Ingérence de la publicité dans les médias

Publicité et média

Peut-on écrire sans subir l’ingérence des publicitaires?

Je publie un billet à 3:00 heures le matin. À 9:00 heures le matin, le média perd un contrat de publicité d’une valeur de 25 000$ par année.

Raymond Viger Dossier Média et publicité

900588_21943998Je suis le rédacteur en chef du magazine Reflet de Société, une revue spécialisée sur les thèmes sociaux. Dans les 2 dernières années nous n’avons eu qu’une seule publicité, celle du ministère Culture et communications et ils refusent maintenant de  nous la payer!

Sur mon blogue ou encore ceux de Cent Papiers ou des 7 du Québec, il n’y a pas de publicité.

Mes textes sont cependant repris directement ou indirectement sur d’autres blogues et médias qui sont à la recherche de contenu. Parce que le contenu est roi. Le contenu est une denrée importante pour le référencement par les moteurs de recherches.

Pouvoir des publicitaires

Mon texte sur le vol des informations de crédit chez Télus se retrouve à 3:00 heures le matin sur un site qui vend de la publicité. Dès 9:00 heures, un commanditaire d’une valeur de 25 000$ par année confirme qu’il se retire de ce média. Cet incident a créé un certain remous et plusieurs communications téléphoniques et courriel.

Un publicitaire ne pourrait pas mettre cette pression sur un média de grande envergure. Mais pour des médias de moindre taille, cette perte peut en ébranler plusieurs.

Nous avons aussi vu un média communautaire devoir signer une lettre envers un de ses commanditaires s’engageant à ne pas parler contre lui dans ses éditoriaux et reportages! Malheureusement, j’appelle ce genre de transactions de la pure prostitution. Comment puis-je faire confiance à l’intégrité des reportages de ce média avec une telle restriction?

Sans oublier les poursuites baillons tels que Barrick Gold envers Écosociété!

Conflit d’intérêt: publicité et contenu éditorial

Pour éviter ce genre de conflit d’intérêt, Reflet de Société et nos blogues ne misent pas sur la publicité dans leur plan d’affaire. Nous ne sommes pas contre la publicité. Mais pas question de laisser les publicitaires nous dicter notre éditorial et notre contenu. Nous sommes blacklistés par Loto-Québec, Fondation Mise sur toi, Éduc-Alcool et bien d’autres. Pourtant, certaines de ces sociétés ont, théoriquement, des missions de prévention qui devraient prioriser notre média. Mais la réalité du “contrôle” qu’ils recherchent semble les éloigner de leur mission pour favoriser un autre agenda.

Certains administrateurs d’importantes sociétés nous ont même fait une réputation qui s’est véhiculée à bien d’autres institutions qui, sans nous connaître, n’osent pas nous approcher.

Intégrité et intérêt public

L’intégrité a un prix. L’intérêt public aussi. Nous réitérons ici notre volonté de ne jamais laisser les publicitaires et les commanditaires influencer nos éditoriaux et notre contenu.

Nous sommes convaincus que notre intégrité nous permettra d’attirer les placements publicitaires d’entreprises de qualité. Des entreprises qui ont un code d’éthique et qui ont à coeur les citoyens du Québec. Des entreprises qui agissent socialement en bon père de famille.

Merci à nos 50 000 abonnés qui nous permettent de publier un magazine d’informations et de sensibilisation sur les thèmes sociaux tout en gardant une indépendance envers les placements publicitaires.

Autres textes sur Média et publicité

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Barrick Gold, Écosociété, Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique

Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique

Entente hors cours entre Barrick Gold et Noir Canada

Une réflexion sur la liberté d’expression, le droit de dénoncer les abus des grandes entreprises et du monde politique. Est-ce que l’argent permet de tout acheter? Une commission d’enquête est demandée.

Raymond Viger Dossiers Justice , International

barrick-gold-ecosociete-noir-canada-pillage-corruption-criminalite-afriqueLes auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher publient aux Éditions Écosociété le livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique qui remporte le Prix Richard Arès en 2008. De plus, Noir Canada réclame une commission d’enquête indépendante qui ferait la lumière sur les nombreux cas d’abus qui auraient été commis en Afrique.

Les abus de Barrick Gold et Banro

Noir Canada dénonce des cas de déversements de produits toxiques dans les cours d’eau, de corruption politique, la présence des entreprises minières dans des zones de guerre créant des conséquences tragiques et d’autres cas d’abus impliquant les entreprises canadiennes et multinationales Barrick Gold et Banro.

