École à la maison, caravane étudiante

École à la maison, caravane étudiante

Gabriel Alexandre Gosselin Dossier École à la maison, École alternative

Après la parution de notre dossier sur l’école à la maison dans notre numéro de septembre/octobre 2009, certains lecteurs ont voulu partager leur expérience d’élève ou de parent enseignant à domicile. Notre journaliste Gabriel Alexandre Gosselin a recueilli le témoignage d’Isabelle Lajoie.

Dessin  ëcole  á domicile 300dpi_Zeck Nous sommes une famille avec 3 enfants âgés de 7, 3 et 1 ans. Le travail de mon conjoint nous amène à déménager souvent. Depuis l’an dernier, nous sommes partis du Québec pour aller en Ontario et ensuite en Alberta. Je trouvais cruel de changer les enfants d’école à n’importe quelle période de l’année. De plus, chacune des provinces offre un cursus scolaire différent.

Difficultés d’apprentissage et Ritalin

Ma fille de 7 ans a fait sa maternelle et sa première année dans une école alternative, mais à l’école publique en Ontario, elle a éprouvé des difficultés d’apprentissage. Les spécialistes souhaitaient lui prescrire du Ritalin mais je trouvais l’idée absurde. J’ai plutôt offert de scolariser ma fille à la maison. On m’a dit que je gâcherais son avenir. Pourtant, elle comprend maintenant ce qu’elle trouvait incompréhensible avant et apprend très rapidement.

Une alternative; l’école à la maison

L’école à la maison offre plusieurs avantages. D’abord, je peux choisir les apprentissages et le rythme est plus rapide. Puis, il y a la diversité des fréquentations. Mes enfants ont la chance de rencontrer des gens de tous les âges. Nous sommes libres de notre horaire; 8h à 12h tous les jours. En après-midi, nous avons du temps pour nos sorties et nos projets éducatifs. Le principal désavantage que j’ai vécu a été de devoir justifier notre choix, surtout auprès d’un gouvernement qui ne répond pas positivement. Je suis aussi confrontée à des jugements négatifs sur ma vie familiale presque tous les jours. Au début, c’était mon conjoint qui ne comprenait pas, mais c’est maintenant le premier à défendre ma décision. Ensuite, j’ai dû convaincre parents et amis. C’est épuisant. J’ai toutefois moins à le faire qu’avant et cela ne me dérange plus autant: mes arguments sont plus solides.

L’Ontario et l’école à la maison

En Ontario, le gouvernement n’est pas opposé à ce mode d’instruction, mais il n’aide pas non plus. L’Alberta offre un montant de 750$ par an. Pour y avoir droit, il faut s’inscrire auprès d’un comité scolaire et lui fournir de l’information sur l’enseignement donné. Nous avons le droit d’enseigner à notre façon, mais il doit y avoir des résultats. Des rencontres ont lieu  1 ou 2 fois par année pour s’assurer que l’argent est bien dépensé.

Il existe beaucoup de soutien pour les parents qui enseignent à la maison, des ressources. Notre fille est inscrite au programme d’enseignement à distance EAD en français et en mathématique. Ce programme offre une formation complète et des devoirs à faire qui sont ensuite envoyés à un enseignant qui les corrige. Les travaux sont finalement retournés par la poste avec les corrections et des notes. Pour le reste, il suffit de se faire confiance et de bien évaluer les apprentissages que l’on donne. Le reste demeure une question de jugement!

Illustration Mabi

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Témoignage

Éducation désaccordée

Dossier  Éducation, Casino

Une heure de piano et de violon, de la danse, du chant: bienvenue à l’école primaire Sacré-Cœur dans le centre-ville de Sherbrooke. Avec 7 heures et demie de musique par semaine et une fin d’année écourtée d’un mois pour préparer le concert, nous avions beaucoup moins d’heures que les autres pour assimiler les connaissances exigées par le ministère de l’Éducation.

Dominic Desmarais

Quand la cloche sonnait pour annoncer le retour en classe après le dîner, mon ventre se serrait. La pire heure de ma journée, le moment que je m’efforçais d’oublier, c’était l’heure quotidienne de violon et de piano. Ces deux demi-heures étaient les plus longues de mon existence toute neuve. Au violon, je luttais sans cesse pour rester dans ma rangée, debout, à jouer de mon archet quand on me le disait, à sans cesse répéter les mêmes passages. De temps à autre, je passais la période seul, confiné à une pièce de rangement, entre des piles de chaises. Au moins, j’étais capable de suivre les autres. Je me débrouillais.

