De Jonquière au Burkina Faso

Échanges internationaux

Les aventures de jonquièrois en Afrique

Huit étudiants du cégep de Jonquière ont effectué un stage de cinq semaines au Burkina Faso, en Afrique.

Dominic Desmarais Dossier International

burkina-faso-afrique-echanges-internationaux-aide-humanitaireLe but du stage: composer un recueil dans lequel seraient compilés les besoins des Burkinabés. À l’aide de cet outil, les stagiaires des années suivantes sauront quels projets développer. L’idée est simple. Encore fallait-il y penser. Plutôt que d’imposer leurs idées toutes canadiennes, ces jeunes jonquièrois s’intéressent aux demandes des habitants.

«Il y a tellement de monde qui y vont et se disent on va faire ci, on va faire ça, raconte Anne-Julie, l’une des stagiaires. Des Belges ont installé un centre de tri pour les déchets comme on en a ici. Mais, dès qu’ils sont partis, le terrain a été abandonné», raille-t-elle. De bonnes intentions, si elles ne correspondent pas avec la mentalité du pays, ne survivront pas.

Le recueil a finalement pris le bord. Censés travailler de concert avec Aide à l’enfance Canada (AEC), les étudiants ont appris, une fois sur place, que l’organisme déclinait tout partenariat. «En principe, on devait développer quelque chose avec eux. On a pas eu d’explications. Mais on a dû construire nos propres contacts», explique Louis Pilote, enseignant accompagnateur. Un défi stimulant, pour ce professeur qui prêche l’autonomie de ses élèves qui, eux, ne l’ont pas trouvé drôle. «On s’est trouvé des projets. On a regardé dans la ville avec qui on pouvait travailler», lâche Christine, qui semble depuis revenue sur terre. «Mais, ç’a été long avant d’en trouver… 2 semaines», renchérit Marie-Pierre. Près de 15 jours à ne savoir que faire, à jouer au touriste, à écouter la télé. Le temps est long, quand on vient pour une raison précise. Surtout dans un pays éloigné de notre façon de vivre.

De nouveaux stages

Finalement, le groupe d’étudiants s’est divisé en 3 stages. Un avec des associations environnementales, un autre dans une école primaire et le dernier avec un organisme de femmes.

Christine, Yanira et Marie-Pierre se sont intégrées à l’école. Avec des élèves de 6ème année, elles ont parlé des droits de l’enfance. «On a pris une semaine pour se préparer. Ce qu’on allait dire, quels projets on allait monter. On a fait des jeux avec eux», raconte Marie-Pierre, plutôt réservée jusque là. Elles ont discuté environnement, éducation, logement et droits de l’enfant adapté à l’Afrique. «Leur professeur a dû expliquer aux élèves ce qu’est la pollution. Ils sont capables de dessiner un environnement sain, mais ils sont incapables de le mettre en application», rajoute Christine, l’aînée des stagiaires, qui a 20 ans.

Le dessin comme moyen de communication

Pour faire passer l’apprentissage, les stagiaires ont fait dessiner les enfants à même les murs de l’école sur les thèmes expliqués. «Avec les dessins, on a donné des prix. Des sacs d’école, des cahiers, des étuis à crayons. Ce qu’ils voulaient, finalement, explique Christine. En même temps, c’est valorisant pour les enfants. Ils signent en bas. Ils emmènent leurs parents, regarde maman, c’est mon dessin!»

L’idée du recueil à la poubelle, les stagiaires apportent tout de même un projet pour la prochaine cuvée de Jonquière. Un Rendez-vous stratégique visant à rassembler les acteurs sociaux et économiques. Sur place, la délégation québécoise s’est rendue compte que les associations ne se parlaient pas. Ou ne se connaissaient tout simplement pas. «Le Rendez-vous stratégique, c’est pour fédérer tout le monde. Nous, on a l’expertise pour les coopératives. Même chose en économie sociale. L’économie d’État ne fera rien. Les entreprises privées ont des intérêts de capital», affirme M. Pilote, dont c’était le dernier accompagnement en tant que professeur. À la retraite à la fin de l’année scolaire, il fait des pieds et des mains en vue de retourner l’année prochaine au Burkina Faso et mettre sur pied le fameux Rendez-vous.

