Art autochtone et culture Navajo

JayCee Beyale

Entre tradition et modernité

Je suis un artiste navajo (Nouveau-Mexique). J’ai grandi dans une petite ville,  Farmington. Je réside depuis deux ans à Colorado Springs (Colorado). Mon identité et mes antécédents ont toujours été présents dans mon travail, car je suis fier de qui je suis et d’où je viens. Mon lien à la culture autochtone est fortement influencé par mon implication dans les arts.

Entrevue de Flora Lassalle. Dossiers Autochtone, Artistes, Culture

Qu’est-ce que te relie à la culture autochtone?

jaycee-beyale-artiste-autochtone-art-indien-navajoMon grand-père paternel était un médecin-chaman qui a consacré sa vie à aider les autres. À l’aide de chants et de peintures de sable, il guérissait et rétablissait l’équilibre de ses patients. Mon grand-père fait partie intégrante de qui je suis et d’où je viens. C’est bon pour moi de rester en contact avec mon passé et de partager mon talent avec les autres de la même manière. Le fait d’avoir vécu loin de la maison (la réserve) m’a donné l’occasion de partager ma culture avec les non-autochtones et de les aider. De cette façon, je suis rattaché à  la culture autochtone au quotidien, que ce soit dans le partage avec les autres ou dans l’expression de cette culture à travers mon travail.

J’implique tout mon être dans chacune de mes œuvres, c’est ce qui me garde connecté à ma culture autochtone. Ça se ressent dans la majorité de mes œuvres. C’est un peu ma signature. Il est difficile d’ignorer cette connexion dans mon travail parce que pour moi, elle est très puissante et spirituelle. Quand je peins, je me sens bien. Je crée avec grâce et gratitude. Je suis très chanceux de posséder des talents que je peux mettre au service de ma passion. Je ne crée pas par «amour des arts», mais pour ma survie, j’ai ça dans le sang. Ce facteur englobe tout ce que je réalise. Nous les Autochtones, nous avons utilisé la nature pour nous aider à maintenir l’existence. Je reproduis cela dans mes œuvres.

Comment as-tu découvert l’art urbain?

art autochtone artiste amérindien culture navajoJ’ai découvert l’art urbain et le graffiti grâce à mon frère aîné. Il revenait à la maison et pratiquait des tags qu’il apprenait avec ses amis mexicains (Cholo). Nous avons été élevés dans une ville frontalière pas trop loin de la réserve. Nous avons grandi entourés de plusieurs ethnies. Quand il a commencé à s’entraîner avec ses amis Cholo, il a créé des alphabets inspirés par les gangs de rue. Ce que nous avions à l’époque au Nouveau-Mexique était très similaire à ce que les gangs faisaient sur la Côte-Ouest des États-Unis.

J’ai trouvé ses dessins très beaux. J’ai commencé à les regarder régulièrement, jusqu’à lui demander de me créer un alphabet. Avec ce qu’il m’a donné, j’ai commencé à copier et à développer mon propre style de lettres. Lorsque nous allions visiter la famille dans des villes comme Albuquerque, Nouveau-Mexique et Phoenix, en Arizona, je regardais les graffitis et les peintures sur les murs. Je savais qu’il y en aurait toujours des nouveaux et je passais mon temps à les chercher, à les observer.

Sans avoir fait de graffitis, ma sœur écrivait déjà en lettres en forme de bulle sur ses manuels scolaires et dans des courriers pour ses amis. Elle avait un esprit super créatif. Elle a développé un style qui me plaisait que je me suis approprié.

Après que mes frères m’aient introduit aux bases du graffiti, j’ai commencé à dessiner beaucoup plus et à ajouter mes propres touches à ce que l’on m’avait montré. Je n’ai pas vraiment commencé à peindre sur les murs jusqu’à mon arrivée au lycée, à la fin des années quatre-vingt-dix. Avant cela, je travaillais sur du papier. Parce que je vivais dans une petite ville et que j’apprenais différentes formes d’art tout seul, il m’a fallu du temps avant d’acquérir les bons outils et réussir à produire de bonnes œuvres.

Je devais aller jusqu’à Albuquerque (à trois heures de route de chez moi) pour acheter des cannettes et rencontrer des artistes susceptibles de m’apprendre certaines techniques. Je m’exerçais alors dans une réserve, car c’était beaucoup plus sûr qu’en ville. J’avais déjà tellement de problèmes que je ne voulais pas me faire harceler par mes parents pour ça.