Le cours de piano était mon vrai «calvaire». Ma main gauche refusait obstinément de jouer toute autre note que ce que ma main droite jouait. En fait, je ne jouais que de la droite. Pendant 30 minutes, je priais en silence pour que ma prof ne s’en aperçoive pas. J’espérais repousser à un lendemain sans fin le moment fatidique où je serais démasqué. Le piano, c’était mon enfer, un enfer qui se répétait tous les jours.

Le cours de chant, deux périodes de 45 minutes, me plaisait davantage. Parfois, je fermais les yeux et me laissais bercer par le chœur de mes 29 camarades. Cet univers me reposait. Côté danse… Une heure à faire rire de moi pour mon manque de talent. J’adorais ça! Bouger, virevolter, sautiller. J’avais juste de la difficulté à suivre les directives, la technique. Et je détestais porter ces ridicules chaussons de ballets qui ne me faisaient pas mieux danser…

Ces heures de musique n’étaient pas les plus valorisantes pour moi. Ce sont les moments que j’ai redouté le plus tout au long de mon primaire. La musique et moi, ça n’allait pas ensemble. Le pire, c’est que jamais je ne voyais venir cette heure cauchemardesque. Comme nous avions moins de temps à consacrer aux matières régulières, il fallait apprendre vite. L’avant-midi passait à vive allure. Je plongeais dans des univers différents constamment. J’étais entouré d’amis et sans cesse stimulé. J’apprenais comme une éponge, moi qui n’avais en fait rien à voir avec la spécificité de l’école.

Des concerts à l’ambiance féérique

C’est cette énergie bouillonnante qui me ramenait sans cesse à aimer mon école. À la fin de l’année, quand les 6 niveaux se jumelaient pour préparer le concert de fin d’année, l’ambiance était féérique. Le cadre habituel des cours sautait. Ou bien l’on devait passer une heure, parfois l’après-midi entier, au gymnase pour les répétitions, ou bien notre professeur devait s’y rendre. Pendant un mois, nous nous occupions seuls de notre emploi du temps. Au tableau, nous avions la liste des travaux à faire pour la journée dans chaque matière. Il y avait une liste pour ceux qui voulaient prendre de l’avance. Dans les corridors, j’entendais sans cesse le va-et-vient de classes qui pratiquaient. Moi, j’apprenais sans m’en rendre compte. J’étais toujours dans une atmosphère stimulante car on me sortait constamment de mes habitudes. Un univers parfait pour un rêveur comme moi.

Les deux soirs de concerts, à chaque fin d’année, me faisaient vivre des moments magiques. Deux représentations à guichets fermés dans la plus grosse salle de spectacle de Sherbrooke. À six ans, je dansais, chantais et jouais du violon devant des milliers de personnes qui nous ovationnaient à tout rompre, mes camarades et moi. Après une telle expérience, j’oubliais toutes ces heures angoissantes vécues durant l’année. Le sentiment d’accomplissement ressentis par les quelque 500 élèves de l’école, qui nous était donné suffisait à tisser des liens d’appartenance envers notre établissement, l’éducation, la musique, la curiosité.

Je n’ai toujours pas développé de talent pour la musique. Le goût ne m’en est jamais venu. Mais mon intérêt pour ce qui me pousse à apprendre et à m’accomplir n’a fait que grandir. Parce qu’on m’a appris à aimer apprendre.

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Apprentissages clandestins

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Apprentissages clandestins

Saviez-vous que plusieurs centaines de parents au Québec choisissent d’enseigner eux-mêmes à leurs enfants? Le ministère de l’Éducation de la province mandate les commissions scolaires (CS) afin de s’assurer que ces jeunes reçoivent une éducation adéquate et qu’il n’y ait pas d’abus. Pourtant, plus de la moitié des enfants scolarisés à la maison sont inconnus du système.

Gabriel Alexandre Gosselin Dossiers École à la maisonÉcole alternative  

«Enseigner à mes enfants, c’est ma profession. Je le faisais au départ parce que notre famille voyageait beaucoup, mais j’ai trouvé ça tellement intéressant que je n’ai pas pu arrêter.» L’école à la maison a permis à Julie (nom fictif) de constater l’efficacité d’un enseignement «un professeur pour un élève». Elle dit avoir besoin de 2 heures par jour au lieu des 8 demandées par l’école pour arriver au même résultat. «C’est tellement plus le fun quand tu apprends ce que tu veux et de la façon qui te motive.»

