De combattants à acteurs sociaux : les policiers aiment-ils leur nouveau rôle?

Ghyslain Vallières compte 22 ans d’expérience dans la police. Il a été patrouilleur, préventionniste et agent spécialisé dans la lutte à l’exploitation sexuelle. Aujourd’hui, il est relationniste à la police de Longueuil, tout en continuant à travailler sur le terrain. Depuis le début de la pandémie, l’agent Vallières a mis à l’épreuve le rôle de policier RÉSO qui incarne bien la volonté de créer une police plus humaine au Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Un texte de Marie-Claude Savard publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Justice

Plutôt que combattant du crime, le policier RÉSO est un acteur social qui veille sur les gens vulnérables de concert avec les organismes d’aide de son territoire. Il travaille dans la communauté près des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, de pauvreté, d’itinérance, de dépendance ou autres. Il apprend à connaître les réalités des différents milieux et crée des liens de confiance. Il identifie les fragilités, évalue les besoins et agit avant qu’il y ait une crise. L’agent Vallières travaille depuis mars auprès des itinérants.

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Liberté – Un sourire intérieur

livre liberté poésie recueil sourire intérieur

Un livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

Une belle suite pour mon premier livre de poésie, Après la pluie… Le beau temps. Parce qu’après la crise… on peut trouver la liberté… sa liberté.

Liberté… Un sourire intérieur. Une façon de souligner les 5 000 exemplaires vendus du premier livre Après la pluie… Le beau temps.

Même prix que le premier livre publié en 1992 avec le même nombre de pages et écrit avec le même amour: 9,95$.

Une police à échelle humaine

Le policier doit se détacher de son rôle de combattant du crime et se rapprocher de ses citoyens. C’est du moins ce que croit le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) qui, depuis plusieurs mois, travaille à implanter une approche plus humaine dans son fonctionnement. De nouvelles équipes d’intervention ont été créées. La plus récente est l’Équipe de soutien en intervention psychosociale (ÉSIP), qui mise sur le dialogue et les solutions alternatives à la judiciarisation.

Un texte de Marie-Claude Savard publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Justice

En 2019, 88 000 appels ont été faits au 911. De ces interventions, 70% n’étaient pas reliées à des infractions criminelles. Ainsi, dans quelque 61 600 interventions, les patrouilleurs ont répondu à des appels relatifs à la détresse humaine plutôt qu’à l’activité criminelle.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Après la pluie… Le beau temps

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

Autres textes sur Justice

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Après 25 ans, ma première sortie

Il est 17h30 par un soir de semaine. Le soleil est encore haut dans le ciel — c’est le temps de l’année où les jours sont les plus longs. Quatre d’entre nous attendent au Carrefour, le point central de la prison, sous un puits de lumière aux vitres graisseuses.

Un texte de Colin McGregor, Centre fédéral de formation – Dossier Chronique d’un prisonnier 

Notre chauffeur pour la soirée traverse le hall. Une sortie supervisée. «Êtes-vous prêts?» Oui, pourquoi pas? Je n’ai rien d’autre à faire. Sortir de la prison pour quelques heures et me rendre à une réunion dans une église du centre-ville. Voilà le programme.

Bouche bée, comme un labrador, j’observe le paysage par la fenêtre de la fourgonnette gouvernementale. Que de choses à voir! Cet édifice n’y était pas, à l’époque… celui-là y était… le Stade olympique est entouré de deux grues maintenant, plutôt qu’une seule, qui le surmontait lorsque je suis allé aux Olympiques en 1976… L’état des routes semble plus douteux que jamais… Et pourquoi tous les moins de 30 ans tiennent-ils un bout de plastique noir et brillant devant leur nez? Ah, c’est vrai… nous sommes en 2017.

Nous arrivons à l’église. Le clocher penche toujours autant qu’avant. L’édifice a été construit il y a près de 200 ans sur un marais. La famille responsable de sa construction le voulait près de leur demeure, au bas de la pente du mont Royal. Le clocher est toujours aussi de travers qu’il l’était dans mon enfance, alors que j’allais à l’église deux fois l’an (à Noël et à Pâques, pour des raisons sociales plutôt que religieuses).

Voilà le baptistère, une petite annexe ronde en pierre. Ma mère ne voulait pas que je sois baptisée. Mais en 1961, les femmes n’avaient pas beaucoup de droits. Cette année-là, le premier membre féminin de l’Assemblée nationale québécoise, Mme Claire Kirkland-Casgrain, venait d’être élu. Malgré cela, le mari de Mme Casgrain avait dû signer l’hypothèque de leur maison; elle n’aurait pas pu le faire elle-même.

