Le bénévolat qui tue

Les limites de l’implication bénévole

Le bénévolat, moteur d’action?

Un jeune se suicide. Son père n’accepte pas de voir que des jeunes souffrent et qu’il n’y a pas assez de ressources pour les aider. Il crée une association pour venir en aide aux jeunes. En moins d’une année, épuisé devant le travail que cela représente, il se suicide lui-même. Par respect pour ses proches, je garderai le nom de cet homme sous silence.

Raymond Viger    Dossiers SuicideBénévolat

  • Tuerie à la Polytechnique. La sœur d’une des victimes, Heidi Rathjen, part en croisade pour le contrôle des armes à feu.
  • Pacte de suicide de deux filles, sur une voie ferrée, Rive-Sud de Montréal. La mère, Lise Mondor, crée une fondation pour faire de la prévention dans les écoles.
  • Mélanie Cabay, une petite fille, est enlevée, agressée et retrouvée morte. Sa mère crée la fondation Mélanie Cabay, pour venir en aide aux parents et aux proches d’enlèvements.
  • Le petit Daniel Durocher est tué lors d’une escarmouche entre deux bandes de motards rivales. Jusqu’à ce que la maladie l’emporte prématurément, sa mère tient à bout de bras une fondation pour venir en aide aux victimes des groupes criminalisés…

Des histoires comme celles-là, il y en a plus que l’on pense. Au Québec, le bénévolat aura été longtemps motivé par des convictions religieuses. Pour certains, il est une forme d’autothérapie pour faire le deuil d’un être cher, d’une situation injuste et que nous ne voulons pas voir arriver à d’autres. Pour plusieurs d’entre nous, le bénévolat est une question de survie, une façon de donner un sens à un événement traumatisant, un besoin viscéral de changer le monde dans lequel nous vivons.

À la suite d’une grande dépression qui m’a poussé vers deux tentatives de suicide, j’ai erré dans les rues de Montréal. J’ai tellement erré que je suis devenu travailleur de rue. En 1992, avec le père André Durand, nous étions deux bénévoles au Journal de la Rue à parcourir les rues de la province pour aider les jeunes marginalisés. Nos motivations étaient différentes, mais nous avons réussi à développer une complicité dans notre missionnariat.

Être bénévole, pour certains, ce n’est pas seulement donner du temps. C’est aussi mettre à contribution les équipements que l’on possède. C’est aussi, ponctuellement ou d’une façon permanente, refuser un salaire pour son travail, de façon à s’impliquer encore plus. Dans certains cas, il faut même payer pour faire du bénévolat. Une façon d’aider un jeune et d’aider l’organisme à poursuivre sa mission. Pour d’autres, le bénévolat devient un prétexte pour se rencontrer, échanger, éviter d’être seul à la maison.

Quelques grands bénévoles

Au cours des années, nous avons tenté de vous faire découvrir quelques grands bénévoles du Québec. Louise Gagné qui a participé à la création de plus d’une trentaine d’organisme communautaire. André Paradis de l’Estrie, un jeune bénévole de 76 ans. Laurent Pontbriand du Cap-de-la-Madeleine et sa bonne humeur contagieuse. Éléonore Mainguy, ancienne croupière qui dénonce les abus de Loto-Québec envers les joueurs. Did Tafari Bélizaire, ce joueur compulsif qui a sauté en bas du pont Jacques-Cartier et qui est devenu conférencier dans les écoles en prévention du jeu compulsif. Docteure Christiane Laberge que nous avions proclamé personnalité de l’année.  Jacqueline Blais de Sept-Îles avec la médaille du gouverneur et l’ordre du mérite. Chéli Sauvé-Castonguay,  vidéojockey de Musique Plus. Alain Dubois qui se dévoue corps et âme pour la cause des joueurs compulsifs. Julie Rhéaume à la radio communautaire de Québec. Ou encore les 50 ans d’implication de Louis-Phillipe Tremblay de St-Félicien. Des gens qui méritent qu’on écoute le message qu’ils ont à nous livrer et qu’on les soutienne dans leurs actions.

