Itinérance des femmes dans le Quartier St-Roch

Femmes et itinérance à Québec

Quartier St-Roch et Limoilou, femme et itinérance

La revitalisation du quartier St-Roch, à Québec, repousse non seulement les itinérants vers Limoilou, mais elle les appauvrit encore plus en augmentant la précarité chez les femmes qui y résident. Telles sont les conclusions auxquelles est arrivée la sociologue Fanny Bourgeois dans son mémoire de maîtrise.

Catherine Boisclair Agence Science Presse

Dossiers ProstitutionSexualité et Itinérance

L’itinérance au féminin prend une forme particulière, selon l’étudiante de l’Université Laval. Contrairement aux hommes, les femmes risquent le viol si elles itinérance prostitution escorte putain rue put prostituées dorment dehors. Tout l’argent qu’elles possèdent est donc investi dans leur stratégie de survie numéro un: avoir un toit. C’est le cas des 44 femmes que la chercheuse a interviewées.

Les itinérantes de St-Roch sont ainsi directement touchées par l’augmentation des prix des loyers, poussée par la forte demande locative des nouveaux arrivants attirés par la revitalisation. Parfois forcées de déménager loin des ressources d’aide et sans moyens d’y revenir, les femmes deviennent encore plus vulnérables.

Répression policière dans le quartier St-Roch

La répression policière dans le quartier, en hausse depuis la revitalisation, rend encore plus vicieux le cercle de la pauvreté pour celles qui restent, conclut la sociologue. La prostitution, principal gagne-pain de ses interlocutrices, est sanctionnée par l’interdiction de revenir dans le quartier, sans quoi elles se verront remettre des contraventions.

Les femmes itinérantes continuent malgré tout de fréquenter St-Roch, qui demeure leur lieu de résidence, de socialisation et de travail, puisque « les clients vont là pareil », assure Fanny Bourgeois. Endettées par l’accumulation de contraventions, « elles vont faire un peu de prison. Avec un casier judiciaire, comment peuvent-elles se trouver un emploi? », questionne la chercheuse. Elle constate aussi que les femmes adoptent des comportements beaucoup plus à risque pour éviter de se faire prendre lors de la sollicitation. Pressées de trouver preneur, « elles vont être moins attentives aux signes qui indiquent qu’un client est violent » ou qu’il refusera le condom.

La sociologue espère un meilleur financement des organismes communautaires. Ceux-ci devront éventuellement déménager vers Limoilou, tout en laissant des gens dans le besoin dans St-Roch.

Un mal pour un bien?

Guy Mercier, géographe de l’Université Laval, rappelle que l’urbaniste est en quelque sorte l’ennemi des populations marginalisées. « La revitalisation d’un quartier va chasser les gens qui vont là parce qu’ils ne peuvent pas aller ailleurs », soutient le professeur. « Il ne faut pas croire aux miracles sociaux de l’urbanisme », conclut-il.

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pour ou contre l’avortement?

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Sexe et alcool font-ils bon ménage?

Baiser sans condom et maladies transmises sexuellement

Une chlamydia avec ça?

Robert passait plusieurs soirées par semaine à festoyer dans les bars. Il s’amusait à accumuler les conquêtes. « Comme je ne connaissais pas mes partenaires, je mettais toujours un condom, sauf un soir de party ».

Dominic Desmarais         Dossiers Sexualité, MTS-Sida,    Santé

condoms-baiser-faire-amour-sexe-sexualite Robert vient d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal. Bon à l’école, sportif, un emploi à temps partiel pour payer l’université. Le jeune homme, maintenant dans la fin vingtaine, passait plusieurs soirées par semaine à festoyer dans les bars. Il fut un temps, «la belle époque» comme il aime l’appeler, où il s’amusait à accumuler les conquêtes.

«Comme je ne connaissais pas mes partenaires, je mettais toujours un condom, affirme Robert d’un ton sérieux. Sauf un soir de party. Je suis sorti prendre l’air avec une demoiselle. On s’est embrassés…» Robert ne termine pas sa phrase. Son large sourire suffit pour comprendre qu’ils ont échangé davantage qu’un baiser. «Je n’avais pas de protection avec moi. J’étais plus que pompette. Et ça faisait quelque temps que je la reluquais.»

