Une compétition provinciale pour Monk.e

Crédit photo : Patrick Maltais Verrette

Dossiers Culture et Cinéma et télévision

Le graffeur professionnel Monk.e figure parmi les candidats de la compétition La fin des faibles. Le concours pour dénicher le meilleur rappeur du Québec se mettra en branle le lundi 1er mars. Le volet francophone des « Olympiques du rap » End of the Weak sera diffusé sur Télé-Québec les lundis et les mercredis, du 1er au 24 mars à 20 h.

Monk.e est l’auteur du recueil de poésie pamphlétaire Couronne à double tranchant, publié aux Éditions TNT en 2018. L’artiste de 38 ans a fait le tour de la planète porté par sa musique. Il participe à La fin des faibles dans le but de reconquérir son public d’ici.

Nul n’est prophète en son pays

« Je sens que depuis plus d’une décennie je vis ce proverbe. J’accomplis des choses magiques en bondissant d’un pays à l’autre et ça, avec très peu d’ondes de choc au Québec. Mais je sais que l’onde de choc se rendra et qu’elle aura un impact unique », affirme le candidat. La fin des faibles sera peut-être un de ses éléments déclencheurs, l’avenir nous le dira !

Monk.e souhaite partager sa philosophie par la poésie à heure de grande écoute. Afin d’accroître sa popularité musicale au Québec, il mettra l’accent sur son authenticité, sa mission de vie, son intention, son intégrité et sa profondeur. « Mon don littéraire canalisé dans le rap est honoré tous les jours par la pratique assidue et par le refus de diluer mon intensité dans le but de plaire », souligne-t-il. 

« La créativité n’est pas seulement dans l’œuvre que l’artiste propose, mais bien dans l’ensemble du processus de conceptualisation, dans la réalisation et la présentation de celle-ci. Le pourquoi et le comment sont cruciaux dans l’identité même de celui ou celle qui choisit la voie des arts ». Il ouvrira la porte à cette créativité en contextualisant ses textes de manière unique.

Après avoir remporté le concours canadien End of the weak de 2012 à 2014 et avoir représenté le Canada à l’échelle planétaire à chacune de ses occasions, est-ce que Monk.e pourra séduire les juges Koriass, Sarahmée et Souldia ? Est-ce qu’il pourra ainsi décrocher le titre dans sa province natale ?  

Autres textes en Culture

Autres textes sur Cinéma et télévision

Tenir paroles

TENIR PAROLES présente le parcours singulier de l’auteur-compositeur-interprète Ian Fournier. Explorateur acharné, pourchasseur insatiable des mots et de leur sens, Ian Fournier a survolé les 30 dernières années armé d’un crayon et d’un bout de papier, toujours prêt à témoigner du monde en chanson.

Les 108 textes de TENIR PAROLES, regroupés en dix sections, montrent l’originalité de la démarche de l’auteur et témoignent de son enviable liberté: d’un album à l’autre, en tant qu’artiste-producteur, Ian Fournier a pu changer à sa guise de style musical, parfois même radicalement. C’est ainsi que les chansons colligées dans ce recueil, oscillant entre sonorités rock, poésie et histoire, lui confèrent un relief peu commun, miroir de la carrière de l’artiste.

Le livre est disponible au coût de 20,00$.

Autres livres pouvant vous intéresser

Burn-O 2021

Burn-O 2021 (2019)

Un livre de Bruno Robitaille

Paroles de chansons – 9,95$ (13,90$*)

Description sommaire du livre

Cher lectorat, le mardi 2 avril de l’an de grâce 2019 officialisait l’immortalisation concrète de mon unique rêve d’adolescence. J’ai non seulement la fierté d’avoir assumé la totalité des frais requis pour sa production sans l’aide de personne, mais j’ai aussi tout écrit puis interprété seul avec ma vraie voix. Oyez, oyez, j’ai l’immense plaisir de vous présenter l’œuvre de ma vie. Après 5 longues années de dur labeur pour le bien de la cause, voici sans plus tarder mon premier album solo en paroles, 2021 LP.

* Le prix total inclut les frais de transport et la taxe annexée.

Nouveauté 2021 – La fin d’une époque

Présentation de l’auteur (Bruno Robitaille)

Passager occidental, né à Montréal le 2 avril 1985 selon Wiki-pédiatre. Issu d’une famille nucléaire à revenu modique, tranquille et débrouillarde. Élève dissipé réfractaire à l’académisme, placé en marge des communautés, et même des cas isolés.

Personne à qui ressembler en pleine crise d’identité, seul le dessin concorde. Des sanctions seront d’ailleurs imposées pour vandalisme prémédité. Les copies infligées attisent la passion pour les mots. Soudain, surgît la sonorité distinctive qui change une vie, le coup de foudre avec la musique rap. Me sentir interpellé, des collaborations exclusives avec les plus grands rappeurs du moment. Habité par une culture à découvrir, écrire pour mieux s’exprimer. Volonté d’apprentissage linguistique, intérêt pour les racines oubliées.

Des pages jaunissent, hibernant au gré des saisons. Les poèmes s’empilent pendant plus d’une décennie jusqu’au Café-Graffiti. Adhésion aux ateliers d’écriture et de perfectionnement, maîtrise de figures de style et matérialisations littéraires. Droits d’auteur reconnu et légitimés, retour aux sources par l’entremise de la parution des bandes-dessinées, de connivence avec M. Raymond Viger, un père fondateur mentor à ses heures. Le dernier patriote en terre natale, fier combattant de l’épanouissement d’une jeunesse négligée.