Le bénévolat est aussi important pour les gens qui le font que pour la société. Trop souvent, des bénévoles se brûlent à vouloir changer le monde. Parce que le changement demande du temps, de la patience, de la persévérance… De l’organisation aussi.

Des bénévoles sont prêts à faire des conférences dans les écoles auprès de jeunes. Il faut avoir une ligne téléphonique, répondre aux informations, trouver l’argent pour le transport, prendre une journée de congé (souvent pas payée) pour se rendre dans l’école… Beaucoup de temps de gestion. En plus, ce n’est pas facile pour un bénévole de dire non, de mettre ses limites.

Prenons le temps de soutenir les bénévoles qui se donnent corps et âme pour une société meilleure, de les aider à éviter le burnout, de définir avec eux les limites qu’ils doivent s’imposer. Reconnaissons le travail qu’ils font auprès des jeunes. Merci à vous tous pour votre engagement. Merci pour votre générosité.

C’est en informant et en sensibilisant les jeunes que nous allons réussir à changer le monde, à bâtir une société plus humaine, plus juste et plus équilibrée.

Autres textes sur le Bénévolat

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Gambling, vidéo et DVD

Gambling, vidéo et DVD

Raymond Viger     Dossier  Gambling et jeu compulsif

Bande annonce DVD gambling

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Tafari Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

DVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

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Textes sur le  Gambling et jeu compulsif

Témoignage d’un joueur en ligne

Jeux en ligne legalisation en France

Autres textes sur Loto-Québec

Loto-Québec, une longue tradition de mensonges

Merci à Loto-Québec de nous avoir ruiné

À Loto-Québec de qui se moque-t-on?

Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy

Anne Panasuk transforme la société

Loto-Québec, les gracieusetés et les joueurs compulsifs

Loto-Québec, le Journal de Montréal et l’accès à l’information

Loto-Québec, le Casino et le suicide

Did Tafari Bélizaire: Casino, jeu compulsif et suicide

Did Tafari Bélizaire: Casino, jeu compulsif et suicide

 Patrick Alleyn  Dossiers Gambling et jeu compulsifSuicideCasino

did-tafari-belizaire-gambling-suicide-jeu-compulsif

Le 20 septembre 2003, à 6h du matin, des marins  découvrent un colosse de 6 pieds 7 pouces flottant dans les eaux du St-Laurent. Les pompiers repêchent l’homme avec une grue sur un bateau amphibie.

Il nageait depuis une heure et demie, emporté par le courant. Il s’était jeté du haut du pont Jacques-Cartier après avoir tout perdu au Casino de Montréal.

À l’urgence de l’hôpital, il constate que ses jambes ne répondent plus. En tombant dans l’eau, sa colonne vertébrale s’est sectionnée, déchirant sa moelle épinière.

Did Tafari Bélizaire raconte son histoire.

Je suis devenu paraplégique à cause du jeu compulsif. Je m’accroche à un espoir: donner des conférences pour faire la différence auprès d’autres joueurs. Savez-vous que 4 à 8% des adolescents ont développé une dépendance au jeu? Je veux parler aux jeunes, car ils sont notre avenir.

La confiance du joueur compulsif

À l’école secondaire, j’étais une vedette: ma grandeur attirait. J’étais le seul Noir de mon école à Ste-Foy. Mes prouesses au basket me mettaient sur un piédestal. Je crois que cet excès de confiance a développé en moi le goût du risque, quelque chose d’inconscient. Quand tu gagnes aux jeux, t’es le king.

Les bars et les machines à sous

À 18 ans, je commence à travailler dans les bars de Québec, comme portier. C’était facile, vu ma stature. Dans les moments calmes, pendant 10 ans, je glisse quelques billets dans les machines à sous.

jeu-compulsif-gambling-casino-joueur-pathologique-gambler Sensations fortes du gambler

En mars 2003, de retour d’Amsterdam, où j’ai travaillé comme garde du corps d’une famille perse, je me mets à jouer férocement. J’étais encore sur le high de la Hollande, en quête de sensations fortes.En sept mois, je dépense autour de 8000$ dans les maudites machines. Manipulations, menteries, toute la famille y est passée. Et je passe les fois où j’ai vidé les comptes conjoints. J’ai même réduit mes achats de cocaïne pour jouer.

