Être en affaire no 8: une vision alternative

Avoir une vision claire

Réussir en affaire

Être à son compte est un choix pour certains, un manque de choix pour d’autres. Tous les vendredis, une nouvelle chronique présente un demi siècle d’expérience en entreprenariat privé et communautaire. 

Raymond Viger     Dossier Réussir en affaire

Comment réussir en affaire trucs pour partir à son compte conseil entrepreneurDéformation professionnelle, j’ai fait cinq années dans l’aviation comme pilote et instructeur. Vous me demanderez en quoi l’aviation est une école d’entrepreneuriat. La philosophie professionnelle que j’y ai développée m’a permis de mettre les bases de mes réussites commerciales.

Dans l’aviation, on doit avoir suffisamment d’essence pour se rendre à destination et, si pour une raison quelconque on ne peut pas y atterrir, avoir de l’essence pour se rendre à un aéroport de déroutement plus 45 minutes de vol pour se sécuriser.

En affaire, c’est exactement la même chose qu’il faut intégrer. Je pose une action pour atteindre un objectif dans un certain délai de temps. Si je ne réussis pas, je dois connaître des alternatives qui seront acceptables et que je pourrais assumer.

Quand Pierre Péladeau a tenté de lancer un journal à Philadelphie, il avait mis une limite de 50 millions à son aventure. Si la réalité n’était pas atteinte, on ferme le tout. L’entreprise de Pierre Péladeau pouvait se permettre de perdre 50 millions sans la mettre en péril. S’il n’avait pas mis cette limite, il aurait pu tout y engouffrer et finir dans la dèche.

Si j’ai un restaurant, j’achète des victuailles pour un souper. Si les ventes sont plus faibles que prévus, chacun des produits alimentaires doit pouvoir trouver une deuxième vie et respecter les délais de conservations de chacun. Un produit frais qui a une durée de vie 24 heures pourrait être fumé ou cuit pour en augmenter sa conservation. D’autres pourraient être congelés. Les recettes que je pourrais faire avec ce nouveau produit ne seront plus les mêmes. Je dois donc être capable de faire un spécial et travailler avec mes serveurs pour atteindre ces nouveaux objectifs.

Si j’achète des équipements pour le volume de transactions que j’ai aujourd’hui, qu’est-ce que je fais si mon volume augmente ou diminue. Mes équipements deviennent-ils désuets et non fonctionnels pour ma nouvelle réalité. Même si cela me coûte un peu plus cher, serait-il préférable de louer pour pouvoir changer plus facilement les équipements que d’acheter et de devoir vivre avec des équipements non adéquats? Louer et payer un peu plus cher peu revenir à une sorte de prime d’assurance.

Chronique Réussir en affaire

Autres textes sur les affaires

Publicité D’un couvert à l’autre: histoire d’un entrepreneur communautaire

D'un couvert à l'autre livre bistro le ste-cath journal de la rue Café GraffitiLe livre retrace les 25 ans d’histoire de l’organisme Journal de la Rue, les principaux évènements que l’organisme a traversé et parle avec émotions et réalisme de la réalité de l’intervention auprès des jeunes.

Une section est dédiée au dernier projet de l’organisme, le bistro Ste-Cath, l’histoire quotidienne de ce lieu mais également la relation entre les artistes et le public, notamment Elizabeth Blouin-Brathwaite, Pascal Dufour, Sule Heitner, B.U, Davy Boisvert,…

Une co-publication entre Delphine Caubet et Raymond Viger. Photographies Georges Dutil. Une couverture de l’artiste Geneviève Lebel. Le livre est disponible en édition de luxe (30 pages en couleur) à 24,95$ ou en noir et blanc à 19,95$ (plus 4,95$ taxe et livraison). Aux Éditions TNT. (514) 256-9000.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Peut-on parler économie sans tenir compte de l’environnement?

Martin Coiteux, HEC Montréal et François Barrière, Banque Laurentienne

Débat à la Maison du développement durable

La Maison du développement durable, située dans le quartier des spectacles à Montréal, au 50 rue Sainte-Catherine Ouest, regroupe (comme le dit sa publicité) des organisations engagées, dans un bâtiment écologique exemplaire où on offre des débats, des conférences, des expositions.

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossiers Environnement, Économie

débats sociaux réflexions sociales chronique sociétéDans le hall d’entrée, un mur végétal donne le ton du lieu, en plus d’oxygéner l’espace : une colonie de plantes tropicales poussant verticalement sur cinq étages, avec l’aide d’un peu d’ingénierie.

On a utilisé, pour l’escalier, des billots de merisier repêchés du fond du lac Huron, où ils reposaient depuis le temps du flottage du bois. À l’extérieur, pas de pelouse, mais des fougères et divers couvre-sol poussant librement.

