Une application de rencontres, c’est risqué?

Misant sur l’instantanéité et la simplicité des interactions, les applications de rencontre amoureuses telles Tinder sont de plus en plus populaires. Mais une application de rencontres, est-ce vraiment sécuritaire? À travers un processus aussi rapide, peut-on réellement savoir à qui l’on s’adresse? Une ancienne utilisatrice qui a un jour cherché l’amour en ligne nous donne son avis.

Un texte de Justine Aubry publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Sexualité

Le plaisir féminin est-il toujours un sujet tabou aujourd’hui? Voici la réflexion amenée par le documentaire. «Personne ne peut donner de réponse claire à cela, mais il y a plusieurs facteurs historiques qui expliquent le malaise», explique Julie Lavigne, professeure au département de sexologie de l’UQAM et membre de l’Institut de recherche en études féministes (IREF).

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Autres textes sur Sexualité

Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

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Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

Réseaux sociaux : un outil en santé mentale ?

Au Canada, les réseaux sociaux ont pris une ampleur considérable. Au point où nous sommes le pays le plus connecté à Facebook. En parallèle se sont développés les groupes de soutien en ligne pour toutes sortes de causes. Dont la santé mentale. Pour les personnes atteintes de troubles bipolaires, il existe plusieurs plateformes dans la francophonie, que ce soit sur Facebook ou des forums. N’importe qui peut s’y inscrire, qu’il soit un proche, un patient ou juste un curieux.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Internet


Pour suivre les informations qui s’y échangent et surtout offrir un lieu sécuritaire aux membres, de nombreux organismes et hôpitaux tentent d’attirer leurs patients sur leur propre plateforme. Des administrateurs y sont présents pour pallier les éventuels dérapages.

Entraide en continue

Revivre (organisme d’aide pour les personnes ayant des troubles de l’humeur) a pris le virage des réseaux sociaux, très tôt, en 2000. D’après son directeur général, Jean-Rémy Provost, c’est à la demande des membres que fut créée cette plateforme pour les personnes avec trouble bipolaire, anxiété et dépression. «Ces personnes sont en recherche, explique le directeur. C’est une bouteille à la mer. Ils peuvent rester longtemps sur le forum sans écrire, puis un jour ils vont raconter leur histoire. C’est un exutoire pour eux.»

Que ce soit des groupes Facebook ou d’autres forums, ces plateformes sont un espace pour échanger avec des pairs. Suis-je normal? Avez-vous ces symptômes? Vos médicaments vous stabilisent-ils? Poser ces questions derrière son ordinateur à des personnes vivant la même réalité, sans le regard de l’autre, aide à s’exprimer. Et pour ceux qui ne sont pas encore suivis par un médecin, c’est l’occasion de mieux appréhender la maladie et d’avoir du soutien pour pousser la porte d’un professionnel de la santé.

Pair aidant

Nathalie a aujourd’hui 45 ans et elle fréquente 2 forums destinés aux personnes bipolaires. Elle y fait son bénévolat, comme elle le dit. Alors qu’elle approchait de ses 40 ans, Nathalie fait une dépression majeure, où le diagnostic de sa bipolarité tombe, quelques mois plus tard.

Revivre a des modérateurs pour éviter des dérapages tels que des conseils sur le suicide ou l’organisation groupée du passage à l’acte.

Contrairement à la majorité des personnes qui écrivent sur ces forums, Nathalie n’y va pas s’exprimer lors de ses phases dépressives.  Elle veut trouver une utilité à sa dépression, alors elle écrit ce qu’elle vit et donne des conseils en fonction de son expérience. «Mais jamais sur les médicaments», précise-t-elle. Elle est infirmière et grâce à sa profession, elle a une bonne connaissance de sa maladie. Mais, une autre réalité, ces lieux d’échanges peuvent être propices aux dérapages.

