Souper spectacle avec Sule Heitner le 14 août au Ste-Cath

Bistro le Ste Cath, restaurant socialement engagé

Sule Heitner, spectacle gratuit

Raymond Viger  Dossiers Le Ste-CathRestaurant

Sule Heitner souper spectacle blues folk show event la voix

Blues, indie folk et soul sont singulièrement métissés dans ce spectacle de Sule Heitner.

L’excellent auteur, compositeur et interprète SULE, que vous avez vu dernièrement à l’émission LA VOIX, sera sur la scène du Ste-Cath le 14 août à 20h.

Comme guitariste, il accompagne les groupes Sky, Bran Van 3000 et Dubmatique. Il chante aussi dans une chorale gospel, ce qui le mène jusqu’aux concerts de Céline Dion au Centre Bell.

Événement à ne pas manquer, le spectacle de Sule Heitner le 14 août au Ste-Cath.

Admission gratuite. Réservations: 514-223-8116

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

Pour ne pas manquer les nouveautés, inscrivez-vous à notre info-lettre sur le site http://www.le-ste-cath.com ou encore programmation 2015

Merci d’inviter Le Ste-Cath parmi vos amis Facebook: Bistro le Ste-Cath.

Bistro le Ste-Cath

souper spectacle musique chant show event est montréal restaurant où sortir quoi faireUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Sule Heitner en supplémentaires au Ste-Cath

Les soupers spectacles du Ste-Cath

Sule Heitner, après La Voix

Raymond Viger  Dossiers Le Ste-CathRestaurant

Sule Heitner souper spectacle blues folk show event la voixL’excellent auteur, compositeur et interprète SULE, que vous avez vu dernièrement à l’émission LA VOIX, sera sur la scène du Ste-Cath le 10 juillet à 20h.

Blues, indie folk et soul sont singulièrement métissés dans ce spectacle de Sule.

Comme guitariste, il accompagne les groupes Sky, Bran Van 3000 et Dubmatique. Il chante aussi dans une chorale gospel, ce qui le mène jusqu’aux concerts de Céline Dion au Centre Bell.

Événement à ne pas manquer!

Autres dates pour assister au spectacle de Sule Heitner:

  • 10 juillet
  • 14 août

Admission gratuite. Réservations: 514-223-8116

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

Pour ne pas manquer les nouveautés, inscrivez-vous à notre info-lettre sur le site http://www.le-ste-cath.com ou encore programmation 2015

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Bistro le Ste-Cath

souper spectacle musique chant show event est montréal restaurant où sortir quoi faireUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Un rapper a les blues

Le Rap en région

Quitter le Lac St-Jean pour rapper à Montréal

À 16 ans, Dali est mis à la porte par sa mère et son beau-père. Sous le choc, il quitte le Lac Saint-Jean pour aller rejoindre son père à Montréal. Excité de ce nouveau départ qui va l’immerger dans la scène hip-hop, le jeune artiste est confronté à un défi de taille: trouver sa place.

Dominic Desmarais Dossiers Hip-HopRap

rap-lac-st-jean-rapper-region-hiphop-chanteurDali était plein de bonnes intentions en quittant le Lac Saint-Jean. Il laissait derrière lui tout un pan de sa vie. Sa famille, sa mère, ses amis, son école, sa «patrie». Le jeune adolescent ne regardait pas ce qui lui manquerait. Il se voyait renaître. Une nouvelle vie s’offrait à lui. Il rejoignait son père et, surtout, se rapprochait de sa passion: le hip-hop.

Jeune, Dali rêvait de s’établir à Montréal. Mais pas à 16 ans. «Dans ma tête, je serais parti plus tard, vers 20 ans.» Son départ, précipité, chamboulait la vie de son père. «Il a travaillé dans la marine marchande pendant 30 ans. Il n’a jamais eu de domicile. C’était la première fois de sa vie qu’il avait un bail. Mais il n’a pas eu d’autre choix que de m’accueillir, il m’aimait!»