Autres livres de l’auteur (Bruno Robitaille)

Le hip-hop au féminin : Vision du breakdance par des bgirls

Les bgirls, ces femmes qui pratiquent l’art du breakdance, sont de plus en plus présentes sur la scène hip-hop montréalaise et elles le valent bien! Malgré des difficultés d’acceptation dans les années 1990, ces femmes ont su écrire l’histoire du breakdance façon bgirling. Entre l’organisation d’événements hip-hop, les cours de danse et leur pratique personnelle, ces femmes nous racontent leur histoire dans un monde qui semble masculin. 

Dossier Hip-Hop

Kate (bgirl Lynx), Dana Schnitzer (bgirl Radio), Franchesca (bgirl Franchess) et Alexandra Landé ont eu des parcours différents. Elles ont eu besoin de s’exprimer à travers leur corps. Le hip-hop fut pour elles un monde, une passion et une famille. Même si elles ont un grand respect à l’égard de leurs pairs masculins (fondateurs du breakdance), elles n’en oublient pas les difficultés à gagner en crédibilité dans une discipline encore très masculine.

Faire sa place!

Ces femmes ne cherchent pas à être favorisées ou valorisées pour leur sexe. Dans le cypher (cercle de freestyle) où le battle (compétition de breakdance), le sexe ne prime pas! Ce qui compte c’est la performance. Elles aspirent à faire évoluer des mentalités, faire changer la vision des bboy à leur sujet et le langage masculin du breakdance. En plus de devoir être plus performantes que leurs compères masculins, les bgirls doivent également faire face aux regards souvent critiques et sceptiques des bboys.

« Avant c’était mal vu d’être une bgirl. C’était rare de voir des filles faire du breakdance », explique bgirl Radio. Pour Lynx, l’histoire va beaucoup plus loin : « Lors de mes voyages, je voyais que le breakdance féminin n’était pas accepté. Au Vietnam par exemple, ce n’est pas très féminin de voir une fille se rouler par terre! » À Montréal, les mentalités concernant la femme évoluent, ce qui est un avantage. « On est de plus en plus acceptées dans le milieu », précise-t-elle.

Alexandra Landé, chorégraphe hip-hop et organisatrice du désormais célèbre Bust A Move (compétition de breakdance), ajoute que les danseuses hip-hop canadiennes ont beaucoup plus de mal sur la scène internationale (exception faite des États-Unis).

Elle explique également sa vision mitigée du genre dans le hip-hop : « Je ne crois pas en la différence de sexe. Je pense que nous sommes tous passionnés. La différence entre la femme et l’homme se fait dans les valeurs que tu défends à travers ta danse. »

Elle affirme que le plus gros dans le breakdance est physique : « Les bgirls doivent constamment faire face au langage et à la critique des hommes. Dans la danse hip-hop, ça nous sauve, car le seul langage connu, c’est celui du corps, et la discipline est moins physique  », dit-elle. Rappelons que lors de la compétition Bust A Move de 2015, les victoires dans 4 des 6 catégories ont été remportées par des femmes. Par rapport aux années précédentes, c’est une grande avancée.

Déconstruire les préjugés

Le plus dur pour elles, confie Lynx, c’était de trouver quelqu’un pour leur enseigner le breakdance. C’est leurs mentors Radar et Omegatron qui prennent le risque de les former. À l’époque très peu de bboys les poussent à apprendre. « Mon crew (groupe) n’était pas accepté, un groupe de filles qui débarquent dans les battle et s’intéressent au breakdance? Ce n’était pas commun de voir ça! Et les bboys nous l’ont bien fait savoir! Ils ne nous ont pas accueillies très chaleureusement… »

À l’époque, certains voient le breakdance féminin comme une révolution et s’intéressent phénomène. Malheureusement ce qui devait être un moyen de valoriser le bgirling a pris une tout autre tournure. Les bgirls étaient vues comme des profiteuses qui utilisaient le hip-hop pour se faire de l’argent alors qu’elles n’avaient pas eu à se battre pour faire leur place.

Lynx explique avec regret cette expérience : « Les bgirls étant rares à l’époque, on était souvent approchées pour faire des publicités, car c’était vendeur. Très naïves, on a foncé dans le stigmate, ce qui nous a décrédibilisées auprès des bboys. Nous, on voulait  simplement s’amuser et prouver que nous aussi avions notre place. »

Le plus drôle, ajoute-t-elle, ce n’est pas que les MC’s l’annonçaient comme un bboy mais plutôt que certains la critiquaient physiquement : « On essayait de trouver un peu de féminité dans nos mouvements et notre style vestimentaire, ce qui n’était pas du goût de tout le monde. Certains disaient “Tu ressembles à un garçon, arrête de mettre des baggies!” Quand j’y repense, c’était drôle qu’un mec me conseille d’être féminine. Mais je prenais cette critique pour la transformer en énergie positive. »

« Pas fake mais real! » Lynx et Radio seront d’accord sur ce point, « On devait se battre encore plus pour être valorisées. Ce n’était pas gratuit de convaincre les gens. On devait leur montrer qu’on était légitimes. Être autant capables que les bboys », expliquent-elles avec tristesse.

Ouvrir le chemin

Pour les anciennes du milieu comme Lynx, Radio et Alexandra, transmettre leur savoir et l’énergie du hip-hop à la nouvelle génération est essentiel. Après s’être battues pour donner une place et une crédibilité aux bgirls, elles doivent maintenant la partager.

Voir de plus en plus de femmes présentes sur la scène hip-hop pousse la nouvelle génération à se frotter au breakdance. Ellementale 5 (premier groupe de breakdance féminin fondé par Lynx et Radio) et les autres bgirls des années 1990 ont ouvert le chemin aux jeunes femmes d’aujourd’hui.

Certains breakdancers de la précédente génération voient la nouvelle comme des compétiteurs qui ont tendance à oublier les valeurs qui animent le breakdance. Le partage d’énergie, d’émotions et l’entraide sont des principes qui se perdent, bien que l’accès au breakdance pour les femmes et les jeunes soit facilité, notamment par Internet. Ne pas tomber dans l’imitation est d’autant plus difficile!