Double tranchant

Un forum comme Revivre a des modérateurs pour éviter des dérapages tels que des conseils sur le suicide ou l’organisation groupée du passage à l’acte. Sur Facebook en revanche, de tels vigiles n’existent pas. Les groupes ont des administrateurs (personnes qui gèrent la page et peuvent supprimer des publications et bannir des membres) qui servent de garde-fous. Mais cette supervision reste entre pairs et non aux mains de professionnels. Et les informations qui y sont être échangées peuvent être plus ou moins fiables.

L’autre problématique de Facebook est que des usagers déversent leurs sentiments en période de dépression. Mais contrairement à Nathalie, peu d’entre eux sont présents lorsqu’ils ont repris le dessus. L’entraide se fait donc entre pairs en situation de crise, et lorsque celle-ci devient majeure, il est très difficile d’intervenir… l’autre pouvant être n’importe où à travers le monde. Des forums comme Revivre ont des vigiles qui supervisent les discussions… chose absente du grand rassembleur Facebook.

Jean-Rémy Provost insiste sur l’entraide que peuvent apporter ces groupes de discussions. Nathalie en voit des effets bénéfiques, mais précise: «Si mon mari n’avait pas été là, je ne serais plus là non plus. Le soutien de proches est différent, ils ne sont pas de la même équipe.» Mais ils apportent une présence physique, une empathie que n’ont pas les réseaux sociaux. «Les mots sur les forums sont froids et ça reste dans le rationnel, ajoute Nathalie. Pendant une dépression, le cerveau ne fonctionne pas très bien. Moi, j’étais au-delà du rationnel, je ne parlais plus, je ne voyais plus de couleurs… les mots sont inutiles dans ces périodes.»

En 2013, les groupes Facebook francophones consacrés aux bipolaires regroupaient pas moins de 42 000 personnes. Ces plateformes permettent de vulgariser les informations médicales parfois très scientifiques en discutant du quotidien entre personnes vivant la même réalité.

En complément à Reflet de Société +

Découvrez ce résumé de Sud-Ouest sur une étude menée par la Royal Society for Public Health. Les médias sociaux sont-ils vraiment néfastes ? Rien n’est blanc ou noir, la preuve avec ces quelques chiffres.

Autres textes sur Internet

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Autres articles publiés dans ce magazine

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

La Meute, Cyberintimidation et double discours

Plusieurs citoyens québécois s’identifient comme membres de la Meute sur les réseaux sociaux. Ils rejoignent cette bannière, car ils craignent que «la montée de l’islam radical dans le monde vienne perturber la quiétude et la sécurité canadienne». 

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Intimidation

La Meute est décrite comme un groupe xénophobe d’extrême droite par les médias et les politiciens. Régis Labeaume, le maire de la ville de Québec, a même traité le groupe de milice toxique et dangereuse. Pour vérifier la véracité de ces allégations et enquêter sur une histoire de cyberintimidation en lien avec ce groupe, j’ai rejoint le groupe Facebook secret de la Meute (c’est-à-dire qu’on ne peut pas le trouver sur Facebook sans qu’un membre ne nous ajoute) et ce, en m’identifiant comme journaliste.

«Souhaitons la bienvenue à Mélina Soucy dans le clan 06 ». On m’accueille comme tous les autres, avec ce statut Facebook, rapidement commenté par les autres membres, à coup d’émoticônes représentant des têtes de loups.

Cyberintimidation

Le blogue TPL Moms donne la parole aux mères et encourage la diversité culturelle. Lors du scandale de la prière des musulmans au Parc Safari en juillet 2017, le blog s’est prononcé pour la défense de cette communauté. «J’ai lancé le sujet, puis une rédactrice a fait un texte qui reflète très bien nos valeurs d’ouverture», explique Josiane Stratis, rédactrice en chef du blogue.

L’article paru le 5 juillet n’a attisé les commentaires désobligeants que le lendemain de sa publication. «Je m’entraîne le jeudi midi, raconte madame Stratis. Entre le moment où je suis partie du bureau et celui où je suis revenue, ma sœur avait bloqué 40 commentaires. Ça a duré 5 jours.»

