Les conséquences de l’intimidation

Intimidation et cyberintimidation

Les conséquences

L’intimidation en milieu scolaire est un problème connu au Québec, et largement médiatisé. On pense souvent qu’il s’agit de violence physique entre différents enfants, mais le problème va loin, car l’intimidation peut prendre de nombreuses formes.

Louise Marchand dossiers Intimidation

cyberintimidation-web intimidation taxage violence jeunes écoleLorsque l’on parle d’intimidation, on pense spontanément aux cas où un enfant ou un groupe d’enfants en malmènent un autre, en faisant preuve de violence physique: coups, bousculades à répétition… Mais d’autres formes de violence sont employées par les intimidateurs. La violence physique est la plus exposée, car elle est visible. Une bagarre attire généralement l’attention des autres enfants, ou du personnel de l’école. La violence physique est également celle qui choque le plus, d’où sa médiatisation.

Mais certains enfants sont victimes d’autres formes de violence. La violence verbale, comme les insultes à répétition par exemple, peut faire autant de mal qu’un coup. Certains enfants se trouvent dans des situations dans lesquelles ils sont quotidiennement insultés, rabaissés par un ou plusieurs de leurs camarades. Et les menaces sont également une forme de violence.

Autres formes

Au-delà de la violence physique ou verbale, il existe d’autres formes d’intimidation, dont les conséquences sont tout aussi dramatiques. Certains enfants sont victimes d’harcèlement: ils sont quotidiennement la cible de moqueries, de taxage, ou de vols… Sans recevoir de coups, ils peuvent se retrouver dans des situations de grande détresse.

Une particularité de l’intimidation est que l’enfant intimidé se retrouve isolé. Dans certains cas, les intimidateurs créent cet isolement en propageant des rumeurs pour écarter les amis du jeune.

Cyberintimidation

La forme la plus récente d’intimidation, utilisant Internet, alors même que les enfants sont de plus en plus connectés, via les réseaux sociaux. Les intimidés reçoivent des messages insultants, des menaces, des moqueries par courriels, ou par message instantané. Bien que cela soit possible de se faire insulter par des inconnus, les victimes de cyberintimidation connaissent en général leurs intimidateurs, voire elles le côtoient à l’école. Sur les réseaux sociaux ou les blogues, les messages haineux peuvent être vus par un grand nombre de personnes, et peuvent provoquer un sentiment d’humiliation chez l’intimidé. L’intimidation dépasse alors les frontières de l’école et s’invite dans l’espace privé.

Conséquences

L’intimidation ne se résume donc pas à la seule violence physique, et ses conséquences peuvent être variées. Les cas de suicides d’enfants ou d’adolescents intimidés ont été particulièrement médiatisés. Sans parler de conséquences aussi extrêmes, les effets de l’intimidation sont nombreux. La détresse que cause ce genre de situation peut mener certains enfants au décrochage scolaire. Non seulement ils ne veulent plus aller à l’école, mais certains développent des troubles de la concentration, ou de l’anxiété, ce qui empêche leur réussite scolaire.

Les dégâts causés par l’intimidation ont également des conséquences à plus long terme. Un enfant intimidé peut développer des troubles mentaux comme de l’anxiété, de la dépression, ou des troubles alimentaires (davantage chez les filles). En devenant adultes, ils peuvent conserver une mauvaise estime d’eux-mêmes, et peuvent présenter un handicap tout au long de leur vie.

Si tu es victime d’intimidation, la meilleure chose à faire est d’en parler à un adulte en qui tu as confiance, et qui pourra t’aider. Si tu ne veux pas en parler à tes parents ou à quelqu’un de ta famille, cette personne peut être quelqu’un de ton école : un professeur, une infirmière, un psychologue scolaire…

À l’extérieur de ton école, il existe des organismes à Montréal qui peuvent t’aider. Tu peux te rendre dans un Centre de Santé et de Services Sociaux (CSSS) près de chez toi, où des professionnels (infirmier(e)s, psychologues…) pourront t’aider.

L’intimidation est illégale, tu peux donc te rendre dans un poste de police près de chez toi. Si tu ne peux pas te déplacer, tu peux appeler des services tels que Jeunesse J’écoute ou Tel-Jeunes. Leurs intervenants répondent 24h/24, 7j/7 et te donneront des conseils pour t’aider. Ils ont également des sites Internet où tu peux écrire des messages auxquels ils répondront.

