Pas d’essais cliniques pour la maladie d’Alzheimer

Article 21, Alzheimer et santé mentale

Démence : l’impasse du code civil du Québec

Pour faire avancer la recherche sur la démence, il serait nécessaire que Québec modifie son Code civil, soutient Philippe Voyer, professeur et chercheur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. Les malades atteints d’Alzheimer, notamment, ne peuvent bénéficier de toutes les avancées scientifiques, faute de pouvoir participer aux essais cliniques.

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse  Dossiers Santé mentale , Santé

De nombreux projets de recherche sont bloqués par l’actuel article 21 du Code civil. C’est une situation unique qui sévit qu’au Québec, soutient le Pr Voyer, co-auteur d’un mémoire visant à modifier cet article de loi.

Près de 8 % des Québécois de plus de 65 ans, soit 90 000 personnes, seraient atteints de démence. Pour que ces patients participent aux travaux de recherche, l’article 21 du Code civil exige qu’ils y soient autorisés par leur représentant légal.

Pourtant, moins de 5 % des aînés québécois ont un représentant légal officiel, c’est-à-dire désigné par la Cour.  » Les gens ne font pas la démarche. C’est onéreux et long « , affirme le spécialiste. Il en coûterait près de 1000 $ pour homologuer un mandat d’inaptitude et entre 3 à six mois de procédure.

L’inaptitude du patient, déterminée par un examen médical et psychologique, ne suffit pas. Les représentants qu’elle désigne peuvent donner leur autorisation pour des soins, mais pas pour participer à des travaux dans le cadre d’une recherche scientifique.

Pas de représentation, pas de recherche

Le Pr Voyer rapporte ainsi des études impossibles à mettre en œuvre sur le massage des pieds susceptible de diminuer l’anxiété des personnes démentes, les soins buccodentaires perçus comme très envahissants par les patients ou encore sur les taux de glaucome.  » Nous n’avons pas réussi à avoir assez de patients. Si 5 % en souffrent, mais que seulement 5 % des aînés ont un représentant légal, il nous reste seulement 4 ou 5 patients. C’est bien insuffisant pour procéder aux travaux de recherche « , soutient le chercheur.

Le Pr Voyer maintient que les recherches présentant peu ou pas de risques devraient pouvoir être autorisées par les proches du patient. Ce qui est le cas dans les autres provinces canadiennes et même en France depuis 2003, à la suite d’un changement du Code civil.

Ainsi, une étude menée en Ontario sur les soins corporels a montré que les bains étaient très anxiogènes : 70 % des patients démontraient de l’agressivité, généralement traitée par une médication aux nombreux effets secondaires négatifs. Elle a permis de modifier l’approche en remplaçant les bains par le lavage à la serviette.

» Cela a permis de diminuer le nombre de patients sous anxiolytiques. Délivrer des soins adéquats, c’est très important. Il s’agit souvent d’une des dernières interactions que l’on a avec la personne démente « , affirme le Pr Voyer.

Les auteurs ont remis une copie du mémoire au ministre québécois de la Justice, Yvon Marcoux et au ministre de la Santé, Philippe Couillard. Cette démarche reçoit l’appui du Conseil des aînés du Québec, de l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval et de la Société Alzheimer de Québec.

L’article 21 du Code civil et la recherche auprès des aînés atteints de démence dans les milieux de soins de longue durée au Québec : Une analyse, un constat et une proposition (PDF, 855 Ko)

http://www.conseil-des-aines.qc.ca/publications/autres.asp

Article 21 du Code civil québécois :

http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/CCQ/CCQ.html

Autres textes sur Santé mentale

Etienne Gervais au dela de la folie.

Martin Matte, l’humour et les traumatismes crâniens à Tout le monde en parle.

Ma schizophrénie

Les réalités de l’autisme.