L’année dernière (2012), mes toutes premières œuvres réalisées dans la réserve ont été effacées. Ça m’a un peu découragé parce que je pensais qu’elles resteraient là beaucoup plus longtemps.

Quel est ton parcours artistique?

art autochtone artiste amérindien jaycee beyale culture navajoLorsque j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire de ma vie! Un ami de la famille m’a aidé à m’inscrire au collège, j’ai été très chanceux d’avoir pu le faire.

À cette époque, personne dans ma famille n’avait fréquenté une université, ni même obtenu le diplôme collégial. Lorsque je suis rentré à l’Université du Nouveau-Mexique à Albuquerque, j’ai commencé à réaliser que j’étais unique, non seulement à cause de mes capacités artistiques, mais aussi parce que j’étais Amérindien.

En grandissant, j’ai appris beaucoup de choses sur les autres tribus et leurs chefs, en lisant des livres et en faisant attention à ce qu’il se passait autour de moi. Quand je suis entré au collège, ma soif de connaissances s’est intensifiée!

J’ai pris quelques cours à travers le programme d’études américaines autochtones, j’ai participé à une organisation étudiante autochtone et me suis entourée d’autres personnes autochtones de différentes tribus. Elles sont devenues ma nouvelle famille, elles m’ont beaucoup appris sur moi-même et m’ont encouragé à exploiter mon talent et à l’utiliser comme un outil pour améliorer notre avenir. Albuquerque n’est pas une très grande ville, mais moi, à cause de mes origines, je la trouvais immense! De plus, en vivant dans une ville, j’avais la chance de profiter de l’électricité et de tous les équipements modernes;  j’ai voulu combiner cela avec la culture autochtone traditionnelle et ses coutumes.

Aujourd’hui, j’en suis encore à essayer de trouver une voix pour parler de ça avec mon art. C’est de là que proviennent toutes les couleurs voyantes et les mouvements exprimés dans mon travail.

Ma spécificité réside bien sûr dans le fait que je graff, mais aussi dans l’utilisation d’ordinateurs pour générer de l’art et dans mon statut d’Amérindien dans l’univers technologique qu’est le monde aujourd’hui.

Le graffiti se vit souvent en crew (en groupe). L’as-tu déjà expérimenté?

Je n’ai jamais été vraiment attiré par un crew. Quand j’étais enfant à l’école secondaire, j’ai échangé des dessins et des croquis avec des amis. Nous étions une sorte de crew à l’époque, mais ça n’a pas duré longtemps. Aujourd’hui, j’ai été invité à faire partie de différents crews, mais je préfère juste continuer à faire ce que j’ai besoin de faire et de créer. J’ai toujours peint c’est ce que j’aime le plus. Je pense qu’il y a des avantages à faire partie d’un crew, peut-être qu’un jour j’en rejoindrai un. Mais pour le moment, je peins et me bats pour les peuples autochtones!

Ton travail mélange culture autochtone et modernité, qu’en pense les peuples autochtones et les graffiteurs?

art amérindien culture navajo autochtone artiste indienDe ce que j’ai vu et vécu, je pense que la plupart des Autochtones commencent petit à petit à apprécier mon travail. Ce qu’ils préfèrent, ce sont bien sûr mes œuvres les plus traditionnelles comme mes aquarelles. Ils aiment ce style! Il s’agit de mon travail le plus facile à approcher et à comprendre en raison de la forte présence des Amérindiens et des caractéristiques très subtiles du graffiti que l’on retrouve dans la couleur aléatoire des nuages, des éclaboussures et des gouttes.

Les couleurs plus audacieuses et la symétrie des mouvements dans mes dernières pièces prendront certainement plus de temps à être acceptées. C’est un regard nouveau auquel ils ne sont pas habitués. Mais je ne suis pas trop inquiet à ce sujet. C’est quelque chose que je veux affiner et développer pour l’exprimer avec une voix plus claire. Je suis actuellement en train de passer de la peinture aquarelle à la peinture à l’huile pour une approche plus technique, avec une palette plus riche.

Les graffiteurs quant à eux aiment ce que je fais! C’est drôle parce que j’ai été connu sous l’étiquette de l’artiste qui a étudié les beaux-arts alors que j’ai grandi en dessinant et en faisant des graffitis. Ce fut la seule raison pour laquelle j’ai continué à étudier et à explorer plus de styles et de médiums.

