Le personnel soignant, impact des coupures en Santé

Comment survivre dans le système de Santé?

Le système de Santé en chute libre

À deux reprises sur deux années, j’ai été hospitalisé en urgence pour une semaine pour des difficultés pulmonaires. Troubles identiques, même traitement, même hôpital.

J’ai décidé d’en faire un portrait comparatif de ce qui se passe dans nos urgences avec deux années de décalage.

Raymond Viger Dossier Santé

Réactions du personnel

Travailler dans un tel bordel ne peut faire autrement qu’irriter le personnel. Quand tu choisis de t’investir pour améliorer les soins donnés aux patients, tu ne peux pas rester indifférent aux manques d’outils et à la dégradation des services. Tu voudrais pouvoir en donner plus mais c’est l’impasse totale.

Dépassé par la situation, plusieurs ont déjà commencé à décrocher. Quelques exemples de ce que cela donne comme ambiance de travail :

Une préposé demande à un collègue : J’ai besoin d’aide pour une température rectale que je dois prendre. Réponses reçu par les quatre premiers préposés :

  • J’ai pas le temps.
  • Ça ne me tente pas.
  • Moi je ne coure plus, ça donne pu rien.
  • Un à la fois. J’ai déjà essayé de tout faire mais y a rien qui change

Finalement, c’est un agent de sécurité a dû prêter mains propres.

Et ce découragement peut se changer dans un sarcasme de plus en plus direct, sans aucune gêne devant les patients. Quelques exemples :

  • La cliente à l’autre bout a pu le parfum. Moi je ne retourne plus là.
  • Peux-tu aller laver le client du … Y pu le crisse pis j’y ne retournerais plus tant que tu l’auras pas faite.
  • Toujours pareil. Y a aucun équipement qui marche comme du monde.

Pour le test de radiologie à l’iode je suis couché sur une civière dans le corridor en attendant mon tour. Mon champ de vision se limite pour l’instant à une grille de ventilation que je considère horriblement sale. J’en fait part à la technicien pour qu’elle puisse le noter à qui de droit. La réponse a été décevante : C’est tellement compliqué de faire nettoyer quelque chose icit. On oublie ça.

En guise de conclusion

Je suis convaincu que je n’ai vu que la pointe de l’iceberg. Dépassé par ce que j’ai vu et entendu, je ne pose que quelques questions pour définir les impacts d’une telle situation :

  • Ce niveau de violence dans le langage qui a déjà été une cause d’expulsion serait-il maintenant devenu la norme devant l’impuissance de ne pas pouvoir répondre adéquatement aux besoins de la population ?
  • L’état de crise dans lequel le dortoir de l’urgence est devenu favorise-t-il la guérison et la communication ?
  • Les gouvernements qui se sont succédés amènent-ils cette situation pour mieux vendre des services privés de santé ?
  • Ces gouvernements sont-ils conscients du bourbier dans lequel ils mettent le système ?
  • Ces gouvernements sont-ils conscients que nous n’encourageons pas notre personnel à faire mieux avec moins mais qu’on les écoeurent à faire un travail dans lequel la fierté du travail bien fait est atteinte.
  • J’ai fait beaucoup de bénévolat dans les prisons fédérales et je communique régulièrement avec des prisonniers. La situation qui est vécu dans ce dortoir me fait grandement pensé à ce que peuvent vivre des prisonniers devant le manque de services. J’ai même l’impression que certains services sont plus disponibles et mieux adapté en prison que dans les urgences d’un hôpital.
  • Ces états de faits démontrent-ils qu’il vaut mieux prévenir que guérir et qu’un bon système de santé va éviter l’augmentation des demandes dans d’autres départements. Exemples :
  • Augmentation de la maladie pour les patients qui n’oseront plus passer du temps dans ce genre de situation ;
  • Difficultés plus grandes à guérir avec l’augmentation de l’insécurité, du stress et de l’incapacité de dormir adéquatement dans le dortoir ;
  • Augmentation de causes devant la justice pour faire face à l’augmentation de la violence dans les hôpitaux. Autant un psychiatrique ou un junkie qui saute sur tout le monde qu’un simple citoyen souffrant exaspéré qui tente de régler les problèmes par lui-même.

Une histoire à suivre!

 

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Bistro le Ste-Cath
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Bistro le Ste-Cath

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Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

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Le système de Santé sous observation

Le système de Santé en chute libre

Une semaine d’observation à l’urgence

Raymond Viger Dossier Santé

À deux reprises sur deux années, j’ai été hospitalisé en urgence pour une semaine pour des difficultés pulmonaires. Troubles identiques, même traitement, même hôpital.

J’ai décidé d’en faire un portrait comparatif de ce qui se passe dans nos urgences avec deux années de décalage.

Mon hospitalisation de 2013 aura été un charme me laissant de bons souvenirs d’un hôpital qui a su donner une ambiance de travail

L’histoire débute à l’aube du 9 novembre 2015 vers les 5h00.

Je ne peux plus tenir.
Incapable d’obtenir une respiration complète.
À bout de souffle à ne faire que deux pas.
Je dois m’avouer vaincu.
Incapable d’affronter une journée de travail.
Je me résigne à appeler un taxi pour entrer d’urgence à l’hôpital.

Dès que j’avise le conducteur de m’amener à l’hôpital Santa Cabrini, il me dit sans hésiter : à l’urgence ? Je lui fais signe positivement de la tête. Je suis presque couché sur la banquette arrière. Assieds, l’air ne rentre plus dans mes poumons. Complètement à l’horizontale c’est tout aussi pire. Envahit par des sécrétions, je m’étouffe. Avec le peu de capacité pulmonaire qu’il ne me reste, incapable de faire un passage pour l’air vers les poumons.

Ma respiration rapide et essoufflée démontre clairement que respirer n’est plus un droit acquis mais un privilège que je peux perdre à tout moment. Sans tarder, le chauffeur de taxi fonce rapidement sur l’objectif. Je pense qu’il a peur que je finisse mes jours dans son véhicule.

Arrivé sur les lieux, les quelques pas me séparant de la voiture au poste de triage de l’hôpital me paraissent un vrai marathon. À chaque trois ou quatre pas je dois faire une pause.

À l’hôpital, incapable de m’asseoir sur une chaise droite qui me coupe le peu de souffle qu’il ne me reste. Rester debout devient rapidement une posture difficile à tenir, me demandant une quantité impressionnante d’énergie.

Au poste de triage, pas nécessaire de m’enregistrer et de perdre mon temps dans la salle d’attente. On m’amène directement à l’urgence et je passe devant tout le monde pour obtenir immédiatement un lit.

Premier constat, mon taux d’oxygénisation dans le sang est trop faible, on me branche immédiatement sur l’oxygène.

Le test de capacité pulmonaire me donne un résultat de 48% de la moyenne des hommes de mon âge. Pas 48% d’un jeune sportif. Mais 48% de la normalité pour mon âge. C’est dire que j’ai l’équivalent de moins d’un poumon d’un homme de 57 ans !

Je n’aurais pas eu besoin de me déguiser en faux patient pour cette semaine d’observation de l’urgence.

Histoire à suivre:

 

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