Jeu compulsif et les shylocks

Puis, j’emprunte 1000$ à des usuriers: 50$ par jour d’intérêts (1500$ par mois). Ils te laissent prendre du retard. Quand ils se sont mis à presser sur le champignon, j’ai pris 500$ dans la petite caisse de l’hôtel et je suis allé au casino, dans l’espoir de récupérer et rembourser. J’ai tout perdu.

Du Casino de Montréal au suicide

En sortant du Casino de Montréal, je me rends à pied sur le pont Jacques-Cartier. J’ai enjambé la barrière et me suis jeté en bas. Dans l’eau, je n’étais pas de bonne humeur: je n’étais pas mort. J’ai essayé de me caler.  Je n’y arrivais pas.

did-tafari-belizaire-gambling-suicide-jeu-compulsif-pathologique Les machines à sous de Loto-Québec

Deux ans après ma tentative de suicide, je m’explique encore mal comment on devient accro à ces appareils. C’est pas clair comment ça se passe. C’est peut-être un mal de vivre. Mais plein de gens ont des bibittes et ne deviennent pas joueurs compulsifs.Les machines sont attrayantes: le bruit, les couleurs. Tu penses que tu comprends les probabilités. Mais rien de tout ça ne tient. La plus grande force de ces 14 000 machines sous le contrôle de Loto-Québec est leur gain élevé. L’illusion des machines est là. J’ai gagné souvent. Une fois, j’ai gagné trois fois le gros lot la même journée (maximum 500$). Je suis sorti sur le party pendant 22 heures…

Solutions pour tempérer les joueurs compulsifs

Le jeu ne doit pas être accessible au coin de la rue, dans un petit bar où tu retrouves tes chums. Loto-Québec devrait regrouper les machines de vidéopoker dans quelques points de service dans la ville, comme au casino.Si, après avoir tout perdu, tu reviens chez toi à pied du casino, tu vas commencer à y penser. Quand la rage de jouer va te pogner, les 45 minutes de trajet d’autobus de Tétreaultville jusqu’à l’île Notre-Dame vont te calmer.On ne peut pas abolir le jeu. Je suis d’accord avec les casinos gérés par l’État. Mais je pense que Loto-Québec devrait retirer les 14 000 vidéopokers des bars. Tu vas te chercher un pain et t’as une machine à sous juste là! Comment ça se fait que les bars ouvrent à 8h le matin? Avec les machines, on frappe sur le petit peuple. Pourquoi n’y a-t-il aucune machine à Westmount? Les machines, du temps où elles étaient clandestines étaient moins accessibles. Loto-Québec redirige 22 millions sur ses 1,5 milliards de profits vers la prévention et la guérison du jeu pathologique. Des maisons de traitement sont devenues gratuites. Malgré tout, le problème est si grave que Québec devrait faire plus pour les joueurs excessifs. Le gouvernement devrait interdire la publicité sur le jeu, comme il le fait pour la cigarette. Tout ce marketing met le jeu à la mode et le banalise.C’est vrai qu’il y a des présentoirs dans les bars, avec des dépliants de prévention. Moi, je sniffais ma coke avec, pour ne pas lâcher la machine. Entre ce présentoir qui t’offre une aide et le guichet automatique installé à portée de main, qu’est-ce qui intéresse le joueur, croyez-vous?

loto-quebec-casino-jeu-compulsif-gambling-gambler-joueur-pathologique Critique de Loto-Québec

