Perdre son estime pour mieux le retrouver

Quand la confiance en soi n’est plus au rendez-vous

Estime de soi à rebâtir

Pierre est un être sensible qui a longtemps été étiqueté bon à rien. Pour retrouver son estime qui lui faisait défaut et prendre sa place, il a dû se battre toute sa vie contre le regard des autres… et du sien.

Dominic Desmarais  Dossiers Toxicomanie

confiance en soi estime de soi prendre sa vie en mainÂgé de 57 ans, ce colosse avec quelques kilos en trop déplace de l’air. Tantôt combattif, tantôt émotif, il cherche constamment le mot juste, fouille dans sa mémoire pour en ressortir l’information exacte, passe d’un sujet à l’autre pour revenir à son propos initial. Pierre est un volcan de mots et d’émotions. Il parle sans interruption comme si personne ne l’avait jamais écouté.

Élevé par un père autoritaire qui décidait de tout, Pierre n’a pas appris, enfant, à avoir des idées et à les défendre. C’est en s’exilant de son Joliette natal, pour faire ses études collégiales à Montréal, qu’il goûte pour la première fois à l’autonomie. «Mes amis allaient tous au cégep de Joliette. Je voulais m’isoler.» Pierre, qui aspire à des études de psychologie, est refusé dans ce programme contingenté. Il opte pour la philosophie. «Les étudiants de sciences pures me demandaient ce que j’allais faire dans la vie avec un tel diplôme. Je leur répondais qu’en premier, j’allais apprendre à penser et, une fois que je saurais penser, je penserais à ce que j’allais faire!»

Défendre ses idées

Dans ses cours, Pierre est encouragé à donner son opinion et défendre ses idées. La possibilité de s’exprimer le grise au début, mais, très vite, elle devient un poids. Pierre est toujours à contresens du troupeau. La classe pense blanc, lui répond noir. «Parfois, ça m’inquiétait. Je me retrouvais seul contre les autres. Dans une classe, s’il y en a un ou deux qui ne sont pas d’accord avec toi, ça peut aller. Mais quand c’est tout le groupe, c’est dur. Je me sentais mal à l’aise.» En plus de penser différemment, Pierre est isolé. Il n’a pas d’amis, lui qui a quitté les siens pour la grande ville. Il a peur de couler ses cours, car ses opinions ne rejoignent personne. Nerveux, il rencontre l’un de ses professeurs qui le rassure. Il lui fait comprendre que la philosophie, c’est défendre ses idées. «Tout le monde est contre toi et tu tiens ton bout, tu n’enlèves pas ta fougue.» Pierre se rappelle cet épisode qui l’a marqué. Lui, le grand gaillard, se laisse aller à pleurer.

Après le cégep, Pierre est animé par une soif d’apprendre. Après le monde des idées, il s’oriente vers celui de la logique pour étudier les mathématiques. Il y met toute son énergie et sa passion. Mais le côté rationnel des équations l’étouffe. «Pendant un examen, je me suis demandé ce que je faisais là. J’ai laissé ma copie et je suis parti.» Impulsif, Pierre rentre à son appartement aviser ses colocataires qu’il quitte sur-le-champ pour l’Ouest canadien. «C’était la rébellion. Je n’étais plus capable d’entendre le mot logique. Comme si ce mot avait force d’évangile.» Pierre se laisse aller. Lui si discipliné dans ses études et son travail dans la sécurité, laisse tout tomber. Il prend la route pour quelques mois.

D’un métier à l’autre

Un an plus tard, il retourne à l’université pour compléter son baccalauréat en mathématiques. «Ça faisait un an que j’étais sur la go. Le retour a été trop raide. Je n’étais pas prêt, j’ai abandonné.» Mais Pierre, incapable de ne rien faire, trouve une nouvelle passion pour assouvir son trop-plein d’énergie. Il décide de suivre des cours pour piloter des avions.

Comme pour les mathématiques, Pierre délaisse son nouveau passe-temps. Il retourne à temps partiel à l’université et commence à s’initier aux arts martiaux. Il y trouve une dimension spirituelle et un code de vie qui le nourrissent. Les cours de karaté et d’aïkido deviennent plus importants que les maths. «Je voulais changer la texture de mes muscles. Au lieu qu’ils soient puissants, je les voulais résistants et endurants. C’était l’objectif de ma vie. Pas devenir ceinture noire. Les compétitions, je n’aimais pas ça même si je figurais bien. C’était plus une discipline intérieure.»

En parallèle, il termine ses études universitaires, mais sa soif de connaissances n’est toujours pas assouvie. Il retourne au cégep étudier l’électricité. «Je n’y connaissais rien! J’ai obtenu un diplôme en instrumentation et contrôle. Il y avait de la demande partout pour calibrer les instruments industriels.»

Pierre se sent prêt pour un nouveau défi : affronter le marché du travail. Après avoir développé son côté créatif par la philosophie, son rationnel avec les mathématiques et l’électricité et son intérieur par les arts martiaux, cet autodidacte solitaire est enfin bien dans sa peau. Fidèle à son besoin de découvrir, il s’attaque à un environnement qui lui est inconnu : le monde des ouvriers et des usines. Après une dizaine d’années passées à se découvrir, il doit maintenant apprendre à mettre en pratique ses connaissances en travaillant au sein d’un groupe. Pour Pierre et son estime, ce sera une dure épreuve.

Le travail

Après des années à travailler au sein de petites équipes comme technicien en contrôle d’instruments, Pierre se trouve un emploi dans une usine qui compte plus de 500 employés. L’intégration de cet être original sera difficile.

À son arrivée, Pierre pensait bien s’entendre avec ses nouveaux collègues. Lors d’une visite avec le responsable de l’entretien pour rencontrer les autres employés, il observe l’atmosphère de son nouvel environnement. «À première vue, ça me semblait bien. J’ai rencontré les autres techniciens, des jeunes de 15 à 20 ans de moins que moi. Ils ont une certaine éducation, avec leur DEC. Mais d’autres employés ne savent ni lire ni écrire. Moi, je suis comme je suis. Ma place, ce n’est pas les usines…»

Pierre, avec son franc-parler et son vocabulaire d’intellectuel, est rapidement pris en grippe par les employés de l’usine qui font tourner les machines que lui doit réparer. Ils se moquent de lui quand l’équipement se brise et lui font savoir leur insatisfaction quand les réparations traînent en longueur. Excédé par l’un d’eux, Pierre porte plainte en août 2005 pour harcèlement psychologique. L’employé, en sa présence, lançait des objets contre les murs avec rage, sous les encouragements des membres de son équipe. «J’ai demandé que le syndicat le rencontre. J’étais rendu au point de vouloir lui sauter dessus. Je devenais agressif.»

