La prostitution mise à nue

Dossier prostitution

L’imposture, documentaire sur la prostitution

«L’imposture», un documentaire réalisé par la cinéaste engagée Ève Lamont.

Annabelle Bouanchaud Dossier Prostitution

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-lc3a9galisation-prostitutionDès mon entrée en salle, j’ai été agréablement surprise par l’hétérogénéité du public: femmes, hommes, jeunes et personnes âgées étaient présents. Ève Lamont commence par expliquer, avec émotion, le contexte du documentaire pour lequel elle a rencontré plusieurs femmes, d’âges et de cultures différentes, à travers tout le Québec. Elle souligne que chacune d’entres elles «avaient beaucoup de courage. Généralement les femmes ayant fait de la prostitution ont des difficultés à en parler».

J’ai été saisie par l’émotion de ces femmes, par leur sincérité troublante et leur courage. Ces femmes démontrent avec authenticité les difficultés, la pauvreté et la solitude auxquelles elles doivent faire face, même après être sorties de la prostitution. Une grande finesse se dégage de chaque scène. L’envers de la prostitution est brutalement mis à nue.

Survivre

Ces femmes luttent quotidiennement pour survivre alors que, paradoxalement, l’industrie du sexe se fait beaucoup d’argent avec leurs services sexuels. Elles subissent des dégradations morales et physiques importantes: «la première fois, j’ai tué quelque chose de mon âme, quelque chose de profond», témoigne une ancienne prostituée. La prostitution est un véritable fléau social.

L’étincelle s’est éteinte dans la plupart des cœurs de ces femmes. Le milieu les tue à petit feu: «À chaque jour que tu fais ça, l’ambition d’être quelqu’un, d’avoir un avenir… s’éteint». Le milieu de la prostitution a un véritable impact sur leur identité: «ce n’est pas un travail, c’est un mode de survie qui nous tue au lieu de nous aider».

Elles doivent apprendre à se faire une carapace, à se dissocier de leur corps au risque d’en perdre la sensibilité du toucher. Une femme expliquait que «dans le monde du sexe, il n’y a pas de limites, plus les hommes donnent de l’argent, plus il faut leur en donner». C’est un cercle vicieux dont il est difficile de se défaire. La consommation de drogue et d’alcool n’arrangent rien et solidifie ce cercle destructeur.

Si la prostitution est le travail le plus vieux du monde, est-ce une raison de le légitimer? Devons-nous accepter qu’un tel travail ait cet impact sur des personnes vulnérables?

En fait, la prostitution n’est un travail que parce ce que des clients l’exigent. Ceux-ci sont rarement pointés du doigt ou incriminés, contrairement aux femmes que l’on accable si facilement.

La prostitution un choix?

La prostitution «ce n’est pas un choix» mais plutôt un manque de choix. Lorsqu’une femme se retrouve en situation de grande précarité, avec ou sans enfants, la notion de survie (nourriture, logement, soin…) la mène à gagner l’argent facilement. Ce manque de choix la conduit vers l’industrie du sexe.

Un grand nombre d’entre elles ont été victimes d’abus sexuel. Est-ce acceptable que ces femmes vulnérables n’aient pas d’autres solutions? La société doit réorganiser ses politiques sociales et s’équiper de programmes pour aider de façon efficace et pragmatique ces femmes aux prises avec de grandes difficultés.

Après le visionnement, un débat s’organise avec le public. La réalisatrice y participe ainsi que quatre panélistes: Julie Miville-Deschênes, présidente du Conseil du statut de la femme du Québec, Maria Mourani, députée d’Ahuntsic et porte parole du Bloc Québécois en matière de justice, de sécurité publique, d’environnement, de transport et de condition féminine, Stéphanie Charron de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) et Justine, une survivante de la prostitution.

Décriminaliser la prostitution

Le documentaire permet de mieux comprendre l’importance de la décision du 26 mars 2012 de la Cour d’Appel de l’Ontario. Selon la revue Prostitution et Société, la décision «reconnaît que la prostitution est toujours dangereuse en soi mais opte pour la décriminalisation des maisons de débauche. Elle maintient en revanche l’interdiction de la sollicitation dans la rue. En clair, les bordels sont légitimés. D’autant plus que le racolage dans la rue reste interdit. La prostitution devra donc être cantonnée derrière des murs».

