Le parcours d’un toxicomane

Témoignage

Conséquences de la toxicomanie

Dominic Desmarais Dossiers Drogue

drogue toxicomanie drugs toxicomanePoussé par un besoin de fuir la sévérité de son père, Pierre commence tôt à consommer de la drogue. De la colle à l’héroïne, il s’est enfoncé dans un cauchemar qui l’a mené aux portes de la mort.

Pierre est arrivé du Portugal avec sa famille à l’âge de quatre ans en 1966. Fils d’un immigrant qui aspire à une meilleure vie au Canada, il se sent à l’étroit dans sa famille. Le père, autoritaire et à la discipline sévère, encadre étroitement ses quatre enfants. Il exige d’eux de bons résultats scolaires, passage obligé vers la réussite.

Avant de souffler ses 10 bougies, le petit Pierre a entendu plus d’une fois son père lui dire qu’il ne veut pas de voyou dans la famille. Pierre n’a pas de liberté. Il trouve la vie trop sérieuse.

Je ne pouvais pas aller jouer dehors avec les autres enfants, je devais être à la maison tôt. Je ne blâme pas mon père, c’est comme ça qu’il a été élevé. Il n’a jamais affiché ses émotions.

Voleur à 6 ans

toxicomanie drogue toxicomane drug sites injections supervisées seringuePour se révolter, Pierre devient ce que son paternel ne veut pas. À 6 ans, il vole des jouets dans des boutiques parce qu’il n’en a pas.

J’étais déjà en train de commettre des actes criminels. À 10 ans, je me poussais de la maison pour l’éviter, lui et ses règles. Je traînais dans la rue. J’ai commencé à sniffer de la colle. Dans les années 70, c’était commun pour un ado. J’ai commencé à me rebeller encore plus.

À l’école, les problèmes s’accumulent. Pierre décide d’éviter de s’y présenter.

Je préférais aller voler dans des boutiques! Quand je devais aller voir le principal pour mes sorties sans permission, il me battait avec une petite ceinture en cuir, 3 coups dans chaque paume de la main. À 10 ans! J’en pleurais! Mais je répétais toujours les mêmes erreurs. Et plus je me rebellais, mieux je me sentais.

Sa présence dans les rues du quartier ne passe pas inaperçue. Des travailleurs de rue le signalent à la DPJ. Pierre devra fréquenter l’organisme Enfant Soleil où on l’occupe par le sport pour l’em-pêcher de flâner. Pendant deux ans il y joue au ballon et au hockey tout en poursuivant ses activités criminelles. Avec des amis, il s’imagine voler un dépanneur fermé. En sortant, ses amis et lui sont accueillis par quatre voitures de police. À 14 ans, il est envoyé en centre d’accueil.

Prisonnier juvénile

On m’a envoyé à Cartierville, un centre de détention avec une clôture. Une prison pour jeunes délinquants. Ça m’a aidé. Je me sentais bien dans ça. Je me valorisais dans le sport.

Pierre habitait une petite maison avec une douzaine de jeunes et des travailleurs sociaux présents 24 heures sur 24.

On me laissait partir pour quelques mois et je recommençais mes mauvais coups. Un juge en a eu assez et m’a rentré en centre fermé jusqu’à mes 18 ans.

Pendant ces 4 années passées en centre d’accueil, il voit ses parents à trois ou quatre reprises.

Mon père n’aimait pas ça et moi non plus je ne voulais pas qu’il vienne. J’avais droit à la morale. Ça a duré longtemps…

Au centre d’accueil, Pierre apprend un peu à se prendre en main. Mais à cet âge, il voit la vie en noir. À 18 ans, on le laisse regagner la maison familiale.

En sortant du centre, je ne consommais plus de colle. Mais j’ai revu mes anciens amis. De la colle, nous sommes passés au pot, à la mescaline, au pcp et à la cocaïne.

Couple de camés

toxicomanie drogue toxicomane drug site injections superviséesÀ cette époque, Pierre devient follement amoureux et se fiance à 19 ans. Sa compagne partage son penchant pour les drogues. Pendant cinq années, ils mènent une vie simple.