C’est ainsi que mon père a fait endormir ma mère par un médecin. Puis il m’emmena à cette même église, juste assez longtemps pour y être baptisé par un prêtre, un confrère d’études à McGill. Ce religieux a fini par être renvoyé de l’Église pour indiscrétions conjugales. Ce qui était considéré comme beaucoup plus grave, en ce temps-là, que de droguer des mères pour baptiser en secret leurs enfants. Heureusement, la société a changé.

Nous nous joignons à la réunion. Les personnes présentes sont de tous les âges, silhouettes, sexes et ethnies. Beaucoup sont des prisonniers, ex-prisonniers ou quelque part entre les deux. D’autres sont des membres de la communauté qui souhaitent aider.

Les «civils» sont accueillants, chaleureux, mais à la manière réservée des Anglos. Nous sommes toujours dans le Montréal anglais, comme me le rappellent les fenêtres géantes qui occupent un côté de la pièce où nous sommes.

Les fenêtres donnent sur les murs de pierre rouge richement sculptés d’un édifice ancien. Il y a plus d’un siècle de cela, les navires rapportaient d’Europe cette pierre écossaise utilisée pour la construction des maisons des anglophones, pour leurs commerces, leurs bureaux et les casernes de pompiers. Un matériau fonctionnel, sobre, irradiant la stabilité et le pouvoir. Une pierre facile à sculpter, qui ne se dissout pas dans la neige — au contraire du Stade olympique.

«Tout le monde est là? Bien, nous pouvons commencer.»

Nous faisons un tour de table pour nous présenter. Beaucoup de sourires.

Quelqu’un récite un poème dans lequel on raconte comment c’est bien d’être en prison pour une nuit.

On donne une présentation sur le sujet des Palestiniens de Cisjordanie. Eux aussi habitent une sorte de prison. Ça leur prend des heures à passer des postes de contrôle pour aller travailler à des salaires de misère. Pour chaque litre d’eau utilisé par les Palestiniens, les colons israéliens en utilisent sept. Le taux de chômage est incroyablement élevé. Il existe une carte en damier de la région où tout est divisé, apparemment au hasard, entre les «in» et les «out». On se demande à quoi pourrait ressembler une carte de ce genre pour Montréal. Notre société cache un peu mieux ces frontières. Qui sait laquelle de ces cultures, la leur ou la nôtre, est la plus transparente?

Le présentateur fait partie d’un groupe qui tente d’aider les «out» dans leur malheur par un dialogue pacifique, le travail social et un peu de lobbying politique. En ce moment, il heurte des murs, mais n’a pas l’intention d’abandonner son approche. «La violence n’est jamais une bonne réponse», dit-il. Une bonne leçon.

On remercie le présentateur. Avec envie, je surveille la table derrière lui, que l’on s’apprête à garnir de douceurs et de bouchées diverses. Je calcule le meilleur angle pour m’approcher, le plus nonchalamment possible, de ce banquet gratuit pour m’en mettre plein la bouche.
En chemin, des gens m’arrêtent pour me remercier de mon bavardage autour des tables pliantes. Je me fais prendre par les conversations, toujours reconnaissant d’être traité comme un être humain. Mais j’apprends à dialoguer, tout en m’emplissant les joues de biscuits et de fromage. Ça peut se faire. Avec quelques hochements de tête et un peu de mime.

Chacun fait ses adieux. Nous promettons de nous revoir, quand la loi le permettra. Tous semblent sincèrement heureux de notre présence.

Retour à la fourgonnette, en marchant sur un trottoir où je suis déjà passé des milliers de fois. Une ancienne librairie, un de mes lieux favoris sur Terre, repose maintenant sous une tour de verre; en m’étirant le cou, je peux voir l’immeuble où je travaillais autrefois; et quelque part sous nos pieds, dans le centre commercial souterrain où je ne peux me rendre, se tient ce qui reste de l’entreprise familiale depuis longtemps déchue. C’est peut-être le seul foyer qu’il me reste.

C’est un magnifique soir d’été. Les couples marchent main dans la main; les touristes prennent des photos; une jeune femme contrariée, habillée de noir, crie dans un petit bout de plastique noir. Comment un si petit objet de plastique peut-il agacer à ce point? Ah, c’est vrai, nous sommes en 2017.

