Légalisation de la Marijuana. Prenez position!

Prenez la parole et faites-vous entendre

Doit-on légaliser la marijuana?

Raymond Viger dossiers drogue

drogue cannabis marijuana légalisationMercredi, 24 août au Bistro le Ste-Cath (4264 Ste-Catherine est). Soirée de réflexions pour entendre vos opinions concernant la légalisation de la marijuana.

Sylvain Masse du Café Graffiti déposera un mémoire le 29 août, date de fin des consultations publiques qui avaient débuté le 30 juin dernier par le gouvernement fédéral.

La soirée débute à 18h00 pour se termines à 20h. Elle sera animée par Sylvain Masse. Soyez du nombre si vous voulez que votre opinion se rende jusqu’aux décideurs dans ce dossier dont on parle depuis fort longtemps.

Informations et réservations, Sylvain Masse au (514) 259-4926.

Autres textes sur Toxicomanie

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    Le parcours d’un toxicomane

    Témoignage

    Conséquences de la toxicomanie

    Dominic Desmarais Dossiers Drogue

    drogue toxicomanie drugs toxicomanePoussé par un besoin de fuir la sévérité de son père, Pierre commence tôt à consommer de la drogue. De la colle à l’héroïne, il s’est enfoncé dans un cauchemar qui l’a mené aux portes de la mort.

    Pierre est arrivé du Portugal avec sa famille à l’âge de quatre ans en 1966. Fils d’un immigrant qui aspire à une meilleure vie au Canada, il se sent à l’étroit dans sa famille. Le père, autoritaire et à la discipline sévère, encadre étroitement ses quatre enfants. Il exige d’eux de bons résultats scolaires, passage obligé vers la réussite.

    Avant de souffler ses 10 bougies, le petit Pierre a entendu plus d’une fois son père lui dire qu’il ne veut pas de voyou dans la famille. Pierre n’a pas de liberté. Il trouve la vie trop sérieuse.

    Je ne pouvais pas aller jouer dehors avec les autres enfants, je devais être à la maison tôt. Je ne blâme pas mon père, c’est comme ça qu’il a été élevé. Il n’a jamais affiché ses émotions.

    Voleur à 6 ans

    toxicomanie drogue toxicomane drug sites injections supervisées seringuePour se révolter, Pierre devient ce que son paternel ne veut pas. À 6 ans, il vole des jouets dans des boutiques parce qu’il n’en a pas.

    J’étais déjà en train de commettre des actes criminels. À 10 ans, je me poussais de la maison pour l’éviter, lui et ses règles. Je traînais dans la rue. J’ai commencé à sniffer de la colle. Dans les années 70, c’était commun pour un ado. J’ai commencé à me rebeller encore plus.

    À l’école, les problèmes s’accumulent. Pierre décide d’éviter de s’y présenter.

    Je préférais aller voler dans des boutiques! Quand je devais aller voir le principal pour mes sorties sans permission, il me battait avec une petite ceinture en cuir, 3 coups dans chaque paume de la main. À 10 ans! J’en pleurais! Mais je répétais toujours les mêmes erreurs. Et plus je me rebellais, mieux je me sentais.

    Sa présence dans les rues du quartier ne passe pas inaperçue. Des travailleurs de rue le signalent à la DPJ. Pierre devra fréquenter l’organisme Enfant Soleil où on l’occupe par le sport pour l’em-pêcher de flâner. Pendant deux ans il y joue au ballon et au hockey tout en poursuivant ses activités criminelles. Avec des amis, il s’imagine voler un dépanneur fermé. En sortant, ses amis et lui sont accueillis par quatre voitures de police. À 14 ans, il est envoyé en centre d’accueil.

    Prisonnier juvénile

    On m’a envoyé à Cartierville, un centre de détention avec une clôture. Une prison pour jeunes délinquants. Ça m’a aidé. Je me sentais bien dans ça. Je me valorisais dans le sport.

    Pierre habitait une petite maison avec une douzaine de jeunes et des travailleurs sociaux présents 24 heures sur 24.

    On me laissait partir pour quelques mois et je recommençais mes mauvais coups. Un juge en a eu assez et m’a rentré en centre fermé jusqu’à mes 18 ans.

    Pendant ces 4 années passées en centre d’accueil, il voit ses parents à trois ou quatre reprises.

