Art et culture communautaire

Coopérative de producteurs et diffuseurs artistiques

Le communautaire par les arts et la culture

Le Complexe Méduse, situé au centre-ville de Québec, est une coopérative de producteurs et diffuseurs artistiques, culturels et communautaires. C’est aussi un lieu d’accueil pour plusieurs artistes en résidence.

Julie Rhéaume  Dossiers Culture, Communautaire

«Lorsque Méduse a vu le jour il y a 11 ans, on voulait créer des espaces pour les centres d’artistes, des lieux plus adaptés aux besoins des artistes et groupes. Cela a aussi permis de créer un contexte où l’on trouvait sous un même toit une rencontre possible de plusieurs langages artistiques.»

Le principe de la coopérative: «vivre ensemble, mais rester indépendant tout en partageant des espaces et des facilités techniques communes», répond Émile Morin de Recto-Verso, un groupe de création et de diffusion en art multidisciplinaire.

Pour André Gilbert, de VU, un centre d’artistes qui se consacre au développement de la photographie contemporaine, la vocation première du complexe est d’être un lieu de création et de travail pour les artistes. «Ce sont des ateliers avec des équipements que les artistes ne peuvent acquérir sur une base individuelle. Les artistes qui désirent venir travailler ici deviennent alors membre de la coopérative à un coût très modique et, ensuite, peuvent utiliser ces équipements à des tarifs subventionnés.»
Certains groupes de Méduse proposent des espaces d’exposition destinés au public, tandis que des spectacles peuvent être aussi présentés dans des espaces polyvalents situés à même ce complexe artistique.

Synergie entre les groupes

Les groupes de Méduse travaillent souvent à des projets communs. «Rien n’est forcé. Il s’agit d’une synergie qui module, qui varie, selon le bon vouloir des membres. Ça vient de notre cohabitation. On parle de nos projets et il y a des croisements qui s’opèrent. On travaillerait dans des bâtiments séparés et on se verrait quand même… Québec, ce n’est pas grand, sauf qu’ici il existe un contact quotidien qui permet des rencontres, des discussions sur ce qu’on fait», explique Émile Morin.

«Ce qui est intéressant, ce sont les résidences internationales, telles les pépinières européennes (de jeunes artistes qui sont ici pour trois mois). Ces gens profitent de tout le potentiel de Méduse.

L’artiste peut avoir accès aux ressources dont il a besoin: studio de son, de vidéo, atelier de métal. Pour les Européens, cette possibilité de passer les frontières (entre disciplines, types de ressources et groupes) si facilement est assez exceptionnelle. Entre groupes de Méduse, ce genre de croisement est aussi possible. C’est la force et l’intérêt de Méduse», ajoute M. Morin.

Difficultés

«Au départ, Méduse a connu des difficultés financières. Sa construction a coûté plus cher que prévu, comme tout grand projet. On construisait le long de la côte d’Abraham, ce qui a entraîné des contraintes supplémentaires. Beaucoup d’argent a été dépensé juste pour tenir la côte.

Finalement, on est arrivé en bout de course avec des espaces superbes, une belle coque, mais il y avait tout un plan d’achats d’équipements qui n’a pas pu être réalisé. Il a fallu des années pour rattraper ce retard», raconte M. Morin.

Méduse a aussi connu quelques difficultés à assumer le coût des taxes municipales, qui était trop élevé et non adapté à une coopérative sans but lucratif.

«Pendant des années nous avons contesté une politique de taxation qui nous jugeait comme un centre commercial. Nous aurions fermé le lendemain si nous avions payé toutes les taxes. Finalement, nous avons eu gain de cause», souligne M. Morin.

L’avenir

«Méduse n’est pas une entité seule. Son évolution est issue du dynamisme des 10 groupes qui y logent. Il y a une nécessité de se questionner sur la nature des centres d’artistes au Québec: leur impact sur les artistes, les manières de présenter les choses. C’est inévitable. Dans le milieu des arts, on ne peut faire comme si nous étions des galeries privées ou des centres de production traditionnels. Nous sommes supposés être avant-gardistes, de faire une certaine recherche, d’amener de nouvelles approches sur le terrain.