À l’heure du midi, on offre des débats auxquels sont conviés les représentants des médias. Celui du 13 novembre posait la question : « Le développement des sables bitumineux de l’Ouest canadien nuit-il à l’économie du Québec ? » Et on avait invité, pour « confronter leurs opinions » : Martin Coiteux, économiste et professeur aux HEC Montréal, et François Barrière, vice-président développement à la Banque Laurentienne.

Le discours économique des deux spécialistes planait surement un peu au-dessus de la compréhension et des préoccupations du citoyen moyen, y compris de votre chroniqueur, qui vous rapporte tout de même un peu de ce qu’il en a compris.

Première opinion : une économie en danger

M. Barrière parle de la forte appréciation (augmentation de la valeur) de la devise canadienne durant la dernière décennie, qui résulte de l’exploitation des sables bitumineux. L’économie canadienne s’est maintenue grâce au développement du secteur primaire (ressources naturelles), alors que le secteur non primaire négligé (surtout le secteur manufacturier) chutait. Or, à revenus égaux, le secteur primaire offre dix fois moins d’emplois que les autres secteurs.

De plus, cette richesse canadienne n’est pas répartie également. C’est ainsi que la balance commerciale est en hausse en Alberta, productrice de pétrole, tandis qu’elle est en chute en Ontario et au Québec, où le secteur manufacturier et celui des services sont plus importants.

Et on peut prévoir la baisse du prix du pétrole canadien, si les États-Unis exploitent leurs gaz de schiste comme ils souhaitent le faire, ce qui va signifier un appauvrissement de l’économie canadienne.

Deuxième opinion : un enrichissement appréciable

M. Coiteux ne nie pas tous les arguments de M. Barrière. Et il ajoute qu’il y a eu une hausse des prix des produits de base tels que le fer, le cuivre, l’aluminium et le pétrole à cause de la forte demande de la Chine dans les années 2000, depuis que la Chine est devenue « la manufacture du monde ».

Cette demande a eu un impact positif sur l’économie canadienne, à cause de ses exportations de matières premières, alors que ce n’était pas le cas aux États-Unis. Ainsi, on a vu une réduction de l’écart du revenu familial entre le Canada et les États-Unis de 17 % de 2001 à 2009.

Les pertes d’emplois dans le secteur manufacturier ne sont pas nouvelles. En fait, elles sont en baisse au Canada depuis 1961, à cause d’une augmentation de la productivité due à une automatisation grandissante. Le même phénomène s’était produit auparavant en agriculture. Ainsi, historiquement, les emplois se sont déplacés de l’agriculture au manufacturier, puis aux services.

Mais notre économie a toujours reposé sur l’exploitation des matières premières. D’ailleurs, les pays dont l’économie reposait majoritairement sur le secteur manufacturier se sont appauvris, alors que nous nous sommes relativement enrichis à cause de notre secteur primaire.

Et l’environnement, dans tout cela ?

maison developpement durable écologie écologique environnementC’est alors que l’animateur pause la question : « Sommes-nous donc condamnés à devenir les fournisseurs de matières premières des Chinois ? » Question à laquelle personne ne pourra réellement répondre.

Dans l’assistance, plus d’un remarque qu’on ne tient pas compte des préoccupations écologiques dans toutes ces prévisions. On parle du développement continu du pétrole et des gaz qui maintiennent les économies, en oubliant que l’environnement ne peut plus résister à ce genre d’exploitation.

Les deux invités nous disent qu’ils sont, eux aussi, des citoyens préoccupés par les problèmes environnementaux. Mais qu’en conclusion, il reste que ce sont les prix qui déterminent la consommation. Tant que l’on continue à offrir du pétrole à prix abordable, il n’y a pas de stimulus économique au développement des énergies vertes.

On dit qu’il n’y a pas de volonté politique pour changer les choses. Mais ont dit en même temps que les gouvernements ont les mains liées par le pouvoir de l’argent. Et qu’on ne peut compter sur le volontariat de la majorité des citoyens, qui vont toujours aller « au moins cher ».

Où se trouve donc la solution ? Dans les catastrophes naturelles qui vont changer le monde malgré nous ? Dans la faillite du système économique actuel ?

On n’aura pas trouvé la solution à ces problèmes fondamentaux pendant l’heure du lunch, on s’en doute bien. Mais on aura eu au moins l’occasion d’y réfléchir et de réaliser, comme le soulignait l’animateur Hugo Séguin, que « derrière cette réflexion économique se cachent plein d’enjeux importants ».

Nous prenons nos cahiers, nos sacs, nos manteaux et nous sortons de la salle. Dehors, le ciel est beau malgré la saison. Les graffitis recouvrent les bâtiments décrépis qui bientôt seront remplacés par des édifices neufs et bien éclairés, comme celui de cette nouvelle Maison du développement durable.