Un pays étranger, pour mieux se connaître

Le stage semble avoir changé ses participants. Ce qui est le but, aux dires de M. Pilote. «À partir du stage, ils n’ont plus la même vision. C’est ce qui nous intéresse. S’adapter à l’Afrique, quand on passe au travers, on revient avec une capacité de voir le monde différemment. Ça oriente de façon prépondérante les études universitaires qui suivent», dit-il dans un élan passionné.

Les stagiaires lui donnent raison. «On a tous changé notre plan de carrière, là-bas. Sauf Christine, s’amuse Anne-Julie. Je sais plus ce que je veux. Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’un travail qui m’assure d’une sécurité financière. Je vais faire ce que j’aime. Et tant pis pour le salaire!» Anne-Julie pensait devenir enseignante. C’est vers l’histoire qu’elle débutera ses études universitaires. Chez les autres, le travail social a la cote.

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Bistro In Vivo Hochelaga-Maisonneuve

Bistro le Ste Cath

Brunch gratuit pour les mamans pour la Fête des Mères

Dimanche 12 mai 2019 de 10h à 14h

Réservation (514) 223-8116

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Caroline Bergeron, Annie Martel et Karine Martel

Trois femmes d’action

Situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, le Bistro In Vivo a été mis sur pied par 3 femmes passionnées, engagées, polyvalentes, animées d’un désir de changer le monde, leur monde. Un souci de s’impliquer dans la vie, le développement et la revitalisation de leur quartier. Et surtout, de prendre leur vie en main.

Karine Cloutier   Dossier Hochelaga-MaisonneuveRestaurant

Ces 3 femmes sont Caroline Bergeron, enseignante dévouée en danse, en milieu scolaire et ancienne stagiaire dans des projets de solidarité internationale, Annie Martel, gestionnaire et chanteuse, et Karine Martel, marionnettiste, basketteuse et cuisto passionnée.

Une équipe formée de deux sœurs et d’une amie d’enfance

En octobre 2005, le Bistro In Vivo ouvre ses portes. L’idée a germé en 2003. Karine et Annie souhaitaient bâtir leur lieu, leur projet où elles seraient leur propre patronne. L’idée fait son chemin. Elles recueillent les informations nécessaires, suivent une formation pour créer leur plan d’affaires.

Caroline se joint ensuite à elles et en 2005, elles accouchent enfin de leur bébé! La Coopérative de travail In Vivo, un bistro culturel engagé. Un lieu chaleureux qui offre une scène pour la relève artistique (théâtre, danse, musique, arts visuels). On y retrouve des produits locaux (québécois), équitables et un menu santé. Tout est fait maison. In Vivo tiré du latin signifie dans le vif. En biologie, in vivo qualifie un processus observé/étudié dans un organisme vivant, par opposition à in vitro (dans le verre). «Cela signifie que le projet part de nous, de l’être humain pour se propager vers le monde extérieur», explique Caroline.

Avoir l’adrénaline de ses rêves

Chacune d’entre elles travaille en moyenne 80 heures semaines. Mais elles adorent leur boulot! N’ayant aucune expérience en restauration, les embûches ont été de toutes sortes. «In Vivo, c’est la réunion d’idées, d’actions et de passions!», raconte Caroline. «Je sais pourquoi je me lève la matin. À trente ans, je me considère parmi les chanceuses qui font vraiment ce qu’elles aiment.», souligne Annie.

Pour mener à terme un tel projet, elles se sont entourées d’une équipe travaillante et qui croyait en elles, en leur folie et en leur projet. Des idées, des objectifs, une vision à long terme, tout y est réfléchi. «Des objectifs, ils y en a beaucoup. Même s’ils ne se réaliseront pas tous… Bien sûr, nous aimerions que le bistro roule énormément. Créer un fond pour les artistes qui se produisent ici. Devenir propriétaire de la bâtisse et en faire une auberge de jeunesse, par exemple. Avoir un pied en campagne…», souhaite Karine.