    Mon père n’aimait pas ça et moi non plus je ne voulais pas qu’il vienne. J’avais droit à la morale. Ça a duré longtemps…

    Au centre d’accueil, Pierre apprend un peu à se prendre en main. Mais à cet âge, il voit la vie en noir. À 18 ans, on le laisse regagner la maison familiale.

    En sortant du centre, je ne consommais plus de colle. Mais j’ai revu mes anciens amis. De la colle, nous sommes passés au pot, à la mescaline, au pcp et à la cocaïne.

    Couple de camés

    toxicomanie drogue toxicomane drug site injections superviséesÀ cette époque, Pierre devient follement amoureux et se fiance à 19 ans. Sa compagne partage son penchant pour les drogues. Pendant cinq années, ils mènent une vie simple.

    Elle aussi aimait consommer. Sauf que son trip s’est terminé. Elle regardait son avenir et voyait qu’avec moi, elle n’allait nulle part. Elle a arrêté. Pas moi. On ne sortait plus, on n’allait plus au cinéma. J’étais de plus en plus avec mes amis. Avec elle, je me sentais trop encadré. Quand elle devenait trop possessive, je m’évadais.

    Bien que Pierre se sente à l’étroit dans sa relation, la rupture le chavire. Il consomme plus que jamais pour étouffer sa peine.

    C’est là que j’ai commencé à prendre de l’héroïne. C’était le début de la fin.

    Un ami de party lui présente des gens de la mafia. Pierre se trouve un nouvel emploi: vendeur de drogue.

    J’étais toujours défoncé. J’en vendais à des femmes enceintes. Je me sentais mal. J’essayais de leur faire la morale, ce que je détestais tant qu’on me fasse! Parfois, quand elles n’avaient pas d’argent, je leur en donnais. Mais comme je me sentais trop mal, j’ai arrêté.

    Jouer avec la mort

    Pierre travaille dans une piquerie mais l’atmosphère devient trop pesante pour lui. Il devient livreur en voiture.

    Voir les autres mourir, attraper le sida ou l’hépatite, ça m’a fait réaliser qu’un jour, ce serait mon tour.

    À 26 ans, la réalité le rattrape. Il est porteur de l’hépatite C.

    Quand tu l’attrapes, si elle n’est pas traitée, l’hépatite devient une cirrhose du foie qui dégénère en cancer.

    Pendant 6 mois, il suit un traitement à la méthadone qui s’avère inefficace. Son hépatite est trop forte.

    Comme ça ne fonctionnait pas, j’ai continué à consommer.

    Insouciant, le jeune homme continue à jouer avec la mort. Il fait quatre overdoses. En route vers l’hôpital, il s’en prend aux ambulanciers qui, d’une injection, le ramènent de sa folie.

    À ma dernière overdose, rendu à l’hôpital, j’ai enlevé tous les fils parce que je n’étais plus gelé. 20 minutes plus tard, j’étais en train de me mettre une aiguille dans le corps. Faut vraiment pas s’aimer…

    Malgré ses overdoses, Pierre ne s’adoucit pas. Il n’a pas encore touché le fond. Un soir, dans un motel, il mélange héroïne et cocaïne. En sortant de son marasme, il s’aperçoit que ses jambes et ses testicules sont pleines d’eau.

    C’est comme si j’avais pris 50 livres en 10 heures. J’ai aussitôt pris un taxi pour l’hôpital. C’était bien une cirrhose. Les médecins m’enlevaient jusqu’à un litre d’eau parce que mon foie ne fonctionnait pas. Ça me prenait un foie sinon je n’avais pas plus de 2 ans à vivre.

    À cause de sa cirrhose, Pierre est incapable de marcher. Il est confiné pendant un an à l’hôpital.

    Je sortais une journée par semaine. J’attendais un foie. Ça a pris du temps.

    Pierre est chanceux. Son médecin, qui le suit depuis des années, se bat pour lui obtenir l’organe dont il a besoin pour vivre. D’ordinaire, les consommateurs de drogue ne sont pas choisis pour une transplantation.

    Espoir d’un junkie

    Après un an d’attente et d’angoisse, Pierre reçoit la bonne nouvelle.

    Je braillais tellement! Je n’y croyais plus. Ils n’en donnent pas à un drogué.

    En salle d’opération pour la transplantation, on l’avise que le foie n’est pas compatible.

    J’ai piqué une crise, je me suis mis à pleurer. Deux mois ont passé. J’étais toujours à l’hôpital. Ils m’en ont trouvé un autre, compatible cette fois.