Ce fut une surprise pour la plupart des graffiteurs quand ils ont réalisé que je pouvais peindre avec des cannettes comme je le faisais avec des pinceaux! Ils aiment le style autochtone du Sud-Ouest, donc lorsqu’ils le remarquent dans mon graff, ça les rend vraiment enthousiastes!

Que veux-tu transmettre par tes œuvres?

Avec le travail que je fais parvenir, je veux que les gens sachent que le graffiti et l’art urbain sont seulement une partie de ce que je suis. J’aime l’art et je tente toujours de renouveler les médiums pour m’exprimer.

Bien sûr, tout ce que je réalise découle de mon passé et de ma culture parce que je veux que les gens prennent conscience que nous, les peuples autochtones, nous sommes toujours là et que nous pouvons nous exprimer dans un style contemporain. Bien que mes œuvres puissent paraître jolies et transmettre la beauté, il est important de garder en tête que je suis autochtone et que les peuples que je représente sont encore pris entre les griffes de la colonisation et de la modernité. Même si cela est difficilement acceptable et qu’on ait encore à se battre, on s’adapte et on avance, comme tout le monde. Les va-et-vient entre les beaux-arts et l’art urbain que l’on retrouve au sein de mon travail sont le symbole de tout cela. C’est ma façon comme artiste d’aider les gens à guérir de leurs maux.

Visiter la galerie de JayCee Beyale.

Autres textes sur Autochtone

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Zitkala-Sa: l’écriture amérindienne

Culture autochtone

Zitkala-Ša: écrivaine autochtone

Normand Charest  dossier Autochtone

Zitkala-Sa photos autochtone écrivain indien amérindiensNous avons pu lire des textes, des discours impressionnants de chefs amérindiens du 19e siècle, comme ceux de Chef Joseph ou de Sitting Bull, la plupart du temps traduits et écrits en anglais par des auteurs blancs. Mais Zitkala-Ša (1876-1938) est une écrivaine sioux, une femme au talent littéraire reconnu en son temps, dont les textes furent publiés, entre autres, dans les magazines Harper’s et Atlantic, de 1900 à 1902. Puis dans le American Indian Magazine dont elle fut la rédactrice en chef de 1918 à 1920.

Histoire des Indiens d’Amérique

Son livre le plus apprécié regroupe des Histoires amérindiennes (American Indian Stories) qui racontent son enfance traditionnelle dans un tipi, habillée de peau de daim et de mocassins, à courir dans les herbes hautes, élevée par une mère qui «ne m’enseignait aucune peur, sauf celle de s’imposer aux autres».

À l’opposé, nous retrouvons la pression, la présence de plus en plus contraignante des Blancs. Son éducation dans une école résidentielle de l’Est, où elle apprit à parler l’anglais, à lire et à écrire cette langue, loin de sa mère et de sa culture.

Nous découvrons la déchirure entre la vie libre, harmonieuse et naturelle de la fillette sioux des prairies de l’Ouest, aimée et respectée parmi les siens… Et la vie rude, froide et cruelle imposée aux enfants indiens dans les écoles blanches de l’Est, où on voulait les transformer.

La tragédie des pensionnats «indiens», dont on entend parler dans l’actualité, était déjà une réalité vers la fin du 19e siècle, et l’auteure sioux nous en offre un des premiers témoignages directs. Le témoignage d’un déracinement.

Papiers de la culture blanche

«Pour les papiers de l’homme blanc [les diplômes qui lui permettront d’enseigner dans des écoles indiennes], j’ai abandonné ma foi dans le Grand Esprit», écrit-elle. «Pour ces mêmes papiers, j’ai oublié le pouvoir de guérison des arbres et des ruisseaux. Parce que la conception de la vie de ma mère me paraissait trop simple, et que je n’en avais aucune, je l’ai délaissée. Je ne me suis fait aucun ami parmi les Blancs qui me repoussaient. Comme un jeune arbre, je fus déraciné de ma mère, de la nature et de Dieu.»

«En établissant ces écoles pour nous éduquer, disait-elle, les Blancs se sont vantés de leur charité envers les Indiens d’Amérique du Nord. Mais peu se sont demandé ce qui se cachait derrière cette prétendue civilisation qu’on nous offrait, la vie véritable ou la mort durable».

Le texte suivant, intitulé «Prière d’une Indienne au sommet d’une colline (printemps 1919)», est un retour aux sources de son enfance et une profession de foi amérindienne.

Grand esprit, pour le don superbe de la conscience individuelle, je remercie d’un cœur débordant! Pour ta grande loi qui protège ma place dans les espaces où s’accrochent la myriade d’étoiles, le soleil, la lune et la terre, je remercie de toute mon âme!

