Restons debout

La violence est apprise, répétée et transmise. Nous devons déconstruire les rôles entre hommes et femmes pour mettre fin à cette dynamique toxique de pouvoir. Les hommes peuvent être vulnérables, ils doivent savoir exprimer leurs émotions sans coups ni blessures. 

Un texte de Geneviève Raymond publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

« Insultes, intimidation, menaces, obscénités et commentaires agressifs pullulent maintenant sur le fil d’actualité des personnalités publiques. Artistes, politiciens et animateurs, tous ont goûté aux messages haineux. À quel moment avons-nous commencé à tolérer ces comportements déviants? Nous devons les condamner haut et fort pour en finir avec la banalisation de la violence», signe-t-elle dans son éditorial.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Après la pluie… Le beau temps

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

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La place des papas

En soutenant l’intégration de la réalité des pères dans l’offre de services à la famille, le Regroupement pour la valorisation de la paternité (RVP), en quelques années d’existence, a réussi à rejoindre tout le Québec.

Un texte de Mahdia Mellal  – Dossier Famille


Père lui-même de deux enfants, Raymond Villeneuve a eu le coup de cœur pour la cause. S’investir dans la valorisation de la paternité lui est apparu comme une évidence. «J’en suis venu rapidement à réaliser qu’il y avait beaucoup de choses à faire à ce niveau-là. Oui, on souhaitait l’engagement paternel, mais dans les services, les politiques, les pères étaient très peu présents.»

Après avoir découvert l’organisme, il s’y investit, dans un premier temps bénévolement puis de façon permanente. Il en est aujourd’hui le directeur.

Diane Dubeau, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie à l’Université de Québec en Outaouais, a rejoint le train en marche en 2010. Elle y a trouvé sa place en tant que présidente: «Mon intérêt pour les pères et leurs rôles dans le développement de l’enfant remonte à 25 ans. J’en ai fait mon sujet de thèse, mais n’ayant pas répondu à toutes mes questions, j’ai décidé de continuer à travers d’autres projets: l’évaluation de l’intervention auprès des pères et la façon de les rejoindre. »

… la représentation du père; elle est passée de l’image du père pourvoyeur à celle du père affectif et impliqué dans la vie de ses enfants.

Le RVP est un organisme qui a réussi à rassembler les acteurs ayant à cœur l’engagement paternel et qui est porteur d’un même objectif: valoriser le rôle des pères dans l’épanouissement familial et sociétal. Pour cela, ils organisent des conférences sur différentes réalités paternelles (être père gay, beau-père, la séparation conjugale, etc.), tout en organisant des activités pour célébrer le rôle du père et le promouvoir, comme lors de la fête des Pères.

Changements sociétaux

Au Québec, de nombreux changements sociaux se sont opérés autour de la représentation du père; elle est passée de l’image du père pourvoyeur à celle du père affectif et impliqué dans la vie de ses enfants.

Même si la mission première du RVP est la valorisation de la paternité, elle n’exclut pas pour autant les mères. Bien au contraire, Raymond Villeneuve rappelle que promouvoir l’engagement paternel profite à tous, autant aux enfants qu’aux mères. Dans un souci de respect de ce principe, il tient à ce que l’organisme y soit fidèle: «Dans les conseils d’administration, des membres et des partenaires, il y a toujours des femmes et des hommes, ce n’est pas une démarche sectaire, c’est beaucoup du ensemble pour le bien de tous.»

La coparentalité et l’égalité femmes / hommes sont mises en avant: «Il ne suffit pas de parler de valeurs, mais les vivre et les incarner soi-même. L’image que nous projetons, la présidente et moi, est lourde de sens, elle reflète la démarche commune homme-femme pour faire avancer les choses.»

Le cœur du sujet et l’âme de l’organisation reposent sur la co-construction de la famille: «Avant, il y avait le rôle du père et les tâches de la mère. Aujourd’hui cette répartition s’est atténuée. On est plus dans le partage des rôles, la coparentalité et le ensemble. C’est une toute nouvelle gestion de la vision familiale qui pose un certain nombre de défis.»

Sur la perte de l’autorité paternelle telle que conçue dans les sociétés traditionnelles, les représentants s’accordent à dire que cette question est peu d’actualité au Québec: «Les pères Québécois se préoccupent très peu de cela, du moins les jeunes pères. Ceux-ci sont préoccupés par l’encadrement de leurs enfants, qui leur semble essentiel pour le développement de leurs enfants.»