Nous nous entassons dans la fourgonnette. Retour à Laval: une ville sur laquelle j’ai déjà refusé d’écrire, lorsque je travaillais comme pigiste au bureau montréalais du Financial Post, en disant au siège social qu’il n’arrive jamais rien d’intéressant à Laval.

Comme au Monopoly: Retourner en Prison. Ne pas passer sur Départ, ne pas recevoir 200$.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Pédophilie, quel humain derrière l’agresseur?

AVERTISSEMENT: Reflet de Société émet une mise en garde pour les lecteurs sensibles à la problématique de la pédophilie. Cet article est destiné à comprendre l’autre versant de cet enjeu, celui des agresseurs. Nous pensons que pour lutter contre la pédophilie, il faut comprendre le comportement de ces hommes et femmes. Toutefois, certaines personnes pourraient être heurtées par sa lecture.

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Thomas (prénom fictif) est attiré par les enfants, par les garçons prépubères précisément. Thomas est pédophile. Au Canada, la pédophilie est considérée comme une déviance sexuelle. Les chercheurs estiment que ces hommes et femmes développent leur intérêt pour les enfants à l’adolescence, au même titre que l’hétérosexualité ou l’homosexualité. En revanche, les pédophiles primaires (qui n’auraient d’intérêt que pour les enfants) sont rares.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Sexualité

Relation avec les adultes

Thomas a une relation complexe avec les femmes, dont il dit avoir toujours eu des images négatives. Dans sa tête, les choses sont claires: «Je ne pas veux pas quitter le monde des enfants», dit-il. Que ce soit avec sa mère, son ancienne conjointe ou d’autres adultes, Thomas explique ne pas recevoir l’amour dont il a besoin.

Durant toute sa vingtaine, Thomas fera une dizaine de victimes, dans sa famille et chez les scouts. Par deux fois il tentera des thérapies «pour ne pas devenir un monstre.» À 29 ans, Thomas entame la deuxième, qui dure un an et se solde par un échec. «J’y suis rentré de mon plein gré, mais c’était une thérapie policière qui marchait à la menace. Ça a d’ailleurs conduit au suicide d’un de mes amis.» Il entre alors dans une phase de révolte contre le système.

Parallèlement, Thomas voit sa vie d’adulte évoluer et il tombe amoureux d’une collègue de travail. Malgré l’amour qu’il dit ressentir pour cette femme, sexuellement, il est incapable d’interagir avec elle. Ils auront deux enfants, aucun conçu naturellement.

Empathie pour les victimes?

Alors qu’il a conscience de faire du mal aux enfants, Thomas essaie d’expliquer ses actes: «Avant de poser les gestes, c’est comme regarder le monde à travers une meurtrière, on n’a pas conscience de tout. Mais après, tu vois le monde dans son intégralité et tu comprends ce que tu as fait… C’est très souffrant.»

Autant les intervenants que les personnes ayant ces déviances témoignent de la souffrance que vivent également les agresseurs. Katia Lavallée, directrice du Centre d’aide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS), explique: «Pendant le passage à l’acte, le point de vue de la victime est balayé ou déformé. Il se dit que si la victime revient, c’est qu’il ne lui fait pas si peur, qu’elle peut être capable de vivre avec. Pendant l’acte, ils ne peuvent pas se mettre à la place de la victime. C’est après que la honte, le regret et la souffrance arrivent.» Description du phénomène appuyée par Thomas.

À quoi la directrice ajoute: «Les pédophiles ne posant qu’une seule fois des gestes sont fréquents. Ce sont les prédateurs, comme dans les films, qui sont rares.» D’après Katia Lavallée, 20% des pédophiles seraient des femmes, mais le sujet serait encore tabou et peu traité. «Les choses commencent à changer, mais les femmes sont encore souvent vues comme des victimes et l’on cherche l’homme derrière. Il y a un double standard envers les hommes et les femmes. La pédophilie féminine est banalisée.»

Souffrance de l’agresseur

Depuis 17 ans, Thomas dit ne pas avoir touché d’enfants. En 1988, il a été condamné à 4 mois de prison pour des attouchements envers ses enfants et celui d’un ami. Depuis, Thomas suit une thérapie et est médicamenté (des antidépresseurs et d’autres molécules pour diminuer ses fantasmes.)