Il est nécessaire pour tous les groupes de continuer cette recherche, de ne pas s’asseoir sur son cul en se disant qu’on fait bien nos choses et que ça va», soutient Émile Morin.

«Si Méduse obtient l’aide financière pour acheter les équipements dont elle a besoin, je vois l’avenir de Méduse de manière très positive. Les groupes se portent tous très bien. Ils se sont tous développés positivement au cours des dernières années. J’ose croire que tout cela va se poursuivre», conclut quant à lui, André Gilbert, sur une note optimiste.

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Vivre ou survivre en coopérative d’habitation

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Habitation et logements abordables

Vivre en coop

Logements moins chers, droit de regard sur les améliorations locatives et esprit  communautaire. La vie en coopérative: situation idéale?

Ève Lemay   Dossier Communautaire, Coopérative

cooperative-d-habitation-coop-cooperants-loyers-modiques La recherche de l’appartement parfait peut devenir un véritable cauchemar. Ainsi, plusieurs désirent vivre en coopérative d’habitation qui offre des logements propres, très abordables et un style de vie basé sur l’entraide et la mixité. Au Québec, 50 000 personnes vivent en coopérative. On compte 1200 habitations de ce type dont plus de la moitié sur l’île de Montréal.

Une coopérative d’habitation est une petite entreprise. Les membres sont locataires mais aussi propriétaires. Le paiement du loyer sert à payer l’hypothèque de l’immeuble. Le concept est semblable à celui des caisses populaires. À leur arrivée, les membres doivent acheter une part sociale, dont le montant varie selon la grandeur de leur futur logement. C’est aussi une organisation démocratique et tous les membres sont appelés à participer activement aux décisions.

Un conseil d’administration est formé. Différents comités sont mis sur pied afin que chacun s’investisse en fonction de ses intérêts et de ses compétences. Le comité des relations extérieures s’occupe, entre autres, de recruter des membres prêts à s’impliquer. Le comité d’entretien veille à contacter des entrepreneurs pour les rénovations.

coop-d-habitation-cooperative-cooperants-loyer-modique La base d’une coopérative d’habitation demeure l’assemblée générale. Tous les membres se réunissent au moins une fois par année. Pour chaque décision, tous ont droit de vote. Selon la loi, seul le conseil d’administration a les pouvoirs pour gérer les affaires de la coopérative.

Pour Julie Grammond, qui a habité en coopérative de 2007 à 2010, l’avantage majeur était l’esprit de communauté et la possibilité de connaître ses voisins. «Si j’avais besoin de lait et que le dépanneur était fermé je n’étais aucunement gênée d’aller voir mes voisins pour qu’ils puissent me dépanner, relate-t-elle. En tant que campagnarde, j’étais très heureuse de trouver une communauté dans mon immeuble. Tous les membres se retrouvaient souvent dans la cour arrière pour discuter et nous faisions souvent des barbecues», ajoute-elle.

Pour Micheline Migneault, qui a habité une coopérative de six logements à Sherbrooke entre 2004 et 2006, l’avantage majeur était le prix des logements. La possibilité d’un certain contrôle sur l’entretien de l’immeuble et le droit de regard sur les améliorations locatives l’avaient aussi séduite. Même chose pour André Pruneau, qui a habité en coop de 2006 à 2010, très heureux de trouver un appartement abordable.

Malgré tout, la réalité moins reluisante rattrape souvent la vision idyllique que les occupants ont des coopératives. Déresponsabilisation et conflits de personnalités s’invitent souvent dans ces communautés.

Inconvénients de la coopérative d’habitation

Did Belizaire qui habite une coopérative depuis 7 ans, considère qu’elles ne font que donner l’illusion qu’il y règne une atmosphère de partage et d’entraide. «Je l’ai surtout remarqué lorsqu’il y a eu le tremblement de terre en Haïti. Je suis Haïtien d’origine et personne n’est venu me demander si ma famille allait bien», témoigne-t-il, déçu.

Pour André Pruneau, c’est le manque d’implication des membres qui l’a le plus déçu. «Ce sont toujours les mêmes personnes qui font tout, déplore-t-il. Certains avaient de petites réparations mineures à effectuer dans leur logement et même s’ils étaient parfaitement capables de les faire eux-mêmes, ils faisaient toujours appel au comité d’entretien», ajoute André.