La déchéance

Le syndicat crée un comité de relations et Pierre demande d’être affecté à un autre département. Rien ne change. Dès que Pierre est appelé pour régler un bris d’équipement, on lui saute au visage. «Je ne pouvais plus vivre avec ça. Je me suis caché dans un bureau. Le représentant syndical est venu me trouver. Je pleurais. J’étais devenu une loque humaine. On ne m’avait même pas battu physiquement. Et j’étais sans défense.»

Pierre rencontre un médecin qui le met en arrêt de travail de 6 mois pour dépression. Côté syndical, il raconte sa version de l’histoire. Aucun grief ne sera déposé contre son intimidateur. Pierre est bouleversé. «Je ne me sentais pas appuyé, pas défendu.» Pour se soigner, Pierre voit un psychiatre. En plus de sa dépression, il souffre de brûlures d’estomac qui l’empêchent de dormir. Son anxiété provoquait des difficultés à digérer. «J’ai demandé à mon médecin quand j’arrêterais de prendre la médication. Il m’a dit que c’était pour la vie. 100$ par mois. Je me sentais mal de savoir que j’allais y être accroché pour le restant de mes jours.»

Maître de sa guérison

Autodidacte, Pierre cherche des solutions. «J’étais à domicile pour un congé de maladie de 6 mois. J’avais du temps pour lire. Internet a tout chamboulé.» En faisant des recherches personnelles, Pierre tombe par hasard sur le site d’un centre de recherche qui travaille sur les ondes et la pensée. «J’ai toujours été intéressé par la recherche intérieure. Là, le site parlait de contrôle de la pensée. Et moi, je me demandais pourquoi, alors que j’ai une colonne vertébrale, que j’ai fait 10 ans d’arts martiaux, je me retrouvais caché dans un bureau à pleurer.»

Pierre commande des CD de musique qui jouent sur les ondes et développe des liens entre les deux hémisphères du cerveau. Pierre fait jouer ces mélodies pendant qu’il dort la nuit. «Avec la musique, j’ai fait partir les pilules et mes problèmes d’estomac. Mon sommeil s’est replacé et j’ai pu retourner travailler.»

Pierre pousse l’expérience plus loin. «Je me suis dit que j’étais capable d’altérer bien des choses de mon cerveau, que ma pensée pouvait être plus large, plus complète.» Il décide de se fabriquer des phrases subliminales, qui défilent trop vite pour les apercevoir, et les fait passer sur l’écran de son ordinateur devant lequel il est régulièrement assis. «Plus on répète quelque chose, plus ça devient vrai. Même un mensonge, s’il est répété plus d’une fois, devient vrai. Moi, je m’écrivais que j’étais bon, que j’étais capable. Des phrases positives.»

Pierre est retourné au travail, son problème de manque de confiance qu’il traîne depuis l’enfance est disparu. Comme les arts martiaux lui ont, à une époque, procuré une paix intérieure, aujourd’hui c’est la musique de méditation qui l’aide. Quant à demain, Pierre verra bien. D’ici là, il apprend à savourer la vie au jour le jour. Un objectif si simple qu’il aura mis des années à comprendre.

Autres textes sur Toxicomanie

    Abonnement au magazine Reflet de Société

    magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

    Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

    • Le citoyen est au cœur de notre mission
    • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
    • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
    • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
    • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

    Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Publicités

    Consommation de drogues: conséquences et séquelles

    Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

    Toxicomanie

    M’en sortir pour mes fils

    Il est difficile pour un ancien héroïnomane de faire la paix avec ses vieux démons. Pierre a dû passer par le remords et le rejet avant de se sentir renaître. Ce sont ses deux garçons qui l’aident à se battre pour continuer à vivre malgré son passé qu’il traîne comme un boulet.

    Dominic Desmarais Dossiers Drogue

    toxicomanie héroinomane héroine droguePierre dit être sobre depuis près de 20 ans. Il n’en est pas certain. L’usage prononcé de drogues dures a nui à sa mémoire. «C’est difficile de me situer parce que j’ai eu de petites rechutes de deux ou trois jours, au début des années 1990. Je n’ai plus la même capacité de me rappeler, j’oublie vite. C’est plus à cause du LSD et de la colle parce que ç’a brûlé mes cellules.»

    Séquelles à la consommation

    Pierre prend le temps de fouiller dans sa mémoire. Il parle lentement avec, à l’occasion, des absences qui lui font perdre ses idées. Il a des éclairs de lucidité suivis de doutes. Il a beau être sorti de l’enfer de la dépendance, la drogue continue de l’affecter. «Ça m’a pris au moins 10 ans pour me remonter. D’abord physiquement, j’en souffre encore. Je n’étais pas une beauté, mais je paraissais bien. Aujourd’hui, on voit les résultats.» Pierre a la peau jaunâtre et flasque. Ses dents, pour ce qu’il en reste, sont gâtées. Âgé de 49 ans, il en paraît 15 de plus. Mais son apparence est le moindre de ses soucis. Il a des problèmes de foie, de la difficulté à dormir et à marcher.

    «J’ai encore des séquelles. Je suis affecté mentalement. Quand je vis une crise, je suis maintenant capable de faire avec sans me doper. Avant, quand je n’étais pas bien dans ma peau, que je rêvais de gens qui se piquent, je ne dormais plus la nuit. Des fois, je ressens un malaise profond quand j’ai un flashback de cette période. Ça peut être quelque chose qui me ramène au passé. Et quand ça m’arrive, j’ai peur. J’ai peur de rechuter. Pourtant, ça fait des années que je n’ai rien consommé. C’est impossible d’oublier ça. Je vais toujours être de même. Je suis cicatrisé à vie.»

    Junkie à l’héroïne

    À force de côtoyer la mort et les endroits malsains, la fragilité de Pierre est sortie de l’ombre. Il doit affronter ce qu’il a fait semblant de ne pas voir quand il était sous l’effet de l’héroïne. «Quand je réalise ce que j’ai fait à certaines personnes, je me sens mal. Ça prend un salaud pour donner une aiguille à une femme enceinte. Je me déculpabilisais en me disant que c’est elle qui l’avait demandé. Je n’étais pas moi-même, à lui procurer de l’héroïne. Un junkie, pour moi, c’était comme un numéro quand je vendais de la drogue.»

    En discutant, Pierre revit un malaise qui le secoue. Le passé revient le hanter. Pour passer au travers, il pense à ses garçons. «Ce qui me ramène immédiatement, ce sont mes fils. Je ne me mettrais jamais une aiguille dans un de mes bras avec mes enfants. Je ne leur ferais jamais vivre ça. C’est impensable. Plutôt me tirer une balle.»

    L’amour d’un père

    seringue drogue injectable injection dependance consommation udi Pierre a commencé à se droguer pour fuir son père. Il veut être un autre modèle pour ses fils de 17 et 16 ans, qu’il n’a pu voir tout au long de leur enfance en raison d’une mésentente avec la mère. «Elle a été abusée sexuellement par son père. J’ai essayé de l’aider, mais je lui nuisais. La rupture était inévitable. Elle était centrée sur le matériel et l’argent. Mais je n’ai pas de rancune, c’est elle qui m’a donné mes deux enfants. J’ai vu, plus tard, qu’elle avait bien fait de me quitter.»

