L’impact de la pandémie chez un jeune

Dossier Santé mentale 

L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, briser l’isolement, redonner espoir et inciter les gens à demander de l’aide. L’organisme diffuse des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques diagnostiqués ou non. Voici celui de Edouard.

Au début de la COVID, ça a été difficile de m’habituer à être à deux mètres des gens, il fallait que ma mère me rappelle de reculer. Et à l’école, chaque jour, je dois mettre au moins 30 fois du Purell. C’est tannant parce que des fois j’oublie. C’est vraiment poche de ne pas pouvoir voir mes amis et ma famille. Je peux juste jouer avec ceux de ma classe et il faut que je sois à deux mètres avec les autres. J’ai des amis qui ont attrapé la COVID. Avant, j’allais marcher avec eux au Mont-Royal, mais là on fait vraiment attention. C’est la première fois de ma vie que je n’ai pas vu mes cousins et mes amis à Noël et même si j’ai eu plein de cadeaux, je me rends compte que ce que j’aime le plus c’est de jouer avec eux.

J’avais hâte de retourner à l’école aujourd’hui pour voir mes amis et mon prof, les voir en vrai à la place de les voir sur mon écran. En plus, mon grand-père est malade en ce moment et avec la COVID, c’est un peu mélangé dans mon cerveau, comme s’il y avait un gros nœud. À l’école, je ne veux pas exploser en plein milieu de la classe, alors je garde ça en mottons et rendu à la maison, je ne peux plus me retenir et des fois, ça explose. Je commence à être impatient, pas poli, à parler fort et ça peut créer des chicanes. Ma mère m’a montré à faire du yoga, de la méditation et des exercices de respiration…ça me calme. J’écris aussi dans un journal intime comment je me sens. Je suis triste et fâché contre la COVID. J’ai l’impression qu’il y a de la pluie à l’intérieur de moi. J’ai hâte de pouvoir m’approcher de mes amis.

Je voulais raconter comment je me sens parce que ma mère m’a dit que d’autres enfants allaient lire mon témoignage et que, s’ils ont le même problème, ils allaient se sentir moins seuls. Et moi ça me fait du bien d’en parler et de sortir tout ça. J’aimerais que les gens écoutent les consignes même si c’est pas toujours facile, moi aussi j’ai de la misère avec les règles, mais j’ai hâte de pouvoir faire des partys pyjamas pis des câlins pas juste à mes parents.

Ce témoignage a été parrainé par Shawn Babin, contributeur de la campagne de financement participatif d’Humain Avant Tout. Photo prise sur le site internet Humain Avant Tout.

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Autres articles publiés dans ce magazine

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

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Autres textes sur le Suicide

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser

Parent d’enfant autiste : chercher le fil d’Ariane

Chaque année, plus de 15 000 enfants reçoivent un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA) au Québec. Et tout autant de parents doivent apprendre à composer avec cette réalité, trouver les ressources adéquates pour les soutenir et garder la tête hors de l’eau.

Un texte de Anne-Frederique Hebert-Dolbec publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Famille

« Lorsqu’on décide de fonder une famille, on ne peut pas s’empêcher de se projeter dans le temps. Un diagnostic de TSA chamboule tout. Ce n’est pas une maladie, ça ne se guérit pas. Si l’enfant rencontre des difficultés, ce sera pour toute sa vie. », soutient Véronique Chiasson, ergothérapeute et accompagnatrice parentale en Ontario.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Les bienfaits du sport pour la santé mentale

Dossier Santé mentale 

L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, briser l’isolement, redonner espoir et inciter les gens à demander de l’aide. L’organisme diffuse des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques diagnostiqués ou non. Voici celui de l’acteur Michel Charette.

J’ai grandi dans une maison où je baignais dans l’anxiété de mes parents. Ils n’ont jamais eu de diagnostic et ont gardé ça pour eux. À l’époque, c’était comme ça, on ne parlait pas de ces choses-là. Depuis quelques années, ma fille aussi fait son chemin avec une forme d’anxiété, et comme parent, ça m’interpelle. Quelle est ma place dans la santé mentale de mes proches? Si être un bon parent, une amie, un frère, une conjointe ou une patronne ne s’apprend pas dans les livres, personne ne sait non plus vraiment comment agir lorsqu’un problème de santé mentale frappe. Et pourtant, pour la personne qui le vit, l’entourage peut faire toute la différence.