Il reste beaucoup de problèmes à régler sur notre planète, nous le savons. Mais, en même temps, l’herbe pousse dans les fentes du béton et la vie persiste. Comme l’espoir des humains tente de le faire.

Autres textes sur Économie

L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

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Autres livres pouvant vous intéresser:

L’économie, un château de cartes ?

Attention fragile

Économie et justice sociale

Apparemment, les sciences économiques ne sont pas des sciences exactes, pas plus qu’elles ne sont infaillibles. Cela ressemble à une grande expérience planétaire dont personne ne connaît réellement les enjeux.

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossiers Économie, Environnement

D’un côté, des spécialistes qui s’opposent. De l’autre, ceux qui n’y connaissent rien, mais en subissent les conséquences. Un jeu dangereux que l’on joue les yeux bandés, pendant que les chiffres peuvent servir à cacher des injustices sociales.

Depuis longtemps, l’économie ne repose plus sur des valeurs facilement identifiables, comme le nombre de bêtes dans un troupeau, les bonnes terres pour l’agriculture, la qualité du bois dans la forêt. Des choses comme ça, bien concrètes, qu’on peut toucher de la main.

L’argent illusoire

crise économique économie finance financiaire financierToutes les valeurs ont été graduellement changées en une unité abstraite que l’on appelle « argent ». L’argent, au départ, reposait sur son équivalent en richesse : de l’or ou la richesse du pays en général. Maintenant, on ne sait plus tellement comment cela fonctionne.

Si, comme moi, vous n’êtes pas un spécialiste de l’économie, vous aurez l’impression que toute la richesse du monde repose sur peu de choses, qu’il s’agit d’un mirage. Ou d’un château de cartes qui peut tomber au moindre vent. Des spécialistes tentent de nous en expliquer le fonctionnement, mais les équations qu’ils nous proposent ne sont pas claires.

Économiser ou consommer ?

crise économique économie endettement finance financière financierÀ une certaine époque, il fallait économiser, faire des provisions comme la fourmi, l’abeille, l’écureuil. Mettre nos sous dans le petit cochon, plutôt que de les dépenser en bonbons. À cette époque, on ne prêtait qu’aux riches.

Ensuite, ce fut le contraire. On nous a demandé de consommer de plus en plus. Cela faisait rouler l’économie et créait des emplois. Lorsque nous n’avions plus les moyens d’acheter, on nous a débloqué des crédits. Cela sentait déjà un peu la fraude.

Et puis (oups !) les cartes du château se sont mises à tomber. On nous a dit d’arrêter de dépenser, de faire des économies pour nos vieux jours parce que l’État ne pourrait plus payer nos rentes. Mais les prix augmentent, les gens perdent leurs emplois. Ceux qui travaillent doivent augmenter leur productivité, payer plus d’impôts.

D’un autre côté, on doit baisser les impôts des entreprises pour attirer les investisseurs qui créent des emplois. Résultat : les riches s’enrichissent, les autres s’appauvrissent. Ce qui réduit du même coup leur capacité d’achat.

Endettement des ménages

économie crise économique finance financièreÀ cause de cela, il n’est pas possible, pour beaucoup, d’augmenter leurs économies. Au contraire, l’endettement des ménages canadiens dépasse maintenant de taux de 160 % du revenu disponible. Un taux semblable s’est traduit en crise immobilière aux États-Unis et au Royaume-Uni.

En même temps, les problèmes d’endettement des pays augmentent. On le voit aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Le seul remède à cet endettement, dit-on, est l’austérité. C’est-à-dire une plus grande misère pour beaucoup.

Mais les gens ne sont pas d’accord, ils sortent dans les rues. La situation devient « contre-productive », pourrait-on dire. Et puis, revirement : le Fonds monétaire international (FMI) surprend en proposant plus de souplesse dans les mesures d’austérité des pays (15 octobre 2012).

Les « naïfs ordinaires » que nous sommes ont parfois l’impression d’être à la merci des « experts » de toutes sortes. Comme des bouchons de liège sur l’océan, ballottés par les tempêtes. Or, comme les experts se contredisent souvent, il n’est pas facile de discerner le vrai du faux dans cette affaire.

L’économie n’est pas une science exacte, visiblement. La notion même de science exacte est déjà discutable, quand on sait qu’en physique, par exemple, on n’a pas encore trouvé une théorie unifiée qui s’appliquerait à tous les aspects de l’univers.

La vraie qualité de vie

Un des problèmes modernes, c’est qu’on a cru à l’objectivité des mathématiques et des sciences. Il y a quelques années de cela, il suffisait d’inviter un expert à la télévision pour nous dire qu’il n’y a aucun danger à utiliser le nucléaire ou tel pesticide, et le problème était résolu.

