Barrick Gold, Écosociété, Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique

Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique

Entente hors cours entre Barrick Gold et Noir Canada

Une réflexion sur la liberté d’expression, le droit de dénoncer les abus des grandes entreprises et du monde politique. Est-ce que l’argent permet de tout acheter? Une commission d’enquête est demandée.

Raymond Viger Dossiers Justice , International

barrick-gold-ecosociete-noir-canada-pillage-corruption-criminalite-afriqueLes auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher publient aux Éditions Écosociété le livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique qui remporte le Prix Richard Arès en 2008. De plus, Noir Canada réclame une commission d’enquête indépendante qui ferait la lumière sur les nombreux cas d’abus qui auraient été commis en Afrique.

Les abus de Barrick Gold et Banro

Noir Canada dénonce des cas de déversements de produits toxiques dans les cours d’eau, de corruption politique, la présence des entreprises minières dans des zones de guerre créant des conséquences tragiques et d’autres cas d’abus impliquant les entreprises canadiennes et multinationales Barrick Gold et Banro.

Noir Canada s’appuie sur des sources crédibles dont des experts mandatés par le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que des organisations telles que Human Rights Watch et Amnistie internationale. Quelques-unes des actions dénoncées dans Noir Canada: déversements de produits toxiques dans des cours d’eau, corruption politique, mobilisation d’armées nationales pour déloger les civils…

Poursuite-bâillon

Selon Wikipédia la définition d’une poursuite-bâillon:

Une poursuite stratégique contre la mobilisation publique ou poursuite-bâillon est, en Amérique du Nord, une action en justice visant à entraver la participation politique et le militantisme. Il s’agit le plus souvent d’une poursuite civile pour raison diffamatoire, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris parti dans le cadre d’un enjeu public. Le concept inclut également les menaces de poursuite, car le succès d’une telle opération ne découle pas tant d’une victoire devant les tribunaux que du processus lui-même, visant à intimider la partie défenderesse (celle attaquée) ou l’épuiser financièrement dans le but de la réduire au silence.

En avril 2008, la compagnie minière Barrick Gold intente une poursuite en diffamation contre les auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie, William Sacher et les Éditions Écosociété pour 6 millions. De son côté, Baron poursuit les auteurs et Écosociété pour 5 millions.

Barrick Gold et Écosociété: entente hors cours

Pour mettre fin à la poursuite de Barrick Gold les Éditions Écosociété viennent de conclure une entente hors cour. En plus d’un montant d’argent, les Éditions Écosociété cessent la publication du livre Noir Canada.

Extraits du communiqué de presse émis par Écosociété:

Ce retrait ne saurait en rien constituer un désaveu du travail des auteures, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ou de l’éditeur. Son analyse du rôle des sociétés canadiennes en Afrique aura permis d’ouvrir un débat nécessaire sur le paradis judiciaire qu’est le Canada pour les entreprises minières mondiales et aura fait réaliser aux Canadien que leur épargne se trouve investie dans ces activités controversées. Les Éditions Écosociété restent convaincues que l’ouvrage Noir Canada méritait d’être publié. Écosociété et les auteures de Noir Canada continuent de réclamer la tenue d’une telle enquête.

Une nouvelle législation pour la liberté d’expression

Les démarches des Éditions Écosociété auront notamment contribué à l’adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d’expression et la participation des citoyens au débat public, seule législation du genre en vigueur au Canada.

Les Éditions Écosociété entendent continuer leur travail d’éditeur critique, engagé et indépendant. Elles entendent continuer, malgré les menaces qui pèsent sur le livre et la pensée, à se prévaloir de leur liberté d’expression pour éclairer les citoyens sur un ensemble de questions d’intérêt public.

La poursuite de Barrick Gold, apparence d’abus

Avec ce règlement, les Éditions Écosociété et les auteures de Noir Canada comptent également se dégager d’un procès de 40 jours et de multiples procédures représentant en soi des coûts financiers, humains et moraux colossaux, malgré la provision pour frais de 143 000 $ que la juge Guylaine Beaugé a ordonné à Barrick Gold de leur verser le 12 août dernier. Elle concluait alors dans son jugement que la poursuite intentée présentait une apparence d’abus.

Un nouveau livre Faire l’économie de la haine

Les Éditions Écosociété entendent également continuer à publier l’auteur Alain Deneault, dont les écrits constituent une précieuse contribution à la pensée critique. D’ailleurs, elles annoncent d’ores et déjà la parution cet automne de son prochain ouvrage, Faire l’économie de la haine, un recueil de textes exposant les formes culturelles d’une « censure insidieuse » visant à empêcher des raisonnements critiques.

La poursuite de Banro

Les Éditions Écosociété et les auteures de Noir Canada font toujours face à une poursuite en diffamation de 5 millions de dollars, intentée par la multinationale Banro en Ontario. Ils sont toujours en attente d’une décision de la Cour suprême du Canada afin de rapatrier la poursuite au Québec, l’Ontario n’ayant pas encore adopté de loi contre les poursuites-bâillons. Un débat urgent doit avoir lieu sur l’accès à la justice et les coûts faramineux qu’elle implique.