Franchesca est l’une de ces jeunes. Bgirl depuis presque deux ans, elle débarque dans le milieu avec les bases que son mentor lui a enseignées au Cégep, en plus des heures de répétitions effectuées dans son sous-sol, devant YouTube. Pour elle, l’enjeu est différent. Elle n’a plus à changer les stéréotypes physiques, mais à travailler plus dur pour prouver sa valeur. Elle doit convaincre les bboys et encore plus les bgirls qu’elle a sa place. «Les attentes sont plus élevées pour ces jeunes et la compétition est de plus en plus dure», explique Radio.

« Pour gagner sa place aujourd’hui, il faut beaucoup de motivation et des heures d’entraînement, explique Franchesca. Admettons qu’un bboy me critique sur le fait que je sois une bgirl, je lui dirais “très bien, faisons un battle”. Ça arrive rarement. Quand je danse, on remarque plus mes lacunes que mon sexe. Mais on gagne en maturité et on brise la glace. Et je pense que ce changement de mentalité s’est fait grâce au travail des anciennes bgirls. »

« Pour progresser dans ce milieu, il est primordial d’être entouré d’un groupe. C’est compliqué pour une jeune femme d’en trouver un qui veuille bien t’accepter, surtout quand tu es récente dans le milieu. Il faut faire ses preuves et être présente de manière régulière dans les battle et cypher, » rappelle Franchesca.

Dans cette culture vivante, chacun à sa propre histoire. Mais que l’on soit homme ou femme, la seule chose qui compte, c’est la manière de s’approprier cette culture. Ce qui est sûr c’est que pour y arriver il faut d’abord commencer par se prouver à soi-même qu’on peut le faire et se lancer dans le cypher avec amour et détermination.

Autres textes sur Hip-Hop

Suggestion de lecture

Autres livres pouvant vous intéresser

Luca Patuelli, LazyLegz et le breakdance

ILLabilities, malgré les handicaps

Le breakdance sans limites

Luca Patuelli est atteint d’une maladie rare depuis l’enfance: l’arthrogrypose. Incapable de marcher, Luca a très peu de muscles dans les jambes. En 2007, Reflet de Société présentait ses rêves de conquérir le monde par le breakdance qu’il pratique sur des béquilles. Quatre ans plus tard, Luca consolide ses aspirations.

Dominic Desmarais | Dossiers Break-danceHip Hop, LazyLegz, Handicapés

lazy-legz-breakdance-danse-illabilities-break-b-boyComme nom de scène, Luca a choisi LazyLegz. Des jambes paresseuses qui peinent à suivre la cadence imposée par la volonté du jeune homme. À 26 ans, Luca Patuelli ne déroge pas à son principe de vie qui l’a façonné: pas d’excuses, pas de limites. Ne jamais renoncer avant d’essayer. «Tout le monde peut se trouver des excuses pour ne pas affronter de défi. Pas moi. J’essaie toujours. Même si ça m’est difficile.»

Cette attitude lui a notamment permis de goûter aux joies du skateboard comme bien des jeunes, à l’adolescence. Au patinage également. «Je ne me suis pas amusé. Je tombais tout le temps. Mais au moins, j’ai essayé.» C’est pour se sentir comme les autres que Luca ne se met aucune limite. Car dès l’enfance, il ne se considère pas limité. «Je ne me suis jamais vu comme un handicapé. Jeune, je ne voulais pas être ami avec eux. Je me disais que si les gens me voyaient avec eux, ils m’associeraient à eux.»

lazy-legz-breaker-ill-matic-bequille-breakdance-breakdancing-hiphop-break-handicapAdolescent, le futur LazyLegz s’intéresse à la danse. Aux pirouettes spectaculaires des b-boys. Contrairement au patinage, il persévère. Il vient de se trouver une passion sortie tout droit de l’impossible. De la haute voltige sur béquilles! Ses accessoires, qui lui permettent de tenir debout, deviennent le prolongement de son corps.

Luca, que rien n’arrête, ne réalise pas qu’il est limité physiquement. Sur le plancher de danse, au milieu des autres b-boys, il détonne. Ce n’est qu’à l’aube de la vingtaine qu’il prend conscience de son handicap. «J’ai accepté mon handicap grâce à la danse. Disons que c’est plus ma différence que j’ai acceptée. Mais ce n’était pas comme si je me libérais d’un poids, comme si ça m’avait affecté. Parce qu’au fond, on a tous des handicaps. On vit tous les mêmes choses.»

Compétition internationale de Breakdance

Lazylegz-luca-patuelli-breakdance-break-breakdancing-danseLazyLegz décide qu’il veut participer à la plus importante compétition de breakdance au monde à cette époque, en Californie: le Freestyle Session. Il va se mesurer aux meilleurs de la planète. C’est en 2004. Luca a 20 ans. Il n’est pas encore un danseur professionnel qui vit de son art. Il doit travailler pour s’offrir ce rêve. «J’ai payé mon billet d’avion en travaillant au Queue de Castor dans le Vieux-Port», se souvient-il en riant, les yeux illuminés, tel un gamin.

L’expérience renforce son plaisir de danser et de voyager. «À la compétition, il y avait plusieurs Canadiens parmi les inscrits. On ne se connaissait pas mais on a formé une équipe. Et on a fait partie des 16 finalistes sur 70 équipes. C’est incroyable!»

Au contact des danseurs de nationalités diverses, Luca adopte les valeurs du breakdance. La fraternité au sein de la communauté hip-hop ouvre ses horizons. Il fait des rencontres inoubliables. Ce qui l’aide à prendre conscience de son handicap sans douleur. Il se sent reconnu et épaulé par ses frères b-boys.