De mon côté, c’est le sport qui m’a le plus aidé à gérer mon anxiété. J’ai consulté aussi. Un support psychologique peut faire toute la différence! Et surtout, ne pas avoir peur d’en parler à son entourage, sa famille, ses amis, ses enfants. Demander de l’aide, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de force. Sachant que c’est génétique, ma conjointe et moi, on essaie d’adoucir les choses pour notre fille qui montre aussi des traits anxieux. Ils sont brillants nos enfants. Ils sentent notre anxiété et ils se demandent si c’est leur faute. C’est tu moi ou c’est pas moi? On en parle beaucoup ensemble à la maison. Ce n’est aucunement tabou chez nous. Ma fille verbalise les choses. Je lui réponds : ‘‘j’te comprends, à ton âge, je vivais la même affaire, mais j’avais pas d’outils’’… Aujourd’hui, j’ai des outils qui me sont utiles quand j’en ai besoin. Et je suis content que ma fille puisse avoir ces outils-là le plus tôt possible et qu’elle s’en serve. C’est un bagage qui va la suivre toute sa vie.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

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Autres textes sur le Suicide

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Un enfant intimidé, c’est un jeune en colère !

Mon message, ce matin, est un cri du cœur pour tous les parents.  Je le fais avec amour, car je sais qu’il n’y a pas de mode d’emploi lorsqu’on devient parent et qu’on fait notre possible. La sensibilisation à l’intimidation, ça commence tôt! N’ayez pas peur de le faire avec vos enfants. 

Un témoignage de Jess Harvey, maman de Jacob, 9 ans, publié sur RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Famille

Avoir un enfant victime d’intimidation, c’est le pire cauchemar de chaque parent. À l’école, on rit de lui parce qu’il porte une tuque et des bottes pour se protéger du froid. On le traite de « looser », de « gros con », de « psychopathe » et de « débile ». 

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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La place des papas

En soutenant l’intégration de la réalité des pères dans l’offre de services à la famille, le Regroupement pour la valorisation de la paternité (RVP), en quelques années d’existence, a réussi à rejoindre tout le Québec.

Un texte de Mahdia Mellal  – Dossier Famille


Père lui-même de deux enfants, Raymond Villeneuve a eu le coup de cœur pour la cause. S’investir dans la valorisation de la paternité lui est apparu comme une évidence. «J’en suis venu rapidement à réaliser qu’il y avait beaucoup de choses à faire à ce niveau-là. Oui, on souhaitait l’engagement paternel, mais dans les services, les politiques, les pères étaient très peu présents.»

Après avoir découvert l’organisme, il s’y investit, dans un premier temps bénévolement puis de façon permanente. Il en est aujourd’hui le directeur.

Diane Dubeau, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie à l’Université de Québec en Outaouais, a rejoint le train en marche en 2010. Elle y a trouvé sa place en tant que présidente: «Mon intérêt pour les pères et leurs rôles dans le développement de l’enfant remonte à 25 ans. J’en ai fait mon sujet de thèse, mais n’ayant pas répondu à toutes mes questions, j’ai décidé de continuer à travers d’autres projets: l’évaluation de l’intervention auprès des pères et la façon de les rejoindre. »

… la représentation du père; elle est passée de l’image du père pourvoyeur à celle du père affectif et impliqué dans la vie de ses enfants.

Le RVP est un organisme qui a réussi à rassembler les acteurs ayant à cœur l’engagement paternel et qui est porteur d’un même objectif: valoriser le rôle des pères dans l’épanouissement familial et sociétal. Pour cela, ils organisent des conférences sur différentes réalités paternelles (être père gay, beau-père, la séparation conjugale, etc.), tout en organisant des activités pour célébrer le rôle du père et le promouvoir, comme lors de la fête des Pères.

Changements sociétaux

Au Québec, de nombreux changements sociaux se sont opérés autour de la représentation du père; elle est passée de l’image du père pourvoyeur à celle du père affectif et impliqué dans la vie de ses enfants.