Pierre Noreau, « Le pouvoir…contre le savoir ? », Le Devoir, 10 décembre 2010

Les auteurs de Noir Canada n’ont sans doute rien fait de plus que le travail auquel on s’attend des penseurs et des chercheurs au sein de chaque collectivité. Derrière la poursuite dont ils sont l’objet, demeure une question fondamentale: peut-on encore être critique dans notre société? Le pouvoir (et l’argent) doit-il toujours l’emporter sur le droit de savoir, ou du moins sur le droit de s’interroger publiquement? Au-delà de ce que recouvre la notion d’atteinte à la réputation, c’est donc l’avenir de la pensée qui se jouera ici.

Combien de nos placements et de nos régimes de retraite sont investis dans Barrick Gold ou d’autres qui ont les mêmes comportements? Se faisant, sommes-nous complice de Barrick Gold?

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Meurtres et victimes avec Claude Poirier

Portrait du négociateur Claude Poirier

Claude Poirier, l’homme derrière les nouvelles

Été 1975, j’ai douze ans. Ma famille vit un drame épouvantable. Ma petite sœur, treize ans, vient de décéder, victime d’un horrible meurtre. C’est ma première rencontre avec Claude Poirier.

La Belle au Bois Dormant  Dossier Criminalité, Média

claude-poirier-le-negociateur-journalisme-criminelsJe n’ai jamais revu Claude Poirier depuis. Le matin, j’écoute son émission où il fait une capsule d’information. Il a toujours été présent dans mes pensées.

Une journée d’automne, je le rencontre par hasard. Il sort d’un magasin. Ma première réaction spontanée est de l’interpeller: «M. Claude Poirier». Il répond simplement: «Oui». Je perds mon assurance, je ne sais plus quoi dire ou quoi faire. Il me demande gentiment ce que je voulais. Surprise totale, je m’entends dire que j’aimerais faire une entrevue avec lui! Moi qui ne suis pas journaliste, qui écrit seulement avec mon cœur et qui ne cherche jamais la “bébitte” noire chez les gens!

Je lui explique que je travaille pour l’organisme Journal de la Rue, que notre mission est de venir en aide aux jeunes qui ont des problèmes et que j’ai une chronique peu conventionnelle dans le magazine Reflet de Société. Ça ne sera pas une entrevue comme il peut avoir l’habitude de faire. Claude Poirier m’offre sa carte pour prendre un rendez-vous lorsque je serai prête.

Une entrevue avec Claude Poirier

claude-poirier-le-negociateur-journaliste-criminaliteDéchirée entre la fierté et l’inquiétude, je rencontre mon rédacteur en chef et lui raconte ce qui m’arrive. Je ne sais pas pourquoi, mais Raymond Viger est toujours optimiste face à ma capacité d’offrir un papier d’une sensibilité et d’une franchise propres à mon style. Il trouve que c’est une bonne idée et une belle expérience pour moi de faire une entrevue avec Claude Poirier. Ma première entrevue!  Avec son encouragement et la curiosité aidant, je garde les coordonnées de Claude Poirier.

La torture mentale commence. Presque trois mois s’écoulent avant que je n’ose appeler Claude Poirier, lui qui est si populaire. Difficile de l’oublier, il est partout; à la radio, à la télé, je vois sa “bette” presque tous les jour.

Une journée, j’appelle Claude Poirier et lui demande un rendez-vous. En attendant son rappel, j’appelle ma maman pour lui raconter mon histoire. Elle me demande pourquoi je veux passer Claude Poirier en entrevue. Je lui réponds qu’il a toujours l’air fâché contre Jean-René Dufort, qu’il a toujours l’air sérieux et enragé lorsqu’il fait les nouvelles. Je me suis fait remettre à ma place par ma mère. Elle me dit d’abord que c’est un homme profondément humain qui a un grand cœur et à la bonne place à part ça.

Le meurtre de ma soeur

Ma mère me raconte, qu’au moment où ma petite sœur a été retrouvée sans vie, elle était dans son auto. Fidèle à son habitude d’être le premier arrivé sur les lieux du crime, Claude Poirier est venu chercher ma mère, il l’a fait sortir gentiment et a pris grand soin d’elle, avec beaucoup de compassion. Ma mère était durement atteinte par la mort de sa toute petite jeune fille. Claude Poirier l’a prise dans ses bras pour lui annoncer la nouvelle. Il l’a gardé un long moment dans ses bras, essayant de la consoler et de calmer son cœur de mère déchiré avant de la remettre aux soins des ambulanciers.

Au début de l’entrevue, je voulais savoir s’il garde souvenir de ce qu’il voit, jour après jour, depuis presque 40 ans de métier. Il a dû en voir des choses horribles, des moment où le cœur veut te sortir de la poitrine, un métier qu’il exerce dans une ville où presque tous les jours il arrive des choses atroces, autant aux personnes âgées qu’aux enfants, aux gens sans histoire qui, du jour au lendemain, se retrouvent avec une  blessure irréparable au cœur. Je demande à Claude Poirier s’il se souvient de notre blessure à nous, celle de la disparition tragique de ma petite sœur. Eh bien, sans hésitation, Claude Poirier me répond que oui. Il se souvient de ma mère, assise dans sa voiture lorsqu’ils ont trouvé ma petite sœur. Il a eu la gentillesse de ne pas me raconter certains détails. Avec humilité, Claude Poirier m’a seulement dit que cela avait été difficile pour tous les gens présents.

