Le don des pauvres

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Comment chercher de l’aide pour soi?

La peur de la pauvreté

Il y a déjà plusieurs années alors que j’étais détenu au pénitencier du Centre fédéral de formation à l’Institut Leclerc, j’ai collaboré avec Marie-Lise Nobert, une des fondatrices de la soupe populaire St-Maxime.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville. Dossiers Prison, Bénévolat

don soi bénévolat prison pauvreté chercher aideCette expérience a été extrêmement valorisante. Elle m’a permis de me reprendre en main. Ceux qui y ont participé, à un moment ou un autre, en ont aussi retiré une bonne leçon. Ce fut si enrichissant sur le plan personnel qu’une sérieuse réflexion a monté en moi: pourquoi n’avais-je pas su, comme eux, chercher de l’aide? Pourquoi m’étais-je enfoncé aussi profondément dans la dèche?

J’ai découvert que la plupart des détenus comme moi avaient une peur viscérale de la pauvreté. La plupart d’entre nous préfèrent attaquer un dépanneur, une banque et même un étranger, plutôt que de se rabaisser à demander la charité. Pourquoi autant de mépris? La peur d’admettre mon échec, mon besoin des autres, ma propre incompétence à réussir? J’ai eu honte.

Préjugés et démunis

Étonnamment, ma sévérité pour les plus démunis me condamnait à repousser sans cesse mes propres défaillances, ma propre vulnérabilité. En tant que criminel, être pauvre me semblait plus lourd à porter qu’être tueur, voleur ou même fraudeur. J’ai réalisé à quel point mes valeurs étaient fuckées.

Certaines publicités ont réussi à me convaincre que je ne valais rien, que j’étais condamné au désespoir si je n’avais pas cette dernière paire de jeans griffés ou cette voiture. Que les belles femmes ne s’intéressent qu’aux hommes fortunés. Que seule la réussite économique compte. Cette expérience à la soupe populaire, au service des plus pauvres, est venue fracasser plusieurs de mes préjugés.

Bénévolat auprès des démunis

Un beau matin, cinq détenus triés sur le volet, ceux qui n’avaient rien à gagner à s’évader ou à déconner, prennent place avec moi à l’intérieur d’une petite fourgonnette. Escortés par deux gardiens en civil, nous nous dirigeons vers cette soupe qui se situe au sous-sol d’une église, comme la plupart des soupes populaires, je présume. À notre arrivée sur place, la présidente, accompagnée d’une petite armée de bénévoles, nous accueille avec une chaleur séduisante. Eh oui, des bagnards endurcis ont besoin de réconfort.

Après une brève présentation sur le déroulement de la journée, on se répartit les tâches et responsabilités: placer les tables et les chaises, décharger les camionnettes remplies de denrées, en faire le tri… Juste avant d’ouvrir les portes, nous prenons quelques minutes pour s’asseoir ensemble afin de se connaître un peu mieux.

La majorité des bénévoles étaient des personnes du troisième âge qui dégagent une bonté, une serviabilité qui, personnellement, me dépassent. Incarcéré depuis plusieurs années pour des crimes graves, j’ai peu d’estime de moi, même si je feins le contraire. Aider mon prochain, un étranger de surcroît, est une approche qu’on ne m’a jamais enseignée. Je découvre un nouvel univers qui se révèle être un moyen de guérison.

La métamorphose

À l’entrée, je constate que rien ne peut vraiment distinguer les bénéficiaires de la soupe populaire des gens qui attendent à l’arrêt d’autobus. Des familles entières, parents et enfants, prennent place. Pour la première fois de ma vie, des regards remplis de considération se posent sur moi. Des gens me considèrent avec gratitude, des enfants m’admirent. Une transformation s’effectue en moi. J’observe les autres détenus qui se métamorphosent. Les gardiens ressemblent à s’y méprendre à des hommes.

En moins d’une demi-heure, j’en apprends plus sur moi que pendant mes dix dernières années de détention. Cette soupe populaire m’offre une occasion de me sentir enfin bien avec moi-même. Ma dignité refait surface d’un passé si trouble que je l’avais complètement oubliée. Le reste de la journée est une suite d’émerveillements.