Il n’arrive pas encore à réconcilier les deux parties de lui: celle qui est attirée par les jeunes garçons, et celle qui ne veut pas leur faire de mal. Sa nouvelle piste de solution est de faire du bénévolat et de se faire de nouveaux amis qui connaissent son passé. Il parle notamment de sa nouvelle voisine «qui déteste les gens comme lui», mais qui l’aide. «Elle contribue à ma réconciliation avec le monde des adultes et des femmes.»

L’isolement est une menace supplémentaire pour les victimes et agresseurs. Claire Deschambault, directrice du groupe Amorce, explique: «L’isolement augmente les fantasmes. Ça n’aide pas de ne pas parler. Mais il faut que l’interlocuteur ne cautionne pas les gestes, sinon au contraire, cela pousse à l’acte.»

Pour Thomas, les «crétins» qui écrivent sur internet que les pédophiles doivent mourir ne font que les renvoyer dans l’anonymat et ils deviennent plus dangereux.

Thérapie

D’après Katia Lavallée, l’intérêt sexuel pour les enfants ne disparaîtra pas, mais des thérapies existent pour prévenir les passages à l’acte et contrôler les fantasmes. Pour cela, des intervenants travaillent avec ces personnes pour comprendre pourquoi elles ont commis ces actes.

Ces thérapies misent sur l’identification des situations à risque, pour que la personne garde le contrôle. Dans son centre, Katia Lavallée voit essentiellement des personnes référées par le système judiciaire. Selon elle, les autres n’oseraient pas se présenter par honte et par peur d’être dénoncées à la police.

Enfin, contrairement aux idées véhiculées, les délinquants sexuels font partie des criminels dont le taux de récidive est le plus bas: 17% pour non les traités (à 10% pour les traités), contre 51% pour les autres délinquants. À noter, toutefois, que ces statistiques ne prennent en compte que la minorité de crimes connus par la justice.

Cyberpédophilie

D’après l’Institut national de la santé publique du Québec, il serait difficile de conclure catégoriquement que la consommation de matériel pédopornographique engendrerait des agressions sexuelles. Les experts sur le sujet sont divisés.

Mais la directrice du groupe Amorce, Claire Deschambault, précise: «La consommation de ces images amène une progression: l’âge des enfants diminue, tandis que la quantité de matériel augmente. Et progressivement, ils vont se mettre à regarder les enfants dans la rue et à fantasmer sur eux. La cyberpédophilie banalise les actes.»

D’après le Code criminel canadien, leurrer un enfant par des moyens de télécommunication ou la cyberprédation est punissable criminellement. «Car c’est un crime sexuel comme un autre, c’est une agression sexuelle sans contact», explique Claire Deschambault. Prendre ou diffuser des images pédopornographiques est un crime, mais la possession des clichés (sans en être l’auteur) est tout aussi punissable par la loi.

Le nombre de personnes consultant ces images est extrêmement difficile à évaluer. Notamment dû à l’absence de frontière géographique du web. Plusieurs organismes se sont spécialisés dans la cyberprotection des enfants et reçoivent des signalements de la part des internautes. L’un d’eux, Cyberaide, a annoncé que le nombre de signalements continue d’augmenter avec les années, oscillant à environ 700 par mois.

En complément à Reflet de Société +

Le Centre canadien de la protection de l’enfance a mis en place un site internet dédié à la sensibilisation des parents à la cyberpédophilie. Retrouvez tous leurs conseils sur : ParentsCyberAvertis.ca

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Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

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Narcissisme collectif : le terrain fertile des réseaux sociaux

Utilisés quotidiennement par des millions d’utilisateurs, les médias sociaux ne semblent pas sur le point de perdre en popularité. Passant d’un égoportrait à une simple réflexion du jour, on termine par la mise en ligne d’une banale activité du dimanche.

Un texte de Justine Aubry | Dossier Internet

Cette soif d’exposition de soi, de reconnaissance toujours plus forte, s’inscrit dans un mouvement sociétal généralisé et devient dorénavant un objet d’étude des plus actuels. Les médias sociaux, telles les plateformes Facebook ou Instagram, peuvent-ils être les moteurs de la promotion du narcissisme dans notre société?