Micheline Migneault a aussi été marquée par cette déresponsabilisation. «Les gens promettaient mer et monde en entrevue et une fois rentrés dans la coopérative, beaucoup réussissaient à se défiler de leurs obligations», se souvient-elle. Elle cite l’exemple d’une locataire qui affirmait que son statut de mère monoparentale l’empêchait de s’impliquer, n’était-ce qu’une heure par mois pour l’entretien des corridors et autres espaces communs.

Julie se souvient amèrement que sa coopérative, qui était divisée en cinq immeubles, ne partageait pas également les dépenses. «Les escaliers extérieurs de mon immeuble étaient vraiment dangereux et rien n’était fait, contrairement aux autres blocs qui eux, avaient souvent droit à beaucoup plus de budget.»

Secrétaire de direction à la Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du Montréal métropolitain (FECHIMM), Isabelle Lalouette avoue que la majorité des plaintes reçues concernent des problèmes de voisinage et des conflits de personnalités. «C’est plutôt surprenant étant donné que, souvent, le but recherché en venant vivre en coopérative est de trouver une ambiance chaleureuse et un esprit communautaire», observe-t-elle.

Pour vivre en coopérative

Malgré les inconvénients que comportent les coopératives d’habitations, Did Bélizaire assure que ce type de logement est parfait pour des familles, si on considère les bas prix des logements. Il ajoute que l’esprit de convivialité doit être créé par les membres afin d’en faire un milieu de vie agréable.

«Vivre en coopérative exige de la souplesse, de la tolérance et un sens du devoir», concède Micheline. Elle suggère qu’un membre doit idéalement être capable de faire passer les intérêts du groupe et de la coopérative avant les siens.

«Il doit y avoir des coopératives fonctionnelles quelque part, mais moi je ne conseille pas ce type d’habitation», conclut Julie.

Décider de vivre en coopérative c’est accepter de mettre l’épaule à la roue, dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Coopération internationale et tourisme équitable

Coopération internationale et tourisme équitable

Des Îles de la Madeleines au costa Rica

Isolée au beau milieu du golfe du Saint-Laurent, la jeunesse madelinienne s’ouvre au monde. Des stages en coopération humanitaire permettent aux jeunes Madelinots d’apprendre à se connaître et d’apprécier leur communauté.

Dominic Desmarais, Dossiers Environnement, Commerce équitable, International

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Emmanuelle et Anne ne savaient pas dans quelle aventure elles plongeaient. À 18 ans, leur vie passée presqu’exclusivement sur une île perdue au milieu du golfe à des heures de traversier de la terre ferme, elles ont goûté à une expérience inoubliable. Un dépaysement total, travailler au sein d’une coopérative du Costa Rica, en Amérique centrale.

Pendant quatre semaines, avec huit étudiants, elles ont baigné au rythme d’une culture bien différente: celle de la communauté de Silencio et sa coopérative agroécotouristiques. En un mot, les jeunes Madelinots se sont initiés au tourisme équitable. «Au début, on ne savait pas du tout ce qu’on allait faire», se rappelle joyeusement Anne, une petite brunette décontractée et énergique.

Armés de pelles, de machettes et de scies manuelles, Anne, Emmanuelle et les autres stagiaires ont reconstruit à travers la jungle des sentiers touristiques détruits par l’ouragan Rita. Ces sentiers mènent à trois chutes où se baignent les touristes. Ils sont également utilisés pour le projet d’éducation environnementale de la coop. Les guides enseignent la diversité et les particularités de la faune et de la flore aux touristes et aux enfants des environs.

Quand ce n’était pas les sentiers, c’était les animaux de la coopérative. Sept jours sur sept, des stagiaires se levaient aux aurores pour nourrir les singes, perroquets, toucans et perruches, pour nettoyer leurs cages et aider à les soigner. Une activité alléchante. «Il y avait beaucoup de fruits… Mais ils allaient tous pour les animaux. On bavait devant les bananes qu’il fallait donner aux singes», dit Anne, malicieusement.

