé. En même temps, je suis très conscient qu’il y a un problème d’hypersexualisation du corps des jeunes filles.»

École, hypersexualisation et sexualité des jeunes

Que peut faire l’école? M. Trottier s’est battu contre l’homophobie à l’école en usant de son poste au Conseil de la commission, le fera-t-il pour aider les élèves? «Ce qu’on veut, c’est créer un environnement propice pour qu’ils apprennent la sexualité. En faisant de la restriction, on avance pas. Quand t’es jeune, souligne-t-il, t’aime outrepasser les règlements. Plus ils sont sévères, plus tu as envie de sauter ces barrières-là.»

Le vice-président a en horreur tout ce qui limite les libertés. Il ne sait toujours pas s’il va agir dans le dossier de l’hypersexualisation mais il est catégorique sur un point: «Si la plupart des établissements appliquaient un code de vie hyper restrictif, je m’en inquiéterais. Et peut-être, à ce moment-là, j’interviendrais.»

L’homme oscille entre le sexologue de formation qu’il est et l’ouverture d’esprit caractérisant sa personnalité. À ses yeux, tous les acteurs gravitant autour des jeunes filles doivent s’impliquer. «L’école a un rôle à jouer, reconnaît-il. Mais elle n’est pas la police.»

Cours d’éducation sexuelle

M. Trottier cherche une solution. «Les parents s’en foutent souvent, il n’y a pas de cours d’éducation sexuelle, les écoles ont peu de moyens… C’est une lourde responsabilité et personne ne peut prendre ce poids sur ses seules épaules.» Avec son nouveau programme, le Ministère abandonne le cours de Formation personnelle et sociale (FPS), cours dans lequel s’inséraient quelques heures de formation sur la sexualité. Au ministère de l’Éducation, on préfère prioriser l’essentiel comme la langue, les mathématiques et l’histoire.

Le Ministère se dit préoccupé par l’éducation de la sexualité. Mais sur ses 1506 fonctionnaires, personne ne s’est penché sérieusement sur la question de l’hypersexualisation. Paul Trottier le confirme: il ne sent pas cette préoccupation du ministère de l’Éducation.

«Pour outiller les intervenants afin d’ intégrer l’éducation à la sexualité dans leur action auprès des jeunes», le Ministère a demandé à Francine Duquet, sexologue, de rédiger un document. Il remplacera le cours de FPS. Le Ministère considère les cours de français, d’enseignement moral ou de science et technologie, comme des matières compatibles avec l’objectif de sensibiliser les jeunes à la sexualité. Le Ministère se donne comme défi de permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste, critique et sensible à propos de la sexualité et de son expansion.

Jeune et sexualité

Philippe, enseignant en 6ème année primaire, se demande bien comment il pourra permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste et critique à propos de la sexualité. «Faudrait vraiment qu’on soit formés sur quoi répondre aux enfants ,parce qu’on le sait pas. Alors, on aime mieux rien dire. L’enfant pense qu’on s’en fout, alors il prend ça pour acquis», dit-il en acceptant une partie du blâme. «C’est trop complexe. Comment j’arrive à gérer ma sexualité, c’est une chose. Gérer celle d’une autre personne, c’en est une autre. Moi, si une jeune effleure le sujet, je l’esquive parce que je ne suis pas capable de répondre.»

Le manque de formation masque un problème plus grave dans les écoles: le rapport enseignant masculin et élève féminin. «Depuis que j’ai commencé, il y a 8 ans, je n’ai jamais parlé de sexualité. Parce que je suis un gars. Je vais avoir des problèmes. Je vais me faire congédier. Jamais, jamais, je vais parler de ça. Quand tu apprends que des profs ont ruiné leur carrière parce qu’une petite fille a menti, as-tu le goût de prendre la chance? Je pense que je ne suis pas le seul», déplore Philippe. «Je ne sais pas c’est quoi, la solution. C’est vraiment un sujet tabou parce qu’on est au primaire: on parle de pédophilie.»

«Je me mets à la place d’un enseignant, pas sûr, moi non plus, que je leur répondrais, aux jeunes», avoue le vice-président de la CSDM. «Les plaintes de nature sexuelle non fondées, c’est un sujet très sérieux pour l’Alliance des enseignants.»