Noir Canada s’appuie sur des sources crédibles dont des experts mandatés par le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que des organisations telles que Human Rights Watch et Amnistie internationale. Quelques-unes des actions dénoncées dans Noir Canada: déversements de produits toxiques dans des cours d’eau, corruption politique, mobilisation d’armées nationales pour déloger les civils…

Poursuite-bâillon

Selon Wikipédia la définition d’une poursuite-bâillon:

Une poursuite stratégique contre la mobilisation publique ou poursuite-bâillon est, en Amérique du Nord, une action en justice visant à entraver la participation politique et le militantisme. Il s’agit le plus souvent d’une poursuite civile pour raison diffamatoire, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris parti dans le cadre d’un enjeu public. Le concept inclut également les menaces de poursuite, car le succès d’une telle opération ne découle pas tant d’une victoire devant les tribunaux que du processus lui-même, visant à intimider la partie défenderesse (celle attaquée) ou l’épuiser financièrement dans le but de la réduire au silence.

En avril 2008, la compagnie minière Barrick Gold intente une poursuite en diffamation contre les auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie, William Sacher et les Éditions Écosociété pour 6 millions. De son côté, Baron poursuit les auteurs et Écosociété pour 5 millions.

Barrick Gold et Écosociété: entente hors cours

Pour mettre fin à la poursuite de Barrick Gold les Éditions Écosociété viennent de conclure une entente hors cour. En plus d’un montant d’argent, les Éditions Écosociété cessent la publication du livre Noir Canada.

Extraits du communiqué de presse émis par Écosociété:

Ce retrait ne saurait en rien constituer un désaveu du travail des auteures, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ou de l’éditeur. Son analyse du rôle des sociétés canadiennes en Afrique aura permis d’ouvrir un débat nécessaire sur le paradis judiciaire qu’est le Canada pour les entreprises minières mondiales et aura fait réaliser aux Canadien que leur épargne se trouve investie dans ces activités controversées. Les Éditions Écosociété restent convaincues que l’ouvrage Noir Canada méritait d’être publié. Écosociété et les auteures de Noir Canada continuent de réclamer la tenue d’une telle enquête.

Une nouvelle législation pour la liberté d’expression

Les démarches des Éditions Écosociété auront notamment contribué à l’adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d’expression et la participation des citoyens au débat public, seule législation du genre en vigueur au Canada.

Les Éditions Écosociété entendent continuer leur travail d’éditeur critique, engagé et indépendant. Elles entendent continuer, malgré les menaces qui pèsent sur le livre et la pensée, à se prévaloir de leur liberté d’expression pour éclairer les citoyens sur un ensemble de questions d’intérêt public.

La poursuite de Barrick Gold, apparence d’abus

Avec ce règlement, les Éditions Écosociété et les auteures de Noir Canada comptent également se dégager d’un procès de 40 jours et de multiples procédures représentant en soi des coûts financiers, humains et moraux colossaux, malgré la provision pour frais de 143 000 $ que la juge Guylaine Beaugé a ordonné à Barrick Gold de leur verser le 12 août dernier. Elle concluait alors dans son jugement que la poursuite intentée présentait une apparence d’abus.

Un nouveau livre Faire l’économie de la haine

Les Éditions Écosociété entendent également continuer à publier l’auteur Alain Deneault, dont les écrits constituent une précieuse contribution à la pensée critique. D’ailleurs, elles annoncent d’ores et déjà la parution cet automne de son prochain ouvrage, Faire l’économie de la haine, un recueil de textes exposant les formes culturelles d’une « censure insidieuse » visant à empêcher des raisonnements critiques.

La poursuite de Banro

Les Éditions Écosociété et les auteures de Noir Canada font toujours face à une poursuite en diffamation de 5 millions de dollars, intentée par la multinationale Banro en Ontario. Ils sont toujours en attente d’une décision de la Cour suprême du Canada afin de rapatrier la poursuite au Québec, l’Ontario n’ayant pas encore adopté de loi contre les poursuites-bâillons. Un débat urgent doit avoir lieu sur l’accès à la justice et les coûts faramineux qu’elle implique.

Pierre Noreau, « Le pouvoir…contre le savoir ? », Le Devoir, 10 décembre 2010

Les auteurs de Noir Canada n’ont sans doute rien fait de plus que le travail auquel on s’attend des penseurs et des chercheurs au sein de chaque collectivité. Derrière la poursuite dont ils sont l’objet, demeure une question fondamentale: peut-on encore être critique dans notre société? Le pouvoir (et l’argent) doit-il toujours l’emporter sur le droit de savoir, ou du moins sur le droit de s’interroger publiquement? Au-delà de ce que recouvre la notion d’atteinte à la réputation, c’est donc l’avenir de la pensée qui se jouera ici.

Combien de nos placements et de nos régimes de retraite sont investis dans Barrick Gold ou d’autres qui ont les mêmes comportements? Se faisant, sommes-nous complice de Barrick Gold?

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