Même si la mission première du RVP est la valorisation de la paternité, elle n’exclut pas pour autant les mères. Bien au contraire, Raymond Villeneuve rappelle que promouvoir l’engagement paternel profite à tous, autant aux enfants qu’aux mères. Dans un souci de respect de ce principe, il tient à ce que l’organisme y soit fidèle: «Dans les conseils d’administration, des membres et des partenaires, il y a toujours des femmes et des hommes, ce n’est pas une démarche sectaire, c’est beaucoup du ensemble pour le bien de tous.»

La coparentalité et l’égalité femmes / hommes sont mises en avant: «Il ne suffit pas de parler de valeurs, mais les vivre et les incarner soi-même. L’image que nous projetons, la présidente et moi, est lourde de sens, elle reflète la démarche commune homme-femme pour faire avancer les choses.»

Le cœur du sujet et l’âme de l’organisation reposent sur la co-construction de la famille: «Avant, il y avait le rôle du père et les tâches de la mère. Aujourd’hui cette répartition s’est atténuée. On est plus dans le partage des rôles, la coparentalité et le ensemble. C’est une toute nouvelle gestion de la vision familiale qui pose un certain nombre de défis.»

Sur la perte de l’autorité paternelle telle que conçue dans les sociétés traditionnelles, les représentants s’accordent à dire que cette question est peu d’actualité au Québec: «Les pères Québécois se préoccupent très peu de cela, du moins les jeunes pères. Ceux-ci sont préoccupés par l’encadrement de leurs enfants, qui leur semble essentiel pour le développement de leurs enfants.»

Diane Dubeau avoue tout de même que la tâche n’est pas facile; cela nécessite du temps et des efforts pour faire des choix, par exemple: comment concilier travail et famille, surtout lorsque les enfants sont en bas âge? Qui devra s’absenter du travail lorsque cela est nécessaire?

Elle maintient tout de même que cette nouvelle façon d’aborder la parentalité est un gain considérable pour la famille.

La stratégie du RVP est d’accompagner les pères dans cette nouvelle démarche via des partenaires membres du secteur communautaire en contact direct avec les familles. Il y a 10 ans, Centraide du Grand Montréal a saisi le potentiel du RVP et a été la première instance à le soutenir financièrement. Les ministères de la Famille, de la Santé et des Services sociaux ainsi que le Secrétariat de la condition féminine ont ensuite suivi le pas.

Avec seulement deux employés permanents et des projets d’envergure provinciale, le Regroupement pour la Valorisation de la Paternité doit faire face à un défi interne important : la croissance de ses activités sans une croissance correspondante de ses ressources humaines.

En complément à Reflet de Société +

Écoutez cette vidéo humoristique de Naître et grandir sur le moment présent des enfants.

Autres textes sur Famille

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Stressant, être parent ?

Stress, dépression, burnout… Ce sont maintenant des mots que l’on retrouve souvent dans les articles qui traitent de parentalité. Ils suscitent aussi beaucoup de réactions de la part des parents sur les réseaux sociaux. De l’extérieur, on peut se demander si ça va mal à ce point sur la planète parents. Bien sûr que non, mais ça pourrait aller mieux.

Un texte de Julie Fortier, responsable éditoriale, Naître et grandir – Dossier Santé mentale

Course contre la montre…

Est-ce le manque de temps qui cause le plus de stress aux parents? Les facteurs de stress varient d’une personne à l’autre, mais ce serait l’impression de ne pas avoir le contrôle sur le temps – plutôt que le manque de temps en soi – qui serait stressante. Or, cette sensation de manquer de temps, plusieurs parents d’aujourd’hui la ressentent, comme le démontrent les statistiques.

Selon un récent rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), 20 % des parents ont dit ressentir une « forte pression liée au manque de temps ». Avoir du temps pour soi a aussi été identifié comme une des trois situations les plus difficiles par 46 % de parents d’enfants de 0 à 2 ans, rapporte une étude menée auprès de 1 126 mères et 160 pères par le Réseau des Centres de ressources périnatales du Québec.

De plus, 62 % des parents considèrent la conciliation famille-travail comme une source de stress importante, révèle un récent sondage réalisé pour l’Observatoire des tout-petits. Selon d’autres chiffres de l’ISQ publiés en 2016, 37 % des parents ont aussi affirmé être épuisés quand arrive l’heure du souper et 55 % ont dit manquer de temps libre pour eux.

Trop de pression?