Dernier projet communautaire auquel les jeunes ont participé: la construction de huit cabines, petites maisons rudimentaires de deux étages en bois et en ciment, pour touristes. Avec l’aide des stagiaires madelinots, la communauté de Silencio espère prospérer grâce à un tourisme respectueux.

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Immersion culturelle
Plus que le travail, c’est l’intégration à la vie de Silencio qui a enrichi ces jeunes Madelinots. Chaque stagiaire habitait au sein d’une famille de la communauté d’accueil.

Après 45 heures d’espagnol appris en classe, le contact avec les Costaricains a permis d’améliorer la maîtrise d’une autre langue, d’une autre culture. «On a tous eu des expériences familiales différentes, explique Anne. Chez moi, la plupart du temps, j’étais seule avec ma mère. Il n’y avait pas d’enfants. J’ai trouvé ça difficile. C’est dur, il y a plein d’enfants dans le village…» Plus facile de partager avec des gens de son âge.

Plus chanceuse, Emmanuelle chérit sa famille d’adoption. Vivre avec deux frères et quatre sœurs, âgés de 15 à 20 ans, a facilité son intégration. «J’ai créé des liens incroyables avec eux. Ma sœur de 17 ans m’a appris l’espagnol, parce qu’on se parlait tous les jours. J’aimais leur vie», dit-elle, d’un ton rêveur.

L’apprentissage derrière le stage
Le stage au Costa Rica initie les jeunes à un projet coopératif, leur permettant de participer au développement agroécotouristiques. Pour les Îles de la Madeleine, le lien est évident. On a jumelé deux endroits aux accents touristiques. En s’ouvrant aux réalités des Costaricains, les Québécois s’ouvrent à leur propre réalité.

«Tout était différent, mais semblable. C’est une petite communauté de 80 familles. Ils sont tous proches», explique Emmanuelle, sitôt interrompue par Anne. «Les jeunes sont restreints dans leur milieu. Tu es obligé de partir pour étudier. Il y a beaucoup de rapprochements entre eux et nous. C’est drôle de voir ces petites situations qui ressemblent aux nôtres. Tu fais des parallèles. Voir ces gens attachés à leur communauté et voir qu’ils sont bien a renforcé mon désir de m’installer et de fonder une famille aux Îles plus tard.»

Le travail et les discussions avec les gens de Silencio ont favorisé la réflexion sur le développement qu’elles souhaitent pour leurs îles: une communauté où les liens entre les membres sont plus importants que le développement. Rester soi-même plutôt que de se travestir pour amener davantage de touristes et de retombées économiques.

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Le financement
La préparation du stage a demandé 15 mois. Les stagiaires dénichent des fonds: vente de produits équitables, loterie-voyage, recherche de commanditaires. «À travers la campagne de financement, les jeunes se créent un réseau. Ils ne connaissent pas les intervenants socio-économiques. Ils vont les voir pour leur financement. Quand tu es bien réseauté, c’est toujours plus facile de trouver un emploi», raconte Marie-Élaine Guay, coordonnatrice des stages, qui n’en revient pas de la générosité des Madelinots. «Notre population de 14 000 habitants a rapporté 70 000$. Nous avons reçu 10 000$ de l’extérieur. Le milieu répond de façon incroyable!»

Amarres & Voilures
Le programme Amarres & Voilures a été créé par le Cégep des Îles-de-la-Madeleine, en coopération avec le Carrefour jeunesse-emploi des Îles. L’objectif: développer une conscience citoyenne, une ouverture sur le monde et l’engagement des jeunes aux Îles.

Le directeur du cégep, Maurice Papineau, a donné le nom d’«Amarres» pour renouer ou tisser des liens avec des pairs de sa communauté et des groupes sociaux. Et «voilures» pour aller voir ailleurs, y apprendre la différence et la ressemblance; découvrir des alternatives, des solidarités et des projets à rapporter.

«Les gens s’inquiètent, parce que leurs jeunes quittent les Îles. Pour moi, la meilleure façon de les garder, c’est de les mettre dehors. Leur donner des expériences significatives qu’ils pourront utiliser dans leur vie ici. Le rôle du cégep est de donner des cours, mais avant tout, c’est un outil de développement des personnes et de la région. La masse critique des Îles sort d’ici», explique-t-il d’un ton convaincant.

