Une handicapée veut faire de l’exercice

La Clinique médicale Physergo

Services pour handicapés

Monique Trudel, une résidante de Verdun, est atteinte de la sclérose en plaques et se déplace en fauteuil roulant. Elle a besoin de s’exercer afin de pouvoir garder de la flexibilité et de la souplesse. Elle a contribué à créer le programme Bouger et vivre avec la Clinique médicale Physergo, un organisme sans but lucratif (OSBL).

Anders Turgeon  Dossiers Dossiers Santé, Handicapés

« Les besoins spécifiques en conditionnement physique pour les personnes limitées sont là », allègue la thérapeute en réadaptation physique de la Clinique Physergo et co-fondatrice de Bouger et vivre, Annie Viger. « Ce n’est pas motivant de côtoyer des personnes surentraînées dans des salles d’entraînement régulières. Les gens aux besoins spécifiques ont besoin de faire de l’exercice. Il permet le maintien à domicile de ces gens et retarde leur entrée dans un CHSLD. Cela permet de diminuer les coûts dans le domaine de la santé », fait-elle valoir.

La santé des personnes handicapées

La Clinique Physergo contribue à améliorer la santé et à assurer une qualité de vie. Sa mission est la réadaptation physique à l’aide de la physiothérapie, l’ergothérapie et le gymnase. Après que M. Réjean Douville, le directeur de la Clinique Physergo, et Monique Trudel ait réglé le financement, Annie et Monique ont collaboré ensemble pour la création du programme Bouger et vivre.

Ce nouveau programme est offert à la Clinique Physergo dans un centre de conditionnement physique. Il est personnalisé selon le client, dans un cadre adapté. « La clinique Physergo a eu l’idée du projet, mais je m’y suis impliqué dès sa création », insiste Annie. Elle a trouvé la motivation à s’impliquer dans ce projet grâce à sa passion pour le conditionnement physique. Elle a également observé les besoins des gens âgés ainsi que de ceux aux prises avec un handicap ou une blessure due à un accident de travail.

Le démarrage du programme Bouger et vivre

Afin de démarrer le projet, la Clinique Physergo a obtenu une subvention du Centre local de développement (CLD) Verdun. Elle a aussi obtenu deux autres sources de financement : une petite subvention de l’entreprise récréo-touristique Omnium Bruno Fortin et l’argent recueilli par les abonnements à la Clinique Physergo et ses activités.

Malgré ces fonds, Annie Viger dit qu’il a été difficile de trouver des subventions et d’autres sources de financement pour le programme. « Nous avons connu des difficultés au niveau de l’achat du matériel, plus spécifiquement au niveau du coût élevé des machines spécialisées pour l’entraînement. J’ai aussi dû affronter des problèmes relativement à la préparation du projet comme le temps que j’ai dû y consacrer », plaide-t-elle.

Un médecin de famille pour faire de l’exercice

Pour les clients de la Clinique Physergo qui désirent suivre le programme, Annie doit obtenir un billet du médecin les autorisant à suivre le programme. « Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui possède un médecin de famille. Il y a une longue liste d’attente pour en voir un selon les besoins du patient. Je dois déterminer qui je dois prendre avec ou sans billet médical », indique-t-elle.

Annie déplore le manque d’initiatives pour garder les gens avec des limitations physiques et les aînés en forme, et ce, ailleurs sur l’île de Montréal. « C’est une question de coûts, de lourdeur dans la bureaucratie gouvernementale et de disponibilité de spécialistes pour des projets comme celui de Bouger et vivre. Les ressources sont limitées », constate-t-elle.

Néanmoins, elle a confiance en son projet. « Il permet à bon nombre de personnes de Verdun  et du Sud-Ouest, de garder la forme et de rester autonomes le plus longtemps possible », mentionne-t-elle. Bouger et vivre, tel est l’essentiel pour des gens comme Monique Trudel.

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Vivre sans prothèse

Amputation et réhabilitation

Un membre artificiel pour un amputé

Remplacer un membre manquant par un membre artificiel nous apparaît un incontournable pour l’amputé qui veut recommencer à vivre normalement. Par contre, ce n’est pas automatiquement le scénario qui se présente. Une partie d’entre eux décideront ou se verront dans l’obligation de vivre sans prothèse.