L’engagement des parents d’aujourd’hui dans leur vie de famille peut aussi faire augmenter le niveau de stress. Pas étonnant que le terme burnout parental ait fait son apparition il y a quelques années. Il ne s’agit pas d’un trouble officiellement reconnu, mais il a été étudié sérieusement par des chercheuses belges.

Plusieurs parallèles peuvent d’ailleurs être faits avec le burnout professionnel, selon le psychologue du travail Nicolas Chevrier. Comme il l’explique, les exigences que s’imposent les parents, les mères surtout, alors qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires (temps, argent, humeur stable…), peuvent causer du stress. Et lorsque le stress devient chronique, il peut mener à l’épuisement.

À la recherche de solutions

Oui, il existe des solutions pour aider les parents, et elles sont connues. Plus de mesures de conciliation travail-famille (et des parents qui s’autorisent à les utiliser quand ils y ont droit), un meilleur partage des tâches ménagères, des soins aux enfants et de la charge mentale entre les parents, un meilleur accès aux professionnels de la santé et aux psychologues font, entre autres, partie des moyens souvent cités.

Diminuer les attentes que l’on s’impose comme parent, briser l’isolement, demander de l’aide aux proches, prendre du temps pour soi sont aussi des conseils souvent donnés pour faire diminuer le stress et prévenir la détresse parentale.

Aller chercher du soutien, surtout quand on n’a pas la chance d’être bien entouré, est une autre façon de faire baisser la pression. Malheureusement, 25 % des parents d’enfants de 0 à 5 ans ne connaissent pas les ressources offertes dans leur région, selon des données de l’ISQ.

Peut-être que les jeunes parents ont aussi le réflexe de se tourner davantage vers les réseaux sociaux pour trouver des solutions. Les groupes de parents sur Internet peuvent d’ailleurs être positifs, selon la spécialiste du stress Sonia Lupien. Quand les parents vivent des moments difficiles, les encouragements et conseils des autres peuvent donner « l’impression de reprendre du contrôle sur la situation », explique-t-elle.

Un sujet encore tabou?

Évidemment, quand on a l’impression de sombrer, que plus rien ne va, il est important d’aller chercher de l’aide professionnelle. Plusieurs cas de dépression postnatale ne seraient d’ailleurs pas diagnostiqués ou traités. Bien des femmes taisent leur détresse parce qu’elles ont peur de passer pour de mauvaises mères. Comme en témoignent les nombreuses réactions que suscite un texte comme Maman est en dépression, juste en parler semble faire énormément de bien. Souvent, les commentaires se résument à « merci de mettre des mots sur comment je me sens ».

Références

Autres textes sur Santé mentale

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Politique municipale, le combat du congé de maternité

Un texte de Alexandra Duchaine – Dossier Politique

Les femmes aux ambitions politiques doivent-elles taire leur désir d’avoir des enfants pour être élues?

La conseillère municipale de l’arrondissement montréalais Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, le croit et s’en désole. «Dans mon quartier, par exemple, plus on avance dans les échelons, dans les paliers de gouvernement, moins les élues ont d’enfants, moins elles sont mères», évoque la trentenaire.

Émilie Thuillier a 2 enfants. Elle côtoie la députée provinciale d’Ahuntsic-Cartierville Marie Montpetit qui en a un seul, puis la députée fédérale, Mélanie Joly, qui n’en a pas. «Aucune femme ne dira qu’elle a mis de côté sa vie familiale pour sa carrière politique, c’est beaucoup trop tabou, affirme Émilie Thuillier. Sauf qu’on le voit, on ne peut le nier, les élues ont rarement des familles nombreuses», souligne la conseillère en riant.

Aucun soutien

Pour la députée péquiste de Marie-Victorin Catherine Fournier, les femmes ne devraient jamais avoir à choisir entre vie politique et familiale. «Des mesures doivent être mises en place pour qu’être à la fois mère et législateur soit possible», croit l’élue de 25 ans qui désire donner naissance. «Pour l’instant, je ne comprends pas comment je ferais pour avoir des enfants, puisque mes fonctions politiques sont très prenantes», partage la plus jeune députée de l’histoire du Québec.

À l’Assemblée nationale du Québec, les familles ne profitent d’aucun soutien. «Il n’y a pas de salle d’allaitement, pas de garderie et, pire encore, les élus n’ont pas un seul jour de congé parental», souligne Catherine Fournier. Les mères députées doivent se remettre au travail tout de suite après l’accouchement, sinon elles encourent des pénalités financières, voire leur destitution.

