Biais inconscients : croire ou ne pas croire les victimes d’agressions sexuelles?

Après #AgressionsNonDénoncées et #MeToo, une nouvelle vague de dénonciations d’inconduites sexuelles a pris d’assaut les réseaux sociaux en juillet dernier, entraînant dans son sillage les carrières de plusieurs personnalités publiques.

Un texte de Anne-Frederique Hebert-Dolbec publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

Loin de faire l’unanimité, ce « tribunal populaire » est jugé inadmissible par près de 60 % des Québécois, qui préféreraient voir les victimes emprunter le chemin de la justice, selon un sondage de la firme Léger. Moins de la moitié d’entre eux affirment faire d’emblée confiance aux gens qui dénoncent en ligne, en particulier lorsqu’ils visent une célébrité. Mais pourquoi a-t-on tant de difficulté à croire les victimes ?

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Autres articles publiés dans ce magazine

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Linda Spear, femme d’église

Une passion, ça ne se choisit pas. On nait avec et on espère vivre au travers. Pour Linda Spear, la vision de son avenir a toujours été simple: depuis ses 4 ans, elle veut devenir prêtre. Problème, elle est catholique et pour le Pape, une femme prêtre doit être excommuniée. Détail qui n’a pas arrêté cette fervente féministe qui, depuis ses 70 ans, vit sa passion. 

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Religion 


Dans une petite ville touristique du sud du Québec, une étrange messe a lieu chaque semaine. L’église anglicane à la sortie de la ville y abrite 2 «hommes» de Dieu. Son propriétaire actuel est pasteur et partage sa maison avec Linda Spear depuis son ordination en 2010. Une collocation atypique et validée par la population qui ravit les 2 protagonistes.

Préparations à la prêtrise

Linda a un long parcours religieux derrière elle. Entre ses années en tant que sœur et son expérience d’universitaire en théologie, son implication dans la foi et la culture catholiques est longue et diversifiée. Son rêve ne s’est réalisé qu’en 2010, mais elle est prête depuis les 1960 à être ordonnée prêtre. À cette époque, l’Église catholique fait un travail de réflexion sur elle-même en s’ouvrant à la modernité: c’est le Concile de Vatican II. Linda est à Winnipeg et l’évêque, comme beaucoup d’autres, est optimiste quant à l’accessibilité des femmes à la prêtrise. «Il nous disait d’étudier, que c’était imminent», explique Linda.

Et elle s’exécuta. L’histoire suivant son cours, le concile réputé pour être l’ouverture de l’Église sur le monde moderne laissa les femmes sur la touche.

Excommuniées

Plusieurs décennies plus tard, Linda découvrit la Roman Catholic Women Priest (RCWP) ou, en français, les Femmes prêtres catholiques romaines. Ce mouvement est né en 2002 en Allemagne par un évêque qui ordonna 7 femmes, celles-ci devenues les fondatrices du RCWP. Aujourd’hui, ces femmes ont été excommuniées par le Vatican, sans pour autant que cela les empêche de poursuivre leur travail. L’évêque ayant lancé le mouvement, lui, reste encore inconnu à ce jour. Il est simplement appelé «Bishop X» et son identité ne sera révélée qu’après sa mort.

En 2017, les femmes prêtres sont plus d’une centaine à travers le monde.

Pour Linda, cette excommunication n’a pas été un choc, car aujourd’hui elle se sent à sa place. Raison pour laquelle elle parle aussi librement aux médias. «Mais d’autres sont moins à l’aise, explique-t-elle, et une personne travaille encore pour l’Église catholique.» Ces femmes sont des bénévoles et n’ont pas de rémunération par les paroissiens ou une organisation supérieure. Un grand nombre de ces femmes ont plus de 70 ans et, grâce leur retraite, elles n’ont plus besoin de s’inquiéter de leur source de revenus. Linda ajoute que ces femmes avaient 20 ou 30 ans au moment du concile de Vatican II… des aspirations qui ne demandaient qu’à se concrétiser.

