L’éducation francophone dans l’Ouest Canadien

Francophone dans un milieu Anglophone:

L’éducation francophone dans l’Ouest Canadien

Raymond Viger                     Dossier  Francophonie

En vacances avec ma conjointe Danielle à Vancouver, j’en profite pour faire un reportage sur les francophones hors-Québec. Je me demandais comment une communauté francophone peut survivre dans un milieu anglophone. Est-ce que nous, en tant que Québécois, avons des choses à apprendre des francophones pour nous aider à mieux vivre notre identité culturelle? Je m’attendais à un reportage simple, rapide et facile pouvant se combiner avec mes vacances. La réalité fut très différente! J’ai dû faire 3 reportages différents. Un sur le quartier chaud de Vancouver, le Downtown Eastside. Ce reportage touche l’itinérance des francophones dans l’ouest. Un deuxième sur un outil mis en place à Vancouver et que nous devrions avoir au Québec, un site d’injections supervisées, le Insite, le seul site d’injections supervisées en Amérique du Nord. Et finalement celui-ci sur l’éducation francophone dans un milieu minoritaire.

Parler de la communauté francophone de l’Ouest du Canada en ce début d’année est d’actualité. Parce que Maillardville, le berceau de la francophonie de la Colombie-Britannique fête cette année ces 100 ans. Bonne fête aux Francophones de Vancouver et bonne lecture!

Ce reportage a été publié dans le magazine Reflet de Société.

Qui sont les élèves francophones dans un milieu anglophone?

En faisant le tour des écoles du grand Vancouver métropolitain, nous remarquons que les élèves francophones proviennent de partout à travers le monde: Europe, Île Maurice, Congo, Rwanda, Amérique du Sud, Vietnam. Les élèves québécois sont en minorité. Chez les enseignants, nous retrouvons une majorité de Québécois et plusieurs Français.

Les écoles qui ont une plus grande présence québécoise sont celles situées près des bases militaires ou de la Gendarmerie Royale du Canada. Pour les écoles francophones en Colombie-Britannique, la période d’inscription se fait 12 mois par année, au fur et à mesure que les parents arrivent.

 

Une école francophone en Colombie-Britannique  implique que les élèves doivent voyager beaucoup pour s’y rendre. Il n’y a pas d’école francophone dans tous les quartiers. En contrepartie, cela veut dire qu’elle sera petite, intime, que tout
le monde se connaît. La plus importante, l’école Gabrielle-Roy de Surrey, compte 540 élèves de la maternelle jusqu’à la 12e année. Certains niveaux n’ont pas le nombre minimum d’étudiants. Un peu comme dans nos régions rurales.

Une petite école, cela veut dire moins de décrochage, de meilleurs résultats scolaires, un meilleur encadrement, plus de services adaptés… De quoi faire rêver tous les parents à la recherche de la meilleure école pour leurs enfants. Certains professeurs enseigneront aux mêmes jeunes pendant plusieurs années.

Cette relation privilégiée entre les enseignants  et les élèves se vérifie par le slogan de l’école Gabrielle-Roy: « Nous sommes à construire un monde meilleur – un étudiant à la fois. »

Choisir le français en milieu anglophone

La directrice de Gabrielle-Roy, Irène Noël, lance un message clair aux parents qui auront à décider si leur enfant étudiera en français ou en anglais. «Certains parents francophones placent leurs jeunes à l’école anglophone en espérant que leur enfant puisse mieux se placer sur le marché du travail. Pourtant, à partir de la 10e année, les élèves de l’école francophone réussissent mieux dans les tests provinciaux que ceux de l’école anglophone! L’anglais, ça s’attrape! Il ne faut pas avoir peur de placer son jeune à l’école francophone.»

En fréquentant cette école, le jeune se rend compte qu’il n’est pas le seul à parler français, il a des amis avec qui parler. Le français n’est plus une langue utilisée seulement avec ses parents à la maison. Elle devient une langue d’usage courant qui donne un sens concret dans sa vie.

Yvon Fontaine, président de l’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC), est cité dans le plan d’action 2005-2010 du réseau de l’enseignement universitaire: «Pour préserver le maintien de la langue, on doit commencer dès la petite enfance et poursuivre jusqu’au niveau universitaire. Si nos étudiants n’ont pas la chance de faire des études universitaires dans leur langue maternelle, il y a de bonnes chances qu’ils y côtoient les gens de la majorité dans des universités de langue anglaise.»

