Lutter contre les difficultés à l’école

Difficultés scolaires

L’ergothérapie comme solution ?

De nos jours, qui dit enfants scolarisés dit parents stressés. Mais qui ne le serait pas face aux mots fatidiques de difficultés scolaires qui ne sont qu’un préambule à une chaîne terminologique qui mettrait en alerte tout parent.

Mahdia Mellal   Dossier Éducation

ergothérapie difficultés scolairesTrouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, difficultés d’apprentissage, problème de concentration et de gestion des émotions et j’en passe.

Des étapes autrefois considérées comme un passage obligé dans le processus d’acquisition et du développement de l’enfant. Aujourd’hui elles sont synonymes de sources d’inquiétude par les parents qui ne vont pas sans être transmises aux enfants eux-mêmes.

Sans remettre en question les études menées sur les facteurs de difficultés scolaires ou de nier l’existence d’enfants nécessitants un soutien, il existe une volonté de cataloguer les élèves dans une catégorie et de stigmatiser ceux dont le profil ne correspondrait pas à celui préétabli par le système éducatif.

Pour aider ces enfants, la tendance des dernières années est à l’ergothérapie. Mais de quoi s’agit-il réellement?

L’ergothérapie à la rescousse

Les promesses de cette discipline sont séduisantes pour ces parents en quête de solutions pour leurs chérubins: «Les conduire à réaliser leur plein potentiel aussi bien scolaire, social qu’affectif.» Le rêve de tout parent quoi!

Parmi les difficultés identifiées dont le suivi est nécessaire on retrouve les DYS: Dysorthographie (trouble de l’écriture), dyscalculie (trouble du calcul), dysphasie (trouble primaire du langage), dyspraxie (trouble de l’organisation, de la coordination et de l’exécution de gestes moteurs, d’origine neurologique) et dyslexie (Trouble de la lecture), à ne pas confondre avec les difficultés mineures que pourraient éprouver d’autres enfants.

Mais qu’est-ce qu’un enfant en difficultés scolaires? Par troubles d’apprentissages, on entend les dysfonctionnements qui affectent l’acquisition, la rétention, la compréhension et le traitement de l’information verbale et non verbale.

L’ergothérapie parle de l’importance de ramener l’enfant à un «bon» état de stimulation sensorielle. Concrètement il existerait d’autres sens, outre les 5 sens, auxquels nous serions sensibles et qui pourraient nuire à notre fonctionnement.

Certaines personnes y seraient hyposensibles et d’autres hypersensibles (ex: hypersensibilité auditive, dans ce cas les bruits empêcheraient une personne de se concentrer). L’ergothérapeute a pour mission d’aider l’enfant à réguler une hyperstimulation ou encore une hypostimulation sensorielle, dans le but de mieux interagir en classe ou ailleurs.

Thierry, 7 ans

Thierry, 7 ans, en 2e année primaire bénéficie du suivi d’une ergothérapeute.

Sa maman, Mme Voyer, raconte: «Avant son entrée en maternelle, nous ne soupçonnions rien. C’est son enseignante qui a remarqué ses difficultés en motricité fine, pour découper, dessiner ou tracer des lettres. Je n’ai pas hésité à entamer des démarches auprès d’un ergothérapeute.

«Il a été vite démontré que Thierry est hyposensible, il se fait mal sans ressentir la douleur, il en a même besoin. Nous avons appris avec l’ergothérapeute à travailler sur ça, exercer des pressions physiques pour le calmer et le soulager comme rouler un ballon mou sur son corps lorsqu’ il est très énervé avant d’aller se coucher. Nous avons appris pas mal de techniques pour le calmer à la maison comme le Toutou lourd qui pèse cinq kilos qu’il pose sur son corps. Par moments, c’est lui qui demande à aller rendre visite à l’ergothérapeute.»

Mais qu’en est-il des changements à l’école?