Cette mère souhaite garder l’anonymat car elle n’a jamais déclaré son projet familial aux instances scolaires. Julie n’est pas la seule dans cette situation. Les «non-déclarations» sont courantes dans le milieu. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) évaluait en 2003 qu’entre 2 500 et 5 000 enfants étaient scolarisés à la maison dans la province. Du côté des CS, on en dénombrait 377 pour l’année scolaire 2003-2004.

Qui est responsable de repérer ces élèves inconnus du système? Denis Pouliot, de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), croit que les CS ne sont pas en mesure de répertorier les enfants non-déclarés. Selon lui, cette tâche dépendrait plutôt de la bonne volonté des parents. «S’il existe une liste qui nous permette de les retracer, je n’en ai pas connaissance», ajoute-t-il.

Pas d’examen pour mon enfant

Pierre Compagna est l’un des fondateurs de l’AQED. Depuis la création de son association, il reçoit chaque année nombre d’appels et de courriels de familles adeptes de l’école à la maison. Celles-ci dénoncent souvent l’arrogance des CS. Pierre Compagna est devenu, par la force des choses, grand spécialiste des lois encadrant l’enseignement à domicile. «Les CS comprennent souvent très mal les motivations des parents. Elles y sont indifférentes ou ignorent même parfois que l’option est légale!»

Le cadre de l’évaluation est à la base des conflits. «Il faut qu’on s’assure en tout temps que le jeune sera apte à entrer dans le système public s’il en ressent le besoin. C’est écrit dans la loi! C’est pour cette raison qu’on leur demande de passer les examens réguliers. Les parents peuvent ne pas aimer, mais c’est comme ça que ça marche», explique Denis Pouliot, de la FCSQ. Pierre Compagna n’est pas du même avis: «Certaines CS vont jusqu’à demander à un enfant de se déplacer dans une classe pour passer un test. L’élève ressent une pression à laquelle il n’est jamais exposé, ça n’a pas de bon sens!»

Les parents choisissent généralement l’école à la maison dans une optique de liberté d’apprentissage. Plusieurs d’entre eux ne considèrent donc pas les examens du ministère de l’Éducation comme un moyen pertinent d’évaluer leurs enfants. «À l’école, c’est par le “par cœur” qu’un élève se prépare pour un examen. Moi, je veux que mon enfant se serve de ses apprentissages dans la vie de tous les jours», explique Julie. Les familles cherchent donc à obtenir d’autres types d’évaluation, telle la présentation d’un portfolio détaillant les travaux et expériences de l’enfant.

Le refus systématique de certaines CS de considérer cette alternative explique, selon Pierre Compagna, que les tensions sont aussi élevées. «On souhaite souvent imposer un système aux parents. Les CS demandent des plans de cours, des preuves de la qualification des parents ou une liste des livres scolaires qui seront utilisés.»

Devant ces exigences, les familles se trouvent prises au dépourvu, surtout que les parents qui donnent l’école à la maison n’ont pas besoin d’une qualification en enseignement. Le message circule et certaines d’entre elles décideront de tourner le dos aux CS. Si la tricherie est découverte, une famille court le risque de voir la Direction de la Protection de la Jeunesse débarquer chez elle. Pierre Compagna note, par contre, que quelques CS manifestent une «ouverture d’esprit exemplaire» et que l’harmonie est tout à fait possible.

Des enfants qui rapportent

Doctorante en éducation à l’Université de Sherbrooke, Christine Brabant a déposé en 2004 un mémoire proposant un portrait large de l’école à la maison dans la province, ainsi qu’une analyse des motivations des familles. Elle poursuit aujourd’hui ses recherches dans le but d’étudier l’émergence de nouvelles propositions de gouvernance par les parents eux-mêmes. Lorsqu’on lui demande d’éclaircir les lois sur l’éducation à domicile, la chercheuse évite la question en riant. «Ne me demandez surtout pas de répondre à ça!»

L’AQED distribue Le guide de la bonne entente à ses membres, un document d’interprétation des différentes lois. Les 72 CS du Québec ont, quant à elles, chacune leur interprétation de ces textes. «Il y a des avantages comme des désavantages au flou de la législation. Le problème, ce sont les irritants face aux préjugés qui existent des deux côtés», note Christine Brabant.