Cela ne fonctionne plus maintenant, parce que depuis longtemps on a compris que les experts n’avaient pas tous la même opinion. Dans l’affaire de Gentilly-2, on a vu s’opposer des scientifiques qui disaient, d’un côté, que les femmes enceintes devaient quitter Bécancour et qu’il ne fallait pas que les habitants consomment les légumes de leurs jardins – et de l’autre qu’il n’y avait aucun danger.

Tant que la science servait à justifier le travail de l’industrie et les politiques gouvernementales, on la tenait en haute estime. Maintenant qu’elle s’y oppose souvent, elle devient un peu moins crédible pour les pouvoirs qui l’utilisaient jusqu’alors.

La conception actuelle de l’économie dépend d’une croissance constante… comme dans le cas des ventes pyramidales. Mais on sait qu’il y aura toujours des perdants, dans ce genre de « fraude ». En fait, toute la conception économique actuelle est à revoir parce qu’elle repose sur des bases erronées.

Il est impossible de sauver ce château de cartes, et il nous faudra, en fin de compte, reconstruire l’économie mondiale sur des bases plus solides. Sur des bases qui respectent les lois naturelles et qui nous offrent une qualité de vie qui n’a rien à voir avec l’accumulation de biens matériels.

Dans une entrevue accordée au Devoir, le 16 octobre dernier, l’écologiste David Suzuki s’élève contre cette croissance sans frein :

Tout ce que nous faisons doit nous permettre de protéger la qualité de l’air, de l’eau et du sol. C’est la base. Ensuite, on peut se demander comment bâtir une économie en tenant compte de ces éléments essentiels. Mais ce n’est pas ce que nous faisons. Nous élevons l’économie au-dessus de tout en disant que tout le reste doit servir l’économie. Et la nature en paie le prix. C’est suicidaire.

Y a-t-il d’autres solutions ?

Pour être plus positifs, il faudrait parler de tout ce qui se fait de bien en marge de l’économie dominante. Des économistes dissidents qui travaillent à l’économie sociale ; des investissements responsables qui sont en pleine progression ; de l’entraide, de l’échange de produits et de services qui remplacent l’argent ; de l’austérité ou de la simplicité volontaire, et ainsi de suite. Nous y reviendrons dans une prochaine chronique.

Autres textes sur Justice, Économie

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Un anglophone gagne plus d’argent qu’un francophone

Francophones et anglophones du Nouveau-Brunswick

Écarts de revenus malgré le bilinguisme

Pour les francophones du Nouveau-Brunswick, la parole n’est pas d’or. Ni même d’argent… L’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) a publié une étude présentant les résultats d’une analyse statistique évaluant les disparités de revenu entre les francophones et les anglophones du Nouveau-Brunswick, de 1970 à 2000.

Stéphanie Lalut, Agence Science-Presse             Dossier  Francophonie

Cette étude, réalisée par Éric Forgues, chercheur à l’ICRML, Nicolas Béland, de l’Office québécois de la langue française et Maurice Beaudin, professeur d’économie à l’Université de Moncton, a relevé des améliorations dans l’intégration des francophones, mais aussi des lacunes concernant leurs conditions salariales.

L’idée de comparer les revenus de groupes linguistiques distincts a d’abord germé au Québec. “ Une recherche semblable avait été entreprise par l’Office québécois de la langue française et il nous a semblé pertinent d’observer la situation au Nouveau-Brunswick, où nous retrouvons une proportion importante de francophones et d’anglophones ”, explique Éric Forgues.

Écart de salaire entre francophone et anglophone

Lors de l’examen des données, l’équipe de recherche a noté une persistance des écarts entre les salaires, quoique moins marquée chez les francophones bilingues. “ Les francophones sont davantage représentés, s’intègrent mieux sur le marché du travail et ont pris leur place. Cela ne se reflète cependant pas dans leurs revenus ”, précise le chercheur.

Après un certain rattrapage entre 1980 et 1995, les écarts entre les salaires des francophones bilingues et des anglophones unilingues se sont accrus au profit de ces derniers, revenant ainsi au niveau de 1980, soit 7 p. 100. Tandis qu’entre les francophones unilingues et les anglophones unilingues, les écarts passaient de 18 p. 100 à 10 p. 100 entre 1980 et 1990 pour atteindre 23 p. 100 en 2000. Ce qui constitue manifestement un recul.

De moins en moins d’anglophone bilingue

L’enquête relève aussi une augmentation de la proportion de francophones bilingues composant l’échantillon de travailleurs bien intégrés dans le monde du travail. Ces derniers représentaient 16 p. 100 du groupe de travailleurs en 1970 et 30 p. 100 en 2000. Alors qu’on assiste chez la population anglophone unilingue à un déclin de l’intégration, passant de 79 p. 100 en 1970 à 57 p. 100 en 2000.