Aux dires de la conseillère municipale de l’arrondissement montréalais Villeray–Saint-Michel-Parc-Extension et ex-députée de Laurier-Dorion, Elsie Lefebvre, les législateurs sont les grands oubliés de la politique familiale. «En termes de conciliation travail-famille, le Québec est un modèle, conçoit-elle. Par contre, pour les élus, c’est la préhistoire», dénonce la mère. À ses yeux, si les institutions politiques sont en retard, c’est parce qu’elles ont été trop longtemps entre les mains d’un «boys club» que les femmes commencent à peine à s’approprier.

Ce qu’il reste à faire

Élue enceinte en 2009, Elsie Lefebvre s’est battue pour qu’à l’Hôtel de Ville de Montréal la situation des parents, mais surtout des mères, s’améliore. La mairie qui n’était même pas dotée d’une table à langer est aujourd’hui pourvue d’un salon d’allaitement et d’une halte-garderie. Depuis juin 2016, tous les élus municipaux du Québec profitent même de 18 semaines de congé parental.

Sauf que ce congé reste plus symbolique que pratique. «La plupart des élus n’ont pas le budget pour disposer d’un secrétaire ou d’un remplaçant, explique la conseillère de Ville de Champlain-L’Île-des-Soeurs Marie-Eve Brunet. Si personne ne prend notre relève, à l’accouchement, on n’a pas le choix de continuer à travailler, parce que le citoyen doit toujours être représenté», défend la mère de 2 enfants. Il faut donc qu’un remplaçant soit désigné pour chaque conseiller.

Pour Elsie Lefebvre, tout reste encore à faire pour que la conciliation politique-famille soit possible. «Il faut changer les horaires des consultations publiques, qui se font surtout le soir, commence-t-elle. Il faut rendre possible le vote à distance ou l’enregistrement des assemblées et, plus important encore, il est nécessaire d’offrir des congés parentaux au fédéral et au provincial», énumère-t-elle.

Ailleurs en politique

Au sein de tous les paliers gouvernementaux, les femmes sont minoritaires. Elles occupent 32% des sièges au municipal, contre 27% au provincial et 26% au fédéral. «Si les femmes n’avaient pas à décider entre vie familiale et vie politique, si la conciliation allait de soi, il est certain qu’elles seraient plus présentes dans les espaces décisionnels», plaide Elsie Lefebvre, loin de négliger l’existence d’autres facteurs.

Fait fort révélateur, l’ex-députée de Laurier-Dorion a décidé de quitter le Parti québécois pour tenter sa chance au municipal en 2009 parce qu’elle était enceinte. Impossible pour elle de parcourir le Québec à la rencontre des citoyens ou de multiplier les allers-retours Québec-Montréal un bébé dans les bras. Représenter les habitants de son quartier semblait plus réaliste pour la jeune mère.

Émilie Thuillier, Marie-Ève Brunet, Catherine Fournier et Elsie Lefebvre mènent un combat pour que la politique soit à l’image de la société. «Les élus doivent vivre ce que les citoyens vivent, sinon ça fait des politiques publiques vides et décalées, qui n’ont aucun sens», résume Marie-Ève Brunet. À Ottawa, à Québec et au sein des mairies, certifient les 4 femmes de tête, il faut des mères qui comprennent le casse-tête quotidien des familles et qui légifèrent en conséquence.

Et il faut aussi des pères. Marie-Ève Brunet a dû retourner au travail 5 jours après son accouchement, car à l’époque le congé parental de 18 semaines n’était pas encore mis en place. Elle a pu le faire grâce à son mari, qui a pris plusieurs mois de congé pour la suivre partout où son statut d’élue la menait.

Marie-Ève Brunet le dit haut et fort, si les femmes sont minoritaires à l’Assemblée nationale, c’est en partie parce qu’elles sont encore perçues comme les responsables des petits. «Il faut réfléchir à notre vision collective de la mère, à notre vision du couple et de la répartition des tâches», conclut-elle. Parce qu’avant de moderniser les institutions politiques, il faut d’abord moderniser la famille, rappelle-t-elle.

Autres textes sur Politique

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