Des artistes atteints de déficiences intellectuelles

École Irénée Lussier: Bricoler l’estime de soi

La rage du trop gentil

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Publicités

Suicide assisté et euthanasie

L’industrie de la mort

Nous assistons à un débat farouche sur la légalisation de l’euthanasie. Mais avant de statuer, ne devrait-on pas essayer de comprendre pourquoi notre société se retrouve aujourd’hui devant ce dilemme ?

Alain Lampron Dossier Suicide

Ce débat soulève les passions à cause des différentes croyances impliquées et parce qu’un trop grand nombre de personnes meurent tous les jours dans l’absence de dignité. Nombre de gens ont des témoignages bouleversants à livrer. Des gens qui souhaitent que l’expérience qu’ils ont vécue à travers le décès d’un proche soit épargnée à d’autres et reconnue comme étant inacceptable.
Le dilemme se situe davantage au niveau de ceux qui n’ont pas la capacité de passer à l’acte. Ceux qui auraient pu prévoir des clauses bien spécifiques dans un «Mandat en cas d’inaptitude» ou un «Testament de vie» et qui ont négligé de le faire. Ceux qui auraient enregistré de telles clauses mais dépendent d’intervenants qui appliquent obstinément des principes ou règlements allant à l’encontre de leurs dernières volontés.

Langage à définir

Euthanasie-mort-assiste-suicide-aide-pour-mourir-suicide-passionnel Permettre la mort en laissant la nature faire son œuvre ne devrait pas être considéré comme de l’euthanasie. Il est essentiel de faire connaître au plus vite les définitions officielles de cette nouvelle terminologie, de sorte que tout le monde puisse enfin parler le même langage ! L’utilisation de termes tels que «suicide assisté», «meurtre par compassion» et «euthanasie» ne font qu’ajouter une confusion inutile à un débat suffisamment délicat en soi. J’ai l’impression que l’on associe faussement l’euthanasie à l’arrêt de procédures médicales qui maintiennent la vie artificiellement. La véritable euthanasie représente une procédure exceptionnelle. Alors comment se fait-il que les sondages démontrent un aussi grand désir de légaliser l’euthanasie ?

Zombis sous médicaments

Dans mon travail, je visite des centres pour des personnes souffrant, entre autre, d’Alzheimer, de Parkinson et de démence. Chaque épisode de lucidité menant à une expression d’agressivité, de révolte ou de tristesse est rapidement jugulé par une médication plus puissante.

Ces personnes n’ont plus rien de l’homme d’affaires, de l’épouse, de la grand-maman qu’ils étaient. Je ne peux qu’observer les allées et venues de véritables zombis confinés à un mouroir où ils seront maintenus en vie le plus longtemps possible. Le personnel a beau être dévoué, vivre plusieurs années dans de telles conditions n’est pas souhaitable: le droit à une mort naturelle n’y est pas respecté.

Priorité à la vie

Il devient de plus en plus rare de mourir «naturellement», soit de la perte de fonctions vitales qui accompagnent le vieillissement, d’un accident ou d’une maladie grave. Les avancées médicales, plus particulièrement celles réalisées par l’industrie pharmaceutique, permettent de prolonger le fonctionnement des organes vitaux, sans véritable égard à la qualité de vie. Il semble bien que la mission de préserver la vie, en apparence noble, a généralement priorité sur toute autre considération.

Un malade, même en phase terminale, devrait être consulté et donner son accord avant de recevoir un traitement. S’il en est incapable, cette responsabilité devrait revenir aux proches. Ça, c’est la théorie. En pratique, on vous place généralement devant le fait accompli, sans présenter d’alternative.

Il est extrêmement difficile d’exprimer une opinion divergente. J’ai pu le constater à plusieurs occasions. Alors, à moins d’une mort accidentelle ou d’une mort subite, il faut s’attendre à une longue agonie générant de grandes souffrances, à la fois pour le mourant et pour son entourage.

Autres textes sur le Suicide

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

Merci de votre soutien.

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

%d blogueurs aiment cette page :