Baignades réservées aux femmes à Côte-des-Neiges

Le faux problème des baignades réservées aux femmes

Ou quand les « fondamentalismes » ne sont pas que religieux, et que la liberté peut être menacée par ceux qui prétendent la défendre.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Accommodements raisonnables, Égalité hommes-femmes

reflet de société débats sociaux réflexion socialeCertains montent facilement aux barricades pour défendre nos libertés et combattre les fondamentalistes (musulmans, juifs ou chrétiens) qui voudraient, selon eux, nous ramener au Moyen Âge.

S’agit-il vraiment de défendre nos libertés… ou plutôt d’une intolérance qui voudrait niveler la culture, et couler tous les citoyens dans le même moule ? Les défunts régimes communistes ont tenté de le faire, mais ils se sont révélés être des dictatures et non des pays de droits et de libertés.

Le choix de la pudeur

dessin de Leonardo da VinciDans le cas présent, il ne s’agit que de quelques heures par semaine, et cette séparation des sexes n’est pas imposée à la majorité qui n’a rien à craindre en ce sens. D’autre part, ce qu’il faut considérer dans cette affaire, c’est le souhait de certaines femmes de pouvoir se baigner sans être soumises au regard des hommes, quelles que soient les raisons qui motivent ce besoin.

Le choix, très personnel, de la pudeur devrait être respecté, indépendamment du fait que ces femmes appartiennent ou non à une religion quelconque. Car si on pousse cette opposition à la pudeur à ses limites extrêmes, ira-t-on jusqu’à contester le droit à des douches et à des salles de toilette séparées ?

Les extrémistes non religieux

Quelle que soit notre opinion dans ce domaine, il faut se méfier des extrêmes et de ceux qui voudraient nuire à la liberté individuelle. Les extrémistes ne sont pas que religieux, comme on voudrait parfois nous le faire croire.

Ils peuvent aussi être athées, comme les dictatures communistes nous l’on démontré, qui détruisaient églises, temples et monastères. Leurs histoires ne sont pas si lointaines qu’on les ait déjà oubliées ? Elles avaient remplacé les cultes religieux par ceux du chef et du parti unique, une idolâtrie encore bien plus menaçante pour la liberté de tous.

Le mausolée de Lénine à Moscou peut très bien illustrer cet exemple, qui expose au public son corps embaumé depuis sa mort en 1924, comme on le faisait pour des saints qu’on idolâtrait auparavant. Et celui encore plus monumental de la place Tiananmen à Pékin où on expose le corps, également embaumé, de Mao, malgré sa volonté non respectée d’être incinéré.

La liberté se trouve au milieu de tous ces extrêmes, religieux ou athées, dans la « voie du milieu » qui laisse à chacun la plus grande marge de manœuvre possible, sans nuire à la liberté de l’ensemble des autres citoyens.

Combattre la liberté, alors qu’on prétend la défendre

Ce dont il faut se méfier avant tout, c’est de ces extrémistes toujours prêts à sabrer, plutôt qu’à rechercher l’harmonie et la paix. En agissant ainsi, ils sont souvent plus près de l’intolérance, du dogme et de la dictature que de la défense de la liberté et des soi-disant dangers qu’ils prétendent combattre. Cela aussi, l’histoire nous l’a amplement démontré.

Choisir ses batailles

Il faut savoir choisir ses batailles, nous dit le proverbe. Et celle-ci ressemble plutôt à un coup d’épée dans l’eau.

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La vie à contre-Coran de Djemila Benhabib

La vie à contre-Coran de Djemila Benhabib

Lisa Melia. Dossier Immigration, Coran, Égalité hommes-femmes

Mise à jour: Patrick Lagacé et Richard Martineau s’explique devant Guy A. Lepage à Tout le monde en parle.