Selon la rédactrice en chef de TPL Moms, la majorité des commentaires avaient été rédigés par des membres de la Meute. «C’est facile d’identifier les gens de la Meute. Ils ont souvent le symbole de leur groupe sur leur photo de profil ou leur page Facebook personnelle. Ce sont également eux qui venaient écrire 25 commentaires par heure. Leurs discours commençaient souvent par un argument ouvert d’esprit qu’ils saupoudraient d’éléments racistes.»

Extrait de commentaires reçus sur TPL Moms:

«Cessez de vous applaventrir, la religion pour ce que ça leur fait du bien. Ils veulent être dominés et exploités, on ne peut rien y a faire. Qu’ils le fassent en privé. Cette religion vient de l’an 600 et n’a pas évolué. Revenir en arrière n’est pas un signe d’ouverture, mais plutôt de fermeture. Réfléchissez un peu. Un dieu aurait-il exigé d’enfermer la femme dans un costume avec des trous pour les yeux? Mais pour certains, il faut toujours défendre l’indéfendable. On a été tellement éduqué à faire plaisir aux autres. Tendre la joue gauche si on a reçu une gifle sur la droite, ne serait-ce pas de la lâcheté en fait?»

«T’as bien raison, y a pas de mal à écouter des gens demander à ce qu’on tue les juifs et les chrétiens. Y a pas de mal à les laisser faire leur petite prière dans un coin du parc… C’est pas ça qui va finir par faire comme en Europe où ils sont rendus à bloquer des rues pour prier par milliers au lieu de faire ça dans leur mosquée… On chialera rendu là, mais entre-temps y a aucun problème. Nous avons fait du Québec un état laïc, mais seulement pour les Québécois, les immigrants eux peuvent faire leur religion dans la rue ou dans un parc s’ils veulent. Parce que la laïcité, c’est juste bon pour pitou… vive les lunettes roses.»

Vérification des faits

Le logo de la Meute étant absent des photos montrées sur la capture d’écran. J’ai moi-même vérifié que chacun des individus s’y trouvant étaient bel et bien membre du groupe. C’était le cas.

Josiane Stratis m’avait également informé d’un possible appel à la cyberintimidation de la part de Sylvain Brouillette, chef des communications et membre dirigeant de la Meute. J’ai retrouvé cette incitation à commenter l’article de TPL Moms sur le groupe secret. Monsieur Brouillette avait toutefois modifié son nom pour Facebook, empruntant le pseudonyme de Sylvain Maikan.

Je l’ai ensuite contacté pour avoir son opinion. «J’incitais les gens à ouvrir un débat, défend-t-il. Les gens vivent dans un monde complètement irréaliste. Ils vivent dans une bulle. Ils sont complètement inconscients des dommages que l’islam radical a fait ailleurs dans le monde. Il y a des sociétés qui étaient très enviables il y a quelques décennies qui sont devenues des enfers. À un moment donnée, c’est beau être ouvert et accueillant, mais c’est important de le faire de la bonne façon.»

Sylvain affirme aussi que les commentaires laissés par les membres de la Meute ne sont pas xénophobes et n’ont pour but que d’ouvrir le débat. Donc, quand un de leur membre dit que l’islam «vient de l’an 6000 et n’a pas évolué depuis», ce n’est pas un commentaire discriminatoire. Quand il incite les gens à «réfléchir un peu, car un dieu aurait-il exigé d’enfermer la femme dans un costume avec des trous pour les yeux?», ce n’est pas raciste. «C’est une question de point vue», m’a répondu Sylvain Brouillette.
Comment reconnaître l’extrême droite?

Une fois ma petite enquête terminée, j’ai demandé à un spécialiste si la Meute était un groupe d’extrême droite. Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, a appuyé ce qualificatif.

«La plupart des groupes d’extrême droite ont toujours eu des discours ambigus, explique-t-il. La Meute n’a jamais eu de discours clairement xénophobes ou homophobes par exemple. Elle ne va jamais le dire clairement, car elle a peur d’être poursuivie, de se faire taxer de raciste. Il faut aller au-delà de cela. Il faut apporter une analyse plus large.»