Gabriel Alexandre Gosselin Dossier Santé, Famille, Éducation, Handicap

handicap-amputation-rehabilitation-handicape-amputeQuand une personne récemment amputée de la jambe arrive en réadaptation, on évalue d’abord les forces et les faiblesses physiques du patient. On observe comment il se déplace, s’il est fort physiquement. «Même les capacités cognitives jouent un rôle dès le départ», expliquent Marie-Noëlle Roussin et Julie Paquette, ergothérapeutes à l’hôpital de réadaptation Villa-Medica (HRVM), situé à Montréal.

Cet établissement reçoit en majorité des aînés dont l’amputation est souvent la conséquence de problèmes vasculaires engendrés par de mauvaises habitudes de vie. Ces patients sont les plus susceptibles d’avoir à se débrouiller sans membre artificiel, puisque leur corps entier est souvent en mauvais état.

Pour les handicapés qui ne peuvent pas porter la prothèse, la réadaptation est différente. La première étape consiste à déterminer un substitut à la jambe artificielle : béquilles, marchette ou fauteuil roulant. Puis, le domicile est adapté à l’option choisie, par exemple en installant des rampes à plusieurs endroits dans la maison, ou en déménageant dans un endroit plus sécuritaire.

Tout au long de la réadaptation, des experts conditionnent l’amputé à devenir le plus autonome possible. Les physiothérapeutes l’entraînent pour une meilleure condition du moignon. Ils renforcent le bout de jambe qui reste au patient ou le sensibilisent à avoir les bras plus forts pour ne pas se fatiguer lors de déplacements en chaise roulante. Les ergothérapeutes, eux, initient et habituent le patient aux activités de tous les jours: entrer dans leur voiture, utiliser les toilettes, prendre une douche, cuisiner sur le comptoir, etc.

Changer d’idée

handicap-amputation-jambe-guillaume-theriaultLouis Bourassa, des Amputés de guerre, mentionne que ce sont les limites de la technologie qui parfois empêchent un amputé d’opter pour la prothèse. «Il existe des prothèses pour la hanche, mais elles sont encore inefficaces et peu confortables», donne-t-il en exemple.

Dans le cas d’un bras amputé, la prothèse s’avère souvent moins indispensable. Chez les Amputés de guerre, certains jeunes qui vivent sans prothèse au bras changeront par contre d’idée en cours de route. «L’évolution d’un jeune implique l’affirmation de sa personne et de ses champs d’intérêts. L’adolescent qui veut plaire aux jeunes filles finira par se faire poser un bras artificiel, histoire de présenter un esthétisme plus normal et ne pas attirer l’attention vers le bras incomplet.» Ou, en découvrant une activité qui lui plaît particulièrement, un jeune cherchera à se procurer un bras adapté à son nouveau passe-temps.

C’est précisément dans ce cas que les Amputés de guerre sont importants. Le gouvernement ne paie que pour la prothèse de base. L’organisme fournira du mieux qu’il peut une prothèse adaptée pour l’activité que le jeune veut pratiquer, ou initiera des recherches pour en créer une. Et ces prothèses adaptées vont de celle conçue pour se mouler à la botte de ski alpin, à celle qui sert…à tricoter!

Les Amputés de guerre, c’est quoi?

Les Amputés de guerre forment un organisme qui vient en aide aux Canadiens amputés et âgés de 0 à 18 ans, qui sont regroupés dans le programme «Les Vainqueurs». L’organisme soutient ces «Vainqueurs» moralement et financièrement. «Nous déboursons pour les réparations, les frais de transport et les recherches pour les prothèses adaptées. Le gouvernement paie seulement pour la prothèse de base. Nous envoyons aussi à nos adhérents la documentation sur les nouvelles technologies et les recherches en cours», explique Louis Bourassa, des Amputés de guerre.

Depuis 1946, environ 15 000 jeunes ont eu recours à l’organisme connu pour ses petits porte-clés. Aujourd’hui, le programme «Les Vainqueurs» compte environ 4000 adhérents, et près de 100 nouvelles inscriptions ont lieu chaque année. Et une fois l’âge majeure atteint? «Nous aidons encore financièrement l’amputé qui est devenu adulte. Seulement, il n’est plus compilé aussi précisément qu’auparavant dans les statistiques de l’organisme. Il a cessé de grandir et est donc relayé à des prothésistes pour adultes», précise M. Bourassa.

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