    Pour l’opération, on l’ouvre de bord en bord, comme en témoigne la longue cicatrice qui orne son ventre. Pour le soulager de sa douleur, on lui donne la possibilité de s’injecter lui-même, depuis son lit d’hôpital, des doses de morphine.

    Je suis retombé dans le même pattern. Je flippais. Inconsciemment, je rechutais. Je n’avais plus mal et je me donnais des injections, j’abusais. Il fallait que je nettoie mon cerveau. Je savais ce que j’étais en train de faire. Comme on dit, junkie un jour, junkie toujours. Je n’aime pas cette phrase-là, mais c’est vrai.

    Pierre en parle avec un thérapeute.

    Ça n’allait pas. Je courrais encore après ce feeling. Ça me prenait un antidouleur, mais pas de la morphine, qui donne presque la même sensation que l’héroïne.

    L’héroïnomane se sent mieux. Mais marcher le fait toujours souffrir. Son médecin lui suggère un autre traitement à la méthadone.

    J’en prends encore. Ça m’enlève le manque. Je diminue petit à petit la dose. Depuis, je vois mon médecin tous les lundis, avec des prises de sang à chaque fois. Je pensais qu’avec mon nouveau foie, mon hépatite disparaîtrait, donc adieu le risque de cirrhose et de cancer… Mais non. L’hépatite ne part pas comme ça. Et elle a affecté mon nouvel organe.

    Toutes les semaines pendant près d’un an et demi, Pierre doit recevoir trois injections, sans compter les médicaments qu’il doit ingurgiter.

    Je prends une vingtaine de comprimés par jour pour la tension et les antirejets. J’en ai pour le restant de mes jours. Parce que ce n’est pas mon foie, mon organisme peut le rejeter. Et si ça arrive, je peux mourir dans l’instant. Ça me fait suer, mais si c’est le prix à payer pour rester en vie…

    Pendant des années, Pierre ne s’est jamais soucié de sa vie. Aujourd’hui, diminué par l’usage de drogues dures, il s’accroche. Il vit au jour le jour en cherchant un sens à ses expériences.

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    Procès d’un jeune meurtrier

    Mère un jour, mère toujours

    Ça fait plus d’un an que je n’ai pas vu mon garçon. Aux dernières nouvelles, ma sœur l’avait vu au centre-ville au coin d’une rue en train de vendre de la drogue. Je suis partie à sa recherche. Je suis revenue complètement bredouille de ma chasse au trésor.

    Écrit par Martine   Dossier Famille , Chroniques d’un prisonnier 

    relais famille mereJe me disais: «Bon Dieu, faites qu’il se retrouve avec les bonnes personnes. Faites qu’il soit encore en vie.»

    J’ai une conversation avec une amie. Un acte criminel s’est produit quelques jours auparavant. Elle me demande comment je réagirais si mon fils était impliqué? C’était clair pour moi que je ne pouvais le savoir sans l’avoir vécu.

    Fin janvier 2006, je m’installe devant le téléviseur pour écouter les nouvelles. La première image que je vois est celle de mon fils. Il est activement recherché pour meurtre au premier degré.

    Sous le choc, je me dis que je suis en train de vivre le pire cauchemar, celui que je redoutais le plus. Est-ce le ciel qui vient de me tomber sur la tête? En tentant de garder mon sang froid, je mets tout en branle pour le retrouver.

    L’amour inconditionnel

    Pour le moment, juste de penser qu’il peut être impliqué dans ce genre d’affaires m’angoisse. Je suis une mère, et quand on est une mère on doit aimer nos enfants inconditionnellement. Ce soir-là, malgré moi, j’ai su comment je devais réagir.

    Je ressentais beaucoup d’impuissance. J’ai pris mon courage à deux mains. J’ai appelé un journaliste pour lancer un appel en direct à la télévision, pour qu’il se rende aux autorités.

    En faisant des téléphones, je réussis à lui parler. Sous le choc et en larmes, il me dit: «Mam, j’ai rien fait… Excuse-moi!» Je lui ai dit: «Je sais, tu n’as pas besoin d’en dire plus, je sais… Tu es encore mon gars et je t’aime… Je veux t’aider, fais-moi confiance.»