Une émission de télé avec Ricardo?

Chacune poursuit aussi sa voie. À l’intérieur même du projet, chacune trouve son compte pour réaliser ses désirs et allier ses passions. Personnellement, je veux me perfectionner en cuisine, parfaire la programmation artistique et un jour présenter mon propre spectacle sur ma propre scène! Ça me manque entre 2 soupes! Ah! Oui! Surtout, me faire une méga-giga réputation de soupière à travers la province et faire des émissions de télé avec Ricardo pour assistant!», raconte Karine, hilare.

La tête peine d’idées et de rêves, le coeur rempli de bonnes intentions et d’ambitions saines et équitables (!), de l’humour à revendre, les 3 femmes et leur Bistro sont à découvrir.

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Le combat des femmes pour l’environnement

Greenpeace, Équiterre et Réseau québécois des femmes en environnement

Trois femmes dans la bataille de l’environnement

De jeunes femmes ont choisi l’environnement comme cheval de bataille de leur vie. J’ai rencontré trois d’entre elles. Chacune m’a confié la cause qui lui tient le plus à cœur, sa principale inquiétude, ses souhaits et conseils.

Par Sylvie Daneau  

Ioana Cotutiu (Greenpeace Canada)

Âgée de 31 ans, Ioana Cotutiu est responsable de l’administration et de la gestion chez Greenpeace Canada. Roumaine, elle immigre au Canada en 1999 et devient membre active de Greenpeace en 2001. Elle étudie en santé environnementale.

L’agriculture industrielle est la cause qui la tracasse le plus: «Les gouvernements canadien et québécois permettent la culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) sans connaître leurs impacts à long terme sur notre santé et l’environnement… au mépris de la volonté de la majorité de la population et les recommandations de la Société royale du Canada. Ils refusent même d’imposer l’étiquetage obligatoire. Résultat: nous ne pouvons même pas choisir d’en manger ou pas», dénonce-t-elle.

La jeune femme se préoccupe également des changements aux climats, causés par la pollution: «Les gouvernements doivent développer les énergies alternatives comme l’éolien (énergie du vent) et le solaire, au lieu des centrales au gaz, comme celle de Bécancour.»

«Pour préserver la beauté naturelle du Québec, explique la Québécoise d’adoption, il suffirait de ne pas chercher à la transformer: prospections gazières et pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent, coupes à blanc dans la forêt boréale…» Les gens peuvent agir ici même, croit Ioana: «Il ne faut pas nécessairement embarquer sur un bateau de Greenpeace et aller au bout du monde pour sauver la planète…»

Doris Hamelin (Équiterre)

Dans la quarantaine, Doris Hamelin est adjointe à la coordination générale pour Équiterre. La bachelière en comptabilité a connu cet organisme québécois par son programme d’agriculture soutenue par la communauté, liant les fermes biologiques aux citadins. Elle voulait y participer pour obtenir des paniers de fruits et légumes biologiques, apportés en ville par les fermiers.

Native de Normétal, un village de l’Abitibi-Témiscamingue, elle a vu les ravages causés à l’habitat naturel par l’exploitation minière (Noranda) et forestière. «D’une forêt que j’ai vue lentement se vider de ses arbres, je trouve aberrant qu’une poignée de personnes profitent de ces richesses-là», opine-t-elle.

Les gestes quotidiens préservant la nature lui tiennent à cœur. Doris vient en aide aux Mexicains en achetant du café équitable, et aux agriculteurs du Québec en se procurant ses paniers biologiques. Des gens laissent le soin aux organismes, comme Greenpeace et Équiterre, de monter aux barricades», se désole-t-elle. On peut agir comme consommateur, croit-elle. D’ailleurs, Équiterre prône le slogan «Acheter, c’est voter», popularisé par sa co-fondatrice Laure Waridel. Mais Doris nuance le pouvoir de la consommation: il faut l’agencer avec la pression du public sur les gouvernements. «Voter, c’est le premier devoir du citoyen», rappelle-t-elle.