Être francophone en région

Comment expliquer que ces écarts de salaires persistent toujours ? Outre le facteur régional, qui peut expliquer une partie des écarts, la langue semble jouer un rôle qui reste à mieux comprendre. “ Il semble que des programmes tels que Chances égales pour tous et d’autres projets de développement régional ne suffisent pas à combler les écarts de revenus ”, relève le chercheur.

Toutefois, les chercheurs estiment que les décideurs devraient tenir compte des résultats de cette étude afin d’élaborer d’éventuels programmes de soutien économique visant non seulement les régions mais également les groupes francophones. Le Réseau de développement et d’employabilité économique (RDÉE) est un premier pas dans ce sens.

Autres textes sur la  Francophonie

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Origines de la Bourse et son histoire

Économie

La Bourse ou la vie?

Pendant que des milliers et des milliers de citoyens font du seat-in devant les différentes instances économiques à travers le monde, retour sur les origines de la Bourse.

Raymond Viger  Dossier Économie, Justice

bourse économie finance histoire bourse économique

La Bourse trouve ses origines au 12e siècle. Elle permettait de réguler et contrôler les dettes des communautés agricoles envers les banques.

En 1602, la Bourse s’officialise avec une première entreprise qui émet des actions et des obligations. L’objectif de la Bourse est de permettre le financement des entreprises avec l’émission de ces actions et obligations. La Bourse permet ainsi le développement de projets qui n’auraient pu se financer seuls.

Pour pallier les risques du marché, les produits dérivés ont été créés. Ceux-ci permettaient à un manufacturier de sécuriser les prix des matières premières essentielles à sa production. Pour un manufacturier ayant des clients ou des fournisseurs internationaux, les produits dérivés lui permettaient de se prémunir contre les variations des devises étrangères.

Les taux d’intérêts font aussi partie des risques que les manufacturiers devaient sécuriser. Les produits dérivés peuvent se résumer comme étant des ententes d’achat et de vente à des prix fixés à l’avance pour protéger les manufacturiers des variations de leurs coûts.

La bourse: outil de développement

Jusque-là, la Bourse est un outil économique permettant de conserver un équilibre et une meilleure continuité des affaires. La Bourse est un lieu d’échange entre un épargnant qui prend le risque d’investir ses économies pour faire un profit honnête et une entreprise qui veut évoluer et prendre de l’expansion.

Au 18e siècle, les marchés boursiers se multiplient avec la révolution industrielle, une période d’intense développement manufacturier et financier.

En 1970, en France, apparaissent les actions sur titres ou stock-options. Une rémunération pour les dirigeants d’entreprise payée en options d’achat. Le dirigeant peut, à une date ultérieure, acheter des actions de l’entreprise qui l’emploie au prix d’aujourd’hui.

Deux objectifs motivent l’apparition des stock-options. D’une part, permettre aux entreprises qui démarrent d’engager de bons prospects et de les payer avec la plus-value qu’ils vont générer. D’autre part, permettre que la rémunération des hauts dirigeants soit proportionnelle aux résultats financiers qu’ils atteindront. Plus le dirigeant sera performant, plus ses actions prendront de la valeur.

La bourse: outil de perversion

Les abus sont ici tentants. Les gains en capital de vos actions sont moins imposés qu’un revenu d’emploi. Cela devient rapidement une évasion fiscale. De plus, quand le dirigeant qui exerce son option achète une action, son employeur collecte de l’argent de cette vente. Le dirigeant revend ensuite ses actions au simple citoyen.

Les salaires exorbitants des dirigeants ne sont pas payés par l’entreprise mais par le simple épargnant qui essaie de planifier une éventuelle retraite. J’ai beaucoup de difficultés à accepter et comprendre pourquoi un salaire n’est pas payé par l’entreprise mais par l’émission d’actions. J’ai encore plus de difficultés à accepter que l’entreprise collecte de l’argent avec la vente de ses actions. Avoir un employé est censé être un poste de dépense… pas de revenus!

Le dirigeant qui connaît bien son entreprise et qui sait qu’il va vendre ses actions va tout faire pour que la valeur de ses actions soit au maximum. Il n’a plus comme objectif la santé à long terme de l’entreprise, mais une plus-value à court terme, même si cela hypothèque son développement futur. Le citoyen qui achète cette action pour une plus-value à long terme se fait-il léser par une telle opération ?

Même si les stock-options répondaient à un besoin honnête de pouvoir engager un dirigeant performant et de l’évaluer en fonction des résultats, nous sommes rapidement passés à une génération de dirigeants qui ne pensent qu’au rendement à court terme de l’entreprise, prête à sacrifier le long terme pour avoir un rendement rapide.

