Francophonie: être francophone en milieu anglophone

Isolement des francophones hors-Québec

Les jeunes francophones de Windsor, Ontario

Windsor est une ville ontarienne qui a bien des choses en commun avec le petit village gaulois d’Astérix. En effet, cette petite communauté de francophones hors-Québec, reliée à Détroit par un pont, a une position de résistance de plus en plus difficile à défendre.

Par Martin Ouellet        Dossier Francophonie

Le Festival franco-jeunesse de Windsor en est à sa 10e édition. Le Festival franco-jeunesse de Windsor a pour objectif de favoriser l’estime de soi des jeunes et leur présenter des modèles de gens qui se développent et évoluent dans des milieux francophones.

Pour souligner cette 10e édition, nous présentons ici un reportage de Martin Ouellet réalisé lors de la 1ere édition.

Les arts et la francophonie

De nombreuses activités dont des concerts, des ateliers d’illustration, de création littéraire, de vidéo, de gestion de projets, de croissance personnelle et d’arts visuels étaient au programme. Sarah Hall, artiste-peintre, et Jean Labourdette, graffiteur, ont fait partie des invités du centre communautaire. Ils sont allés rencontrer des élèves finissants de l’école secondaire Lessard pour échanger avec eux, les encourager à poursuivre leurs études en français et les aider à se valoriser à travers la création. Voici le portrait assez particulier de l’endroit qu’ils nous ont dépeint…

Style de vie

À Windsor, ne cherchez pas de films en français à l’affiche dans les cinémas ni de livres francophones dans les libraires, il n’y en a pas. La télévision et la musique parlent anglais aussi. La diversité ethnique est à peu près inexistante. À l’école secondaire Lessard, si les cours et les ateliers se déroulent en français, dès que la cloche sonne pour la pause, on n’entend que de l’English dans les corridors.

Le rythme de vie y est beaucoup plus strict. Chaque matin, on récite une prière en classe, suivie de l’hymne national du Canada et d’une minute de silence! «C’est comme si la vie s’arrêtait! Les retardataires n’osent même pas entrer en classe avant la fin de la minute de silence!», nous confie Jean. Les enseignants sont plus formels et rigides, plus centrés sur le rituel que sur la motivation et la passion des jeunes.

Les finissants du secondaire sont confrontés à un choix: poursuivre leurs études en anglais (à Ottawa, Toronto ou Détroit) ou s’exiler à Montréal pour continuer en français. Pourtant, ces jeunes n’ont pour la plupart jamais eu de contact avec Montréal, qui se situe à plus de dix heures en automobile.

Suicide et drogue

Cette communauté francophone n’a pas réussi à trouver la potion magique qui a fait la force des gaulois d’Astérix… La proportion de suicide chez les étudiants francophones est sensiblement plus élevée et la consommation de drogues est anormalement supérieure aussi.

L’ennemi numéro un: l’ennui. «Les jeunes passent leur temps à travailler dans une shop, à fumer du pot, à se battre, à traîner dans les restos 24 heures et à faire des cascades débiles comme dans l’émission Jackass.», nous dit Jean. «Ils n’ont rien à faire, ils regardent leurs parents démotivés, matérialistes, et ils se résignent à mener une vie sans ambition, comme eux autres.», ajoute Sarah.

Sans automobile, les jeunes restent cloîtrés, dépendants de leurs parents ou du transport en commun déficient. La routine, le manque de motivation et d’exemples positifs en font un milieu propice pour les drogues et la violence.

Immersion

Il existe un sentiment général de fatalité. Les jeunes préfèrent travailler chez un constructeur automobile que de continuer à s’ins-truire. Le travail s’effectue en anglais, que ce soit dans la ville de Windsor elle-même ou aux États-Unis, de l’autre côté du pont. Le travail bien rémunéré en usine procure un confort matériel, ce qui rend l’immersion tentante et plus facile.

Art et culture

Le défi était de taille pour arriver à faire participer ces étudiants réputés pour leur manque d’initiative et leur manque de motivation. Pourtant, les deux animateurs ont rapidement compris qu’il fallait créer un contexte moins formel, amener les jeunes à se sentir libres et créer un lien de respect mutuel, sans rapport d’autorité. «On a créé des circonstances favorables pour les aider à trouver la force du changement en eux-mêmes. On a réveillé une énergie dormante en eux.», explique Jean.