Caroline Voyer (RQFE)

Caroline Voyer coordonne le Réseau Québécois des femmes en environnement (RQFE). À 30 ans, elle est aussi vice-présidente de l’organisme Environnement Jeunesse. En 2000, la situation planétaire la préoccupait tellement qu’elle a quitté son emploi pour se joindre au mouvement écologiste.

Elle trouve insupportable qu’on contamine l’air, provoquant des maladies respiratoires chez les enfants, comme l’asthme et les allergies. «Ces situations, dit-elle, sont prises à la légère par les gouvernements.» L’accès à l’eau potable la mobilise également, les fuites d’eau, le gaspillage. «Je trouve dommage de traiter l’eau pour la perdre par la suite.»

«Au Québec, on est champion mondial des déchets! Ces montagnes de détritus ont un impact sur notre sol, notre eau, notre air et notre santé. Faudra-t-il une catastrophe pour provoquer des changements?», interroge-t-elle.

Leurs messages pour l’environnement

Les trois femmes engagées souhaitent voir les gens s’informer, appuyer (au moins) une cause, un organisme. Elles suggèrent:

Ioana Cotutiu: Moins d’espaces verts transformés en stationnements ou en chantiers de construction.

Doris Hamelin: Pour réduire l’usage de l’automobile, plus d’autobus et de services pour nous emmener à la montagne ou à la forêt.

Caroline Voyer: Suivre l’exemple de Londres, qui diminue l’accès des voitures à son centre-ville, pour améliorer la qualité de l’air.

Ioana Cotutiu: Économiser l’eau et l’énergie, acheter du papier recyclé, éviter les produits toxiques. Si l’utilisation d’une auto est indispensable, en acheter une consommant moins d’essence, idéalement hybride (dotée d’un moteur électrique alternant avec le moteur à essence, par exemple).

Doris Hamelin: Suivre le programme d’efficacité énergétique d’Équiterre pour l’isolation des intérieurs.

Caroline Voyer: Acheter des fruits et légumes en vrac, pour éviter le gaspillage des emballages.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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Femme au pénitencier: gardienne de prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Système carcéral

L’autorité d’une femme en prison

Au début, dans les prisons, les femmes étaient présentes à des postes administratifs les rendant invisibles pour la majorité des détenus. En 1982, une dramatique émeute dans un pénitencier à sécurité maximum, a été l’un des éléments déclencheurs favorisant l’arrivée des femmes parmi les agents correctionnels.

Jean-Pierre Bellemare, prison de cowansville Dossiers Prison, Criminalité

femmes-prisons-penitencier-femme-pen-toleTravailler dans une prison pour hommes n’avait rien pour attirer les postulantes. Une amélioration des conditions de travail et une sécurité accrue ont suffisamment changé l’image du poste pour que plusieurs femmes se laissent tenter, même si leur intégration s’est effectuée progressivement.

Femmes gardiennes de prison, une menace?

À leur façon, les agents correctionnels, tout comme les détenus, ont signifié leurs griefs. Les gardiens en place n’étaient pas vraiment enthousiastes à l’idée d’accueillir des femmes parmi eux. Ceux qui ont participé à cette transition ont candidement avoué leurs réticences. L’arrivée des femmes fut perçue par plusieurs gardiens comme une menace à leur sécurité. La peur qu’une femme ne puisse assurer leurs arrières durant leur quart de travail justifiait, d’après eux, leur opposition. Étonnamment, ce n’est pas la sécurité des femmes mais la leur qui semblait primer.

Du côté des détenus, la résistance venait surtout de ceux qui étaient condamnés pour des crimes de violence conjugale. La position d’autorité d’une gardienne semblait les mettre hors d’eux-mêmes, entraînant des commentaires disgracieux et méprisants. En prison, les machos prolifèrent comme des bactéries. Les hommes roses sont plutôt du type rouge sang!