    Sa conjointe part avec leurs garçons alors qu’ils sont en bas âge. Pierre se bat pour les voir puisqu’il partage la garde. «Mais elle me faisait trop de troubles. Elle a appelé la police plus d’une fois de sorte que si je me présentais chez elle, la police allait rappliquer. Ça m’a démoralisé. J’ai été voir des avocats, ce que je ne voulais pas au début parce que je n’avais pas d’argent. Je me sens mieux et je suis capable d’accepter ce qu’elle m’a fait. Elle avait des problèmes à régler. Tout comme moi.»

    La DPJ

    De loin, Pierre essaie de garder le contact avec ses fils. Il leur envoie des cadeaux et des cartes pour Noël et aux anniversaires. Elle lui retourne tout ce qu’il offre. «Ils ne les ont jamais vus! Elle avait peur qu’ils aient une relation avec moi. Elle ne voulait pas que je les voie. Elle leur a dit que j’étais un pourri, un dopé. Ils me l’ont avoué il n’y a pas longtemps.»

    L’ancien junkie se résigne. Il s’attend à revoir ses enfants à leur 18e anniversaire. Jusqu’à ce que la DPJ entre en contact avec lui au sujet de Brian, son plus jeune fils. «Il avait 15 ans. Il créait des problèmes parce qu’il me cherchait. Il en voulait à sa mère.

    Et quand la DPJ entre dans la vie d’un jeune, les deux parents doivent être rencontrés. Si j’ai une belle relation avec mes enfants, c’est grâce à lui parce qu’il a forcé les choses pour me voir. Il manquait la présence de son père. Un enfant a besoin de ses deux parents.»

    Un rapprochement difficile

    Même s’il a cessé de consommer, Pierre a de la difficulté à se rapprocher de sa famille. Son père reste aussi dur à toucher. «J’aurais aimé qu’il puisse s’ouvrir et me dire qu’il m’aime. Avec le temps, j’ai vu que c’était impossible. Pour lui, un homme n’affiche pas ses émotions et sentiments. C’est sa mentalité.

    Un homme ne pleure pas, il n’a pas le droit. C’est comme ça que j’ai grandi. On va avoir une relation froide jusqu’à sa mort. J’ai fait mon deuil. Je ne peux pas devenir ami avec lui, ou même avoir une relation père-fils. J’ai arrêté d’essayer.»

    Avec sa mère, c’est la même chose. «C’est pire encore. Elle a toujours eu l’esprit d’une femme au foyer. Faire le ménage, le souper sur la table quand son époux arrive pour le voir content. Il n’y avait pas de vie familiale.

    Si on faisait une activité, un voyage, on ne partageait pas ce qu’on voyait, ce qu’on vivait. On le gardait chacun pour soi. J’aurais aimé ça qu’on s’ouvre. Ma mère non plus ne m’a pas pris dans ses bras pour me dire qu’elle m’aimait.»

    Impossible pour Pierre de tisser des liens qui n’ont jamais existé avec ses parents. L’amour et l’écoute qu’il aurait aimé recevoir, il l’offre à ses fils. «Avec mes enfants, c’est complètement différent. On a une relation amicale. J’accepte les erreurs que je fais avec eux. Je leur dis quand j’en fais. Et je leur demande de me le dire quand je leur fais vivre quelque chose. Ça m’encourage.

    Si je suis encore debout et positif, c’est à cause d’eux. J’ai été un junkie, plusieurs personnes sont mortes indirectement parce que je leur ai vendu de la drogue. Mais mes deux enfants me font dire que je n’ai pas tout raté. Je donnerais ma vie pour eux. Ils viennent avant moi.»

    Autres textes sur Toxicomanie

    Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

    Merci de votre soutien.

    Abonnement au magazine Reflet de Société

    magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

    Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

    • Le citoyen est au cœur de notre mission
    • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
    • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
    • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
    • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

    Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Le parcours d’un toxicomane

    Témoignage

    Conséquences de la toxicomanie

    Dominic Desmarais Dossiers Drogue

    drogue toxicomanie drugs toxicomanePoussé par un besoin de fuir la sévérité de son père, Pierre commence tôt à consommer de la drogue. De la colle à l’héroïne, il s’est enfoncé dans un cauchemar qui l’a mené aux portes de la mort.

    Pierre est arrivé du Portugal avec sa famille à l’âge de quatre ans en 1966. Fils d’un immigrant qui aspire à une meilleure vie au Canada, il se sent à l’étroit dans sa famille. Le père, autoritaire et à la discipline sévère, encadre étroitement ses quatre enfants. Il exige d’eux de bons résultats scolaires, passage obligé vers la réussite.

    Avant de souffler ses 10 bougies, le petit Pierre a entendu plus d’une fois son père lui dire qu’il ne veut pas de voyou dans la famille. Pierre n’a pas de liberté. Il trouve la vie trop sérieuse.

    Je ne pouvais pas aller jouer dehors avec les autres enfants, je devais être à la maison tôt. Je ne blâme pas mon père, c’est comme ça qu’il a été élevé. Il n’a jamais affiché ses émotions.

    Voleur à 6 ans

    toxicomanie drogue toxicomane drug sites injections supervisées seringuePour se révolter, Pierre devient ce que son paternel ne veut pas. À 6 ans, il vole des jouets dans des boutiques parce qu’il n’en a pas.

    J’étais déjà en train de commettre des actes criminels. À 10 ans, je me poussais de la maison pour l’éviter, lui et ses règles. Je traînais dans la rue. J’ai commencé à sniffer de la colle. Dans les années 70, c’était commun pour un ado. J’ai commencé à me rebeller encore plus.

    À l’école, les problèmes s’accumulent. Pierre décide d’éviter de s’y présenter.

    Je préférais aller voler dans des boutiques! Quand je devais aller voir le principal pour mes sorties sans permission, il me battait avec une petite ceinture en cuir, 3 coups dans chaque paume de la main. À 10 ans! J’en pleurais! Mais je répétais toujours les mêmes erreurs. Et plus je me rebellais, mieux je me sentais.

    Sa présence dans les rues du quartier ne passe pas inaperçue. Des travailleurs de rue le signalent à la DPJ. Pierre devra fréquenter l’organisme Enfant Soleil où on l’occupe par le sport pour l’em-pêcher de flâner. Pendant deux ans il y joue au ballon et au hockey tout en poursuivant ses activités criminelles. Avec des amis, il s’imagine voler un dépanneur fermé. En sortant, ses amis et lui sont accueillis par quatre voitures de police. À 14 ans, il est envoyé en centre d’accueil.