Le père, un marginal qui ne s’est jamais intégré à la société, doit s’adapter. Dali aussi. L’adolescent doit poursuivre ses études. Lui qui a toujours été en cheminement particulier depuis son entrée à l’école doit dénicher un établissement qui offre ce service. «Il n’y a pas beaucoup d’écoles qui offrent, à Montréal, un cheminement comme au Lac Saint-Jean. J’ai trouvé le collège Édouard-Montpetit mais ce n’était pas comme ce que je connaissais.» Dali a besoin d’être motivé pour apprendre. Il est habitué à avoir un seul professeur, à ne jamais changer de local. Dans cette classe, ils étaient 13. Il pouvait recevoir toute l’attention dont il avait besoin.

Intégration difficile d’un rapper
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«J’ai eu beaucoup de misère à m’adapter à Édouard-Montpetit. Je sens que ça m’affecte encore. Je suis facile d’approche mais là-bas, j’ai eu de la difficulté à me faire des amis. C’est très multiculturel et les cercles étaient très fermés. En plus, l’école est entourée de grillage. Il y a des agents de sécurité partout. Ça ressemblait à une prison. Ce n’était pas motivant.»

Dali erre seul. Il vit quelques beaux moments qu’il ne peut partager avec des amis. Il trouve son plaisir en animant une émission de radio étudiante le midi, une fois par semaine: que du hip-hop québécois pendant une heure.

Puis, il y a ce spectacle où il fait la première partie du groupe réputé L’Assemblée. Mais ces moments de réjouissance, ces victoires personnelles sont insuffisantes. Dali frôle la dépression. Il termine son année scolaire qui équivaut à un secondaire 3. Il a 18 ans et il ne peut retourner à Édouard-Montpetit. «De toute façon, je n’en avais pas envie. Au Lac Saint-Jean, si tu as de l’intérêt pour quelque chose, c’est facile de se faire des amis. Mais à l’école, je n’étais pas capable.»

Dali décide de s’inscrire à l’école aux adultes, à Hochelaga-Maisonneuve, pour terminer son secondaire. «Ça été moins pire. Mais je n’ai pas aimé ça. Je n’ai pas avancé. Il n’y a pas de professeurs, tu dois faire tes travaux toi-même. Je n’en étais pas capable. J’ai besoin d’être motivé par les enseignants. J’ai décroché.» Dali a 19 ans. Pendant cette année, il côtoie des adultes de tous âges. Certains se passionnent pour le rap. Mais personne pour se lier d’amitié avec lui. Le rappeur reste seul dans son coin, seul avec sa passion qui le dévore. Il assiste à tous les spectacles de hip-hop, travaille sur une démo de 18 chansons qu’il tente de vendre. Il parvient même à enregistrer une chanson sur une compilation d’artistes lancée par L’Assemblée qui encourage la relève. L’album Bouche à oreille, vol.5, est offert gratuitement sur le web.

Fuite au Lac Saint-Jean

raper-dali-lac-st-jean-rap-region-hip-hop-rappeur«Mon but, quand j’allais à des spectacles, c’était de me faire des contacts pour booker des shows. Pour en faire partie. Mais à Montréal, il y a plusieurs rappeurs dans un spectacle. Tu es un parmi plusieurs.» Dali participe à quelques shows mais trouve difficile de se faire une place. Après deux ans d’effort pour s’intégrer à la vie montréalaise, il capitule et retourne au Lac Saint-Jean où il sent un lien d’appartenance.

«Il y avait des ouvertures pour des spectacles, au Lac. Avec internet, j’avais envoyé mes chansons. J’existais là-bas. Les portes s’ouvraient aussi pour le Saguenay. Ça me motivait pour vendre mon CD. Je voulais organiser des spectacles, faire des premières parties d’artistes reconnus. Pour moi, je déménageais à Alma pour de bon.»