Le spécialiste en radicalisation donne en exemple le débat autour de la création d’un cimetière musulman à Saint-Apollinaire en juillet 2017. «La Meute lutte contre l’islam radical, souligne M. Deparice-Okomba. Il n’y a pas de lien avec le cimetière musulman et l’islam radical. Ils en créent quand même un. Ils ont un discours public qui est officieux, qui diffère de leur discours privé. C’est pour se faire une image respectable auprès de l’opinion publique.»

Je suis donc partie à la recherche de commentaires qui diffèreraient de leur discours public, discours qui disait seulement que la Meute avait eu un problème avec «l’exercice de la démocratie lors des consultations publiques concernant le cimetière». J’en ai trouvé, bien qu’ils ne s’agissent que de quelques individus, ces commentaires peuvent encourager le racisme et attiser la haine. Ce sont des commentaires en réaction au statut Facebook de Sylvain Brouillette, statut annonçant la victoire du non face à la création du cimetière.

Certains commentaires en dessous de cette publication étaient ouvertement haineux ou racistes. En voici quelques-uns:

«De toute façon, je pense à ça, ils ne sont pas capables de manger non halal, pas capables de respecter nos lois et nos coutumes, pas capables de s’habiller comme nous, pas capables d’être enterrés sur la même terre que nous, pourquoi ils viennent ici alors???»

«J’espère qu’ils ne changeront pas d’avis au Conseil de ville.»
«Si le Conseil de ville change la décision de la population, on a juste à les pendre pour haute trahison.»
«On manquerait de corde.»

«S’ils ne veulent pas s’intégrer de leur vivant, qu’ils s’intègrent au moins dans la mort.»

«Ils iront se faire enterrer chez eux s’ils sont pas contents.»

«Ils se feront enterrer le cul sorti… on fera des racks à bicycle.»

«Qu’on leur vendent un terrain dans les terres, pis qu’ils nous câlissent la paix… cancer de la terre.»

«Attention, car il est reconnu par les experts, que la majorité du temps un accommodement refusé en attire un autre… Exemple; Par le refus d’une burqa, on accepterait plein de voiles, alors qu’ils sont aussi dangereux parce que ce sont aussi les drapeaux et le porte-étendard de l’islam…»

Bien que le groupe ne se considère pas raciste, il attire parfois des gens qui tiennent des propos racistes, comme le prouvent ces captures d’écran. «Ces gens se font mettre dehors du groupe Facebook à l’instant où les administrateurs s’en rendent compte», précise Sylvain Brouillette. Encore une fois, les personnes qui ont écrit les commentaires ci-haut ne sont pas exclues du groupe, au moment où je rédige cet article, plusieurs mois après leur écriture. On voit même Sylvain Brouillette (Maikan) dire qu’«on manquerait de corde» pour pendre le conseil d’administration de la ville de Saint-Apollinaire s’ils venaient à contrer la décision du référendum.

J’ai demandé au chef des communications pourquoi le groupe attirait quand même des racistes malgré sa volonté de filtrer ce type de membre. «C’est en partie à cause de l’image que les médias nous donne que des racistes joignent le groupe», m’a-t-il répondu.

Herman Deparice-Okomba n’est pas du même avis. Selon lui, la Meute est responsable des propos tenus par ses membres. «C’est une pépinière de discours intolérables. Ils disent qu’ils les écartent, mais s’ils les écartent comment ces gens peuvent arriver dans leur groupe? Il y a quelque chose qui les attire».

Monsieur Deparice-Okomba mets en garde la population contre «les discours généralistes de la Meute qui laissent place à l’interprétation. «C’est tellement flou et vaste que les gens doivent eux-mêmes tirer leurs conclusions. C’est là que ça devient dangereux.»

Découvrez le processus de radicalisation d’un individu

Note aux lecteurs – Pour des questions de mise en page et de fluidité du texte, nous avons choisi de reproduire certains commentaires Facebook et de corriger leur orthographe, mais sans en changer le contenu.

Autres textes sur Intimidation

Narcissisme collectif : le terrain fertile des réseaux sociaux

Utilisés quotidiennement par des millions d’utilisateurs, les médias sociaux ne semblent pas sur le point de perdre en popularité. Passant d’un égoportrait à une simple réflexion du jour, on termine par la mise en ligne d’une banale activité du dimanche.