Idéologie

Parmi les préceptes de ce mouvement, on compte l’égalité entre les genres, bien sûr, mais également le respect de la diversité sexuelle, religieuse et ethnique. Traduction: Linda, est-ce que le RCWP accepte les personnes homosexuelles? «J’espère que oui, car je suis lesbienne», répond-elle dans son flegme anglophone.

Passé l’attrait de la nouveauté d’une femme prêtre, Linda a fidélisé un groupe de 5 ou 6 fidèles qui assistent à sa cérémonie hebdomadaire. Pour Céline, l’une des paroissiennes, assister à la messe de Linda est autant un acte de foi que politique. «Je viens par amitié, pour l’appuyer, et je me sens plus près de Dieu en célébrant avec elle. Et pourquoi pas une femme prêtre?», conclut-elle.

Mais, conséquence de l’excommunication, le RCWP n’est plus à même d’offrir des sacrements reconnus par le Vatican, dont le baptême et le mariage. «Ça ne fait rien pour mes paroissiens, explique Linda, ce sont des personnes déjà en marge de l’Église. Ce sont des paroissiens très œcuméniques».

En effet, certains sont pentecôtistes, d’autres anglicans, catholiques, homosexuels, hétérosexuels, etc. Lors de ses 5 premières années en exercice, Linda a célébré 2 mariages: un gay et un lesbien.

La religion au Québec

En 2017, Linda Spear est la seule femme prêtre catholique du Québec. Elle l’explique que l’accueil a été positif, car la province s’est distancée il y a plusieurs décennies de la religion… ce qui également une plausible explication à son unicité au Québec.

L’un des défis à venir du RWCP sera de maintenir son recrutement pour que l’ordre continue à vivre. L’observation des pays émergents sera d’autant plus intéressante; leur accession à la prêtrise via le RCWP sera un indicateur sur l’évolution du droit des femmes.

En complément à Reflet de Société +

Retrouvez ce reportage de France 24 sur les femmes prêtes au Royaume-Uni.

Autres textes sur Religion

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Orgasme féminin : histoire du clitoris

Le court documentaire animé réalisé par la Québécoise Lori Malépart-Traversy a remis au goût du jour un des organes les plus méconnus du corps féminin: le clitoris.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Sexualité

Inspiré de l’ouvrage La fabuleuse histoire du clitoris de Jean-Claude Piquard, le court-métrage partagé sur le web le 18 juin 2017 démystifie l’anatomie du clitoris et retrace la perception du plaisir sexuel féminin à travers les époques. À la fin du documentaire, une question subsiste: le plaisir féminin est-il toujours un sujet tabou aujourd’hui?

«Personne ne peut donner de réponse claire à cela, mais il y a plusieurs facteurs historiques qui expliquent le malaise. Depuis la fin du 18e siècle, le clitoris est devenu moins intéressant, car les hommes ont compris qu’il n’avait aucun rôle à jouer dans la procréation. Une fois que le désir féminin est devenu moins important pour assurer une descendance, il y a eu un changement de paradigme dans la sexualité», explique Julie Lavigne, professeure au département de sexologie de l’UQAM et membre de l’Institut de recherche en études féministes (IREF).

Avant cette découverte, l’orgasme féminin était recommandé, même par l’Église catholique. «Encore là, il y avait un lien avec la procréation. Le plaisir charnel, seul ou à deux, est perçu négativement.

L’Église recommandait cela, car selon elle la femme avait un surplus de sexualité et était beaucoup plus charnelle que l’homme. Si elle assouvissait ses besoins fondamentaux, elle ne tenterait pas autant son partenaire à commettre un péché. Plus tard, lorsque le changement de vision s’est effectué, les dames ont pu dire au revoir au plaisir», renchérit l’experte. Le renversement de paradigme s’illustre par la dissociation du rôle reproducteur et du plaisir de la femme dans la sexualité. «À partir du 19e siècle, la femme est devenue passive. Une fois passive, on n’a plus vraiment besoin du clitoris.

On n’a plus de plaisir, on n’a plus de désir. La psychanalyse a eu un impact majeur.

Si une femme a trop de plaisir, elle bascule automatiquement du côté de la pute. Il y a toujours cette mince ligne sur laquelle les femmes doivent naviguer.