La sensibilité de Claude Poirier

Cet instant de relation me permet de vous certifier qu’il n’a pas un cœur de pierre. On lui a déjà offert de se présenter en politique. Il a refusé. Il ne veut pas dire des mots ou des discours qui ne sont pas de lui. Lorsqu’il commente une nouvelle, on lui propose un sujet. Mais tout ce qu’il dit au petit écran vient de ses tripes. Claude Poirier dit ce qu’il pense, que cela fasse l’affaire ou non des autres n’a aucune importance. Claude Poirier croit en ce qu’il dit et personne ne peut lui faire dire autre chose que ce qu’il pense. Claude Poirier ne lit pas les nouvelles, il les commente et cela demande d’être clair et précis.

Moi qui pensais qu’après avoir vu autant de meurtres, de misère, de souffrance et de violence, qu’on pouvait s’y habituer. Pourtant non, cela continue de le toucher. Claude Poirier réussit à départager les choses. Ce n’est pas une machine, il a des sentiments nobles. Quand Claude Poirier a l’air enragé, c’est qu’il est choqué de ce qu’il voit et entend. Il se donne le droit de partager cette émotion avec son public. C’est un homme qui aime son métier, intègre, qui ne camoufle rien et qui n’est pas achetable.

Il a souvent une expression sarcastique quand il parle des jeunes; les jeunes-incompris-de-la-société. Ce n’est pas plus pardonnable qu’un jeune assassine ses parents que de voir des parents battre à mort leurs enfants. Ça le choque aussi de voir des jeunes briser les biens publics, faire du vandalisme, car il trouve qu’ils ne réfléchissent pas assez aux conséquences de leurs gestes.

J’ai été privilégié d’avoir cette entrevue avec cet homme et je le remercie.

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Les petits services rendus qui mènent à la prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

La prison: reflet d’une société

Profil d’un prisonnier: monsieur et madame tout le monde

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Dossier Prison, Criminalité

prison-prisonniers-penitencier-bagnard-vie-carcerale Ici, à la prison de Cowansville, nous avons un joueur de hockey professionnel, un docteur, quelques comptables, un ingénieur en informatique, des gars de la construction, des mécaniciens, des préposés, un journaliste, un professeur de collège… La liste est longue. J’oubliais, des BS, des chômeurs, des cancéreux, des handicapés, des diabétiques, des délinquants provenant de centres d’accueils. Ha oui, un policier, un gardien, un rapper, un ou deux curés… La liste est vraiment longue.

Comme vous pouvez le constater, c’est bien représentatif de l’ensemble de la société. Pour ceux qui n’ont pas été nommés, n’allez pas croire que votre profession n’est pas présente. Je me suis seulement contenté de nommer ceux que je connais personnellement.

Personne n’est à l’abri d’un drame passionnel, d’un hit and run ou, plus rare, d’une erreur judiciaire.

L’image que nous renvoient les films sur le prisonnier au visage patibulaire avec des bras gros comme des jambons n’est vraiment pas la réalité. Il existe quelques mastodontes, mais plusieurs sont dans la moyenne. Je m’en voudrais d’oublier les obèses et les chétifs. Tout ce beau monde devait croire comme moi qu’ils ne viendraient jamais au pénitencier, croyant à tort qu’ils ne correspondaient pas du tout au profil du prisonnier.

Ce qui nous amène en prison

Je sais, je sais. Ce n’est pas ce qu’on a l’air qui nous mène en prison. Je croyais que si je faisais attention, je ne pouvais pas me faire prendre. Je ne suis quand même pas le seul à penser de cette manière. Une petite consommation de drogue avec des amis ne devait pas avoir de conséquences. C’était bien naïf de ma part. Celui qui fournit la dope a souvent besoin d’un petit service etc. Puis, les chemins menant au crime sont multiples et souvent au détour d’un petit sentier, on se retrouve rapidement derrière les barreaux pour une raison qui nous semblait bien insignifiante.

Ceux qui aboutissent ici sont habituellement les premiers surpris des conséquences de ces petits services rendus. À leur grand désarroi, leurs premières  impressions se révèlent inexactes. C’est pourquoi il est important de bien évaluer la portée, et surtout les conséquences, de nos gestes. Les imprévus n’existent pas dans le monde des petits services rendus. Même si on veut nous le faire croire. Se fermer les yeux en croyant bêtement ce qu’on nous raconte est idiot. Demandez-vous pourquoi on fait appel à vous. S’il n’y a pas de risques comme le prétendent souvent ces amis, alors pourquoi ils vous offrent des cadeaux?

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

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Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

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Faire son entrée dans une prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

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La vie dans une prison

Le saccage d’une vie

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Le sadisme des prisonniers envers les nouveaux arrivants dans les pénitenciers. Quand la violence engendre la violence.