Son arrivée lui donne raison. Il obtient une certaine reconnaissance grâce à son implication sur l’album compilation Bouche à oreille, vol.5. Il est le gars du Lac Saint-Jean qui a travaillé avec un groupe connu et apprécié. «Ça m’a motivé. J’avais l’impression que je faisais une différence. Je n’étais plus un inconnu dans une jungle comme à Montréal. J’aidais, moi aussi, les autres pour qu’ils progressent dans leur carrière.»

Après 3 mois à Alma, Dali repart. Lui qui pensait s’y accrocher les pieds retourne à Montréal chez son père. «J’avais un coloc qui aimait pas mal faire le party. Je n’y étais pas habitué. J’ai toujours habité avec mes parents. Il fallait que je déménage. Plutôt que de me trouver un autre appartement, j’ai choisi la voie facile. Je suis retourné vivre avec mon père.» Dali assure qu’il ne quittait pas sa patrie désillusion-né. «Ça marchait correctement. Ça allait comme je le voulais», dit-il d’un ton impassible.

À Montréal, Dali reprend sa routine. Il écrit des chansons, assiste à des spectacles de rap et fait du démarchage pour performer dans des shows. Il anime une émission à CHOQ.FM, la radio de l’Université du Québec à Montréal, ce qui lui permet d’interviewer les artistes connus et émergents de la culture hip-hop. Dali parfait ses connaissances. «Je trouve que les régions sont influencées par Montréal et Québec. Dans la métropole, les jeunes écoutent davantage ce qui se fait à l’étranger que chez nous. L’Assemblée, Sans-Pression, c’est beaucoup plus fort en région. Les gens sont plus fiers de leur culture. Ils ont un lien d’appartenance.»

L’amour du Québec
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Son cœur est resté au Lac Saint-Jean. La jungle urbaine n’est pas faite pour lui. «Il y a trop de rappeurs à Montréal. C’est plus facile en région. C’est la même chose pour vendre des CD. À Montréal, c’est un projet parmi tant d’autres. Au Lac, il y a un intérêt, une fierté. Mon but, c’est de représenter le Lac Saint-Jean à travers le Québec. Parce que je suis un fan du Québec. C’est mon pays. Dans ma tête et dans mon cœur. Ce n’est pas une question politique. C’est dans mes valeurs.»

Dali encourage et achète ce qui est québécois. «Je mets mon argent ici pour faire rouler nos artistes. Pour faire avancer notre communauté à nous. C’est pour ça que j’achète des vêtements québécois de marque urbaine. Mes restos, mes films, mes CD, c’est du québécois.»

Pour la suite de sa carrière, Dali voit grand. «L’amour du Québec, je veux qu’il soit fort. Je veux que chaque région soit épanouie artistiquement. Que chaque région ait ses artistes hip-hop. Au Saguenay Lac Saint-Jean, il y a une relève. Mais je ne pense pas que quelqu’un va travailler assez fort pour représenter la région. Je veux pousser ma carrière et, en même temps, développer la relève en organisant des spectacles, en enregistrant des CD.»

À 23 ans, Dali en est à son 3ème CD. Il a mis certaines de ses chansons sur Youtube dans l’espoir de se faire connaître, de créer un intérêt. Il offre un téléchargement gratuit. L’album est un outil promotionnel pour qu’à moyen terme, il y ait une demande lui permettant d’enregistrer un album qui sortirait, comme Dubmatique et L’Assemblée, à travers la province. Dali veut faire entendre sa voix. Il veut promouvoir le Lac Saint-Jean comme Samian et Anodajay l’ont fait pour l’Abitibi. Il veut sortir du lot, de l’anonymat.