Fondement essentiel de la confiance en soi et des relations interpersonnelles, le narcissisme biologique dit «sain» est à la base de toute psychologie humaine. Pourtant, lorsque ce narcissisme se mute en trouble de la personnalité, il révèle une estime de soi fragile ou défaillante. Selon une définition médicale du narcissisme, seulement 1% de la population générale souffrirait de cette maladie. Alors, peut-on dire que notre société serait atteinte de degrés plus nuancés du narcissisme?

Pour le sociologue Michel Maffesoli, il est ici question d’un «narcissisme collectif». «C’est-à-dire, ne pas se regarder simplement le nombril, mais se regarder le nombril les uns les autres». En faisant le tour d’horizon d’un vaste échantillonnage d’utilisateurs de plateformes en ligne, une tendance se dégage: la valorisation de l’autopromotion. S’en suit alors une comparaison entre individus qui est pratiquement inévitable. Dans son récent essai sur le narcissisme, le docteur en psychopathologie Rémy Potier évoquait «le réseau d’amis» et ses approbations comme «un indicateur de narcissisme».

Pour plusieurs de ses patients aux prises avec des troubles identitaires liés à l’utilisation des réseaux sociaux, les problématiques suivantes sont présentes : attitudes narcissiques, stéréotypes identitaires, nombre d’amis comme souci constant ou bien importance accordée au regard de l’autre dans la représentation de soi.

S’aimer via les autres

Besoin d’être vu et admiré, mise en avant de soi, surestimation de ses propres réalisations… Ces traits associés au narcissisme sont souvent faciles à associer aux fervents utilisateurs de médias sociaux.

Patrice (nom fictif), 43 ans, est un habitué de la plateforme Facebook. Il met en ligne en moyenne 10 publications par semaine: photos d’une recette de son cru qu’il qualifie de «gastronomique», réflexions de vie ou critiques acerbes et image de profil de type égoportrait sans cesse mise à jour. Avant de se coucher, il souhaite parfois bonne nuit à «ses facebookiens», presque comme s’il était leur chef…

Une étude de l’Université du Michigan parue en 2011 pourrait expliquer le comportement de Patrice. Selon les chercheurs, «les adultes d’âge moyen ont habituellement déjà formé leur identité sociale, mais ils utilisent les médias sociaux pour obtenir l’approbation de leur cercle d’amis». Pour se conforter dans ses réalisations, Patrice aurait donc besoin de partager ses actions et états d’âme afin d’obtenir l’approbation et l’attention de sa liste d’amis virtuels.

Pour d’autres spécialistes, faire le rapprochement entre une montée du narcissisme et l’utilisation des réseaux sociaux n’est pas si simple. Ils expliquent qu’une disposition manque: un désintérêt généralisé à s’intéresser à la vie des autres. Au contraire, les utilisateurs semblent, à première vue, intéressés à en savoir plus sur la vie de leurs camarades virtuels: la preuve, ils alimentent constamment leur banque «d’amis». «Aimer» ou «adorer» les publications des autres est également une pratique récurrente.

Pourtant, une question se pose toujours: ces utilisateurs sont-ils réellement intéressés par la vie de ces personnes ou flirtent-ils plutôt avec l’envie de comparer leur vie?

Comparaison malsaine

En 2016, un sondage réalisé par Léger pour le Journal de Montréal révélait qu’un adulte sur quatre considèrerait que le fait de se comparer aux autres sur les réseaux sociaux engendrait du stress. Pourquoi? Parce que depuis notre naissance, nous souhaitons être à la hauteur de nos propres attentes et de celles fixées par notre environnement. Plus tard, et avec l’aide des médias sociaux, certains voudront montrer à leur cercle social cette singularité qu’ils croient devoir acquérir. Ils souhaiteront alors exposer cette non-conformité en valorisant leurs réussites, en révélant une vie montrée comme exaltante.

Apparait malheureusement chez bon nombre d’utilisateurs l’instinct de compétition. Et si l’estime de soi est déjà fragile, la propension à se dénigrer face aux réalisations des autres peut être implacable.

Présentée sous son meilleur jour, la vie d’autrui peut sembler mieux que la nôtre. Pour certains, une blessure apparait suite à ces remises en question due au sentiment d’inadéquation et de stress. Pour d’autres, l’instinct de compétition amplifie un état narcissique de dépassement et de supériorité. Si notre liste d’amis est plus fournie que celle des autres, on se met alors à croire qu’on est plus populaire. La popularité nourrit le narcissisme et ainsi de suite.