    Prisonnier juvénile

    On m’a envoyé à Cartierville, un centre de détention avec une clôture. Une prison pour jeunes délinquants. Ça m’a aidé. Je me sentais bien dans ça. Je me valorisais dans le sport.

    Pierre habitait une petite maison avec une douzaine de jeunes et des travailleurs sociaux présents 24 heures sur 24.

    On me laissait partir pour quelques mois et je recommençais mes mauvais coups. Un juge en a eu assez et m’a rentré en centre fermé jusqu’à mes 18 ans.

    Pendant ces 4 années passées en centre d’accueil, il voit ses parents à trois ou quatre reprises.

    Mon père n’aimait pas ça et moi non plus je ne voulais pas qu’il vienne. J’avais droit à la morale. Ça a duré longtemps…

    Au centre d’accueil, Pierre apprend un peu à se prendre en main. Mais à cet âge, il voit la vie en noir. À 18 ans, on le laisse regagner la maison familiale.

    En sortant du centre, je ne consommais plus de colle. Mais j’ai revu mes anciens amis. De la colle, nous sommes passés au pot, à la mescaline, au pcp et à la cocaïne.

    Couple de camés

    toxicomanie drogue toxicomane drug site injections superviséesÀ cette époque, Pierre devient follement amoureux et se fiance à 19 ans. Sa compagne partage son penchant pour les drogues. Pendant cinq années, ils mènent une vie simple.

    Elle aussi aimait consommer. Sauf que son trip s’est terminé. Elle regardait son avenir et voyait qu’avec moi, elle n’allait nulle part. Elle a arrêté. Pas moi. On ne sortait plus, on n’allait plus au cinéma. J’étais de plus en plus avec mes amis. Avec elle, je me sentais trop encadré. Quand elle devenait trop possessive, je m’évadais.

    Bien que Pierre se sente à l’étroit dans sa relation, la rupture le chavire. Il consomme plus que jamais pour étouffer sa peine.

    C’est là que j’ai commencé à prendre de l’héroïne. C’était le début de la fin.

    Un ami de party lui présente des gens de la mafia. Pierre se trouve un nouvel emploi: vendeur de drogue.

    J’étais toujours défoncé. J’en vendais à des femmes enceintes. Je me sentais mal. J’essayais de leur faire la morale, ce que je détestais tant qu’on me fasse! Parfois, quand elles n’avaient pas d’argent, je leur en donnais. Mais comme je me sentais trop mal, j’ai arrêté.

    Jouer avec la mort

    Pierre travaille dans une piquerie mais l’atmosphère devient trop pesante pour lui. Il devient livreur en voiture.

    Voir les autres mourir, attraper le sida ou l’hépatite, ça m’a fait réaliser qu’un jour, ce serait mon tour.

    À 26 ans, la réalité le rattrape. Il est porteur de l’hépatite C.

    Quand tu l’attrapes, si elle n’est pas traitée, l’hépatite devient une cirrhose du foie qui dégénère en cancer.

    Pendant 6 mois, il suit un traitement à la méthadone qui s’avère inefficace. Son hépatite est trop forte.

    Comme ça ne fonctionnait pas, j’ai continué à consommer.

    Insouciant, le jeune homme continue à jouer avec la mort. Il fait quatre overdoses. En route vers l’hôpital, il s’en prend aux ambulanciers qui, d’une injection, le ramènent de sa folie.

    À ma dernière overdose, rendu à l’hôpital, j’ai enlevé tous les fils parce que je n’étais plus gelé. 20 minutes plus tard, j’étais en train de me mettre une aiguille dans le corps. Faut vraiment pas s’aimer…

    Malgré ses overdoses, Pierre ne s’adoucit pas. Il n’a pas encore touché le fond. Un soir, dans un motel, il mélange héroïne et cocaïne. En sortant de son marasme, il s’aperçoit que ses jambes et ses testicules sont pleines d’eau.

    C’est comme si j’avais pris 50 livres en 10 heures. J’ai aussitôt pris un taxi pour l’hôpital. C’était bien une cirrhose. Les médecins m’enlevaient jusqu’à un litre d’eau parce que mon foie ne fonctionnait pas. Ça me prenait un foie sinon je n’avais pas plus de 2 ans à vivre.

    À cause de sa cirrhose, Pierre est incapable de marcher. Il est confiné pendant un an à l’hôpital.

    Je sortais une journée par semaine. J’attendais un foie. Ça a pris du temps.

    Pierre est chanceux. Son médecin, qui le suit depuis des années, se bat pour lui obtenir l’organe dont il a besoin pour vivre. D’ordinaire, les consommateurs de drogue ne sont pas choisis pour une transplantation.

    Espoir d’un junkie

    Après un an d’attente et d’angoisse, Pierre reçoit la bonne nouvelle.

    Je braillais tellement! Je n’y croyais plus. Ils n’en donnent pas à un drogué.

    En salle d’opération pour la transplantation, on l’avise que le foie n’est pas compatible.

    J’ai piqué une crise, je me suis mis à pleurer. Deux mois ont passé. J’étais toujours à l’hôpital. Ils m’en ont trouvé un autre, compatible cette fois.

    Pour l’opération, on l’ouvre de bord en bord, comme en témoigne la longue cicatrice qui orne son ventre. Pour le soulager de sa douleur, on lui donne la possibilité de s’injecter lui-même, depuis son lit d’hôpital, des doses de morphine.

    Je suis retombé dans le même pattern. Je flippais. Inconsciemment, je rechutais. Je n’avais plus mal et je me donnais des injections, j’abusais. Il fallait que je nettoie mon cerveau. Je savais ce que j’étais en train de faire. Comme on dit, junkie un jour, junkie toujours. Je n’aime pas cette phrase-là, mais c’est vrai.

    Pierre en parle avec un thérapeute.

    Ça n’allait pas. Je courrais encore après ce feeling. Ça me prenait un antidouleur, mais pas de la morphine, qui donne presque la même sensation que l’héroïne.

    L’héroïnomane se sent mieux. Mais marcher le fait toujours souffrir. Son médecin lui suggère un autre traitement à la méthadone.

    J’en prends encore. Ça m’enlève le manque. Je diminue petit à petit la dose. Depuis, je vois mon médecin tous les lundis, avec des prises de sang à chaque fois. Je pensais qu’avec mon nouveau foie, mon hépatite disparaîtrait, donc adieu le risque de cirrhose et de cancer… Mais non. L’hépatite ne part pas comme ça. Et elle a affecté mon nouvel organe.

    Toutes les semaines pendant près d’un an et demi, Pierre doit recevoir trois injections, sans compter les médicaments qu’il doit ingurgiter.

    Je prends une vingtaine de comprimés par jour pour la tension et les antirejets. J’en ai pour le restant de mes jours. Parce que ce n’est pas mon foie, mon organisme peut le rejeter. Et si ça arrive, je peux mourir dans l’instant. Ça me fait suer, mais si c’est le prix à payer pour rester en vie…

    Pendant des années, Pierre ne s’est jamais soucié de sa vie. Aujourd’hui, diminué par l’usage de drogues dures, il s’accroche. Il vit au jour le jour en cherchant un sens à ses expériences.