Toutes ces ressources ne sont pas réservées aux victimes d’intimidation. Si tu es témoin d’intimidation et que tu veux aider la victime, parles-en à quelqu’un. Si tu es un intimidateur et que tu veux arrêter, n’hésite pas à contacter un des organismes, car ils peuvent t’aider.

Tel-Jeunes :
1-800-263-2266   teljeunes.com

Jeunesse J’écoute :
1-800-668-6868   jeunessejecoute.ca

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Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Internet : l’intimidation à la maison

Cyber-intimidation

L’encadrement parental

Si jusqu’à récemment, l’intimidation ne franchissait pas les portes de la maison, Internet a fait voler en éclats cette barrière.

Éléonore Genolhac dossiers Intimidation,

Cyberintimidation-internet-maison-contrôle-parentalAujourd’hui, les enfants victimes d’intimidation le sont en permanence. Nous avons tous en mémoire les cas dramatiques d’adolescents mettant fin à leurs jours, car victimes de cyberintimidation.

Mais parce que l’école ne peut pas être la seule à lutter contre ce fléau, les parents doivent apprendre à accompagner leur enfant à l’heure du tout numérique.

Génération connectée

Martine est la maman d’un garçon de 6 ans, Arthur, une adorable tête blonde, mais qui comme de nombreux autres enfants de son âge, une fois l’école terminée, se rue sur l’ordinateur familial.

Arthur fait partie de cette génération née avec un ordinateur au bout des doigts, un pur natif numérique selon le terme du sociologue Mark Prensky. Preuve en est, du haut de ses 3 pommes, l’enfant sait se servir de sa console de jeu vidéo, de l’ordinateur et du vieil iPhone de sa mère.

Écran comme gardienne

L’Association canadienne des pédiatres préconise pourtant de ne pas laisser un enfant jouer plus de 30 min par jour devant un écran avant ses 7 ans. Beaucoup de parents aimeraient respecter cette recommandation, mais tout le monde court après le temps. L’écran a cette fabuleuse fonctionnalité d’occuper l’enfant et de le tenir tranquille.

Il est important de trouver un juste milieu entre l’écran et le temps en famille. La solution n’est pas dans l’interdiction, mais dans l’éducation qu’il faut en faire, affirme Thierry Plante, spécialiste en éducation aux médias chez Habilo Medias.

Modèle parental

Au moment de l’enfance, jusqu’aux alentours de 11/12 ans, les parents sont perçus comme des modèles. Le comportement qu’ils ont est celui adopté par l’enfant et leur usage d’Internet va l’influencer. Si très tôt l’enfant comprend qu’il y a des règles à respecter, qu’il ne peut pas tout dire sous prétexte que l’écran le protège, il y a fort à parier que plus âgé, il fera plus attention à ses propos.

Thierry Plante confirme qu’il existe «une corrélation positive entre le fait d’avoir des règles sur Internet et le comportement des jeunes quand ils surfent.» Car, les nouvelles technologies empêchent les signes de communication non verbale (gestes, expressions faciales…) qui représentent 70% du message, et en conséquence diminuent l’empathie. Il est plus facile d’être méchant derrière son écran.

Confiance

Il serait illusoire de penser pouvoir maîtriser l’utilisation des nouvelles technologies. À cet âge, l’ordinateur familial a cédé sa place au téléphone intelligent ou à la tablette, sur lesquels l’adolescent peut se connecter quand il le veut. Il est primordial d’installer un lien de confiance avec l’adolescent et de l’entourer, même s’il veut voler de ses propres ailes.

Il existe une multitude de réseaux sociaux, Facebook et Twitter étant les plus connus, et les parents peuvent vite se sentir dépassés. Mais s’il n’est pas nécessaire de les connaître dans le détail, il faut néanmoins que les parents cherchent à s’y intéresser, déclare Gaston Rioux, président de la Fédération des parents du Québec. Les parents ne doivent pas chercher à poser de jugement, mais s’efforcer à comprendre ce qui occupe leurs enfants.