Je joue avec des enfants, fais connaissance avec des pères et des mères qui apprécient mon travail. Cette expérience vient décrasser un paquet de préjugés qui obscurcissaient ma vue depuis trop longtemps.

À plusieurs reprises, j’observe les autres détenus pour savoir s’ils ressentent la même chose. C’est difficile de lire en eux, mais leurs yeux pétillants et leurs sourires incontrôlables ne mentent pas. Ils relèvent du bonheur. Eux aussi apprécient cette expérience, les plus vieux plus particulièrement. Un peu craintif, je veille à ce que rien ne dérape. Nous sommes des détenus. Nous portons en nous un lourd bagage de criminalité. Étant le principal instigateur de cette activité, je veux que tout se passe bien. Ce souhait est exaucé.

Le succès d’une expérience

Cette expérience a été renouvelée durant de nombreuses années. Ç’a été un tel succès qu’un second pénitencier, celui de Laval, se greffe au projet. J’en retire une grande satisfaction. J’ai découvert des choses en moi qui m’ont permis de grandir, de reprendre ma croissance là où je l’avais laissé.

Les humains que j’ai connus, fréquentés et côtoyés durant ce projet ont laissé une profonde empreinte d’amour dans ma vie. Je leur en suis reconnaissant. J’en profite pour saluer tous ceux qui se donnent pour les plus démunis. Vous possédez une beauté intérieure qui transparaît à travers vos yeux, vos gestes et votre toucher.

Autres textes sur le Bénévolat

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Relais Famille, pour soutenir les familles d’un prisonnier

Un nouveau départ

Relais Famille

Quoi faire quand votre conjoint est incarcéré à Port-Cartier et que vous demeurez en Abitibi? Ou encore votre mère est à Tanguay et vous demeurez à Chicoutimi. Votre enfant se retrouve à Cowansville et vous à Québec?

Raymond Viger  Dossiers Prison, Criminalité

relais famille prison conjoint parent enfant prisonnierAprès avoir fermé ses portes pendant un an, tel un Phoenix, l’organisme Relais Famille renaît de ses cendres.

Relais Famille vient en aide aux familles ayant des proches en instance de détention, en détention ou en libération à la suite d’un emprisonnement.

Les objectifs sont de valoriser la relation parent-enfant, briser l’isolement, renseigner sur l’univers carcéral et favoriser la  réinsertion sociale.

Relais Famille offre un service d’écoute soit par téléphone (numéro sans frais pour tout le Canada) soit dans leur bureau à Montréal dans le quartier Villeray.

Pour celles et ceux qui se sentent perdus dans le  monde judiciaire et carcéral ou qui ont de la difficulté à rééquilibrer leur vie, Relais Famille propose un service de références et de ressources. Bientôt des conférences et des activités familiales compléteront les services offerts. Une façon pour que les membres puissent partager leur réalité, se sentir mieux outillé et se détendre dans un cadre agréable.

Fermeture de prisons

Au moment où on parle de fermetures de prison et de projet de loi impliquant la détention de  demandeurs d’asile (Loi C-31 au fédéral), il devient important d’offrir aux familles présentement isolées une ressource pour sortir de l’ombre et obtenir le support dont elles ont besoin.

Relais Famille 660, rue Villeray, local 2.103. Montréal. Tél 514-419-6632 Sans frais 1-855-419-6632 relaisfamille1@gmail.com

Témoignage d’une mère à la recherche de son garçon

Autres textes sur Prison

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

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Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

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Prisons et suicides, rêves ou réalité?

Rêves et suicides dans les prisons

Colin McGregor, prison de Cowansville Prison, Criminalité, Suicide

chronique-de-prisonniers-penitencier-tole-bagne-prison Je me réveille étourdi et désorienté. Je retourne mon oreiller du côté où il est encore frais et sec et je réfléchis. Il y a quelques secondes, je déambulais la rue Sherbrooke par une journée ensoleillée et je bouquinais dans les magasins de livres usagés. Mais plus maintenant. La réalité me rattrape. Mes yeux doivent s’habituer à la faible lumière, je distingue les petits sillons qui parcourent les blocs de ciments peints du mur de ma cellule. Je suis toujours en prison.