Parce qu’une CS reçoit un budget fixe pour chaque enfant qui fréquente l’école, les parents appréhendent souvent une rencontre avec une direction scolaire avant même de connaître ses intentions. «Ils ont l’idée ferme que les directeurs feront tout pour ramener leurs enfants à l’école afin de bénéficier de cette subvention. Inversement, certains directeurs d’école vont se mettre les pieds dans les plats en prenant de prime abord les parents pour des excentriques», remarque Christine Brabant.

Selon ses recherches, une multitude de raisons sont données par les parents qui souhaitent scolariser leurs enfants à domicile, dont la volonté de faire mieux que le système, le manque de place dans les écoles alternatives, les motivations religieuses, la déficience chez l’enfant ou une philosophie de vie particulière. «À ce niveau, l’aspect vague de la loi donne du jeu aux deux parties pour déboucher sur un accord. Nous sommes tous des adultes, les gens devraient être en mesure de trouver un terrain d’entente», note Christine Brabant. Dans la réalité, il en est tout autrement.

Où est le gouvernement?

Pierre Compagna déplore que le gouvernement n’ouvre pas la porte à un débat sur l’aspect social de l’éducation à domicile, et ce, malgré les nombreux appels faits par l’AQED au ministère de l’Éducation. L’association se dit prête à discuter sur la place publique de l’éducation à domicile, «mais ça doit aller dans les deux sens, insiste M. Compagna. On veut bien que la loi leur permette de détecter les cas de négligence, mais on aimerait aussi que la créativité des parents soit prise en considération.»

De son côté, Christine Brabant note que le débat social n’est pas l’option la plus avantageuse: «En procédant de cette façon, on court le risque de nourrir encore plus les préjugés qui existent.» Cette dernière prône plutôt une discussion à grande échelle entre les autorités scolaires et les familles afin d’arriver à une entente de base sur les critères d’évaluation.

Malgré les appels répétés de Reflet de Société, pour ce reportage, le ministère de l’Éducation n’a pas répondu à nos questions, notamment sur les enfants scolarisés entièrement à l’extérieur du système.

Socialisation des enfants

 Christine Brabant est doctorante en éducation à l’Université de Sherbrooke. Ses recherches portent sur la scolarisation à domicile. Elle s’est notamment penchée sur la question de la socialisation des enfants ne fréquentant pas l’école. Reflet de Société a recueilli son avis sur la question.

«Il existe plusieurs définitions de la socialisation des enfants et le terme a évolué au fil du temps. Il signifiait à l’origine la transmission des valeurs et comportements d’une génération à la suivante. Dans cette vision, l’enfant doit être formé selon les normes de la société dans laquelle il vient au monde.

«La nouvelle vision est plus souple. Dans celle-ci, l’enfant se forme lui-même à partir des différents modèles qu’il a autour de lui. La famille n’est plus toujours au premier plan. Elle est concurrencée par l’école, la télévision et les pairs. Dans cette optique, la scolarisation à domicile ne priverait l’enfant que de l’un des différents outils de socialisation s’offrant à lui.

«En ce qui a trait au ministère de l’Éducation du Québec, son programme ne consacre qu’un paragraphe à la socialisation des enfants. L’école est considérée comme un agent de cohésion sociale inculquant le vivre-ensemble et l’appartenance à la collectivité. Au niveau des commissions scolaires (CS), responsables de superviser l’enseignement reçu à domicile, il n’existe pas de vision partagée.

«Lors des ententes avec les parents, l’accent est mis sur le respect du programme scolaire plutôt que sur la socialisation. Si certaines CS se donnent la peine de vérifier, il s’agit d’une évaluation très superficielle, par exemple, l’enfant pratique-t-il des activités avec d’autres jeunes à l’extérieur de la maison? Il est bien sûr difficile pour les CS d’effectuer ce type de vérification, mais au-delà de ce défi, il s’agit plutôt dans la majorité des cas d’une préoccupation secondaire.»

Propos recueillis par François Richard

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CAP libre: éducation alternative pour jeunes décrocheurs

CAP libre: Éducation alternative pour jeunes décrocheurs

Gabriel Alexandre Gosselin Dossier Décrochage et Éducation, Casino, École à la maison

 

Je prépare en ce moment un dossier sur l’école à la maison pour le numéro de septembre de Reflet de Société. Dans la foulée de mes entrevues, j’ai rencontré Colin Perreault et Miriam Heap-Lalonde, deux jeunes Québécois qui ont lancé en octobre 2008 le Centre d’apprentissage libre (CAP libre). Le centre est surtout fréquenté par des décrocheurs et quelques jeunes vivant l’école à la maison. Basé sur la philosophie d’une démarche d’apprentissage propre à chacun, l’organisme se façonne petit à petit.

