Choisir l’école à la maison

Spécial rentrée scolaire – Septembre/octobre 2009

École à la maison, école musulmane, école en milieu autochtone, école spécialisée en musique et cheminement scolaire marqué par la dyslexie, Reflet de Société vous offre pour la rentrée un grand dossier sur l’éducation. Hors des sentiers battus, nous vous invitons à découvrir les 1001 visages de l’école au Québec

Choisir l’école à la maison

Dossier École à la maison, École alternative

L’école à la maison est une réalité difficile à concevoir pour ceux qui ne la vivent pas. C’est pourquoi, dans son dossier sur l’éducation à domicile, Reflet de Société présente 3 portraits illustrant le phénomène: une jeune famille qui prévoit enseigner à la maison, une mère qui a retiré son fils de l’école, ainsi qu’une adolescente de 17 ans qui poursuit au Québec sa 9e année dans le système scolaire américain.

Gabriel Alexandre Gosselin

1. Entamer l’école à la maisonecole-a-la-maison-ecoles-alternatives-apprentissage-different

Comment envisage-t-on l’enseignement à domicile lorsqu’on ne l’a encore jamais reçu ou donné? Pour Geneviève Riffon et Francis Vlayen, jeunes parents dans la mi-vingtaine, l’aventure est déjà entamée avec leur fille Esméralda, âgée de 4  ans et demi, ainsi qu’avec Lestat, qui n’a pas encore 2 ans.

L’apprentissage fait partie de la vie de tous les jours et ne s’apprend pas que dans les manuels scolaires. C’est du moins la philosophie de Geneviève et Francis, qui croient que les mille et une questions qui habitent un jeune enfant ne doivent jamais rester sans réponse. «Ils veulent déjà tout savoir», s’exclame Geneviève, visiblement fière de la curiosité de sa progéniture à tout ce qui l’entoure.

Le projet de Geneviève et Francis en est d’abord un d’expérience familiale, mais le père ne cache pas les mauvais souvenirs qu’il associe à l’école: «En deuxième année, je me faisais battre dans la cour de récréation. J’ai côtoyé la Direction de la Protection de la Jeunesse et les Centres jeunesse. On m’a jeté dans la rue quand j’ai eu 18 ans. Disons que ça m’a aidé à bâtir un regard critique sur l’éducation qu’on donne chez nous et sur ceux qui l’encadrent.»

Conscients des difficultés liées à leur choix, le couple redoute déjà d’avoir à affronter leur commission scolaire ou de vivre leur projet familial dans la clandestinité. «Qu’on ne se le cache pas, c’est une source de stress même à ce stade-ci», remarque Geneviève. Par contre, les deux parents s’entendent pour dire qu’ils n’empêcheraient jamais leurs enfants d’entrer à l’école s’ils en faisaient la demande, chose qui survient souvent à l’adolescence.

Ils sont également conscients des préjugés qui existent sur l’école à la maison, notamment celui selon lequel les enfants sont tenus à l’écart de toute vie sociale. «C’est une idée totalement fausse. On sait qu’il existe des réseaux pour qu’ils rencontrent d’autres jeunes. Puis, comme pour n’importe quel enfant, il y a le voisinage. On n’a jamais fait garder nos enfants, c’est vrai, mais on trouve ça ridicule de les confier à une garderie! On ne veut pas se déresponsabiliser de nos propres enfants», tranche un Francis aux idées claires.

2. Quand la maison remplace l’école… et fait des miracles!

apprendre-a-la-maison-ecole-alternative-apprendre-differemment Maren et Christian ont trois enfants. L’aînée, âgée de 15 ans, étudie dans une école privée anglophone unisexe. La seconde, 13 ans, suit un programme sport-études en soccer dans le système public. Si Cédric, le cadet de 9 ans, reçoit aujourd’hui l’école à la maison, c’est parce que ses parents jugeaient cette seule option comme seule valable.

Tout allait bien pour le petit Cédric jusqu’à sa 3e année dans une école privée internationale. «La professeure ne fonctionnait tout simplement pas avec lui», explique en anglais sa mère quadrilingue originaire de Finlande. Aujourd’hui, la décision porte ses fruits. «Je réalise beaucoup de choses depuis qu’on a fait ce choix. Notre vie familiale est plus enrichissante», note-t-elle.