Le rêve

Les rêves de prisonniers peuvent être décevants. Ils existent dans une réalité au-delà des murs gris et ternes qui nous gardent captifs. Le monde des rêves est attrayant et séduisant. Lorsque je dors, mon esprit voyage ailleurs. Les rêves me ramènent ceux que j’aime et que j’ai aimés. Les univers de mes rêves n’ont pas de limite, j’ai la capacité de réparer mes tords, au contraire de maintenant. La prison vous isole non seulement des victimes réelles ou potentielles de crimes, mais aussi de vos amis. Partout où je vais, je porte, tel un boulet, mes regrets et ma mélancolie.

Le suicide

Dans ces brefs moments de répit, est-il normal de se demander si le suicide me transporterait, pour de bon, dans le monde sans douleur des rêves? Est-ce qu’en me dépouillant de mon enveloppe humaine, je serais transporté dans un monde meilleur? C’est une solution que plusieurs choisissent.

Un détenu âgé, qui n’avait plus beaucoup de temps à purger en prison, se plaignait pendant des mois de ses douleurs physiques. Mais lorsqu’il visitait l’infirmerie, il était souvent congédié par les autorités médicales. Les autres prisonniers, qui avaient d’abord tenté de l’aider, ont fini par le rejeter: ses lamentations étaient devenues chroniques et répétées. Il s’est mis à dormir sur le plancher de sa cellule pour tenter de calmer son agonie. Je me suis habitué à le croiser, alors qu’il traînait son corps le long des corridors de la prison. Occasionnellement, il me jetait un regard vif et allumé.

C’était dans l’après-midi. Un lundi où il faisait gris. Les sirènes d’urgence ont retenti. J’ai rangé mes outils dans la fabrique de la prison où je travaille et j’ai battu en retraite dans ma cellule. Lorsqu’on nous a finalement laissé sortir, l’on a appris que le vieil homme était délivré de ses douleurs.

La culpabilité

Cette soirée-là, plusieurs prisonniers se sont assis en cercle dans la chapelle de la prison. Nous étions vingt détenus, un bénévole et un aumônier. Le religieux nous a invité à discuter de ce que nous ressentions. Un détenu avait vu, trop tard, le corps du vieillard qui se balançait dans sa cellule. Plusieurs hommes ont exprimé un vague sentiment de culpabilité. J’étais parmi eux. Aurait-on pu faire quelque chose de plus pour l’aider?

L’un des participants, qui était visiblement informé du fait que le vieil homme souffrait de problèmes psychologiques sévères plutôt que de douleurs physiques, a livré un plaidoyer enflammé, dans lequel il a réclamé de meilleurs soins psychiatriques pour les détenus. Ensemble, nous avons prié.

Plusieurs semaines après le suicide, un psychiatre spécialisé dans les affaires criminelles a fait une apparition aux nouvelles. Le sujet: comment gérer certains criminels? À travers ses lunettes rondes et métalliques et en fixant la caméra de ses yeux de poisson, il a déclaré sans détour que tous les détenus devraient être médicamentés selon le diagnostique rendu par le psychiatre de l’établissement carcéral – comme lui-même -, et si le besoin est, de les castrer chimiquement.

«Et qu’arrive-t-il si les prisonniers refusent la médication?», lui a-t-on demandé. Un sourire s’est dessiné sur son visage. «Hé bien, a-t-il répondu, ils ne devraient jamais être libérés». Ils peuvent croupir dans leur cellule et méditer sur les douleurs qu’ils ont causés à leurs victimes. Le psychiatre a laissé entendre qu’il espérait que ces détenus récalcitrants finiraient par s’enlever la vie. Le spécialiste a gentiment été remercié pour avoir partagé son opinion avec le public.

Rêves ou réalité?