Réseau à risque

Il existe des réseaux sociaux qui effraient plus que d’autres. Notamment Ask.fm. Basé en Lettonie, Ask.fm est un réseau social où chaque utilisateur reçoit des questions d’autres utilisateurs, qui peuvent être anonymes. Ce site a été largement critiqué en raison du cyberharcèlement qu’il peut provoquer. Le Premier ministre anglais David Cameron a lui-même appelé au boycott de ce site, responsable selon lui du suicide de 4 adolescents au Royaume-Uni en 2013.

Pour Thierry Plante, la solution n’est toujours pas dans l’interdiction, même s’il reconnait la dangerosité d’un tel réseau. Là encore, il insiste sur la nécessité d’avoir des discussions régulières avec son jeune, sur ce qu’il fait et où il va sur Internet.

Surveillance

Pour le spécialiste en éducation, il vaut mieux discuter et non interdire. S’il ne condamne pas l’utilisation de logiciels de contrôle parental, il invite à beaucoup de prudence à leur égard. «Si la surveillance est opérée à l’insu du jeune, cela risque d’avoir de lourdes répercussions et de briser le lien de confiance qu’il a envers ses parents», dit-il.

À cette forme d’espionnage, une solution pragmatique basée sur la confiance peut être privilégié. Thierry Plante préconise la création d’une tirelire à mots de passe: l’adolescent donne l’ensemble de ses mots de passe à ses parents, qui ne les utiliseraient qu’en cas d’urgence, si l’adolescent exprime un malaise face à une situation.

Un parent ne pourra jamais s’assurer de tous les agissements de son enfant. C’est pourquoi, et plus que jamais, l’enfant doit avoir confiance pour qu’il sache qu’il n’est pas seul, et qu’il peut librement en parler avec ses parents. Avant que les choses ne se gâtent.

Logiciels de contrôle parental

Il en existe 2 catégories : ceux de filtrage et ceux de surveillance.

Dans le premier cas, il s’agit de programmes qui interdisent l’accès à différents contenus définis par les parents (pornographie, violence…). Un tel dispositif est disponible dans les nouveaux systèmes d’exploitation (Windows Vista, Mac OS X …)

Dans le deuxième cas, il s’agit de logiciels espionnant l’utilisation d’Internet par l’enfant. Ces programmes agissent comme des mouchards.

Certains vont aller loin en enregistrant les saisies sur le clavier, les mots de passe, et prendre des captures d’écran… le tout envoyé régulièrement sur une adresse courriel. Les concepteurs arguant que c’est le devoir des parents de protéger leurs enfants.

S’il est recommandé l’installation de filtres parentaux pour garantir une connexion sûre au jeune public, il est déconseillé d’avoir recours à la seconde catégorie qui est de l’espionnage et mettrait en danger la relation parents-enfants.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Maintenant disponible en anglais: Love in 3 D

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Intimidation, cyberintimidation, taxage et agressions

Comment survivre à l’école aujourd’hui

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Le triste et malheureux suicide de Marjorie Raymond, de l’école Gabriel-Le Courtois à Ste-Anne-des-Monts ouvre, encore une fois, un débat sur un sujet sensible. Intimidation à l’école, intimidation sur l’Internet, taxage, agressions, suicide des jeunes…

Raymond Viger Dossier Taxage et intimidation

Depuis plusieurs mois, nous recevons de nombreuses demandes à Reflet de Société pour des reportages sur l’intimidation.

Nous avons affecté notre journaliste Dominic Desmarais pour couvrir le sujet, de faire le tout de la question. Le dossier devrait pouvoir être publié dans le numéro de février prochain.

Un reportage qui n’est pas une fin en soi, mais le début d’une réflexion à compléter.

Si vous avez vécu de l’intimidation, de la cyberintimidation ou une agression quelconque, à l’école ou dans tout autre lieu, vous pouvez nous laissez un commentaire, un témoignage qui nous permettra d’alimenter ce débat que nous allons amorcer.

Si vous avez une opinion ou un commentaire sur l’intimidation qui est vécu dans les écoles ou encore sur l’Internet, n’hésitez pas à nous la partager.

Merci pour votre participation et votre implication.

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Intimidation, violence à l’école et conduites agressives des jeunes

Jeune, intimidation et taxage

Maxime Collard, Isabelle Marchand et l’intimidation à l’école

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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