Diane Dubeau avoue tout de même que la tâche n’est pas facile; cela nécessite du temps et des efforts pour faire des choix, par exemple: comment concilier travail et famille, surtout lorsque les enfants sont en bas âge? Qui devra s’absenter du travail lorsque cela est nécessaire?

Elle maintient tout de même que cette nouvelle façon d’aborder la parentalité est un gain considérable pour la famille.

La stratégie du RVP est d’accompagner les pères dans cette nouvelle démarche via des partenaires membres du secteur communautaire en contact direct avec les familles. Il y a 10 ans, Centraide du Grand Montréal a saisi le potentiel du RVP et a été la première instance à le soutenir financièrement. Les ministères de la Famille, de la Santé et des Services sociaux ainsi que le Secrétariat de la condition féminine ont ensuite suivi le pas.

Avec seulement deux employés permanents et des projets d’envergure provinciale, le Regroupement pour la Valorisation de la Paternité doit faire face à un défi interne important : la croissance de ses activités sans une croissance correspondante de ses ressources humaines.

En complément à Reflet de Société +

Écoutez cette vidéo humoristique de Naître et grandir sur le moment présent des enfants.

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Stephen Harper et l’avortement

Retour à l’ère de Morgentaler ?

Depuis 1988, la loi permet aux femmes de se faire avorter. Mais depuis que le gouvernement de Stephen Harper est au pouvoir, le débat sur l’avortement revient sur la table, avec le dépôt du projet de loi C-484 qui reconnaît l’existence juridique du fœtus.

Alexandre Lévesque | Dossiers Avortement, Famille, Égalité hommes-femmes, Sexualité

avortement-foetus-droit-d-avorter-loi-choix-pro-vie-pro-choix Les médias de masse cherchent maintenant à diriger l’opinion publique en faveur du mouvement pro-vie qui consiste à un retour à la criminalisation de l’avortement que propose le regroupement des pro-choix. Toutefois, que peut-on dire, en terme de droit, de l’égalité des sexes, si les femmes ne peuvent pas s’approprier leur corps?

Inégalités hommes-femmes

Ce qui émane du discours politique, c’est que les inégalités entre les hommes et les femmes tendent à s’accroître. Au Québec, l’égalité des sexes est une valeur bien ancrée dans nos mœurs. Comment peut-on remettre en question le droit à l’avortement? Cette question va au-delà des femmes violées se retrouvant enceintes.

Interdire l’avortement, c’est s’approprier le corps des femmes. On ne leur permet plus de décider par elles-mêmes. Soumises à l’État, dans lequel les hommes détiennent majoritairement le pouvoir politique et économique, elles sont dépossédées de la décision qui doit leur appartenir d’avoir un enfant ou non. Dans un tel contexte, les hommes sont complètement évacués de la responsabilité des enfants.

Contraception, avortement et éducation sexuelle

Il faut sensibiliser les jeunes aux moyens de contraception. Des cours d’éducation sexuelle doivent être implantés pour inciter l’utilisation du condom lors des relations sexuelles, ce qui évite les mauvaises surprises et les infections transmises sexuellement (ITS).

La discussion à propos de la violence conjugale doit se faire également pour informer et sensibiliser les jeunes à l’existence des violences physiques et psychologiques qui pourraient forcer les femmes à avoir des relations sexuelles sans qu’elles aient donné leur consentement et, ensuite, elles se sentent obligées d’avorter.

C’est au sein des couches les plus défavorisées de la société que le recours à l’avortement est essentiel pour les femmes. Bien souvent, l’accès à l’information et aux moyens financiers sont limités. Il conduit à une situation familiale plutôt instable menant parfois à la monoparentalité. Ce sont les femmes qui doivent assumer la responsabilité d’éduquer et de prendre soin, à elles seules, des enfants. Les femmes sont moins avantagées que les hommes sur le marché du travail puisqu’elles occupent des emplois précaires, atypiques, à des positions subordonnées aux hommes. Quant à l’équité salariale, selon Renée Larochelle de l’Université Laval;

Dans l’ensemble du marché du travail, l’écart entre le revenu moyen des hommes et des femmes est de 26 % en défaveur des femmes.