Les panélistes en viennent à se poser la question suivante: est-ce vraiment plus sécuritaire? Légaliser les maisons closes viendrait à «rendre invisible la violence faite aux femmes et décriminaliser le comportement des clients» expliquent-elles.

Justine démontre par son courage et sa détermination, qu’il est possible de sortir de cet enfer. Sa vie a pris un tout autre chemin lors de la naissance de son enfant: «tu vois tout différemment, la musique, la télévision… Tu te bats».

Chaque femme devrait avoir la possibilité de retrouver le contrôle sur sa vie et la force de s’aimer pour ne plus se détruire. Stéphanie Charron souligne à plusieurs reprises le courage et la force de ces femmes.

Projet de loi

Sur le plan politique, Maria Mourani a présenté son projet de loi visant à lutter contre la traite et le proxénétisme en imposant des peines plus sévères. On peut régler le problème en profondeur en s’attaquant directement aux consommateurs du sexe, même hors des frontières canadiennes (législation extraterritoriale) afin d’aider les immigrantes forcées de se prostituer.

Il est important de rappeler qu’il y a un vide politique manifeste sur ce sujet. Il n’existe pas réellement de politique sociale pour lutter contre la prostitution, permettant à ces femmes vulnérables d’être aidées et soutenues dans leur combat. Une thérapie pour lutter contre la drogue et retrouver une vie sexuelle normale, des groupes d’entraide avec des pairs… devraient leur être proposés afin de leur permettre de se réinsérer socialement et professionnellement. Pour expliquer ce manque de moyens, il faut voir le laisser-faire de l’industrie du sexe et la banalisation de la violence sexuelle sous toutes ses formes.

La prostitution est une véritable problématique sociale au Canada. Il est important de rappeler la difficulté à laquelle doivent faire face les prostituées lorsqu’une action en justice est lancée. Devant la difficulté à trouver des preuves et parce qu’elles ont peur de la violence de leurs proxénètes et de l’inefficacité de la justice, elles préfèrent se taire.

Il est grand temps de prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène sociétal.

À en juger par les réactions du public, l’œuvre d’Ève Lamont s’avère être un «coup de poing» social empreint d’émotion et de sincérité à l’état brut, grâce aux témoignages de ces femmes courageuses!

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

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Stéphane Rousseau, prostitution et bar de danseuses nues

Devant Isabelle Racicot et Maxime Martin

Légalisation du pot et de la prostitution

Raymond Viger  Dossiers Prostitution, humoriste

Stéphane Rousseau humoriste humour spectacle showVendredi dernier, Stéphane Rousseau est l’un des invités de l’émission, Ça fini bien la semaine, animé par Isabelle Racicot et Maxime Martin.

On y apprend que Stéphane Rousseau a débuté ses spectacles d’humour dans les bars de danseuses nues à 13 ans.

Stéphane Rousseau glisse rapidement une phrase l0urde de conséquences:

Je suis en faveur de la légalisation du pot et de la prostitution.

L’impact de la légalisation de la prostitution

Je suis attristé quand des vedettes lancent de telles phrases sans autre débat, sans que leurs idées ne soient confrontées.

En tant qu’interventant social, comme la majorité des intervenants terrains, je suis en faveur de la légalisation d’une drogue comme le pot. En se basant sur les avantages sociaux de légaliser le pot, il est facile d’extrapoler et d’arriver à la conclusion qu’il faille aussi légaliser la prostitution.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionC’est ce que j’ai pensé dans mes premières années d’intervention. Jusqu’à ce que je réalise que lorsque nous légalisons une drogue, nous mettons un produit sur une tablette. Nous évitons de criminaliser un être humain qui a établi une relation de consommation avec ce produit. La légalisation du pot vise la réduction des méfaits et de soutenir ceux qui auraient une relation difficile et souffrante avec le produit. Nous voulons en arriver à pouvoir soutenir le consommateur.

En légalisant la prostitution, le produit qu’on mettrait sur tablette est un être humain. Peut-on considérer un être humain comme un produit? C’est pourquoi la réflexion sur la légalisation de la prostitution doit être plus longue et plus profonde qu’une simple extrapolation de la légalisation du pot.

Stéphane Rousseau et la prostitution

Le vécu professionnel de Stéphane Rousseau dans les bars de danseuses nues est tout à son honneur. Même si ce ne sont pas toutes les danseuses nues qui se prostituent et que les danses à 10$ ont grandement diminuées l’écart avec la prostitution, le vécu professionnel de Stéphane Rousseau dans les bars de danseuses nues lui aurait permis d’avoir une sensibilité envers les prostituées. En lançant l’idée de légaliser la prostitution, j’ai eu l’impression que Stéphane Rousseau voulait les aider.