Scandales en prime

Dans les années 1990, c’est l’euphorie totale. La bulle financière s’intensifie jusqu’en 2001 avec les scandales financiers d’Enron et de Worldcom. Suite aux abus que les stock-options ont provoqués, de nouveaux règlements sont votés en 2002 par le Congrès américain sous Georges W. Bush. Par la suite, les administrateurs sont de moins en moins enclins à accepter des pratiques contestables dans l’utilisation des stock-options.

Malgré tout, en 2006, un autre scandale financier éclate. Des entreprises antidataient, sans en avertir les actionnaires, la date de distribution des stock-options pour les faire coïncider avec le cours le plus bas de l’action.

Erik Lie de l’Université de l’Iowa a étudié les attributions d’actions à des dirigeants de 7 774 entreprises entre 1996 et 2005. Sa recherche estime que 29,2 % des sociétés étudiées, soit 2 200 d’entre elles, ont antidaté leurs remises. De plus, Erik Lie souligne n’avoir découvert qu’une minorité des firmes coupables.

Toujours selon le chercheur Lie, un autre stratagème utilisé serait de faire coïncider la vente des stock-options juste après l’annonce de bonnes nouvelles concernant l’entreprise. Et qui décide de publier les bonnes nouvelles? Le dirigeant qui va vendre ses actions!

D’autres manipulations boursières font mal aux petits épargnants. Les courtiers, ces intermédiaires entre l’épargnant et les actionnaires, sont payés à la commission sur les achats et les ventes. Leurs priorités ont été trop souvent non pas le bien-être financier de leurs clients, mais l’achat et la vente pour faire plus de commission.

Les spéculateurs se retrouvent partout. Même du côté des banques. Attirés par le gain rapide et facile nous nous retrouvons avec des scandales tels que le papier commercial et autres illusions spéculatives.

Occupy… la Bourse

En 2011, des citoyens se rallient et occupent des espaces devant Wall Street et d’autres institutions financières à travers le monde. Bien que la Bourse ait été créée pour soutenir les emplois et le développement économique de notre société, ses vrais objectifs sont détournés aux mains de spéculateurs et de profiteurs. Parce que malgré les lois qui tentent de régir et d’encadrer cette Bourse, des spéculateurs, tels des serpents, continuent de s’y faufiler.

Le nombre de victimes de ces spéculateurs est encore plus grand que ce que nous pouvons voir en face de Wall Street et des instances financières mondiales. Avez-vous réservé votre siège pour le seat-in?

Illustrations Mabi

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Pour une éducation gratuite et universelle

Frais de scolarité et manifestations étudiantes

Couper dans les frais de scolarité

Les étudiants manifestent contre l’augmentation des frais de scolarité. Contrairement à Richard Martineau qui proposait, à Tout le monde en parle, de faire payer les plus riches et que les étudiants devaient faire leur part, j’irais plus loin que la demande des étudiants. Pourquoi ne pas offrir la gratuité scolaire aux étudiants en grève?

Raymond Viger Dossiers Éducation, Culture, Économie

manifestations étudiantes frais scolarité gratuité prêts bourses grève étudianteLa grève des étudiants et leurs différentes manifestations contre les augmentations des frais de scolarité nous forcent à faire une réflexion sur le financement de nos universités et l’éducation de nos jeunes. Nous ne pouvons demeurer indifférents à ce débat et nous nous devons de prendre position.

Notre système d’éducation tourne en rond d’une réforme à l’autre. Chaque fois qu’on essaye de mettre un plaster sur un problème, on met en place une série de fonctionnaire pour gérer ce plaster. Arrêtons de tourner en rond et prenons le taureau par les cornes. Le système d’éducation est en crise. Les étudiants sortent dans la rue pour nous le dire. Le mot crise vient du grec et veut dire changement. Profitons de cette occasion privilégiée pour faire les changements qui s’imposent.

Pour un système d’éducation gratuit

Considérant que l’éducation de nos jeunes est importante et que c’est l’avenir d’une société, arrêtons de niaiser avec le puck et offrons une éducation gratuite à nos jeunes. Ne me dites pas qu’en contrepartie il y aura trop de jeunes qui vont aller à l’université. On ne cesse de nous rabattre les oreilles à dire que des jeunes instruits font une meilleure société, créent des emplois mieux rémunérés et payent plus d’impôts. C’est important ou ce ne l’est pas. Si ce l’est, qu’on l’assume. Alors allons-y pour la gratuité universelle.

Je viens de mettre le système d’éducation en crise. Je viens de leur couper des revenus tout en augmentant le nombre d’étudiants qui vont utiliser leur service. Excellent, je suis un intervenant de crise, j’aime les crises et comme je le mentionnais, la crise est un instant privilégié pour faire des changements en profondeur.