Dossier Prison, Criminalité

prison-prisonniers-penitencier-bagnard-vie-carcerale Les jeunes prisonniers qui débaquent pour la première fois au pénitencier le font avec beaucoup d’appréhension et pour cause. Secoué par une lourde condamnation, ils doivent tenter de se reprendre en main le plus rapidement possible pour se préparer à un changement de vie radical. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les compagnons d’infortune exercent un sadisme qui dépasse l’entendement.

Les récidivistes, qui connaissent bien le tabac, identifient les plus faibles et s’amusent à les terroriser. Pour y arriver, ils utilisent tous les moyens possibles et imaginables. Ces jeunes, avec des craintes et une imagination déjà enflammées, représentent des proies faciles et vulnérables! Le stratagème le plus souvent employé est la description d’histoires scabreuses de viols collectifs et de meurtres sanglants avec détails. Il ne faut pas s’étonner que certains craquent et se suicident, lamentable réalité carcérale.

Faire son entrée en prison

Lorsque j’ai fait mon entrée au pénitencier, âgé d’à peine 19 ans, beau bonhomme, svelte et blagueur, j’avais beau me préparer psychologiquement à cet enfer, une odeur fétide provenant de mon arrière-train trahissait ma peur. Je me sentais semblable à un morceau de viande accroché, attendant la découpe d’un boucher maladroit équipé d’un couteau mal aiguisé. Des images d’horreur aveuglaient toute objectivité. Je ne voulais qu’une chose, me protéger. Pour y arriver, je pensais m’équiper d’un objet piquant ou tranchant à la première occasion. J’avais la ferme intention de défendre chèrement ma peau contre le premier qui essayerait de jouer au loup avec moi.

Mon second réflexe fut d’effacer mon sourire idiot (nervosité) pour des années à venir. Le remplacer par un masque d’allure patibulaire avec l’espoir que cela découragerait tout carnassier en mal de chaire humaine. Désirant mettre toutes les chances de mon côté, j’ai ignoré mon hygiène, espérant qu’un être dégoûtant en dégoûterait quelques-uns.

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Prisons et vautours sexuels

Toutes ces années passées, je suis resté sur mes gardes. Aujourd’hui encore, à 43 ans je me sens parfois dévoré du regard par quelques-uns de ces vautours sexuels qui chassent tout ce qui bouge.

Ce qui me ramène très loin dans un recoin de ma tête où j’avais coupé volontairement l’éclairage, un souvenir trop sinistre. J’avais à peine douze ans lorsque mes parents, en instance de divorce, tentaient pour la énième fois de se réconcilier. Mon père, un alcoolique violent et désespéré, n’arrivait pas à s’imaginer refaire sa vie sans ses enfants. La séparation était bien au-dessus de ce qu’il était capable d’accepter. Il mit fin à ses jours.

Avant d’en arriver là, il a commis une grave erreur de jugement aux conséquences désastreuses. Réfugiée dans le joli petit village de Ste-Clothide, ma mère essayait de retrouver un peu de quiétude et de sécurité auprès de sa famille. De mon côté, j’en garde de très bons souvenirs, ce n’était qu’une autre aventure d’enfant. J’étais un premier de classe et sortais avec une belle fille. Je m’amusais souvent à taquiner mes deux adorables sœurs et mon grand frère. La vie normale d’un jeune pré-adolescent qui grandit.

DPJ, centre d’accueil et prison

Jusqu’au jour où, deux fonctionnaires de la protection de la jeunesse (aujourd’hui DPJ) débarquent chez moi. Je voyais ma mère discuter fortement avec eux. Ils m’invitent à monter à l’arrière de leur voiture. Je pleurais tel un veau arraché à sa mère mais rien ne semblait les arrêter. Ma mère, impuissante, me regarde partir. On venait de m’enlever de force, devant ma mère, moi qui n’avais rien fait. Des années plus tard, j’ai découvert que mon père, en guerre contre ma mère, avait inventé une histoire abracadabrante pour qu’elle perde la garde de ses enfants.

Inconsolable, je fus placé dans un centre d’accueil, conçu pour me protéger, m’éduquer et m’aider à compléter mon développement, qui était, selon eux, compromis. C’est là que je fus abusé et agressé sexuellement par ceux qui devaient me protéger et m’éduquer! Trente ans plus tard, ces souvenirs pèsent encore très lourd et compromettent mon épanouissement. Plus jamais personne ne violerait mon intimité sans en payer le prix.

Se préparer à la prison

C’est avec ce genre de bagages que je m’apprêtais à affronter l’enfer de la prison. Les principaux outils utilisés par les rapaces sexuels sont tristement les mêmes que ceux utilisés par les gens qui désirent véritablement nous aider. Les sourires, l’aide apportée, le support offert, toutes ces approches n’avaient qu’un but précis, voir, toucher, posséder ma fragilité d’homme.

La principale conséquence engendrée par cette manière de faire a été la confusion qu’elle fit naître chez moi. Comment reconnaître la bienveillance de la malveillance lorsque quelqu’un s’approche d’un peu trop près? C’est l’élément déclencheur d’une méfiance permanente. Ce qui endommage aussi la plupart des relations affectives que j’ai eues par la suite. Pour moi, tout contact avec des personnes en autorité se révèle souvent catastrophique.