Le long de mon sentier dans les terres sauvages, des rêves terribles m’assaillent la nuit et le jour, et je crains la destruction. Ta puissance m’éveille! Alors, oh alors, je me réjouis de réaliser que les désastres terrestres ne peuvent tuer mon esprit. Je te remercie de m’éveiller!

Pauvre dans une terre d’abondance, sans amis dans une tanière de voleurs. Sans nourriture ni vêtements, malade et fatiguée de la terre… voilà les terreurs de mes rêves, de nuit et de jour. Grand esprit, je te remercie de me réveiller!

Personne ne peut me priver de toi! Et du don de la vie consciente, en esprit!

Au sommet de la colline, je prie, je sens ta présence proche. Ma force est renouvelée comme celle de l’aigle. Un nouveau courage m’apporte sa vision. Je vois l’aube de la justice pour les Indiens, même sur la terre; et maintenant, Grand Esprit, mon cœur est plein de joie!

Zitkala-Sa a fondé le National Council of American Indians en 1926, pour militer en faveur du droit des Autochtones des États-Unis, un organisme qu’elle dirigea jusqu’à sa mort en 1938.

Zitkala-Ša (1876-1938), American Indian Stories, Legends, and Other Writings, Penguin Classics.

Autres textes sur Autochtone

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Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal

L’art et la culture autochtones

Rencontre avec Sylvie Paré

Depuis quelques années, lorsque je me rends au Jardin botanique de Montréal,  je m’arrête d’abord au lieu nommé «Jardin des Premières-Nations». Parmi tout le reste, c’est celui qui me plaît le plus.

Normand Charest Dossier AutochtonesEnvironnementJardin botanique

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Pourtant, le jardin des Premières-Nations n’a rien de spectaculaire, contrairement à celui de la Chine, par exemple, plein de bâtiments d’allure ancienne et exotique et de grands massifs de vivaces qui demandent beaucoup d’entretien.

Le jardin dédié aux Autochtones de chez nous est tout autre. À première vue, il n’a même pas l’air d’un jardin. Plutôt qu’une seule grande entrée triomphale, il en compte plusieurs, chacune d’elles discrète et passant facilement inaperçue.

Si on n’y porte pas attention, ce jardin peut ressembler à n’importe quel boisé. Et à bien y penser, c’est peut-être là le but. Celui de nous ralentir un peu, puis de nous rapprocher de l’essentiel. C’est-à-dire de la nature et de l’authenticité.

Un jardin symbolique

jardins premières nations jardin botanique montréal autochtone indiens amérindienLe Jardin des Premières-Nations est sillonné de petits sentiers. Sous les grands arbres matures, on a planté des végétaux indigènes. Et tout y reprend graduellement un air sauvage. Sauf pour les plaquettes identifiant les plantes, qui nous rappellent que nous sommes dans un jardin botanique, jouant ainsi leur rôle éducatif.

On voit des pierres gravées couchées sur le sol, et des aménagements discrets çà et là. Une grande tente de toile, des poteaux de tipi, une hutte de sudation, une palissade…

Les régions du Québec y sont symboliquement représentées. La forêt décidue (comme elle l’est dans la région de Montréal et tout le sud du Québec; le terme «décidu» qualifiant les arbres qui perdent leurs feuilles en automne, comme l’érable et le chêne), la forêt de conifères (à feuilles persistantes) plus au nord, et puis un tout petit échantillon de la toundra où il n’y a plus de forêt.

La particularité aquatique du territoire québécois est représentée par un grand étang où l’on trouve des canards, des tortues et des moules d’eau douce sous une abondance de nénuphars en fleurs. Il n’y manque que l’orignal.

Des Autochtones accueillant

jardins premières nations jardin botanique montréal autochtone indien amérindiensLe pavillon lui-même est effacé. On a évité le rustique et la pacotille. On n’y trouvera pas d’«Indien» à plumes. L’essentiel se trouve ailleurs. Dans la nature, bien sûr, mais par-dessus tout, dans l’accueil chaleureux des animateurs: toujours de jeunes Autochtones.

Mais sa plus grande richesse, repose dans le travail de ses jeunes animateurs. C’est là, peut-être, que se trouve le concept le plus original et réussi de ce jardin. À chaque fois, je suis frappé par leur accueil patient et enthousiaste, par leur disponibilité et leur douceur. Il faut souligner cette réussite! D’ailleurs, il me semble qu’on ne parle pas assez de ces qualités autochtones, d’accueil et de douceur, dont j’ai pu faire l’expérience à d’autres occasions.