Dans l’éventualité où la loi sur l’avortement adoptée en 1988 serait abrogée par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, le raisonnement ne consiste pas à faire de l’avortement un substitut à la contraception mais plutôt d’éviter que des femmes risquent leur vie ou détériorent leur santé pour se faire avorter dans des cliniques clandestines.

Si l’on désire vivre dans une société qui se veut égalitaire et démocratique, il faut s’en donner les moyens. En ce sens, permettre aux femmes de s’émanciper, en leur accordant les mêmes droits et conditions que les hommes, est prioritaire.

Jusqu’où ira cette attitude de droite de Stephen Harper? Va-t-on remettre en question le droit de vote des femmes maintenant? De quel droit pouvons-nous appliquer des lois au profit des hommes et au détriment des femmes ?

Autres textes sur Avortement

Ressources sur Internet concernant l’avortement

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L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Authentik: des filles authentiques

Magazine pour vraies adolescentes

Rejetant l’image superficielle de la femme blanche, mince et hypersexualisée, le magazine Authentik propose aux jeunes Québécoises une vision d’elles-mêmes plus… authentique. Avec des textes percutants et révélateurs, Authentik veut changer la game dans l’arène des magazines pour adolescentes.

Gabriel Alexandre Gosselin | Dossiers Anorexie, Média

L’aventure commence en 2006, à la Maison des jeunes (MDJ) de Bordeaux-Cartierville, à Montréal. Le Projet Café Lilas propose depuis 2 ans des activités de sensibilisation aux adolescentes qui fréquentent les lieux. Par contre, pas question de s’endormir avec un conférencier monotone. «On voulait faire comprendre des choses, alimenter la discussion, mais aussi avoir du fun entre filles», explique Geneviève Morand, rédactrice en chef d’Authentik et intervenante à la MDJ.

Face au Projet Lilas, les jeunes participantes de Bordeaux-Cartierville manifestent le besoin d’agir. Profitant de cette mobilisation, Geneviève Morand et Julia Rymarz, une autre intervenante, proposent de lancer un magazine différent. Les filles de la MDJ acceptent, sans savoir vraiment dans quoi elles s’embarquent.

Pendant l’été, des d’adolescentes volontaires travaillent ardemment sur le premier numéro. Elles collectent l’information, réalisent des entrevues, gribouillent leurs articles. Petit à petit, un magazine se dessine. Le monde d’Authentik voit le jour en mars 2007 avec des textes sur l’hypersexualisation, les manipulateurs et des portraits de femmes inspirantes. Rien à voir avec les publications habituelles pour adolescentes.

«On voulait créer un modèle de magazine jeunesse différent. Je me souviens d’une des activités du Projet Café Lilas sur l’anorexie et la boulimie. Au début, on avait demandé aux filles lesquelles avaient déjà suivi un régime. Les ¾ d’entre elles ont levé la main. Avec un tel constat dans un groupe de 12-17 ans, il y a des questions à se poser sur ce qui les influence», note Geneviève. De cette expérience naîtra un article sur 4 filles qui ont vécu des troubles alimentaires et qui tentent encore de s’en sortir.

Éveiller les passions

La façon de faire d’Authentik est fidèle à la réalité des adolescentes. Suite aux différentes activités, les jeunes se portent volontaires pour écrire un texte sur le sujet discuté. Les participantes au magazine peuvent s’exprimer dans 5 catégories (voir ci-dessous).

«Chaque fille s’investit selon son besoin. On n’en pousse aucune à faire ce qu’elle ne veut pas faire. Certaines sont plus timides. Elles font des dessins pour le magazine ou écrivent des poèmes pour la section Passion Poétik», précise Geneviève Morand.

L’équipe du magazine, inexpérimentée dans le milieu de la publication médiatique, a su bien s’entourer. Des graphistes et photographes professionnelles contribuent à la publication. Le tout sur une base bénévole!

Un succès inattendu

Avec un budget restreint, la MDJ Bordeaux-Cartierville peut tout de même se permettre un tirage de 5000 copies à son premier numéro. 5000 copies envoyées gratuitement à différents organismes et établissements scolaires. Rapidement, la pile diminue jusqu’à disparaître.