Chez Freud, neurologue autrichien et fondateur de la psychanalyse, toutes les femmes qui continuent à se masturber le clitoris sont considérées masculines, car l’activité de se masturber est masculine. La seule manière de jouir de façon mature c’est par une pénétration phallo-vaginale, selon lui», raconte la chercheuse.

Le désintérêt envers le clitoris se manifeste aussi dans les recherches scientifiques. «La première représentation imagée complète du clitoris date de 1998, la même année où il y a eu l’invention du viagra, ce qui est étonnant. C’est surprenant, car ce qui ne sert pas à la médecine, comme le viagra, n’est pas intéressant à étudier. Même maintenant, comment peut-on justifier une recherche sur le clitoris alors que cela ne répond à aucun problème de santé publique? Il faudrait quasiment qu’il y ait un cancer du clitoris pour que l’on commence à s’y intéresser!», croit la professeure.

Même si on parle de plus en plus de la sexualité des femmes aujourd’hui, les femmes sont toujours stigmatisées. «Elles marchent continuellement sur des œufs. Si une femme a trop de plaisir, elle bascule automatiquement du côté de la pute. Il y a toujours cette mince ligne sur laquelle les femmes doivent naviguer. Ça fait en sorte que l’on parle de façon plus nuancée de la sexualité des femmes. Même les femmes entre elles en parlent de cette façon», conclut-elle.

Photo de couverture : Lori Malépart-Traversy. Extrait du documentaire Le clitoris.

Autres textes sur Sexualité

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Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

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Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

La femme perfectionniste

Volonté de performer, obsession du succès, désir d’exceller dans tous les domaines… Notre société valorise grandement l’atteinte d’une vie parfaite, combinant bonheur et réussite. Chez les femmes, cette volonté perfectionniste est souvent lourde à porter.

Un texte de Justine Aubry – Dossier Santé mentale

Zoé, une jeune femme de 28 ans, sait depuis longtemps qu’elle est une grande perfectionniste. «Je ne peux être satisfaite quand les choses ne sont pas parfaitement accomplies, et exécutées de façon organisée», admet-elle.

Anxieuse de nature, elle s’en met toujours beaucoup sur les épaules.

«Depuis un très jeune âge, je ressens cette pression. Que ce soit de la part de mes professeurs, de mes employeurs, de ma famille ou même de la société en général.»

Zoé souhaite ardemment obtenir une brillante carrière dans le domaine du cinéma, un milieu qu’elle juge très compétitif. La jeune femme croit devoir mettre la barre très haute afin d’obtenir le meilleur d’elle-même. Malheureusement, elle finit par percevoir les défis qu’elle s’impose comme étant démesurés et en vient finalement à se sentir déprimée.

Les femmes sont nombreuses à souhaiter se démarquer autant sur le marché du travail que dans leurs relations sociales. Alors que plusieurs gèrent leur vie entière au quart de tour, d’autres s’imposent des objectifs parfois inatteignables, ne s’accordant jamais la possibilité de faire une erreur. Pour certaines, il s’agit plutôt d’une constante recherche de la perfection physique.

Auteur de Toujours mieux! Psychologie du perfectionnisme, le psychiatre Frédéric Fanget croit que les exigences trop élevées que certaines s’imposent peuvent devenir toxiques. «Elles provoquent un stress excessif et paralysent. Paradoxe, ce perfectionnisme-là, loin de renforcer notre estime de soi, nous conduit à nous dévaloriser, à nous éloigner de nos vraies priorités et, parfois, à passer à côté de notre vie.»

Zoé avoue que son manque de confiance en elle est probablement la cause première de sa tendance à se comparer aux autres et à être très exigeante envers elle-même. Savoir qu’elle est jugée par ses pairs ou qu’elle ne peut pas gravir les échelons assez rapidement au travail lui cause beaucoup d’anxiété. «Je suis très impatiente et je n’accepte pas que mon travail soit sous-estimé.»