«Nous avons eu la chance de tomber sur des professeurs qui ont des connaissances sur le sujet et même quand ce n’était pas le cas, le professeur acceptait de coopérer et d’appliquer certaines techniques pour aider Thierry à se maîtriser et a mieux interagir en classe. Même si ce n’est pas toujours évident pour un professeur de consacrer du temps à l’enfant en classe, mais Thierry a besoin de toutes ces routines.

«Ce que j’ai remarqué et que j’apprécie c’est le respect des autres enfants, certains outils utilisés avec Thierry sont même réclamés par les autres et deviennent populaires. Ça rend les choses plus amusantes. Même si le diagnostic de Thierry n’a pas encore été posé, ses symptômes sont similaires à ceux de l’hyperactivité.»

Quant à la question de la tolérance du corps enseignant de nos jours elle dit: «On demande trop aux enfants pour leur âge. Oui c’est exagéré, il m’arrive de recevoir des billets pour des petites histoires comme parler dans les corridors. Il est normal de garder le silence dans la bibliothèque, mais que ça parle un peu dans les corridors, ce n’est pas si grave, il y a beaucoup de rigidité.»

Pour finir, madame Voyer confie: «La vie de mon enfant s’est considérablement améliorée grâce à l’ergothérapie. Mais ce que je déplore ce sont les coûts de cet accompagnement qui me revient à 100$ par séance/semaine dont seulement 500 à 600$ sont remboursables par an. Nous avions essayé d’espacer les visites à deux fois par mois, mais les résultats n’étaient plus les mêmes, nous avons donc décidé de maintenir la fréquence.»

Thierry fait partie de ces enfants chez qui l’on a décelé de réelles difficultés que l’ergothérapie tente de soulager. Mais est-ce le cas de tous les enfants qui reçoivent des billets de leur professeur? Heureusement non.

Avis de la spécialiste

Sonya Coté est ergothérapeute depuis 1995 et elle a vu naître et grandir cette profession. Elle intervient aussi bien en cabinet que dans les milieux scolaires qui l’appellent pour former le personnel enseignant.

Sonia Coté explique les fondements de l’ergothérapie: «Certains détails qui semblent évidents pour tous ne le sont pas pour d’autres. Notre rôle est d’aider les gens à optimiser leurs capacités et à adapter l’environnement à leurs besoins.»

Elle explique qu’il faut consulter dès que les difficultés de l’enfant nuisent à son processus d’apprentissage. D’où les nombreux enfants qui lui sont référés après leur entrée à l’école. Même si d’après la spécialiste il existe des signes avant-coureurs tels que l’ambidextrie, apprendre à marcher en sautant l’étape des quatre pattes ou encore la tristesse chronique chez un petit, pour n’en citer que ceux-ci, qu’on a tendance à banaliser.

Sonya Coté relève: «On a beaucoup d’exigences comme société envers les enfants, mais ils doivent être selon leurs âges capables d’exécuter certaines tâches.» Elle explique que des difficultés, on en a tous à des degrés différents, tant que cela ne devient pas envahissant. Elle catégorise les enfants en 3 groupes, les très bons ou l’élite, ceux aux besoins particuliers (enfants suivis par des spécialistes), et les moyens, autant dire la majorité de la population.

En attendant, c’est sur les bourses des parents que les honoraires des ergothérapeutes pèsent. Mais Sonya Coté met sur la balance les études menées sur l’origine des troubles de santé mentale chez l’adulte qui seraient liés aux difficultés d’apprentissage dans le jeune âge. Elle ajoute que «les Québécois refusent de payer pour des services, ce qui serait compréhensible puisque les services de santé sont gratuits au Québec. Pourquoi l’ergothérapie ne le serait pas? Si cela peut aider des enfants à surmonter leurs difficultés d’apprentissage.

La professionnelle ajoute que certains parents sont dans le déni des problèmes dont souffrent leurs progénitures tandis que d’autres sont trop exigeants et placent la barre trop haut. Mais reste que les parents demeurent incontestablement les meilleurs juges et les professionnels de leurs enfants, sur qui repose bien souvent la responsabilité de conduire leurs petits au meilleur de leur potentiel.