Femmes et diminution de la violence

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Pourtant, le changement le plus important depuis l’arrivée des femmes dans le milieu carcéral, a été une diminution significative de la violence. Lorsque deux détenus se bagarrent, les gardiennes interviennent avec une approche beaucoup plus conciliante que répressive, désamorçant ainsi la crise. Les hommes perçoivent trop souvent la négociation comme une faiblesse, une remise en question de leur autorité. J’ai vu des gardiens pousser des femmes à bout par simple malice. J’ai vu des détenus faire la même chose.

Des gardiens ont refusé de travailler en équipe avec des femmes et des détenus ont refusé d’être fouillés par elles. Aujourd’hui, les choses se sont améliorées. L’augmentation des gardiennes dans les pénitenciers a fortement contribué à la diminution du stress en milieu carcéral.

Par ailleurs, ce n’est pas plus dangereux pour une femme de travailler dans un pénitencier que pour un homme. Elles ne sont pas des butch (femmes bucheronnes). Elles sont représentatives de ce que l’on peut retrouver dans une entreprise conventionnelle.

L’arrivée des femmes au pénitencier est comme un vent d’humanité. Malgré quelques exceptions, leur côté maternel permet une approche bienveillante. Il y a eu une nette amélioration des communications des deux côtés de la clôture, au bénéfice du bon fonctionnement des pénitenciers.

L’évolution du pouvoir de la femme dans la société ne s’est pas laissé ralentir par les murs de préjugés qu’ont érigés les pénitenciers.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

1ere illustration, Zeck, 2e illustration, Mabi

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Viêt-nam: amour ou prostitution?

Viêt-nam: amour ou prostitution

Dominic Desmarais              Dossier Prostitution, Sexualité, Prostitution asiatique

Je voulais sentir l’endroit, pensant faire un tour de bateau le long des îles, question de saisir un peu mieux les conditions de vie de ces gens qui expliqueraient l’existence de ces trafics. Grosse déception. J’avais demandé à la compagnie qui fait la visite d’éviter le circuit touristique – c’est pour ça que j’y allais seul et que j’acceptais que ça me coûte un bras… – mais peine perdue.

Avec le temps, j’ai appris qu’ici, les gens comprennent bien ce qu’ils veulent. Ils vous disent oui-oui, mais font à leur tete! C’est déjà ça de compris…  Tous les endroits ou nous nous sommes arrêtés étaient touristiques. Y avoir été dans cette optique, j’aurais peut-être apprécié. Très bel endroit, surtout la pirogue dans les petits canaux, sous la pluie diluvienne, mais ce n’était pas mon but!

Ça m’a cependant permis de pousser un peu ma réflexion, de comprendre un peuprostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-2 plus leur façon de voir le trafic… ou de ne pas le voir! Je ne sais pas encore qui a raison cependant. Je vous raconte. La première île, l’île de la Tortue, offrait, sitôt le gros orteil déposé sur la terre ferme, des produits juste pour le bon touriste qui s’émerveille devant des produits artisanaux, de la bouffe faite avec du miel… Je saute les détails – bien que certains soient un tantinet comiques! – pour aller droit au but. Encore que pour moi, aller droit au but, je sais, c’est long!!!

Donc, pendant que je dégustais des fruits locaux (ananas, papayes et deux autres dont j’ai oublié le nom, probablement parce que c’était la première fois que j’en mangeais), vient un petit groupe pour interpréter en l’honneur du touriste que je suis un petit pestacle de musique traditionnelle. Je me sentais comme dans ces films ou le groupe de Mexicains joue à côté de la table, pour le bonheur d’un couple. Sauf que je suis avec mon guide!!!

L’une des musiciennes, Qanh, était d’une beauté… (je n’ai pas les mots pour la décrire, je vous enverrai sa photo dans les prochains jours). Du haut de ses 21 ans, toute gracieuse avec son archet et son sourire réservé, elle était ravissante. Tout droit sortie d’un film de James Bond, bien qu’une pure asiatique, elle!!! Mon guide me demande si je l’aime… Je lui réponds que je la trouve très belle, mais que je ne la connais pas. Essayez d’expliquer la différence entre attirance et amour à un guide qui parle correctement l’anglais sans plus, et qui de surcroît comprend ce qu’il veut bien comprendre… Peine perdue! Mon guide m’a aussitôt suggéré de la marier! Merde, je la vois pour la première fois, et lui me parle de mariage. Il ne me lâche pas avec ca. «Tu pourrais l’amener au Canada.» Bien oui, c’est ça.