Elle aussi aimait consommer. Sauf que son trip s’est terminé. Elle regardait son avenir et voyait qu’avec moi, elle n’allait nulle part. Elle a arrêté. Pas moi. On ne sortait plus, on n’allait plus au cinéma. J’étais de plus en plus avec mes amis. Avec elle, je me sentais trop encadré. Quand elle devenait trop possessive, je m’évadais.

Bien que Pierre se sente à l’étroit dans sa relation, la rupture le chavire. Il consomme plus que jamais pour étouffer sa peine.

C’est là que j’ai commencé à prendre de l’héroïne. C’était le début de la fin.

Un ami de party lui présente des gens de la mafia. Pierre se trouve un nouvel emploi: vendeur de drogue.

J’étais toujours défoncé. J’en vendais à des femmes enceintes. Je me sentais mal. J’essayais de leur faire la morale, ce que je détestais tant qu’on me fasse! Parfois, quand elles n’avaient pas d’argent, je leur en donnais. Mais comme je me sentais trop mal, j’ai arrêté.

Jouer avec la mort

Pierre travaille dans une piquerie mais l’atmosphère devient trop pesante pour lui. Il devient livreur en voiture.

Voir les autres mourir, attraper le sida ou l’hépatite, ça m’a fait réaliser qu’un jour, ce serait mon tour.

À 26 ans, la réalité le rattrape. Il est porteur de l’hépatite C.

Quand tu l’attrapes, si elle n’est pas traitée, l’hépatite devient une cirrhose du foie qui dégénère en cancer.

Pendant 6 mois, il suit un traitement à la méthadone qui s’avère inefficace. Son hépatite est trop forte.

Comme ça ne fonctionnait pas, j’ai continué à consommer.

Insouciant, le jeune homme continue à jouer avec la mort. Il fait quatre overdoses. En route vers l’hôpital, il s’en prend aux ambulanciers qui, d’une injection, le ramènent de sa folie.

À ma dernière overdose, rendu à l’hôpital, j’ai enlevé tous les fils parce que je n’étais plus gelé. 20 minutes plus tard, j’étais en train de me mettre une aiguille dans le corps. Faut vraiment pas s’aimer…

Malgré ses overdoses, Pierre ne s’adoucit pas. Il n’a pas encore touché le fond. Un soir, dans un motel, il mélange héroïne et cocaïne. En sortant de son marasme, il s’aperçoit que ses jambes et ses testicules sont pleines d’eau.

C’est comme si j’avais pris 50 livres en 10 heures. J’ai aussitôt pris un taxi pour l’hôpital. C’était bien une cirrhose. Les médecins m’enlevaient jusqu’à un litre d’eau parce que mon foie ne fonctionnait pas. Ça me prenait un foie sinon je n’avais pas plus de 2 ans à vivre.

À cause de sa cirrhose, Pierre est incapable de marcher. Il est confiné pendant un an à l’hôpital.

Je sortais une journée par semaine. J’attendais un foie. Ça a pris du temps.

Pierre est chanceux. Son médecin, qui le suit depuis des années, se bat pour lui obtenir l’organe dont il a besoin pour vivre. D’ordinaire, les consommateurs de drogue ne sont pas choisis pour une transplantation.

Espoir d’un junkie

Après un an d’attente et d’angoisse, Pierre reçoit la bonne nouvelle.

Je braillais tellement! Je n’y croyais plus. Ils n’en donnent pas à un drogué.

En salle d’opération pour la transplantation, on l’avise que le foie n’est pas compatible.

J’ai piqué une crise, je me suis mis à pleurer. Deux mois ont passé. J’étais toujours à l’hôpital. Ils m’en ont trouvé un autre, compatible cette fois.

Pour l’opération, on l’ouvre de bord en bord, comme en témoigne la longue cicatrice qui orne son ventre. Pour le soulager de sa douleur, on lui donne la possibilité de s’injecter lui-même, depuis son lit d’hôpital, des doses de morphine.