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Les acteurs des milieux scolaires blâment souvent les parents lorsqu’il s’agit de trouver la cause des difficultés de comportement d’un jeune. À l’opposé, plusieurs parents accusent les enseignants et l’école d’être responsables des problèmes scolaires ou disciplinaires de leur progéniture.

Égide Royer   Dossier Éducation, Famille

L’influence des parents joue assurément un grand rôle dans la réussite scolaire de leur enfant. Le style d’éducation prodigué et la participation au suivi scolaire sont directement reliés à la réussite d’un enfant. Plus il est soutenu dans son apprentissage, meilleures sont ses chances de réussite scolaire.

Discipline inégale ou inexistante

Une difficulté majeure est de délimiter ce que peut faire ou ne pas faire un enfant. Par exemple, lorsque des parents « ouverts » acceptent que des « partys de drogues » aient lieu à la maison, que leur jeune puisse inviter deux adolescentes à partager son lit ou qu’un père fume un joint de pot avec son fils, question de s’en rapprocher, il faut se poser des questions sur les conséquences de l’absence d’interdits à l’adolescence.

À l’autre extrême, les parents d’enfants agressifs ont souvent recours à des pratiques disciplinaires dures et inconsistantes. D’autres ne s’impliquent pas de manière positive dans la vie de leur enfant et ne supervisent que faiblement ses activités quotidiennes. Quant à l’utilisation des félicitations et des punitions, elle n’a souvent aucune relation logique avec le comportement de l’enfant.

La plupart des jeunes qui développent des problèmes sérieux de comportement grandissent dans ces environnements imprévisibles et peu encadrés. Ils apprennent d’ailleurs à contrôler leur environnement familial avec des comportements agressifs et irrespectueux. Agissement qu’ils rapportent ensuite dans leur sac à dos jusqu’à l’école. Les enseignants doivent ainsi faire face à des jeunes qui, dès la maternelle, refusent de suivre les consignes.

Relation enseignant-parents

De manière générale, les facultés d’éducation sont très peu loquaces sur la façon de collaborer efficacement avec les parents. Une collaboration qui continue d’être un vœu pieux, une pensée magique qui est présente dans tous les textes officiels et discours des gestionnaires et des politiciens qui s’occupent d’éducation.

On se retrouve très souvent avec des enseignants à court de moyens qui discutent avec des parents qui, de leur côté, ne savent pas quoi faire avec leur jeune. Ces parents se demandent surtout comment travailler avec une école qui leur laisse entendre qu’ils sont responsables du comportement de leur enfant en classe, dans la cour de récréation ou dans l’autobus scolaire. Il s’agit pourtant de trois endroits sur lesquels ils n’ont aucun contrôle direct.

Demander aux parents de changer quelque chose à la maison, voire dans leur vie conjugale, pour améliorer le comportement de leur enfant à l’école est une entreprise habituellement vouée à l’échec. Afin d’éviter ce cul-de-sac et favoriser une relation étroite entre parents et enseignants, certaines composantes sont essentielles:

a) Développer un climat positif avec les parents.

b) Maintenir des communications régulières avec eux.

c) Intervenir en utilisant une approche de résolution de problèmes.

d) Favoriser les interventions sur mesure et concertées entre l’école et les parents.

e) Permettre aux parents d’échanger et de développer leurs habiletés sur la manière de mieux gérer le comportement de leur enfant à la maison.

Par ailleurs, l’école doit être en mesure d’intervenir le plus tôt possible auprès des jeunes et des familles à risque. Il est primordial que la participation active des parents soit encouragée dans toute intervention visant la prévention des conduites agressives des jeunes, tout particulièrement à la maternelle et au début du primaire.