Je suis membre de la coalition EmJeu (Éthique pour modérer les jeux d’argent et de hasard), qui exerce des pressions sur Loto-Québec. Radios, télévisions, colloques, j’ai été aux mêmes tribunes que d’autres citoyens engagés dans la critique de la société d’État: Éléonore Mainguy, ex-croupière du casino de Charlevoix (Reflet de Société, août 2005) et Biz, du groupe Loco Locass, coréalisateur du documentaire La maudite machine (idem, avril 2005). J’ai aussi participé à deux vidéos de prévention pour les jeunes, avec l’Université McGill et avec le Journal de la Rue.Pour convaincre les directeurs d’école de m’inviter à donner des conférences aux élèves, je leur dis: Monsieur le Directeur, saviez-vous que, selon le Centre d’étude sur le jeu et les comportements à risque de l’Université McGill, le jeu vient au premier rang des dépendances bien avant la drogue, l’alcool et la cigarette?Je veux que les jeunes reconnaissent les pièges, qu’ils fassent des choses positives: sport, théâtre… qu’ils voient quand le jeu n’est plus un jeu, quand, par exemple, tu prends 2$ sur ton 5$ de lunch pour miser…Pour se battre contre la publicité massive de Loto-Québec, on a une force, on a le contact direct avec les jeunes. La tendance à transformer le Québec en société du jeu est lourde. Mais, en fauteuil roulant, j’ai appris à avancer en me fixant de petits objectifs.Vis-à-vis du jeu, un petit point d’interrogation est en train de se dessiner dans la société québécoise. Je veux faire la différence pour quelqu’un d’autre, pour les jeunes surtout.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc, H1V 1X4.

Pour voir le catalogue complet des DVD

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DVD Gambling: de l’aide pour les joueurs compulsifs

DVD Gambling: de l’aide pour les joueurs compulsifs

Ariane Aubin              Dossier Gambling et jeu compulsif

Endettement chronique, troubles familiaux, spirales de la drogue et du mensonge… Le quotidien d’un joueur compulsif n’a rien de la vie glamour que promettent les pubs des grands casinos.

Pour aider ceux qui sont déjà accros autant que les joueurs occasionnels à risque de le devenir et les jeunes encore étrangers aux dangers des jeux de hasard, Reflet de Société, en collaboration avec le Café-Graffiti, présente un DVD de sensibilisation au jeu compulsif.

Ce document vidéo est destiné à provoquer la discussion et la réflexion sur cette dépendance qui touche aujourd’hui plus de 180 000 Québécois. Des témoignages bouleversants entrecoupés du rap de Biz de Loco Locass, Khyro d’Atach Tatuq, de Sournoi, rappeur et joueur compulsif et de Corbeau s’y succèdent.

Did Tafari Bélizaire, ancien joueur compulsif devenu paraplégique après avoir tenté de se suicider et Éléonore Mainguy, ex-croupière au Casino de Charlevoix participe au DVD. Le constat est clair: il n’y a aucun plaisir ou avantage à retirer des jeux de hasard.

Rappeur Biz de Loco Locass et la Maudite Machine!

Biz de Loco Locass avait lui aussi co-produit un documentaire sur le jeu compulsif: Maudite Machine! Le rap qu’il nous offre est un lyric bien renseigné est approprié au DVD.

Vous avez aussi accès a du matériel que vous pouvez télécharger pour vos campagnes de prévention du jeu compulsif.

Au coût de 20$, le DVD en prévention du jeu compulsif de Reflet de Société est disponible sur Internet ou par la poste:

Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4
Pour plus d’informations: Téléphone: (514) 256-9000,en région: 1-877-256-9009
Courriel :     journal@journaldelarue.ca

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

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show_image Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible

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Remerciements d’Alain Dubois, personnalité de l’année 2008

Remerciements d’Alain Dubois, personnalité de l’année 2008

Raymond Viger     Dossier  Loto-Québec

Le 14 février dernier, nous avions publié la nomination de M. Alain Dubois comme personnalité de l’année 2008 par Reflet de Société. Nous publions aujourd’hui les remerciements que M. Alain Dubois nous a fait parvenir.

safe_image MERCI!

Je suis extrêmement honoré et réellement touché d’avoir été choisi comme personnalité de l’année 2008 par le magazine Reflet de Société. Depuis presque toujours j’ai été impliqué socialement. Le plus souvent dans des causes liées aux droits de la personne. Cette implication était, jusqu’à récemment, plutôt anonyme. C’est l’absence de débat public sur la place de l’industrie du gambling dans nos sociétés (et sa gestion); le manque de sources d’information indépendantes et… malheureusement, des pressions pour me faire taire, qui m’ont amené, presque malgré moi, à prendre la parole publiquement sur cet important enjeu de santé publique.