L’ancienne bête noire de Cédric, c’étaient les devoirs. «Cette tâche supplémentaire aux 7 heures de cours par jour lui paraissait inutile. Il avait de la difficulté à suivre le fil de sa charge de travail par manque d’intérêt et ça lui créait des problèmes», explique sa mère. Le garçon a désormais une tout autre conception des devoirs. «J’ai adapté mon enseignement à lui. Par exemple, je le laisse faire ses travaux sur l’ordinateur parce qu’il est plus à l’aise sur un clavier, explique Maren. Avant, il perdait ses soirées sur des devoirs qui ne le motivaient pas. Aujourd’hui, il a du temps libre en soirée, mais il a aussi beaucoup de temps dans la journée s’il travaille bien!»

En plus d’avoir réussi à remettre Cédric sur les rails, l’école à la maison rend son emploi du temps beaucoup plus intéressant. Captivé par la musique, Cédric pratique le piano, la guitare et la batterie. Il aime non seulement jouer de tous ces instruments, mais il compose beaucoup également. Ces nouvelles heures de liberté lui ont permis d’écrire la musique pour une pièce de théâtre à laquelle il a participé.

Maren n’exclut pas que Cédric puisse un jour demander à retourner à l’école, mais elle avoue elle-même avoir appris de cette expérience, «par exemple que l’apprentissage, ce n’est pas juste à l’école que ça se fait».

3. L’autonomie d’apprendre

Depuis l’âge de 5 ans, Stéphanie (nom fictif) reçoit un enseignement particulier. Élevée jusqu’à l’âge de 12 ans par son père d’origine allemande et sa mère québécoise, elle choisit de poursuivre son éducation à distance dans le système américain. Aujourd’hui, l’adolescente de 17 ans est en 9e année de lycée. Qui lui enseigne? Elle-même!

«C’est sûr, à travers tout ça, j’ai eu des downs. Il y a eu des périodes où je me suis demandé si je ne serais pas mieux à l’école. Quand j’y repense, je sais que j’ai pris la bonne décision en restant dans cette voie.» Stéphanie semble assumer entièrement son choix de vie. «La période où je me questionnais, c’était parce que je n’avançais pas et que je manquais de motivation.» Étant elle-même responsable de son apprentissage, elle fait désormais preuve de beaucoup de maturité face à son éducation. «Cette épreuve m’a donné une force de caractère que je n’aurais jamais acquise autrement. En plus, j’ai dû apprendre à me motiver moi-même et à organiser mon temps.»

Stéphanie trouve aussi beaucoup d’avantages au système scolaire américain, comme une plus grande liberté dans les choix de cours. «Moi, les maths, la science et tout ça, c’est pas trop mon truc. Je trouve ça pratique de pouvoir apprendre en profondeur des matières que j’aime plus. Je ne néglige pas pour autant celles que j’aime moins. J’ai juste pas besoin de les pousser super loin.»

Passionnée par son bénévolat à titre d’étudiante ambassadrice pour Jeunesse J’écoute, où elle affirme avoir rencontré la plupart de ses très bons amis, Stéphanie s’est trouvée une passion pour la psychologie sociale. «L’an prochain, je pourrai choisir des cours dans ce domaine. C’est l’avantage de ma situation.»

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Apprentissages clandestins

Spécial rentrée scolaire – Septembre/octobre 2009

École à la maison, école musulmane, école en milieu autochtone, école spécialisée en musique et cheminement scolaire marqué par la dyslexie, Reflet de Société vous offre pour la rentrée un grand dossier sur l’éducation. Hors des sentiers battus, nous vous invitons à découvrir les 1001 visages de l’école au Québec.

Apprentissages clandestins

Saviez-vous que plusieurs centaines de parents au Québec choisissent d’enseigner eux-mêmes à leurs enfants? Le ministère de l’Éducation de la province mandate les commissions scolaires (CS) afin de s’assurer que ces jeunes reçoivent une éducation adéquate et qu’il n’y ait pas d’abus. Pourtant, plus de la moitié des enfants scolarisés à la maison sont inconnus du système.