Partager le bonheur de la danse

lazy-legz-breaker-ill-matic-bequille-breakdance-breakdancing-hiphopLuca fait partie d’une culture qui partage ses expériences, ses valeurs. Il veut lui aussi s’impliquer. Sans trop savoir comment. Il se revoit, enfant, à l’hôpital. De longs moments passés dans sa chambre avec des visites sporadiques. «J’ai eu 16 opérations dans ma vie. J’ai passé beaucoup de temps dans les hôpitaux. Les visites de clowns, ce sont des moments dont je vais me rappeler toute ma vie. Je me suis dit que je ferais la même chose pour les jeunes.»

Il aborde de lui-même le sujet auprès de l’hôpital Shriner spécialisé dans les chirurgies pour enfants. Il propose ses services pour danser devant les jeunes patients. «Je me suis dit que si j’avais eu ça à l’hôpital, quand j’étais jeune, ça m’aurait aidé à guérir plus vite.» Les jeunes sont impressionnés de voir un «malade» virevolter avec des béquilles.

L’idée fait son chemin. Petit à petit, Luca reçoit d’autres invitations. Que ce soit dans les hôpitaux ou les  écoles, ses numéros de danse se changent en conférences de motivation sur son vécu, son approche de la vie. Sa passion pour la danse, qui lui a fait connaître les principes de la culture hip-hop, lui offre la chance de changer des vies en se racontant. Il commence à gagner un peu d’argent grâce à ces activités. Communiquer sa joie de vivre par la danse et la parole est un nouveau défi qui se présente à lui, l’homme qui raffole de se frotter à l’inconnu.

Premier obstacle, le français. Né au Québec, ayant grandi aux États-Unis où son père travaillait, Luca ne connaît du français que ce qu’on lui a transmis à la maison dans un environnement anglophone. «Je n’ai jamais fait l’école en français. À la maison, ma mère me parlait en italien, mon père en français. Je n’ai pas appris à lire et à écrire. Mais je comprends. Il fallait juste que je me pratique à parler.»

Si apprendre le français est difficile, ce n’est pas ce qui va décourager le jeune homme. Pas de limites, pas d’excuses. Par expérience, Luca sait qu’il lui faut de la patience pour arriver à communiquer dans la langue de Molière. «Moi, quand je veux quelque chose, j’y mets toute mon énergie. Si je le dis, je vais jusqu’au bout.»

Danseurs handicapés

lazy-legz-breaker-ill-matic-bequille-breakdance-breakdancing-hiphop-breakEn parcourant les évènements hip-hop du globe, LazyLegz rencontre des spécimens rares comme lui. D’autres danseurs handicapés qui surmontent leurs limites physiques et adaptent leurs mouvements à leurs capacités. Le jeune homme, de plus en plus ouvert aux conditions de vie des jeunes handicapés, y voit une belle opportunité de réunir ces danseurs en une troupe.

En 2007, il crée ILLabilities, un groupe de 5 b-boys handicapés provenant du Chili, des États-Unis, du Canada et des Pays-Bas. Mais l’aventure commence lentement. L’éloignement de chacun limite les possibilités de tournées, de spectacles. L’organisation de ces évènements est difficile à distance. Et la troupe, qui vient à peine de naître, n’a pas encore les moyens de ses ambitions. La conquête du monde ne sera pas instantanée.

LazyLegz, un breakdancer producteur

Luca organise tout. Il fait des démarches pour présenter des spectacles d’ILLabilities au Canada, cherche des commanditaires, loue un véhicule pour les déplacements. Il a tout à apprendre. Un autre défi à relever. Après la danse et les conférences de motivation, le voilà entrepreneur. «Financièrement, j’ai pris un gros risque. Et en plus, j’organisais tout.»

Avec la tournée canadienne, ILLabilities espère se financer pour se présenter à l’international. Le rêve de ces danseurs est de voyager grâce à leur art. En un mois et demi, ils donnent 25 spectacles. «Parfois, on faisait 3 spectacles en une journée. En 45 jours, on a fait plus de 10 000 km en voiture. C’était fou!»

Breakdance freestyle

Les retombées sont bonnes. Mais Luca est insatisfait de leur prestation. «On s’était vu 5 fois avant la tournée. Difficile de préparer un spectacle commun. On faisait du freestyle de 5 à 10 minutes chacun. Rien de plus.» L’équipe n’est pas encore soudée. Elle est trop dispersée pour passer à un niveau professionnel. Pour résoudre ce problème, Luca loue un loft à Montréal afin de rassembler la troupe. Pendant 2 mois, les 5 partenaires cogitent et assemblent leurs idées. Plutôt que de rabouter 5 parties différentes pour faire un show, ils mettent au profit du groupe leur créativité commune.

«Ensemble, en deux mois, on a monté une pièce de théâtre de 20 minutes. C’est l’histoire de nos vies. On utilise nos handicaps et la danse. Ce n’était pas évident d’harmoniser nos chorégraphies. Mais on y est parvenu. La chorégraphie est venue de chacun de nous. On a deux danseurs qui doivent rester au sol pour leurs mouvements. Il fallait que 5 différentes façons de danser puissent coexister en un tout.» Luca les fait plancher sur leur spectacle pour atteindre le désir de chaque membre. «Eux, leur rêve, c’était de voyager. C’est l’opportunité que je leur ai donnée.»

Luca leur offre beaucoup plus que la découverte de nouvelles cultures. Il leur offre de se découvrir eux-mêmes. Habitué depuis plus de 5 ans à intervenir auprès des enfants, le jeu-ne homme dirige ILLabilities dans ce sens. En plus de la pièce de théâtre, la troupe prépare des conférences de motivation. Un autre défi pour Lazy et ses protégés. «Les danseurs n’avaient jamais parlé devant les gens. Moi, je le faisais pour gagner ma vie. Les danseurs n’étaient pas conscients de l’impact qu’ils avaient sur les jeunes, sur les handicapés. Maintenant, ils savent. Ils ont compris qu’ils pouvaient porter un message. Soit d’utiliser son désavantage pour en faire sa force.»