En attribuant les tâches selon les compétences et, après quelques notions techniques, les artistes ont amené les finissants à prendre la place qui leur revenait. Le thème de l’œuvre collective était l’estime de soi. «Ce qui m’a impressionnée, c’est de rencontrer des jeunes en crise et de leur faire réaliser qu’ils peuvent se prendre en main.», mentionne Sarah.

Les professeurs ont été étonnés de voir le travail artistique que Sarah et Jean ont réalisé avec leurs jeunes. Les finissants, perçus comme des délinquants, se sont montrés très responsables. Il n’y a eu aucun vol, pas un tag. «J’ai perdu mon cahier de sketches un moment donné, raconte Jean. Il m’a vite été rapporté. Ils nous ont même amené du café la deuxième journée!».

«Pendant le ramassage, il pleuvait et les jeunes étaient encore dans l’échafaud, à peinturer!», se souvient Sarah. Les animateurs ont prodigué conseils et énergie, aidant les élèves à prendre conscience à quel point les arts et le processus de création peuvent être valorisants, porteurs de réflexion. «On leur a laissé des canettes pour qu’ils puissent continuer leur œuvre et on les a incités à négocier avec leurs profs pour obtenir un mur, un espace de liberté pour créer. On a semé des graines, on espère qu’elles vont pousser…», s’interroge Jean.

«Un lien s’est créé entre nous. On leur a apporté quelque chose, mais eux aussi, en retour, nous ont donné beaucoup: de la gratitude, des remerciements. C’était vraiment enrichissant», conclut Sarah.

Quel message pour les jeunes de Windsor?

Quand je lui demande ses souhaits pour les jeunes de Windsor, Sarah répond spontanément: «Soyez fiers d’être franco-ontariens! Si vous restez à Windsor, essayez d’influencer votre milieu. Si vous vous en allez, partez découvrir autre chose et revenez pour enrichir votre milieu de votre expérience. Vous êtes la relève, ne l’oubliez pas!».

Quant à Jean, il recommande la prise de pouvoir: «Reconnaissez vos talents, vos forces, vos intérêts. Prenez contact avec votre propre personnalité et osez prendre des risques. Ne subissez pas l’avenir, revendiquez-le!».

Selon Charles Castonguay de l’Université d’Ottawa, après une étude de 30 années de statistique: «l’assimilation des francophones hors Québec progresse».

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Prisons canadiennes VS prisons américaines

Quand les prisons sont pleines

Des études démontrent que si un jeune de 18 ans, arrêté pour agression, sort de prison à l’âge de 22 ans, ses risques de récidives ne sont pas plus grandes que pour une autre personne dans la population en général. La société y gagne en dépensant moins pour garder des prisonniers. Le système américain, lui, règle ce problème en ne laissant jamais ses jeunes sortir de prison.

Colin McGregor, prison de Cowansville. Dossiers Chroniques d’un prisonnier , Criminalité  , Religion et spiritualité 

prison-prisonnier-etablissement-carceral-systeme-penitencier-toleLa nuit, j’aime m’étendre sur le lit de fer de ma cellule. Je ferme les yeux et j’écoute la radio. J’écoute des émissions américaines, à des kilomètres de moi: du Vermont, de Detroit, de Buffalo, de New York et, certaines nuits, de Chicago. J’ai brisé plus d’une paire d’écouteurs en me retournant sur mon oreiller alors que je m’endormais au son de discussions sur la politique à Washington, du baseball ou des ovnis.

Le Christ à Cowansville

En 2004, un prêtre catholique renégat, Andrew Wingate, qui se décrit comme un mystique possédant un site Internet suivi par des millions de fidèles, donnait une entrevue à la radio. Il annonçait une nouvelle incroyable. Il proclamait que le Christ revenait sur terre, que le Sauveur apparaîtrait à Cowansville, au Québec, vers le 15 septembre de la même année. J’écoutais fébrilement.

À ce moment, j’ai fait le tour de mon unité pour trouver le fameux candidat. Après tout, la première fois qu’il est venu sur terre, Jésus a été condamné. Il est parti comme un criminel. Peut-être qu’à son retour, il reviendrait sous les habits d’un prisonnier. Au bout du couloir, il y avait un gentilhomme qui cuisinait parfois des biscuits. Il en donnait aux autres prisonniers gratuitement. Mais ses biscuits étaient faits avec de la pâte à biscuit. Pas avec de la mie ou du poisson. J’ai arrêté de chercher.