Un texte de Justine Aubry | Dossier Internet

Cette soif d’exposition de soi, de reconnaissance toujours plus forte, s’inscrit dans un mouvement sociétal généralisé et devient dorénavant un objet d’étude des plus actuels. Les médias sociaux, telles les plateformes Facebook ou Instagram, peuvent-ils être les moteurs de la promotion du narcissisme dans notre société?

Fondement essentiel de la confiance en soi et des relations interpersonnelles, le narcissisme biologique dit «sain» est à la base de toute psychologie humaine. Pourtant, lorsque ce narcissisme se mute en trouble de la personnalité, il révèle une estime de soi fragile ou défaillante. Selon une définition médicale du narcissisme, seulement 1% de la population générale souffrirait de cette maladie. Alors, peut-on dire que notre société serait atteinte de degrés plus nuancés du narcissisme?

Pour le sociologue Michel Maffesoli, il est ici question d’un «narcissisme collectif». «C’est-à-dire, ne pas se regarder simplement le nombril, mais se regarder le nombril les uns les autres». En faisant le tour d’horizon d’un vaste échantillonnage d’utilisateurs de plateformes en ligne, une tendance se dégage: la valorisation de l’autopromotion. S’en suit alors une comparaison entre individus qui est pratiquement inévitable. Dans son récent essai sur le narcissisme, le docteur en psychopathologie Rémy Potier évoquait «le réseau d’amis» et ses approbations comme «un indicateur de narcissisme».

Pour plusieurs de ses patients aux prises avec des troubles identitaires liés à l’utilisation des réseaux sociaux, les problématiques suivantes sont présentes : attitudes narcissiques, stéréotypes identitaires, nombre d’amis comme souci constant ou bien importance accordée au regard de l’autre dans la représentation de soi.

S’aimer via les autres

Besoin d’être vu et admiré, mise en avant de soi, surestimation de ses propres réalisations… Ces traits associés au narcissisme sont souvent faciles à associer aux fervents utilisateurs de médias sociaux.

Patrice (nom fictif), 43 ans, est un habitué de la plateforme Facebook. Il met en ligne en moyenne 10 publications par semaine: photos d’une recette de son cru qu’il qualifie de «gastronomique», réflexions de vie ou critiques acerbes et image de profil de type égoportrait sans cesse mise à jour. Avant de se coucher, il souhaite parfois bonne nuit à «ses facebookiens», presque comme s’il était leur chef…

Une étude de l’Université du Michigan parue en 2011 pourrait expliquer le comportement de Patrice. Selon les chercheurs, «les adultes d’âge moyen ont habituellement déjà formé leur identité sociale, mais ils utilisent les médias sociaux pour obtenir l’approbation de leur cercle d’amis». Pour se conforter dans ses réalisations, Patrice aurait donc besoin de partager ses actions et états d’âme afin d’obtenir l’approbation et l’attention de sa liste d’amis virtuels.

Pour d’autres spécialistes, faire le rapprochement entre une montée du narcissisme et l’utilisation des réseaux sociaux n’est pas si simple. Ils expliquent qu’une disposition manque: un désintérêt généralisé à s’intéresser à la vie des autres. Au contraire, les utilisateurs semblent, à première vue, intéressés à en savoir plus sur la vie de leurs camarades virtuels: la preuve, ils alimentent constamment leur banque «d’amis». «Aimer» ou «adorer» les publications des autres est également une pratique récurrente.

Pourtant, une question se pose toujours: ces utilisateurs sont-ils réellement intéressés par la vie de ces personnes ou flirtent-ils plutôt avec l’envie de comparer leur vie?