    Autres textes sur Toxicomanie

    Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

    Merci de votre soutien.

    Abonnement au magazine Reflet de Société

    magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

    Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

    • Le citoyen est au cœur de notre mission
    • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
    • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
    • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
    • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

    Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Patrick Prophète: conduire sous influence du GHB et cocaïne

    Arrestation de Patrick Prophète

    1600$ d’amende est-ce responsable?

    Patrick Prophète, intoxiqué au GHB et à la cocaïne se retrouve avec son véhicule dans le champ. 1600$ d’amende et un an sans conduire est-il suffisant?

    Raymond Viger Dossiers  Drogue , Toxicomanie

    La vidéo de Patrick Prophète dans son véhicule, complètement intoxiqué au GHB et à la cocaïne était très explicite. Complètement hystérique et avec des instants de complète perte de conscience comment peut-on s’imaginer que Patrick Prophète, quelques instants auparavant se retrouvaient sur la route conduisant son véhicule.

    S’il avait tué quelqu’un avec son véhicule, il aurait été tenu criminellement responsable et on l’aurait retrouvé derrière les barreaux pour un bon bout de temps. Parce que, par hasard ou par pure chance pour les citoyens qui se trouvaient dans le secteur, personne n’a été tué ou blessé. L’incapacité de conduire son véhicule est pourtant la même. Pourquoi la conséquence serait moindre?

    Tuer ou ne pas tuer… voilà la question!

    Si je fais un vol à main armé. J’entre dans un dépanneur. Je pointe mon pistolet sur la tempe du caissier et prend tout l’argent. Je sort du dépanneur et la police me ceuille. Est-ce moins criminel que si j’avais pu sortir du dépanneur et réussi à prendre la fuite?

    Doit-on attendre qu’un enfant se fasse frapper par un chauffard pour sévir? Patrick Prophète a conduit un véhicule sans en être en état de le faire. Qu’il ait tué ou non quelqu’un, l’incapacité de conduire son véhicule était criminelle et plus qu’évidente.

    La justice au Québec est parfois très discutable et très molle.

    Pour voir la vidéo de Patrick Prophète.

    Autres textes sur Toxicomanie

    Autres textes sur Justice

    Quand un homme accouche

    quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

    Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

    Autres livres pouvant vous intéresser:

    Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Francophonie: être francophone en milieu anglophone

    Isolement des francophones hors-Québec

    Les jeunes francophones de Windsor, Ontario

    Windsor est une ville ontarienne qui a bien des choses en commun avec le petit village gaulois d’Astérix. En effet, cette petite communauté de francophones hors-Québec, reliée à Détroit par un pont, a une position de résistance de plus en plus difficile à défendre.

    Par Martin Ouellet        Dossier Francophonie

    Le Festival franco-jeunesse de Windsor en est à sa 10e édition. Le Festival franco-jeunesse de Windsor a pour objectif de favoriser l’estime de soi des jeunes et leur présenter des modèles de gens qui se développent et évoluent dans des milieux francophones.

    Pour souligner cette 10e édition, nous présentons ici un reportage de Martin Ouellet réalisé lors de la 1ere édition.

    Les arts et la francophonie

    De nombreuses activités dont des concerts, des ateliers d’illustration, de création littéraire, de vidéo, de gestion de projets, de croissance personnelle et d’arts visuels étaient au programme. Sarah Hall, artiste-peintre, et Jean Labourdette, graffiteur, ont fait partie des invités du centre communautaire. Ils sont allés rencontrer des élèves finissants de l’école secondaire Lessard pour échanger avec eux, les encourager à poursuivre leurs études en français et les aider à se valoriser à travers la création. Voici le portrait assez particulier de l’endroit qu’ils nous ont dépeint…

    Style de vie

    À Windsor, ne cherchez pas de films en français à l’affiche dans les cinémas ni de livres francophones dans les libraires, il n’y en a pas. La télévision et la musique parlent anglais aussi. La diversité ethnique est à peu près inexistante. À l’école secondaire Lessard, si les cours et les ateliers se déroulent en français, dès que la cloche sonne pour la pause, on n’entend que de l’English dans les corridors.

    Le rythme de vie y est beaucoup plus strict. Chaque matin, on récite une prière en classe, suivie de l’hymne national du Canada et d’une minute de silence! «C’est comme si la vie s’arrêtait! Les retardataires n’osent même pas entrer en classe avant la fin de la minute de silence!», nous confie Jean. Les enseignants sont plus formels et rigides, plus centrés sur le rituel que sur la motivation et la passion des jeunes.

    Les finissants du secondaire sont confrontés à un choix: poursuivre leurs études en anglais (à Ottawa, Toronto ou Détroit) ou s’exiler à Montréal pour continuer en français. Pourtant, ces jeunes n’ont pour la plupart jamais eu de contact avec Montréal, qui se situe à plus de dix heures en automobile.

    Suicide et drogue

    Cette communauté francophone n’a pas réussi à trouver la potion magique qui a fait la force des gaulois d’Astérix… La proportion de suicide chez les étudiants francophones est sensiblement plus élevée et la consommation de drogues est anormalement supérieure aussi.

    L’ennemi numéro un: l’ennui. «Les jeunes passent leur temps à travailler dans une shop, à fumer du pot, à se battre, à traîner dans les restos 24 heures et à faire des cascades débiles comme dans l’émission Jackass.», nous dit Jean. «Ils n’ont rien à faire, ils regardent leurs parents démotivés, matérialistes, et ils se résignent à mener une vie sans ambition, comme eux autres.», ajoute Sarah.

    Sans automobile, les jeunes restent cloîtrés, dépendants de leurs parents ou du transport en commun déficient. La routine, le manque de motivation et d’exemples positifs en font un milieu propice pour les drogues et la violence.

    Immersion

    Il existe un sentiment général de fatalité. Les jeunes préfèrent travailler chez un constructeur automobile que de continuer à s’ins-truire. Le travail s’effectue en anglais, que ce soit dans la ville de Windsor elle-même ou aux États-Unis, de l’autre côté du pont. Le travail bien rémunéré en usine procure un confort matériel, ce qui rend l’immersion tentante et plus facile.

    Art et culture

    Le défi était de taille pour arriver à faire participer ces étudiants réputés pour leur manque d’initiative et leur manque de motivation. Pourtant, les deux animateurs ont rapidement compris qu’il fallait créer un contexte moins formel, amener les jeunes à se sentir libres et créer un lien de respect mutuel, sans rapport d’autorité. «On a créé des circonstances favorables pour les aider à trouver la force du changement en eux-mêmes. On a réveillé une énergie dormante en eux.», explique Jean.