Ce drame a contribué en bonne partie à me rebeller contre toute forme de pouvoir. Incapable de gérer ma propre colère, je la déversais sur les autres. Mon malheur a provoqué beaucoup de peines, de tristesses et de blessures. J’en suis profondément désolé. Mon seul vœu est de donner un sens constructif à ma vie à travers mes chroniques, mes pièces de théâtre et mes projets d’émission de télévision, dans l’espoir de susciter une réflexion. Je ne serai jamais un saint, car c’est aussi sous cette couverture que certains abuseurs se cachent. Je me contente d’aider mon prochain de mon mieux, en respectant mes propres limites.

Grâce au magazine Reflet de Société, je vous renvoie un reflet sans miroitement d’une réalité que beaucoup d’hommes renient. J’espère transmettre aux lecteurs une meilleure compréhension de l’agir criminel.

Puissent les saboteurs de vie prendre conscience un jour des graves conséquences de leurs gestes. Tuer l’âme d’une personne n’est pas moins grave que de tuer le corps humain.

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

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Toxicomanie: témoignage d’un jeune

Témoignage d’un jeune toxicomane

Les retours de l’enfant prodigue

S’il est un bonheur magnifique dans la vie, c’est bien celui de mettre au monde un enfant. En même temps, on doit peu à peu faire le deuil de celui qu’on attendait afin d’accueillir celui qui est là.

C. Morency   Dossier Alcool et drogue

drogue-alcool-toxicomane-toxicomanieCombien de parents cherchent désespérément leur enfant, qu’il ait physiquement disparu ou qu’ils ne le reconnaissent plus dans ce qu’il est devenu. Empreinte de désespoir, de culpabilité, de regrets et de remords, la douleur ronge ses victimes jusqu’à les détruire. Nous avons connue cette douleur.

C’est par un froid matin de décembre que nous arrive ce fils tant attendu. Nous sommes des parents comblés, fiers et heureux. Dès son plus jeune âge, nous fondons beaucoup d’espoir en lui,  nous nous projetons en lui, c’est pourquoi nous tentons désespérément de l’amener à s’initier à toutes sortes d’activités.

Notre fils est de nature timide, voire inhibée. Il n’a que des goûts simples. Il est de plus d’une très grande sensibilité, il a tendance à s’isoler, à se réfugier dans le rêve ce qui a pour effet de nous faire redoubler d’ardeur pour le convaincre d’embarquer. À notre insu, nous refusons sa nature.

École et drogue

Dès sa rentrée à l’école, des problèmes plus sérieux se dessinent. Inquiets, nous consultons pour nous faire dire que notre enfant est tout à fait normal, qu’il n’est que différent, mais nous n’entendons pas à ce moment là le message qui nous propose de simplement l’accepter tel qu’il est et de cesser d’essayer de le faire devenir celui que nous voudrions qu’il soit.

À l’adolescence, tout bascule: il s’oppose maintenant de façon agressive à l’autorité, il contrevient, la délinquance l’attire. Nous nous acharnons, nous l’inscrivons dans un collège privé où il sera, pense-t-on, mieux encadré, mais il est trop tard, il se s’intégrera pas à ce milieu.

À force de persévérance, nous parvenons à ce qu’il obtienne son diplôme d’étude secondaire et qu’il s’inscrive à une formation pour laquelle il n’a que peu d’intérêt. Sa réussite sera mitigée. À cette époque, il a déjà commencé à consommer différentes drogues. Nous nous doutons bien qu’il fume un joint de temps à autre mais nous ne nous en inquiétons pas outre mesure.

Quand il entre sur le marché du travail, il connaît là encore certaines difficultés que nous attribuons à sa malchance légendaire et nous refusons toujours de voir son malaise et son désarroi. Nous sommes tout de même fiers de ce qu’il a accompli, connaissant et admettant désormais sa vulnérabilité.

Nous tentons tant bien que mal de l’encourager, de façon trop souvent maladroite. Nous continuons de croire qu’un jour il s’éveillera et sortira miraculeusement d’une condition inexplicable et inacceptable pour les parents que nous sommes.

Rupture amoureuse et drogue

alcool-drogue-toxicomanie-alcoolique-toxicomaneIl a maintenant des dettes, sa conjointe menace de le quitter, il s’enlise. Il consomme de plus en plus et les effets secondaires commencent à se manifester. Il souffre de psychose toxique et de paranoïa,  il nous effraie.

C’est la déchéance totale, nous devons faire appel à la police pour nous protéger de lui. Nous n’abandonnons pas pour autant, nous réunissons la famille et tentons le tout pour le tout. Nous obtenons de lui qu’il entre en thérapie mais c’est peine perdue, il en ressort au bout de deux jours et retombe encore plus bas. Il vit maintenant dans la rue et dans des refuges pour itinérants.

On nous a souvent conseillé, au cours de cette période, de l’abandonner totalement. C’était, nous disait-on, le seul moyen de l’aider ou au moins de ne pas sombrer avec lui. Mais comment peut-on refuser de nourrir et d’abriter son enfant, celui dont on rêvait et en qui on continue de croire malgré la cruelle réalité. On ne laisse pas un chien dehors.