Comparaison malsaine

En 2016, un sondage réalisé par Léger pour le Journal de Montréal révélait qu’un adulte sur quatre considèrerait que le fait de se comparer aux autres sur les réseaux sociaux engendrait du stress. Pourquoi? Parce que depuis notre naissance, nous souhaitons être à la hauteur de nos propres attentes et de celles fixées par notre environnement. Plus tard, et avec l’aide des médias sociaux, certains voudront montrer à leur cercle social cette singularité qu’ils croient devoir acquérir. Ils souhaiteront alors exposer cette non-conformité en valorisant leurs réussites, en révélant une vie montrée comme exaltante.

Apparait malheureusement chez bon nombre d’utilisateurs l’instinct de compétition. Et si l’estime de soi est déjà fragile, la propension à se dénigrer face aux réalisations des autres peut être implacable.

Présentée sous son meilleur jour, la vie d’autrui peut sembler mieux que la nôtre. Pour certains, une blessure apparait suite à ces remises en question due au sentiment d’inadéquation et de stress. Pour d’autres, l’instinct de compétition amplifie un état narcissique de dépassement et de supériorité. Si notre liste d’amis est plus fournie que celle des autres, on se met alors à croire qu’on est plus populaire. La popularité nourrit le narcissisme et ainsi de suite.

Habitude plus saine

Pour Sylvianne Barthe-Liberge, psychologue clinicienne: «Les réseaux sociaux ne sont pas une mauvaise chose en soi. Tout dépend de l’utilisation qui en est faite. Il est fort probable que ce soit le narcissisme sociétal élevé qui pousse les gens à utiliser ces réseaux de manière narcissique et égocentrique». Alors, comment les individus peuvent-ils utiliser les réseaux sociaux sans participer à cette épidémie de narcissisme?

Les études sur la question sont aussi complexes qu’évolutives. Il n’y a donc pas de formule magique. Chaque personne est différente. Pour plusieurs, plus l’exposition sur ces plateformes est grande, plus il devient difficile de se contenir. Il s’agit alors de définir quelques règles de base devant nous assurer une utilisation plus saine des réseaux sociaux.

À l’unanimité, les recherches recommanderaient d’essayer de percevoir ces réseaux davantage comme des lieux de partage d’informations et d’échange social.  Et non comme des endroits exclusivement réservés à l’autopromotion.

Éviter le découragement et la déprime en cessant de comparer les réalisations que les uns et les autres ont mises en ligne est également une bonne piste de solution!

En complément à Reflet de Société +

Écoutez le cri d’alerte du docteur Ducanda sur le danger des écrans auprès des enfants de moins de 4 ans.

Crédit vidéo : Dr Ducanda et Dr Terrasse PMI.

Autres textes sur Internet

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Montréal-Nord. Racisme envers les Noirs. Les Italiens

Réaménagement du Parc Henri-Bourassa

Wiel Prosper et une consultation

Raymond Viger | Dossier Montréal-Nord

M. Prosper nous partage sur sa page Facebook une triste réalité encore bien vivante.

Arguments entendus dans un groupe d’environ 25 personnes de l’âge d’or majoritairement d’origine italienne (en passant, dommage que j’ai à le faire, mais on s’entend que je ne veux pas généraliser à l’égard des personnes de l’âge d’or, ni d’origine italienne) lors de la consultation du réaménagement du parc Henri-Bourassa, incluant l’espace de commémoration de 2008 en lien avec Fredy Villanueva :

– « on ne veut pas honorer des jeunes pousseux de drogue qui traînent dans le parc » (en faisant référence à tous nos jeunes du quartier, on s’entend surtout les plus foncés).
– « en plus ces jeunes-là, ça ne paye pas de taxes »
– « si on donne une plaque à la mémoire de Fredy, maintenant ils vont tous vouloir faire la même chose »
– « Je (Will) dit, Fredy n’a jamais eu de casier judiciaire, il allait à l’école Henri-Bourassa… on m’interrompt… Ouais c’est ça, ils avaient juste à rester chez eux, c’est toutes des gangs de rues »

J’aimerais juste vous rappelez que nous sommes en 2016 dans un quartier rempli de diversités comme à Montréal-Nord. Certains pensent que c’est juste en région que ça se passe. Le racisme c’est partout. Je ne pensais pas vivre une autre soirée aussi violente.