Geneviève Morand trouve des subventions auprès d’Uniprix pour imprimer 5000 copies supplémentaires. En plus, la chaîne de pharmacie accepte de distribuer le magazine dans toutes ses succursales et ce pour la modique somme de… 0$. Le deuxième numéro, publié en mars 2008, a été imprimé à 10 000 exemplaires. Et on craint, une fois de plus, d’en manquer.

Authentik s’est attiré les reconnaissances depuis sa création. Au premier gala du Prix Égalité, organisé par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, le magazine a remporté les honneurs dans la catégorie Modèles et comportements égalitaires. Le quartier Bordeaux-Cartierville a également décerné une plaque à sa MDJ pour son travail autour d’Authentik.

Mais qu’en est-il du lectorat? Y a-t-il vraiment des adolescentes qui s’intéressent au contenu non traditionnel d’Authentik? Mélissa, 17 ans, a participé aux deux numéros. Elle est convaincue que le produit de leurs efforts réussit à passer le message auprès de la tranche d’âge visée: «J’ai apporté des copies à ma bibliothèque. Chaque fois que j’y retourne, la bibliothécaire est toute contente de me dire que beaucoup de jeunes l’ont lu.» Les exemples ne manquent pas pour appuyer ces propos: les participantes ont aperçu le magazine dans le métro, dans un CLSC ou entre les mains d’une cousine.

Pour Mélissa, participer au magazine ne lui permet pas seulement de constater le succès d’Auhentik, ou encore d’acquérir de l’expérience en journalisme, un domaine qui l’intéresse particulièrement. Elle attire désormais les confidences: «Après l’écriture du texte sur la boulimie, une fille est venue me parler de son problème en sachant que je participais au magazine», s’étonne encore la jeune femme.

Geneviève Morand voit la réussite à travers ce fait: «Notre objectif est de livrer un contenu plus positif de l’image de la femme. Quand les jeunes lisent des revues comme Cool! ou Adorable, elles se comparent aux images toutes retapées des modèles parfaits qu’on y affiche. C’est dommageable pour leur estime de soi. Authentik veut valoriser l’adolescente dans ce qu’elle représente réellement: une jeune femme dans un corps normal qui peut être belle en étant bien avec elle-même. C’est exactement le message qu’on veut transmettre!»

Authentik est disponible gratuitement dans tous les Uniprix et sur le site magauthentik.com

Les 5 sections

Magnifik: la section présente des trucs beautés. La rédaction donne la priorité au bien-être plutôt qu’à la beauté physique. Masques naturels, rouge à lèvres à base de chocolat, les produits sont testés au préalable par les jeunes journalistes, qui émettent leurs commentaires.

Sujet Critik: une section pour celles qui préfèrent les sujets controversés et délicats. Hypersexualisation, manipulation, agression sexuelle, anorexie/boulimie, les sujets critiques qui touchent les jeunes ne manquent pas.

Femmes Unik: des portraits de femmes qui se sont démarquées sur la scène locale, nationale ou internationale. La section aura permis aux jeunes de la MDJ Bordeaux-Cartierville de rencontrer Michaëlle Jean et Nathalie Simard. Et d’ajouter un certain prestige au magazine, bien que les rencontres se soient toujours passées dans la modestie.

Psychologik: un regard sur la mentalité des adolescentes. On y parle de bitchage, de relations, d’estime de soi, etc. Une petite place y est souvent réservée aux garçons. Sous forme de vox pop, ces derniers donnent leur point de vue sur la relation amoureuse, sur la femme parfaite, etc.

Passion Poétik
: section plus artistique du magazine, les filles sont appelées à dessiner, écrire des poèmes, faire des réflexions, etc.

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Liberté… Un sourire intérieurlivre liberté poésie recueil sourire intérieur

Un livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle…

Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective. Une belle suite pour mon premier livre de poésie, Après la pluie… Le beau temps.

Parce qu’après la crise… on peut trouver la liberté… sa liberté.