Baiser sans condom

Robert n’a pas eu de maladie des suites de cette aventure. «Ça m’a donné l’idée que baiser sans condom, c’était pas si dramatique. Remarquez, les relations suivantes, j’en portais. J’y étais habitué.» Mais l’impression qu’il ne lui arrivera rien ne le quitte pas.

Des mois plus tard, l’histoire se répète. «Cette fois, j’ai poussé ma chance un peu trop loin, se souvient le jeune homme. Je l’ai su dès le lendemain, en allant aux toilettes.» Robert rit de cet épisode aujourd’hui. Mais cette journée-là, il vivait nerveusement. «Je travaillais et, aux cinq minutes, j’allais au petit coin en espérant que ça ne me chaufferait plus, que tout irait mieux. Je ne pensais qu’à ça.»

Clinique pour maladies transmises sexuellement

alcool-sexe-baise-d-un-soir-baiser Robert n’a pas mis de temps à visiter une clinique spécialisée dans le traitement des maladies sexuelles. Une expérience qu’il espère ne plus jamais revivre. «Ça fait mal! Et comme les résultats d’analyse sortent après quelques jours, tu stresses en attendant. Je savais que j’avais attrapé quelque chose. Mais je ne savais pas quoi. Je suis passé à la bibliothèque regarder des livres sur ces maladies. Pour savoir ce que ce pourrait être. Je m’imaginais le pire scénario.»

Robert a été sensibilisé au port du condom à l’école secondaire. Mais il ne connaissait pas les infections qu’il pouvait attraper. «Je connaissais les noms des ITS. Pas leurs symptômes ni leurs conséquences. Lesquelles ne disparaissent jamais? J’étais dans l’inconnu et ça m’a fait paranoïer.»

Chlamydia

Robert se considère chanceux. Il a attrapé la chlamydia. «Je devais prendre deux pilules et, en 24 heures, j’étais guéri. Ça m’a permis d’en rire avec mes amis. Mais intérieurement, je ne riais pas fort», dit-il en s’esclaffant, 10 ans plus tard. Les erreurs de jeunesse sont du passé. Depuis, il a toujours porté un condom. «Une autre fille que je désirais depuis un bon moment m’a demandé de ne pas en enfiler un. Elle se disait clean. Je n’ai pas voulu. Pas après ma mauvaise expérience.» Robert a poursuivi quelque temps sa vie d’aventures. Plus jamais il n’a eu de relation sans protection.

Ces années l’ont fait réfléchir. «J’ai changé! Ces histoires d’un soir me rendaient de plus en plus vide. Je me sentais seul. Mais vu mon tempérament, il fallait que je passe par là pour me rendre compte que ce n’est pas pour moi. J’ai bien vécu ma jeunesse et je suis prêt aujourd’hui pour une vraie relation!»

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Fuck, les médias tuent

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Tags et graffiti au service de la prévention du Sida

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Stephen Harper et l’avortement

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Retour à l’ère de Morgentaler ?

Depuis 1988, la loi permet aux femmes de se faire avorter. Mais depuis que le gouvernement de Stephen Harper est au pouvoir, le débat sur l’avortement revient sur la table, avec le dépôt du projet de loi C-484 qui reconnaît l’existence juridique du fœtus.

Alexandre Lévesque   Dossier Avortement, Famille, Égalité hommes-femmes, Sexualité

avortement-foetus-droit-d-avorter-loi-choix-pro-vie-pro-choix Les médias de masse cherchent maintenant à diriger l’opinion publique en faveur du mouvement pro-vie qui consiste à un retour à la criminalisation de l’avortement que propose le regroupement des pro-choix. Toutefois, que peut-on dire, en terme de droit, de l’égalité des sexes, si les femmes ne peuvent pas s’approprier leur corps?

Inégalités hommes-femmes

Ce qui émane du discours politique, c’est que les inégalités entre les hommes et les femmes tendent à s’accroître. Au Québec, l’égalité des sexes est une valeur bien ancrée dans nos mœurs. Comment peut-on remettre en question le droit à l’avortement? Cette question va au-delà des femmes violées se retrouvant enceintes.

Interdire l’avortement, c’est s’approprier le corps des femmes. On ne leur permet plus de décider par elles-mêmes. Soumises à l’État, dans lequel les hommes détiennent majoritairement le pouvoir politique et économique, elles sont dépossédées de la décision qui doit leur appartenir d’avoir un enfant ou non. Dans un tel contexte, les hommes sont complètement évacués de la responsabilité des enfants.