Autres textes sur Montréal-Nord

Lazy Legz présente son T-Shirt Pas d’excuses… pas de limites

T-Shirts Pas d'excuses Pas de limites Lazy LegzPour soutenir le breakdancer Lazy Legz dans ses conférences de motivation dans les écoles.

Les T-Shirts Pas d’excuses, pas de limites en noir ou encore No excuses, no limits en bleu sont maintenant disponibles. 20$ (plus taxes et transport).

Par téléphone pour paiement par carte de crédit 514-256-9000. Par Internet. ou courriel cafegraffiti@cafegraffiti.net

En passant au Café-Graffiti 4237 Ste-Catherine est du lundi au vendredi de 9:00 hres à 17:00 hres. vous pouvez payer en argent, chèque, carte de crédit ou débit.

Par la poste: 4237 Ste-Catherine est Montréal, Qc. H1V 1X4. N’oubliez pas de mentionner la grandeur et si vous voulez le T-Shirt français ou anglais.

Autres textes sur Montréal-Nord

L’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire

show_imageLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre, au coût de 4,95$, est disponible :
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel 

Événements Facebook et les changements d’invitation

Facebook: encore des changements sans préavis

Limite pour vos amis Facebook

Raymond Viger | Dossier Internet

internet facebook web réseaux sociauxJ’organise des événements Facebook pour annoncer les différents spectacles du Bistro le Ste-Cath.

J’ai près de 900 amis Facebook. Je n’ai jamais eu de difficultés à faire les invitations de mes amis à ces événements… Jusqu’à aujourd’hui!

Je commence à envoyer mes invitations. Après 500 invitations, ça ne fonctionne plus. Je reçois un message de Facebook:

Vous ne pouvez plus d’envoyer d’invitations supplémentaires. Vous avez atteints le maximum.

500 invitations. Une limite que Facebook vient tout juste de nous imposer!

Je vous laisse le lien sur le lien qui mène aux événements Facebook:

Jeudi, spectacle trio Jazz: https://www.facebook.com/events/800072303370053/

Samedi, spectacle de Clay and Friends: https://www.facebook.com/events/290543761140985/

Vous pouvez participer directement. Merci de diffuser sur votre réseau.

Puisque je ne peux plus inviter tous mes amis Facebook, merci de prendre la relève et de m’aider. Invitez les gens de vos réseaux à diffuser l’information.

Commentaires sur ces changements que Facebook vient de nous imposer:

  • Pourquoi ne pas nous aviser à l’avance quand Facebook fait de tels changements?
  • Pourquoi Facebook fait tout ce qu’il peut pour nous empêcher d’opérer facilement notre compte à notre goût?
  • Même si je suis obligé d’être sur Facebook, je trouve très pénible la façon qu’on se fait bousculer par cette plateforme.

Autres textes sur les techniques de référencement

Autres textes sur Internet

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L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

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Écrire pour un blogue est différent que pour un magazine ou un journal. Comment maîtriser une technique simple et efficace pour que votre billet soit bien référencé par les moteurs de recherche tout en étant pertinent et cohérent pour les internautes? Les techniques d’écrire qu’il faut maîtriser sont expliqués dans ce guide.

Le guide est accessible à tous et facile d’utilisation. Il est une bonne référence autant pour la personne qui veut débuter un blogue que celle qui travaille pour un média et qui veut augmenter son trafic et son rendement.

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Facebook du Bistro le Ste-Cath

Période de recrutement sur Facebook

Le Ste-Cath collectionne les J’aime

Raymond Viger | Dossiers Bistro le Ste-CathRestaurant

bistro le ste-cath restaurant hochelaga-maisonneuve resto homaC’est le Facebook-thon pour le Bistro le Ste-Cath. Ça ne prend que quelques instants mais ça peut faire du bien.

Merci d’aller aimer la page du Bistro le Ste-Cath. https://www.facebook.com/lestecath.

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Bistro le Ste-Cath

bistro le ste-cath restaurant est montréal hochelaga-maisonneuveUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com 

show_imageQuand un homme accouche

Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet: www.refletdesociete.com. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel   

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