Liberté… Un sourire intérieur. Une façon de souligner les 5 000 exemplaires vendus du premier livre Après la pluie… Le beau temps. Même prix que le premier livre publié en 1992 avec le même nombre de pages et écrit avec le même amour: 9,95$.croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Après la pluie… Le beau temps

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Trafic d’êtres humains en Asie 2 de 2

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Dominic Desmarais | Dossiers Prostitution et Sexualité

La loi du silence

prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-4 La lutte est inégale pour contrer le trafic des êtres humains. Rares sont les trafiquants inquiétés par des poursuites criminelles. La pauvreté des victimes, la mentalité de la société, le manque de connaissances et d’expérience des policiers, des procureurs et des juges ainsi que la corruption sont autant d’obstacles dans la lutte contre la traite.

Rien n’incite les victimes à porter plainte contre les trafiquants. Malgré l’appui des organisations et leurs efforts pour améliorer la justice, les trafiquants demeurent impunis. La pauvreté est un problème majeur qui influence grandement les décisions des victimes. Traditionnellement, elles sont indemnisées par une somme d’argent, sans passer par la justice.

Vichuta Ly, avocate canadienne d’origine cambodgienne, défend les droits des femmes et des enfants victimes de la traite. Peu de ses clients veulent poursuivre leur ancien employeur. « Elles préfèrent négocier hors cour pour obtenir une compensation, parce que tous les cas vont en appel, puis à la Cour suprême. Ça prend des années. Le coupable doit subir sa sentence avant d’offrir la compensation ».

L’homme avant la femme

Les Cambodgiens suivent un code de valeurs qui valorise les hommes. Femmes et filles doivent demeurer vierges avant le mariage. L’agression sexuelle est considérée comme un échec de la victime, qui devait protéger sa réputation. Les Cambodgiennes victimes de viol peuvent difficilement se marier. Elles gardent le silence ou se blâment pour l’agression. Élevées selon cette tradition, les femmes et filles forcées à la prostitution n’osent pas porter plainte, de peur de jeter la honte sur la famille.

Pour changer les mentalités, plusieurs organisations, dont Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), organisent des ateliers pour rencontrer les communautés. Les hommes et femmes, les autorités locales, les policiers, les directeurs d’écoles, sont sensibilisés aux notions d’égalité des sexes.

Système judiciaire incompétent

« C’est un système qu’on essaie d’implanter, continu M. Circo, qui confirme le peu de cas de trafic porté devant les tribunaux. Il y a beaucoup de cas de viols, pas de trafic. C’est difficile de déterminer si c’est du trafic, car les avocats et les juges ne comprennent pas ce qu’est le trafic. La définition est complexe. Ils ont donc besoin de toute la preuve, qui demande beaucoup d’informations. Ils n’ont pas le temps ou les connaissances pour enquêter. »

L’avocate Vichuta Ly utilise l’expression de corruption indirecte. « Ils ont payé pour devenir avocats, sans étudier se désole-t-elle. Ils ne savent pas comment plaider. Je travaille avec 8 avocats. Deux seulement sont bons. Les autres ne savent pas comment Julian Circo forme des policiers, des avocats et des juges pour améliorer leurs capacités à traiter des cas de trafic. Le manque d’éducation est flagrant, juge le coordonnateur à l’Organisation internationale pour la Migration (IOM). « Ils n’ont jamais été à l’école. Ceux qui ont de 30 à 50 ans n’ont pas reçu d’éducation, parce que le pays n’en donnait pas, dit-il, faisant référence à la guerre civile qui a tourné au génocide de 1975 à 1979. enquêter, ils oublient des éléments pour les dossiers, le juge renvoie le cas ». Pour mieux défendre les droits des femmes et des enfants, Vichuta Ly prend sous son aile de jeunes avocats et elle les forme.

Un système judiciaire corrompu

Les gens n’ont pas confiance en la justice. Ils rapportent peu les cas de trafic. Les accusés, souvent riches, peuvent acheter le verdict. « Les personnes haut placées, on ne peut pas les poursuivre, affirme Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation Précaire (AFESIP), une organisation qui aide les prostituées. Même si on parle de viol, de violence, les victimes ne peuvent pas et ne veulent pas porter plainte. Elles reçoivent de l’argent ou les propriétaires de bordels sont connectés avec police ou la justice. C’est arrivé qu’un inspecteur de police soit le financier d’un bordel ».

Pour Julian Circo, de l’OIM, le système est corrompu dans les deux sens. « Les poursuites sont occasionnelles, mais il y a rarement des sentences. Dépendamment de qui ils sont, certains s’en sortent facilement, alors que d’autres n’ont pas de procès équitable. Ils servent d’exemples pour montrer que le pays est sévère, qu’il trouve des coupables. »

Qu’est-ce que le trafic ?