Je suis retombé dans le même pattern. Je flippais. Inconsciemment, je rechutais. Je n’avais plus mal et je me donnais des injections, j’abusais. Il fallait que je nettoie mon cerveau. Je savais ce que j’étais en train de faire. Comme on dit, junkie un jour, junkie toujours. Je n’aime pas cette phrase-là, mais c’est vrai.

Pierre en parle avec un thérapeute.

Ça n’allait pas. Je courrais encore après ce feeling. Ça me prenait un antidouleur, mais pas de la morphine, qui donne presque la même sensation que l’héroïne.

L’héroïnomane se sent mieux. Mais marcher le fait toujours souffrir. Son médecin lui suggère un autre traitement à la méthadone.

J’en prends encore. Ça m’enlève le manque. Je diminue petit à petit la dose. Depuis, je vois mon médecin tous les lundis, avec des prises de sang à chaque fois. Je pensais qu’avec mon nouveau foie, mon hépatite disparaîtrait, donc adieu le risque de cirrhose et de cancer… Mais non. L’hépatite ne part pas comme ça. Et elle a affecté mon nouvel organe.

Toutes les semaines pendant près d’un an et demi, Pierre doit recevoir trois injections, sans compter les médicaments qu’il doit ingurgiter.

Je prends une vingtaine de comprimés par jour pour la tension et les antirejets. J’en ai pour le restant de mes jours. Parce que ce n’est pas mon foie, mon organisme peut le rejeter. Et si ça arrive, je peux mourir dans l’instant. Ça me fait suer, mais si c’est le prix à payer pour rester en vie…

Pendant des années, Pierre ne s’est jamais soucié de sa vie. Aujourd’hui, diminué par l’usage de drogues dures, il s’accroche. Il vit au jour le jour en cherchant un sens à ses expériences.

Autres textes sur Toxicomanie

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François Legault, les cégeps et la drogue

Une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue

Les préjugés de François Legault

François Legault, le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), n’y va pas de main morte. Les Cégeps ne seraient qu’un lieu de décrochage servant à fumer de la drogue.

Raymond Viger Dossiers Toxicomanie, Alcool et drogue, Éducation, Politique

françois-legault-coalition-avenir-quebec-caq-politiqueUne maudite belle légende urbaine pour un politicien qui veut réformer le système politique et amener un changement social!

Le Cégep a été pour moi une période où j’ai raccroché après un décrochage de 2 ans. Je faisais 3 diplômes d’études collégiales en même temps, je travaillais à plein temps et je m’occupais de ma mère, orpheline et divorcée, qui avait le cancer. Quand François Legault nous dit que le Cégep n’est qu’un lieu pour décrocher et fumer de la drogue, je me demande s’il en fume encore!

Fermer les universités?

Si on suit le raisonnement de François Legault et qu’on ferme les Cégeps parce qu’on y décroche et qu’on fume de la drogue, on devrait aussi fermer les universités. Parce que dans les universités il y a un certain nombre d’étudiants qui s’y inscrivent et font 2 ou 3 bac faciles et inutiles en ne faisant que le minimum de cours pour être sur les prêts et bourses et éviter de se retrouver sur le marché du travail.

Les politiciens en prison?

Toujours en se basant sur les jugements de François Legault, on devrait mettre tous les politiciens en prison. Parce qu’un certain nombre ont de mauvaises fréquentations, achètent leurs élections, reçoivent des pots de vin…

Un bon politicien ne peut pas avoir de jugements sociaux. Il ne peut généraliser et tout mettre dans le même bain.

Les bananes de François Legault

Je ne connaissais pas vraiment François Legault avant de lire ce qu’il pense des Cégeps. S’il veut m’épater et me rallier à sa cause, il devrait changer son discours social.

Désolé M. Legault, vous venez de glisser sur votre première pelure de bananes.

Autres textes sur Politique

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Congrès de l’Association des intervenants en toxicomanie

Du 23 au 26 octobre 2011 à Trois-Rivières

Gambling et suicide

Lors du Congrès de l’Association des intervenants en toxicomanie (AITQ) , Reflet de Société présentera le DVD en prévention gambling et le guide d’intervention auprès d’une personne suicidaire.