Je n’avais jamais imaginé qu’un simple article dans un journal syndical en février 2001 qui dénonçait la collusion entre des chercheurs et l’industrie du gambling m’amènerait si loin… Un peu à l’image de l’effet papillon, je ne pouvais plus arrêter le mouvement que j’avais contribué à initier. Jamais dans mes 30 ans d’implications sociales et bénévoles, je n’ai eu autant le sentiment que mon implication comme individu pouvait faire une différence aussi significative et amener de réels changements.

Si cette implication fut – et est encore – très gratifiante, elle amena dans sa suite de lourdes responsabilités et le sentiment de devoir être toujours à la hauteur des attentes que j’avais contribué à créer. Je ne suis donc pas mécontent de voir aujourd’hui que toutes les questions reliées à la place du jeu dans la société québécoise sont devenues d’importants enjeux de santé publique qui font quasi quotidiennement la Une des médias. Et ce d’autant que certaines circonstances et évènements m’obligent à être plus discret dans mon implication bénévole.

Je sais… il y a encore beaucoup à faire. Le gouvernement par le biais de sa société d’État, Loto-Québec, continue (malgré un hypocrite discours contraire) à augmenter son offre pour les jeux d’argent et de hasard et à en faire la promotion active. Une triste situation qui témoigne d’un bris du contrat social qui lie l’État aux citoyens qu’il est normalement censé protéger. Il est impératif que l’on retire les appareils de loterie vidéo (ALV) des bars et que l’on confie à la santé publique le mandat d’analyser la programmation et la conception des divers appareils électroniques de jeu et, si nécessaire, de faire modifier ceux-ci afin de les rendre moins dangereux. Il est aussi crucial que l’on réduise le mandat de Loto-Québec à un unique et simple rôle de gestionnaire de jeu d’argent et de hasard.

Loto-Québec cultive l’art de la dépendance, non seulement auprès des joueurs, mais aussi auprès des organismes qu’elle finance par le biais de sa fondation et qui perdent ainsi tout sens critique face à ses activités : centre de traitement pour joueurs compulsifs; établissement public du réseau de la santé (jeu et en santé mentale); centre de recherche et chercheurs universitaires, centre d’emploi et autres services s’adressant aux joueurs, etc. Il n’y aucune raison qui justifie que l’industrie du gambling ne soit pas soumise à des règles équivalentes à celle du tabac y compris en ce qui concerne la publicité et les commandites.

Il est inconcevable qu’une société d’État retire la majorité de ses profits de personnes qui ont un problème de jeu et que sa gestion ait créé une situation pire qu’à l’époque où le crime organisé contrôlait cette activité. En bref, il serait plus que souhaitable que la gestion de l’offre de jeu soit avant tout dictée par des impératifs de santé publique, plutôt que financiers. Le jeu responsable, c’est en premier lieu une gestion responsable… lire sécuritaire.

Pour terminer, je souhaite remercier tous ceux et celles qui ont contribué à faire avancer cette cause de santé publique. Je pense ici à Raymond Viger, l’éditeur de Reflet de Société qui a joué un rôle de pionnier dans l’éveil des consciences face aux méfaits associés au gambling; à mes collègues de la coalition EmJEU – entre autres, le philosophe Pierre Desjardins et l’ex-croupière Éléonore Mainguy; aux intègres et dévoués chercheurs associés à la Santé Publique, entre autres; Jean Leblond, Élisabeth Papineau et Serge Chevalier; au chercheur universitaire Amnon Suissa, un des rares à n’avoir pas fait un marché de Faust avec Loto-Québec ainsi qu’à la journaliste et anthropologue Anne Panasuk pour ses percutants reportages sur les impacts dévastateurs des loterie-vidéos sur les communautés autochtones. Je ne voudrais pas oublier les nombreux joueurs qui m’ont aidé à comprendre de l’intérieure, c.-à-d. du point de vue du joueur, cette grave dépendance qui afflige un nombre considérable de nos concitoyens… merci Raoul, MH, Frank, Nathalie et tous les autres!