    En attribuant les tâches selon les compétences et, après quelques notions techniques, les artistes ont amené les finissants à prendre la place qui leur revenait. Le thème de l’œuvre collective était l’estime de soi. «Ce qui m’a impressionnée, c’est de rencontrer des jeunes en crise et de leur faire réaliser qu’ils peuvent se prendre en main.», mentionne Sarah.

    Les professeurs ont été étonnés de voir le travail artistique que Sarah et Jean ont réalisé avec leurs jeunes. Les finissants, perçus comme des délinquants, se sont montrés très responsables. Il n’y a eu aucun vol, pas un tag. «J’ai perdu mon cahier de sketches un moment donné, raconte Jean. Il m’a vite été rapporté. Ils nous ont même amené du café la deuxième journée!».

    «Pendant le ramassage, il pleuvait et les jeunes étaient encore dans l’échafaud, à peinturer!», se souvient Sarah. Les animateurs ont prodigué conseils et énergie, aidant les élèves à prendre conscience à quel point les arts et le processus de création peuvent être valorisants, porteurs de réflexion. «On leur a laissé des canettes pour qu’ils puissent continuer leur œuvre et on les a incités à négocier avec leurs profs pour obtenir un mur, un espace de liberté pour créer. On a semé des graines, on espère qu’elles vont pousser…», s’interroge Jean.

    «Un lien s’est créé entre nous. On leur a apporté quelque chose, mais eux aussi, en retour, nous ont donné beaucoup: de la gratitude, des remerciements. C’était vraiment enrichissant», conclut Sarah.

    Quel message pour les jeunes de Windsor?

    Quand je lui demande ses souhaits pour les jeunes de Windsor, Sarah répond spontanément: «Soyez fiers d’être franco-ontariens! Si vous restez à Windsor, essayez d’influencer votre milieu. Si vous vous en allez, partez découvrir autre chose et revenez pour enrichir votre milieu de votre expérience. Vous êtes la relève, ne l’oubliez pas!».

    Quant à Jean, il recommande la prise de pouvoir: «Reconnaissez vos talents, vos forces, vos intérêts. Prenez contact avec votre propre personnalité et osez prendre des risques. Ne subissez pas l’avenir, revendiquez-le!».

    Selon Charles Castonguay de l’Université d’Ottawa, après une étude de 30 années de statistique: «l’assimilation des francophones hors Québec progresse».

    Autres textes sur la Francophonie

    Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

    Merci de votre soutien.

    Quand un homme accouche

    quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

    Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009   Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

    Autres livres pouvant vous intéresser:

    Recueil de textes à méditer

    Guide d’intervention auprès d’une personne suicidaire

    Comment écrire un blogue pour être vu et référencé?

    Roman de cheminement, L’amour en 3 Dimensions

    Comment intervenir auprès des jeunes

    Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Travailler dans une piquerie

    Drogue et Toxicomanie

    Les clients d’une piquerie

    Pierre a longtemps été accro à l’héroïne. En plus de consommer, il a travaillé dans une piquerie à vendre pour la mafia cette drogue qui détruit la vie de ceux qui se l’injectent. De par son expérience, il a des suggestions à proposer quant à l’ouverture des sites supervisés pour héroïnomanes.

    Dominic Desmarais Dossiers Drogue, Site d’injections supervisées

    site d'injections supervisées toxicomanie drogue insiteAu tournant des années 1980, Pierre, grand consommateur de drogues dures, se fait offrir par un ami un boulot dans une piquerie. Pour le compte de la mafia, Pierre fait la navette entre 5 appartements dans le quartier St-Michel pour accueillir des accros comme lui. Le concept est économique: un loyer et deux employés à payer. Le vendeur, affairé à couper l’héroïne dans les toilettes, et le portier qui vérifie les entrées et les sorties des clients.

    C’est simple. Si on ne connaissait pas la personne qui venait, elle n’entrait pas.» Armé d’un fusil au canon scié, le portier assure la sécurité. «Dans les piqueries, il y avait souvent des gens qui venaient pour voler la came. Et parfois, les junkies, quand ils ne peuvent avoir leur dose, deviennent agressifs. Il fallait utiliser l’arme pour leur faire peur, les faire déguerpir.

    sites d'injections supervisées toxicomanie drogues injectables prostitutionÀ l’intérieur de l’appartement, c’est la jungle. Les clients se succèdent. Ils s’assoient sur le plancher pour se piquer.

    On pouvait garder entre 10 à 14 clients en même temps. Ça changeait aux 20 minutes. Une bonne journée, on avait 60 clients. On faisait 10 000$ par jour. On donnait tout l’argent au boss et on recevait notre paie. Je faisais presque 1000$ en 5 jours. Je faisais de l’argent mais je n’en avais pas, j’achetais de l’héro. La dope, c’est payant seulement si tu n’en consommes pas.

    drogue-toxicomanie-drugs-toxicomanesPierre doit s’occuper des junkies qui s’incrustent. Un boulot qu’il n’apprécie pas.

    On donnait 20 minutes aux clients avant de leur dire de quitter l’appartement. On les réveillait. Avec certains, trop gelés, c’était difficile. Parfois, on en sortait pour les mettre dans une ruelle. Mais les bons clients, on les gardait plus longtemps. Comme on avait de grands apparts, ils pouvaient aller dans une chambre. Même moi, je dormais là des fois. Mais l’endroit était dégueulasse. Personne n’y faisait le ménage, il y avait du sang un peu partout. Je n’osais pas y toucher. Des fois, on faisait nettoyer la place par des clients qui n’avaient pas d’argent. Ça faisait leur affaire et la nôtre aussi!

    Économie parallèle

    drogue-toxicomaneUn client sans argent n’était pas rare. Pierre développait un business parallèle avec les objets offerts contre une dose.

    C’était aussi un marché noir. Les clients arrivaient avec des télés, des manteaux de cuir, des bijoux. Des objets de 300 à 400$ que j’achetais pour 20$, le prix d’une dose. Quand un client venait avec des jouets d’enfants, je refusais. Je me sentais trop mal. Mais d’autres acceptaient.

    Pierre voyait défiler des gens de toutes les classes sociales. Des danseuses, des hommes d’affaires, des avocats, qui envoyaient quelqu’un chercher la drogue.

    Certains, qui venaient pour la première fois, semblaient avoir une belle situation. Ils avaient de l’argent et venaient une ou deux fois par semaine. Puis trois, puis quatre, pour finalement venir tous les jours. Ils étaient pris au piège et comptaient sur moi pour les soulager de leur douleur. Ils me voyaient comme un docteur qui allait les guérir. Ils paraissaient bien, avec de beaux vêtements, de belles voitures, de belles conjointes. Après 2 mois, ils n’avaient plus rien. Ils étaient à la rue. Je regardais ça et je me disais: il faut que j’arrête, je ne peux pas être responsable de ces zombies. On me suppliait de donner de la drogue. On s’accrochait à mes jambes. Le manque en faisait pleurer. Tu as beau cacher tes émotions, être défoncé, ça te touche.

    site d'injections supervisées toxicomanie drogue insitePierre aussi consomme au travail. C’est la raison pour laquelle il a accepté ce boulot.