Cinq pratiques parentales sont essentielles au développement de comportements positifs et coopératifs chez les enfants et adolescents:

a) Une discipline juste et non punitive.

b) La supervision et le suivi des activités du jeune.

c) L’implication des parents dans la vie de leur enfant.

d) L’encouragement, le soutien et la mise en valeur de ses réussites.

e) L’habileté à résoudre les conflits entre les membres de la famille.

Les parents sont parmi les seuls adultes à avoir un lien affectif suffisamment privilégié et durable pour investir de façon significative dans le développement à long terme des jeunes. Les enseignants, les directions d’école, les psychologues et les psycho éducateurs passent… mais les parents demeurent.

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Gabriel Alexandre Gosselin Dossier École à la maison, École alternative

Après la parution de notre dossier sur l’école à la maison dans notre numéro de septembre/octobre 2009, certains lecteurs ont voulu partager leur expérience d’élève ou de parent enseignant à domicile. Notre journaliste Gabriel Alexandre Gosselin a recueilli le témoignage d’Isabelle Lajoie.

Dessin  ëcole  á domicile 300dpi_Zeck Nous sommes une famille avec 3 enfants âgés de 7, 3 et 1 ans. Le travail de mon conjoint nous amène à déménager souvent. Depuis l’an dernier, nous sommes partis du Québec pour aller en Ontario et ensuite en Alberta. Je trouvais cruel de changer les enfants d’école à n’importe quelle période de l’année. De plus, chacune des provinces offre un cursus scolaire différent.

Difficultés d’apprentissage et Ritalin

Ma fille de 7 ans a fait sa maternelle et sa première année dans une école alternative, mais à l’école publique en Ontario, elle a éprouvé des difficultés d’apprentissage. Les spécialistes souhaitaient lui prescrire du Ritalin mais je trouvais l’idée absurde. J’ai plutôt offert de scolariser ma fille à la maison. On m’a dit que je gâcherais son avenir. Pourtant, elle comprend maintenant ce qu’elle trouvait incompréhensible avant et apprend très rapidement.

Une alternative; l’école à la maison

L’école à la maison offre plusieurs avantages. D’abord, je peux choisir les apprentissages et le rythme est plus rapide. Puis, il y a la diversité des fréquentations. Mes enfants ont la chance de rencontrer des gens de tous les âges. Nous sommes libres de notre horaire; 8h à 12h tous les jours. En après-midi, nous avons du temps pour nos sorties et nos projets éducatifs. Le principal désavantage que j’ai vécu a été de devoir justifier notre choix, surtout auprès d’un gouvernement qui ne répond pas positivement. Je suis aussi confrontée à des jugements négatifs sur ma vie familiale presque tous les jours. Au début, c’était mon conjoint qui ne comprenait pas, mais c’est maintenant le premier à défendre ma décision. Ensuite, j’ai dû convaincre parents et amis. C’est épuisant. J’ai toutefois moins à le faire qu’avant et cela ne me dérange plus autant: mes arguments sont plus solides.

L’Ontario et l’école à la maison

En Ontario, le gouvernement n’est pas opposé à ce mode d’instruction, mais il n’aide pas non plus. L’Alberta offre un montant de 750$ par an. Pour y avoir droit, il faut s’inscrire auprès d’un comité scolaire et lui fournir de l’information sur l’enseignement donné. Nous avons le droit d’enseigner à notre façon, mais il doit y avoir des résultats. Des rencontres ont lieu  1 ou 2 fois par année pour s’assurer que l’argent est bien dépensé.

Il existe beaucoup de soutien pour les parents qui enseignent à la maison, des ressources. Notre fille est inscrite au programme d’enseignement à distance EAD en français et en mathématique. Ce programme offre une formation complète et des devoirs à faire qui sont ensuite envoyés à un enseignant qui les corrige. Les travaux sont finalement retournés par la poste avec les corrections et des notes. Pour le reste, il suffit de se faire confiance et de bien évaluer les apprentissages que l’on donne. Le reste demeure une question de jugement!