Rapper son rêve

Au sein de la communauté hip-hop, Dali est un rappeur parmi tant d’autres. Mais quand il sort de son milieu, il se sent différent. «Du point de vue de la société, je ne me sens pas à la même place que les gens de mon âge. Ils ont des emplois, des appartements, des chars, des blondes. Je sens l’impact de la société: je ne suis pas au même endroit que la société. Mais quand je m’écoute, je me dis que je n’ai pas besoin de tout ça pour être heureux. Ce que je veux, c’est m’épanouir artistiquement. Sentir que mes projets avancent. Me faire connaître. J’écris au quotidien et je fais la promotion de mes chansons sur Internet. Grâce aux réseaux sociaux, j’essaie d’avoir le plus de visibilité possible.»

Dali n’a pas encore accompli son rêve. Il a vécu longtemps le rejet. Mais au moins, il a un rêve et il travaille à tous les jours pour le réaliser. C’est peut-être ça, sa différence.

Les 3 reportages sur le rapper Dali:

Le rap du Lac-St-Jean

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Le rap du Lac-St-Jean

Rap et Hip hop en région

Dali, un rapper du Lac-St-Jean

Dali est un jeune rappeur originaire du Lac Saint-Jean qui tente de percer dans le hip-hop québécois. Son parcours vers la reconnaissance est semé d’embûches.

Dominic Desmarais Dossiers Hip-HopRap

rap-lac-st-jean-rapper-region-hiphop-chanteurDali ne se destinait au rap. Né de parents voyageurs et hippies qui habitent La Prairie, en Montérégie, il suit sa mère au Lac Saint-Jean à la séparation du couple.

Dali a 5 ans. Sa mère, affectée par cette rupture, est hospitalisée. Dépressive et bipolaire, elle retourne au bercail vivre avec ses parents et son frère. «J’adorais ça, vivre chez eux! Ma grand-mère supportait ma mère dans son rôle, auprès de moi. On me parlait de ses problèmes. Je voyais ses hauts et ses bas. Mais elle était quand même présente pour moi», se rappelle le jeune homme qui, plus que l’état de santé de sa mère, était préoccupé par l’absence de son père.

Chez ses grands-parents, Dali est entouré d’amour. Il s’y sent chez lui. Puis, un an et demi plus tard, sa mère va mieux. Elle refait sa vie avec un autre homme. Un autre déménagement pour le jeune Dali qui quitte le Lac Saint-Jean pour le Saguenay.

raper-dali-lac-st-jean-rap-region-hip-hop-rappeurDe cette union, qui dure trois ans, Dali reçoit en cadeau un demi-frère. Il affectionne son beau-père. Mais l’idylle tourne au vinaigre. Sa mère apprend que son amoureux la trompe. Dali prend parti. «J’étais fâché contre lui. Je sentais la frustration de ma mère.» Autre rupture, autre hospitalisation pour sa mère. La sensibilité à fleur de peau, elle rechute. Dali et son demi-frère l’accompagnent à Alma, dans le giron familial. Dali a 10 ans. Il doit à nouveau quitter pour une autre école.

Rencontre avec le Hip hop et Dubmatique

Dali n’a pas coupé les ponts avec son père. Il lui rend visite de temps à autre, les fins de semaine ou lors des vacances scolaires. Son père qui habite Montréal, l’accueille à bras ouverts.

dali-rap-lac-st-jean-hiphop-region-rapper-chanteur-hip-hopC’est en visite dans la métropole que Dali tombe en amour avec le hip-hop, qu’il ne connaît pas. «C’est avec la sortie de La force de comprendre du groupe Dubmatique, un album fort du hip-hop québécois qui a permis au rap de sortir de l’underground que je me suis intéressé à la culture.» Dali a 10 ans. Avec son père, il va voir des spectacles et des événements hip-hop. Il achète toutes les revues qui parlent de cet art et des vêtements associés.

Lors de ses escapades chez son père, Dali s’accroche les pieds au Café-Graffiti. «Je ne savais pas dans quelle branche du hip-hop me diriger. J’ai suivi quelques cours de breakdance. Mais j’ai finalement opté pour le rap. Ça me libérait de ce que je vivais. J’avais besoin de prendre la parole pour dire que j’existe. J’aimais faire de la musique mais je n’avais pas d’argent. Pour le rap, tu n’en as pas besoin. Ça prend seulement du papier et un crayon. Et avec de la pratique et de la volonté, chacun peut développer son talent.»