Nous n’aurions pas pu nous y résoudre s’il n’y avait eu cette opportunité qui s’est presque miraculeusement offerte de tout quitter pour rejoindre notre fille à cent lieux de chez nous. Nous sommes donc partis, la mort dans l’âme. Je le revois encore assis sur un banc de parc, la tête entre les mains, pleurant suite aux adieux que nous venions d’échanger.

Il m’a fallu puiser dans ce qui me restait de courage pour ne pas faire demi-tour et le prendre dans mes bras, mais j’avais passé le point de non-retour, j’avais lâché prise, enfin presque, car je ne pouvais m’empêcher de rêver que, peut-être un jour, nous nous retrouverions.

Il a fallu aussi beaucoup de courage à mes deux autres fils pour assumer à notre place le rôle ingrat de refuser l’accès au domicile familial à leur frère. Ils ont fait preuve de fermeté mais aussi de beaucoup de compassion. Ils ont acquis une certaine maturité au cours de cette expérience qui leur servira sans doute dans leur vie personnelle. Comme quoi on peut toujours retirer quelque chose de positif même de situations qui nous semblent pourtant stériles.

Difficultés d’une thérapie

Ce n’est que neuf mois plus tard, comme au terme d’une nouvelle grossesse, que notre fils, à bout de ressources, a décidé de se prendre en main et d’entrer en thérapie. Ce n’est qu’après un premier mois, très douloureux pour lui mais aussi pour nous car nous avions complètement perdu sa trace, qu’il s’est enfin manifesté. Il a téléphoné à son frère le priant de nous avertir pour ne pas qu’on s’inquiète de lui. Puis nous avons pu communiquer avec lui. Ces échanges étaient très timides au début, pas question de s’emparer à nouveau de son problème, nous devions apprendre ou réapprendre à lui faire confiance et le laisser venir vers nous.

Au bout de six mois de thérapie, il nous a invité à une remise de diplôme attestant de tous ses efforts. C’est avec émotion qu’il a livré son témoignage et que nous sommes venus nous joindre à lui pour dire notre bonheur de le retrouver.

Certains des jeunes et des moins jeunes qui assistaient à la scène, versaient une larme de joie mais aussi peut-être d’envie en nous écoutant. Trop de ces gens qui se retrouvent dans ces centres, ne sont en fait que des grands enfants négligés voire même abusés, que notre système social n’a pas su protéger quand il en était encore temps et qui n’ont que peu de recours pour se sortir de la misère morale dans laquelle ils stagnent.

Nouveau milieu de vie

Nous avons donc proposé à notre fils de tout recommencer dans un autre milieu, c’est-à-dire loin de ceux qui se disaient ses amis et qui risquaient de l’entraîner dans une rechute, de venir vivre avec nous au Manitoba. Notre fils est un homme courageux, il a sauté sur l’occasion et est venu nous rejoindre dès que ce fut possible.

Il a fallu de part et d’autre réapprendre à vivre ensemble en évitant les pièges qui ne manquaient pas de se manifester. Nous avons, pour notre part, dû apprendre à composer avec une toute nouvelle personne, nous reconnaissions certains de ses traits de caractère bien sûr, mais nous découvrions aussi des aspects de lui qui nous étaient complètement étrangers. Nous avons dû nous faire violence parfois pour ne pas retomber dans nos vieux patterns. Que de discussions nous avons eu, son père et moi, afin de trouver un consensus pour faire face à des situations que nous appréhendions de façon différente.

Lui de son côté, je présume, a certainement connu des moments plus difficiles, mais comme il ne se livre pas beaucoup, nous avons dû apprendre à respecter cette réserve.

Nouveau mode de vie

Nous nous sommes, au fil du temps, aménagé un nouveau style de vie où chacun a dû faire sa place. Nous avons appris à mieux nous connaître et à nous apprécier. Peu à peu, une certaine routine s’est installée et nous avons retrouvé la sérénité.

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait et on ne peut jurer de rien, peut-être qu’un jour il nous quittera. Il en parle parfois, mais je crois que s’il le fait ce sera avec une toute nouvelle assurance, du moins je me plais à le croire. Cette pause dans sa vie lui aura permis de faire le point, de récupérer peut-être ce qui lui avait manqué et de repartir sur de nouvelles bases.

Pour notre part, nous apprécions chaque instant  passé en sa présence, nous remercions le ciel de nous l’avoir rendu. Nous nous estimons plus que chanceux et nous compatissons avec tous les parents qui n’ont pas notre chance. Nous espérons enfin que notre société se fera un jour une fierté de venir réellement en aide à tous ces jeunes qui vivent des difficultés et à leurs parents. Nous souhaitons aussi qu’elle reconnaisse chaque réussite au même titre qu’elle reconnaît des succès sportifs ou artistiques, car sortir d’un tel enfer demande une énergie incroyable et un courage inouï.

Autres textes sur Toxicomanie

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Rap et criminalité

Est-ce que le rap est relié à la criminalité?

Raymond Viger Dossier Rap, Hip Hop, Culture, Gang de rue, Criminalité

Sur un billet de l’an dernier, nous avons eu un débat sur les grandes stars: Michael Jackson, 2Pac et Elvis Presley. Après une année et 888 commentaires, le débat s’est essouflé et à trouver sa fin.