Pourtant, une lueur d’espoir demeure pour les femmes aux prises avec ce trait de personnalité. S’il est canalisé de façon efficace, ce perfectionnisme peut apporter son lot d’avantages, comme un avancement de carrière et une plus grande confiance en ses forces. «Le perfectionnisme, s’il est allié à une certaine capacité d’imagination et une libération de soi, peut être un facteur de réussite extrêmement important. Il peut contribuer à l’expression du génie», explique Frédéric Fanget dans son livre. En résumé, la perfection n’existe pas et il faut savoir lâcher prise sur sa vie si l’on veut atteindre ses objectifs!

Une histoire de genre

Il n’existe pas à ce jour de recherche scientifique sur la différence de perfectionnisme entre les hommes et les femmes.

«Je crois qu’il y a plus de domaines dans la vie qui mettent de la pression aux femmes perfectionnistes qu’aux hommes perfectionnistes. Elles doivent être performantes au travail, à l’école, à la maison, dans leurs relations sociales et leur apparence. Si on prend le mythe de la mère parfaite par exemple, on se rend compte qu’on n’exige pas la même chose du père en tant que société.

«Mes recherches indiquent aussi que le besoin de reconnaissance par les pairs est plus important chez les femmes», révèle Gordon L. Flett, professeur à l’université de York et chercheur pour la Chaire de recherche du Canada en personnalité et en santé.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

De Jonquière au Burkina Faso

Échanges internationaux

Les aventures de jonquièrois en Afrique

Huit étudiants du cégep de Jonquière ont effectué un stage de cinq semaines au Burkina Faso, en Afrique.

Dominic Desmarais | Dossier International

burkina-faso-afrique-echanges-internationaux-aide-humanitaireLe but du stage: composer un recueil dans lequel seraient compilés les besoins des Burkinabés. À l’aide de cet outil, les stagiaires des années suivantes sauront quels projets développer. L’idée est simple. Encore fallait-il y penser. Plutôt que d’imposer leurs idées toutes canadiennes, ces jeunes jonquièrois s’intéressent aux demandes des habitants.

«Il y a tellement de monde qui y vont et se disent on va faire ci, on va faire ça, raconte Anne-Julie, l’une des stagiaires. Des Belges ont installé un centre de tri pour les déchets comme on en a ici. Mais, dès qu’ils sont partis, le terrain a été abandonné», raille-t-elle. De bonnes intentions, si elles ne correspondent pas avec la mentalité du pays, ne survivront pas.

Le recueil a finalement pris le bord. Censés travailler de concert avec Aide à l’enfance Canada (AEC), les étudiants ont appris, une fois sur place, que l’organisme déclinait tout partenariat. «En principe, on devait développer quelque chose avec eux. On a pas eu d’explications. Mais on a dû construire nos propres contacts», explique Louis Pilote, enseignant accompagnateur. Un défi stimulant, pour ce professeur qui prêche l’autonomie de ses élèves qui, eux, ne l’ont pas trouvé drôle. «On s’est trouvé des projets. On a regardé dans la ville avec qui on pouvait travailler», lâche Christine, qui semble depuis revenue sur terre. «Mais, ç’a été long avant d’en trouver… 2 semaines», renchérit Marie-Pierre. Près de 15 jours à ne savoir que faire, à jouer au touriste, à écouter la télé. Le temps est long, quand on vient pour une raison précise. Surtout dans un pays éloigné de notre façon de vivre.

De nouveaux stages

Finalement, le groupe d’étudiants s’est divisé en 3 stages. Un avec des associations environnementales, un autre dans une école primaire et le dernier avec un organisme de femmes.

Christine, Yanira et Marie-Pierre se sont intégrées à l’école. Avec des élèves de 6ème année, elles ont parlé des droits de l’enfance. «On a pris une semaine pour se préparer. Ce qu’on allait dire, quels projets on allait monter. On a fait des jeux avec eux», raconte Marie-Pierre, plutôt réservée jusque là. Elles ont discuté environnement, éducation, logement et droits de l’enfant adapté à l’Afrique. «Leur professeur a dû expliquer aux élèves ce qu’est la pollution. Ils sont capables de dessiner un environnement sain, mais ils sont incapables de le mettre en application», rajoute Christine, l’aînée des stagiaires, qui a 20 ans.