Le privilège d’étudier en français dans une communauté minoritaire

La communauté francophone, en Colombie-Britannique, est tissée serrée. Les parents s’impliquent dans les écoles, un peu comme au Québec dans les écoles alternatives. Le sentiment d’appartenance est fort. Étudier en français est plus qu’un droit, c’est un privilège. Cette fierté développe une motivation pour le jeune qui peut sentir la présence de toute la communauté derrière lui.

Il y a une grande différence entre une école francophone et une école d’immersion en français. Une école d’immersion permet à un non-francophone d’étudier pendant un certain temps en français pour mieux maîtriser la langue française. L’école francophone donne des racines, des valeurs et une culture francophone aux jeunes qui la fréquentent. Cette confusion doit être expliquée régulièrement aux anglophones qui veulent inscrire leurs enfants quelques années en français. Ils sont dirigés vers une école d’immersion. Parce que pour pouvoir étudier dans les écoles francophones, il faut y avoir droit et démontrer  ses racines francophones.

Le français dans l’Ouest du Canada: un droit chèrement acquis!

La communauté francophone a dû se battre, pour être reconnue. Il ne faut pas penser que le gouvernement de la Colombie-Britannique a accepté d’emblée de soutenir les écoles de sa communauté minoritaire.

En 1989, l’Association des parents francophones de la Colombie-Britannique poursuivait le gouvernement provincial pour obtenir la gestion des écoles francophones et créer un conseil scolaire francophone.

Déjà, d’autres communautés francophones du pays se battaient pour le même objectif. Pour faire respecter leur droit d’exister, les francophones de l’Alberta se sont rendus jusqu’à la Cour Suprême.

En 1990, notre plus haut tribunal reconnaissait l’importance de préserver  la culture de la minorité par  le système  scolaire. «Les écoles de  la minorité servent elles-mêmes de centres communautaires qui peuvent favoriser l’épanouissement de la culture de la minorité linguistique et assurer sa préservation.

Ce sont des lieux de rencontre dont les membres de la minorité ont besoin, des locaux ou ils peuvent donner expression à leur culture», précisaient les juges de la Cour Suprême dans la cause Mahé contre l’Alberta.

La bataille des francophones de l’Alberta a aidé les francophones de la Colombie-Britannique. En 1996, un tribunal de la province confirme le droit à la minorité d’exister par son éducation.

«Le gouvernement de la Colombie-Britannique a échoué à répondre, conformément à la constitution fédérale, au devoir de garantir une éducation en langue française.» Ce jugement oblige le gouvernement de la Colombie-Britannique  à adopter une loi protégeant les droits à l’éducation en langue française et à assurer les moyens financiers et techniques pour y parvenir.

Aujourd’hui, suite à cette lutte pour le droit d’exister, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique gère 39 écoles qui éduquent 4000 élèves. Autant d’institutions et de gens qui font rayonner notre culture et enrichissent la majorité anglophone de cette diversité.

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L’éducation francophone en Colombie-Britannique: les écoles Rose-des-vents et Jules Vernes

L’éducation francophone en Colombie-Britannique: les écoles Rose-des-vents et Jules Vernes

Vancouver, chapitre 12

Raymond Viger                     Dossier Francophone

Après la visite de l’école Gabrielle Roy à Surrey, Paul de la Riva, directeur des communications du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique nous transporte à l’école Rose-des-vents dans Vancouver.

C’est maintenant au tour de la directrice, Carole Massé de nous accueillir. Cette école primaire vit une transition extrême. Une école secondaire est en construction sur les terrains de l’école primaire: l’école Jules-Verne. L’école primaire va graduellement laisser sa place à l’école secondaire qui va prendre toute l’espace. Des locaux temporaires sont installés à l’extérieur, des classes ont été réaménagés, le gymnase ne fera pas exception. L’école Jules Vernes ouvrira ses portes à temps pour accueillir les élèves en septembre 2008.

Les nouvelles installations permettront d’avoir un nouveau gymnase, une salle de spectacle. Cette salle n’est pas exclusive aux élèves de la future école Jules Vernes. Elle sera disponible aussi à la communauté francophone.

Carole lance un message à tous les Québécois: collaborer avec les cultures francophones dans votre province et même ailleurs. Carole nous présente Marielle et Brigitte, deux enseignantes Françaises et Mylène, une Québecoise. Mylène s’est retrouvée en Colombie-Britannique parce qu’il n’y avait plus de perspectives d’emploi au Québec. Elle était 400e sur une liste d’appel avant d’obtenir un emploi.