Illustration Mabi

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Témoignage

Éducation désaccordée

Dossier  Éducation, Casino

Une heure de piano et de violon, de la danse, du chant: bienvenue à l’école primaire Sacré-Cœur dans le centre-ville de Sherbrooke. Avec 7 heures et demie de musique par semaine et une fin d’année écourtée d’un mois pour préparer le concert, nous avions beaucoup moins d’heures que les autres pour assimiler les connaissances exigées par le ministère de l’Éducation.

Dominic Desmarais

Quand la cloche sonnait pour annoncer le retour en classe après le dîner, mon ventre se serrait. La pire heure de ma journée, le moment que je m’efforçais d’oublier, c’était l’heure quotidienne de violon et de piano. Ces deux demi-heures étaient les plus longues de mon existence toute neuve. Au violon, je luttais sans cesse pour rester dans ma rangée, debout, à jouer de mon archet quand on me le disait, à sans cesse répéter les mêmes passages. De temps à autre, je passais la période seul, confiné à une pièce de rangement, entre des piles de chaises. Au moins, j’étais capable de suivre les autres. Je me débrouillais.

Le cours de piano était mon vrai «calvaire». Ma main gauche refusait obstinément de jouer toute autre note que ce que ma main droite jouait. En fait, je ne jouais que de la droite. Pendant 30 minutes, je priais en silence pour que ma prof ne s’en aperçoive pas. J’espérais repousser à un lendemain sans fin le moment fatidique où je serais démasqué. Le piano, c’était mon enfer, un enfer qui se répétait tous les jours.

Le cours de chant, deux périodes de 45 minutes, me plaisait davantage. Parfois, je fermais les yeux et me laissais bercer par le chœur de mes 29 camarades. Cet univers me reposait. Côté danse… Une heure à faire rire de moi pour mon manque de talent. J’adorais ça! Bouger, virevolter, sautiller. J’avais juste de la difficulté à suivre les directives, la technique. Et je détestais porter ces ridicules chaussons de ballets qui ne me faisaient pas mieux danser…

Ces heures de musique n’étaient pas les plus valorisantes pour moi. Ce sont les moments que j’ai redouté le plus tout au long de mon primaire. La musique et moi, ça n’allait pas ensemble. Le pire, c’est que jamais je ne voyais venir cette heure cauchemardesque. Comme nous avions moins de temps à consacrer aux matières régulières, il fallait apprendre vite. L’avant-midi passait à vive allure. Je plongeais dans des univers différents constamment. J’étais entouré d’amis et sans cesse stimulé. J’apprenais comme une éponge, moi qui n’avais en fait rien à voir avec la spécificité de l’école.

Des concerts à l’ambiance féérique

C’est cette énergie bouillonnante qui me ramenait sans cesse à aimer mon école. À la fin de l’année, quand les 6 niveaux se jumelaient pour préparer le concert de fin d’année, l’ambiance était féérique. Le cadre habituel des cours sautait. Ou bien l’on devait passer une heure, parfois l’après-midi entier, au gymnase pour les répétitions, ou bien notre professeur devait s’y rendre. Pendant un mois, nous nous occupions seuls de notre emploi du temps. Au tableau, nous avions la liste des travaux à faire pour la journée dans chaque matière. Il y avait une liste pour ceux qui voulaient prendre de l’avance. Dans les corridors, j’entendais sans cesse le va-et-vient de classes qui pratiquaient. Moi, j’apprenais sans m’en rendre compte. J’étais toujours dans une atmosphère stimulante car on me sortait constamment de mes habitudes. Un univers parfait pour un rêveur comme moi.