Le dessin comme moyen de communication

Pour faire passer l’apprentissage, les stagiaires ont fait dessiner les enfants à même les murs de l’école sur les thèmes expliqués. «Avec les dessins, on a donné des prix. Des sacs d’école, des cahiers, des étuis à crayons. Ce qu’ils voulaient, finalement, explique Christine. En même temps, c’est valorisant pour les enfants. Ils signent en bas. Ils emmènent leurs parents, regarde maman, c’est mon dessin!»

L’idée du recueil à la poubelle, les stagiaires apportent tout de même un projet pour la prochaine cuvée de Jonquière. Un Rendez-vous stratégique visant à rassembler les acteurs sociaux et économiques. Sur place, la délégation québécoise s’est rendue compte que les associations ne se parlaient pas. Ou ne se connaissaient tout simplement pas. «Le Rendez-vous stratégique, c’est pour fédérer tout le monde. Nous, on a l’expertise pour les coopératives. Même chose en économie sociale. L’économie d’État ne fera rien. Les entreprises privées ont des intérêts de capital», affirme M. Pilote, dont c’était le dernier accompagnement en tant que professeur. À la retraite à la fin de l’année scolaire, il fait des pieds et des mains en vue de retourner l’année prochaine au Burkina Faso et mettre sur pied le fameux Rendez-vous.

Un pays étranger, pour mieux se connaître

Le stage semble avoir changé ses participants. Ce qui est le but, aux dires de M. Pilote. «À partir du stage, ils n’ont plus la même vision. C’est ce qui nous intéresse. S’adapter à l’Afrique, quand on passe au travers, on revient avec une capacité de voir le monde différemment. Ça oriente de façon prépondérante les études universitaires qui suivent», dit-il dans un élan passionné.

Les stagiaires lui donnent raison. «On a tous changé notre plan de carrière, là-bas. Sauf Christine, s’amuse Anne-Julie. Je sais plus ce que je veux. Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’un travail qui m’assure d’une sécurité financière. Je vais faire ce que j’aime. Et tant pis pour le salaire!» Anne-Julie pensait devenir enseignante. C’est vers l’histoire qu’elle débutera ses études universitaires. Chez les autres, le travail social a la cote.

Autres textes International

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Autres textes sur Environnement

L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Bistro In Vivo Hochelaga-Maisonneuve

Caroline Bergeron, Annie Martel et Karine Martel

Trois femmes d’action

Situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, le Bistro In Vivo a été mis sur pied par 3 femmes passionnées, engagées, polyvalentes, animées d’un désir de changer le monde, leur monde. Un souci de s’impliquer dans la vie, le développement et la revitalisation de leur quartier. Et surtout, de prendre leur vie en main.

Karine Cloutier | Dossiers Hochelaga-MaisonneuveRestaurant

Ces 3 femmes sont Caroline Bergeron, enseignante dévouée en danse, en milieu scolaire et ancienne stagiaire dans des projets de solidarité internationale, Annie Martel, gestionnaire et chanteuse, et Karine Martel, marionnettiste, basketteuse et cuisto passionnée.

Une équipe formée de deux sœurs et d’une amie d’enfance

En octobre 2005, le Bistro In Vivo ouvre ses portes. L’idée a germé en 2003. Karine et Annie souhaitaient bâtir leur lieu, leur projet où elles seraient leur propre patronne. L’idée fait son chemin. Elles recueillent les informations nécessaires, suivent une formation pour créer leur plan d’affaires.

Caroline se joint ensuite à elles et en 2005, elles accouchent enfin de leur bébé! La Coopérative de travail In Vivo, un bistro culturel engagé. Un lieu chaleureux qui offre une scène pour la relève artistique (théâtre, danse, musique, arts visuels). On y retrouve des produits locaux (québécois), équitables et un menu santé. Tout est fait maison. In Vivo tiré du latin signifie dans le vif. En biologie, in vivo qualifie un processus observé/étudié dans un organisme vivant, par opposition à in vitro (dans le verre). «Cela signifie que le projet part de nous, de l’être humain pour se propager vers le monde extérieur», explique Caroline.