Après cette visite, Paul nous amène pour le dîner à la maison de la francophonie de la Colombie-Britannique. Plusieurs organismes communautaires de la francophonie logent à la même adresse: une salle de spectacle, le journal francophone l’Express du Pacifique. Ce lieu permet de croiser par hasard les principaux acteurs impliqués auprès de la communauté francophone. Même Johanne Dumas du Festival du bois à Maillardville (Coquitlam) y était présente.

education-langue-francaise-francophone-francophonie En quittant le restaurant, Danielle et moi remarquons que nous avons tendance a dire « Gracias » au gens que nous voulons remercier au lieu de « Thank you ». Nous sommes en vacances. Pour nos vacances nous avons toujours été dans des endroits tel que la Jamaique, Cuba, Bahamas… Des endroits ou l’espagnol est la langue utilisé. Nous devons nous habituer a être en vacance en français et en anglais. Nous devrions survivre a cette petite technicalité.

Histoire complète sur le voyage à Vancouver.

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L’éducation francophone en Colombie-Britannique: école Gabrielle Roy

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Vancouver, chapitre 11

Raymond Viger                     Dossier Francophone, Éducation

Je suis en train de préparer un reportage sur la communauté francophone de la Colombie-Britannique. Cela va m’amener, pendant 15 jours à rencontrer beaucoup de personnes qui travaillent dans différents milieux.

J’ai besoin de nuancer ici la différence entre le blogue et le reportage. Dans ce blogue que j’écris au moins une fois par jour, je donne les grandes lignes des lieux visités, des gens rencontrés et quelques anecdotes de voyage. Je ne peux ramener toutes les informations recueillies. D’une part, pour une journée de visite, j’aurais besoin d’une nuit complète pour vous en faire état. D’autre part, il ne faut pas oublier que je suis en vacances. Il faut que je me garde un peu de temps, non seulement pour dormir, mais aussi pour prendre avantage de ces vacances. Cela ne fera qu’augmenter votre intérêt pour le reportage qui sera publié en septembre prochain. Pour les sujets qui ne se retrouveront pas dans le reportage, je reviendrais vous en faire un témoignage éventuel plus complet.

Pour notre journée de visites scolaires, Paul de la Riva est notre guide. Paul est directeur des communications pour le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Pour couvrir la grandeur du territoire, Paul se retrouve souvent en déplacement en auto et en avion. Je profite de l’occasion pour le remercier pour la journée qu’il a prise avec nous pour ces visites d’école et d’organismes communautaires francophones. Les connaissances qu’il nous a partagées seront très précieuses pour les contacts que je vais faire à Vancouver et pour le reportage en cours.

Notre première visite est l’école Gabrielle Roy de Surrey, la plus grosse école francophone de la Colombie-Britannique, 540 élèves de la maternelle jusqu’à la 12e année. La directrice, Irène Roy, nous y accueille pour faire la tournée de l’école et nous en parler. Une garderie communautaire est rattachée à l’école, La Coccinelle.

Avec 13 niveaux scolaires et pour le nombre restreint d’étudiants, cela veut dire qu’il peut arriver que certaines classes soient regroupées ensemble. Le directeur, les enseignants et les élèves se connaissent tous. Le lien est tellement fort, que deux élèves, Charmante et Bernadette, s’ennuyaient déjà de France qui leur enseigne.  Elles étaient de retour pour jaser un peu avec leur enseignante, devenu une amie, une confidente.

L’école ayant passé au feu, le Phoenix est devenu leur symbole. Renaître de ses cendres et reprendre son envol. Lors de notre départ, un couple de Mississauga en Ontario venait d’arriver pour visiter l’école avant d’inscrire leurs 3 enfants à l’école francophone.

education-langue-francaise-francophone-francophonie La devise de l’école que je ne peux passer sous silence: Nous sommes à construire un monde meilleur – un étudiant à la fois. Irène a un message clair aux parents. Avant d’acheter une maison et de s’installer, magasiner votre école, sa distance… Prenez le temps de vous informer avant.

J’ai découvert dans cette école un drôle d’équipement qui se nomme  »une vache ». Une sorte de gros chariot dans lequel sont entreposés des ordinateurs portatifs pour les élèves et qui fournit les branchements nécessaires.

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