CAP libre: tout nouveau, tout frais

Les premiers pas dans le local de CAP libre, coin Beaubien — Saint-Laurent à Montréal, semble nous faire pénétrer dans l’univers d’une maison de jeunes. Le coup d’œil à l’intérieur donne sur un plancher de béton où sofas, petit poste d’ordinateur, plantes vertes et tables de jeu meublent le décor. Nous somme en avril 2009 et CAP libre est encore à la recherche de son identité. «Il faut qu’on fasse une rencontre avec les jeunes cette semaine. Parfois, ils passent trop de temps à jouer et ça peut déranger ceux qui essaient d’apprendre.»

La démocratie est de mise à CAP libre. Une décision comme celle-là n’est pas prise uniquement par Colin et Miriam. En pleine entrevue, ils se consultent d’ailleurs sur la démarche à entreprendre concernant les heures de divertissement: «Il va falloir faire quelque chose, ça me dérange moi-même par moment», lance Miriam. «Je crois qu’il serait bon de les consulter tous ensemble pour arriver à une solution commune», de relayer Colin.

L’éducation libre: selon sa volonté et ses objectifs

Quand un jeune décrocheur ou un enfant qui reçoit l’éducation à domicile débarque au CAP libre, il n’est pas question de lui imposer quelque activité ou apprentissage que ce soit. C’est le jeune lui-même qui doit se fixer des objectifs: «Nous, on n’est pas là pour lui dire quoi faire pour son éducation, on est là pour l’aider à encadrer la méthode d’apprentissage qu’il choisira», explique Colin.

De cette façon, CAP libre s’inspire beaucoup de ce qu’on appelle au Québec l’«éducation alternative», connue au États-Unis comme le freeschooling. Pour Miriam et Colin, il n’est que question de compréhension de l’autre: «on associe facilement les décrocheurs à des problèmes sévères. Nous, on les voit plus comme des personnes qui vont bien progresser, mais autrement que dans le système.» À partir de cette idée, les parents qui donnent l’école à la maison se sont intéressés au projet. «Vu notre implication dans le monde militant, ça nous a permis d’établir des contacts avec cette communauté», explique Colin. CAP libre représente pour ces familles une des nombreuses façons de sociabiliser ailleurs qu’à la maison.

Les examens n’ont pas nécessairement préséance au CAP libre. C’est le jeune qui décide s’il veut se faire évaluer. «On fonctionne surtout par projet. On a des ateliers de menuiserie, d’arts plastiques et de tout ce qui peut concerner le projet d’un jeune», précise Colin.

CAP libre: respect des différences

À CAP libre se côtoient décrocheurs et enfants qui reçoivent l’école à la maison. «C’est un sujet de fascination pour les deux groupes. Les décrocheurs, qui ont souvent des problèmes à s’entendre avec leur école, n’en reviennent tout simplement pas de voir d’autres jeunes qui n’y sont jamais allés. De leur bord, les jeunes qui reçoivent l’école à la maison sont souvent des enfants. C’est l’âge et l’attitude de nos décrocheurs qui attirent leur attention», explique Colin.

Une situation qui fait le bonheur des deux initiateurs du projet: «c’est exactement ce qu’on vise, une cohabitation entre personnes de différents milieux, avec des backgrounds différents», soulignent-ils.

Un centre d’apprentissage… qui apprend

Si Colin et Miriam disent prôner l’éducation libre pour les utilisateurs de leur centre, eux aussi sont adeptes de la pratique. En pleine première année de roulement, ils reconnaissent se trouver parfois dans des situations inconnues. C’est dans ces moments qu’ils doivent appliquer leur politique, soit celle d’apprendre par soi-même: «On ne dit pas que c’est facile tout le temps. Jusqu’à maintenant, cette première année n’est pas de tout repos. Les jeunes décrocheurs qui débarquent ici ne reviennent pas toujours, on vit avec une certaine insécurité aussi.»

Une insécurité qu’ils avouent faire vivre aux jeunes premiers utilisateurs de leur service. Mais pour eux, le défi se trouve là: «on ne veut pas que le centre se définisse selon nous deux. On veut que les jeunes qui viennent nous aident à le définir, selon leurs besoins. Qu’on s’améliore selon eux, pas selon nous!»

Pour contacter CAP libre: (514)222-0549 ou sur le site Internet de CAP libre

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