Avoir l’adrénaline de ses rêves

Chacune d’entre elles travaille en moyenne 80 heures semaines. Mais elles adorent leur boulot! N’ayant aucune expérience en restauration, les embûches ont été de toutes sortes. «In Vivo, c’est la réunion d’idées, d’actions et de passions!», raconte Caroline. «Je sais pourquoi je me lève la matin. À trente ans, je me considère parmi les chanceuses qui font vraiment ce qu’elles aiment.», souligne Annie.

Pour mener à terme un tel projet, elles se sont entourées d’une équipe travaillante et qui croyait en elles, en leur folie et en leur projet. Des idées, des objectifs, une vision à long terme, tout y est réfléchi. «Des objectifs, ils y en a beaucoup. Même s’ils ne se réaliseront pas tous… Bien sûr, nous aimerions que le bistro roule énormément. Créer un fond pour les artistes qui se produisent ici. Devenir propriétaire de la bâtisse et en faire une auberge de jeunesse, par exemple. Avoir un pied en campagne…», souhaite Karine.

Une émission de télé avec Ricardo?

Chacune poursuit aussi sa voie. À l’intérieur même du projet, chacune trouve son compte pour réaliser ses désirs et allier ses passions. Personnellement, je veux me perfectionner en cuisine, parfaire la programmation artistique et un jour présenter mon propre spectacle sur ma propre scène! Ça me manque entre 2 soupes! Ah! Oui! Surtout, me faire une méga-giga réputation de soupière à travers la province et faire des émissions de télé avec Ricardo pour assistant!», raconte Karine, hilare.

La tête peine d’idées et de rêves, le cœur rempli de bonnes intentions et d’ambitions saines et équitables (!), de l’humour à revendre, les 3 femmes et leur Bistro sont à découvrir.

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Bistro le Ste-Cath

bistro le ste-cath restaurant est montréal hochelaga-maisonneuveUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com

Autres livres pouvant vous intéresser

Le combat des femmes pour l’environnement

Greenpeace, Équiterre et Réseau québécois des femmes en environnement

Trois femmes dans la bataille de l’environnement

De jeunes femmes ont choisi l’environnement comme cheval de bataille de leur vie. J’ai rencontré trois d’entre elles. Chacune m’a confié la cause qui lui tient le plus à cœur, sa principale inquiétude, ses souhaits et conseils.

Sylvie Daneau | Dossiers Commerce équitable et Environnement.

Ioana Cotutiu (Greenpeace Canada)

Âgée de 31 ans, Ioana Cotutiu est responsable de l’administration et de la gestion chez Greenpeace Canada. Roumaine, elle immigre au Canada en 1999 et devient membre active de Greenpeace en 2001. Elle étudie en santé environnementale.

L’agriculture industrielle est la cause qui la tracasse le plus: «Les gouvernements canadien et québécois permettent la culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) sans connaître leurs impacts à long terme sur notre santé et l’environnement… au mépris de la volonté de la majorité de la population et les recommandations de la Société royale du Canada. Ils refusent même d’imposer l’étiquetage obligatoire. Résultat: nous ne pouvons même pas choisir d’en manger ou pas», dénonce-t-elle.

La jeune femme se préoccupe également des changements aux climats, causés par la pollution: «Les gouvernements doivent développer les énergies alternatives comme l’éolien (énergie du vent) et le solaire, au lieu des centrales au gaz, comme celle de Bécancour.»

«Pour préserver la beauté naturelle du Québec, explique la Québécoise d’adoption, il suffirait de ne pas chercher à la transformer: prospections gazières et pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent, coupes à blanc dans la forêt boréale…» Les gens peuvent agir ici même, croit Ioana: «Il ne faut pas nécessairement embarquer sur un bateau de Greenpeace et aller au bout du monde pour sauver la planète…»

Doris Hamelin (Équiterre)

Dans la quarantaine, Doris Hamelin est adjointe à la coordination générale pour Équiterre. La bachelière en comptabilité a connu cet organisme québécois par son programme d’agriculture soutenue par la communauté, liant les fermes biologiques aux citadins. Elle voulait y participer pour obtenir des paniers de fruits et légumes biologiques, apportés en ville par les fermiers.