    Une jeune femme de 17 ans y a laissé sa peau. Elle aurait pu être ma fille. Je ressens une profonde tristesse. Je sors de ma bulle lorsque la sonnerie du téléphone retentit pour la millième fois. J’entends mon gars me dire: «Mam! La police encercle la maison, il faut que je me rende.» J’ai senti la peur et la panique dans sa voix… J’aurais tellement voulu être près de lui. Mais, il fallait que j’accepte la situation. Après avoir raccroché le téléphone, je ressens un grand vide.

    Le procès

    Puisqu’il est à l’extérieur de la ville, il est transféré à Montréal pendant la nuit. La nuit et la fin de semaine la plus longue de ma vie. Sans nouvelle de lui, le lundi matin, je me rends au palais de justice de Montréal pour assister à sa première comparution devant un juge.
    Arrivée sur place, je ne me sens pas à l’aise dans ce milieu. C’est la première fois que j’y mets les pieds. Une vingtaine de journalistes à l’affût de la moindre information s’y retrouvent. Les yeux rivés sur moi, ils sont déjà en train de me photographier. Je ne peux me cacher.

    Je me rappelle que je suis là pour mon fils. Je ne veux pas être une victime dans cette affaire. Je ressens des sentiments contradictoires: impuissance, colère, peur et la hâte de revoir mon fils. Je veux que, malgré tout, il sente que je l’appuie. Je suis donc allée m’asseoir dans la salle d’audience.

    Quand je vois ce grand gaillard de six pieds et quatre entrer par la porte des accusés, une vague de tristesse et d’amour m’envahit en même temps. Je me dis: «C’est mon gars, mais, qu’est-ce qu’il fait là? C’est tellement surréaliste que je ne comprends pas. Mais regarde-moi, je suis là!» Son regard croise le mien. J’ai senti chez lui une profonde tristesse et une grande honte. J’imagine qu’il se demande ce que je fais là, encore une fois!

    Pourquoi ?

    Je suis la mise en accusation tant bien que mal. Mon regard fixe mon garçon. Je me demande pourquoi? Il plaide non coupable à l’accusation de meurtre au premier degré. Je sors de la salle. Je me retrouve entouré de journalistes qui voulaient avoir une entrevue. Même que certains me disent pouvoir m’aider. Comme si c’était moi qui avais besoin d’aide.

    Étourdie par le flash des caméras et les propos discordants, je m’enfuis par la porte de sortie qui se trouve devant moi. Dure réalité. Je sens que tout cela fait maintenant parti de ma vie, et pour toujours. Alors, mieux vaut vivre avec l’idée que je ne resterai pas dans l’anonymat. Mais, quel triste combat!

    Pourquoi ne pas m’en servir positivement? Je prends la décision d’appeler un journaliste et d’offrir une entrevue exclusive sur une chaîne de télé qui a toute ma confiance. En parlant au journaliste, je lui dis que j’ai un message à livrer et que j’ai aussi des condoléances à offrir à la famille de la victime. L’entrevue a eu, sur le moment, un effet thérapeutique.

    Je n’ai pas à m’isoler ou à me cacher. Comme parent, je sais que j’ai fait de mon mieux pour élever mon enfant. Loin de moi l’idée de dire que je suis parfaite. Il n’y a personne de parfait. La vie l’a poussé à faire de mauvais choix. Est-ce que ma vie s’arrête là? Mon rôle auprès de mon fils est différent, à mes yeux. Il n’est jamais trop tard pour qu’il prenne le droit chemin. Je garde plein d’espoir. Si ça prend un tel drame pour y arriver, je l’assumerai jusqu’au bout. Mère un jour, mère toujours.

    Prendre notre enfant dans nos bras

    Il est détenu dans un centre à Montréal. Je vais le voir à l’occasion. On a aussi des échanges de lettres. On a des rencontres riches en émotions. Malgré la vitre qui nous sépare, on se sent plus proches que jamais.

    Ma plus grande peine, c’est de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras. Après neuf mois de détention, il est en attente de son enquête préliminaire qui aura lieu au mois de décembre.

    En attendant, il se concentre sur son cours par correspondance pour terminer son secondaire 5. Il fait des démarches pour s’inscrire à un cours de musique. Je suis tellement fière de lui. Il fait un beau cheminement et il a les deux pieds sur terre. Comme il me dit, «quand tu sors de ton état de choc, ça fait mal de réaliser ce qui s’est vraiment passé. Je me suis mis les deux pieds dans les plats et je vous ai tous entraînés là-dedans. Je le regrette. Mon seul souhait serait d’avoir la fille devant moi, de la prendre dans mes bras et de lui demander pardon. Je sais que c’est impossible. J’aurai à vivre avec ça sur la conscience toute ma vie. Elle est là la vraie punition.»