Personne n’a remarqué de Messie à la prison en 2004. Et le pape n’a pas été enlevé, une autre prédiction d’Andrew Wingate. Mais si les Américains s’attendent à ce que Jésus débarque dans une prison, ils n’ont pas besoin de chercher si loin. Aujourd’hui, un Américain sur 100 est derrière les barreaux. Si on ajoute ceux qui sont en probation ou sous conditions, pas moins  d’un adulte sur 31 est sous supervision correctionnelle aux États-Unis.

Prisons américaines

Notre prison n’est qu’à quelques kilomètres du Vermont. Puisqu’il semble que notre système pénal se rapproche de celui des Américains, il serait utile de comprendre comment le système carcéral fonctionne au sud de notre frontière.

temoignage-prisonnier-prison-systeme-carceral-penitencierOn recense plus de 4000 crimes fédéraux aux États-Unis par année.  Dans l’État de la Californie seulement, 3700 détenus purgent des peines à vie pour des crimes qui ne sont pas violents ou sérieux. C’est plus que le nombre de prisonniers condamnés à perpétuité que compte le Canada. En Alabama, Jerald Sanders restera derrière les barreaux toute sa vie pour avoir volé une bicyclette. Un fleuriste du Texas a été emprisonné pour avoir possédé des orchidées sans avoir obtenu le permis approprié. Des Américains sont en prison pour avoir empaqueté des queues de homard dans un sac plutôt que dans une boîte. C’est une place merveilleuse pour travailler, en prison. On ne perd jamais son emploi!

Risques de récidives

Des études démontrent que si un jeune de 18 ans, arrêté pour agression, sort de prison à l’âge de 22 ans, ses risques de récidives ne sont pas plus grandes que pour une autre personne dans la population en général. La société y gagne en dépensant moins pour garder des prisonniers. Le système américain, lui, règle ce problème en ne laissant jamais ses jeunes sortir de prison.

Des économistes disent que la société peut dépenser son argent dans la coercition ou dans les services sociaux. C’est un choix. La façon de combattre le crime, bien sûr, est d’investir en éducation, en santé et en sécurité sociale. Le désespoir et la faim peuvent être des moteurs qui appellent à des comportements extrêmes. En étant nourris et éduqués, les gens seront moins portés à voler ou à devenir violents.

C’est facile de critiquer les Américains de ne pas dépenser d’argent pour arrêter le crime avant qu’il ne soit commis. Mais ils ne peuvent tout simplement pas. Selon la Constitution, la sécurité sociale, l’éducation et la santé tombent sous la responsabilité de chaque État. Ici, ce sont des domaines de juridiction provinciale. Quand le Québec a besoin de plus d’argent, il peut emprunter ou faire un déficit. On est très bon pour ça! Mais 49 des 50 États américains ne sont pas autorisés à être déficitaires selon leur constitution (chaque État a sa propre constitution). Quand on entend que la Californie a un manque à gagner de 30 milliards, leur gouverneur doit trouver l’argent aussitôt ou fermer boutique. Ils ne peuvent pas augmenter l’assistance sociale même s’ils le désirent. Seul le petit Vermont, tout près de Cowansville, peut être en déficit. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le Vermont est paisible et gai, l’État hippie. Le reste des États-Unis doit construire des prisons. C’est la loi.

Occupation double en prison

Ma prison enfle et s’agrandit. Ils vont entasser deux hommes dans la même cellule de 7 X 10 pieds, meublée avec deux lits superposés, une toilette et un lavabo. Ils construisent de nouvelles unités pour rajouter des cellules. Les gens qui travaillent ici nous demandent toujours de regarder le côté positif des choses. Voici un avantage: je suis très seul, peut-être qu’ils vont m’emmener un pêcheur de homard ou un fleuriste qui fait pousser des orchidées avec qui je pourrais échanger! Un jour, tous les pauvres seront en prison. Et nous pourrons alors regarder Occupation Double tous ensemble à partir de nos cellules à lits superposés. Je ne me sentirai plus seul.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Mois de l’histoire des Noirs 4

Mois de l’histoire des Noirs 4

François Richard

Dossier   Mois des Noirs

image Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Quatrième et dernier personnage, Mary Ann Camberton Shadd, enseignante, journaliste, éditrice, recruteur militaire durant la Guerre de Sécession et militante pour les droits des Noirs.