Les deux soirs de concerts, à chaque fin d’année, me faisaient vivre des moments magiques. Deux représentations à guichets fermés dans la plus grosse salle de spectacle de Sherbrooke. À six ans, je dansais, chantais et jouais du violon devant des milliers de personnes qui nous ovationnaient à tout rompre, mes camarades et moi. Après une telle expérience, j’oubliais toutes ces heures angoissantes vécues durant l’année. Le sentiment d’accomplissement ressentis par les quelque 500 élèves de l’école, qui nous était donné suffisait à tisser des liens d’appartenance envers notre établissement, l’éducation, la musique, la curiosité.

Je n’ai toujours pas développé de talent pour la musique. Le goût ne m’en est jamais venu. Mais mon intérêt pour ce qui me pousse à apprendre et à m’accomplir n’a fait que grandir. Parce qu’on m’a appris à aimer apprendre.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Choisir l’école à la maison

Dossier École à la maison, École alternative

L’école à la maison est une réalité difficile à concevoir pour ceux qui ne la vivent pas. C’est pourquoi, dans son dossier sur l’éducation à domicile, Reflet de Société présente 3 portraits illustrant le phénomène: une jeune famille qui prévoit enseigner à la maison, une mère qui a retiré son fils de l’école, ainsi qu’une adolescente de 17 ans qui poursuit au Québec sa 9e année dans le système scolaire américain.

Gabriel Alexandre Gosselin

1. Entamer l’école à la maisonecole-a-la-maison-ecoles-alternatives-apprentissage-different

Comment envisage-t-on l’enseignement à domicile lorsqu’on ne l’a encore jamais reçu ou donné? Pour Geneviève Riffon et Francis Vlayen, jeunes parents dans la mi-vingtaine, l’aventure est déjà entamée avec leur fille Esméralda, âgée de 4  ans et demi, ainsi qu’avec Lestat, qui n’a pas encore 2 ans.

L’apprentissage fait partie de la vie de tous les jours et ne s’apprend pas que dans les manuels scolaires. C’est du moins la philosophie de Geneviève et Francis, qui croient que les mille et une questions qui habitent un jeune enfant ne doivent jamais rester sans réponse. «Ils veulent déjà tout savoir», s’exclame Geneviève, visiblement fière de la curiosité de sa progéniture à tout ce qui l’entoure.

Le projet de Geneviève et Francis en est d’abord un d’expérience familiale, mais le père ne cache pas les mauvais souvenirs qu’il associe à l’école: «En deuxième année, je me faisais battre dans la cour de récréation. J’ai côtoyé la Direction de la Protection de la Jeunesse et les Centres jeunesse. On m’a jeté dans la rue quand j’ai eu 18 ans. Disons que ça m’a aidé à bâtir un regard critique sur l’éducation qu’on donne chez nous et sur ceux qui l’encadrent.»

Conscients des difficultés liées à leur choix, le couple redoute déjà d’avoir à affronter leur commission scolaire ou de vivre leur projet familial dans la clandestinité. «Qu’on ne se le cache pas, c’est une source de stress même à ce stade-ci», remarque Geneviève. Par contre, les deux parents s’entendent pour dire qu’ils n’empêcheraient jamais leurs enfants d’entrer à l’école s’ils en faisaient la demande, chose qui survient souvent à l’adolescence.

Ils sont également conscients des préjugés qui existent sur l’école à la maison, notamment celui selon lequel les enfants sont tenus à l’écart de toute vie sociale. «C’est une idée totalement fausse. On sait qu’il existe des réseaux pour qu’ils rencontrent d’autres jeunes. Puis, comme pour n’importe quel enfant, il y a le voisinage. On n’a jamais fait garder nos enfants, c’est vrai, mais on trouve ça ridicule de les confier à une garderie! On ne veut pas se déresponsabiliser de nos propres enfants», tranche un Francis aux idées claires.

2. Quand la maison remplace l’école… et fait des miracles!

apprendre-a-la-maison-ecole-alternative-apprendre-differemment Maren et Christian ont trois enfants. L’aînée, âgée de 15 ans, étudie dans une école privée anglophone unisexe. La seconde, 13 ans, suit un programme sport-études en soccer dans le système public. Si Cédric, le cadet de 9 ans, reçoit aujourd’hui l’école à la maison, c’est parce que ses parents jugeaient cette seule option comme seule valable.