ILLabilities, du breakdance international

Éventuellement, Luca aimerait voir ILLabilities accueillir de nouveaux membres. «Nous sommes presque les seuls au monde. Il y a 2 danseurs handicapés en France, un à Washington et un autre en Suède. Mais si on est plus, ça signifie moins d’opportunités pour chacun.» ILLabilities n’est pas encore assez solide pour penser s’agrandir. Mais la troupe respecte son rêve: voyager. Ils ont pris l’avion pour des tournées au Japon, en Corée, en France, aux États-Unis et au Canada. En parallèle, LazyLegz a poursuivi des rêves personnels qui l’ont mené en Europe, en Asie et en Amérique du Sud. À l’automne, il ajoutera la Russie à sa collection de visas.

«Je viens de signer un contrat avec une compagnie française de danse contemporaine mêlée avec le hip-hop. Je vais être en tournée avec eux pendant un an. Avec la possibilité de participer à des évènements avec ILLabilities.» Luca pense au B-Boy week, aux Pays-Bas, qui aura lieu à l’automne. Pendant une semaine, les 5 danseurs vont se fondre avec 10 000 autres danseurs dans un petit village près de Rotterdam. «Aujourd’hui, c’est devenu le plus gros évènement b-boy au monde.»

Marcher pour la cause

Luca pourrait se contenter de rejoindre les jeunes et les handicapés à travers ILLabilities et conserver du temps pour lui. Mais en vieillissant, il a pris conscience de l’impact qu’il a sur les gens lors de ses conférences. Il reconnaît que ceux et celles qu’il rencontre ont aussi un impact sur lui. Chacun sert de source de motivation.

L’an dernier, il a marché 1 km pour les enfants aux prises avec la même maladie que lui, l’arthrogrypose. Une marche sans accessoire. Pas de béquilles ni d’orthèse. «Ça m’a pris 55 minutes, l’an passé. Et je suis tombé 55 fois! Cette année, toujours pour la même cause, je vais essayer 2 km. Je m’entraîne. Je marche, je m’étire beaucoup. Et je danse. Même si je ne suis pas actif des jambes. Le breakdance me garde en forme. Ce qui me permet d’avoir plus d’énergie pour marcher.»

Un corps fatigué

Enfant, Luca ne connaissait pas le sens du mot limite. Il ne se voyait pas comme un handicapé. La sagesse, les expériences de la vie et un corps pour qui il a été trop exigeant lui donnent un nouveau regard plus nuancé.

Il y a quelques années, lors d’une compétition relevée, Lazy s’est cassé la jambe. «J’ai vu que j’avais des limites. Avant, je n’en avais pas. Je ne connaissais pas la peur. Quand je me suis fracturé la jambe, j’ai commencé à avoir peur. Il a fallu que je la combatte, que je l’affronte. Ce qui m’a aidé à trouver de nouveaux mouvements pour danser, à mieux respecter mon corps.»

Le nombre incalculable d’heures passées à pratiquer le breakdance ont laissé des marques. Luca a des tendinites aux deux bras. Son attitude s’adoucit. «Plus jeune, les escaliers ne me dérangeaient pas. Là, je préfère prendre l’ascenseur pour ne pas faire souffrir mes bras pour rien. Montréal, ce n’est pas évident pour un handicapé. C’est tout un défi. Les boîtes de nuit et la majorité des métros sont difficilement accessibles. Mais bon, New York et Paris, ce n’est pas mieux.»

Si sa condition physique lui fait réaliser les difficultés pour un handicapé de s’intégrer à la vie quotidienne de la ville, son contact avec des handicapés suffit à lui ouvrir les yeux sur leur mise à l’écart. Les jeunes qu’il rencontre dans des écoles spécialisées ou dans les hôpitaux n’ont jamais pu s’offrir un vrai spectacle de breakdance. Luca voulait leur faire ce cadeau. «J’ai organisé une compétition. J’avais invité certains des meilleurs danseurs au monde. J’ai cherché pendant deux mois des locaux accessibles aux enfants handicapés. Je n’ai rien trouvé. J’ai loué le Club Soda car au moins, leurs toilettes sont au premier étage. Et j’ai loué une rampe d’accès.»

Pour encourager LazyLegz dans son message de détermination dans les écoles: Pas d’excuses, pas de limites. Le t-shirt de Lazy Legz

Autres textes sur Lazylegz

Autres textes sur Breakdance

Autres textes sur le Spectacle breakdance et sports extrêmes

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

show_imageQuand un homme accouche

Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Un rappeur a les blues

Le Rap en région

Quitter le Lac St-Jean pour rapper à Montréal

À 16 ans, Dali est mis à la porte par sa mère et son beau-père. Sous le choc, il quitte le Lac Saint-Jean pour aller rejoindre son père à Montréal. Excité de ce nouveau départ qui va l’immerger dans la scène hip-hop, le jeune artiste est confronté à un défi de taille: trouver sa place.

Dominic Desmarais | Dossiers Hip-HopRap

rap-lac-st-jean-rapper-region-hiphop-chanteurDali était plein de bonnes intentions en quittant le Lac Saint-Jean. Il laissait derrière lui tout un pan de sa vie. Sa famille, sa mère, ses amis, son école, sa «patrie». Le jeune adolescent ne regardait pas ce qui lui manquerait. Il se voyait renaître. Une nouvelle vie s’offrait à lui. Il rejoignait son père et, surtout, se rapprochait de sa passion: le hip-hop.