    La suite des choses

    Chacun de notre côté, on se prépare psychologiquement à la suite, c’est-à-dire à l’enquête préliminaire et au procès qui va suivre. Cela va être long et pénible pour nous tous de voir ressortir la nouvelle. Je sais que ce sera très médiatisé.

    Avec le temps et avec tous les efforts que je vois qu’il fait pour se garder la tête hors de l’eau, je garde espoir qu’il va s’en sortir grandi et qu’il pourra toujours compter sur sa famille pour l’appuyer.

    Depuis le début, je peux compter sur l’appui de mes amis et sur celui de l’organisme Relais Famille, qui aide les familles qui ont un proche qui est détenu. Je me sens moins seule. J’y retrouve des intervenantes formidables et dévouées. J’y trouve aussi des femmes qui vivent la même chose que moi. C’est merveilleux d’arriver à un endroit où tu ne ressens aucun préjugé et où tu peux parler de cette épreuve sans retenue. Chaque fois, j’y retrouve une famille. Le plus beau, c’est qu’elles offrent aussi un programme nommé Machinabulles, adapté aux enfants. Sans ce support, je ne tiendrais pas le coup.

    Chaque jour, je me lève en me disant que j’ai une mission à accomplir: parler de mon histoire à ceux que je rencontre. Du même coup, j’aide les gens à s’exprimer à leur tour et à trouver les bons mots pour exprimer haut et fort leurs émotions.

    Mon but est de faire tomber les préjugés à l’égard des parents des détenus. Nous ne sommes pas la cause de leurs gestes et surtout pas les victimes de leurs actes. Je veux que, aux yeux de tous, les jeunes qui ont fait de telles gaffes aient droit à une seconde chance.

    relais famille mere

    Autres textes Famille 

    Témoignage: l’impuissance d’un père

    Casse-tête quotidien

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    CAP libre: éducation alternative pour jeunes décrocheurs

    Amour sexe et societe

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    Documentaire: Amos WA

    Documentaire: Amos WA

    Raymond Viger                     Dossier Toxicomanie, Alcool

    toxicomanie-drogue-4Reflet de Société a présenté une jeune vidéaste, Sonia Langlois, qui venait d’accoucher de son premier documentaire, Amos WA. Réalité souterraine.

    Le film, qui touche la consommation de drogues de jeunes d’Abitibi, a suscité maintes réactions. Reflet de Société publiait ensuite la perception de Dany Faucher, travailleur de rue à Amos, entourant le documentaire. Bien que le jugeant utile, M. Faucher considère Amos WA peu nuancé. Il met en garde ceux qui visionneront le documentaire: les jeunes ne consomment pas tous de la même manière que les vedettes du film. Il faut faire attention à la généralisation. Amos WA, bien utilisé, peut être un outil de départ afin de discuter consommation avec ses enfants, ses élèves.

    Sonia vient d’apprendre que son documentaire est maintenant disponible partout au Canada. L’Office National du Film a décidé d’en être le distributeur. Pour ceux qui veulent avoir une petite idée de la consommation de certains jeunes en région, il est possible de commander un exemplaire à l’ONF au 1-800-267-7710 ou au www.onf.ca.

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    conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

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    Génétiquement toxicomane: les rats.

    Génétiquement toxicomane: les rats.

    Agence Science Presse                       Dossier Toxicomanie

    Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont découvert chez certains rats unedrogue-toxicomanie-1 prédisposition à la toxicomanie. Certains rongeurs se seraient montrés, après une seule exposition, plus impulsifs et plus avides de réingurgiter des drogues.

    Ces rats présentaient un nombre moins grand de récepteurs de dopamine dans les zones du cerveau où des drogues comme la cocaïne et l’héroïne déclenchent leur action chimique.

    Cette découverte pourrait mener à l’identification d’un ou de plusieurs gènes responsables du nombre insuffisant de récepteurs lequel conduit à une vulnérabilité face à l’utilisation de drogues chez les êtres humains.

    La génétique n’est pas la seule cause de la dépendance aux drogues chez les humains, mais l’étude de ces gènes pourrait permettre de mieux comprendre les cas de rechutes et d’améliorer les traitements.