Est-ce la vie qui est illusoire ou est-ce que ce sont les rêves qui sont réels? Les philosophes et les différentes religions débattent de cette question depuis des centaines d’années. Moi, c’est le livre de Raymond Moody qui me permet de rester sur cette planète. Cet urgentologue a été le premier à évoquer que les patients qui vivent l’expérience de la mort clinique et qui sont ensuite ramenés à la vie rapportent des expériences essentiellement similaires, racontant les mêmes séquences, et ce, peu importe leur sexe, leur âge ou leur religion.

Les témoignages rapportés par des suicidaires qui ont ressuscité sont tous uniformément horribles. Ils ne quittent pas pour de meilleurs cieux. Leurs blessures et leurs douleurs psychologiques les suivent dans l’au-delà. Ils seront confrontés aux mêmes problèmes pour l’éternité. Conséquemment, lorsqu’ils sont ramenés à la vie, explique le docteur Moody, ils choisissent plutôt de rester vivants plutôt que de revivre ce cauchemar.

Pendant cinq ans, le blocage à la vésicule biliaire dont je souffrais était diagnostiqué par les autorités carcérales comme une maladie mentale, une douleur que je feignais. Je me suis accroché à la vie comme une sangsue sur un nageur qui plonge dans un lac glacé des Laurentides. Je serrais la mâchoire à chaque attaque de douleur: j’ai écrit des lettres et je me suis plains jusqu’au moment où un chirurgien célèbre passe me voir. Une opération plus tard, j’étais libéré de ma douleur.

Je ne suis pas à la veille d’être libéré. Si tu meurs ici, m’a dit un psychologue de la prison, personne ne versera de larmes. Mais il y a la lecture, l’écriture, le sport et la télévision, des correspondants, la lumière du jour et les quelques rares visiteurs. Il y a même la possibilité, peut-être un jour, de réparer mes tords. J’ai tendance à penser que le monde est un rêve qui représente tout ce que nous avons. Et nous trouvons toujours une raison de vivre.

suicide suicidaire prévention intervention Ressources pour prévenir le Suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Textes de prévention pour le suicide. Nous autorisons la publication et les photocopies de ces textes pour un usage non pécuniaire à condition d’en mentionner la source. Pour une publication sur un site Internet ou un blogue, nous demandons d’en mentionner la source et d’en faire un lien sur le texte original. Pour les enseignants ou les intervenants, si l’un des textes peut vous être utile pour sensibiliser les gens avec qui vous intervenez, n’hésitez pas à les photocopier et les distribuer.

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Autres textes sur le Suicide:

Survivre, un organisme d’intervention et de veille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

Merci de votre soutien.

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

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Vie carcérale: pas banale

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

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Vie carcérale: pas banale

Jean-Pierre Bellemare      Dossiers Prison, Criminalité,

Parce que nous, les prisonniers, vivons dans un milieu fermé, nous apprenons à nous connaître en détails très rapidement. Les gens qui m’entourent possèdent tous un bagage personnel très intéressant. Il est pratiquement impossible de s’ennuyer lorsqu’un compagnon d’infortune raconte son vécu.

Tous ceux qui ont fait la première page des journaux se retrouvent ici. On est en mesure de vérifier les allégations des journalistes avec les personnes directement concernées. On réalise que, trop souvent, les médias déforment la réalité pour la rendre plus attrayante aux lecteurs. On découvre l’envers de la médaille expliquant ces comportements qui semblent, à prime abord, incompréhensibles. Surtout si l’on ne se fie qu’aux journaux qui sombrent trop facilement dans le sensationnalisme.

« Il a reçu 25 coups de couteau. » Pourquoi autant d’acharnement? Cette façon de communiquer la nouvelle est vendeuse. Pour moi, qui me trouve en prison et qui rencontre l’auteur de ces actes, je comprends mieux les raisons qui l’ont mené à réagir de la sorte. Je prends le temps de l’écouter me raconter le calvaire des 18 ans où il a été abusé sexuellement par la « supposée victime », sa faillite psychologique qui explique la perte de contrôle, l’expression d’une douleur si grande, si forte, si puissante que la raison a fait place à la folie, une sorte de black-out.