Un des fidèles internautes de ce billet, Shakurpeare, un jeune de 17 ans, veut maintenant relancer le débat sur la relation entre le rap et la criminalité.

Shakurpeare soulève un questionnement qui mérite que nous relançions le débat. Je publie ici le débat que Shakurpeare nous propose.

J’ai entendu les propos d’Éric Zemmour (écrivain et journaliste politique français) dans un interview qui m’a attristé : le rap est une sous-culture et les rappeurs sont des illettrés (à cause du langage familier dans leur paroles).

Même si je pense que zemmour n’a pas une grande ouverture d’esprit c’est l’avis de beaucoup de personne que le rap serait inhérent à la criminalité.

Pourquoi les gens n’essaie pas de découvrir la culture hip-hop. Pas nécessairement aimer le rap mais s’ouvrir l’esprit, comprendre comment on devient une « racaille ».

Pourquoi quand on parle de la réussite du juge le raisonnement des gens de droite (majorité des francais) est « jeune homme élevé de bonne famille, ses parents étaient avocat et son père instituteur. Normal qu’il ait réussi ».

Puis quand on parle du condamné qui s’est fait pincer pour avoir vendu de la drogue la réaction du français de droite ressemble à  « c’est qu’une racaille, un rat d’HLM, un séjour aux frais lui apprendra, qu’ils pourrissent, faut tous les mettre en prison »

Réaction totalement différente de celle décerné au juge. Sans discrimination leur propos décerné au condamné aurait pu ressembler à « ce jeune à pas eux la vie facile, il à pas connu son père, les jeunes de son quartier étaient des voyous, les chiens ne trainent pas avec les chats. Pas étonnant qu’il soit voyou lui aussi. Il doit être puni, mais il faudra prendre des mesures afin que son fils ne soit pas comme lui.

La solution n’est pas d’envoyer un déluge de CRS (police française) en banlieue. Ce n’est pas ce qui va changer des jeunes déjà hostiles. Il ne faudra pas s’étonner si les voitures vont brûler »

Ce qui favorise les préjugés et les discriminations de l’homme de droite envers l’homme de banlieue est l’ignorance de ce dernier. C’est pourquoi je pense qu’étudier des chansons rap dans un but instructif ferait évoluer les mentalités. Par la suite, certains jugeront peut-être le condamné équitablement au juge.

Qu’est-ce qui est le plus profitable à une société? Est-ce que de traiter le rap de culture d’illètrés incite à la criminalité? Faut-il faire disparaitre le rap des rayons des disquaires et mépriser le milieu? Ou encore de s’en servir comme moyen pour comprendre les raisons de la délinquance et la prévenir? Les rappeurs ouvrent-ils plus leurs malheurs dans leur chansons que dans un commissariat?

Merci à tous de nourrir la réflexion.

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L’avenir des jeunes en Gaspésie

Intervention jeunesse en Gaspésie

Criminalité, problèmes de consommation, troubles de comportements… Les grandes villes ne sont pas les seules aux prises avec une jeunesse troublée. En Gaspésie, les mêmes symptômes grugent les adolescents. La grandeur du territoire et le manque de ressources compliquent les efforts d’intervention.

Dominic Desmarais        Dossier  Famille, Gaspésie

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Luc Savage se dévoue pour la cause des jeunes. Intervenant au Centre jeunesse de Gaspé, il occupe aussi la fonction de conseiller municipal. Dans les deux cas, Luc a une préoccupation majeure: le bien-être de ses jeunes. L’avenir de sa région.

En contact tous les jours avec des jeunes, ce qu’il entend lui arrache le cœur. Ils me disent: «Dès que j’ai la possibilité, je sacre mon camp d’ici.» Conseiller du quartier le plus pauvre de Gaspé, Luc comprend. Ses jeunes ont peu d’infrastructures pour se divertir. «En réaction, ils ont vandalisé le peu qu’on avait. La réaction de la ville: on ferme tout. Pourtant, ils ne demandent que quelques paniers de basketball, une patinoire, un terrain de balle, un skate park

Délinquants ou victimes?

Alors que certains voient ces jeunes comme des délinquants, Luc les regarde comme des victimes. L’intervenant n’est jamais loin. Les jeunes dont il s’occupe, au centre jeunesse, ont des problèmes multiples. Jeunes de familles reconstituées ou détruites qui manquent d’affection, problèmes de santé mentale, délinquance. «Les problèmes sont beaucoup plus complexes aujourd’hui. L’intervention aussi. Le centre jeunesse a dû apporter des changements. Ce qui s’applique bien en délinquance s’applique mal en santé mentale, affirme l’intervenant. Avant, c’était très rare, un jeune médicamenté. Aujourd’hui, c’est le contraire. C’est rare celui qui ne l’est pas.»