Contraception, avortement et éducation sexuelle

Il faut sensibiliser les jeunes aux moyens de contraception. Des cours d’éducation sexuelle doivent être implantés pour inciter l’utilisation du condom lors des relations sexuelles, ce qui évite les mauvaises surprises et les infections transmises sexuellement (ITS).

La discussion à propos de la violence conjugale doit se faire également pour informer et sensibiliser les jeunes à l’existence des violences physiques et psychologiques qui pourraient forcer les femmes à avoir des relations sexuelles sans qu’elles aient donné leur consentement et, ensuite, elles se sentent obligées d’avorter.

C’est au sein des couches les plus défavorisées de la société que le recours à l’avortement est essentiel pour les femmes. Bien souvent, l’accès à l’information et aux moyens financiers sont limités. Il conduit à une situation familiale plutôt instable menant parfois à la monoparentalité. Ce sont les femmes qui doivent assumer la responsabilité d’éduquer et de prendre soin, à elles seules, des enfants. Les femmes sont moins avantagées que les hommes sur le marché du travail puisqu’elles occupent des emplois précaires, atypiques, à des positions subordonnées aux hommes. Quant à l’équité salariale, selon Renée Larochelle de l’Université Laval;

Dans l’ensemble du marché du travail, l’écart entre le revenu moyen des hommes et des femmes est de 26 % en défaveur des femmes.

Dans l’éventualité où la loi sur l’avortement adoptée en 1988 serait abrogée par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, le raisonnement ne consiste pas à faire de l’avortement un substitut à la contraception mais plutôt d’éviter que des femmes risquent leur vie ou détériorent leur santé pour se faire avorter dans des cliniques clandestines.

Si l’on désire vivre dans une société qui se veut égalitaire et démocratique, il faut s’en donner les moyens. En ce sens, permettre aux femmes de s’émanciper, en leur accordant les mêmes droits et conditions que les hommes, est prioritaire.

Jusqu’où ira cette attitude de droite de Stephen Harper? Va-t-on remettre en question le droit de vote des femmes maintenant? De quel droit pouvons-nous appliquer des lois au profit des hommes et au détriment des femmes ?

Ressources sur Internet concernant l’avortement:

Canadian for choice

Fédération du Québec pour le planning des naissances

Coalition pour le droit à l’avortement au Canada

Autres textes sur Politique

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L’amour en 3 dimensions.

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L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

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Réjean Thomas, Sida, VIH et MTS

Sexualité et maladies transmises sexuellement

Le SIDA tue encore

Le sida est disparu depuis l’arrivée de la trithérapie, croient les Québécois. Conséquence: exit le condom et bonjour les comportements sexuels à risque. Reflet de Société a rencontré le docteur Réjean Thomas, président de la Clinique médicale l’Actuel, qui soigne les patients atteints du VIH et de MTS depuis 1984.

Annie Mathieu              Dossier MTS-Sida, Sexualité

sida-tue-encore-vih-mts-seropositif Le sida n’est pas un sujet vendeur. Sauf le 1er décembre, journée mondiale contre le sida. Les images d’enfants du tiers-monde atteints de la maladie confirmeront un préjugé vieux comme le virus: le sida, c’est la maladie «des autres».

«Les gens ont l’impression que c’est une maladie africaine parce que la plupart des reportages sont faits dans les pays du tiers-monde, affirme d’entrée de jeu le docteur Réjean Thomas. À cause de l’accès à la trithérapie, on pense le problème réglé. C’est faux. On est dans une période de négation collective face au sida.» Une attitude qui se traduit par le peu d’intérêt des médias et qui rend la prévention, déjà difficile, presque impossible.

«Aucun message ne peut prévenir la maladie, croit le docteur Réjean Thomas. L’important, c’est d’être régulier, provocateur, drôle et surtout, répéter les messages. C’est ce qu’on fait avec le tabagisme par exemple et qu’on ne fait pas avec le sida», déplore-t-il.

Journée mondiale de lutte contre le sida

Ce qu’il reproche à la journée mondiale de lutte contre le sida? On en parle trop et qu’à un seul moment de l’année. Un avis partagé par ses patients qui détestent le 1er décembre. «Je dis souvent aux élèves « si votre prof est atteint du cancer, il va recevoir des mots, des fleurs, il va être entouré ». Un sidéen, lui, sera seul dans sa chambre et personne ne le saura.»