Gabriel Alexandre Gosselin Dossiers École à la maisonÉcole alternative  

«Enseigner à mes enfants, c’est ma profession. Je le faisais au départ parce que notre famille voyageait beaucoup, mais j’ai trouvé ça tellement intéressant que je n’ai pas pu arrêter.» L’école à la maison a permis à Julie (nom fictif) de constater l’efficacité d’un enseignement «un professeur pour un élève». Elle dit avoir besoin de 2 heures par jour au lieu des 8 demandées par l’école pour arriver au même résultat. «C’est tellement plus le fun quand tu apprends ce que tu veux et de la façon qui te motive.»

Cette mère souhaite garder l’anonymat car elle n’a jamais déclaré son projet familial aux instances scolaires. Julie n’est pas la seule dans cette situation. Les «non-déclarations» sont courantes dans le milieu. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) évaluait en 2003 qu’entre 2 500 et 5 000 enfants étaient scolarisés à la maison dans la province. Du côté des CS, on en dénombrait 377 pour l’année scolaire 2003-2004.

Qui est responsable de repérer ces élèves inconnus du système? Denis Pouliot, de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), croit que les CS ne sont pas en mesure de répertorier les enfants non-déclarés. Selon lui, cette tâche dépendrait plutôt de la bonne volonté des parents. «S’il existe une liste qui nous permette de les retracer, je n’en ai pas connaissance», ajoute-t-il.

Pas d’examen pour mon enfant

Pierre Compagna est l’un des fondateurs de l’AQED. Depuis la création de son association, il reçoit chaque année nombre d’appels et de courriels de familles adeptes de l’école à la maison. Celles-ci dénoncent souvent l’arrogance des CS. Pierre Compagna est devenu, par la force des choses, grand spécialiste des lois encadrant l’enseignement à domicile. «Les CS comprennent souvent très mal les motivations des parents. Elles y sont indifférentes ou ignorent même parfois que l’option est légale!»

Le cadre de l’évaluation est à la base des conflits. «Il faut qu’on s’assure en tout temps que le jeune sera apte à entrer dans le système public s’il en ressent le besoin. C’est écrit dans la loi! C’est pour cette raison qu’on leur demande de passer les examens réguliers. Les parents peuvent ne pas aimer, mais c’est comme ça que ça marche», explique Denis Pouliot, de la FCSQ. Pierre Compagna n’est pas du même avis: «Certaines CS vont jusqu’à demander à un enfant de se déplacer dans une classe pour passer un test. L’élève ressent une pression à laquelle il n’est jamais exposé, ça n’a pas de bon sens!»

Les parents choisissent généralement l’école à la maison dans une optique de liberté d’apprentissage. Plusieurs d’entre eux ne considèrent donc pas les examens du ministère de l’Éducation comme un moyen pertinent d’évaluer leurs enfants. «À l’école, c’est par le “par cœur” qu’un élève se prépare pour un examen. Moi, je veux que mon enfant se serve de ses apprentissages dans la vie de tous les jours», explique Julie. Les familles cherchent donc à obtenir d’autres types d’évaluation, telle la présentation d’un portfolio détaillant les travaux et expériences de l’enfant.

Le refus systématique de certaines CS de considérer cette alternative explique, selon Pierre Compagna, que les tensions sont aussi élevées. «On souhaite souvent imposer un système aux parents. Les CS demandent des plans de cours, des preuves de la qualification des parents ou une liste des livres scolaires qui seront utilisés.»

Devant ces exigences, les familles se trouvent prises au dépourvu, surtout que les parents qui donnent l’école à la maison n’ont pas besoin d’une qualification en enseignement. Le message circule et certaines d’entre elles décideront de tourner le dos aux CS. Si la tricherie est découverte, une famille court le risque de voir la Direction de la Protection de la Jeunesse débarquer chez elle. Pierre Compagna note, par contre, que quelques CS manifestent une «ouverture d’esprit exemplaire» et que l’harmonie est tout à fait possible.

Des enfants qui rapportent

Doctorante en éducation à l’Université de Sherbrooke, Christine Brabant a déposé en 2004 un mémoire proposant un portrait large de l’école à la maison dans la province, ainsi qu’une analyse des motivations des familles. Elle poursuit aujourd’hui ses recherches dans le but d’étudier l’émergence de nouvelles propositions de gouvernance par les parents eux-mêmes. Lorsqu’on lui demande d’éclaircir les lois sur l’éducation à domicile, la chercheuse évite la question en riant. «Ne me demandez surtout pas de répondre à ça!»