Pendant cinq ans, Luc a gardé dans sa famille des jeunes qui n’étaient pas prêts à vivre en famille d’accueil. Un service de première ligne pour jeunes écorchés. Comme celui qui a piqué une crise lorsque Luc s’amusait avec sa petite fille. «Le jeune est rentré dans sa chambre en frappant partout. Il m’a expliqué, après, que ça l’avait dérangé, parce que jamais on ne s’était amusé avec lui, dans sa famille…»

Cette expérience lui fait comprendre qu’il faut voir plus loin que l’acte délinquant lui-même. «Ça m’a permis de saisir que nos mesures en centre d’accueil ne sont pas réalistes. On s’attend à des comportements exemplaires. Dans un sens, c’est normal d’être rebelle à l’adolescence. On se cherche, on développe son identité. Le jeune qui a été battu, abusé, il peut être en situation de crise, explique-t-il. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que, côté affectif, ils sont âgés de sept ans. Ça fausse leur capacité décisionnelle. On reçoit des jeunes qui se laissent aller complètement», dit-il, en faisant référence à l’automutilation que pratiquent certains.

Famille absente

Luc est désemparé. Il travaille avec des jeunes qui retombent dans les mêmes problèmes en sortant du centre. «Faut pas se conter d’histoires. Bien des familles ont démissionné. Chaque fois que le jeune se sent de trop, rejeté, on l’accueille au centre. On travaille avec lui. Mais il retourne dans son milieu. Et, tout est à refaire. Sans parler de négligence parentale, on a un fort pourcentage de jeunes qui viennent de familles où il n’y a aucun encadrement. C’est le rôle du parent de l’encadrer. On fait de la rééducation. J’ai des parents qui accordent beaucoup d’importance à des niaiseries. Des disputes sur le temps passé au téléphone. Aucun intérêt pour ce qui est important pour le jeune. Peut-être parce que ça demande plus de préparation…»

Mylène Montmagny, directrice de l’Accueil Blanche-Goulet, un centre d’hébergement pour personnes en difficulté, reçoit son lot de jeunes. Plusieurs sont passés par le centre jeunesse. Des jeunes avec de lourds problèmes familiaux. «On aurait besoin de plus de logements supervisés pour les jeunes qui sortent des centres jeunesse. Ils ont de la difficulté avec leurs parents. Alors, ils vont vivre dans la rue, parce qu’il n’y a pas de logements supervisés», souligne la dame, d’un ton sans appel. Pour elle, le centre jeunesse ne remplit pas son mandat. «Le problème, c’est que les jeunes n’ont pas de suivi quand ils sortent. Pendant qu’ils sont au centre, le contact est brisé avec la famille.»

Un suivi insuffisant

Pour Luc, la superficie du territoire gaspésien est un gros obstacle. «On réfère le suivi à nos succursales. Le jeune vient de passer six mois en centre d’accueil. Son milieu a changé. L’éducateur ou l’intervenant fait le suivi. Mais en raison de la superficie de la région, il est difficile de faire le suivi», constate-t-il à regret. Luc ne blâme personne.

À la place, il cherche des solutions constructives. Des projets rassembleurs permettant aux jeunes de s’épanouir, pas de dépérir. Comme celui de l’école Antoine-Roy, qui a monté le spectacle Je reviens chez nous! Il est présenté un peu partout en Gaspésie. Les jeunes font tout. Ils jouent, fabriquent les costumes et les décors, s’occupent du son et de l’éclairage, organisent la tournée.

Le projet a rassemblé 45 jeunes et remporté le premier prix Essor au Québec, en novembre. Des jeunes qui n’avaient pas d’activités, parce qu’ils ne sont pas sportifs. Ils voulaient une activité stimulante. Luc sombre dans la rêverie. Il verrait bien ses jeunes du centre jeunesse participer à un projet qui les motiverait. Un peu de baume sur leur âme écorchée.

De l’aide au Cégep de Gaspé

Le Cégep de Gaspé s’est doté d’une intervenante. Après les suicides de trois étudiants dans les deux dernières années, dont un aux résidences de l’institution, l’embauche de July Synott n’est pas un luxe. Le cégep, en cette ère de compression, a trouvé un compromis. Il assure le salaire de l’intervenante pour deux jours semaine. Le CLSC de Gaspé défraie les deux autres jours de sa semaine.

July a beaucoup de boulot devant elle. Depuis son embauche, en novembre dernier, elle a pu mesurer les problèmes des étudiants. «Ils sont nombreux. Santé mentale, stress, angoisse, harcèlement, violence conjugale, troubles de comportement. De plus en plus, il y a des troubles de déficit d’attention. J’ai un service de psychologue au CLSC. Mais il y a six mois d’attente… Je tiens la poulie pendant ce temps. J’ai n’ai pas le temps de chômer!» La jeune femme, qui a fait sept rencontres individuelles et une de groupe dans sa matinée, préfère en rire qu’en pleurer. L’an prochain, elle aura deux stagiaires pour lui prêter main forte.

July remarque que la consommation, au cégep, a pris un nouveau visage dans les dernières années. «Avant, il y avait la clique pot, la clique drogue dure. Maintenant, c’est plus la drogue de performance. On a beaucoup de travaux, on ne consomme pas pour s’amuser, mais pour étudier plus longtemps. Pour beaucoup, c’est le premier éloignement de la famille. Gérer le budget, concilier travail-études, la bouffe, le stress relié à tout ça, les problèmes d’identification. C’est la transition entre je suis encore un enfant, je deviens un adulte.»

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