Dans la culture amérindienne, l’homme est le frère des animaux, des plantes, et des éléments. Il en est indissociable, et c’est lui qui nous guide dans ce jardin des Premières-Nations, dont le rôle est à la fois éducatif et social.

Rencontre avec Sylvie Paré

jardin premières nations jardin botanique montréal autochtone indiens amérindienMme Sylvie Paré, en tant qu’agente culturelle, est le maître d’œuvre de tout l’aspect humain de ce jardin. Sa tâche inclut le recrutement puis la formation des jeunes Autochtones dont le travail d’animation fait parler positivement d’eux.

Nous avons rencontré Mme Paré dans ce jardin pour une entrevue. La forêt vivante nous entoure, dans ce bureau, où elle entre par deux murs vitrés qui nous englobent.

Racines amérindiennes

Malgré son apparence physique qui lui vient de son père (elle est blonde aux yeux bleus), Mme Paré est elle-même autochtone: Wendat par sa mère. Un grand-père et un arrière-grand-père maternels ont d’ailleurs été chefs à Wendake, près de Québec.

Certes, il y a beaucoup de métissage chez nous, depuis le début de la Nouvelle-France. Or, «la culture ne se transmet pas de manière génétique», nous dit Mme Paré. C’est aussi une question de choix personnel et de vouloir retrouver ses racines identitaires.

Mme Paré possède une formation en art ainsi qu’une maîtrise en muséologie. Ses origines amérindiennes ont influencé ses orientations professionnelles. Elle a été conservatrice de l’art autochtone pendant 2 ans pour le Musée canadien des Civilisations à Gatineau. Mais elle préfère la «culture vivante», nous dit-elle, c’est-à-dire «le processus de création de la culture», à la conservation d’objets dans un musée.

Au départ, son intérêt pour le jardin des Premières-Nations reposait justement sur «la revalorisation de la culture autochtone». Car à son arrivée à Montréal en 1989, elle avait bien remarqué qu’on n’en trouvait pas beaucoup de traces dans cette ville.

Naissance du jardin des Premières-Nations

Curieusement, ce lieu consacré à la culture autochtone est venu bien tard au Jardin botanique. Quand on lui demande pourquoi, Mme Paré explique: le frère Marie-Victorin (1885-1944), fondateur du Jardin botanique, et Henry Teuscher (1891-1962), son architecte paysagiste, voulaient un jardin amérindien depuis le début (un jardin de plantes médicinales «indiennes»). Cela faisait partie des plans. Et il y a bien eu quelques tentatives, mais aucune n’a duré.

C’est lorsque Pierre Bourque était maire de Montréal en 2001 que le projet fut finalement accepté. On se souviendra que M. Bourque avait dirigé avec passion le Jardin botanique avant d’être maire (le jardin de Chine fut son plus grand projet).

Et puis la volonté politique municipale, souligne Mme Paré, était peut-être appuyée par le 300e anniversaire (1701-2001) de la Grande Paix de Montréal, un important traité signé entre les nations amérindiennes et les Français, que l’on se proposait de célébrer.

La planification du projet avait débuté en 1999, avec la participation d’un comité autochtone et d’un comité scientifique. L’organisme Tourisme Montréal contribua au financement de ce jardin avec la Ville. Mais on n’a bénéficié d’aucune subvention fédérale.

Insécurité identitaire

Peut-être parce que les Québécois sont eux-mêmes en quête d’identité, ils ont longtemps semblé moins ouverts à la culture autochtone que le reste du Canada, comme si celle-ci se trouvait pour eux «dans un angle mort», nous dit Mme Paré. On trouve, par exemple, de l’art amérindien à l’aéroport de Vancouver, mais pas à celui de Montréal.

Le Québec s’est ouvert à l’apport des immigrants et à leur influence, mais pas assez aux Autochtones. Ainsi, on a eu un Jardin japonais, puis un Jardin chinois avant d’en avoir un consacré aux Premières Nations.

On note quand même, récemment, un intérêt plus grand des auteurs québécois pour cette culture et l’émergence d’une littérature autochtone chez nous. Il faut que ce rayonnement se poursuive.

«Si les Québécois reconnaissaient la part amérindienne qui est en eux et dans leur culture, ils comprendraient mieux les Autochtones», nous dit Mme Paré. «Les premiers arrivants européens ont survécu grâce à l’assistance des Amérindiens, qui leur ont appris à s’adapter à un nouveau climat. Si l’on voulait dresser l’inventaire de tous nos emprunts à leur culture, la liste serait longue.»