Les premiers pas d’un rapper

Dali fait figure d’extraterrestre à Alma. La culture hip-hop n’a toujours pas pénétré la contrée des bleuets. Avec son accoutrement de rappeur, il fait rire. «C’était dur. Au Lac Saint-Jean, il n’y en avait pas de hip-hop. Je me faisais écoeurer à cause de mon style marginal.»

Ses amis lui enregistrent des musiques instrumentales sur CD pour qu’il y rajoute ses propres textes. «Mes amis ne connaissaient pas ça, ce sont des rockers», dit-il en esquissant un sourire amusé. Dali faisait ses premiers pas comme rappeur en tâtonnant. «J’ai commencé à écrire. Mais ça ressemblait plus à de la poésie parce que je ne savais pas comment on faisait du rap. J’écrivais des textes introspectifs ou sur mon amour du hip-hop.»

Les années passent et la passion de Dali, devenu adolescent, grandit à vue d’œil. Le hip-hop n’était pas un amour de passage, une mode. Il perfectionne son style, continue à s’informer de tout nouveau développement au sein de la communauté hip-hop québécoise. Principalement lors de ses virées montréalaises.

Sans-Pression, Muzion, Yvon Krevé…

Puis arrive dans son univers une éclosion de talents qui l’interpellent. Alors que le précurseur Dubmatique utilisait un français international, les Sans-Pression, Muzion et Yvon Krevé montrent qu’il est possible de rapper en québécois. «À ce moment, le rap joual commençait. Ça m’a inspiré. Je pouvais rapper dans ma langue. Et j’ai voulu qu’il y ait du rap chez nous, au Lac Saint-Jean. Ça m’a motivé à écrire encore plus et à faire des spectacles.»

En 2003, à 15 ans, Dali s’apprête à faire le grand saut. Pour la première fois de sa vie, il monte sur les planches lors du Secondaire en spectacle, un show amateur où les élèves de son école expriment leur talent. «J’ai bien aimé ça. Ça m’a montré que j’étais capable! Et ça m’a donné envie d’en faire d’autres. Même si j’ai eu un blanc de mémoire majeur. J’ai oublié ma chanson! Il a fallu que je fasse reprendre l’instrumental 2 fois!» Une prestation imparfaite qui brise la glace et lui donne confiance. Il en reçoit une mention honorable parce qu’il est le seul à avoir composé les paroles de sa chanson, qui aborde ses difficultés familiales et sa vision de la société.

L’engouement de Dali est à son paroxysme. Il veut se donner en spectacle. «Je voulais faire des shows à l’école, dans des festivals. La Maison de jeunes d’Alma m’a aidé à en organiser. Je ne voulais pas monopoliser la scène pendant 2 heures. C’est rare un spectacle hip-hop d’un seul artiste. Et je voulais créer des opportunités pour d’autres jeunes à prendre de l’expérience de la scène.» Si au Lac Saint-Jean le hip-hop tarde à prendre sa place, le Saguenay est déjà dans le train du rap. Dali invite des groupes de Chicoutimi à se produire dans les spectacles qu’il organise avec la Maison de jeunes d’Alma, au Belvédère.

Rejeté par sa mère

Le monde de Dali s’effondre en mars 2004, alors qu’il est âgé de 16 ans. En rentrant de l’école, il est attendu devant la maison par son beau-père des six dernières années. Il a un message pour lui. «T’habites plus ici à partir de maintenant. On se revoit dans une couple d’années.» L’homme lui remet une pièce de 2$ en lui disant, tout bonnement: «Arrange-toi.» Dali a trop peur pour aller chercher ses effets personnels. Il appelle son oncle qui accepte de l’héberger et, plus tard, d’aller récupérer ses vêtements pour lui.