Tout allait bien pour le petit Cédric jusqu’à sa 3e année dans une école privée internationale. «La professeure ne fonctionnait tout simplement pas avec lui», explique en anglais sa mère quadrilingue originaire de Finlande. Aujourd’hui, la décision porte ses fruits. «Je réalise beaucoup de choses depuis qu’on a fait ce choix. Notre vie familiale est plus enrichissante», note-t-elle.

L’ancienne bête noire de Cédric, c’étaient les devoirs. «Cette tâche supplémentaire aux 7 heures de cours par jour lui paraissait inutile. Il avait de la difficulté à suivre le fil de sa charge de travail par manque d’intérêt et ça lui créait des problèmes», explique sa mère. Le garçon a désormais une tout autre conception des devoirs. «J’ai adapté mon enseignement à lui. Par exemple, je le laisse faire ses travaux sur l’ordinateur parce qu’il est plus à l’aise sur un clavier, explique Maren. Avant, il perdait ses soirées sur des devoirs qui ne le motivaient pas. Aujourd’hui, il a du temps libre en soirée, mais il a aussi beaucoup de temps dans la journée s’il travaille bien!»

En plus d’avoir réussi à remettre Cédric sur les rails, l’école à la maison rend son emploi du temps beaucoup plus intéressant. Captivé par la musique, Cédric pratique le piano, la guitare et la batterie. Il aime non seulement jouer de tous ces instruments, mais il compose beaucoup également. Ces nouvelles heures de liberté lui ont permis d’écrire la musique pour une pièce de théâtre à laquelle il a participé.

Maren n’exclut pas que Cédric puisse un jour demander à retourner à l’école, mais elle avoue elle-même avoir appris de cette expérience, «par exemple que l’apprentissage, ce n’est pas juste à l’école que ça se fait».

3. L’autonomie d’apprendre

Depuis l’âge de 5 ans, Stéphanie (nom fictif) reçoit un enseignement particulier. Élevée jusqu’à l’âge de 12 ans par son père d’origine allemande et sa mère québécoise, elle choisit de poursuivre son éducation à distance dans le système américain. Aujourd’hui, l’adolescente de 17 ans est en 9e année de lycée. Qui lui enseigne? Elle-même!

«C’est sûr, à travers tout ça, j’ai eu des downs. Il y a eu des périodes où je me suis demandé si je ne serais pas mieux à l’école. Quand j’y repense, je sais que j’ai pris la bonne décision en restant dans cette voie.» Stéphanie semble assumer entièrement son choix de vie. «La période où je me questionnais, c’était parce que je n’avançais pas et que je manquais de motivation.» Étant elle-même responsable de son apprentissage, elle fait désormais preuve de beaucoup de maturité face à son éducation. «Cette épreuve m’a donné une force de caractère que je n’aurais jamais acquise autrement. En plus, j’ai dû apprendre à me motiver moi-même et à organiser mon temps.»

Stéphanie trouve aussi beaucoup d’avantages au système scolaire américain, comme une plus grande liberté dans les choix de cours. «Moi, les maths, la science et tout ça, c’est pas trop mon truc. Je trouve ça pratique de pouvoir apprendre en profondeur des matières que j’aime plus. Je ne néglige pas pour autant celles que j’aime moins. J’ai juste pas besoin de les pousser super loin.»

Passionnée par son bénévolat à titre d’étudiante ambassadrice pour Jeunesse J’écoute, où elle affirme avoir rencontré la plupart de ses très bons amis, Stéphanie s’est trouvée une passion pour la psychologie sociale. «L’an prochain, je pourrai choisir des cours dans ce domaine. C’est l’avantage de ma situation.»

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Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

orgue-classique-hip-hop-breakdance-graffiti-dj-rappeurs Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent “Le Choc des Cultures”. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

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