Sans m’en aviser, il dit au patron de Qanh de la faire venir… Son groupe se donne devant un tas de touristes, et elle quitte pour venir me parler. J’ai envie de me sauver. Je suis aussi gêné qu’elle. Non, quand même pas… Je ne sais quoi lui dire, elle encore moins. Je suis mal à l’aise, car je sais trop bien qu’elle est venue non pas par envie, mais par obligation: son boss le lui a dit. Maudit touriste qui contrôle tout… Je suis ce que je déteste le plus des touristes… On a finalement discuté cinq minutes. J’imagine que mon guide lui a dit que je voulais la marier. J’en mettrais ma main au feu. Il n’a pas arrêté de me parler d’elle, que j’étais en amour avec elle. Pour lui, c’est normal. Ça fait pourtant partie de ce qu’on appelle la traite des êtres humains.

J’aurais pu forcer la chose. La marier, la ramener. Normal pour mon guide, normal probablement pour les parents de Qanh. Qanh aurait une vie meilleure, pense mon guide, sa famille aurait reçu de l’argent une fois leur fille installée, ils seraient probablement venus par la suite. Qanh n’aurait pas eu un mot à dire. Peut-être le voudrait-elle, peut-être pas. Je ne pense pas que son opinion soit importante de toute façon. Elle aurait dit «oui» parce que ses parents lui auraient dit que c’est la bonne chose à faire… Mon point n’est pas là, cependant. Il est dans cette mentalité qui trouve normal qu’un fille de la place se marie avec un étranger, peu importe qu’elle ne le connaisse pas, pour aller vivre dans un autre pays.

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Disponible en anglais Love in 3 D.

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Complexité de la traite des humains

Complexité de la traite des humains

Dominic Desmarais                      Dossier Prostitution et sexualité.

Je commence à peine à découvrir la problématique du trafic des êtres humains. C’est beaucoup plus complexe que je ne m’y attendais. Et ce n’est pas parce que je pensais que c’était simple… C’est tout dire.

Les gens trafiqués n’ont pas de nom. On ne connaît pas leur existence la plupart duprostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-1 temps. Ceux qui ont été trafiqués à des fins sexuelles ne veulent pas rentrer chez eux une fois sortis du réseau. Ils sont ostracisés par leur communauté, qui les rejette. Ceux exploités économiquement à l’extérieur de leur pays n’ont pas les moyens de revenir à la maison. Ils sont maintenus dans des endroits isolés, de sorte que personne ne sache qu’ils existent. Ils n’ont aucun droit. D’autres, des enfants, remplissent les rangs de ces jeunes qui mendient dans les endroits touristiques. On leur enseigne comment soutirer le plus d’argent. Ils apprennent à pleurer, s’habillent en loques… Pour remettre leurs gains à un patron qui n’a rien d’un mendiant.

Petit espoir, les pays de la région commencent à s’impliquer, à travailler ensemble. Mais ils commencent… Beaucoup de retard sur les trafiquants.

Dossier Prostitution et Sexualité.

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Définition et historique de la prostitution

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

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Prostitution: les clients

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Prostitution: les clients

Lisa Melia      Dossier Prostitution et Sexualité.

«Ce soir, j’ai envie de thaï.» L’homme qui dit ça à visage couvert devant la caméra ne parle pas de gastronomie, mais de femmes. Dans un reportage de moins d’une heure tourné à Lille, dans le nord de la France, et en Belgique, le journaliste Hubert Dubois décortique l’identité du client de prostituées et ses motivations.