Jeune, Dali rêvait de s’établir à Montréal. Mais pas à 16 ans. «Dans ma tête, je serais parti plus tard, vers 20 ans.» Son départ, précipité, chamboulait la vie de son père. «Il a travaillé dans la marine marchande pendant 30 ans. Il n’a jamais eu de domicile. C’était la première fois de sa vie qu’il avait un bail. Mais il n’a pas eu d’autre choix que de m’accueillir, il m’aimait!»

Le père, un marginal qui ne s’est jamais intégré à la société, doit s’adapter. Dali aussi. L’adolescent doit poursuivre ses études. Lui qui a toujours été en cheminement particulier depuis son entrée à l’école doit dénicher un établissement qui offre ce service. «Il n’y a pas beaucoup d’écoles qui offrent, à Montréal, un cheminement comme au Lac Saint-Jean. J’ai trouvé le collège Édouard-Montpetit mais ce n’était pas comme ce que je connaissais.» Dali a besoin d’être motivé pour apprendre. Il est habitué à avoir un seul professeur, à ne jamais changer de local. Dans cette classe, ils étaient 13. Il pouvait recevoir toute l’attention dont il avait besoin.

Intégration difficile d’un rapper
rapper-lac-st-jean-rap-music-region-dali-chanson

«J’ai eu beaucoup de misère à m’adapter à Édouard-Montpetit. Je sens que ça m’affecte encore. Je suis facile d’approche mais là-bas, j’ai eu de la difficulté à me faire des amis. C’est très multiculturel et les cercles étaient très fermés. En plus, l’école est entourée de grillage. Il y a des agents de sécurité partout. Ça ressemblait à une prison. Ce n’était pas motivant.»

Dali erre seul. Il vit quelques beaux moments qu’il ne peut partager avec des amis. Il trouve son plaisir en animant une émission de radio étudiante le midi, une fois par semaine: que du hip-hop québécois pendant une heure.

Puis, il y a ce spectacle où il fait la première partie du groupe réputé L’Assemblée. Mais ces moments de réjouissance, ces victoires personnelles sont insuffisantes. Dali frôle la dépression. Il termine son année scolaire qui équivaut à un secondaire 3. Il a 18 ans et il ne peut retourner à Édouard-Montpetit. «De toute façon, je n’en avais pas envie. Au Lac Saint-Jean, si tu as de l’intérêt pour quelque chose, c’est facile de se faire des amis. Mais à l’école, je n’étais pas capable.»

Dali décide de s’inscrire à l’école aux adultes, à Hochelaga-Maisonneuve, pour terminer son secondaire. «Ça été moins pire. Mais je n’ai pas aimé ça. Je n’ai pas avancé. Il n’y a pas de professeurs, tu dois faire tes travaux toi-même. Je n’en étais pas capable. J’ai besoin d’être motivé par les enseignants. J’ai décroché.» Dali a 19 ans. Pendant cette année, il côtoie des adultes de tous âges. Certains se passionnent pour le rap. Mais personne pour se lier d’amitié avec lui. Le rappeur reste seul dans son coin, seul avec sa passion qui le dévore. Il assiste à tous les spectacles de hip-hop, travaille sur une démo de 18 chansons qu’il tente de vendre. Il parvient même à enregistrer une chanson sur une compilation d’artistes lancée par L’Assemblée qui encourage la relève. L’album Bouche à oreille, vol.5, est offert gratuitement sur le web.

Fuite au Lac Saint-Jean

raper-dali-lac-st-jean-rap-region-hip-hop-rappeur«Mon but, quand j’allais à des spectacles, c’était de me faire des contacts pour booker des shows. Pour en faire partie. Mais à Montréal, il y a plusieurs rappeurs dans un spectacle. Tu es un parmi plusieurs.» Dali participe à quelques shows mais trouve difficile de se faire une place. Après deux ans d’effort pour s’intégrer à la vie montréalaise, il capitule et retourne au Lac Saint-Jean où il sent un lien d’appartenance.

«Il y avait des ouvertures pour des spectacles, au Lac. Avec internet, j’avais envoyé mes chansons. J’existais là-bas. Les portes s’ouvraient aussi pour le Saguenay. Ça me motivait pour vendre mon CD. Je voulais organiser des spectacles, faire des premières parties d’artistes reconnus. Pour moi, je déménageais à Alma pour de bon.»

Son arrivée lui donne raison. Il obtient une certaine reconnaissance grâce à son implication sur l’album compilation Bouche à oreille, vol.5. Il est le gars du Lac Saint-Jean qui a travaillé avec un groupe connu et apprécié. «Ça m’a motivé. J’avais l’impression que je faisais une différence. Je n’étais plus un inconnu dans une jungle comme à Montréal. J’aidais, moi aussi, les autres pour qu’ils progressent dans leur carrière.»

Après 3 mois à Alma, Dali repart. Lui qui pensait s’y accrocher les pieds retourne à Montréal chez son père. «J’avais un coloc qui aimait pas mal faire le party. Je n’y étais pas habitué. J’ai toujours habité avec mes parents. Il fallait que je déménage. Plutôt que de me trouver un autre appartement, j’ai choisi la voie facile. Je suis retourné vivre avec mon père.» Dali assure qu’il ne quittait pas sa patrie désillusionné. «Ça marchait correctement. Ça allait comme je le voulais», dit-il d’un ton impassible.

À Montréal, Dali reprend sa routine. Il écrit des chansons, assiste à des spectacles de rap et fait du démarchage pour performer dans des shows. Il anime une émission à CHOQ.FM, la radio de l’Université du Québec à Montréal, ce qui lui permet d’interviewer les artistes connus et émergents de la culture hip-hop. Dali parfait ses connaissances. «Je trouve que les régions sont influencées par Montréal et Québec. Dans la métropole, les jeunes écoutent davantage ce qui se fait à l’étranger que chez nous. L’Assemblée, Sans-Pression, c’est beaucoup plus fort en région. Les gens sont plus fiers de leur culture. Ils ont un lien d’appartenance.»