Les Nations Unies définissent le trafic comme tout acte impliquant la capture, le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou la réception d’une personne à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales par la violence, la menace de violence, l’enlèvement, la fraude, la duperie ou toute autre forme de coercition, puis en donnant, ou recevant des paiements et bénéfices pour obtenir le consentement d’une personne qui exerce un contrôle sur une autre, dans un but d’exploitation.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Autres textes sur la Prostitution asiatique

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Trafic d’êtres humains en Asie 1 de 2

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prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-3 La lutte est inégale pour contrer le trafic des êtres humains. Rares sont les trafiquants inquiétés par des poursuites criminelles. La pauvreté des victimes, la mentalité de la société, le manque de connaissances et d’expérience des policiers, des procureurs et des juges ainsi que la corruption sont autant d’obstacles dans la lutte contre la traite.

Rien n’incite les victimes à porter plainte contre les trafiquants. Malgré l’appui des organisations et leurs efforts pour améliorer la justice, les trafiquants demeurent impunis. La pauvreté est un problème majeur qui influence grandement les décisions des victimes. Traditionnellement, elles sont indemnisées par une somme d’argent, sans passer par la justice.

Vichuta Ly, avocate canadienne d’origine cambodgienne, défend les droits des femmes et des enfants victimes de la traite. Peu de ses clients veulent poursuivre leur ancien employeur. « Elles préfèrent négocier hors cour pour obtenir une compensation, parce que tous les cas vont en appel, puis à la Cour suprême. Ça prend des années. Le coupable doit subir sa sentence avant d’offrir la compensation ».

L’homme avant la femme

Les Cambodgiens suivent un code de valeurs qui valorise les hommes. Femmes et filles doivent demeurer vierges avant le mariage. L’agression sexuelle est considérée comme un échec de la victime, qui devait protéger sa réputation. Les Cambodgiennes victimes de viol peuvent difficilement se marier. Elles gardent le silence ou se blâment pour l’agression. Élevées selon cette tradition, les femmes et filles forcées à la prostitution n’osent pas porter plainte, de peur de jeter la honte sur la famille.

Pour changer les mentalités, plusieurs organisations, dont Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), organisent des ateliers pour rencontrer les communautés. Les hommes et femmes, les autorités locales, les policiers, les directeurs d’écoles, sont sensibilisés aux notions d’égalité des sexes.

Système judiciaire incompétent

« C’est un système qu’on essaie d’implanter, continu M. Circo, qui confirme le peu de cas de trafic porté devant les tribunaux. Il y a beaucoup de cas de viols, pas de trafic. C’est difficile de déterminer si c’est du trafic, car les avocats et les juges ne comprennent pas ce qu’est le trafic. La définition est complexe. Ils ont donc besoin de toute la preuve, qui demande beaucoup d’informations. Ils n’ont pas le temps ou les connaissances pour enquêter. »

L’avocate Vichuta Ly utilise l’expression de corruption indirecte. « Ils ont payé pour devenir avocats, sans étudier se désole-t-elle. Ils ne savent pas comment plaider. Je travaille avec 8 avocats. Deux seulement sont bons. Les autres ne savent pas comment Julian Circo forme des policiers, des avocats et des juges pour améliorer leurs capacités à traiter des cas de trafic. Le manque d’éducation est flagrant, juge le coordonnateur à l’Organisation internationale pour la Migration (IOM). « Ils n’ont jamais été à l’école. Ceux qui ont de 30 à 50 ans n’ont pas reçu d’éducation, parce que le pays n’en donnait pas, dit-il, faisant référence à la guerre civile qui a tourné au génocide de 1975 à 1979. enquêter, ils oublient des éléments pour les dossiers, le juge renvoie le cas ». Pour mieux défendre les droits des femmes et des enfants, Vichuta Ly prend sous son aile de jeunes avocats et elle les forme.