Des campagnes insignifiantes

fuck-sida-tue-encore-mts-vih-sexualite S’il considère que les médias n’ont pas toujours abordé le sida de manière intelligente, Réjean Thomas croit tout de même qu’ils ont joué un rôle plus important que les campagnes de prévention: «Les médias ont sauvé plus de vies que les campagnes gouvernementales de santé publique ou de prévention. Ce que je vois, c’est nul. Il n’y en a pas assez. Je les trouve insignifiantes.»

Le sida n’est pas un enjeu social important au Québec, estime le docteur. «Ç’a l’a été mais ce ne l’est plus depuis que la maladie n’est plus mortelle et qu’il y a des traitements. On vit, explique-t-il, une épidémie hallucinante de maladies transmises sexuellement qui touche tous les groupes d’âges, les hommes autant que les femmes. Un jeune de 18 ans à qui tu annonces sa séropositivité, ça ne reste pas drôle. Il va prendre des médicaments toute sa vie. Que va-t-il va faire? Sa carrière? Va-t-il pouvoir voyager? L’inquiétude face à sa maladie, la mort, aux relations sexuelles, tomber amoureux; sa vie ne sera plus jamais comme avant. Ce n’est pas juste de mourir qui est grave!» insiste-t-il.

«Un sidéen en 2007 est plus fautif qu’un sidéen des années 80 qui pouvait plaider l’ignorance. On lui pardonnait. Aujourd’hui, on se dit que les victimes auraient dû être plus vigilantes. Je me demande s’il n’y a pas plus de préjugés qu’avant», questionne Réjean Thomas, convaincu que les malades se sentent plus coupables en 2007.

Des préjugés tenaces

«Ils souffrent aussi d’une grande détresse. On leur dit d’en parler à un ami très proche parce que tout seul, c’est difficile, explique-t-il. J’ai tellement peur qu’ils en parlent trop! Je sais qu’ils souffriront des préjugés ! J’ai des patients qui ont perdu des jobs!»

La discrimination à l’égard des ces populations marginalisées est toujours très présente, croit Réjean Thomas. «Par exemple, il y a eu cet été une épidémie de rougeole chez les enfants. Il y a eu, quoi, 4-5 cas ? Donc pour 5 cas de rougeole on sort tout l’arsenal de santé publique au Québec et pendant ce temps-là, il y a 500 cas de syphilis chez les homosexuels. Qu’est ce qu’on a fait ? On a mis des mini posters dans les saunas. Comme si les jeunes de la rue, les toxicos, les homos, c’était vraiment des parias!»

Au diable la prévention

Les adolescents sont une nouvelle génération «très à risque», explique Réjean Thomas. «Parce que la trithérapie est arrivée, on a arrêté, dans les écoles, les cours de formation personnelle et sociale où l’on parlait du sida et des MTS.» Résultat ? Une augmentation de syphilis, de gonorrhée et de VIH au Québec.

Le grand coupable: le condom, de plus en plus oublié par les partenaires sexuels. «Dans les années 1990, explique Réjean Thomas, quand un patient disait « j’ai pas mis de condom », c’était un aveu grave. Plus aujourd’hui.» Les films pornos, source appréciée des jeunes pour parfaire leur éducation sexuelle, sont en partie responsable de la baisse de popularité de l’enveloppe de caoutchouc. Peu à peu, la protection disparaît des films XXX. «Je ne suis pas sociologue ni anthropologue mais il se passe quelque chose !» s’inquiète le docteur.

Il faut ramener le condom comme une norme, prescrit-il. Il suffit de faire des campagnes et marteler que le sida est une maladie qui se prévient. «Des pays pauvres ont réussi, pourquoi pas nous?» Le Québec a démissionné, déplore le docteur Thomas.

Dépistage du sida

L’étape du dépistage est aussi bâclée, voire ignorée: «Il y a au moins 25% des gens qui sont séropositifs et qui ne le savent pas. C’est énorme !» s’insurge-t-il. Les urgences reçoivent encore des cas de sidéens non diagnostiqués en phase terminale. «Il n’y a pas de raison, en 2007, de mourir du sida !» répète le docteur qui considère inadmissible pour des personnes de 30 ans et plus de ne jamais s’être soumis à un test de dépistage.