À l’intérieur des murs, j’ai l’impression qu’on a l’occasion de connaître ceux qui font l’actualité québécoise de façon beaucoup plus objective. C’est généralement une suite consécutive de malheurs, d’échecs, d’abandons, de solitudes qui font glisser inexorablement un tel individu vers la surdose, le suicide, l’agression, voire le meurtre.

Cette façon d’exprimer sa douleur est un exutoire aux conséquences catastrophiques pour tous. Cette souffrance s’exprime par des actes abominables pour la simple raison qu’elle est insupportable. Une personne en feu peut se jeter en bas d’un édifice seulement pour éviter de ressentir la douleur intense l’envahir. Imaginez-vous en train de subir cette douleur qui brûle à l’intérieur de soi…

Je reviens à l’intensité de la vie carcérale, celle de fréquenter ces gars avec qui on ne s’ennuie jamais. D’être continuellement surveillés par des gardes armés nous questionne sérieusement sur notre criminalité. Une sécurité de plusieurs millions de dollars autour de nous finit par créer un effet certain dans notre esprit. Être entouré de gars qui vivent des dépressions les unes après les autres, des psychoses, des complexes aigus ou de sérieux troubles de personnalité égaye une journée comme vous ne pouvez pas l’imaginer. Dans le même après-midi, on rencontre toute la gamme de criminels inimaginables avec leur propre façon de se comporter. Lorsqu’on a un conflit avec l’un d’eux, toutes les surprises sont possibles, et elles ne s’avèrent pas toujours agréables!

Vivre aussi intensément pendant plusieurs années augmente la difficulté à se réhabiliter et à retrouver sa place en société. Le premier obstacle est une sorte de morosité qui s’installe. La quiétude, qui est recherchée par la majorité des gens, est effrayante pour un gars de prison. Elle représente pour lui le moment avant un meurtre, le moment avant la fouille générale, le moment avant l’émeute.

Le silence en prison est très rare. Lorsqu’il se présente, cela ne présage jamais rien de bon. Voilà peut-être, en partie, pourquoi nous avons de la difficulté à nous réinsérer. Vous seriez étonné des effets secondaires que peut créer une longue période d’incarcération.

Vivre intensément peut paraître grisant lorsqu’on pratique un sport ou quand on triche sa femme pour la première fois. Mais, une longue période d’incarcération cause des dommages dans la façon de percevoir le quotidien et son silence.

*Tous mes textes sont soumis à des codétenus pour être jugés avant publication.

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Témoignage: condamné à garder ses distances

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Témoignage: condamné à garder ses distances

Jean-Pierre Bellemare      Dossiers Prison, Criminalité

En prison, nos façons de faire et notre comportement répondent à un code propre au milieu carcéral. Traiter un codétenu de «cochon» ou de «rat» est considéré comme une provocation pouvant entraîner la mort. S’adresser à un gardien comme un ami est une erreur grave. Il existe plein de petites choses qui, sous des apparences anodines, cachent des problèmes potentiels.

prisonnier systeme carceral prisons penitencier bagne toleUne catégorie de détenus s’adapte plutôt mal à la culture en place: les auteurs de drames passionnels. Par exemple, des pères de famille qui ont sauté les plombs à cause d’un événement dramatique ou d’une accumulation de frustrations. Dans un délire momentané, ils commettent l’irréparable. Ces condamnés sont dénommés citoyens en prison. Ils ne connaissent pas la barrière qui existe entre les gardiens et les autres détenus. Ces citoyens croient à tort que les gardiens sont là pour les aider. Ceux-ci profitent de leur naïveté pour soutirer des informations. Ce faisant, ils ne réalisent pas les risques auxquels ils s’exposent.

prisons penitencier prisonnier tole bagne systeme carceralLe mandat des gardiens est d’empêcher les détenus de s’échapper pour protéger le public. Le bien-être du détenu n’est pas inclus dans ce mandat. Quand un gardien adoucit la détention d’un prisonnier, c’est pour améliorer sa propre qualité de vie au travail. Un détenu satisfait est moins provoquant ou injurieux envers les gardiensjurieu

Les histoires reliées à la dangerosité de leur travail sont surfaites. C’est un préjugé que les syndicats utilisent pour revendiquer des salaires plus élevés. Les armes artisanales qu’ils affichent devant les caméras ne sont que de la poudre aux yeux. Au pénitencier, lorsqu’un incident violent survient, c’est généralement entre les détenus. Il y a tellement de caméras de surveillance au pénitencier que ceux qui passent à l’acte sont pratiquement toujours pris.