Raymond Viger Dossiers Toxicomanie, Alcool et drogue

Lors du Congrès de l’Association des intervetants en toxicomanie, lundi le 24 octobre 2011 sera la seule journée pour rencontrer un intervenant de Reflet de Société. Il y aura présentation du DVD en prévention gambling, du guide d’intervention auprès d’une personne suicidaire ainsi que le magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société. Le congrès se déroule au Centre des Congrès du Delta de Trois-Rivières.

Pour ceux qui ne pourraient être présents et qui veulent se procurer l’un de ses outils de prévention, ils peuvent être commandé par la poste, par téléphone ou par Internet:

Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard;

un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: http://www.editionstnt.com/videos.html

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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Drogue du viol, GHB, comment fabriquer GHB, fabrication drogue du viol

Roman éducatif sur la sexualité.

Mes Seins, vidéoclip d’Andréanne Martin

Drogue du viol, GHB, comment fabriquer GHB, fabrication drogue du viol

Dossier Drogue, Sexualité.

viol-la-honte-doit-changer-de-camp_imagepanoramique647_286Il y a quelques produits qui entrent dans la fabrication du GHB, la drogue du viol. Des décapants pour peinture, pour plancher et de l’huile. Avec une liste de produits comme ceux-là, tu comprends que la drogue peut être très nocive. Un mauvais dosage peut créer le coma et la mort.

Tu veux te faire un party? Tu veux prendre la chance de tuer quelqu’un? Parce que c’est vraiment arrivé. On compte par millier les gens qui sont morts à cause d’une erreur de dosage. Tu veux vraiment t’essayer et prendre ce risque?

Imagine-toi que tu fabriques du GHB. La personne à qui tu veux le donner crève devant toi. Tu te fais arrêter. Tu vas devoir expliquer au juge que tu n’es pas capable d’avoir de relation sexuelle avec une fille sans la droguer. Que tu n’as pas assez confiance en toi pour la cruiser et faire l’amour avec elle en ayant son consentement. Je ne sais pas combien de temps de prison tu risques, mais ça sera sûrement pour une bonne période de temps.

Faire l’amour avec une femme, c’est tripant. Pas juste de baiser, mais tout le cheminement pour y arriver. La période de séduction. Les regards. Les premiers mots que tu lui adresses. Il y a tout un feeling à aller chercher dans ce trip de cruiser une fille. Tu voudrais perdre tout cela pour lui refiler en douce un peu de drogue?

Qu’est-ce que tu veux réellement vivre comme expérience. Coucher avec quelqu’un qui est dans un état vaporeux, qui ne sait pas ce qu’elle fait? Ou coucher avec quelqu’un qui accepte et qui veut coucher avec toi?

Je ne veux pas être plate, mais soyons honnêtes et parlons entre gars. L’éjaculation ne dure que quelques instants. De courts instants. Ce qui fait que cet instant peut être trippant, ce sont les préliminaires, les instants où tu cruise la fille, ces moments ouù tu ne sais pas encore si elle va vouloir coucher avec toi… Ne perds pas le plus tripant pour quelques instants qui n’auront aucune valeur pour toi.

Sois un passionné, un lover. Si tu ne sais pas comment, fais tes recherches sur la séduction, prends le temps d’en parler avec des amis pour t’aider, trouve-toi quelqu’un de confiance pour en parler, trouve-toi des livres… Il y a plein de ressources pour en parler. Un organisme jeunesse, un intervenant, un professeur avec qui tu te sens bien, le CLSC a aussi des intervenants, si tu préfères garder l’anonymat il y a des lignes d’écoute…

On attends ton appel. Ne reste pas seul avec ce que tu vis.

Tel-jeunes 1-800-263-2266

Jeunesse, J’écoute 1-800-668-6868

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: L’amour en 3 dimensions en français, LOVE in 3 D en anglais.
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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