Évidemment une gratuité scolaire pour les étudiants québécois. Si tu es un étudiant étranger et que tu veux utiliser les services de nos universités il est normal qu’on te facture le prix réel de cette scolarité. Soyons compétitifs avec les différentes universités à travers le monde. La facture pour les étudiants étrangers pourrait tourner entre 20 000$ et 40 000$ par année.

Travailler à l’étranger

Si un étudiant québécois décide de profiter de notre système d’éducation gratuit pour se trouver un travail à l’étranger, c’est correct. On ne peut pas brimer un Québécois qui décide d’aller travailler ailleurs. Sauf que l’éducation gratuite est offerte dans un objectif d’avoir des travailleurs mieux rémunérés, qui vont payer des impôts au Québec et nous aideront à créer une meilleure société québécoise. Il y a donc une dette morale qui est rattachée à cette gratuité scolaire. Tu dois travailler au Québec pour un certain temps. Nos actuaires et nos financiers s’amuseront à en faire le calcul. Si tu veux quitter le Québec à la fin de tes études, soit que ton entreprise étrangère paye les frais de scolarité à notre système d’éducation pour rembourser les efforts de scolarisation que nous avons eus, soit que cet étudiant qui vient de se trouver ce magnifique emploi à l’étranger doive nous les rembourser.

La fin des prêts et bourses

L’éducation étant gratuite, les besoins financiers des étudiants viennent de diminuer. L’étudiant doit cependant se loger et se nourrir. Pour certains, ils doivent quitter leur région pour habiter plus près de l’université. Nous avons un système de prêts et bourses qui coûte cher, qui ouvre la porte à des injustices ou certains abus. Un étudiant à plein temps, qui prend le minimum de cours est considéré sur le même pied d’égalité qu’un étudiant qui prend un maximum de cours. Certains étudiants choisissent des cours faciles qui ne demandent que peu de travail tandis que d’autres se retrouvent dans des cours contingentés qui exigent beaucoup d’heures de lecture et de travail. Peut-on mettre sur le même pied d’égalité un étudiant qui prend un cours sur l’histoire de l’art et un autre qui prend un cours de pharmacologie ou de médecine? Pas pour les prêts et bourses en tout cas. Parce qu’être étudiant est une opportunité pour s’instruire pour éventuellement avoir un travail. Être étudiant ce n’est pas un travail où tu prends n’importe quel cours facile juste pour bénéficier d’un système de prêts et bourses.

En me référant au calendrier scolaire des universités, les sessions d’étude sont de 15 semaines. Deux sessions par année donnent 30 semaines. Avec deux semaines de vacances, cela laissent 20 semaines pour travailler à plein temps. Au salaire minimum, 9,65$ de l’heure, 35 heures semaine, cela donne un budget de 6 755$ que l’étudiant pourra planifier pour son logement et sa bouffe.  Ce n’est pas énorme. Mais c’est l’équivalent de ce que nous donnons aux assistés sociaux pour survivre. Avec un emploi temps partiel de 10 heures par semaine pendant ses cours, le budget de l’étudiant peut monter à 9 650$ par année.

Vous remarquerez qu’ici je ne tiens pas compte de l’aide familiale que l’étudiant peut recevoir. Le calcul se fait aussi avec le salaire minimum. Certains pourront trouver mieux.

En coupant dans le système de prêts et bourses, combien d’argent est épargné non seulement dans les montants versés aux étudiants mais dans tous les postes de fonctionnaires affectés à la gestion des dossiers des prêts et bourses? Parce qu’à chaque programme que nous mettons en place, nous avons d’énorme frais de gestion à assumer. Coupons dans les prêts et bourses. Coupons dans les frais de gestion des prêts et bourses. Remettons le tout aux universités pour leur financement et leur capacité d’offrir une éducation gratuite. Une façon rapide de dégraisser l’appareil gouvernemental.

Le plein emploi pour les étudiants

En tant que société, si nous voulons couper dans les prêts et bourses aux étudiants ainsi que tous les fonctionnaires reliés à la gestion de ce programme, il nous faut garantir un emploi d’été à chaque étudiant. On ne peut créer l’autonomie sans en donner les moyens. Cela veut dire qu’il faudra peut-être négocier avec certains syndicats municipaux pour leur dire que certains fonctionnaires qui partent en vacances l’été seront remplacés par des étudiants, que certains travaux d’été se feront avec l’aide des étudiants. Que les festivals (subventionnés par nos taxes) devront engager des étudiants… L’été est une saison forte pour des emplois occasionnels. Du gazon au festival, du tourisme à la restauration, relevons nos manches pour assurer le plein emploi des étudiants.