Un projet pour l’avenir des Îles
Les Îles de la Madeleine comptent environ 3300 jeunes. Après avoir connu une baisse de la population jeune entre 1991 et 2001, le beau temps est de retour. Les 24-30 ans reviennent. Le maire Joël Arsenault affiche son optimisme. Parti à 16 ans, il est revenu à 41 ans. Personne ne voulait rester aux Îles, faute de débouchés.

Il voit Amarres & Voilures comme un «work in progress». «L’attrait de nouvelles expériences sera toujours là. Je l’espère! Il faut positionner les Îles comme un endroit où il fait bon revenir. Si j’avais eu un programme comme ça, je n’aurais pas eu un préjugé négatif comme je l’avais en quittant. Avant, on partait jeunes et longtemps. On partait sans avoir de racines. Avec Amarres & Voilures, ils font leurs deux années de cégep ici. Ils partent ensuite trois ou quatre ans. Les chances qu’ils reviennent sont plus grandes, parce que les expériences significatives développent leur attachement. Moi, je ne veux surtout pas les attacher pour qu’ils demeurent.»

La communauté madelinienne y gagne. Par ces expériences, les jeunes complètent leur cégep aux Îles, plutôt que de s’exiler à la fin de l’adolescence. «À partir du moment où le jeune s’engage dans un stage, il s’engage à le mener à terme. Au retour aussi, pour redonner à la communauté», assure le directeur du Cégep. Par exemple, des stagiaires ont raconté leur périple au Costa Rica à des classes de 6e année, à Fatima, aux Îles. «Les profs ont trouvé ça génial. Nous étions cinq. Nous avons parlé de la communauté de Silencio, du pays, de notre préparation, on a montré des photos et on a parlé des animaux. Ça les a impressionnés! Quand on est sorti, ils avaient tous le goût de faire le stage», explique Anne, avec entrain.

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Un partenariat enrichissant
La communauté de Silencio retire des bénéfices de cet échange. Un deuxième volet est en branle. Cette fois, huit élèves et quatre jeunes travailleurs s’envoleront en décembre prochain pour le Costa Rica. En plus des travaux communautaires, les stagiaires réaliseront un cahier «nature» trilingue (anglais, espagnol, français) sur la diversité de la faune. Les enseignants du primaire costaricains et les touristes sont ciblés.

Silencio recevra également des conseils pour le compostage. Emmanuelle et Anne, après leur stage de l’an passé, rempilent une seconde fois. «On repart en décembre pour trois mois. On s’est aperçu qu’ils avaient des problèmes de déchets. Ils les brûlent le matin. C’est incroyable comme perte, s’exclame Emmanuelle. Marie-Élaine a pensé à un projet de compostage. Elle savait que je prenais une sabbatique, que je tenais à y retourner. Anne et moi, on pouvait partir. Elle nous a approchées.»

Les deux élèves de 19 ans amorcent un partenariat avec la municipalité, pour leur projet de compost. «Comme on est allé au Costa Rica, on sait ce qu’ils ont, quels sont leurs besoins. On va les rencontrer, famille par famille. Les informer, parce qu’ils ne savent pas que le compost existe et que ce n’est pas un gros effort. On va préparer le terrain pour les prochains stagiaires», dit Anne. Le département des sciences du cégep prendrait le relais, l’étude terminée.

Le directeur du cégep est fier de la tournure du projet. «Il amène un questionnement chez le jeune. Qu’est-ce que je veux faire? Je peux le faire aux Îles? Si je quitte, pourquoi? Si je reste, pourquoi? Qu’est-ce que je peux donner aux Îles? C’est extraordinaire comme ils veulent, les jeunes! Au terme, ils n’ont plus les mêmes yeux. Ils changent de personnalité. Plus extravertis, confiants. Les participants, j’en suis convaincu, n’auront jamais l’impression d’être des nobodies

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

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Ensemble pour vaincre le suicide

Ensemble pour vaincre le suicide     

Par Dominic Desmarais, Vol 14-6              Dossier  Suicide

vaincre-suicide-dossier-suicide En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Prévention du suicide, une tribune pour les jeunes

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté et le suicide des jeunes

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

Merci de votre soutien.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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