Alain Dubois

Sur la photo on peut voir l’immense bouquet de fleur qui m’a été remis à cette occasion. En arrière plan la superbe murale qui m’a été offert par le Café Graffiti en remerciement pour mon travail de sensibilisation…

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Personnalité de l’année 2008: Alain Dubois

Personnalité de l’année 2008: Alain Dubois

Raymond Viger

alain-journal2 Pour la 3e année, le magazine Reflet de Société présente une personnalité qui a su être socialement significative.

Les finalistes pour la Personnalité de l’année 2008 vous avait été présenté le 10 janvier dernier.

Le choix a été très difficile à faire. Nous voulons souligner l’excellent travail de chacun des finalistes, Michelle Blanc, Alain Dubois, Christiane Laberge et Claude Poirier.

Pour l’année 2008, notre choix s’est arrêté sur M. Alain Dubois. Nous avons décidé de présenter la Personnalité de l’année le 14 février, jour de la St-Valentin. Une façon originale de dire à M. Dubois que nous l’aimons et appréçions le magnifique travail qu’il a réalisé.

Rappelons que M. Dubois s’est investi dans sites de prévention sur les dépendances. Il a aussi soutenu et fait connaître des conférenciers pertinents sur les thèmes sociaux tels que Éléonore Mainguy, Did Tafari Bélizaire. Toujours volontaires et disponibles pour répondre sans relâche aux médias qui l’ont sollicité dans les grands débats sociaux, M. Dubois s’est impliqué dans le recours collectif des joueurs compulsifs contre Loto-Québec et fait parti des militants contre le projet de déménagement du Casino de Montréal ainsi que, plus récemment, le projet de transformation des installations de courses de chevaux Blue Bonnets en complexe de jeu. Rappelons-nous aussi que c’est le travail de M. Alain Dubois pour informer les citoyens sur le recours collectif des joueurs compulsifs contre Loto-Québec qui avait valu à M. Dubois une ordonnance de non publication de ces informations sur son blogue.

Félicitations M. Dubois pour votre magnifique travail et profiter de cette journée de St-Valentin avec votre famille.

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Personnalité de l’année 2008: Alain Dubois

Raymond Viger

alain-journal2 Pour la 3e année, le magazine Reflet de Société présente une personnalité qui a su être socialement significative.

Les finalistes pour la Personnalité de l’année 2008 vous avait été présenté le 10 janvier dernier.

Le choix a été très difficile à faire. Nous voulons souligner l’excellent travail de chacun des finalistes, Michelle Blanc, Alain Dubois, Christiane Laberge et Claude Poirier.

Pour l’année 2008, notre choix s’est arrêté sur M. Alain Dubois. Nous avons décidé de présenter la Personnalité de l’année le 14 février, jour de la St-Valentin. Une façon originale de dire à M. Dubois que nous l’aimons et appréçions le magnifique travail qu’il a réalisé.

Rappelons que M. Dubois s’est investi dans sites de prévention sur les dépendances. Il a aussi soutenu et fait connaître des conférenciers pertinents sur les thèmes sociaux tels que Éléonore Mainguy, Did Tafari Bélizaire. Toujours volontaires et disponibles pour répondre sans relâche aux médias qui l’ont sollicité dans les grands débats sociaux, M. Dubois s’est impliqué dans le recours collectif des joueurs compulsifs contre Loto-Québec et fait parti des militants contre le projet de déménagement du Casino de Montréal ainsi que, plus récemment, le projet de transformation des installations de courses de chevaux Blue Bonnets en complexe de jeu. Rappelons-nous aussi que c’est le travail de M. Alain Dubois pour informer les citoyens sur le recours collectif des joueurs compulsifs contre Loto-Québec qui avait valu à M. Dubois une ordonnance de non publication de ces informations sur son blogue.

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