Habitude plus saine

Pour Sylvianne Barthe-Liberge, psychologue clinicienne: «Les réseaux sociaux ne sont pas une mauvaise chose en soi. Tout dépend de l’utilisation qui en est faite. Il est fort probable que ce soit le narcissisme sociétal élevé qui pousse les gens à utiliser ces réseaux de manière narcissique et égocentrique». Alors, comment les individus peuvent-ils utiliser les réseaux sociaux sans participer à cette épidémie de narcissisme?

Les études sur la question sont aussi complexes qu’évolutives. Il n’y a donc pas de formule magique. Chaque personne est différente. Pour plusieurs, plus l’exposition sur ces plateformes est grande, plus il devient difficile de se contenir. Il s’agit alors de définir quelques règles de base devant nous assurer une utilisation plus saine des réseaux sociaux.

À l’unanimité, les recherches recommanderaient d’essayer de percevoir ces réseaux davantage comme des lieux de partage d’informations et d’échange social.  Et non comme des endroits exclusivement réservés à l’autopromotion.

Éviter le découragement et la déprime en cessant de comparer les réalisations que les uns et les autres ont mises en ligne est également une bonne piste de solution!

En complément à Reflet de Société +

Écoutez le cri d’alerte du docteur Ducanda sur le danger des écrans auprès des enfants de moins de 4 ans.

Crédit vidéo : Dr Ducanda et Dr Terrasse PMI.

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Un chien sur le trottoir

L’itinérance présente son lot de difficulté, mais d’y vivre accompagné d’un animal de compagnie demeure un double défi.

Un texte de Caroline Leblanc | Dossier Santé mentale

Dans un monde idéal, sa présence devrait être acceptée auprès des organismes qui œuvrent auprès des personnes itinérantes, mais c’est loin d’être le cas. Bien que certains organismes reconnaissent le côté bénéfique d’une telle relation, son inclusion peut devenir complexe.

Trop souvent, les organismes ont des effectifs limités pour remplir leur mandat de base. Lorsqu’une personne itinérante décide de prendre sous son aile un animal, sa présence lui procure non seulement un amour inconditionnel, mais la confronte aussi à vivre une épreuve pour avoir recours aux services tels que des soupes populaires, les services de la santé et des services sociaux et l’hébergement.

Actuellement, le seul endroit pour dormir dans la métropole qui accepte les animaux de compagnie est l’organisme Le Bunker pour les personnes de moins de 25 ans, ainsi que les haltes-chaleur qui ouvrent leurs portes à partir de -20°C. Imaginez-vous, par cette température, dormir dans une entrée d’immeuble d’où l’on vous demande de partir en plein milieu de la nuit?

Mais les défis ne s’arrêtent pas là. En étant continuellement exposées dans l’espace public, les personnes itinérantes avec un animal de compagnie sont davantage ciblées par des contraventions pour la fréquentation d’espaces verts interdisant un chien sans laisse et ni médaille.

Actuellement, dans la métropole (et ailleurs au Québec), le maire Coderre et son administration sont devenus proactifs dans l’obtention et le contrôle de médaille pour animaux. Cependant, les personnes itinérantes n’ont pas nécessairement l’adresse ou la situation économique nécessaires pour l’obtenir. Outre cette exigence que nombreux ne peuvent satisfaire, certaines d’entre elles ne sont simplement pas au courant, car elles ne sont que de passage dans la ville.

Certains individus se demandent pourquoi les personnes itinérantes n’abandonnent pas leur animal pour combler leurs besoins de base tels que manger et dormir. D’autres auront de la compassion envers l’animal et son maître, car ils reconnaissent l’importance d’un tel lien.

Encore de nos jours, les personnes itinérantes vivant avec un animal de compagnie restent un phénomène que nous voyons au quotidien, mais qui demeure incompris. Peu de réflexions ont été approfondies sur cette réalité que vit ce fragment de la population itinérante.

Cette relation n’est sans aucun doute pas prise en compte sous tous ses aspects et cela nous empêche de la considérer à sa juste valeur avec ses défis et ses bénéfices. Les humains en première ligne, oui! Mais quand commencerons-nous, en tant que société, à valoriser l’animal dans nos interventions auprès des personnes itinérantes?

En complément à Reflet de Société +

Un animal de compagnie peut être un allié précieux pour soutenir une personne en situation d’itinérance. Mais pas que. La zoothérapie a fait ses preuves pour aider hommes et femmes dans toutes sortes de problématiques du quotidien. Un reportage de Diaspora Black News.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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