Sauf que, sans le savoir, il ne fait que le contraire. Et sa notoriété publique lui permet de détruire des années de travail de sensibilisation et d’information. Parce qu’un Stéphane Rousseau qui passe dans une émission comme Ça fini bien la semaine, a beaucoup plus de poids que celle d’un intervenant dans la rue.

J’ai envoyé un message à Stéphane Rousseau pour que nous puissions discuter ensemble de la légalisation de la prostitution. J’espère pouvoir le sensibiliser aux effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Disponible en anglais Love in 3 D.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009

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Prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Les enjeux de la prostitution

Dans le Journal de Montréal, Lise Ravary signe un texte sur les enjeux touchant la prostitution. Un débat qui ne cesse de revenir dans l’actualité depuis des décennies mais dont nous devrons éventuellement trancher.

Raymond Viger Dossiers Prostitution, Sexualité

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionSuite à l’essai de Réal Ménard de parker les prostituées d’Hochelaga-Maisonneuve sur un terrain vague pour y tolérer la prostitution, le 21 juin dernier, Lise Ravary, dans son blogue du Journal de Montréal, se positionne sur la légalisation de la prostitution.

Lise Ravary fait un excellent résumé de l’état de la situation. Des positions que nous décrions depuis des décennies. Les points soulevé par Lise Ravary ont déjà fait parti de nos écrits depuis longtemps. Il est intéressant qu’ils soient maintenant accessibles à un plus grand nombre. Mais je m’attriste que nous ayons à répéter si souvent et si longtemps les argumentaires pour en arriver à faire le débat social sur la prostitution.

Légaliser la prostitution?

Je suis toujours sidéré de lire des commentaires de gens qui pense régler facilement les conséquences désastreuses de la prostitution par la simple légalisation de la prostitution. Comme la légalisation de  l’alcool en 1919 ou encore du jeu en 1969, certains diront. Cependant, l’alcool et le jeu sont des produits et non pas des êtres humains. On ne peut pas mettre une personne qui se prostitue sur le même pied d’égalité qu’une bouteille de bière!

Les gens qui sont en faveur de la légalisation de la prostitution ne semblent pas lire les rapports provenant des pays qui l’ont fait. En Allemagne, seulement 1% des prostituées s’étaient enregistrées auprès de l’état! Mme Ravary souligne aussi très bien les augmentations du nombre de prostituées de rue provenant de la légalisation de la prostitution.

Témoignages de prostituées

En tant que travailleur de rue et intervenant, j’ai accompagné plusieurs prostituées dans leur cheminement. Si on légalise la prostitution, qu’est-ce qu’on fait avec la prostituée qui est malade physiquement ou psychologiquement? Aucune institution qui louerait les services de prostituées vont n’en vouloir. Ni le privé, ni l’état. Elles demeureraient encore une fois à la rue mais en devant se cacher et s’isoler encore plus.

Je suis aussi navré d’entendre quelques prostituées parler du  »travail du sexe » et de vouloir en faire un travail comme les autres. Ces quelques prostituées, qui disent parler au nom de toutes les prostituées, n’ont même pas le soutien de la majorité des prostituées de rue. Quelles sont leurs réelles motivation dans ce débat politique?

Illustration Mabi. Blogue de Lise Ravary.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

 Témoignages de Prostituées.

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Prostitution en plein jour: Hochelaga-Maisonneuve sur Facebook

Prostitution en plein jour: Hochelaga-Maisonneuve sur Facebook

Raymond Viger       Dossier ProstitutionSexualitéProstitution Hochelaga

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

prostitution-prostituées-légaliser-prostitution-bordel-legal-maison-close Depuis le mois de mars dernier, des parents d’Hochelaga-Maisonneuve ont créé une page Facebook pour dénoncer la prostitution de rue que l’on retrouve dans Hochelaga-Maisonneuve.

Le Journal de Montréal, sous la plume de Serge Labrosse en fait un reportage lundi et mardi dernier.