Encore faut-il que des médecins puissent y veiller. «La relève médicale est loin d’être garantie dans le domaine du sida et des MTS, selon Réjean Thomas. Il n’y a pas beaucoup de jeunes médecins qui s’y intéressent. Le milieu médical a les mêmes préjugés envers le sida et les MTS que la société en général. C’est le défi dans 10 ans, explique-t-il, puisque les sidéens d’aujourd’hui ne meurent plus de la maladie.» Une augmentation de malades inversement proportionnel au nombre de médecins disposés à les traiter. Un enjeu qui devrait inquiéter les autorités médicales, selon le président de la Clinique Actuel.

Sent-il le besoin de se réinventer pour intéresser la population et ses confrères à la maladie? «Je ne suis pas un artiste qui a un produit à vendre! Je suis là avant tout pour soigner les malades!» Il affirme ne parler du sida que lorsque qu’on l’interroge à ce sujet. Et parce qu’il sent un devoir moral de le faire, consent-il.

Devoir qu’il prend au sérieux. Le docteur Réjean Thomas a établi son diagnostic: le Québec souffre d’indifférence face au sida. Heureusement, la maladie n’est pas incurable.

Statistiques sur le sida

Dans le monde

  • 39,5 millions de personnes vivent présentement avec le VIH/sida dans le monde
  • 17,7 millions sont des femmes
  • 2,3 millions sont des enfants de moins de 15 ans
  • Il y avait 4,3 millions de nouveaux sidéens en 2006
  • 2,9 millions de personnes sont mortes du sida en 2006

L’ONU tire cette observation de statistiques récentes: «Les taux d’infection ont diminué dans certains pays en 2005, mais la tendance globale reflète toujours une augmentation de la transmission.»
Source: Rapport ONUSIDA/OMS, 21 novembre 2006.

Au Québec

  • En 2005, 3158 Québécois sidéens étaient répertoriés
  • Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)
  • 20% était des usagers de drogues injectées (UDI)
  • 77% était des hommes
  • En 2005, le Québec a recelé autant de nouveaux sidéens qu’en 2002. Par contre, le nombre de HARSAH infectés a augmenté, contrairement au nombre d’UDI infectés qui a diminué
  • 67% des cas diagnostiqués étaient à Montréal, 9% à Québec et 7% en Montérégie.
  • En 2005, le taux de mortalité associé au sida était 5 fois inférieur à celui de 1995. Les traitements plus efficaces aujourd’hui permettent de prolonger la vie des sidéens.

Source: Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec – Année 2005 (et projections 2006), ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

FUCK le sida tue !

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de la publicité «Fuck le sida tue» qui a été boudée par les médias ?

Des jeunes m’ont entendu à la radio et ont trouvé effrayant d’apprendre qu’il est difficile de parler du sida. Ils ont proposé à la Clinique ce concept de publicité et nous avons eu envie de l’utiliser. Je connaissais ceux à qui appartenait le grand espace publicitaire du boulevard Saint-Laurent [coin Sherbrooke]. Ils nous ont donné gratuitement le mur pour deux mois pour que l’on puisse mettre la publicité. La Ville de Montréal a refusé.

Pourquoi la Ville a-t-elle refusé ?

Elle a dit que c’était à cause du français. [Rires] «Fuck», ce n’est pas un mot français…C’était une raison, un prétexte. Nous avons essayé de le traduire mais ça ne s’apprêtait pas. L’objectif visé, c’était d’interpeller les jeunes qui passent sur Saint-Laurent.

Est-ce que vous vous êtes battus ?

Oui, mais il n’y avait rien à faire. On a pris des publicités dans les magazines et une page complète dans le Devoir. Ç’a a fait parler autant. C’était l’objectif.

Est-ce que vous le referiez autrement?

Autrement? Non. C’est sûr qu’on avait une publicité provocatrice. En même temps, ce n’était pas nous qui l’avions inventée. À mon âge, j’essaie toujours d’être proche du terrain mais je vieillis aussi [rires]. Puisque ça venait des jeunes, que ça parlait aux jeunes, on l’avait pris tel quel et on avait trouvé ça intéressant.

autres textes sur sexualité

PS Une autre publicité sur le Sida commandé par la Clinique L’actuel fait jaser.