Le pénitencier Leclerc est connu pour ses récidivistes et ses motards criminalisés. Pourtant, de jeunes secrétaires traversent souvent la cour intérieure alors que des centaines de détenus s’y trouvent.

Trop souvent, les gardiens qui désirent des augmentations de salaire poussent les détenus à bout, en utilisant différents stratagèmes. Retarder les repas, faire attendre les familles qui visitent leurs proches, déclencher des fouilles en brisant des choses personnelles, etc. Puis, lorsqu’un détenu crache sur un gardien, ce qui est extrêmement rare, on le transfère dans une prison à sécurité «super maximum». L’événement est considéré comme un assaut. Cela donne du poids à leurs revendications. Les gardiens ont beau jeu: qui nous accorderait de la crédibilité? Ils se permettent des libertés et utilisent les détenus comme boucs émissaires.

Si on comparait leur travail aux dangers qu’affrontent les chauffeurs d’autobus, de taxis ou même les facteurs, on constaterait rapidement que le travail d’un gardien est une vraie sinécure. Beaucoup d’universitaires traînent leurs travaux et complètent leurs devoirs pendant leur quart de travail. J’ai personnellement émis des plaintes pour que les membres du personnel ne lisent pas de magazines, de journaux ou écoutent la télévision pendant leur quart de travail.

Le jour où les détenus seront récompensés pour l’amélioration de leurs comportements plutôt que pour les informations qu’ils donnent, le travail de gardien pourra retrouver un peu plus de dignité. La victime de ce marchandage restera toujours la sécurité du public.

Si la majorité des détenus provient de milieux dysfonctionnels et pauvres où leur voix n’a jamais été entendue, cela ne change pas lorsqu’ils arrivent au pénitencier.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

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journaliste en prison avec une sentence a vie finaliste aux grands prix 2008 des editeurs de magazines

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

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Journaliste en prison avec une sentence à vie, finaliste aux Grands Prix 2008 des éditeurs de magazines

Dossier: Richard Martineau

Le magazine Reflet de Société, spécialisé dans les sujets sociaux, publie depuis quelques années une chronique d’un prisonnier, Jean-Pierre Bellemare. J’ai connu Jean-Pierre lors de mes années de bénévolat à l’Institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Par la suite, Jean-Pierre a été transféré à la prison de Cowansville. Nous sommes resté en contact par la poste et Jean-Pierre a continué sa chronique dans notre magazine.

À chaque année, l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM), organise un concours pour souligner les meilleurs journalistes dans différentes catégories. Pour les Grands Prix 2007, la gagnante dans la catégorie “Chronique d’humeur, billet” a été Geneviève St-Germain de Châtelaine. Les finalistes avaient été Richard Martineau d’Elle Québec ainsi que Bernard Arcan et Serge Bouchard pour Québec Science.

Pour les Grands Prix 2008, les finalistes sont Jean-Pierre Bellemare de Reflet de Société. Les 3 billets présentés étaient:

Les 2 autres finalistes dans cette catégorie sont Émilie Dubreuil de Urbania et André Marois d’Info Presse.

La remise des prix aura lieu le 30 avril. Une demande de sortie spéciale est demandé à la prison de Cowansville pour permettre à M. Bellemare d’être présent lors de la remise des prix. Si la permission spéciale est refusée, à titre de rédacteur, je serais présent pour le représenter.

Toute l’équipe de Reflet de Société est extrêmement fière de la reconnaissance qui est ici offerte à M. Jean-Pierre Bellemare.

Nous avons envoyé l’information à M. Bellemare par la poste et attendons ses réactions. Nous vous tiendrons au courant de ses commentaires dès qu’ils nous parviendrons.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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