L’amour du Québec
rap-rapper-musique-hip-hop-dali-lac-st-jean-region

Son cœur est resté au Lac Saint-Jean. La jungle urbaine n’est pas faite pour lui. «Il y a trop de rappeurs à Montréal. C’est plus facile en région. C’est la même chose pour vendre des CD. À Montréal, c’est un projet parmi tant d’autres. Au Lac, il y a un intérêt, une fierté. Mon but, c’est de représenter le Lac Saint-Jean à travers le Québec. Parce que je suis un fan du Québec. C’est mon pays. Dans ma tête et dans mon cœur. Ce n’est pas une question politique. C’est dans mes valeurs.»

Dali encourage et achète ce qui est québécois. «Je mets mon argent ici pour faire rouler nos artistes. Pour faire avancer notre communauté à nous. C’est pour ça que j’achète des vêtements québécois de marque urbaine. Mes restos, mes films, mes CD, c’est du québécois.»

Pour la suite de sa carrière, Dali voit grand. «L’amour du Québec, je veux qu’il soit fort. Je veux que chaque région soit épanouie artistiquement. Que chaque région ait ses artistes hip-hop. Au Saguenay Lac Saint-Jean, il y a une relève. Mais je ne pense pas que quelqu’un va travailler assez fort pour représenter la région. Je veux pousser ma carrière et, en même temps, développer la relève en organisant des spectacles, en enregistrant des CD.»

À 23 ans, Dali en est à son 3ème CD. Il a mis certaines de ses chansons sur Youtube dans l’espoir de se faire connaître, de créer un intérêt. Il offre un téléchargement gratuit. L’album est un outil promotionnel pour qu’à moyen terme, il y ait une demande lui permettant d’enregistrer un album qui sortirait, comme Dubmatique et L’Assemblée, à travers la province. Dali veut faire entendre sa voix. Il veut promouvoir le Lac Saint-Jean comme Samian et Anodajay l’ont fait pour l’Abitibi. Il veut sortir du lot, de l’anonymat.

Rapper son rêve

Au sein de la communauté hip-hop, Dali est un rappeur parmi tant d’autres. Mais quand il sort de son milieu, il se sent différent. «Du point de vue de la société, je ne me sens pas à la même place que les gens de mon âge. Ils ont des emplois, des appartements, des chars, des blondes. Je sens l’impact de la société: je ne suis pas au même endroit que la société. Mais quand je m’écoute, je me dis que je n’ai pas besoin de tout ça pour être heureux. Ce que je veux, c’est m’épanouir artistiquement. Sentir que mes projets avancent. Me faire connaître. J’écris au quotidien et je fais la promotion de mes chansons sur Internet. Grâce aux réseaux sociaux, j’essaie d’avoir le plus de visibilité possible.»

Dali n’a pas encore accompli son rêve. Il a vécu longtemps le rejet. Mais au moins, il a un rêve et il travaille à tous les jours pour le réaliser. C’est peut-être ça, sa différence.

Les trois reportages sur le rappeur Dali

Autres textes sur Bistro le Ste-CathRestaurant

Autres textes sur le Rap

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

show_imageOpération Graffiti

Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant souper spectacleUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes. Plus de 260 spectacles gratuits sont présentés annuellement.

4264, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec, H1V 1X6.  www.stecath.com.  

Breakdance Call Out

Quoi voir et quoi faire ce week-end?

Call-Out: B-Boy and B-Girl battles

Call Out est un événement de battles de breakdance organisé par Johnny Skywalker. Plusieurs compétitions entre B-boys et B-girls. Le public décide des gagnants.

Raymond Viger | Dossiers Hip-hop, Culture, Break-dance

call out flyer[1] Pour le prochain Call-Out, Johnny Skywalker nous a préparé des battles de Krumping, Popping, Electro. Le Dj sera DJ Neekikilla et votre maître de cérémonie, Oktofoot

Call Out sera présenté le 16 avril 2011 à 19:00 heures au Urban Element 910 Jean-Talon est.

Autres textes sur Lazy Legz

Pour informations, Café-Graffiti: (514) 259-690

Autres textes sur Breakdance

Autres textes sur le Graffiti

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

show_imageOpération Graffiti

Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel  

Graffiteur international à Montréal

Importation de graffiteur Suisse

Mark, le graffiti et le social

Mark est originaire de Suisse. Très jeune, il est initié à l’art du graffiti et s’ouvre à la culture hip-hop. 20 ans plus tard, il épouse plus que jamais les valeurs de ce milieu qui l’a fait voyager de par le monde. Il porte un nouveau regard sur cette philosophie de vie qui a évoluée avec les générations.

Dominic Desmarais | Dossiers Graffiti, Hip Hop, Sterling Downey

graffiteur suisse graffiti montréal hip hopAvec sa casquette, son long toupet qui s’incline sur le côté pour laisser de l’espace à ses yeux rieurs, Mark ne paraît pas ses 33 ans. Graffer depuis l’âge de 13 ans, il a voué sa vie à une culture qui lui a tant donné: le hip-hop. Attiré par le dessin depuis sa plus tendre enfance, le jeune homme ne se doutait pas que l’art lui procurerait un mode de vie.

Graffiteur Suisse amoureux du Québec

Mark découvre la belle province en 1999. Habitué des tournées européennes de graffiti qui le mènent en Allemagne, en France, en Espagne et en Angleterre, il débarque au festival Under Pressure à la demande d’un gros commanditaire qui lui paie le voyage. Il peint des fresques lors de l’événement et, plutôt que de repartir deux semaines plus tard, il s’incruste un mois de plus. L’ambiance de la culture hip-hop québécoise le galvanise. «J’ai fait un saut dans le temps. Ça ressemblait à nos débuts, en Europe. L’intérêt des médias, de la publicité pour le graffiti, le hip-hop… J’arrivais à un moment où il y avait une dynamique incroyable!»