    Je me gelais tellement que je ne vivais pas ce que je voyais. J’étais absent. Je voyais des gens tout maigres, tout croches, qui se décomposaient alors qu’au début ils étaient pleins de force. On me proposait du sexe contre une dose mais j’étais incapable de le faire avec des femmes comme ça. J’ai vu tellement de gens malhonnêtes. Des couples se piquaient devant moi. J’ai été marqué quand j’ai vu un client venir avec sa femme et leur fils de 6 ans. Ils se sont piqués devant lui. Je me sentais tellement mal que je ne voulais plus qu’ils viennent à la piquerie s’injecter. Je leur vendais mais il fallait qu’ils aillent se piquer ailleurs.

    Un vendeur avec une conscience?

    Il y a bien des choses que j’ai oubliées. D’autres que je ne veux pas dire. Je me sens trop mal, c’est trop dégueulasse. À travers toutes mes expériences, j’ai fait souffrir énormément de gens. Quand quelqu’un faisait une overdose, la plupart des autres s’en foutaient. Ils le laissaient crever. Dans la piquerie, il fallait les sortir et les mettre dans la ruelle pour éviter que la police ne débarque à l’appartement. C’est très criminel, comme endroit. Je vendais beaucoup, je travaillais pour des gens importants. Mais c’était juste une affaire d’argent, pour eux. Ils s’en foutaient que je crève.

    Injection supervisée

    drogue-toxicomanie-drugs-toxicomanesPierre a cessé de consommer au début des années 1990. Depuis, il s’est beaucoup intéressé à la condition des gens qui, comme lui, ont vécu l’enfer des drogues dures.

    Un héroïnomane vit plus le jour que la nuit. Quand il se réveille, la première chose qu’il fait, ce n’est pas aller aux toilettes, prendre sa douche ou déjeuner, il prend plutôt sa seringue et se pique. Après, il peut aller travailler. Certains en prennent une fois par jour, d’autres ça peut être deux. C’est comme ça qu’arrivent les overdoses. Ils essaient d’en faire plus que ce que leur système peut supporter.

    Autre problème qui peut mener à une overdose: la nouvelle drogue qui sort sur le marché. Quand Pierre mettait la main sur une nouvelle sorte qu’il ne connaissait pas, il coupait ses doses de moitié pour l’essayer.

    Au milieu des années 1990 est arrivé de Vancouver le China White. C’était beaucoup plus fort que ce qui existait. En une semaine, il y a eu environ 30 overdoses.

    Pierre est ouvert à l’idée des sites supervisés. Il a lu ce qui s’est écrit à ce sujet.

    Au Portugal et en Espagne, ça marche fort, les sites supervisés. L’Espagne est le pays en Europe où il y a le plus d’héroïnomanes. On a été obligé d’ouvrir ces sites parce qu’on trouvait des seringues par-tout dans les villes. Dans ces sites, il y a de petites chambres munies de caméras pour surveiller si les gens font une overdose. C’est une bonne manière de garder le monde en santé, le virus du sida se propage moins, il y a moins de seringues dans la rue. Et comme ils sont dans un centre spécialisé plutôt que dans une ruelle, il n’y a pas d’enfants qui pourraient les voir.

    Dans un site supervisé, l’héroïnomane est en présence d’anciens toxicomanes, de médecins, d’infirmiers et de travailleurs sociaux. Ce qui permet au junkie de rencontrer un personnel outillé pour lui venir en aide.

    En même temps, ça permettrait de trouver d’autres solutions ou remèdes. Aujourd’hui, tout ce qu’il y a, c’est la méthadone. Ça constipe, ça touche le foie, ça endort. J’ai connu du monde qui, après avoir bu leur jus (méthadone), ont pris leur voiture et sont morts dans un accident car ils se sont endormis au volant. C’est dans la 1ère demi-heure que c’est dangereux.

    Dans un site, au contraire d’une piquerie, les gens pourraient rester plus longtemps et obtenir des conseils.

    Il serait possible d’aider les couples parce que plusieurs le font ensemble. Les employés du site pourraient leur dire comment aider l’autre si l’un fait une overdose. Avoir un savoir de plus que celui de se piquer, ça ne peut pas faire de mal. Ça éviterait des overdoses.

    Se shooter à l’eau sale

    drogue-toxicomaneFournir des seringues stérilisées aux héroïnomanes est une solution qui va de soi, pour Pierre.

    Quand tu es dopé, tu t’en fous d’attraper le sida, de mourir. Tu n’y penses pas. Quand tu es junkie, tu es tellement gelé que, si tu as besoin d’eau pour te shooter et que tout ce que tu trouves c’est de l’eau de la toilette ou même l’eau sale d’une flaque dans la rue, tu la prends. Moi, je faisais attention de ne pas prêter ma seringue à ceux que je ne connaissais pas. Utiliser la seringue d’un autre, c’est la meilleure façon de contracter le sida.

    L’ancien héroïnomane espère qu’avec un site dédié aux junkies le suivi sera meilleur et que les médecins seront plus humains.

    Ce que je vois, c’est de la signature de paperasse. Ça ressemble plus à des numéros qu’on accole à des êtres humains. J’aimerais voir une relation autre que juste un médecin et une carte soleil. Qu’ils posent des questions. Ils sont rares ceux qui vont au-delà. Moi, ça fait 20 ans que j’ai le même médecin. J’ai pu établir une très bonne relation.

    Pierre sait bien que le sort des junkies laisse une grande partie de la population indifférente. Pourtant, il est la preuve vivante qu’il est possible de passer de zombie à un être de lumière.

    Autres textes sur Toxicomanie

    Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

    Merci de votre soutien.

    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 4,95$.
    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Autres livres pouvant vous intéresser:

    Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

    Un voilier au Saguenay-Lac-St-Jean pour un nouveau départ

    Jeune fille en détresse

    Je suis une jeune femme originaire du Lac-St-Jean. Je suis partie demeurer en Beauce en 2003 avec l’espoir de travailler dans mon domaine d’études. J’étais certaine que ma vie commencerait pour de bon, mais je m’étais grandement trompée…

    Propos recueillis par Gérald Tremblay   Dossier Communautaire

    voilier-voile-bateau-construction-voilier-voyage-merEn novembre 2003, je me retrouve à deux doigts de la mort, au CHUL de Québec en état de crise dû à mes démêlées avec le réseau de prostitution juvénile de Québec. J’ai vécu l’enfer de la psychose, de la prostitution et de la drogue pendant plusieurs mois.