Pas sûr qu’on soit parti dans la bonne direction. Dans les commentaires, j’ai reconnu plusieurs personnes que j’ai croisé sur différents blogues, autant ici qu’ailleurs. Souvent les mêmes refrains qui sont repris depuis fort longtemps. Le dialogue exige un minimum d’ouverture d’esprit de part et d’autres. Le dialogue exige aussi de l’écoute et de l’ouverture d’esprit.

Prostitution de rue et “La” prostitution

Le débat débute avec la question de la prostitution de rue dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve. Rapidement, on parle de légaliser la prostitution, de l’encadrer. Si vous étiez le tenancier d’un bordel, même légal, est-ce que vous engageriez les prostituées de rue du quartier  d’Hochelaga-Maisonneuve ou si vous voudriez en engager de nouvelles? Est-ce que cela va vraiment régler la prostitution de rue d’Hochelaga-Maisonneuve? Est-ce que cela va améliorer les conditions de vie des prostituées de rue d’Hochelaga-Maisonneuve?

Certains parlent de prostitution en général et en font un débat politique. D’autres parlent de la prostitution de rue de la rue Ste-Catherine dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Des gens parlent de leur cause sans écouter celle de l’autre. Pas vraiment un dialogue, mais plutôt deux monologues qui s’entrechoquent.

Malgré tous les textes déjà écrits, malgré tous les commentaires reçus, nous sommes à réécrire l’histoire, toujours la même histoire.

Suite de la prostitution de rue Hochelaga-Maisonneuve sur Facebook.

Autres textes sur la Prostitution et Sexualité.

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Pour ou contre la légalisation de la prostitution: Décriminaliser l’industrie de la prostitution ou la prostituée?

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Décriminaliser l’industrie de la prostitution ou la prostituée?

Raymond Viger         Dossier Prostitution et Sexualité.

Que ce soit Marie-France Bazzo sur Télé-Québec à l’émission Il va y avoir du sport ou encore Denis Lévesque à TVA, les médias nous ont régulièrement servi ce débat un peu réducteur.

Richard Martineau et Stella

On appelle le Franc-tireur Richard Martineau et on l’associe avec l’organisme Stella pour former le clan des Pour la légalisation de la prostitution. Pour leur faire face, le clan des Contre la légalisation de la prostitution, on retrouve des chercheurs abolitionnistes tels que Yolande Geadah ou encore Richard Poulin, membre de la coalition des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLÉS).

Un drôle de débat. D’un côté on se limite à deux positions extrêmes: pour ou contre la légalisation de la prostitution. Pourtant il y existe la décriminalisation de la prostitution. Mais on n’en parle pas. Du côté de Stella, on veut une décriminalisation complète de la prostitution: la personne qui se prostitue, le client, le proxénète, la maison de débauche et toutes les activités reliées à la prostitution. Du côté de la Coalition, leur position est une décriminalisation de la personne qui se prostitue sans décriminaliser le restant de cette industrie.

Confusion des genres

Pouvez-vous m’expliquer comment se fait-il que Stella, qui est contre la légalisation de la prostitution se retrouve aux côtés de Richard Martineau dans le clan des pour la légalisation? Malgré que Stella et la Coalition ont des finalités très différentes, les deux groupes ont deux points énormes en commun: ils sont premièrement contre la légalisation de la prostitution et, deuxièmement, ils sont en faveur de la décriminalisation de la personne qui se prostitue. Au lieu d’avoir un début de chicane, on a ici un bon début de discussion et de partenariat.

Oui! Vous avez bien lu. Un début de partenariat pour deux organismes diamétralement opposé. Parce que les politiciens se sont questionnés à plusieurs reprises pour faire passer une loi pour légaliser la prostitution. En unissant leur message, en montrant leurs points communs et ensuite de montrer leurs différences, ils ont plus de chance de faire du millage ensemble qu’à se tirer des tomates dans un faux débat créé par les journalistes.

Responsabilité des médias

Les médias ont mis ces deux groupes en opposition. Est-ce que les médias ont mal agit en présentant le débat sous cet angle? Non! Ce sont les deux groupes militants qui ont mal répondus. Ils auraient dû clairement donner leur position contre la légalisation. Et ça, ils ne l’ont pas fait, créant une confusion pour plusieurs.

Les médias ont présenté le débat sous l’angle qui est connu par le public. Le public ne connaît pas nécessairement toutes les subtilités des différences entre légalisation et décriminalisation. Même dans les groupes militants, pour en avoir rencontré plusieurs, certains membres ne comprennent pas eux-mêmes toutes ces nuances et les subtilités entre criminaliser ou décriminaliser la prostitution! Il est donc normal et acceptable que les journalistes nous présentent ce que le public reconnaît. Mais ce sont aux groupes militants de prendre ces occasions pour éduquer et informer le public.