L’AQED distribue Le guide de la bonne entente à ses membres, un document d’interprétation des différentes lois. Les 72 CS du Québec ont, quant à elles, chacune leur interprétation de ces textes. «Il y a des avantages comme des désavantages au flou de la législation. Le problème, ce sont les irritants face aux préjugés qui existent des deux côtés», note Christine Brabant.

Parce qu’une CS reçoit un budget fixe pour chaque enfant qui fréquente l’école, les parents appréhendent souvent une rencontre avec une direction scolaire avant même de connaître ses intentions. «Ils ont l’idée ferme que les directeurs feront tout pour ramener leurs enfants à l’école afin de bénéficier de cette subvention. Inversement, certains directeurs d’école vont se mettre les pieds dans les plats en prenant de prime abord les parents pour des excentriques», remarque Christine Brabant.

Selon ses recherches, une multitude de raisons sont données par les parents qui souhaitent scolariser leurs enfants à domicile, dont la volonté de faire mieux que le système, le manque de place dans les écoles alternatives, les motivations religieuses, la déficience chez l’enfant ou une philosophie de vie particulière. «À ce niveau, l’aspect vague de la loi donne du jeu aux deux parties pour déboucher sur un accord. Nous sommes tous des adultes, les gens devraient être en mesure de trouver un terrain d’entente», note Christine Brabant. Dans la réalité, il en est tout autrement.

Où est le gouvernement?

Pierre Compagna déplore que le gouvernement n’ouvre pas la porte à un débat sur l’aspect social de l’éducation à domicile, et ce, malgré les nombreux appels faits par l’AQED au ministère de l’Éducation. L’association se dit prête à discuter sur la place publique de l’éducation à domicile, «mais ça doit aller dans les deux sens, insiste M. Compagna. On veut bien que la loi leur permette de détecter les cas de négligence, mais on aimerait aussi que la créativité des parents soit prise en considération.»

De son côté, Christine Brabant note que le débat social n’est pas l’option la plus avantageuse: «En procédant de cette façon, on court le risque de nourrir encore plus les préjugés qui existent.» Cette dernière prône plutôt une discussion à grande échelle entre les autorités scolaires et les familles afin d’arriver à une entente de base sur les critères d’évaluation.

Malgré les appels répétés de Reflet de Société, pour ce reportage, le ministère de l’Éducation n’a pas répondu à nos questions, notamment sur les enfants scolarisés entièrement à l’extérieur du système.

Socialisation des enfants

 Christine Brabant est doctorante en éducation à l’Université de Sherbrooke. Ses recherches portent sur la scolarisation à domicile. Elle s’est notamment penchée sur la question de la socialisation des enfants ne fréquentant pas l’école. Reflet de Société a recueilli son avis sur la question.

«Il existe plusieurs définitions de la socialisation des enfants et le terme a évolué au fil du temps. Il signifiait à l’origine la transmission des valeurs et comportements d’une génération à la suivante. Dans cette vision, l’enfant doit être formé selon les normes de la société dans laquelle il vient au monde.

«La nouvelle vision est plus souple. Dans celle-ci, l’enfant se forme lui-même à partir des différents modèles qu’il a autour de lui. La famille n’est plus toujours au premier plan. Elle est concurrencée par l’école, la télévision et les pairs. Dans cette optique, la scolarisation à domicile ne priverait l’enfant que de l’un des différents outils de socialisation s’offrant à lui.

«En ce qui a trait au ministère de l’Éducation du Québec, son programme ne consacre qu’un paragraphe à la socialisation des enfants. L’école est considérée comme un agent de cohésion sociale inculquant le vivre-ensemble et l’appartenance à la collectivité. Au niveau des commissions scolaires (CS), responsables de superviser l’enseignement reçu à domicile, il n’existe pas de vision partagée.

«Lors des ententes avec les parents, l’accent est mis sur le respect du programme scolaire plutôt que sur la socialisation. Si certaines CS se donnent la peine de vérifier, il s’agit d’une évaluation très superficielle, par exemple, l’enfant pratique-t-il des activités avec d’autres jeunes à l’extérieur de la maison? Il est bien sûr difficile pour les CS d’effectuer ce type de vérification, mais au-delà de ce défi, il s’agit plutôt dans la majorité des cas d’une préoccupation secondaire.»

Propos recueillis par François Richard

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