Native de Normétal, un village de l’Abitibi-Témiscamingue, elle a vu les ravages causés à l’habitat naturel par l’exploitation minière (Noranda) et forestière. «D’une forêt que j’ai vue lentement se vider de ses arbres, je trouve aberrant qu’une poignée de personnes profitent de ces richesses-là», opine-t-elle.

Les gestes quotidiens préservant la nature lui tiennent à cœur. Doris vient en aide aux Mexicains en achetant du café équitable, et aux agriculteurs du Québec en se procurant ses paniers biologiques. Des gens laissent le soin aux organismes, comme Greenpeace et Équiterre, de monter aux barricades», se désole-t-elle. On peut agir comme consommateur, croit-elle. D’ailleurs, Équiterre prône le slogan «Acheter, c’est voter», popularisé par sa co-fondatrice Laure Waridel. Mais Doris nuance le pouvoir de la consommation: il faut l’agencer avec la pression du public sur les gouvernements. «Voter, c’est le premier devoir du citoyen», rappelle-t-elle.

Caroline Voyer (RQFE)

Caroline Voyer coordonne le Réseau Québécois des femmes en environnement (RQFE). À 30 ans, elle est aussi vice-présidente de l’organisme Environnement Jeunesse. En 2000, la situation planétaire la préoccupait tellement qu’elle a quitté son emploi pour se joindre au mouvement écologiste.

Elle trouve insupportable qu’on contamine l’air, provoquant des maladies respiratoires chez les enfants, comme l’asthme et les allergies. «Ces situations, dit-elle, sont prises à la légère par les gouvernements.» L’accès à l’eau potable la mobilise également, les fuites d’eau, le gaspillage. «Je trouve dommage de traiter l’eau pour la perdre par la suite.»

«Au Québec, on est champion mondial des déchets! Ces montagnes de détritus ont un impact sur notre sol, notre eau, notre air et notre santé. Faudra-t-il une catastrophe pour provoquer des changements?», interroge-t-elle.

Leurs messages pour l’environnement

Les trois femmes engagées souhaitent voir les gens s’informer, appuyer (au moins) une cause, un organisme. Elles suggèrent:

Ioana Cotutiu: Moins d’espaces verts transformés en stationnements ou en chantiers de construction.

Doris Hamelin: Pour réduire l’usage de l’automobile, plus d’autobus et de services pour nous emmener à la montagne ou à la forêt.

Caroline Voyer: Suivre l’exemple de Londres, qui diminue l’accès des voitures à son centre-ville, pour améliorer la qualité de l’air.

Ioana Cotutiu: Économiser l’eau et l’énergie, acheter du papier recyclé, éviter les produits toxiques. Si l’utilisation d’une auto est indispensable, en acheter une consommant moins d’essence, idéalement hybride (dotée d’un moteur électrique alternant avec le moteur à essence, par exemple).

Doris Hamelin: Suivre le programme d’efficacité énergétique d’Équiterre pour l’isolation des intérieurs.

Caroline Voyer: Acheter des fruits et légumes en vrac, pour éviter le gaspillage des emballages.

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D’un couvert à l’autre

D'un couvert à l'autre livre bistro le ste-cath journal de la rue Café GraffitiLe livre retrace les 25 ans d’histoire de l’organisme Journal de la Rue, les principaux évènements que l’organisme a traversé et parle avec émotions et réalisme de la réalité de l’intervention auprès des jeunes.

Une section est dédiée au dernier projet de l’organisme, le bistro Ste-Cath, l’histoire quotidienne de ce lieu mais également la relation entre les artistes et le public, notamment Elizabeth Blouin-Brathwaite, Pascal Dufour, Sule Heitner, B.U, Davy Boisvert,…

Une co-publication entre Delphine Caubet et Raymond Viger. Photographies Georges Dutil. Une couverture de l’artiste Geneviève Lebel. Le livre est disponible en édition de luxe (30 pages en couleur) à 24,95$ ou en noir et blanc à 19,95$ (plus 4,95$ taxe et livraison). Aux Éditions TNT. (514) 256-9000.

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