Parce qu’il y a des conséquences et des impacts majeurs à vouloir légaliser la prostitution. Une chose est certaine, même si le message communautaire a souvent été confus sur le sujet, les principaux intéressés sont cependant unanimes: contre la légalisation de la prostitution!

Autres textes sur Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

 Dossier Prostitution et SexualitéMTS-Sida

La Commission du conseil municipal sur le développement culturel et la qualité du milieu de vie a déposé son rapport au conseil municipal de Montréal le 26 novembre dernier. La commission a reçu deux mémoires qui présentent des positions tout à fait opposées sur la question de la prostitution. La commission souhaiterait recevoir davantage d’information avant de formuler des recommandations sur le sujet, elle aimerait notamment entendre les citoyennes et les citoyens sur cet enjeu d’importance dans les quartiers centraux.À Vancouver, des pressions sont exercées pour légaliser des bordels en coopérative pour les Jeux Olympiques de Vancouver.Le débat sur la légalisation de la prostitution persiste. J’ai donc décidé de ramener dans mon blogue, un texte que j’avais écrit pour le magazine Reflet de Société, édité par le Journal de la Rue.

Le débat sur la légalisation de la prostitution est faussé. Il n’existe pas une forme de prostitution mais plusieurs formes de prostitution

Une personne prostituée à 4 000$ pour un week-end qui couche avec des politiciens à Québec ou à Ottawa ou avec de grosses vedettes internationales ne vit pas dans le même contexte qu’une autre à 20$ pour une pipe, qui est toxicomane, avec des champignons dans la bouche et atteinte du Sida.

Certaines personnes se positionnent en faveur de la légalisation de la prostitution, sous prétexte de vouloir venir en aide aux personnes qui font de la prostitution de rue, assurer leur sécurité… Mais qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsque nous aurons légalisé toutes les formes de prostitution?

Les dangers d’une légalisation sans encadrement

De la «viande fraîche»

En autorisant l’ouverture de bordel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie du sexe, pour utiliser leur langage, vont vouloir engager de la «viande fraîche» pour satisfaire leurs clients. Par «viande fraîche» on pense à des personnes de 18 à 23 ans en santé. Pour la majorité des personnes se prostituant dans la rue, l’entrée dans ces bordels leur sera refusée et elles devront continuer à exercer dans la rue. Dans les faits, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans!

Pire, après un certain nombre d’années, lorsque les premières personnes ayant travaillé dans ces bordels commenceront à vieillir, les entrepreneurs qui veulent bien traiter leurs clients vont remplacer leurs personnels par des plus jeunes. Il y aura donc encore plus de personnes exerçant la prostitution dans les rues. Ceci se vérifie par les expériences des pays ayant légalisé la prostitution, depuis une dizaine d’années et qui se retrouvent avec 3 à 10 fois plus de prostitués de rue qu’avant la légalisation (Australie, Pays-Bas, Allemagne…).

Les clients indésirables de la prostitution

Mais si un client peut aller en toute légalité dans un bordel pour engager une personne jeune et attrayante, pourquoi utiliserait-il les services d’une personne exerçant dans la rue? Parce qu’il est violent et qu’il se ferait sortir des bordels? Parce qu’il veut exiger de faire des choses qui devraient être refusées dans le bordel comme avoir une relation sans condom? Ou encore parce qu’il veut payer moins cher? Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres, les personnes exerçant la prostitution de rue seront encore plus dans le trouble après la légalisation. Le nombre de mauvais clients rencontrés sur la rue sera encore plus grand et il sera encore plus risqué d’être une personne prostituée.

Prostitution, citoyens et commerçants

Et que dire de nos honorables citoyens! Puisque la prostitution est maintenant légalisée, l’intolérance de ceux-ci aura monté d’un cran. «Puisque c’est légal et qu’il existe des bordels, je ne veux plus te voir traîner dans les rues de mon quartier ou devant les vitrines de mon commerce». Comment vont réagir ces citoyens quand ils vont s’apercevoir que non seulement la légalisation n’a pas diminué le nombre de personnes devant leur honorable résidence, mais qu’en plus, il y en a maintenant 3 fois plus! L’intolérance ne fera que grimper.