Le Suisse aime tant le contact avec les artistes québécois qu’il décide de revenir, à ses frais, l’année suivante. Sterling Downey, l’organisateur de la convention graffiti Under Pressure et graffer de la première heure, lui ouvre les portes de son réseau. «Il m’a dirigé vers les personnes influentes. Les boutiques de linge, le milieu du graffiti. Il a un énorme réseau! Ça m’a permis d’aller peindre des murales avec d’autres artistes!»

Grâce à l’ouverture de Sterling Downey, Mark peut assouvir sa passion. «C’est enrichissant de voir d’autres artistes internationaux. Moi, quand je fais une fresque, je suis rarement seul. J’aime partager avec un autre, dans un autre pays, avec des gens de styles différents, qui ont une expérience de vie différente. L’échange est valorisant. Au niveau de la langue, de la culture. Le graffiti est très international. C’est là son énorme pouvoir social.»

Mark utilise le graffiti comme une façon de voyager, de fraterniser. Grâce aux médias, à Internet, il apprend à connaître des artistes d’un peu partout sur la planète. «En 3 courriels, si je veux aller en Australie, je peux être hébergé par d’autres graffers. Il y a un lien. On a ça en commun.»

Mark, à travers les œuvres des autres artistes qu’il n’a jamais rencontrés, peut voir s’ils épousent, comme lui, les valeurs de sa culture. Comme il l’a vécu avec Sterling Downey. «La base du hip-hop, c’est de changer le négatif en positif. Au lieu d’aller dans la criminalité est venue l’envie de faire un battle de rap ou de danse. La grosse valeur du hip-hop, c’est le respect. Même si certains l’oublient. Dans le graf, il y a des codes. Mais les jeunes ne les respectent pas. Sterling Downey aimerait les éduquer. Je le comprends. Mais de par mon expérience, je sais que certains jeunes n’en ont rien à foutre.»

Des ados qui se cherchent

Mark a constaté que le graffiti est un art qui rejoint les adolescents qui s’y adonnent quelques années. «Tu commences quand tu es jeune, dans la période où tu te cherches. Vouloir transgresser les règles ou d’en créer soi-même, vient à cet âge. Il faut en être conscient. Je ne dis pas de le cautionner. Certains font des murales, d’autres des tags. Certains vont respecter les autres, mais pas tous. Même s’ils font partie du même milieu. À cet âge, on cherche à socialiser, à appartenir à un groupe. Les jeunes suivent des modes et celles-ci changent. Ce n’est pas grave. Le hip-hop des années 2000 n’est pas le hip-hop des années 1980 qui a créé une contre-culture pour revendiquer. Ça évolue, à l’image de la société.»

Le graffiti fait partie de la culture hip-hop mais Mark le considère différent du rap, du breakdance, des MC, DJ, des skaters et du slam. «Historiquement, le graffiti vient avant le hip-hop. Il s’y est assimilé mais comme un électron libre. C’est la seule composante de cette culture qui peut créer des problèmes. Tu n’iras pas en prison parce que tu danses ou que tu chantes. Le graffiti est un art marginal, qui attire des jeunes qui veulent se distinguer dans leur milieu. C’est long et difficile d’éduquer le public. Nous les graffers, nous sommes assimilés à des vandales. Mets un public devant une murale graffiti ou peinte normalement, il va la voir comme un acte de vandalisme. C’est comme ça que le public reçoit le message du graffiti : des jeunes à problèmes, qui se droguent, qui sont violents. Bien sûr que la violence chez les jeunes existe. Mais vient-elle du graffiti? Du hip-hop? Moi, je connais des jeunes qui font du graffiti. Mais leur finalité, c’est la violence gratuite. Leur trip, c’est de casser des vitres. C’est dans la démarche artistique et personnelle du jeune qu’on peut remarquer s’il s’intègre à la culture ou pas.»

Du hip-hop communautaire

La culture du hip-hop, telle que vécue au Québec, faciliterait l’intervention auprès des jeunes. «Ici, il y a une intervention collective et communautaire. Ce qu’on retrouve peu en Europe. La convention graffiti Under Pressure met de l’avant et regroupe toutes les composantes du hip-hop. Chez nous, les gens ne se mélangent plus trop. Au Québec, les jeunes peuvent comprendre qu’il n’y a pas qu’eux. Ils s’ouvrent aux autres, aux modes d’expressions différents des leurs. C’est une façon de les éduquer», affirme-t-il en répétant comprendre la volonté de Sterling Downey de sensibiliser la jeune génération qui gravite dans le milieu hip-hop.

L’implication des plus vieux, Mark y croit. Il le vit. «Une des valeurs du hip-hop, c’est de transmettre aux plus jeunes. Le graffiti, c’est un acte où tu parles de toi. Tu t’exprimes. Tu le fais pour toi. Alors ce n’est pas tous les jeunes qui vont redonner à la culture. C’est comme dans la société. On n’invente rien. Pour moi, c’est une philosophie de vie. Je me suis construis là-dessus: solidarité, expression, transmission de valeurs, éducation.» Ce n’est pas pour rien que le graffiti a mené Mark au travail social, en Suisse. Il peut suivre les valeurs apprises depuis sa tendre adolescence.

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti: (514) 259-6900

Autres textes sur le Graffiti

Autres textes sur International

    L’amour en 3 dimensions

    l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

    Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

    Le livre est disponible au coût de 19,95$.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Autres livres pouvant vous intéresser

    %d blogueurs aiment cette page :