Ma vie à contre-Coran est le résultat du travail précis et de l’expérience personnelle de Djemila Benhabib. Née en Ukraine et élevée en Algérie, dans une famille de scientifiques épris de liberté et de connaissance, la jeune Djemila s’enflamme très vite pour des valeurs telles que la liberté de conscience, la liberté religieuse, les droits des femmes et les droits humains. Mais pendant la décennie noire de 1990, son pays connaît une islamisation qui force la famille Benhabib à l’exil, vers la France, pour échapper à la mort promise par le Front islamique du salut (FIS). Djemila finira par partir seule vers le Québec, où elle vit depuis.

religion islamique islam arabe coran L’islamisation de l’Algérie

Comment les islamistes intégristes peuvent prendre en otage un pays, imposer de nouveaux codes de vie, et instaurer une véritable terreur? Comment ces mêmes groupes, dans les sociétés occidentales, ont de plus en plus d’influence et réussissent à contrôler les populations immigrées, de sorte à créer une société dans la société qui n’obéit plus qu’à ses propres règles, celles de la Charia? Djemila Benhabib sait tout cela sur le bout des doigts, elle l’a vécu, en direct, au fur et à mesure que la situation, en Algérie, allait de pis en pis. Quand j’ai terminé ma lecture de Ma vie à contre-Coran, j’en savais plus sur l’expérience personnelle de son auteur, sur les tentatives d’islamisation de nos sociétés occidentales, et sur l’histoire de l’Algérie. Écrire a cependant été une épreuve: «C’était très privé. C’était aussi très douloureux. Mais j’étais arrivée à un point de ma vie où j’avais le devoir de témoigner. Je ne l’ai pas fait pour le plaisir de raconter ma vie, mais pour que les gens sachent et comprennent, qu’ils prennent conscience des enjeux et du danger de l’islamisme politique, qu’ils décident de le combattre.»

Les fondamentalistes dans les sociétés occidentales

1994, Oran: la famille Benhabib quitte l’Algérie pour survivre, à cause des menaces de mort du FIS. Ils ont déjà perdu tellement d’amis, «de véritable trésors, humainement.» Mais arrivés en France, là où ils devaient être loin de tout fondamentalisme religieux et à l’abri, ils voient le spectre de l’islamisme politique s’insinuer dans les familles immigrées et dans la société. Djemila part alors au Québec seule, ce qu’elle vit comme une véritable renaissance. Cependant, depuis quelques années, elle constate dans son nouveau pays d’adoption le même processus que celui qu’elle avait constaté en France. Les accommodements raisonnables ont été le comble. Le danger, pour elle, est «de faire passer du politique à travers des revendications culturelles et religieuses. L’islamisme est politique, certainement pas religieux ou culturel. Le religieux appartient à la sphère privée. La société n’a pas besoin d’endosser les choix confessionnels de chacun.» Elle estime que la commission Bouchard-Taylor aurait du permettre un débat sur la place de la religion dans l’espace public, ce qui n’a pas eu lieu. «La première chose est de poser le diagnostic. Il faut reconnaître le danger et le combattre. Il est intolérable qu’aujourd’hui, au Canada, dans des caves à Montréal ou à Toronto, des imams déversent leur haine du monde occidental et appellent à la violence. Ils embrigadent les jeunes.»

Rencontrer Djemila Benhabib, échanger avec elle, c’est écouter une femme qui n’a pas peur de se dresser contre «les fous d’Allah», comme elle les appelle, malgré tous les risques et au nom des valeurs fondamentales que sont l’égalité homme-femme, la liberté d’expression, la laïcité. Une véritable leçon de tolérance et d’engagement qui met en garde contre tous les fondamentalismes, mais aussi contre les idées reçues.

Ma vie à contre-Coran, Djemila Benhabib, éditions VLB, 2009

Par ailleurs, une entrevue avec Djemila Benhabib à propos du féminisme islamique a eu lieu, dossier en préparation pour le numéro de Reflet de Société de septembre.

Mise à jour du 15 mai: depuis le 9 mai, Djemila Benhabib réagit dans le débat relancé sur le port des signes religieux dans les institutions publiques.

Mise à jour du 14 octobre 2011: Djemila Benhabib sera à Tout le monde en parle pour présenter son nouveau livre Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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