Bordels en région

En légalisant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’en laver les mains en disant que ça sera du ressort des villes de gérer le tout?

Pourquoi les groupes criminalisés sont si forts en région? Parce que les petites municipalités avec un seul policier n’ont pas les moyens d’avoir le contrôle sur ces puissants groupes. Quand le policier en question est connu de tous, que tout le monde sait où il demeure et que tout le monde connaît sa famille au complet et à quelle heure sa petite fille sort de l’école, pensez-vous qu’il sera assez fou pour tenir tête aux groupes criminalisés? C’est un policier qui fait de son mieux, pas une personne suicidaire. Cela n’est pas sans rappeler encore une fois les pays ayant déjà fait l’expérimentation de la légalisation, qui avouent avoir perdu le contrôle. De plus, ils deviennent incapables de gérer ce nouvel engouement pour le sport sexuel.

Tous les paliers de gouvernements devront s’impliquer dans une approche multidisciplinaire. Pas question de laisser les municipalités se démerder seules dans une industrie qui est déjà internationale et qui a de gros moyens financiers pour brouiller les cartes.

La prostitution et l’industrie du tourisme

Un bel exemple que j’ai vécu personnellement. L’état du Nevada permet aux municipalités de légaliser la prostitution. Las Végas, malgré ses innombrables Casinos et ses spectacles grandioses, se refusent de légaliser la prostitution. La ville voisine a légalisé la prostitution. C’est pourquoi nous voyons sur certains coins de rue de Las Végas des dizaines de Mexicains qui tendent des annonces pour inciter l’achat de services sexuels dans la ville voisine. La ville de Las Végas est allée en cour pour tenter d’empêcher ces Mexicains de venir faire de la sollicitation dans les rues de Las Végas. Pour le bénéfice de la libre entreprise et de la liberté d’expression, la ville de Las Végas a perdu contre les Mexicains.

Ceux qui font le rabattage de clients sont majoritairement des garçons. Mais ce qui m’a déchiré le cœur, a été de voir une fille mexicaine d’environ 12 ans, faire du rabattage. Les questions que je me pose encore: le faisait-elle pour sa sœur ou sa mère? Va-t-elle se prostituer et à quel âge risque-t-elle de commencer?

Ce qui s’est passé à Las Végas risque de nous arriver. Montréal avec ces grands festivals et ces grands rassemblements ne tolérera pas de prostitution sur son territoire. Les entrepreneurs de bordels vont s’établir à Terrebonne ou à Bois-des-Filions. Ça va être bon pour l’industrie du taxi. Les gens viennent de partout pour un festival, ensuite le taxi pour les bordels en banlieue. Parce que la prostitution, ce n’est pas bon pour l’industrie du tourisme. Ce n’est pas bon pour l’image d’un grand centre urbain. Quand on voit de nouveaux logements sociaux des auberges du cœur passer criminellement au feu dans le sud-ouest de Montréal, quand des gens font pressions pour empêcher des organismes communautaires comme Cactus de se relocaliser dans le Centre-ville de Montréal, les principes de «pas dans ma cour» vont continuer à se faire prévaloir.

Pénurie de prostituées

Les bordels vont se multiplier en région et les nouveaux entrepreneurs vont y faire la pluie et le beau temps. À un point où il ne serait pas surprenant qu’il manque de main-d’œuvre. Un peu comme il s’est passé quand on a légalisé les danses à 10$. On a manqué de filles pour aller travailler dans les isoloirs. Va-t-on créer un programme pour permettre à des danseuses exotiques étrangères de venir travailler au Canada? Devrons-nous rouvrir ce programme et l’élargir aux artistes de la prostitution? N’est-ce pas ce programme où des fonctionnaires et des intervenants du milieu mentionnent qu’il a profité aux groupes criminalisés? Plusieurs de ces danseuses ont disparu. Le gouvernement américain affirmait en 2003 que le Canada est une plaque tournante pour le trafic des femmes et des enfants.

Conditions essentielles pour légaliser la prostitution

Si nous sommes sérieux dans notre volonté de légaliser la prostitution, il y a des préalables essentiels. La prostitution concerne des êtres humains qui doivent être considérés dans leur globalité. Ceci nous oblige à prévoir une approche multidisciplinaire.