Dali se sent rejeté par sa mère. Mais il ne se sent pas coupable. Il n’a jamais été un enfant à problèmes. «Je ne me suis jamais battu, je n’ai jamais volé quoi que ce soit. Moi, je voulais faire des spectacles, une carrière. Je ne voulais pas de problèmes qui m’empêcheraient de faire ce que je veux.»

Le conflit avec son beau-père couvait depuis des années. Au début de la relation, en 1998, Dali était bien heureux pour sa mère. D’un naturel ouvert et accueillant, héritage de la culture hippie de ses parents, Dali voyait d’un bon œil le nouveau mé-nage de sa bien-aimée mère. Mais, peu à peu, le nouveau venu montre ses tendances manipulatrices et possessives. «Il a commencé à avoir des problèmes avec la famille de ma mère. Je voyais qu’il ne voulait pas être dérangé dans leur relation. Dès que quelqu’un de la famille se mêlait de leurs affaires, il le barrait. Ç’a commencé avec mon oncle, celui qui m’a accueilli quand j’ai été mis à la porte. Puis, ce fut au tour de ma grand-mère, quand elle a voulu sa-voir pourquoi il avait coupé les ponts avec mon oncle. Elle a été barrée. Finalement, c’est toute la famille de ma mère qui a été coupée. Ça s’est fait un par un.»

Pour l’adolescent, la situation familiale était difficile à vivre. Sa mère ne voulait plus voir les membres de sa famille qui l’avaient aidée lors de ses épisodes de dépression. Dali, lui, ne s’empêchait pas de rencontrer ses grands-parents. «Mais mon beau-père m’en voulait de continuer à les voir. Pour lui, j’étais du bord de la famille, pas du sien et de ma mère. Mon demi-frère était parti vivre avec son père. Il a été barré lui aussi. Je n’ai pas eu de nouvelles de lui pendant longtemps.»

Peu avant la rupture définitive d’avec sa mère, Dali est témoin de l’agressivité de celui qu’il appelle le manipulateur. «Mon père est venu nous rendre visite. Le chum de ma mère lui a sauté dessus. Il lui a ouvert le visage. Mon père a eu 6 points de suture. Après, il est devenu agressif envers moi. C’est pour ça qu’il a fallu que je parte.»

La DPJ s’en mêle

Dali termine son année scolaire en habitant chez son oncle. Puis, à la fin des classes, son bon samaritain lui apprend qu’il ne peut le garder plus longtemps. Comme son père est à l’extérieur à travailler sur un navire marchand, il n’a personne pour le garder. La DPJ est saisie. «J’ai revu ma mère en mai. Elle a clarifié la situation avec la DPJ. Son chum et elle ont dit qu’ils avaient un conflit avec la famille et que je continuais de les fréquenter contre leur volonté. Et ils ont dit que le temps était venu pour moi d’aller vivre avec mon père. C’aurait été correct si ça s’était passé à la fin de l’année, mais ç’a été brusque. Ma mère ne voulait pas me reprendre. Il fallait me trouver une famille d’accueil d’ici à septembre, quand mon père serait de retour.»

C’était il y a sept longues années. Et depuis, Dali n’a plus jamais parlé à sa mère. «Je trouve ça difficile. Je l’aimais, avant. Mais là, c’est comme si elle était morte, pour moi. Ça me frustre. Mais je ne lui en veux pas. Elle est libre de ses choix. Mais tant qu’à la voir avec cet homme, renfermés comme ils sont, j’aime mieux ne pas y aller.»

Avec le recul, Dali est conscient que l’abandon de sa mère lui a fait mal. «Je me rends compte que j’ai de la difficulté à approcher les filles. C’est inconscient, mais j’ai peur d’être rejeté. Je suis moins confiant.»

Les 3 reportages sur le rapper Dali:

Autres textes sur le Rap:

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