Protéger la Terre Mère

Nous pouvons encore beaucoup apprendre des valeurs autochtones. Des valeurs communautaires basées sur l’écoute et le respect de l’autre. Mais aussi des conceptions écologiques, à l’opposé de la surexploitation commerciale de la pêche, des forêts et des mines, qui a déjà fait tant de dommages au pays.

«Le message de protéger la Terre Mère est naturellement toujours au centre de notre action», nous dit Mme Paré. «Les communautés du Nord ont beaucoup souffert de la pollution par les mines et de l’oppression des grandes entreprises. On pense aussi au cercle vicieux de la surexploitation des forêts. Bravo à Richard Desjardins pour ses deux films [en collaboration avec Robert Monderie], L’erreur boréale (1999), qui dénonce les coupes à blanc et Le peuple invisible (2007), sur les Algonquins et le pillage de leurs ressources naturelles. Il est un véritable allié des Autochtones et l’on se doit de souligner son travail.»

Un lieu de guérison

L’aspect spirituel est important dans la culture autochtone et, par conséquent, il l’est aussi pour ce jardin. Dans le cadre de l’animation, Mme Paré s’assure de la collaboration de personnes qualifiées dans ce domaine, et elle accueille des aînés, des personnes-ressources qui peuvent procéder aux cérémonies traditionnelles.

De plus, le sacré et l’art sont intimement liés: «L’art est sacré pour moi. C’est une activité qui vient de l’intérieur, une recherche d’absolu, un travail sur soi, une façon d’avancer dans nos valeurs.»

Apprendre à s’exprimer

Au départ, beaucoup de jeunes Autochtones éprouvent des difficultés à s’exprimer. Parfois, ils ne maîtrisent pas suffisamment ni le français, ni leur langue maternelle. Puis ils se sentent déracinés en ville, loin des valeurs communautaires de leur réserve.

Des organisations les aident à s’exprimer, par exemple: «Ondinnok», une compagnie de théâtre amérindien fondé à Montréal en 1985 ou «Wapikoni Mobile», initiée par la cinéaste Manon Barbeau, fille du peintre Marcel Barbeau (signataire du Refus global). Le Wapikoni offre des studios mobiles de vidéo et d’enregistrement qui parcourent les réserves et donnent l’occasion aux jeunes de faire l’expérience du cinéma et de la musique.

«Il est urgent de valoriser les jeunes des réserves et leurs talents. Car ces peuples ont dû affronter d’énormes difficultés d’adaptation. Il y a eu une véritable cassure et un rejet de part et d’autre», nous dit Mme Paré. «D’autre part, ce qui est bien avec le jardin des Premières-Nations, c’est qu’il est permanent, alors que l’avenir de beaucoup de projets n’est pas toujours assuré.»

Valoriser sa culture

«Avec nous, et à travers leur formation et leur travail, les jeunes apprennent à se valoriser et à valoriser leur culture. Dans leur travail, on leur demande de partir de leur histoire, de leur passé, mais aussi de leur présent. Dans tout ce que nous faisons, nous souhaitons mettre en valeur les artistes et les artisans actuels, ceux d’aujourd’hui, et la beauté de leurs œuvres.»

Jeunes animateurs

En ce moment, la plupart des jeunes animateurs sont des Innus. Mais presque toutes les onze nations autochtones du Québec ont été représentées au cours des années.

Les jeunes sont heureux de pouvoir échanger entre eux et de nouer des amitiés. Le Jardin offre un «support solide pour intégrer une vie saine et protégée au cœur de la ville. Sinon, c’est difficile pour eux», nous dit Mme Paré. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un emploi saisonnier, de mai à octobre. Et avec les règles de plus en plus sévères de l’assurance-emploi, ce travail peut devenir plus précaire.

«J’essaie d’être à leur écoute. Je leur demande de partir de leur propre culture, de leurs valeurs pour entrer en contact avec le public. Et ils prennent tout le temps nécessaire pour écouter et parler avec les visiteurs. Car il y a beaucoup de stéréotypes et de clichés à déconstruire, et il s’agit de travailler sur le changement des mentalités.»

Groupes scolaires

«Beaucoup de groupes scolaires visitent le jardin, parce que l’histoire autochtone est maintenant devenue obligatoire au deuxième cycle du primaire. Mais ce serait mieux si elle l’était déjà au premier. Car il s’agit de désamorcer les fausses perceptions dès le plus jeune âge, autant que possible. Et ainsi, le travail des jeunes animateurs se fait beaucoup au niveau de la tradition orale.