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Tous parleront à visage couvert, comme pris d’une certaine honte et conscients du mépris de la société à leur égard. Tous, sauf un, qui résume la nature de la prostituée aux yeux de ses clients. «Il y a des fois, on a envie d’une femme, ici et maintenant, mais on se retient, car c’est une femme et on la respecte. Avec une prostituée, si je veux faire quelque chose, je le fais» Cette question de respect et d’objectivation du corps humain revient perpétuellement. L’amateur de «thaï» explique à la caméra d’un air expert que «pour avoir le service complet, entrée, plat et dessert, c’est minimum 200 € [environ 315 $].»

Presque tous utilisent ce vocabulaire cru et violent, comme s’ils parlaient d’un objet. Une seule fois un client dira «faire l’amour», les autres utilisent les synonymes les plus vulgaires les uns que les autres pour nommer un coït gênant et culpabilisant. De même, ils payent des «putes», mais pas des «femmes», une nuance caractéristique du malaise qui semblent les prendre devant la caméra inquisitrice d’Hubert Dubois.

Identité masculine et prostitution

L’une des justifications principales est celle du besoin et de l’identité masculine. Par nature, un homme devrait avoir une sexualité régulière. «Après, on se sent des mecs», dit un client avec une pointe de fierté dans la voix. Un argument ridicule d’après Stéphanie, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Selon elle, il ne faut pas confondre besoin et envie, un amalgame que font pourtant les clients et qui traduit en réalité la relation de pouvoir et de domination entre eux et les «travailleuses du sexe.» C’est cette sensation de pouvoir plus qu’un véritable besoin qui conduit un client sur deux à retourner voir une prostituée après la première fois.

Relation et prostitution

Une autre excuse donnée est qu’ils n’ont pas envie de «prise de tête», de complications, de jeux de séduction et de disputes. Bref, ils n’ont pas envie d’un couple. «Si je n’y allais pas, je n’aurais pas maintenue mon mariage, affirme l’un d’eux, car ma femme n’accepte pas tout.» Le recours aux prostituées permet de maintenir une relation sans implication émotionnelle mais, paradoxalement, les psychologues s’accordent pour dire qu’une grande partie des clients recherchent précisément de l’affection et de l’attention. D’où l’apparition d’un nouveau genre de prostitution, qui passe par la simulation d’un rendez-vous galant.

Pour Rhéa, militante de la CLES, ils séparent pourtant complètement l’amour du sexe. «Ce n’est pas une relation, il n’y a pas de réciprocité. Payer pour du sexe, ça veut dire que tu imposes ta sexualité à quelqu’un.» Payer permet aussi de soulager sa conscience, et de se disculper. «Après tout, personne ne les force», affirme un client.

Prostitution: consentante ou contrainte?

Et pourtant, la prostitution constitue rarement un choix, mais plutôt une absence de choix. «97% des filles font ça contraintes», affirme Ulla, ancienne prostituée chef de file des travailleuses du sexe françaises. «Ce n’est qu’une source de revenu, rien d’autre.» Les clients n’ont toutefois pas la même perception des choses. Les prostituées souffrent-elles? La plupart des clients interrogés par Hubert Dubois pensent que non. «Quand on mange un bifteck, on ne se demande pas si la vache a souffert.» Ont-elles du plaisir lors de l’acte sexuel? « Bien sûr, affirme l’un d’eux. Je peux le sentir, et puis elles se font entendre.» Certains clients posent la question mais «quand ils demandent, c’est presque une réponse qu’ils se donnent», dit Ulla.

«Ils vivent dans le déni», explique Michèle Roy, de la CLES. Tous se déculpabilisent comme ils peuvent: en mettant en avant la compensation financière, en affirmant n’aller voir que des filles consentantes qui ne travaillent pas sous la contrainte, en refusant de fréquenter des mineures… «Ce ne sont que des prétextes, tranche Michèle Roy, ils refusent de voir la réalité en face.» Un ancien client, qui a cessé de recourir aux prostituées, confirme: «l’homme aussi est coupable. Ce n’est pas normal, on n’achète pas un corps. On peut tout acheter, mais pas un corps humain.»

Les clients, reportage d’Hubert Dubois

Le site Internet de la Concertation de lutte contre l’exploitation sexuelle (CLES)

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