Il faut faire de la prévention en ce qui concerne les jeunes de la rue et ceux placés par la DPJ. Ils sont des victimes vulnérables. La réforme de la DPJ devra tenir compte de cette vulnérabilité. Il faut aussi faire de la prévention et de la sensibilisation dans les écoles et les différents milieux de vie des jeunes.

Pour s’assurer que la prostitution est bel et bien un choix, et non pas un manque de choix face à la pauvreté ou à d’autres difficultés, il faut s’assurer d’offrir un soutien et un encadrement aux personnes concernées.

Il faut prévoir une aide accrue aux organismes d’intervention auprès des personnes prostituées de rue. Nous ne pouvons pas penser légaliser le marché du sexe sans aussi donner les services d’aide et de soutien aux personnes dans le besoin qui seront exclues et marginalisées. Si une municipalité veut ouvrir un bordel, les services aux personnes se prostituant doivent être présents avant son ouverture.

Il faut prévoir des mécanismes de contrôle et de sécurité avant la légalisation. Nous avons laissé à eux-mêmes des groupes criminalisés pendant des décennies. Ils sont devenus des forces redoutables, organisées, structurées et très bien financées. Reprendre le contrôle après coup est très coûteux, sinon impossible. La prostitution, ne se limite pas aux limites géographiques d’une ville, mais fait partie d’un réseau international, qui nécessitera une coordination des différents corps policiers qui devront apprendre à travailler efficacement ensemble. Cela nécessitera de généreux budgets aux différents corps policiers.

Il faudra donc s’assurer qu’il y ait une prise en charge complète par le gouvernement de ces bordels, à tous les niveaux: sécurité, administration, gestion, encadrement, surveillance, finance… Il n’y a pas d’entre-deux possibles pour éviter que la situation ne dérape et qu’il y ait abus.

Il ne faut pas s’imaginer que les revenus de taxes et d’impôt sur la prostitution permettront de compenser les investissements que nous aurons à faire pour légaliser la prostitution. Les pays qui ont déjà légalisé, ont perdu le contrôle et se sont retrouvés avec plus d’effets pervers que de problèmes résolus. Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous impliquer adéquatement, nous en aurons encore moins après.

autres textes sur sexualité

  1. sexualité des prisonniers
  2. youtube et le sexe
  3. sexe entre grand-mère et ado
  4. sexualité, éducation sexuelle et hypersexualisation
  5. sexualité, jeunes et viols
  6. le sexe banalisé?
  7. entre libération et aliénation sexuelle
  8. hypersexualisation et viols en inde
  9. cours de striptease et danse érotique
  10. samantha ardente vidéo d’une actrice porno
  11. vaccination au gardasil: victimes et effets secondaires, une enquête est demandée.
  12. des jeunes nous parlent d’hypersexualisation et de sexualité.
  13. le sexe et les jeunes
  14. les difficultés d’avorter au canada
  15. l’hypersexualisation: pas juste une mode.
  16. burqa et hypersexualisation; l’emprise de l’homme sur la femme
  17. hypersexualisation: le québec abandonne-t-il ses enfants?.
  18. rue de la violence
  19. sexe, drogue et école
  20. les jeunes nous parlent de sexe et des gangs de rue.
  21. l’hypersexualisation: pas juste une mode.
  22. andré montmorency, nudité et défilé de la fierté gaie
  23. l’avortement, 20 ans après sa légalisation
  24. sexe, porno et érotisme pour les enfants.
  25. prostitution: les clients
  26. pour ou contre l’avortement?
  27. Bisexualité: diversité sexuelle
  28. Diversité sexuelle; homosexualité, transgenre, bisexualité

autres textes sur la légalisation de la prostitution.

  1. pourquoi le travail du sexe entre adultes consentants est criminel?
  2. le commerce du sexe
  3. avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?
  4. doit-on légaliser la prostitution?
  5. les effets pervers de la légalisation de la prostitution
  6. prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!
  7. prostitution de luxe: les hauts et les bas d’une escorte.
  8. les clients de la prostitution.
  9. pour ou contre la légalisation de la prostitution?
  10. prostitution et toxicomanie
  11. être la mère d’une prostituée toxicomane
  12. la prostitution dans les prisons
  13. les filles dans les gangs de rue et la prostitution.
  14. prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!
  15. pour ou contre la légalisation de la prostitution: décriminaliser l’industrie de la prostitution ou la prostituée?
  16. Prostitution, Grand Prix de F1 et exploitation sexuelle
  17. La prostitution mise à nue

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