Mais ce n’est pas facile de recruter des jeunes pour travailler au jardin. Parce qu’ils doivent quitter leur communauté et leur famille. C’est la même chose, d’ailleurs, pour les jardins de la Chine et du Japon», nous dit Mme Paré.

Les Premières Nations en France

En 2010, le Jardin botanique de Montréal a été invité à établir un jardin amérindien en France. Sylvie Paré fut chargée de ce projet que l’on nomma «Ohtehra» (ce qui signifie «racines» en langue wendat). Ce lieu se trouve dans les «Jardins fruitiers» de Laquenexy, une petite ville près de Metz, en Moselle.

On y découvre les cultures amérindiennes du maïs, des haricots et des courges (les Trois Sœurs), ainsi que du tabac et des plantes médicinales. Les animateurs du jardin des Premières-Nations y travaillent depuis 2010, et ils contribuent à donner aux Français une image plus juste et actuelle des Amérindiens, loin des stéréotypes habituels.

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Programmation du Jardin des Premières-Nations

L’animation à l’intérieur du Jardin des Premières-Nations commence le 22 juin, (le lendemain de la «Journée nationale des Autochtones» au Canada) et se termine le 3 novembre.

L’animation comprend des expositions, des ateliers et des rencontres, en plus des conversations entre les animateurs et les visiteurs.

Rappelons que juin est aussi le «Mois national de l’histoire autochtone» (Canada). Tandis que le 9 août correspond à la «Journée internationale des peuples autochtones», telle qu’établie par l’Assemblée générale des Nations unies en 1995.

(Pour une programmation plus détaillée du jardin des Premières-Nations.)

Regrouper les forces

Mme Paré participe au «Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal» dont le but est d’améliorer la qualité de vie des Autochtones en milieu urbain. Ce réseau regroupe plusieurs organismes et leur donne une plus grande influence, en regroupant les forces.

Son action au cœur de ce réseau, à un niveau artistique et culturel, lui a permis de développer un fonds pour les arts et la littérature autochtones, en collaboration avec le ministère de la Culture du Québec.

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Une histoire centrée sur les Blancs

Ethnocentrisme *

Une Histoire trop blanche

Les concepts d’Histoire et de civilisation tels qu’on les a enseignés pendant longtemps ne sont pas aussi universels qu’on voulait bien le prétendre. Ils étaient fortement teintés par une vision européenne et blanche du monde.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Interculturel, Mois de l’histoire des Noirs

réflexions sociales débats sociaux sociétéNous connaissons bien l’anthropologue Serge Bouchard par sa belle voix profonde et chaleureuse. Par ses propos éloquents que l’on a pu entendre à la radio ou à la télévision. Et aussi par ses écrits publiés dans Le Devoir et dans diverses revues, puis regroupés en de nombreux livres bien appréciés.

Son livre C’était au temps des mammouths laineux (2012), une collection de 25 essais, ne se lit pas nécessairement d’un seul coup. C’est un peu comme du sucre d’érable : très bon, mais riche et concentré. On en prend un morceau et on le laisse fondre dans la bouche. De la même manière, on lit un des essais de l’auteur, puis on y réfléchit.

Serge Bouchard nous fait réaliser à quel point l’Histoire, telle que nous l’avons apprise, ne correspond pas à ce qui a été réellement vécu par nos ancêtres. Comment la présence française aux États-Unis a été oubliée ou effacée. Comment les Amérindiens sont absents des mémoires, alors qu’ils peuplaient tout le continent que nous avons accaparé.

Ce que l’on nous a présenté comme une Histoire universelle objective et raisonnée n’était, en fait, qu’une épopée à la gloire des Blancs d’origine européenne qui se posaient en héros. Les autres peuples se fondant totalement dans le paysage.

Nos guides sur ce continent

On a occulté la présence des Noirs dans notre Histoire, comme le raconte Lilian Thuram dans son livre Mes étoiles noires, dont nous avons parlé dans le magazine Reflet de Société de février 2013.

Mais on a fait la même chose pour les Amérindiens, nos guides sur ce continent. Un Nouveau Monde pour les Européens, mais une vieille terre pour les Autochtones bien enracinés.

On a probablement sous-estimé, aussi, les effets du métissage sur notre société, des effets peut-être plus importants qu’on n’a pu le reconnaître jusqu’à maintenant. Métissage physique par le mariage, mais aussi culturel, par l’adoption de pratiques autochtones par les colons d’origine française.