Un système judiciaire corrompu

Les gens n’ont pas confiance en la justice. Ils rapportent peu les cas de trafic. Les accusés, souvent riches, peuvent acheter le verdict. « Les personnes haut placées, on ne peut pas les poursuivre, affirme Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation Précaire (AFESIP), une organisation qui aide les prostituées. Même si on parle de viol, de violence, les victimes ne peuvent pas et ne veulent pas porter plainte. Elles reçoivent de l’argent ou les propriétaires de bordels sont connectés avec police ou la justice. C’est arrivé qu’un inspecteur de police soit le financier d’un bordel ».

Pour Julian Circo, de l’OIM, le système est corrompu dans les deux sens. « Les poursuites sont occasionnelles, mais il y a rarement des sentences. Dépendamment de qui ils sont, certains s’en sortent facilement, alors que d’autres n’ont pas de procès équitable. Ils servent d’exemples pour montrer que le pays est sévère, qu’il trouve des coupables. »

Qu’est-ce que le trafic ?

Les Nations Unies définissent le trafic comme tout acte impliquant la capture, le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou la réception d’une personne à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales par la violence, la menace de violence, l’enlèvement, la fraude, la duperie ou toute autre forme de coercition, puis en donnant, ou recevant des paiements et bénéfices pour obtenir le consentement d’une personne qui exerce un contrôle sur une autre, dans un but d’exploitation.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Dominic Desmarais | Dossiers Prostitution et Sexualité

prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-2 C’est jour de célébration à Monteay Banteay, au Cambodge. Des centaines de personnes célèbrent le 10e anniversaire de l’organisme Cambodgian Women’s Crisis Centre (CWCC) et l’ouverture de son nouveau refuge pour femmes. Pour l’occasion, les 130 pensionnaires du centre, des femmes sorties de la prostitution ou aux prises avec la violence conjugale, ont préparé les repas, dressé le chapiteau et monté la tribune des invités de marque.

Oung Chanthol, présidente de l’organisme, est aux anges. Pendant une journée, elle écarte les histoires malheureuses de ses pensionnaires qui ont marqué les 10 années de CWCC. L’intimidation, les passages à tabac et les meurtres qui ont touché son personnel. Oung Chanthol sait bien que la violence faite aux femmes demeure toujours problématique.

L’égalité des sexes est encore un concept vague au Cambodge. Les prostituées y sont toujours mal vues. Les possibilités de réinsertion sont minces. L’économie du pays est toujours chancelante après 30 ans de conflits. Les femmes ont un accès limité à l’éducation. Elles trouvent difficilement du travail. La police est sous-payée, elle est mal formée pour contrer le trafic et peine à mettre les trafiquants en prison. Sans oublier que la corruption est au cœur du système de justice.

Aujourd’hui, Oung Chanthol se réjouit pour elle, ses employés, le CWCC et, surtout, pour son combat en faveur des droits des femmes. La présence de hauts dignitaires venus dénoncer la traite et la violence qui accablent plusieurs Cambodgiennes est à ses yeux une grande victoire. Des centaines de personnes se sont déplacées pour assister aux cérémonies: signe évident que la question préoccupe la population. La coopération s’améliore entre le gouvernement, les organismes internationaux et les ONG locales. Les gens s’impliquent. Ils sont de plus en plus attentifs aux discours sur les droits de la femme.

Des ONG indispensables

Les pressions internationales, dont celles du Canada, et le lobbying des ONG locales expliquent la mobilisation de plus en plus grande des pays de l’Asie du Sud-Est contre le trafic des personnes. Il y a quelques années, la présence de jeunes filles offertes sur Internet par de grands bordels a alerté des organisations internationales. Sous leurs pressions, le gouvernement cambodgien a fermé les portes de ces établissements. Des ONG recueillent des informations sur les lieux de prostitution qu’elles refilent ensuite à la police anti-trafic. Difficile, pour les forces de l’ordre, d’ignorer ces demandes. Les organismes ont derrière eux le poids de leurs donateurs occidentaux.

C’est le cas de l’organisation Agir pour les femmes en situation précaire (AFESIP). Porté par sa présidente, Somaly Mam, elle-même vendue à deux occasions par son grand-père à des bordels, l’AFESIP est incontournable dans la région. Avec des bureaux au Viêt Nam, au Laos, en Thaïlande et au Cambodge, l’organisme peut suivre les lieux du trafic mieux que les polices nationales.