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    quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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    Témoignage: de campagne à la ville

    Témoignage: de campagne à la ville

    Témoignage de Pikajo   Dossier Alcool

    drogue-toxicomanie-3 Je suis née à la campagne, j’étais pour ainsi dire une petite fille modèle, je ne dérangeais pas beaucoup, je ne parlais pas fort…Quand on est la dernière d’une famille de cinq, avec un tempérament comme le mien, on devient vite invisible. Lorsqu’on est déménagés en «ville», j’avais 11 ans, j’étais très naïve et surtout très gênée.

    Je me suis quand même fait de nouveaux amis. Surtout une, qui était, paraît-il, comme moi avant notre rencontre. Alors, avec ma nouvelle chum et sa sœur, un peu plus vieille, on a exploré le pot et le hasch. Naturellement, on est devenues toutes les deux des adolescentes rebelles et très curieuses envers tout ce qui était défendu.

    Début de la toxicomanie

    Rendue à la polyvalente, je fumais pratiquement tous les jours. Ça n’allait pas fort à l’école et j’étais presque toujours absente.  La plupart du temps, ma famille ne savait pas où j’étais ni ce que je faisais.

    C’est sûr que durant mes années d’adolescence, dans le monde que je côtoyais, il m’est arrivé plusieurs mésaventures: être initiée par des motards, être violée à l’âge de 13 ans…  Toutes ces choses, je les ai vécues en les confiant seulement à ma meilleure et fidèle amie.

    Premier amour

    À 16 ans, je suis tombée amoureuse d’un type très sérieux, plus vieux de quelques années. Comme il travaillait, nous sommes allés vivre ensemble. Mes parents croyaient que mes problèmes étaient du passé et moi aussi. Je travaillais et je jouais aux quilles le samedi. Aux yeux de mes proches, sans vivre le bonheur parfait, j’étais entrée dans le moule. Cependant, j’étouffais dans cette situation…  À 19 ans, j’ai plié bagage et c’est là que ça c’est gâté…

    Amour et toxicomanie

    Dans un bar clandestin, j’ai connu un homme dans la trentaine, toxicomane, alcoolique et très violent. Avec lui, j’ai appris à me shooter à la cocaïne. La première fois, je ne vous cacherai pas que j’ai adoré ça. Mais, après?  Naturellement, travailler au salaire minimum et se shooter, ça ne fonctionne pas longtemps sans avoir de dettes.

    Après quelques années, beaucoup de déboires judiciaires et amoureux, j’ai réussi à me libérer de lui et j’avais arrêté de consommer de la drogue. Mais, j’ai vite recommencé à sortir seule et à me piquer. Je suis allée vivre avec mon vendeur (c’était pratique). Ça n’a duré qu’un mois et demi.

    Dans un bar, j’ai fait la connaissance d’un alcoolique abstinent, il m’a dit que si j’étais mal prise, je pouvais l’appeler. L’air de rien, il m’a aussi dit: «Tu vaux mieux que ça.» Sur le coup, je m’en foutais.

    Prostitution et toxicomanie

    Quelques jours plus tard, j’étais chez mon nouveau dealer et j’y avais passé la nuit à me piquer. Je crois bien qu’il essayait de me pousser à me prostituer pour lui. Pendant un moment d’inattention de la part de mon dealer, je ne sais pas pourquoi moi-même, j’ai appelé ce type, l’ex-alcoolo. Il est venu me chercher à 8 heures du matin sans me demander d’explication. Je suis restée avec lui et je n’ai fait qu’une rechute en 15 ans avec la coke.

    Hépatite C

    Malheureusement, on ne mène pas ce genre de vie sans que cela laisse des séquelles physiques. En 1996, j’ai appris que j’avais l’hépatite C. J’ai été prise en main par un excellent médecin.

    La morale de cette histoire: le pot inoffensif?  pas pour tout le monde. Je crois pour ma part qu’il l’est de moins en moins.

    Je vous lègue mes écrits car c’est tout ce que j’ai. Mais attention! je rebondis et je crois que je suis prête à demander de l’aide avant d’avoir 40 ans. Entre-temps, je me suis remplie de livres de psychologie et ça me redonne confiance. J’ai aussi découvert que j’avais des talents cachés. Et surtout, je lis Le Journal de La Rue et ça me fait du bien. Merci!

    Mes auteurs: Dan Millman, Lise Bourbeau, Anthony Robbins et plusieurs autres. Une petite pensée: L’amitié commence dans le plaisir et continue aussi dans la joie et non dans la souffrance.

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