L’Histoire telle qu’on l’a connue reposait sur une vision centrée sur l’Européen « civilisé » considéré comme supérieur aux autres « races », toujours inférieures à la sienne à divers degrés.

Cela faisait souvent partie du non-dit et de l’implicite, jusqu’à tout récemment. Tintin au Congo ou les films de cowboys et d’Indiens ne constituent pas que des exceptions, mais plutôt une norme encore présente dans les années 1950 et au début des années 1960, par exemple.

Le premier homme à se rendre au Pôle Nord, un Blanc américain ? Il dépendait plutôt de son assistant Noir sans lequel il n’aurait pas réussi. Et, encore plus ridicule, on ne parle même pas de la présence des Inuits dans ce pays qui était le leur.

Le premier homme à atteindre le sommet de l’Himalaya, un Blanc ? Grâce aux guides sherpas locaux, encore là. Sans eux, il ne se serait pas rendu bien loin.

Les explorateurs Lewis & Clarke aux États-Unis, les premiers à atteindre le Pacifique ? Pas sans leurs deux guides et interprètes, une Amérindienne et son conjoint Canadien français, qui faisaient le lien avec les peuples autochtones dont ils traversaient le territoire.

oiseau canard environnement foretEn 1534, Jacques Cartier découvre ce coin l’Amérique et en prend possession au nom du roi de France ? Il ne s’en est surement pas vanté devant les Amérindiens qui l’ont accueilli pacifiquement, dans ce qui était déjà leur propre pays. Ce sont aussi des « Indiens » qui les soigneront par les plantes, lorsque lui et ses hommes seront atteints du scorbut.

Dans une interview à la télé, Florent Vollant, lui-même innu, racontait que son père et son grand-père travaillaient comme guides pour les arpenteurs, les géologues, etc.  Tous les explorateurs ont reposé sur des guides locaux, sans vraiment leur donner crédit.

Pendant longtemps, d’ailleurs, les Blancs ont pris le crédit de tout ce qu’ils ont appris des guides locaux et des « primitifs ».

En fait, l’Histoire telle que nous la connaissons est une histoire de Blancs, et non pas une véritable histoire du monde. Une histoire qui s’est approprié tout ce qu’elle a touché, et qu’il est grand temps de remettre en question. Pas pour se flageller, mais pour voir les choses telles qu’elles sont et pour repartir du bon pied.

L’humanité est belle et elle est multicolore, multiculturelle.

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* Ethnocentrisme : « Tendance à prendre comme modèle le groupe ethnique auquel on appartient et à ne valoriser que la culture de celui-ci. Une interprétation historique teintée d’ethnocentrisme » (Dictionnaire Antidote).

Illustration de Normand Charest

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Fanny Aishaa du graffiti de Vancouver à Montréal

Street art et environnement

Le graffiti de Fanny Aïshaa

L’artiste muraliste et graffiti Fanny Aïshaa revient d’une résidence d’artiste en plein coeur du Gwaii Haanas National Reserve Park sur Haida Gwaii (Terre des Haidas – Queen Charlotte Island) en Colombie-Britannique.

Raymond Viger Dossiers Graffiti, Hip-Hop, Porte-folio, Murales, Vidéos

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphopPour son retour de la Colombie-Britannique, Fanny Aïshaa s’attaque à un nouveau mandat: la réalisation de deux oeuvres pour les vitrines de la Maison Simons. Au total il y en aura 33 réalisées par 13 artistes urbains graffiteurs.

Le tout sera exposé dans les vitrines des différents magasins de la Maison Simons dès la fin juillet jusqu’au milieu de septembre.

Si vous me demandez quelles oeuvres Fanny Aïshaa et les autres artistes urbains nous préparent… pour l’instant je vous réserve la surprise. Je vous en direz plus à la fin juillet.

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphopC’est la 7e année que le Café Graffiti réalisent des oeuvres pour les vitrines de la Maison Simons pour la rentrée scolaire. Sept projets tout aussi originaux les uns des autres.

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Fanny Aïshaa nous présente plusieurs murales et toiles qu’elle a réalisées sur sa page personnelle de notre boutique Internet. Vous pouvez y acheter des cartes de voeux, des T-Shirts, des kangourous et des affiches à l’effigie des réalisations de Fanny. Une façon originale de soutenir une artiste dans ses créations.

Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples. Merci de l’encourager et de la soutenir.

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