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Sida, VIH et trithérapie

Sida, VIH et trithérapie

Isabelle Burgun              Dossier Sexualité, Santé

Chercheur renommé en virologie, Mark Wainberg a été l’un des premiers scientifiques canadiens à plonger dans la lutte contre le VIH. Il a participé à l’élaboration du traitement 3TC (trithérapie) et poursuit ses recherches au sein du McGill AIDS Centre qu’il dirige.

Grand activiste et conférencier, Mark Wainberg a présidé la Société internationale sur le Sida, de 1998 à 2000, et a organisé le Congrès international de Durham. Il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada (2001) et Officier de l’Ordre national du Québec (2005). En 2006, il a coprésidé la XVI International AIDS Conférence de Toronto (1).

Dans le cadre de la Journée internationale du Sida, Mark Wainberg, le directeur du McGill AIDS Centre et l’un des éminents scientifiques canadiens de la lutte contre le VIH, se confie à l’Agence Science Presse.

ASPQu’est-ce qui a changé depuis le début de votre implication, en 1983-84, dans la lutte contre le sida?

Mark Wainberg — Le développement des médicaments qui connaît un grand succès. Actuellement, quelqu’un qui se soigne peut vivre très longtemps, jusqu’à 90 ans. Il mourra d’une crise cardiaque, mais pas du sida.

ASPOù en êtes-vous dans vos recherches au sein de l’Université McGill?

Mark Wainberg — Nous travaillons dans le domaine de résistance aux médicaments, nous cherchons des molécules susceptibles de la contrer. Malheureusement, il se développe différentes mutations de différents sous-types du VIH. Il nous faut comprendre comment le virus opère pour muter si rapidement et résister aux médicaments.

ASPOù en sommes-nous du côté du diagnostic ? Quelles sont les avancées majeures?

Mark Wainberg — Les journaux ont annoncé récemment le développement d’un test rapide basé sur les anticorps — développé par Biolytical Laboratory — et susceptible de donner une réponse au médecin en 60 secondes. Il faut généralement de 10 à 14 jours pour avoir savoir si la personne est infectée. Nous désirons que le gouvernement du Québec approuve son utilisation – le test est déjà approuvé par Santé Canada. Obtenir un résultat rapide améliore d’autant la prévention.

ASPOù en sommes-nous du côté de la prévention ? À part le port du condom, existe-t-il des technologies prometteuses?

Mark Wainberg — Pas beaucoup. Que cela soit du côté d’un vaccin ou d’un onguent microbicide vaginal, qui permettrait de protéger les femmes de l’infection, la plupart des essais cliniques ont échoué. La seule piste vient de la circoncision. On a découvert que les hommes circoncis diminuaient jusqu’à 60 % leur risque de contracter le VIH. C’est, pour l’instant, notre seul espoir.

ASPVous affirmez que du côté de la thérapie, c’est très positif. Vous dites même que «nous sommes victimes de notre succès». Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là?

Mark Wainberg — Il y a l’émergence d’une drôle de mentalité, particulièrement chez les hommes gais qui pensent que ce n’est pas grave d’être infectés puisque la thérapie permet d’y survivre, alors ils font moins attention et adoptent des rapports sexuels non protégés. C’est une attitude stupide. Ce n’est pas à moi de leur dire ça, mais les groupes de pairs doivent délivrer le message qu’en dépit du succès traitement, il reste important de rester en santé… et leurs partenaires aussi.

ASPÊtes-vous optimiste ? Comment voyez-vous les prochaines années?

Mark Wainberg — Bien sûr que je le suis, je n’ai pas le choix. Nous allons continuer à trouver d’autres médicaments. Il faut aussi développer l’accès de la thérapie auprès des malades des pays en voie de développement. Nous vivons plus que jamais dans deux mondes, celui du Nord où l’on peut se soigner et celui du Sud où l’on continue de mourir du sida.

(1) La prochaine conférence internationale sur le Sida se déroulera à Mexico du 3 au 8 août prochain.

Pour les insatiables

Courte présentation de Mark Wainberg :
http://www.mcgill.ca/microimm/department/associate_adjunct_prof/wainberg/

XVI International AIDS Conference, 2006:
http://www.aids2006.org/

Société canadienne du sida:
http://www.cdnaids.ca

VIH et sida par Santé Canada:
http://www.hc-sc.gc.ca/dc-ma/aids-sida/index_f.html

Centre canadien d’information sur le sida:
http://www.aidssida.cpha.ca/

Réseau canadien d’info-traitements sida:
http://www.catie.ca/fre/Home.shtml

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