Débarqué au Cambodge il y a un an, Emmanuel Colineau voulait participer à la lutte contre la traite. Grâce à son diplôme de droit, il est aujourd’hui secrétaire général de l’organisme. Le jeune Français explique que l’AFESIP découvre les victimes de trafic grâce à une équipe d’enquêteurs qui se rend sur les lieux de prostitution. Ils recueillent des informations qu’ils refilent au département juridique de l’organisme.

«Quand on est prêt, on donne les renseignements à la police, qui effectue le sauvetage des femmes trafiquées.» La police anti-trafic, avec qui l’organisme a noué de bons liens, arrête toutes les personnes présentes sur les lieux repérés par les enquêteurs. Cette coopération permet à l’AFESIP de limiter les dégâts. «On observe chaque descente pour nous assurer du respect des personnes arrêtées, continue Emmanuel. Des entrevues sont ensuite menées pour distinguer les victimes des intermédiaires et des propriétaires des lieux de prostitution.»

Les raids menés par la police sont souvent traumatisants pour les prostituées. Elles sont acheminées vers des refuges d’ONG adaptés pour les accueillir. «Les victimes sont envoyées dans notre centre de courte durée pour 14 jours. Elles veulent juste sortir. Elles sont libres et retournent à la prostitution, consentantes. Mais, c’est parce qu’elles ne connaissent pas d’autres solutions, estime Emmanuel. On demande à chacune quel est son rêve, ce qu’elle voudrait faire? Ce sont des questions importantes. On veut les aider à le réaliser.»

En montant des dossiers contre les trafiquants, en découvrant les lieux de la prostitution et en assistant les victimes qui désirent porter plainte contre leurs exploiteurs, l’organisme pallie le manque de formation de la police et des procureurs.

La clé de cette réussite est l’approche coopérative. L’AFESIP veut changer, petit à petit, la mentalité des dirigeants du pays. «On maintient la pression, résume Emmanuel Colineau, mais on souligne aussi les bons coups du gouvernement. On ne croit pas à la confrontation.»

Des pressions contre le gouvernement

L’approche consensuelle ne fait cependant pas l’unanimité. Pour la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO), le gouvernement ne fait rien. On préfère le talonner. «Le gouvernement fait beaucoup de déclarations. Ça ne coûte rien et ça fait plaisir à tout le monde. Mais, il y a peu d’actions. On a une loi contre le trafic qui n’a que 10 articles… On a un département anti-trafic, mais la femme à sa tête ne fait rien.»

Ces propos tranchés sortent de la bouche du Dr Kek Galabru, présidente de LICADHO. Contrairement à AFESIP, elle n’apprécie guère la police anti-trafic. L’escouade n’a pas voulu effectuer de descentes dans des bordels désignés par son organisme. Cette dame à l’allure aristocratique travaille sans arrêt. Attablée un vendredi soir à son bureau, Kek Galabru corrige des documents avec un assistant, multiplie les appels et répond aux questions de Reflet de Société. Après, elle assiste à une réception. «C’est très difficile de faire bouger le gouvernement. On a tellement essayé, soupire-t-elle. Si le gouvernement canadien exerçait une pression plus forte, peut-être que ça pourrait améliorer la situation des femmes ici.»

Changer les mœurs

Dans la région, la fille aînée travaille traditionnellement au bordel pour subvenir aux besoins du reste de la famille. «Si elle accepte, est-ce du trafic? se demande le Dr Bruno Maltoni, consultant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dans certaines provinces, la prostitution est la seule façon de s’en sortir. Il s’agit d’un problème socio-économique. En Occident, on croit que les filles ont été kidnappées. Mais, souvent, ce n’est pas le cas. Plusieurs jeunes femmes veulent faire ce travail. Pas besoin de les forcer.»

Conseiller pour Oxfam Québec au Cambodge, Normand Champoux met en place un nouveau programme contre le trafic à la grandeur de la région du sud-est de l’Asie. «Quand on parle de trafic humain, on a notre perception occidentale, dit-il, corroborant l’idée du Dr Maltoni. Aux yeux de plusieurs Cambodgiens, si la famille ne vend pas sa fille, toute la famille meure. Je n’ai pas de solution au problème… Surtout que la famille ne le voit pas comme du trafic. Leur fille travaille pour leur bien.» La luttes aux réseaux de prostitution demeure essentielle, mais l’amélioration du niveau de vie et l’évolution des mentalités le sont tout autant.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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