Taxer l’emploi et non l’étude

N’étant qu’un oiseau de nuit sans budget de temps pour trouver tous les chiffres nécessaires à connaître la réalité globale de cette proposition de gratuité scolaire, je suis limité à en faire une hypothèse qui devra être complétée par d’autres. Si le budget est légèrement déficitaire, il s’agira d’augmenter les impôts de ceux qui auront bénéficié de la gratuité du système d’éducation, c’est-à-dire de ceux qui travaillent et qui ont un emploi et non pas des étudiants qui travaillent avec acharnement pour en avoir un.

Autres textes sur  Éducation

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Pour sauver l’économie: appauvrir les pauvres et enrichir les riches!

Économie

Justice sociale, occupons les espaces publics

Pour sauver l’économie, il n’y a pas d’autres solutions, selon la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international, que d’appauvrir les pauvres et d’enrichir les riches. D’où l’indignation populaire, le mouvement des Indignés et l’occupation de lieux publics dans les villes pour manifester son opposition à une telle conception de la vie en société.

Normand Charest    Dossiers Économie, Communautaire

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Bien sûr, les dirigeants de ces institutions n’expriment pas leur opinion de manière aussi directe, car elle se révèlerait contraire à l’argument de «justice sociale» dont ils se réclament, eux qui se présentent simplement comme les serviteurs des États démocratiques.

Or, si le terme «démocratique» signifie un gouvernement du peuple, il ne convient plus à la réalité actuelle où tout le pouvoir est aux mains de la finance. Et il serait bien difficile de soutenir que celle-ci œuvre au service du plus grand nombre.

Comment appauvrir le peuple?

C’est ainsi que pour sauver l’euro il faudrait, selon la Banque centrale européenne (BCE), appauvrir le peuple. Comment? En augmentant les taxes, en réduisant les retraites pour tous, en reportant l’âge de la retraite (les ouvriers fatigués pourraient ainsi aider l’économie en mourant avant de toucher leurs rentes), en réduisant les salaires (mais pourra-t-on faire «rouler l’économie» si on ne peut plus consommer?), en augmentant le chômage par les licenciements, en réduisant les aides médicales et sociales (dont n’ont pas besoin les riches)…

Pendant ce temps, les impôts sur les sociétés qui étaient de 50% dans les années 1980 sont maintenant de 33,3%, selon les taux affichés, mais en réalité ils ne sont souvent que de 7%. La hausse des dividendes est de 13%. Et les dirigeants bénéficient de généreux bonus, alors qu’ils licencient ou appauvrissent les employés et qu’ils augmentent sans cesse leur charge de travail. On justifie cela par la nécessité d’offrir une taxation aussi faible dans les pays développés qu’elle l’est dans les pays émergents, afin d’attirer les investissements.

Enrichir les riches

En rendant tout cela abstrait, mathématique, on s’enlève toute responsabilité personnelle, politique ou sociale. On parle même d’«intérêt supérieur» auquel il faudrait se sacrifier et tant pis si cela coïncide, par hasard, avec celui des classes supérieures, ironise le Monde diplomatique (11/2011, p. 10).

Pour que l’on accepte plus facilement de se sacrifier à «l’intérêt supérieur», il faudrait au moins que toutes les classes sociales participent à l’effort de sobriété, y compris celles qui bénéficient des plus grands surplus.

Les réformes économiques

Mais les réformes qui nous sont présentées en ce moment constituent une injustice sociale que l’on cache sous un langage abstrait et inaccessible. On veut cacher la réalité sous un mirage de mots. Sinon, il serait bien difficile de l’assumer dans toute sa nudité.

Plus que jamais «l’argent mène le monde» et contrôle les gouvernements des États qui en dépendent. Une vraie démocratie n’est donc plus possible dans de telles conditions, puisqu’il n’est plus question de défendre les intérêts des populations, mais bien ceux de la finance.

Les manifestations

En réaction à cette perte de pouvoir sur leur destinée, les populations manifestent, en Grèce, en Espagne et ailleurs. On voit des «Indignés» occuper les lieux publics à Francfort (siège de l’économie européenne), à New York, Londres, Paris, Toronto, Montréal…

Il est clair que toute l’économie et le système monétaire actuel reposent sur de fausses bases qui accordent plus d’importance à la spéculation qu’au travail lui-même, qu’à une compensation équitable entre les individus.

Comment pouvons-nous changer ce système, qui résiste à tous les changements puisqu’il détient tous les pouvoirs matériels ? Nous ne le savons pas encore. Mais ce système monétaire risque de se détruire par lui-même, s’il nous demande de consommer davantage tout en gagnant moins par exemple, une aberration que l’on a soutenue temporairement par un crédit qui a lui aussi atteint ses limites…

Illustrations Mabi

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