Un personnel masculin qui se défile, mais encore? Le manque de ressources ne faciliterait pas la tâche d’éduquer les élèves sur la sexualité. «Des professionnels dans les écoles, il y en a très peu. Quand l’école a un peu de moyens, elle va peut-être prioriser d’autres professionnels qu’un sexologue ou un psychologue», confirme M. Trottier.

L’école peut-elle répondre aux besoins des enfants sur la sexualité?

Paul Trottier répond par une question. «Est-ce que c’est le rôle de l’école? On peut faire porter bien des choses… Notre mission, c’est d’instruire, de socialiser et de qualifier. Dans ces trois mots-là, on peut mettre pas mal ce qu’on veut», explique M. Trottier qui ne sait pas s’il mettra sur pied un comité de la CSDM pour se pencher sur la question. Philippe en rajoute. «Si la société dit que c’est un problème criant, faites de quoi! Ne demandez pas à des profs de régler le problème», s’insurge le jeune enseignant.

Le ministère de l’Éducation semble peu préoccupé, la Commission scolaire ne sait si elle va agir et les enseignants ne peuvent répondre aux besoins des enfants. Et les principaux intéressés, les parents? «Les mères, les pères aussi, pourquoi ils acceptent si facilement ça? se demande le Dr Baltzer qui en voit de toutes les couleurs à sa clinique pour adolescents. «Parce qu’on est dans une époque où on essaie d’atteindre l’idéal de laisser décider nos enfants. On est plus capables de dire non», suggère-t-elle. Ce qui expliquerait, notamment, l’existence d’un marché pour les strings offerts aux fillettes. À 10 ans, on ne prend pas la décision d’acheter des sous-vêtements.

«Souvent, on me demande de donner un conseil aux parents d’ados… Tu peux pas changer ton discours du jour au lendemain. Si tu n’as jamais parlé et là, tu te décides… Ils ne t’écouteront pas si tu ne leur as jamais parlé. En communiquant dès le début, tu lui transmets des valeurs qui font qu’il a une estime de soi. C’est comme ça que tu préviens des dérapages», affirme la directrice de la clinique pour adolescents.

Sexualité et mouvement féministe

Le Dr Baltzer cible d’autres fautifs. Le mouvement féministe. «Il y a eu un temps où le corps féminin était utilisé partout. C’est disparu, mais là c’est revenu. Va-t-il y avoir un autre mouvement féministe qui va régler le problème? Mais le dernier mouvement, comment a-t-il pu laisser aller les choses?»

«Ce qu’on a probablement manqué, c’est de créer un homme fort. Un modèle épanoui. Parce que pour que ce soit si facile de faire retomber la femme dans un objet sexuel…» Mme Baltzer n’a pas besoin de terminer sa phrase. Tout est dit. La femme d’aujourd’hui est un objet sexuel. Ce que le médecin ne peut accepter. Échaudée par certains journalistes qui détournent la question au profit du sensationnalisme, Franziska Baltzer n’en poursuit pas moins son combat.

«Ne rien dire, c’est lâche. Peut-être que j’irai nulle part avec ma croisade…», explique-t-elle en haussant les épaules. «Mais rien faire… Ceux qui font les émissions de télé, ils sont capables de rejoindre la masse. Je suis optimiste.» Son sourire est sincère, ses yeux déterminés. Les réseaux de télé lui donneront-ils raison?

Hypersexualisation et féministe

Jocelyn Deguise ne le pense pas. 6 ans passés à Musique Plus, la chaîne des 12 – 24 ans, lui ont fait comprendre que la télévision, en 2005, a délaissé la notion de conscience. «Musique Plus n’est pas un parent. C’est un business. Aujourd’hui, ils diffusent n’importe quoi. Ils se disent que c’est possible de voir tout ça sur Internet. Oui, il y a une déresponsabilisation. C’est un peu comme donner des armes aux jeunes et dire que c’est aux parents de s’en occuper.»

Malheureusement, Pierre Marchand, président et fondateur de Musique Plus, n’a pu donner sa vision, son horaire ne lui laissant pas le temps de rencontrer Reflet de Société. Le ministère de l’Éducation, l’école, les parents, la télévision, Internet… Ceux qui, comme le Dr Baltzer, veulent s’attaquer au phénomène de l’hypersexualisation auront fort à faire.

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L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

 

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

 

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

 

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

 

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

 

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

 

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