    Cet évènement m’a alors incité à retourner au Lac-St-Jean auprès de ma famille. Dès mon arrivée, j’ai fais plusieurs démarches pour obtenir d’être traiter et tenter de m’en sortir, mais en vain.

    Programme de réinsertion au Lac-St-Jean

    Une belle surprise m’attendait à la fin de janvier 2004: un programme de 30 semaines visant le retour aux études ou sur le marché du travail. Il s’agissait de construire un voilier.

    Au tout début du programme; j’étais faible, fatiguée et surtout je consommais tous les jours. J’avais un réel besoin d’aide et personne à qui en parler. Les responsables du projet ont vraiment été compréhensifs avec moi. Sachant les problèmes auxquels je faisais face, ils décidèrent de m’aider à m’en sortir. J’ai rencontré des professionnels en santé, toxicomanie, psychologie et autres. Les gens de CODERR-02 ont fait bien des démarches pour moi et avec leur aide j’ai réussi à m’en sortir.

    J’ai retrouvé mon estime de moi, appris à reconnaître mes forces et mes faiblesses et cessé de consommer. J’ai également élaboré un projet de vie : retour aux études en septembre 2004. Ma participation à la construction de ce voilier fût pour moi, une très belle expérience de travail car j’ai pu y amener les connaissances que j’ai acquises lors de ma formation professionnelle. Ces programmes peuvent grandement aider les jeunes à se construire un avenir car ils permettent d’aller chercher des connaissances et de nouvelles expériences de travail. Ils montrent aux jeunes leurs forces et leurs faiblesses en offrant une variété de spécialisations.

    La formation peut également aider car parmi les possibilités, il y a deux stages en milieu de travail pour vérifier ce que l’on aimerait faire dans le futur.

    Pour lutter contre l’exode des jeunes: un voilier au Lac St-Jean

    Pour faire de la voile, il y a présentement de petits bateaux qui chavirent facilement, peu spacieux et sans confort. À l’autre bout du spectre, il y a les quillards stables, habitables, confortables (toilette, douche et cuisine), mais avec un prix en conséquence. Entre les deux, il n’y a à peu près rien.

    La coopérative de solidarité «La Vastringue flottante» s’est lancée dans l’aventure de répondre aux besoins des amateurs de la voile. La coopérative s’est donnée pour mission de mettre sur pied un programme de construction et de mise en marché d’une petite embarcation à propulsion humaine ou à la voile. La création d’emplois pour les jeunes est au cœur des préoccupations de l’organisme. C’est pourquoi la coopérative s’est associée au Groupe Coderr, expert en réinsertion auprès des jeunes et à la commission scolaire du Lac St-Jean pour leur formation.

    Le Groupe Coderr

    Le Groupe Coderr fabrique le prototype pour la coopérative. La fabrication passe par des apprentissages tel que l’histoire de la voile et les différents types de pratique. Pour se faire, ils complètent des recherches dans les bibliothèques et sur Internet. Pour sa part la coopérative fournit les matériaux et son expertise. Sous sa supervision, les jeunes apprennent comment fabriquer le voilier. C’est l’occasion de vérifier toutes les étapes de fabrication, les coûts, de réaliser un plan d’affaires, déterminer les meilleures techniques de fabrication, etc.

    Le programme ne s’arrête pas là. Pour tester les qualités du voilier et ses limites, les jeunes apprennent comment naviguer. Ensuite vient l’apprentissage de la mise en marché et de la promotion de ce nouveau produit. La promotion est l’occasion de développer un carnet de commandes pour créer des emplois à la coopérative. En effet, il ne peut y avoir de mise en marché sérieuse sans avoir un premier exemplaire à montrer comme il ne peut y avoir de plan d’affaires vraiment crédible sans avoir d’abord testé la méthode. Aussi, les jeunes présentent le voilier dans les écoles de voile, dans les marinas, lors d’expositions, etc. Peut-être même s’inscriront-ils à des régates!

    Ce partenariat entre un organisme communautaire, une coopérative de solidarité et la commission scolaire est un bel exemple que nous pouvons ensemble, intéresser et former nos jeunes pour leur donner des perspectives d’emploi et cela, en misant sur les forces de la région.

    Quand vos déchets de toutes sortes deviennent source d’emploi

    Un consortium d’organismes communautaires à Alma, au Lac-St-Jean: Le groupe Coderr

    Le Groupe Coderr a un chiffre d’affaires de 2,5 Millions dont 85% sont des revenus autogénérés. Il emploie une trentaine de personnes. Il donne une formation variée, d’une durée de 6 mois, à des groupes de 40 à 50 stagiaires rémunérés. Plus de 500 jeunes ont ainsi complété leur stage de réinsertion. Je ne vous parle pas d’une entreprise privée, mais bien d’un organisme communautaire dynamique et novateur.

    Mais qu’est-ce que le Groupe Coderr? C’est un groupe qui intervient auprès des jeunes pour lutter contre l’exclusion par l’insertion socioprofessionnelle et le développement d’activités dans le domaine du recyclage. Pour ce faire, le groupe a créé un ensemble d’organismes agissant comme plateaux de travail: une friperie, une usine de transformation de papiers récupérés et une ressourcerie.

    Et ce n’est pas les projets qui manquent: une quincaillerie de produits récupérés et traités, une bouquinerie et la location de vêtements sont sur leur table à dessin. Toutes ces activités ont pour but d’accompagner les jeunes afin de les aider à prendre confiance en eux et à s’intégrer au marché du travail. Oui aider les jeunes et cela par le biais d’activités où l’environnement est mis de l’avant. Pour mieux connaître cet organisme, n’hésitez pas à consulter leur site Internet: www.chez.com/coderr02

    Saviez-vous que…

    • Une tonne de papier recyclé épargne 33 arbres?
    • Le papier et le carton représentent entre 35 et 50% de ce que l’on jette dans les sites d’enfouissement?
    • Le taux de récupération au Canada est de 45%? Si on pouvait doubler notre récupération, on sauverait près de 12 millions d’arbres chaque année.
    • Avec un seul arbre, on peut fabriquer une pile de journaux de plus de trois pieds de hauteur?
    • On consomme au Québec 20 millions d’arbres par année?

    Autres textes sur Communautaire

    Troquer pour mieux vivre et récupérer

    Internet, journalistes et organismes communautaires

    Cybercap et le multimédia

    La fondation du docteur Gilles Julien

    Le garage des jeunes

    Centre communautaire pour aînés Chez-Nous

    Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

    Merci de votre soutien.

     Témoignage sur l’implication bénévole

    benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
    Documentaire sur l’implication bénévole.
    -Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
    -Briser son isolement et celui d’autrui.
    -Découvrir de nouveaux amis.
    -Prendre part à la vie sociale et de quartier.
    -Une source de contact et d’échange.
    -L’acquisition de nouvelles connaissances.
    -Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
    S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet: http://www.editionstnt.com/videos.html
    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    %d blogueurs aiment cette page :