Mary Ann Camberton Shadd, 1823-1893

Née dans la ville de Wilmington, au Delaware, Mary Ann Camberton Shadd est l’aînée d’une famille de treize enfants. Elle doit quitter avec sa famille sa ville natale afin d’avoir accès à l’école. Elle fréquente un établissement dirigé par des missionnaires Quakers, en Pennsylvanie.

De retour chez elle en 1839, Mary Ann Camberton Shadd fonde une école pour jeunes Noirs alors qu’elle n’est âgée que de seize ans. Elle enseigne aux jeunes Noirs américains durant les onze années suivantes, à Wilmington, puis dans différentes écoles des États de New York, du New Jersey et de la Pennsylvanie.

Militante des droits des Noirs

En plus de son travail d’enseignante, Mary Ann Camberton Shadd est, au cours de ces années, activement impliquée dans la lutte pour les droits des Noirs. Son message: les Noirs s’émanciperont par le travail et l’épargne, en bâtissant des communautés prospères et solidaires. Elle souhaite que les siens se prennent en main eux-mêmes plutôt que d’exiger de l’aide de la part des Blancs. Elle met ses idées sur papier dans un pamphlet de douze pages publié en 1849 et intitulé, Hints to the Colored People of the North (les Noirs du sud du pays sont à cet époque toujours soumis à l’esclavage).

Réfugiée au Canada

Comme un grand nombre de ses semblables Mary Ann Camberton Shadd quitte les États-Unis après l’adoption de la Fugitive Slave Act par le Congrès de ce pays, en 1850. Cette loi oblige les citoyens et les forces de l’ordre des États du Nord à arrêter toute personne soupçonnée d’être un esclave en fuite et de le remettre éventuellement à son propriétaire.

Mary Ann Camberton Shadd s’installe donc à Windsor, dans le sud-ouest de l’Ontario, et y trouve un emploi d’enseignante en 1851. Dans son livre A plea for emigration, publié en 1852, elle invite les Noirs de son pays à se réfugier au Canada et fait une critique virulente de l’idéologie de séparation des races, alors dominante parmi l’élite noire nord-américaine.

Un journal pour les Noirs

En 1853, elle fonde un journal, afin de donner une voix à la communauté noire canadienne. Bien que le statut social des femmes à l’époque l’empêche d’occuper officiellement le poste de rédactrice en chef du Provincial Freeman, elle dirige bel et bien le journal au jour le jour. La militante effectue à cette époque des tournées de conférences au Canada et aux États-Unis afin d’amasser des fonds pour la publication qu’elle a mise sur pied.

Le journal vivote tant bien que mal jusqu’en 1859. Des problèmes financiers obligeront alors l’équipe du Provincial Freeman à mettre fin à l’aventure. Mary Ann Camberton Shadd fait publier cette année là un livre sur la Guerre de Sécession, qui oppose à l’époque les États américains du Nord à ceux du Sud, notamment à propos de la question de l’esclavage.

Au service de l’armée américaine

La militante prend à cette époque fait et cause le camp du Nord, en faveur de l’abolition de l’esclavage. À un point tel qu’en 1863, elle retourne aux États-Unis afin de devenir recruteur pour l’armée nordiste. Il s’agissait d’une première aux États-Unis, voire d’une première mondiale.

Une enseignante américaine

Mary Ann Camberton Shadd demeure aux États-Unis une fois la guerre civile terminée. Elle obtient un certificat d’enseignement américain en 1868 et travaille à Détroit, puis à Washington, jusqu’à la fin de sa carrière. Elle obtient un diplôme en droit de la Howard University, à Washington, en 1883. Durant la dernière période de sa vie, Mary Ann Camberton Shadd milite aussi en faveur du droit de vote des femmes. Elle meurt d’un cancer en 1893.

Exposition de photos de Kinshasa

Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, une exposition de photographies sur la vie à Kinshasa, métropole ouest-africaine de 8 millions d’habitants et capitale de la République démocratique du Congo, est présentée jusqu’au 1er mars à l’Église Saint-James, dans le centre-ville de Montréal. Les clichés, réalisés par Paul Henry Kiese, un travailleur de rue montréalais qui a habité la ville récemment, représentent divers aspect de la vie dans la ville immense et affectée par des vagues de migrations immenses, résultant en partie de la longue guerre qui ravage le Congo. L’exposition est ouverte au public samedi et dimanche entre 10h30 et 16h30. L’Église Saint-James est située au 463, Sainte-Catherine, Ouest, entre les rues Union et Saint-Alexandre.

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